L'histoire débute plus loin, si vous ne voulez pas lire ces quelques lignes explicatives !

Genre : Romance/Angst.

Pairing : ShikaNaru.

Disclaimer : Cette fanfiction a été traduite de l'originale « Things Never Change II », suite de « Things Never Change » de makura moderski, que j'ai également traduit. L'univers de Naruto, quant à lui, appartient à Masashi Kishimoto.

Note du traducteur : Salut tout le monde ! =) Haha, désolé, je vous ai de nouveau fait attendre, mais mes vacances étant courtes, j'ai fait d'autres choses et ai donc traduit assez lentement. Je remercie Tsubaki-manga-girl, Groumde, hathor2, Amacky, Darkwolve, Squick-Mello, scorpionaruto4ever et LicyLie d'avoir reviewé, ainsi que Ryry the dark, Darkwolve, Rosia2160, Squick-Mello, scorpionaruto4ever, LicyLie, GreekGoddessHestia et ophelie-bulle d'avoir ajouté cette histoire ou son premier tome en Alert et/ou Favorite et de m'avoir ajouté en Favorite Author ou en Alert. Revoilà un chapitre avec Shikamaru ! =) J'espère que vous apprécierez et laisserez une petite review à la fin ^^.


Sixième chapitre : « The town of Usagi » (Le village d'Usagi)

Shikamaru regardait le soleil disparaître et l'obscurité recouvrir le ciel d'un air frustré. Cela faisait trois mois qu'il avait quitté Konoha et il n'était pas plus près de retrouver Naruto que lorsqu'il était parti. Il serra les dents, perdu dans ses pensées à propos du garçon blond qui s'était emparé de son cœur. Dans ses mains se trouvait une carte du Pays des Rivières.

Il baissa les yeux vers la carte qu'il tenait et fronça les sourcils tandis qu'il barrait un village de plus sans avoir avancé. Ses yeux tracèrent sur la carte le chemin sur lequel il allait chercher ensuite et se posèrent sur le village d'Usagi. Le génie savait peu de choses à propos de ce village, mais il bordait la rivière, et c'était malheureusement la seule chose sur laquelle le brun pouvait se baser pour le moment. Il soupira en rangeant son outil d'écriture.

Il porta son regard vers la rivière tumultueuse dont le courant avait récemment gagné en vitesse à cause du niveau de l'eau qui augmentait durant la saison des pluies. Durant les trois dernières semaines, le Pays des Rivières avait connu des chutes de pluie au moins une fois par jour. Il regarda une fois de plus les gouttelettes heurter la rivière agitée plus bas.

Ses yeux se voilèrent tandis que des souvenirs forçaient ses barrières mentales. La pluie lui avait donné la même impression ce jour-là. Ses sens se brouillèrent alors qu'il continuait à regarder la pluie et inspirait sa senteur fraîche.

Ses yeux étaient fixés sur le sol sur lequel il se tenait. Il sentait la pluie qui tombait lentement, mais, à cet instant, il ne prit pas en compte le fait qu'il devenait humide. Non, à cet instant, il n'avait qu'une chose en tête, et cette chose, c'était Naruto. Son cœur cognait, ses yeux le piquaient de larmes retenues et ses épaules tremblaient lorsqu'il essayait de les contenir. Il ressentait tant de sentiments à la fois : du soulagement que le blond aille « bien », de la tristesse à cause de l'état dans lequel il se trouvait, et de la colère qu'il n'ait même pas essayé de lui parler et qu'il se soit juste enfui. Cela le blessait profondément qu'il ne lui fasse pas confiance.

Les yeux de Shikamaru se levèrent du sol tandis que Naruto s'écartait du bord du monument aux Hokage. Le kishi ne pouvait pas vraiment lire les émotions dans le regard du blond. Il avait promis de le protéger et avait déjà échoué à deux reprises. Il le regarda avec inquiétude s'avancer vers lui et attendit même qu'il parle, espérant plus que de raison que celui-ci serait capable de le convaincre qu'il ne prévoyait pas de sauter vers la mort, même si, tout au fond de lui, il le savait déjà.

À cet instant, la colère que le brun ressentait dominait tout autre sentiment.

« Pourquoi tu es parti comme ça ? » cria-t-il, semblant en colère, bien qu'il fît de son mieux pour que ce ne soit pas le cas.

« Je… J'étais juste… » Le blond ne prit pas la peine de finir sa phrase, car ce qu'il avait tenté de faire était plus qu'évident.

