C'est encore moi ! Je me disais qu'il était totalement injuste de vous laisser sur votre faim et de vous faire attendre une bonne petite semaine. Ai-je eu raison ? Donc je vous mets la suite, suite qui se terminera sur un autre rebondissement. Et oui, c'est comme ça. Bon… le début est une partie guimauve que je ne trouve pas spécialement utile, mais qui remets en scène deux personnages que tout le monde aime bien ! La deuxième partie en revanche… héhé Je vous laisse découvrir tout ça. Dîtes-moi ensuite ce que vous en avez pensé !
Bonne lecture !
Une Affaire de bourre-pifs
- Comment cela une prémonition ? s'intrigua Mickey. Tu vois l'avenir maintenant ?
- Je ne sais pas exactement, mais oui, il y a un peu de ça, répondit Rose inquiète.
- Et les numéros de l'Euromillion pour samedi, tu les connais ?
- Ne sois pas stupide ! soupira-t-elle dans une moue exaspérée.
Il haussa les épaules et leva les yeux au ciel. Après tout ce qu'ils avaient vécu, tout ce qu'ils avaient vu -des Cybermen jusqu'au vaisseau fantôme dont les circuits avaient été remodelés à l'aide d'organes humains- rien ne pourrait plus jamais l'étonner, non vraiment rien.
Assis tous les deux sur un banc au bord de la Tamise, ils contemplaient le long fleuve tranquille s'écouler silencieusement à leurs pieds. Une frégate pleine de touriste japonais armés d'appareils photos remontait lentement le courant. L'un d'entre eux pointa le doigt en direction de la gigantesque roue circulaire qui avait un jour fait office de transmetteur pour créature de plastique vivant. L'ensemble des passagers mitrailla alors l'édifice, ignorant complètement que Rose Tyler avait empêché ce jour là l'invasion de la planète –dans sa dimension natale évidemment-.
- Mais ce n'est qu'un rêve. Rien ne prouve que ce cauchemar va bel et bien arriver.
- Il va arriver Mickey, répliqua-t-elle froidement. Je n'ai plus aucun doute là-dessus.
- Mais quand bien même ! On ne peut absolument plus rien faire ! On est coincé ici !
- On peut faire quelque chose…
Elle se stoppa alors et baissa les yeux vers ses chaussures bleues, craignant de n'avoir à affronter les oppositions de son camarade. Mickey l'aimait et elle tenait également beaucoup à lui, depuis toujours… Cependant, elle savait que jamais il ne lui permettrait de poursuivre ce qu'elle avait en tête, du moins tout en considérant les risques qu'elle encourrait et la mort quasi certaine qui l'attendait…
- Qu'y a-t-il Rose ? s'inquiéta-t-il devant sa mine d'enterrement.
- Rien.
- Je suis désolé pour toi.
Elle hocha la tête. Les larmes lui montaient peu à peu aux yeux. Le jeune homme la prit alors tendrement dans ses bras et la berça de gauche à droite, se voulant le plus réconfortant possible.
- Je te promets que si je pouvais faire quelque chose, je le ferais.
- Je sais, tu as toujours tout fait pour me plaire ou pour m'aider.
- Et oui ! Je suis l'homme à tout faire !
Elle eut un maigre sourire et haussa les épaules :
- Quelle ingrate je suis.
- Je n'osais pas le dire.
Elle mima un faible rire puis se retira de ses bras et se leva du banc pour mieux contempler les alentours. Ciel bleu, parsemé ci et là de quelques cumulus. Une belle journée en somme, mais une journée annonciatrice de malheur.
- Il a besoin d'aide Mickey.
- Tu le connais mieux que quiconque : où qu'il soit, quoi qu'il fasse, il s'attire toujours des ennuis…
- Une bagarre !!
Lorsque le Docteur revint à lui, il perçut tout d'abord un brouhaha terrible, tel qu'il n'y en eût jamais en Enfer. Puis lorsqu'il ouvrit les yeux, il comprit avec effroi qu'une chaise venait à l'instant de voler au-dessus de lui, frôlant son nez et soulevant ses cheveux.
- Mais qu'est-ce que…
Il se redressa alors et constata que toute la taverne était en guerre. Chacun frappait son voisin, déchirait ses vêtements, brisait les verres et les bouteilles, jetaient les chaises -et les tables !-.
- Non, souffla-t-il complètement ahuri.
Parmi cette bataille digne des grands champs, il découvrit Kate, seule sur le front, décochant des bourre-pifs à tout va, rugissant de plus belle, telle une tigresse enragée prête à griffer et à mordre au moindre geste suspect de ses adversaires.
