Le shérif Stilinski et Stiles
Stiles restait calme dans son siège. Le shérif était concentré sur la route. Il voulait parler à son fils, mais il ne savait pas comment commencer. Comment on demandait à son fils de 17 ans si vraiment il était amoureux d'un homme de 24 ans qui le faisait souffrir indirectement? Il puisa pourtant un peu de courage dans le souvenir du sourire de sa femme et finit par réussir à demander:
- Stiles, tu es amoureux?
- Oui, soupira l'ado.
- De … Derek?
- … Oui. Il est partit papa.
- Je sais Lydia et Scott me l'ont dit. Enfin surtout Lydia.
- Je me suis permis de l'embrasser l'autre jour dans sa voiture.
Le shérif hésita à répondre à cette confidence, mais comme il ne savait pas quoi dire, il se tu.
- Tu sais où on va? Demanda le shérif pour reprendre une conversation.
- Non.
- Chez ta tante Marie. Tu pourras y voir tes cousines Virginie et Leah. Ça te fera du bien d'y rester quelques jours. J'aimerais rester avec toi, mais je ne vais pas pouvoir. Je pense que tu as besoin de temps, d'espace et d'occupation pour te remettre de tout ça.
- Merci papa.
Le shérif sourit à son fils.
- ça me fait du bien de t'entendre reparler Stiles. Prendre un peu de distance ne te fera pas de mal.
- J'ai embrassé Derek Hale! Soupira l'ado, les yeux perdus dans le vague.
- J'avais entendu. Mais je ne sais pas quoi te répondre.
- Tu n'es pas fâché? S'étonna Stiles.
- Pourquoi je le serais?
- Il a 24 ans et c'est un homme.
- Sans blague Stiles, tu penses que je te connais si mal? Je t'élève seul depuis bientôt neuf ans. Il était évident que tu n'aurais pas pu faire simple comme n'importe quel autre garçon de ton âge. Ça fait un moment que toi et Derek ça me trottait dans la tête, je n'ai juste pas compris tout de suite pourquoi ça me travaillait. Et lui ses sentiments envers toi?
- Je crois qu'il en a, mais je pense qu'il a peur. Ça n'a pas été évident ses précédentes histoires. Faut juste que j'arrive à oublier ou du moins à vivre avec, comme quand maman est morte et ça ira. Il ne reviendra pas à Beacon Hills.
- Tu sais si le destin doit vous réunir ça se fera tout seul au moment voulu.
- Je pense que je suis prêt à attendre ma vie entière.
- Te connaissant je n'en doute pas! Au fait j'ai prévenue ta tante de la situation. Elle n'a strictement rien dit, même quand j'ai parlé de Derek.
En fin d'après-midi le shérif et son fils sortirent de la voiture parquée devant une grande ferme rouge plantée au milieu d'hectares de champs de maïs et de blé.
Derek
Derek avait tourné dans son loft toute la journée. Après avoir hésité successivement à se jeter du balcon, prendre un bain d'aconit, se pendre, se faire interner à Eichen House et se trancher la gorge lui-même, il en était arrivé à être affalé sur son canapé comme un imbécile, qu'il avait en plus conscience d'être.
Bref à ce moment sa vie n'aurait pas pu être plus compliquée. Quel était le but de souffrir autant pour un simple ado de 17 ans banal au possible? Franchement ça en devenait presque risible. Que pouvait bien avoir Stiles pour lui faire envie à ce point, le faire chavirer à ce point, le faire souffrir à ce point?
Le réel problème de tout ça c'était cette peur affolante qui le prenait dès qu'il pensait à Stiles. Cette peur qu'il souffre, ou pire qu'il meurt à cause de lui. Il savait désormais que Stiles ne serait jamais fait pour être un loup-garou et il avait peur qu'un jour il se fasse mordre et qu'il doive encore supporter la mort d'un autre amour. Il n'y survivrait pas. Sa vie était dangereuse, donc la vie de Stiles le serait encore plus s'ils se liaient. Et Derek ne pourrait pas vivre avec cette peur constante au dessus de lui. Ce n'était humainement pas possible de vivre et de construire quoi que ce soit comme ça.
Mais en même temps il savait qu'avec Stiles, il serait heureux comme il ne l'avait plus été depuis longtemps et Stiles aussi serait heureux, mais le prix du bonheur est souvent trop cher à payer.
Bref, une journée ne l'avait pas aidé à avancer. Il se leva pour se laisser tomber dans son lit à plat ventre. Ses yeux se posèrent sur sa table de nuit, il repensa à l'enveloppe laissée par Stiles. Il ouvrit le tiroir et s'empara de l'objet.
Il s'assit sur le lit et ouvrit l'enveloppe. Il en retira une photo de Stiles. Tout sourire. Comme Derek aimait ce sourire. Ses yeux rieurs, ce visage innocent, ces grains de beauté. Comment on pouvait avoir envie de faire souffrir un jeune homme aussi charmant?
En fait Derek pensa qu'il était un monstre tout simplement. Il y avait peu d'autres hypothèses en réalité. Au final il ne valait pas mieux que Kate ou même Jennifer. Les deux femmes qui avaient profitées de lui dans des moments de faiblesses. Il faisait tout autant de mal à Stiles qu'elles lui en avaient fait à lui, mais d'une façon différente.
Il laissa échapper un grand soupir et se releva du lit en posant la photo sur son oreiller. Il prit une douche, ce qu'il avait déjà voulu faire le matin même. Et puis il sortit de son loft. Objectif: aller voir si Stiles était vraiment partit et puis passer voir Scott.
à bientôt
