Avertissement : le passage en gras est un extrait du journal de James. Âmes sensibles s'abstenir !
Chapitre 7
Première séquence : la propreté. À la découverte des toilettes.
Huitième leçon : la persévérance féminine finit très souvent par porter ses fruits…
Je me réveillai en sursaut et en sueur dans mon lit, suite à un cauchemar. Plus de James cette fois-ci, seulement Bella qui me rejetait continuellement… Elle ne semblait plus triste de mon départ, tout comme elle n'avait plus ce sourire radieux lorsque je m'approchais d'elle. Tout ça avait laissé place à un rictus mauvais et sadique, presque démoniaque.
Je me rallongeai comme si mon corps pesait une tonne. Ce cauchemar était tout simplement insensé ! Jamais Bella ne pourrait avoir un tel comportement dans la réalité. J'étais un rêveur avec un surplus d'imagination et ça ne jouait pas en ma faveur lorsque je cauchemardais. Ça avait toujours plus d'intensité qu'une personne sans imagination débordante… Du moins, c'est ce que me répétait mon père quand j'étais petit pour me calmer la nuit.
J'allumai la lumière et rabattis les couvertures jusqu'à mes pieds. Je pris une douche pour me sentir plus à l'aise et repartis me coucher. Après plus d'une heure à attendre que le sommeil me revienne, mes nerfs étaient de plus en plus à cran ! Puis je réfléchis au nombre d'heures que j'avais passées à dormir la vieille et fus étonné que je me sois endormi si vite hier soir…
Mon réveil indiquait deux heures passées. Plus je tentai de me calmer et avoir une respiration des plus ralenties, plus c'était l'effet inverse qui se produisait. J'étais frustré de ne pas parvenir à m'assoupir. Je soufflai pour finalement me lever et faire les cents pas dans ma chambre. J'aurais volontiers regardé la télévision sauf que je ne souhaitais pas tombé malencontreusement sur un film destiné aux adultes… Ça n'aurait fait qu'accroître ma frustration, mais d'un autre type que précédemment…
Je pris conscience que marcher me rendait nerveux… Je m'assis sur mon lit et soufflai. Je fus empreint à une émotion que je ne connaissais que trop bien : l'ennui. Et à chaque fois je n'avais le goût de rien… Lire, écouter de la musique, jouer du piano… Même mes activités favorites ne me donnaient pas envie…
Je tendis l'oreille et me rendit compte qu'il y avait une tempête dehors. La pluie s'abattait violemment contre les vitres, le vent soufflait fortement et la foudre ne tarda pas à se faire entendre. Les éclairs illuminaient cette nuit noire de nouvelle lune. J'admirais le spectacle naturel et magnifique durant plusieurs minutes avant de me rappeler un détail de taille.
Bella a peur de l'orage.
Je me levai et rejoignis sa chambre qui était vide. Je descendis les escaliers à une folle allure pour la trouver dans les bras de mon père. Jake était couché à leurs côtés sans pour autant fermer l'œil. Une pointe de jalousie s'empara de moi en trouvant Carlisle avec Bella. J'avais l'impression qu'il occupait en ce moment ma place. En plus d'être jaloux, j'étais possessif. Fantastique ! Ironisai-je. J'avais certainement dû découvrir plus de traits de ma personnalité en deux jours grâce à l'arrivée de Bella, qu'en dix-sept ans de ma vie !
Tout le petit monde leva les yeux vers moi. Sous l'effet de la gêne certaines personnes rougissaient, dans mon cas je passais la main dans mes cheveux. Je me concentrai sur l'expression de Bella. Elle me regardait avec une expression indéchiffrable mais rapidement son menton trembla et elle se mit à pleurer dans les bras de mon père. La foudre frappa bruyamment et Bella sursauta avant de pleurer davantage et plus fortement. Je remarquai qu'elle était toujours habillée.
« Je viens de gâcher ton travail en arrivant ? » Demandai-je à mon père.
