Chapitre 7
Ellanor courait à toutes jambes vers son immeuble. Si elle n'arrivait pas en retard, peut-être serait-il plus enclin à l'écouter ? Elle eut un grognement sceptique. Alessandro l'écouterait et la laisserait faire, mais certainement pas par choix…Enfin, elle verrait bien. Elle entra dans l'immeuble au moment où un autre étudiant sortait, et le remercia dans un souffle avant d'attaquer les escaliers jusqu'au troisième étage. Et seulement à ce moment-là elle reprit sa respiration, haletante d'avoir couru si vite. Elle sortit ses clefs, ouvrit la porte et pénétra dans l'appartement, refermant avec soin derrière elle. Elle posa son sac et son étui dans le hall, se débarrassa de son blouson qu'elle pendit à la patère et se dirigea vers le salon, où son compagnon devait encore se trouver. Brièvement, elle se demanda ce qu'il faisait de ses journées. Elle s'était posé la question à plusieurs reprises, il n'était pas étudiant, et disait travailler. Mais qu'elle que soit l'heure à laquelle elle rentrait, il était là. Alors quel métier exerçait-il ? Peut-être un emploi qui pouvait être exercé à domicile. Pour ce qu'elle en savait…Et puis, il n'en parlait jamais. Elle lui racontait ses journées, mais lui jamais. Elle rangea la question dans un coin, et entra dans la pièce. Comme d'habitude, elle était envahie par la fumée des cigarettes qu'il fumait à longueur de journée. Elle toussa et chassa de la main les volutes grises, avant de l'interpeler :
-Sandro… ? Je suis rentrée…
-J'ai remarqué. Tu as fait vite, pour une fois.
Elle sursauta. La voix ne venait pas du canapé où il se vautrait en principe, mais de derrière elle. Elle se retourna vivement, et déglutit. Il semblait d'une humeur massacrante. Torse et pieds nus comme s'il venait de se lever, les cheveux en bataille, ses yeux cerclés de rouge… Elle prit une inspiration tremblante et demanda, en reculant par précaution :
-Tu… Tu dormais… ?
Il ne répondit pas, et la toisa de toute sa hauteur avant de croiser les bras. Elle rentra la tête dans les épaules, instinctivement. Elle ne cherchait plus depuis longtemps à dissimuler qu'elle avait peur de lui, cela ne servait à rien. Elle se mordit les lèvres, et chuchota :
-Je…je suis désolée…si je t'ai réveillé…Ce n'est pas ce que je voulais.
Il ne parlait toujours pas. Morte de peur, car cela ne pouvait rien présager de bon, Ella ne bougea plus, et resta debout, immobile, la tête baissée et tremblante. Elle sentait que quelque chose n'était pas comme d'habitude. Mais du diable si elle savait ce qu'il avait.
/!\/!\/!\/!\/!\/!\/!\/!\/!\/!\/!\
La gifle retentit violemment, et sa tête tourna sur le côté où elle resta immobile quelques secondes, sonnée. Elle n'avait rien vu venir. Les larmes aux yeux, elle le regarda avec crainte, sans comprendre. Qu'avait-elle fait cette fois ? Il ne daigna pas lui fournir de réponse, et le prochain coup fut son poing dans le ventre, lui coupant le souffle et la faisant se plier en deux. Hoquetante, elle gémit et demanda :
-Pourquoi… ? Alessandro…Qu'est-ce qu'il y a ?
La réponse vint enfin, claquant sèchement :
-Rien de spécial. J'en ai juste envie.
Elle écarquilla les yeux d'horreur. Envie ? Juste, envie ? Sans raison ? Elle recula et il s'approcha pour la saisir par les cheveux, lui tirant la tête en arrière. Elle cria, et il la gifla de nouveau :
-La ferme. Tu m'agaces à hurler comme ça.
-Mais…Mais tu me fais mal…Sandro…
-La ferme, j'ai dit !
Il la jeta sur le canapé, et se mit au-dessus d'elle avant de la frapper méthodiquement, aux bras, au buste et au ventre. Elle avait levé les mains devant son visage pour se protéger, et fermé les yeux. Elle pleurait en silence, terrorisée. Jamais encore il ne l'avait frappé juste comme ça, par réflexe. Il avait toujours donné une raison. Plus ou moins valable, mais une raison.
