Chapitre 7 : Tentative … ratée.

La semaine s'écoula, lentement, douloureusement. Mr Wood avait été conduit à l'infirmerie et avait sauvagement accusé sa fille, de l'avoir agressé. Personne n'avait tenté de le contredire, tant ses yeux lançaient des éclairs, mais le directeur n'était pas dupe. Black n'avait pas eu vent de l'affaire, auquel cas il aurait vivement hurlé son avis. Il ne comprenait pas. Comment un père pouvait-il faire ça à sa fille ? C'était inhumain ! Certes, sa mère à lui n'était pas un modèle de tendresse, mais quand même, il ne fallait pas exagérer.

Depuis qu'il avait découvert le secret de Jade, Black était plus renfermé sur lui-même. Il se trouvait stupide, à avoir voulu absolument savoir ce qui n'allait pas chez la jeune fille. Ses amis, inquiets, avaient à plusieurs reprises tenté de le faire parler, mais il avait toujours refusé sèchement. Il essayait presque tous les jours de discuter avec la jeune fille, mais celle-ci le fuyait comme la peste.

En ce moment, d'ailleurs, elle se trouvait encore dans la volière, en train de pleurer silencieusement. La scène aurait pu être romantique, un paysage merveilleux, un temps agréable, malgré l'hiver, mais la situation dramatique l'en empêchait. Jade pensait à cette semaine affreuse, à son père, à sa mère, dont elle ne se souvenait plus très bien, à cette voix, à Black. Comment pourrait-elle ne pas penser à lui ? Il devait la détester, maintenant qu'il savait qui elle était vraiment. Une fille maltraitée par son père, trop lâche pour en parler à quelqu'un. Mais que faisait-elle donc à Griffondor ? Elle n'avait pas le moindre pourcentage de courage dans le sang.

Un hibou vint se poser sur le rebord de la fenêtre. C'était une chouette, blanche comme la neige. Ses yeux étaient bleus, comme le ciel. Elle était vraiment très belle. Jade fut surprise en la voyant tendre sa patte vers elle, une lettre accrochée au bout. La jeune fille la prit et la chouette s'envola dans un hululement sonore. Elle la regarda s'envoler un instant, puis reporta son attention sur sa lettre. Qui lui avait donc écrit ? La jeune fille décacheta l'enveloppe et sortit le fin papier blanc.

« Chère Jade,

Je sais que tu ne veux plus me voir, mais je t'en prie, lis cette lettre jusqu'au bout. Tu as deviné qui était l'auteur de cette lettre, non ? C'est Sirius. Black, oui. Si tu savais comme je m'en veux, de t'avoir harcelée pour que tu nous dises ce qui te tracassait ! J'aurai du penser que tu avais une bonne raison, mais je ne pensais qu'à ma stupide fierté… et au fait que tu sois certainement une des seules filles de Poudlard à me détester. Et à ce moment là, oui, à ce moment là, je ne pensais qu'à te convaincre que j'étais un gars bien. Je ne supportais pas le fait que tu ne puisses pas t'intéresser à moi et j'ai voulu tout faire pour que tu tombes amoureuse de moi. C'est idiot, n'est-ce pas ? Je suis vraiment désolé Jade…

Mais aujourd'hui, aujourd'hui tout est différent. Pas parce que je sais que tu… enfin, ton secret, mais parce que j'ai compris. J'ai compris qu'en voulant absolument que tu m'apprécies, j'étais en train de faire complètement l'inverse. Résultat, tu me détestes encore plus qu'avant.

Au début, je voulais que tu sois amoureuse de moi. Mais je crois qu'en fait, en te poursuivant et en te parlant sans arrêt, c'est moi qui suis tombé amoureux de toi. C'est étrange de te l'écrire dans une lettre… J'aurais aimé te le dire de face, mais je comprendrai que tu ne veuilles plus entendre parler de moi. D'ailleurs, je ne t'embêterai plus, Jade, ni aucun de mes amis.