« Elle était sur le bord de craquer à nouveau. Tu as seulement dû faire éclater la bombe un peu plus tôt… » Me rassura-t-il. « Tu veux la prendre dans tes bras ? » Me proposa-t-il. Étais-je si transparent que ça dans mes émotions ? À moins que ce ne soit mon père qui soit bon lecteur ? Bon en même temps, psychologue ça devait aider pour remarquer ce genre de chose... Il y avait une troisième hypothèse, il pensait qu'il était mieux que Bella reste avec moi…
« Ça fait combien de temps que tu es là ? »
« Depuis hier soir pratiquement. Je suis juste monté prendre une douche avant de redescendre près de Bella quand j'ai entendu l'orage. Jenks dort au dernier étage. »
Je vis que mon père était en pyjama. Bella commença à renifler. Il s'éloigna d'elle et me laissa sa place.
« Et si elle me rejette comme hier ? » Lui demandai-je paniqué.
« Elle ne le fera pas, crois-moi. » Me rassura mon père, très confiant.
Ce fut tout de même avec quelques craintes que je m'assis derrière Bella, fis passer mes jambes de part et d'autre des siennes et l'enlaçai. Encore un reniflement de sa part avant de se blottir dans mes bras. J'embrassai le sommet de son crâne puis regardai mon père. Il me lançait un regard du genre 'je te l'avais bien dit' avant de nous laisser seuls. Un peu de repos lui ferait du bien j'imagine…
Les minutes passèrent et je me sentais plus serein que dans ma chambre. J'avais retrouvé ma place et je me sentais bien. J'en aurais presque oublié la tempête si Bella ne sursautait pas à chaque bruit de tonnerre. Il vint un moment où je n'arrivais plus à l'apaiser de toutes les manières possibles. Baisers, caresses, fredonnement de sa berceuse que j'avais en tête… En pensant à ça, j'eus une idée !
Bella était trop paniquée pour réagir à mon invitation dans mes bras. Je la portai jusque dans la salle de musique et refermai la porte. La salle étant très bien isolée, l'orage y était moins audible. Je posai Bella sur le banc du piano mais elle n'arrivait pas à tenir assise, je la posai donc par terre même si ça m'attristait qu'elle soit loin de moi et que nous n'ayons pas de contact physique l'un avec l'autre.
Je m'assis sur le banc et relevai la protection du clavier. Un dernier coup d'œil vers Bella m'apprit qu'elle était intriguée et qu'elle s'était un peu calmée. Je posai mes doigts sur les touches et les premières notes de sa berceuse s'élevèrent dans la pièce. Je lançai un coup d'œil vers mon ange. Elle avait cette même lueur dans les yeux qu'avec les bulles dans le bain, ce qui m'encouragea à poursuivre.
Cette berceuse prit une autre signification pour moi lorsqu'elle était jouée (devant Bella en plus !) et non représentée dans ma tête. Dans mon esprit c'était juste une mélodie qui venait quand je pensais à Bella. Jouée, je me rendis compte qu'à travers les notes c'étaient mes émotions que j'avais ressenties à chaque moment passé en sa compagnie. De l'intrigue, de la curiosité, de la fascination, de la colère, de la culpabilité, de l'hésitation, de la joie, de la tristesse, de la confusion, de la panique, du soulagement, de la crainte, de l'excitation, du désir, de l'attendrissement, de la déception, du bonheur… Notre première rencontre fut la scène interprétée la plus longue… La plus chargée en émotion également.
La musique prit fin au bout d'un certain temps. J'avais l'impression que les aiguilles s'arrêtaient lorsque je jouais mais bien sûr, ce n'était pas le cas. Ça aurait été trop beau pour que ces purs instants de bonheur et de légèreté restent éternels…
Bella s'était totalement calmée et me regardait avec les larmes aux yeux. Pas de tristesse cependant. C'étaient des larmes de joie et d'une autre émotion. Peut-être l'avais-je touchée à travers la berceuse qui n'avait été composée que pour elle… J'ai toujours pensé que la musique était une langue universelle de même que les sentiments… Ses larmes avaient peut-être le but de me dire qu'elle comprenait ce que je ressentais…
Elle monta à quatre pattes sur le tabouret et me déposa un baiser sur la tempe. Elle me prit dans ses bras et posa sa tête sur mon épaule. Je tournai la tête et vis qu'elle avait fermé ses yeux et qu'elle souriait. Elle resta comme ça au moins cinq minutes et me libéra enfin ! Encore heureux qu'elle ne serrait pas comme Emmett le faisait, autrement je serais mort asphyxié depuis longtemps !