/!\/!\/!\/!\/!\/!\/!\/!\/!\/!\/!\
Après quelques minutes de ce manège, il se leva et elle se redressa, endolorie, et plus fragile aussi. Quelque chose venait de se briser en elle. Vacillante, elle posa une main sur le dossier d'une chaise pour se retenir et ne pas tomber. Il la fixait, le regard étrangement vide, comme si Alessandro était devenu un zombie, ou un robot. Elle ne parvenait toujours pas à y croire. Comment pouvait-il lui dire cela de manière si…calme ? Les mots résonnaient dans sa tête, en boucle : « J'en ai juste envie. » Elle ne parlait plus, elle était trop sonnée pour ça. Choquée au-delà de ce qu'elle pensait. Il la rappela à l'ordre en grondant :
-Va préparer la bouffe, j'ai faim.
Elle leva les yeux sur lui, perdue. Elle ne le reconnaissait pas. Comment Alessandro, même en colère, pouvait-il parler et agir ainsi ? Jamais il ne le ferait en temps normal. Il était trop soucieux des apparences pour se laisser aller comme ça. Elle n'osa cependant pas poser de questions, craignant une nouvelle volée de coups, et se dirigea à pas lents vers la cuisine. Séchant ses larmes, elle commença à préparer le repas pendant qu'il prenait une douche et s'habillait. Elle tremblait de tous ses membres, et faillit renverser les plats à plusieurs reprises. Heureusement, ce ne fut pas le cas. Elle n'osait imaginer ce qu'il lui ferait si elle s'avisait de casser quelque chose.
Elle mettait la dernière main aux plats quand il arriva, la gratifia d'une taloche sur le crâne et mit la table sans un mot. Ellanor, baissant le nez par réflexe, fit le service et s'installa sans un mot. Le repas se déroula dans une ambiance pesante, sans qu'un mot ne soit échangé. Elle cligna des paupières et décida de se jeter à l'eau malgré tout. Elle devait le lui dire, elle n'avait pas le choix, sinon il allait s'énerver encore plus.
-Sandro…Il y a une chose que j'ai oublié de te dire l'autre fois…
Il la regarda sans parler, attendant visiblement la suite. Elle inspira profondément, ce qui lui arracha une grimace de douleur, avant de continuer :
-Demain, il y a une réunion à la Fac…Concernant le projet de fin d'année pour les filières de chant et de musique…Et tous les étudiants doivent y être…
-Et tu attendais quoi pour m'en parler ?
-J'ai oublié, je te le jure ! Elle leva la tête, les mains serrées. J'ai complètement oublié que c'était cette semaine, ça m'est revenu tout à l'heure…
-Et si j'avais prévu quelque chose ? Comment on fait dans ce cas-là ?
Elle resta silencieuse, en se mordant les lèvres. Il finit par soupirer :
-Je suppose que si tu n'y vas pas, l'école va se demander pourquoi. Vu la part que tu prends dans tes projets. C'est bon, vas-y, mais tu rentres directement après, sans trainer, ou je te jure que ça va barder. Compris ?
Elle hocha la tête, un peu soulagée. Elle ne serait pas en retard. Il fronça les sourcils et la pinça violemment :
-Je n'ai pas entendu…Compris ?
-Oui ! Oui…j'ai compris…
Elle s'était tendue comme un arc et retint un cri quand ses doigts la pincèrent. Elle avait les larmes aux yeux. Il quitta la pièce, et elle l'entendit ouvrir le placard du couloir, enfiler ses chaussures. Elle se mit contre le chambranle de la porte, intriguée, et demanda doucement :
-Tu…Tu t'en vas ?
-Je sors. J'ai quelque chose à faire.
