Bonsoir, oui, c'est moi, je suis revenue! Incroyable mais vrai! Je sais je suis impardonnable, je m'excuse mille fois!

En tout cas je vous souhaite, un peu en retard certes, une très bonne année, et je vous remercie pour vos reviews qui me motivent toujours autant (même si avec la lenteur à laquelle j'écris on dirait pas!).

Voilà, je vous laisse avec ce petit chapitre, et pleins de bisous! ^^

P.S: juste pour info (et surtout pour xMiss-Clearwater ), NON, Emilie n'attend pas de jumeaux, c'est trop le bordel ces trucs là! Lol


Chapitre 6:

Bella POV

Alice fut la dernière à partir, sautillant gaiement, accrochée au bras de Jasper. Il était minuit, et désormais nous n'étions plus qu'Edward, Embry, Renesmée et moi dans la villa.

Enfin seule je pus continuer de lire mon ouvrage des Hauts de Hurlevent. J'avais l'impression qu'il s'était écoulé des siècles entre la dernière fois où je l'avais ouvert et aujourd'hui. Si j'avais su à l'époque ce qui allait advenir de ma vie. Un mariage, un enfant, une transformation et un déménagement à l'autre bout du pays. Me connaissant je n'aurais certainement pas refusé car Edward et Jacob étaient restés dans ma vie, et un miracle avait fait de nous une famille unie. D'ailleurs le dit miracle descendit les escaliers d'un pas aérien et vint me rejoindre dans le sofa. Elle poussa un léger soupir.

- que se passe-t-il? Demandai-je, remarquant un air ennuyé sur son joli minois.

Elle secoua la tête, jouant avec son portable qu'elle avait encore dans les mains.

- j'ai appelé Emilie.

- elle ne va pas bien? M'enquis-je, inquiète.

- si, c'est juste qu'elle était un peu stressée, les garçons ont senti une odeur de vampire.

Je posai ma main sur son bras et fus surprise encore une fois d'entendre toutes ses pensées. Je ne m'habituais pas à ce problème et je m'étonnais chaque fois que je la serrais dans mes bras. Elle songeait à ce qui pouvait se passer en présence de sang froid, si les mutations allaient recommencer, que les meutes n'étaient pas à l'abri d'un second cas comme celui de Matt. Elle ne s'inquiétait que très peu pour la vie des loups, je savais qu'elle avait confiance. Un autre genre de pensées fit son apparition. Et si c'était de sa faute? Si c'était elle qui avait déclenché la transformation du jeune homme? Embry avait vaguement parlé de ça et ma fille paraissait gênée quand ça venait sur le tapis. Certainement à cause de ses suppositions.

- ma chérie…, commençais-je en retirant ma main.

- et si j'avais raison maman?

- tu peux aussi avoir tort.

Elle ne répondit pas, les yeux dans le vague. Je la sentais fatiguée, épuisée même de toute cette tension en elle. J'avais tellement attendu pour qu'elle se confie à moi, et maintenant que nous y étions, l'angoisse remontait du fond de mes entrailles. Renesmée était une jeune fille très intelligente, capable de tout prévoir dans le meilleur comme dans le pire des cas, raisonnant parfois mieux que certains adultes, et le fait de la voir si désemparée m'inquiétait. En revenir au jugement de ses parents lui donnait l'impression d'être encore une enfant, chose qu'elle n'appréciait pas vraiment. La situation pouvait pourtant sembler anodine. Une famille sur la côte Est, un petit ami sur la côte Ouest, et un choix à faire entre les deux. Beaucoup d'humains avaient du être confrontés à ça, mais leurs tergiversations s'arrêtaient là. L'un ou l'autre. Pour notre part, il y avait des vies en jeux, des jeunes Quileutes dont le sort dépendait de notre arrivée près de leur territoire. Et puis la jeunesse éternelle. Comment expliquer qu'après six ans d'absence nous étions encore parfaitement les mêmes? Il avait déjà été difficile de rester jusqu'à la « majorité » de Renesmée sans trop attirer les soupçons, mais si nous faisions notre grand retour, il serait trop risqué de se justifier d'une quelconque manière. Bien sûr nous pouvions emménager dans les environs, assez loin de la Push, mais ma fille avait été claire là-dessus: pas de déménagement contraint. Il était hors de question pour elle que sa famille quitte la Floride dans un autre motif que l'envie de voir du pays et l'ennuie mortel provoqué par la région. J'étais certaine que chacun des Cullen y était allé de son petit discours comme quoi nous avions l'éternité devant nous, que bouger ne faisait pas de mal, qu'une nouvelle maison à aménager était bon pour la santé d'Alice et Esmé et que son bien-être était la priorité. Mais Renesmée ne voulait pas être une priorité justement. Elle ne cessait de répéter que notre vie n'était pas basée sur la sienne, que notre bonheur était plus important que le sien.