Elle se tourna sur le piano et appuya sur une touche. Elle recommença avec une autre plus aigüe puis avec une plus grave. Elle sourit et laissa échapper un petite rire si attendrissant. Elle recommença une nouvelle fois mais en alignant plus de notes en moins de temps. Le tout ne donnait rien de très… harmonieux mais au moins elle s'amusait. Je remarquai qu'elle n'utilisait que sa main droite. Peut-être que cette information se révèlerait utile par la suite… par exemple lorsqu'elle devra apprendre à tenir un crayon ou un stylo en main…
Puis brusquement elle descendit du tabouret et se dirigea vers la porte en marchant à quatre pattes. Elle se redressa un peu et ouvrit la porte avant de sortir. Je fermai la protection du clavier et sortis à mon tour pour suivre Bella. Elle alla vers la baie vitrée qu'elle ouvrit. Dehors, la tempête s'était quelque peu calmée. Il n'y avait plus d'orage ni de vent mais il pleuvait toujours averse. Bella passa sa tête à l'extérieur et s'apprêta à sortir entièrement. Je la fis rentrer avant qu'elle puisse y parvenir. Elle me supplia du regard et son visage trempé, à l'instar de ses cheveux, ne m'aidait pas vraiment… On aurait dit un chat qui faisait les gros yeux alors qu'on lui faisait prendre son bain.
Je refermai la porte. Bella émit un gémissement plaintif et sembla vouloir ressortir. Je compris qu'elle devait aller aux toilettes. Je la portai jusqu'à la salle de bains du rez-de-chaussée. Bella regarda la sortie et tendit les bras en sa direction. Elle gigotait tellement qu'à deux reprises elle faillit tomber de mes bras. Elle ne sembla même pas s'en préoccuper trop occupée à vouloir m'échapper. Nous arrivâmes enfin aux toilettes ! Je fermai la porte à clé juste au cas où et la posai sur le sol. Comme je l'avais prédit elle galopa jusqu'à la porte verrouillée. Elle tenta vainement de l'ouvrir. Quand elle comprit qu'elle n'y arriverait pas en abaissant la poignée, elle se tourna vers moi et me regarda avec son air suppliant. Je lui dis de venir vers moi. Elle ne bougea pas… Puis son regard partit vers ma droite. Je tournai la tête et vis la fenêtre. Elle marcha en sa direction mais je la pris et la fis s'asseoir sur la lunette des toilettes. Je la regardai droit dans les yeux avant de mettre mes mains sur le bouton de son jean. Son expression changea, passant de l'affolement à la surprise. Un éclat de joie ou peut-être espoir mit de la vie à son regard. Je déboutonnai son jean et le descendis avec l'aide de Bella. Je le retirai complètement et le posai sur une chaise non loin de là, juste à côté de la douche. Je lui retirai ensuite sa couche restée parfaitement propre et la mis par terre à côté de la chaise. Je déplaçai Bella qui avait le sourire aux lèvres malgré la petite grimace qu'elle faisait et relevai le couvercle de la lunette des toilettes. Puis je remis Bella dessus tout en la tenant pour ne pas qu'elle tombe dans le trou. Précaution qui pouvait paraître stupide mais avec elle… Je m'attendais à tout désormais !