Il enfila son blouson, et vint vers elle. Il lui attrapa la nuque avec force et l'embrassa violemment, écrasant ses lèvres sur les siennes, avant de la repousser et de quitter l'appartement, claquant la porte derrière lui. Elle ferma les yeux et gémit doucement, avant de se rendre dans sa chambre. Elle s'écroula sur le lit et éclata en sanglots, brisée. Qu'allait-elle devenir ? L'escalade que venait de faire son compagnon la terrorisait. Qu'est-ce que ça serait la prochaine fois ? Elle ne songea pas une seconde à partir. Pour aller où, de toute façon ? Elle ne pouvait se rendre chez ses amis, ni chez son frère. Elle ne serait qu'un poids pour eux, une charge…De la même façon, elle ne pouvait aller chez son oncle, qui de toute façon serait trop occupé pour prêter attention à elle. Elle se sentit plus seule que jamais. Elle s'était éloignée de tous pour les protéger, mais elle avait ainsi créé un vide autour d'elle. Elle eut un dernier sanglot avant de se relever, se dirigeant vers la salle de bains. Elle se déshabilla et prit une longue douche brûlante, tressautant à chaque fois que l'eau heurtait un bleu ou une marque. Et il y en avait beaucoup…trop sans doute. Elle se soigna le mieux possible, enfila un vieux pyjama trop grand pour elle, et profita de l'absence d'Alessandro pour terminer ses devoirs et commencer à réviser sa partition de Goldman. Elle tira de son violon de longs accents douloureux, mélancoliques, bien loin des notes vibrantes qu'elle jouait d'habitude. Son état d'esprit ressortait dans sa façon de jouer. Elle improvisa quelques morceaux sans conséquences, puis rangea avec soin l'instrument. Elle eut un soupir, et prépara rapidement son repas du lendemain avant d'aller se coucher, envoyant un SMS de bonne nuit à Mercutio comme elle en avait l'habitude. Si elle ne le faisait pas, il allait prendre peur. Elle mit du temps à s'endormir, puis sombra dans un sommeil de plomb, que même son petit-ami ne put briser quand il rentra, éméché et en rogne. Il se coucha près d'elle, et la prit dans ses bras avec autorité, comme une peluche.
Le lendemain
C'est la sonnerie du réveil qui fit ouvrir les yeux à Ellanor. Elle éteignit l'objet du délit, et grogna doucement, avant de se figer. Elle ne pouvait pas se lever. Elle ne pouvait en fait pas bouger, à cause des bras qui l'enserraient. Elle frissonna, et tenta de se dégager en douceur pour se redresser. Peine perdue. Elle ferma les yeux, et soupira avant de prendre le bras qui l'entravait pour l'écarter. Elle devait se lever, bon sang. Au bout de plusieurs minutes de lutte silencieuse, elle finit par y parvenir, non sans mal. Elle avait eu de la chance qu'il ne se réveille pas. Mais quand elle sentit l'odeur d'alcool qui émanait de lui, elle comprit et ne s'étonna plus. Il avait encore bu, et plus que de raison. Alors elle profita de cette chance inespérée pour se préparer en silence, et quitter l'appartement sans déjeuner. Elle n'avait pas faim de toute façon. Elle quitta l'immeuble, et courut, malgré l'heure matinale, jusqu'à la fac. Elle voulait être tranquille, ne pas être dérangée pendant quelques minutes. Etait-ce trop demander ? Elle n'en savait rien, mais elle devait essayer.
L'endroit était désert. Il était encore bien tôt pour la plupart des gens. Les cours ne commenceraient pas avant une heure trente, elle pouvait se permettre de souffler. Elle laissa tomber son sac au pied de l'arbre, et soupira longuement avant de se laisser glisser à terre à son tour. Elle ne semblait pas sentir le froid mordant de cette matinée, ni le vent qui agitait ses cheveux à toute force, les emmêlant. Elle les repoussa en arrière, gênée, et ramena ses jambes sur son torse. Elle eut un gémissement de douleur. Depuis la scène de la veille, elle avait mal à la tête, de manière continue. Elle n'avait pas pris de médicament, peut-être que cela la soulagerait…Mais elle n'osait pas. Comme beaucoup de choses. Et comme si ça ne suffisait pas, tout son corps lui faisait mal. Les coups qu'elle avait reçus n'étaient pas pour faire décoration, et elle les ressentait encore. Elle essuya une larme traitresse, et secoua la tête. Cela ne servait à rien de pleurer. Plus maintenant. Elle devait trouver une solution pour s'en sortir. Mais c'était sa faute, alors comment changer ? Elle n'en savait rien. Elle resta immobile, les yeux dans le vague, jusqu'à ce qu'une main se pose sur son épaule, la faisant sursauter si fort qu'elle fit un véritable bond en l'air. Elle se retourna vivement en se redressant, pour découvrir Roméo et Juliette, surpris d'une telle réaction. Elle cligna des yeux, et regarda autour d'elle. Les étudiants arrivaient peu à peu, seuls ou en groupe. Elle s'était perdue si longtemps dans ses pensées ? Apparemment. Elle retourna son regard sur ses amis qui ne la quittaient pas des yeux, visiblement inquiets de lui avoir fait si peur. Elle prit une longue inspiration pour calmer les battements frénétiques de son cœur, et esquissa un pauvre sourire :
-Salut vous deux…
-Tu vas bien, Ella ? demanda Roméo, secoué. Je voulais pas te faire si peur, je suis désolé…Mais tu semblais si loin que…
Elle secoua ses cheveux et sourit un peu plus :
-C'est rien, ne t'en fais pas. J'étais dans mes pensées, et je ne vous ai pas entendu arriver. Vous allez bien ?