- notre épanouissement ne dépend pas de là où l'on vit ma chérie, tentais-je une nouvelle fois.

- bien sûr que si, répondit-elle.

- pas pour nous. Imagine, on peut vivre dans toutes les villes du monde et la seule chose dont on aura à se préoccuper au bout de quelques années ce sera que les gens ne nous soupçonnent pas de posséder la jeunesse éternelle!

Un léger sourire fit son apparition sur ses lèvres.

- tu es bien optimiste maman.

- et toi tu cherches à rendre trop importantes des choses futiles pour nous, déclarais-je en passant ma main dans ses boucles parfaitement dessinées.

Elle n'abdiqua pas, mais ne se défendit pas non plus. Je ne savais pas comment l'imprégnation pouvait faire évoluer ma fille maintenant. La dernière fois qu'elle avait été loin de Jacob, elle était portée à travers les années par la colère et l'indifférence, mais désormais ce n'était plus le cas, et force m'était de constater qu'elle n'avait absolument pas la même réaction. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser que cette magie indienne était un fardeau pour ceux qui en étaient atteint. Je voyais ça comme une maladie. Une maladie d'amour, avec des symptômes apparaissant dès que l'âme-sœur s'éloignait, le libre arbitre terrassé par cette personne sur qui on avait posé les yeux.

Et ma fille était là, n'arrivant pas à réfléchir correctement avec cette douleur qui lui tenaillait le ventre, avec ce trou béant à la place du cœur, avec son cerveau qui lui hurlait d'un côté de le rejoindre et de l'autre, faire passer sa famille avant tout. Mais je sentais que les assauts répétés de cette imprégnation la fragilisait, et détruisait peu à peu ses convictions. Ça, plus les Cullen qui ne cessaient d'enfoncer le clou sur le fait que la Floride n'était pas si géniale pour des vampires, et nous commencions doucement à la voir céder du terrain. Ce soir, j'aurais pu porter le coup de grâce, mais je ne pouvais décidément pas faire ce choix à sa place. J'étais juste là pour qu'elle se confie et pour l'aider à avancer vers la bonne décision, pas la forcer à retourner à la Push avec nous dans ses bagages.

Elle se mordit la lèvre nerveusement, continuant de jouer avec son téléphone entre ses doigts. Dans son expression, je me revoyais étant humaine, indécise, faible de ne pas pouvoir contrôler mes sentiments à ma guise. Je passai mon bras autour de ses épaules et la serrai contre moi. Elle se laissa faire, exténuée.

- j'ai peur, me dit-elle au bout de quelques minutes de silence absolu.

J'étais concentrée sur les images de ses rêves qui la hantaient chaque nuit.

- pour Jake?

Elle ne dit rien mais son dernier cauchemar répondit à sa place.

- Renesmée…

- il y a quelque chose maman, me coupa-t-elle. Quelque chose que je n'arrive pas à expliquer. J'ai cette angoisse qui me pèse et je ne sais pas si c'est parce que je suis loin de lui, ou bien si c'est réellement fondé…

Je ne répondis pas, et je vis, aussi bien que si c'était moi qui les créaient, des scénarios de tous types s'insinuer dans son esprit, dont le dernier se soldait par la mort de Jacob, mordu par un Volturi. La scène fit rater un battement au cœur de ma fille et elle se redressa vivement.

- les Volturi ne reviendront pas, tu n'as rien à craindre avec eux, tentais-je de la rassurer.

- ça pourrait très bien arriver avec d'autres, je les ai imaginés eux, parce qu'ils me font peur…

- Jake sait très bien se défendre. Il serait vexé s'il voyait ça!

Je changeai de tactique mais ça ne fit pas grand effet puisqu'une larme roula sur sa joue. Elle se leva brusquement et fit quelques pas dans la pièce, se passant les mains sur le visage.

- j'ai trop de choses qui se mélangent dans ma tête, avoua-t-elle la gorge serrée. J'ai pas envie que vous quittiez la ville juste pour moi, et puis j'ai pas envie non plus que d'autres jeunes se transforment à cause de mon retour, j'ai pas envie de perdre Jacob, j'ai pas envie qu'Embry continue de souffrir parce qu'il est loin de la meute et qu'il ne peut pas se transformer en loup comme il le voudrait…

Elle ne put finir, sa voix étouffée par un sanglot. Je me levai à mon tour et la serrai doucement contre moi. Au bout de quelques petites minutes, je sentis la présence d'Edward dans mon dos. Il s'approcha et passa une main dans les cheveux de Renesmée suivie d'un baiser.