Sa joie diminua au fur et à mesure que les minutes passèrent… Elle tenta deux ou trois fois de s'échapper et d'aller à la fenêtre. Elle finit par comprendre que je ne la laisserai pas y aller. Elle se mordait la lèvre et fermait les yeux tout en aillant une expression de torturée. Elle remuait un peu dans tous les sens tout en se mordant plus fort avec le temps… Au bout de quelques minutes sa vessie commença à se relâcher et elle fit ses besoins aux toilettes. Je m'attendais à voir une expression soulagée sur son visage mais à la place elle pleurait et semblait honteuse. Je caressai sa joue mais elle eut un mouvement de recul…
« Bella, tu n'as pas à être honteuse. » Lui dis-je calmement en m'accroupissant devant elle. Comme elle baissait les yeux c'était plus facile pour moi d'obtenir de l'attention. « Tout le monde fait ça. »
Elle ne se détendit pas mais je pouvais comprendre pourquoi… Je n'aurais peut-être pas du m'y prendre de cette manière. Elle pouvait considérer la forêt comme nous considérions les toilettes, et qu'uriner dans des toilettes revenait pour nous à faire ça au lit ou sur nous-mêmes… D'où la honte…
Je pris du papier hygiénique et le lui tendis. Elle me regarda en fronçant les sourcils. Elle devait certainement se demander à quoi cela pouvait lui servir… Elle n'avait certainement pas l'habitude de s'essuyer… Ou peut-être que si… Je me sentais mal-à-l'aise par rapport à ce que j'allais faire mais c'était nécessaire pas vrai… ? J'essayais de m'en persuader du moins…
Je lui repris le papier des mains et lui écartai ses cuisses. Bon sang ! Je n'allais quand même pas le faire ? Je soufflai et passai le papier toilette sur la 'zone'. Je souris une fois mon travail fini. Ce n'avait pas été si terrible !
Veux-tu que je rappelle où tu as passé la main ? Regarde un peu l'effet que tu fais à Bella… Réapparut ma conscience après une petite absence. D'ailleurs, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas entendue ! Ça ne m'avait pas manqué le moins du monde ! Moi aussi je t'aime ! Répliqua-t-elle ironiquement.
Ça craint… Pensai-je.
Je repris la couche de Bella que je lui passai. Elle s'assit d'elle-même par terre sans que je ne l'aide. Apparemment, les toilettes n'allaient pas devenir ses meilleures amies… J'aurais vraiment dû m'y prendre autrement. À moins que… Peut-être que si je demandais à Alice de lui montrer comment elle allait aux toilettes, Bella comprendrait que ce n'était pas une chose honteuse… Ou peut-être que je me trompais totalement et qu'elle était honteuse parce que j'étais présent dans la pièce… Je soufflai. C'était si compliqué de deviner ce à quoi elle pouvait bien penser…
« Tu viens ? » Lui demandai-je en lui tendant les bras.
Elle comprit ma phrase, me regarda durant quelques secondes et baissa la tête. Je soupirai et voulus la prendre dans mes bras mais elle s'écarta de moi brusquement.
De mieux en mieux ! Me félicitai-je mentalement avec ironie. Désormais elle te fuit !
« Bella. S'il te plaît, viens dans mes bras. Nous devons aller nous coucher… Il est tard. Enfin… tôt dans un certain sens. »
Je lui retendis mes bras mais elle ne vint pas. Je me levai et partis dans la salle de musique. Si je jouais son morceau, ça l'attirerait peut-être… Après tout ça l'avait très bien calmée tout à l'heure… Mes doigts glissèrent sur les touches d'ivoire et rejouèrent le morceau de tout à l'heure. Je modifiai en même temps quelques notes de certaines scènes et supprimai des passages pour que la berceuse ne fasse plus que quelques minutes… Les dernières notes retentirent dans la pièce et aucun signe de Bella… J'avais espéré qu'elle me pardonnerait avec sa berceuse mais visiblement, elle était plus dure à amadouer que je ne le pensais… Une vraie petite femme !
Je sortis de la pièce, refermai la porte et allai dans la salle de bains où j'avais laissé Bella. Bien sûr, elle n'y était plus… Je cherchai dans le salon, mais il n'y avait aucune trace d'elle. Je me mis à baliser de l'avoir laisser seule. Je ne savais absolument pas où elle était ni ce quelle faisait ! J'inspirai et expirai profondément pour ne pas laisser la panique m'envahir. Ça ne servirait rien, si ce n'est empirer les choses.
Je cherchai dans toutes les pièces du rez-de-chaussée sans jamais la trouver. J'entendis des aboiements du côté de la cave.