Une dernière chose : je ne révèlerai jamais ton secret. Je ne te dirai pas d'avoir confiance en moi, je sais que tu ne voudrais pas, mais je te le jure.

Alors voilà, c'est la fin de ma lettre. Je crois bien que c'est la plus longue que je n'ai jamais écrite ! Je m'en étonne encore, et j'espère que en la lisant, tu comprendras à quel point je m'en veux. Je n'ai jamais voulu ça…

S.B. »

Jade resta un long moment debout, les yeux fixés sur sa lettre, la bouche légèrement ouverte, coite. Ce… c'était impossible voyons ! Black était… amoureux d'elle ? Quelle ironie ! Ce n'était qu'une simple farce de toutes manières. On ne pouvait pas tomber amoureux d'elle, surtout lorsqu'on savait qui elle était vraiment. Mais qui était-elle vraiment ? Elle n'avait jamais voulu avoir cette existence, certes, mais… Non ! Arrête de penser ! Black se foutait d'elle, voulait juste la rendre un peu plus malheureuse. C'était un coureur de jupons, elle ne devait pas se fier à lui ! Ne jamais se fier à quelqu'un d'autre que soi, voilà ce qu'elle se disait souvent ! Les autres ne nous attirent que des ennuis ! Une larme coula sur la joue de Jade. Comment pouvait-il lui écrire une lettre pareille ? Ce garçon était un monstre ! Elle déchira le papier en mille morceaux, puis les enflamma.

« -Espèce d'imbécile, cria-t-elle, pourquoi pleures-tu ? Arrête ça tout de suite ! Black n'est qu'une horrible personne, il n'en vaut pas la peine ! Fais comme s'il n'existait plus, et reprend le train de ta misérable vie ! »

Mais pourquoi lui faisait-il autant d'effet ? Elle n'en pouvait plus, elle en avait raz la citrouille ! Elle se laissa lourdement choir par terre et se mit à pleurer de toutes ses larmes. Elle en avait assez, pourquoi était-ce toujours elle ? Puis, peu à peu, ses larmes se tarirent, et elle s'abandonna à un sommeil cauchemardesque. Pour changer…

•O•O•O•O•O•O•O•

Black faisait les cent pas dans la salle commune des Griffondors. Mais bon sang, que faisait Jade ? Il était minuit passé, elle aurait du être de retour depuis longtemps maintenant ! Il y avait quelque chose d'étrange là-dedans. Etais-ce du à la lettre ? Il n'aurait jamais du la lui envoyer, jamais du la forcer à la lire. Il se détestait.

« -Calme-toi Patmol, lui conseilla James, elle est peut-être déjà en train de dormir…

-Non, je sais que non, j'ai envoyé une fille vérifier !

-Mais pourquoi tu t'inquiètes autant pour elle ? bougonna Peter d'une voix grincheuse.

-Peter, Peter, soupira James, il est amoureux d'elle, ça ne se voit pas ?

-Tu as perdu la tête ma parole ! hurla Queudver. Cette fille est une folle ! »

Il s'attira un regard noir de Sirius.

« -Tu ne sais rien Peter, rien du tout. Alors ferme-la !

-Parce que toi tu sais ? demanda calmement Lunard.

-Je… Je… J'ai promis de ne rien dire…

-Quoi ? Tu sais pourquoi elle est comme ça ?

-Oui, mais…

-Et tu comptais nous le dire quand ? rugit James.

-Je… C'est à elle de vous le dire…

-Faux frère ! Je t'ai toujours tout dis moi !

-Mais…

-Il n'y a pas de mais qui tienne !

-Cornedrue, calme-toi ! ordonna Lupin.

-Que je me calme ! Mais ça ne va pas la tête ! Patmol vient de me dire qu'il est au courant du problème de Wood, et …

-Si tu étais un peu plus observateur, tu saurais ce qu'elle a !

-Ah parce que toi aussi tu es au courant Remus ?

-Oui.

-Et ben apparemment, je suis le seul ignorant ! Alors si vous voulez bien excusez ma stupide personne, moi, je vais me coucher ! »

Et James, dans un grand fracas, ouvrit la porte et disparu dans l'escalier.