Aucun des deux ne l'avait remarqué, mais la pluie avait commencé à tomber depuis un moment. Elle se déversait avec force, cependant, ils ne s'en souciaient pas, ou alors elle était le moindre de leur soucis.

« Je suis désolé, vraiment. Je n'ai jamais… voulu te blesser, » bredouilla le Jinchūriki.

« Mais tu l'as fait, et tu allais sauter ! » fit Shikamaru, sur un ton venimeux lorsqu'il ajouta la seconde partie.

« Je… Écoute, je n'allais pas le faire, » affirma Naruto sans le regarder dans les yeux.

« Ce n'est pas l'impression que ça m'a donnée, » répliqua froidement le brun.

Il faisait de son mieux pour ne pas s'énerver contre son ami. Ce n'était pas réellement sa faute, mais il n'arrivait pas à garder ses émotions sous contrôle. Il prit une inspiration apaisante – enfin, censée être apaisante- mais n'eut pas cette chance.

« Tu ne comprends pas… » commença à se justifier le blond.

« Alors fais-moi comprendre ! » s'écria le brun, attendant sa grande explication à propos de ce qu'il fabriquait assis au bord du monument des Hokage, sous la pluie, après s'être enfui par la fenêtre de sa chambre.

« Je voulais en finir avec tout ça, mais je n'ai pas pu ! » s'exclama subitement l'autre garçon en plantant son intense regard bleu dans celui de Shikamaru.

Ce dernier eut l'air simultanément confus et soulagé. Il vit le regard de Naruto et sut qu'il disait la vérité, mais la confusion s'installa alors : pourquoi donc avait-il arrêté ?

« Qu'est-ce qui t'a arrêté ? » demanda-t-il avec curiosité, laissant finalement s'évanouir sa colère.

Naruto détourna le regard du visage du jeune Nara et fixa intensément le sol tandis qu'il inspirait profondément.

« Je ne pouvais pas, parce que… parce que… »

Tandis que le souvenir se dissipait, la prise de Shikamaru sur la carte se resserra, froissant grandement le papier. Il était déjà assez difficile à vivre qu'il n'ait rien trouvé jusque-là, mais revivre ces rappels constants des bons comme des mauvais moments qu'il avait passés avec Naruto était presque insupportable. Il se renfrogna en fourrant la carte dans son sac et se cogna le dos contre un tronc d'arbre contre lequel il s'assit.

Bientôt, ses pensées se calmèrent et il se mit à réfléchir au souvenir même. Il n'avait jamais découvert pourquoi Naruto avait décidé de ne pas définitivement en finir, et, à cette époque, il se portait bien sans le savoir, mais, à présent, il désirait ardemment savoir ce qui l'avait retenu. Cela le travailla un petit moment, mais il finit par réussir à le refouler pour l'instant.

« S'appesantir sur le passé est si pénible… Pourquoi est-ce que je continue à le faire ? » se demanda-t-il.

Les branches de l'arbre le protégèrent de l'averse qui se déclara lorsque le ciel s'obscurcit complètement. À cause des nombreux nuages, le ciel était noir, sans aucune lueur lunaire pour l'éclairer. Le brun ferma les yeux et finit par s'endormir en espérant que le lendemain serait un jour meilleur et qu'il trouverait Naruto ou au moins un indice sur la direction à prendre ou des coordonnées au village d'Usagi.

Ses yeux s'ouvrirent lentement en papillonnant lorsqu'il sentit les rayons du soleil lui piquer le visage à travers les feuilles. La lumière le fit grimacer, mais, au fond, il était heureux que le soleil soit à nouveau de sortie et que la pluie ait cessé. Ses vêtements allaient enfin sécher. Il sauta disgracieusement de l'arbre à cause de la position dans laquelle il avait dormi. Il était raide et son corps était endolori, mais ce n'était pas important.

Le brun s'étira rapidement et sortit la carte chiffonnée pour se repérer, puis se dirigea vers le village d'avant-poste d'Usagi. Il ne savait pas vraiment grand-chose à son propos. En effet, il n'y était jamais allé auparavant, aussi était-il un peu anxieux.

Il observa le ciel tandis qu'il marchait. Les nuages revenaient, et il estima qu'il pleuvrait de nouveau d'ici midi. Il soupira en songeant que ses habits auraient juste le temps de sécher pour qu'ensuite la pluie puisse mieux le remouiller. Cela lui prendrait sans doute jusqu'à midi pour atteindre Usagi à moins qu'il ne presse le pas. Il y songea, mais ce n'était pas dans sa nature de se surmener, aussi maintint-il la même allure. Cela ne lui servirait à rien de s'épuiser avant d'avoir rallié le village, car, après tout, il ne savait pas à quoi il devait s'attendre.