« Jake ? » L'appelai-je. Mon chien monta à toute vitesse les marches des escaliers et me mordit le bas de mon pyjama pour me traîner vers la cave. Il remuait la queue et était tout excité à l'idée de me mener là-bas. « Jake calme-toi ! Je vais y aller ! » Mon chien me lâcha et se précipita de descendre. J'allumai la lumière et rejoignis l'endroit où il aboyait comme un fou. Lorsque j'arrivai, il se calma et se coucha à côté de son panier déjà occupé. Bella était nue, couchée dans le panier de mon chien. Elle semblait dormir paisiblement. Je la pris dans mes bras et la montai dans sa chambre. Je l'habillai en pyjama et ma bordai dans son lit avant de rejoindre le mien. Je ne trouvai pas le sommeil… L'image d'elle dans une couchette pour animal me hantait… Tous mes efforts pour considérer Bella comme une humaine s'estomper pour l'image d'elle traitée comme un chien. Et à chaque fois je repensais à ce collier qui la maintenait immobile sur son matelas dans la cabane de James…
Je sortis de mon lit vers sept heures du matin et préparai le petit déjeuner pour quatre. Je fis des viennoiseries françaises : croissants et pains au chocolat. Je fis du café pour mon père et le précepteur ainsi que du jus d'oranges pressées. J'attendis devant la télévision le temps de cuisson. À huit heures, mon père descendit et me demanda ce qu'il s'était passé durant la nuit en compagnie de Bella. Je lui racontai tout dans les moindres détails, en particulier la scène des toilettes et de la cave.
« Je suppose qu'elle doit se sentir mieux pour dormir lorsqu'elle est nue. Elle ne doit pas non plus avoir l'habitude de dormir dans un lit. Cela faisait deux mois qu'elle avait quitté la petite cabane où elle vivait avec James avant que nous l'ayons. Elle dormait tous les deux jours et quand elle le faisait, elle dormait par terre nue et en boule. Elle a dû garder certaines habitudes… »
« Un peu comme Tom Hanks dans Seul au monde ? Lorsqu'il revient de l'île déserte, il dort sur le sol au lieu de dormir dans son lit bien moelleux… »
Nous allâmes dans la cuisine où je lui servis son petit déjeuner.
« Si tu préfères… Et pour les toilettes, même si ça partait d'une bonne intention je ne suis pas certain que ça lui a été profitable. »
« Ceci dit, je ne pouvais pas la laisser aller se soulager dans le jardin par cette tempête… »
Il réfléchit un moment et voulut parler juste au moment où J. arriva dans la cuisine. Il nous salua. Par terre Bella le suivait sauf qu'elle vint directement vers moi et frotta sa tête contre ma jambe, tel un chat qui réclamerait à son propriétaire sa patté. Je la pris dans mes bras et l'assis sur une chaise à côté de moi. Elle regarda de chaque côté d'elle et évalua la distance par rapport au sol. Elle releva le regard sur moi et gémit de mécontentement.
Je la pris et la reposai par terre. Qui ne tente rien n'a rien… Elle sortit de la pièce à quatre pattes. Après avoir mangé deux croissants et un pain au chocolat, je la rejoignis dans son petit coin dans le salon. Elle mettait dans sa bouche l'oreille de sa peluche dégoûtante et que Jake avait prit lui aussi dans sa gueule.
« Tu as faim ? » Lui demandai-je. Elle fronça les sourcils. « Manger… » Lui mimai-je le geste. Je vis ses yeux comprendre ce que je venais d'imiter. Je hochai la tête en faisant oui et elle ne tarda pas à imiter mon geste. Je me levai et alla chercher deux croissants et deux pains au chocolat ainsi qu'un verre de jus d'orange. Je vins lui porter et elle manga entièrement deux croissants et prit seulement une bouchée de l'autre viennoiserie avant de grimacer.
« Tu as soif ? Boire ? » Fis-je avec la même technique que tout à l'heure. Elle hocha la tête, comme tout à l'heure. Je portai ensuite le verre à sa bouche. Tout doucement, elle me donna le rythme à prendre pour faire descendre le liquide. Quand le verre fut vide, c'était elle qui le tenait entièrement.