- Le premier qui tente quoi que ce soit, je lui refais le portrait, capito ?
Malheureusement, elle se fit surprendre par derrière. Le saoulard –celui-là même qui lui avait promis une correction- l'attrapa par sa longue tignasse rousse et la souleva du sol par la force de son seul bras. Kate gémit et cria, battit des jambes dans le vide mais ne parvint malheureusement pas à se libérer de son emprise.
- On fait moins la maligne hé hé… Tu vas venir avec moi beauté.
- S'il vous plaît, demanda un homme dans son dos en tapotant de l'index sur son épaule endurcie.
Le type se retourna pour à nouveau faire face au Docteur. Il grogna, visiblement agacé que ce dernier se relève à chaque coup de masse.
- T'en redemandes ?
- Oh oui !
Sur ce le Gallifréen sourit de toutes ses dents, sortit son tournevis sonique et libéra une onde delta suffisamment puissante pour assommer le colosse en un clin d'œil. Ce dernier s'effondra à terre, entraînant alors Kate dans sa chute -et qui atterrit à plat ventre sur son torse. Elle se dégagea, dégoûtée par sa puanteur et ses manières peu catholiques, puis leva les yeux vers le Docteur et eut un sourire gêné :
- Merci Docteur Dartagnan.
- De rien Portos.
- Hey ! s'offusqua-t-elle.
- Kate Wilson, soupira-t-il faussement ennuyé en lui tendant la main, quand cesserez-vous de semer le chaos partout autour de vous ?
Le sourire de la jeune femme s'effaça subitement. Elle attrapa une bouteille brisée qui roulait à quelques mètres de là, se redressa en vitesse et leva le bras, prête à l'écraser sur le front du Gallifréen en sueur.
- Je plaisantais !! se justifia-t-il paniqué.
- Baissez-vous !
Il obéit sans poser de question. Kate aplatit alors l'objet sur la tête d'un autre homme masqué posté derrière lui et qui s'écroula à leurs pieds. Le Docteur haussa un sourcil mais n'émit aucun commentaire sur l'art et la manière qu'avait la jeune femme de traiter avec les gens.
- C'était l'aubergiste, nota-t-il après coup.
- Et alors ?
- Alors je doute qu'il veuille nous héberger cette nuit à présent…
- Je ne suis pas pressée de dormir chez lui, vu comment il traite ses clients….
Le Docteur haussa un sourcil, ne saisissant pas la dernière réplique de sa compagne. Il détailla l'homme à terre et remarqua finalement dans la main de ce dernier la lame scintillante d'un poignard bien aiguisé.
- Bien vu, murmura-t-il dans la cohue.
Il se décala d'un mètre sur la gauche, évitant ainsi le passage de deux brutes épaisses qui se tenaient par les épaules et cherchaient visiblement à se jeter contre un mur. Une table roula entre les deux compagnons suivit d'un lustre qui s'écrasa sur le comptoir où ils tenaient place quelques minutes plus tôt. Finalement, quand le tumulte atteignit son summum, le Docteur proposa d'un ton totalement détaché :
- On s'en va ?
- C'est une idée…, répondit Kate gênée par la situation.
Une femme dans l'arrière salle hurla tandis qu'un un autre tentait de la déshabiller à la vue de tous.
- Une bonne idée, rectifia-t-elle en se dirigeant vers la sortie.
- Une idée brillantissime ! renchérit l'extraterrestre sur ses talons.
Ils s'éclipsèrent de l'auberge à pas feutrés et longèrent un canal sombre, prenant la direction du Tardis. Kate se posta immédiatement du côté des maisons, redoutant de tomber une fois encore dans l'eau noire et venimeuse.
- Toujours cette peur de l'eau ?
Elle hocha la tête, tâchant d'oublier les images toujours plus menaçantes des vagues immenses, des remous violents et des bulles d'air qui remontaient inexorablement vers la surface tandis qu'elle dégringolait de plus belle vers le fond…
- Longue histoire.
- La nuit promet d'être longue, enchaîna-t-il curieux.
Kate haussa les épaules, mais garda le silence, au grand damne du Gallifréen qui attendait la suite avec impatience. Ils marchèrent tous deux durant une vingtaine de minutes puis, tandis que la nuit baignait les lieux de son noir malsain, le Docteur se figea instantanément de stupeur, le regard porté vers une petite ruelle sinistre.
- Quoi ? s'interloqua Kate qui ne comprenait visiblement pas la gravité de la situation.
- Le Tardis…, souffla-t-il désemparé.
Elle jeta un coup d'œil vers le coin obscur et haussa un sourcil :
- Quoi le Tardis ?
- Il a disparu…