- calme-toi mon ange, murmura-t-il alors qu'elle se détachait un peu de moi pour le regarder.

- je suis désolée pour tout ça papa, dit-elle d'une petite voix.

Il lui offrit un merveilleux sourire et lui intima qu'elle n'avait pas à s'excuser pour ça. Que rien n'était de sa faute. Et elle repensa soudain à une jeune fille aux longs cheveux noirs, Lena, à qui elle avait brisé les rêves selon elle. Un nouveau sanglot vint secouer ses frêles épaules et je compris que le mur qu'elle s'était créé venait définitivement de tomber, laissant échapper toutes ses émotions trop longtemps retenues.

- viens, allons dans ta chambre, lui intima son père.

Je les suivis, et une fois dans son lit Renesmée se blottit contre Edward. J'aurais pu sourire, elle qui répugnait tant à faire des câlins désormais, mais je la sentais tellement désemparée qu'elle ne fit rien pour s'éloigner. M'asseyant près d'elle, je l'embrassai sur la tempe et lui chuchotai un je t'aime.

- elle aussi, m'informa mon mari.

Après une quinzaine de minutes, son esprit parut enfin s'apaiser et je redescendis, ne voulant pas les déranger. Je croisais Embry dans la cuisine, fouillant les placards.

- tu cherches quelque chose? Demandais-je.

- le pain de mie, dit-il d'une voix ensommeillée.

Je le fixai, et vis à ses yeux brillants qu'il était fatigué. Je contournai la table qui trônait au milieu de la pièce et l'invitai à s'asseoir alors que je me saisissais du pain.

- tu n'as pas dormi?

- non. Et puis j'ai entendu Nessie.

Je ne répondis rien et m'occupai de beurrer les tranches.

- jambon fromage ça te va ?

- tant que c'est mangeable, tout me va!

Je ris légèrement en ouvrant le frigo pour prendre ce dont j'avais besoin.

- elle va mieux? S'enquit le loup.

J'haussai les épaules.

- je ne comprends pas pourquoi elle se borne. C'est vrai, vous êtes des vampires, vous pouvez vivre où bon vous semble comme tu as dit. Et au pire, elle peut faire l'effort de s'émanciper un peu. Quelques mois sans sa famille c'est pas le bout du monde quand on a l'éternité, dit Embry en jouant avec un couteau.

- tu connais Renesmée, soupirais-je en lui tendant son sandwich.

- toujours à chercher compliqué !

Il me remercia et croqua directement dans la moitié de la tranche. M'apprêtant à m'asseoir en face de lui, je me ravisai et retournai vers le comptoir pour lui en faire un deuxième.

- bonne idée, dit-il la bouche pleine.

- et toi ça va? Le questionnais-je.

Je ne l'entendis plus mâcher pendant une ou deux secondes. Réfléchissait-il au mensonge qu'il allait me donner ou n'avait-il pas envie de répondre? Me retournant, je vis sa mine s'assombrir, et il posa son quart de sandwich. Mauvais signe. Rien n'arrêtait un loup durant son repas si ce n'était quelque chose d'important.

- Embry…

Il avala ce qu'il avait dans la bouche et poussa un soupir.

- j'ai un peu de mal, avoua-t-il.

- personne ne t'en voudra si tu rentre avant Renesmée tu sais, l'encourageais-je.

Il rit jaune.

- personne t'en est sûre? Jacob me tuerait s'il savait que je veux laisser son imprégnée ici avec Nathan!

- tu peux compter sur Rosalie pour être sur ses talons en permanence, me défendis-je.

Ses sourcils se levèrent.

- c'est bien connu, Jake a une confiance aveugle en Rosalie…

Je croisai les bras sur ma poitrine et levai les yeux au ciel.

- il n'a qu'à venir s'il est pas content! Lançais-je.

Le loup garou rigola franchement face à mon attitude puérile. Je n'aimais pas que l'on sous-estime ma famille.

- tu sais ce Nathan, repris-je, il a beau être apprécié de tout les Cullen, il n'en reste pas moins un invité, et si jamais il arrivait quelque chose, crois moi qu'il déguerpirait bien vite!

- tu ne l'aimes pas hein? Dit Embry.

- je fais confiance à ma fille, mais je me méfie toujours des nouveaux vampires c'est tout, répliquais-je en posant enfin le deuxième sandwich devant lui. Et Jacob n'a vraiment pas à s'inquiéter. Ni même à être jaloux!

Il sourit, et recommença à mâchouiller bruyamment.

- et puis, conclus-je, ça ne devrait plus être très long avant que Renesmée ne le rejoigne.