« -Tant fais pas Patmol, fit Lunard d'une vois tranquille. Demain, il aura tout oublié. Dis Queudver, tu ne voudrais pas aller te coucher toi aussi ? J'ai à parler avec Sirius. »

Bougonnant, Pettigrow se leva et rejoignit James.

« -Alors comme ça, elle te l'a dit ? demanda Lunard.

-Non.

-Alors comment sais-tu ?

-Je l'ai surprise. Tu sais, ça c'est passé la semaine dernière, lorsque son père est arrivé. Elle est partie en courant et comme j'avais peur… et que j'étais curieux, je suis parti, vous disant que j'avais encore sommeil…

-Ah oui, je m'en souviens, sourit Remus. Donc, tu l'as suivie.

-Oui. Au début, je l'ai surtout cherchée, parce qu'elle avait couru rapidement. Ce qui m'énervait le plus, c'était que j'entendais toute leur conversation, mais que je n'arrivais pas à les trouver… C'était affreux… Il lui disait qu'elle était à lui, que… qu'elle était une imbécile, que… Et puis, je les ai enfin vus. Elle était contre le mur, à moitié évanouie. Ses yeux… ses yeux étaient éteints, comme si elle était morte. Et puis il y avait son père qui… qui la frappait… Comment avons-nous pu ne pas nous en rendre compte Remus ?

-Ne culpabilise pas Patmol… Elle n'aurait pas voulu…

-Mais comment le sais-tu toi ?

-C'était en début de mois, lorsque tu n'arrêtais pas de nous parler d'elle. J'ai fait des recherches à son sujet et j'ai découvert que sa mère était morte et qu'on avait retrouvé des tas de blessures sur son corps. Alors, je me suis dit qu'elle se faisait peut-être battre et que donc Jade…, enfin, elle aussi…

-Pourquoi tu ne nous as jamais rien dit ?

-Je ne sais pas… J'avais peur de ta réaction, et puis,… »

Il s'interrompit. Une personne venait d'entrer dans la salle commune, une personne que Sirius reconnu immédiatement. Il se leva et se précipita vers elle.

« -Jade ! Comment vas-tu ? »

La jeune fille pleurait.

« -Remus, prononça-t-elle d'une voix mouillée, je peux te parler ? »

Sirius stoppa net dans sa course. Elle voulait parler à Rémus, et pas à lui. C'était fini. Elle ne serait jamais amoureuse de lui… Ses yeux devinrent humides et il courut dans son dortoir. Jade le regarda partir en silence.

« -Que veux-tu ?

-Je… la lettre, c'est une blague ou pas ? »

Lupin fronça les sourcils.

« -La lettre ? Quelle lettre ? »

Jade s'affala dans un fauteuil.

« -J'ai reçu une lettre, qui disait que Sirius m'aimait. C'est vrai ou pas ? »

Sirius lui avait écrit une lettre ? Si la situation avait été moins grave, le lycanthrope aurait bien éclaté de rire. Il devait vraiment l'aimer pour lui écrire une lettre !

« -Sirius t'aime Jade.

-C'est vrai… mais, pourquoi ? Je… qu'est-ce qui l'attire chez moi ? Je… je ne suis pas très belle, je… n'ai pas d'expérience, je n'ai jamais été aimable…

-Je ne sais pas ce qui l'attire. Mais il t'aime, ça j'en suis sur… Et je crois qu'il aimerait te parler aussi.

-Non ! Non, je ne veux pas, je ne veux plus jamais le voir, je… Il le sait !

-Moi aussi je le sais. Je l'ai découvert, en début de mois…

-Pardon ? s'étrangla-t-elle.

-Ce n'est pas ta faute Jade… Et ce n'est pas une raison pour te renier.

-Va-t-en ! Va-t-en ! Je croyais que je pouvais compter sur toi, mais en fait, tu es comme les autres, aussi curieux et aussi stupide ! Disparais de ma vue ! hurla-t-elle. »