Mon père sortit de la cuisine et me demanda si lui et Jenks pouvaient commencer leur cours. Je proposai que nous la lavions avant et mon père accepta. Il la prit dans ses bras et la déposa dans la salle de bains de la chambre de Bella. En attendant je restai dans ma chambre à lire un extrait du journal de James…
Lundi 23 septembre : (N/A : Rappel : soit une semaine après le dernier passage qu'Edward a lu.)
Je suis un meurtrier… C'est ce que je me répète depuis que cet étranger a pénétré dans notre nid d'amour. Il est tombé au mauvais moment, au mauvais endroit avec la mauvaise personne : c'est-à-dire moi. Je n'avais pas prévu de le tuer mais il a découvert mon ange et il a commencé à paniquer surtout en remarquant le sang entre ses jambes datant du jour de son anniversaire. Je n'avais pas pu la nettoyer à l'étang comme d'habitude à cause de la tempête… Juste après l'avoir dévirginisée, je n'avais pas envie d'effacé la seule trace visible de mon acte. Le sang avait fini par sécher. Je n'avais pas très envie de le faire au début, mais là… Je commençais sérieusement à la désirer de plus en plus. De simples petits gestes me donnaient envie d'elle… Cet inconnu avait très vite compris ce qu'il se passait dans notre petite cabane. Il avait paniqué et avait voulu s'enfuir. Et ce fils de pute a failli y arriver ! Heureusement ils étaient tous venus, sans aucune exception. Ils avaient dû voir que je ne maîtrisais plus la situation et avaient fait le déplacement… J'ai été frappé au fouet sur le dos durant plusieurs heures devant les yeux effrayés de mon ange. Elle pleurait et gémissait à chacun de mes cris. Je ne sais pas ce qui était le plus douloureux… Les coups qu'ils m'affligeaient ou la voir ainsi… Ils finirent par arrêter. J'avais le dos en sang et ne pouvais quasiment plus bouger. Malgré ça, ils m'obligèrent à égorger l'homme qu'ils avaient assommé coup sur coup à chaque fois qu'il se réveillait. Et tout ça devant les yeux de mon ange ! Il était épuisé et ne demandait qu'à sortir de cet enfer qu'on lui faisait vivre. Il n'avait demandé qu'un abri pour la tempête et le voilà enterré au beau milieu de la forêt...
Depuis, je faisais des cauchemars chaque fois que mes yeux étaient clos. Mon ange aussi en faisait et je n'avais aucun moyen de la réconforter. Mes mots ne l'apaiser pas. Mes caresses et baisers non plus. Et quand je voulais réessayer les relations sexuelles, elle paniquait plus qu'autre chose. Le médecin était venu pour me mettre de la pommade, nettoyer mon ange et lui administrer des calmants car elle devenait infernale. Elle s'était également étouffée à cause de son affolement. Elle avait tiré tellement fort sur son collier attaché au mur, qu'elle avait failli en mourir.
Bientôt mes blessures dues au fouet ne seront plus qu'un mauvais souvenir et je pourrais enfin recommencer les expériences sexuelles. Si j'avais encore un empêchement, j'allais agir par pulsions et qui sait ce qui pourrait arriver…
L'écriture de James se faisait plus rectiligne mais on voyait également qu'il devait trembler au moment où il avait écrit ça. Je me demandai si mon jugement de lui n'avait pas été trop indulgent… Certes, il donnait de petites attentions à Bella, mais ça n'excusait pas la monstruosité de ses gestes. Il fallait peut-être que j'arrête de chercher du bon en chaque personne…
Mon père tapa à ma porte en me demandant s'il pouvait entrer. Il ne me demandait la permission que depuis l'arrivée de Bella, et c'était la même avec ma mère. Que croyaient-ils ? Que je me masturbais sur mon lit en pensant à elle ? Ok sous la douche mais pas sur mon lit sans raison…
Je lui donnai la permission d'entrer. Il s'assit sur mon lit d'un air embêté.