Ils acquiescèrent, encore sous le choc, et discutèrent un moment avant que Juliette ne s'avise que la brune grelottait littéralement. Elle demanda, surprise :
-Ella…Ça fait combien de temps que tu es sous cet arbre ?
Elle réfléchit, et haussa les épaules :
-J'en sais rien du tout. Je suis arrivée un peu tôt, mais je ne sais pas exactement…
Son amie lui prit la main et poussa un cri :
-Mais tu es gelée ! Ta main est toute raide de froid…
Elle prit les choses en main, et fit signe à son amoureux de prendre les sacs pendant qu'elle emmenait Ellanor à l'abri, à l'intérieur des bâtiments. Là, elle la fit asseoir sur un banc et lui demanda de ne pas bouger. Elle courut au distributeur, et commanda un café pour Roméo, et deux chocolats pour elle et sa meilleure amie. Elle revint au moment où son fiancé raccrochait son portable, posté à côté de la jeune fille :
-J'ai prévenu les autres, qu'ils ne nous cherchent pas partout.
Juliette hocha la tête et distribua les boissons. Ella la prit avec reconnaissance et entoura le gobelet de carton de ses deux mains pour les réchauffer. Elle soupira, et se détendit un peu. Les deux amoureux restèrent debout, attendant probablement le reste de la bande. Elle but une gorgée du chocolat, et eut un frisson de bien-être. Dieu, que ça faisait du bien ! Elle le finit rapidement, au risque de se bruler, mais elle s'en moquait. C'était bon, c'était sucré, et c'était chaud : trois bonnes raisons de ne pas le laisser perdre. Elle jeta le gobelet vide à la poubelle, et revenait vers le banc quand les autres arrivèrent. Ainsi réunie, la bande commença par se saluer, avant que Mercutio ne pose la question que tout le monde se posait :
-Que s'est-il passé ?
C'est Roméo qui se lança :
-En arrivant ce matin avec Juliette, on a découvert Ella au pied de l'arbre. Elle était perdue dans ses pensées à tel point qu'elle ne nous a pas entendu. Je lui ai fait peur en la tirant de ses songes, et Juliette a vite vu qu'elle avait froid. Alors on est venu ici pour se mettre à l'abri du vent.
Ils se tournèrent vers la brune qui n'avait pas bronché, écoutant simplement le récit de son ami. Son frère s'approcha d'elle et lui releva le menton doucement, avant d'embrasser son front :
-Tu ne sentais pas le froid ?
Elle secoua la tête :
-Non je…j'étais dans mes pensées, et visiblement trop loin pour ça.
Elle ferma les yeux, sentant son mal de crâne s'accentuer. Elle ne savait pas ce qu'elle avait, mais elle devait faire attention. Elle rouvrit vite ses paupières pour n'inquiéter personne, et sourit :
-Mais maintenant ça va. On est à l'abri, et Juliette m'a même payé un chocolat. Je suis remontée à bloc !
Il sourit, mais l'angoisse ne disparut pas de ses yeux, pas totalement.
-Tant mieux. Tu n'as pas oublié la réunion de ce soir, n'est-ce pas ?
-Non ne t'en fais pas, je n'ai pas oublié. Et puis même si par malheur j'avais zappé, Tybalt me l'aurait rappelé.
Le susnommé hocha la tête et sourit. Evidemment ! Il n'allait pas lui faire louper ce qui lui tenait à cœur. La sonnerie les coupa, et chacun se dirigea vers sa salle de cours.