« Crois-moi je ne serais pas venu te demander une telle chose si j'avais pu agir autrement mais… Bella refuse que je la lave et ne cesse de te demander. Elle a accepté que tu le fasses le jour de son arrivée, hier c'est Alice qui l'a fait mais avec de grandes difficultés… Tu voudrais bien le refaire aujourd'hui ? Je sais que ça t'a été pénible la dernière fois mais… s'il te plaît… essaye parce que j'ai vraiment l'impression qu'elle ne veut que toi. »
Je soufflai et acceptai avec beaucoup de réticences. Je ne tenais pas à avoir la même réaction que deux jours auparavant… Je me levai de mon lit et partis dans la salle de bains de Bella. Elle était assise par terre contre la baignoire, toujours habillée. Je me retournai vers mon père qui m'avait suivi.
« Elle n'a même pas voulu que je la déshabille. » Dit-il en haussant les épaules. Bizarre… Elle s'était laissée faire quand j'étais avec Alice dans la chambre et que cette dernière s'était mis en tête de l'épiler…
Je m'avançai vers mon ange et commençai à lui retirer son haut de pyjama mais elle ne se laissa pas faire. Je suivis son regard. Elle fixait mon père, qui fronçait les sourcils en nous regardant.
« Je vais vous laisser seuls. Je pense que c'est ce qu'elle veut… Je serais dans le salon si tu as besoin. » Me dit-il avant de fermer la porte. Dès qu'elle fut close, Bella me fit un large sourire et posa sa peluche à côté d'elle. Je lui ôtai ensuite tous ses vêtements et encore une fois, sa couche était parfaitement propre. Je me demandai si on pouvait s'en passer… Après tout, ça cassait toute l'image féminine de Bella. Quoique… Un tue l'amour sur elle ne me serait pas forcément inutile… Si tout chez elle la rendait femme, j'allais avoir du mal à contenir mes pulsions…
Rapidement, l'image du lapin blanc ne fonctionna plus. À la place, je me dis que c'était le corps d'Alice. Et là, c'était très efficace pour stopper net tout mon désir…
Bella s'émerveilla une fois de plus avec les bulles du bain. Quand elle fut dedans, je lui montrai comment les faire voler dans la pièce en soufflant dessus. Depuis elle n'arrêtait pas de prendre de la mousse dans sa main et de souffler dessus. Elle s'amusait même à m'en mettre dans les cheveux ou sur le visage. Ça m'aurait certainement vite agacé si je ne la savais pas autant… dans un autre monde. Elle paraissait malheureuse quand elle était seule, mais là… elle riait aux éclats d'une façon si charmante. Elle ressemblait à une enfant insouciante avec une certaine part de naïveté. J'aurais voulu que son expression ne change jamais et qu'elle soit aussi heureuse qu'en ce moment pour le restant de sa vie. Elle avait vécu une enfance et une adolescence difficile. Et encore ! C'était un euphémisme de penser une telle chose. Quand elle aura appris ce qu'est la vie ainsi que les bases de la communication et de la civilisation, elle sera plongée dans le monde des adultes encore plus effrayant et compliqué que ce qu'elle avait eu le droit jusqu'à présent. Quand aurait-elle droit enfin au bonheur ?
Malgré sa bonne humeur contagieuse, je perdis la mienne avec toutes mes pensées. Comparée à sa vie, la mienne avait tout d'un conte de fées… C'était… simple...
« Dward… » Fit Bella dans le bain. Je n'avais pas vu qu'elle avait arrêté de jouer et qu'elle ne riait plus. Elle me renvoyait un masque de tristesse en écho avec le mien… Elle se mit sur ses genoux et failli tomber mais elle se rattrapa juste à temps. Elle s'approcha de moi et me fit un câlin. Elle me trempa mais ça n'avait aucune importance. J'acceptai sans trop réfléchir à son accolade réconfortante. Elle mit sa tête dans mon cou et je me demandai qui de nous deux avait le plus besoin de tendresse et d'affection de ce genre. Malgré son passé et son sort entre les mains de James, elle avait des instincts humains parfaitement normaux. Les comparaisons animales n'étaient valables que pour certaines choses…
Nous restâmes unis quelques minutes jusqu'à ce que Bella claque des dents. Le bain n'avait plus de mousse et son eau était quasiment froide. Je la vidai un peu et remis de l'eau chaude pour que Bella puisse se réchauffer. Je la lavai de la même manière que la dernière fois sans pour autant avoir recours à des idées tue l'amour. Peut-être qu'avec le temps, je m'y habituerais totalement et que je saurais me contrôler parfaitement… Avoir une érection quand il le faut, et ne pas en avoir dans d'autres situations…
Je vidai l'eau du bain et rinçai Bella. Je la sortis de la baignoire et l'enveloppai dans une serviette pour la sécher. Je rangeai son shampoing et son gel douche dans le placard en dessous de l'évier avant de m'absenter dans la chambre. Je n'avais pas envie qu'elle retourne à l'hôpital parce que j'avais été imprudent en laissant des produits en vue. Je pris des vêtements simples et confortables. Contrairement à Alice, je n'avais pas trop le souci de la mode et de l'esthétique vestimentaire.
Dans la salle de bains, Bella avait repris son doudou et n'avait pas bougé d'un poil. Je posai les affaires à côté d'elle et essayai de lui passer sa couche. Elle résista et poussa des gémissements de contestation.
« Bella, tu n'as pas le choix. Je sais que c'est moche et pas très pratique car ça t'enlève une certaine liberté de mouvement, mais tu ne vas pas aux toilettes comme nous alors en attendant… C'est la couche obligatoire… » Lui expliquai-je tout en tentant encore une fois de la lui mettre. Elle me donna carrément un coup de pied dans la main afin que je l'éloigne. « Ok… Pas de couche alors… » Murmurai-je pour moi-même. Je laissai la couche de côté et partis chercher une culotte dans sa chambre. Alice avait tout prévu et avait acheté de la lingerie fine pour Bella… Non mais je vous jure ! Tant qu'à faire, je pris le bas assorti au soutien-gorge que j'avais choisi pour elle quelques minutes plus tôt. Je lui montrai ensuite la culotte blanche en dentelle.
« Ça c'est mieux ? » Lui demandai-je. Bella toucha le tissu et me le prit en souriant. Je pris ça pour un oui… Je la lui repris et lui enfilai. Elle ne protesta pas et semblait même contente. Je lui passai son soutien-gorge puis son pull blanc et son jean pour finir par sa paire de chaussettes. Je lui séchai les cheveux et les lui coiffai. Ensuite, elle prit sa peluche et marcha vers sa chambre. Quand elle passa la porte, elle se retourna vers moi et me sourit avant de continuer son chemin. Je nettoyai rapidement la salle de bain et mis le linge sale dans le panier fait exprès.
Je sortis de la pièce et vis que Bella descendait les escaliers. Malgré ma peur qu'elle tombe, je la laissai faire. Elle descendait les marches une à une sur les fesses, comme moi lorsque j'étais petit… Je la suivis sans rien dire, me contentant juste d'observer. Quand elle arriva en bas, elle marcha vers son petit coin. Mon père et Jenks étaient assis sur le canapé à discuter de choses et d'autres. Ils remarquèrent ma présence mais pas celle de Bella. Elle avait l'art de se déplacer dans le plus grand silence ! Elle pourrait faire une excellente voleuse avec sa discrétion ! Même les chats en seraient jaloux ! Je leur fis un signe de regarder vers le coin et ils l'aperçurent enfin !
« Ça fait longtemps qu'elle est là ? » Demanda mon père avec le plus grand étonnement.
« Une minute à peine. » Le rassurai-je. Pendant que J. préparait Bella près de la table basse pour son premier cours, dans la cuisine, je racontai à Carlisle de ce qu'il s'était passé dans la salle de bains.
« La culotte n'est pas une mauvaise idée. Je sais qu'au centre elle en avait besoin car elle faisait dans sa couche. Mais elle n'avait pas accès au monde extérieur, ce qui explique tout… »
Jenks nous rejoignit et nous annonça que le premier cours de Bella pouvait commencer…