La journée se passa normalement, si ce n'est les maux de tête d'Ellanor qui ne firent qu'empirer malgré la prise de médicaments à l'infirmerie. Elle n'avait rien dit, seulement qu'elle avait des migraines depuis la veille et qu'elle ne parvenait pas à s'en débarrasser. L'infirmière n'avait pas posé de questions. Ella commençait à vraiment s'inquiéter, ne sachant qu'en penser. Mais, fidèle à ses mauvaises habitudes, elle ne dit rien, et se rendit à la réunion. Elle arriva rapidement à la salle de musique, un peu transformée pour l'occasion, et sourit en voyant Tybalt lui faire signe de la main. Elle s'assit à ses côtés, et sortit un carnet et un crayon de son sac. Elle voulait prendre des notes pour prendre part au projet de manière plus impliquée. Amusé, son ami la regarda faire sans intervenir. Mais il était heureux qu'elle se plonge dans sa passion avec autant d'enthousiasme. Romano Pépito, le prof de musique, et Hélène Giacomo celle de chant entrèrent et s'adressèrent à l'ensemble des étudiants pendant plus d'une heure, expliquant les tenants du projet et ce qu'ils attendaient de chacun. Emballés, les jeunes gens se mirent à discuter entre eux avec animation, puis Romano claqua ses mains pour demander l'attention :
-Je sais que certains d'entre vous ont déjà des projets. Venez les présenter ici s'il vous plait. Cela fera un point de départ.
Un à un, les étudiants qui avaient une idée vinrent l'exposer. Puis le professeur tzigane sourit à Ellanor et l'invita à les rejoindre. Timide, elle refusa d'abord, jusqu'à ce que Tybalt, doucement, ne la fasse lever pour aller devant les autres. Elle lui jeta un regard anxieux, mais il leva le pouce pour l'encourager, et elle fut bien obligée d'y aller. Romano, gentiment, lui demanda d'exposer ce qu'elle avait fait jusqu'à présent. Et après quelques balbutiements inaudibles, elle prit de l'assurance et son projet Goldman emballa plusieurs étudiants. Elle sourit à Damien, présent parmi les autres, et il accepta volontiers de se charger de la partie chant. Puis elle-même déclara qu'elle s'occuperait du violon, et qu'elle cherchait un batteur, un guitariste et un flutiste pour compléter son équipe. Ses yeux clairs ne quittaient pas Tybalt, et elle demanda :
-Il y a, dans le groupe, une guitare électrique et une guitare sèche. C'est pour ça que j'aimerais, s'il est d'accord, demander à Tybalt Capulet de prendre en charge l'une de ces deux parties. Je sais son talent, et j'aimerais vraiment travailler avec lui.
Elle rougit doucement, mais son sourire devint rayonnant lorsque le blond se leva et hocha simplement la tête. Ils applaudirent tous, sans exception, et on leur souhaita bon courage pour trouver les autres membres du groupe.
La réunion ne tarda à pas à se terminer, et chacun se leva, remerciant les professeurs et les autres avant de sortir. Tybalt et Ella quittèrent la salle ensemble, pour se retrouver dans la nuit noire. Elle frissonna, et remonta la fermeture de son blouson. Elle salua son ami, qui proposa de la raccompagner chez elle. Elle refusa poliment :
-Non ce n'est pas la peine. Merci Tybalt, mais j'y arriverai.
Il n'insista pas, mais elle put voir l'inquiétude dans ses yeux chocolat. Elle l'embrassa sur la joue.
-Ca va aller, je te le promets. On se voit demain !
Elle sourit, et partit en courant, alors que le blond restait tout retourné par le simple baiser qu'elle venait de lui donner. Il n'avait pas l'habitude. Il la regarda s'éloigner, mais sans qu'il ne sache pourquoi, une douleur sourde le prenait au ventre. Comme si…quelque chose allait se produire.
Elle disparut de son champ de vision, et il rentra chez lui, perplexe et angoissé sans savoir pourquoi.
Cette nuit-là, Mercutio se réveilla en criant, le cœur battant à tout rompre, les yeux écarquillés de terreur. Et avec un mot, un unique mot aux lèvres :
-Ella…
Verdict ? ^^ Qu'en avez-vous pensé ? Et que s'est-il passé pour que Mercutio ait une réaction pareille ? donnez moi vos avis et vos impressions ) à la prochaine ! :3