Les nuages furent de retour juste avant midi et l'averse reprit. Shikamaru continua à marcher pour arriver à temps, mais son moral avait été grandement affecté par le dernier village qu'il avait visité. Il avait été si sûr que Naruto serait là du fait qu'il y avait effectué une mission, mais, selon les dirigeants du village, le jeune homme n'était jamais repassé depuis lors. Il serra les poings et continua à marcher.

Quelque temps plus tard, il arriva finalement, trempé, et plus tard qu'il ne l'avait pensé. Il inspecta le village du regard. Ses yeux scannèrent l'endroit à la recherche de gens, mais ils se trouvaient tous à l'intérieur à cause de la pluie. Il erra dans les rues en jetant des regards autour de lui. Il n'y avait pas grand-chose à voir, étant donné que la sortie du village était déjà visible depuis l'entrée.

Usagi était un très petit village composé d'un bar, d'une maison close, d'un salon de thé et de quelques maisons, mais il ne contenait pas grand-chose de plus. Le brun se renfrogna. Il était certain que Naruto ne se trouverait pas dans un petit village de ce genre, pourtant il fallait qu'il vérifie. Son moral descendit en flèche encore plus rapidement qu'auparavant.

Son estomac émit un fort grognement et se serra instantanément, faisant tressaillir le brun qui souffrait de la faim. Il n'avait pas mangé depuis la veille, et cela n'avait été qu'un casse-croûte, aussi prit-il en premier la direction de la maison de thé. Il entra et regarda autour de lui. Il y avait environ une demi-douzaine de personnes dont il pouvait dire que deux étaient des serveuses. Les autres semblaient être des clients.

Il regarda une femme menue s'approcher et le saluer. Bien qu'il pût dire que son sourire était affecté, cela ne lui importa pas. Ses yeux verts le transpercèrent. Ce n'était pas la première fois qu'il entrait dans un village qui n'aimait pas les étrangers.

« C'est par ici, » lui dit-elle aimablement, mais il décela la trace du mépris dans sa voix.

Elle le mena tout au fond de l'établissement et jeta un menu sur la table avant de prendre congé. Il parcourut la carte du regard, découvrit qu'il y avait plusieurs choses qu'il aimait manger à sa portée et décida de ce qui serait le mieux. Il resta assis avec le menu fermé en attendant que la femme revienne, mais une autre vint à sa place avec de l'eau.

Il la détailla suspicieusement tandis qu'elle posait timidement le verre d'eau devant lui. Elle ressemblait à une version miniature de sa serveuse précédente et en déduisit qu'elles étaient parentes. Il l'observa pendant un moment jusqu'à ce qu'elle parle.

« Je suis désolée que cela ait pris si longtemps, mais ma sœur comptait vous laisser assis là toute la journée… » dit-elle en finissant dans un souffle, et Shikamaru acquiesça.

« Je m'en doutais, en fait. On dirait que personne n'aime les étrangers ici. »

« Eh bien, hum, ce n'est pas exactement ça… Euh… Ils détestent les shinobi… Et vous en êtes un, non ? » demanda-t-elle craintivement.

« Oui, mais je n'ai plus de village que je puisse appeler foyer, » répondit Shikamaru.

La fillette avait l'air effrayée et le jeune homme la regarda avec un air confus. « Qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Les derniers shinobi que nous avons autorisés à venir dans ce village ont dit la même chose, avant de le réduire en cendres. Ils ont gagné notre confiance, puis ils ont volé notre précieux héritage, » poursuivit tristement la jeune fille.

« Je ne vais faire de mal à personne, et je ne suis pas non plus intéressé par vos richesses. Il y a cependant quelque chose que je cherche, et c'est mon ami, » acheva-t-il avec tristesse.

« Votre ami ? » demanda-t-elle avec curiosité tandis que ses yeux verts l'examinaient pour déterminer s'il disait la vérité.

Il pouvait dire que la fillette était bien plus tolérante envers les inconnus. Elle devait ne pas encore avoir été née lorsque tout cela s'était produit, autrement, elle le détesterait probablement aussi. Toutefois, il doutait à présent sérieusement que Naruto se trouve ou se soit jamais trouvé ici, mais il allait quand même vérifier.

« Oui, il a disparu il y a très longtemps, et je suis à sa recherche. En vérité, je suis venu ici pour voir s'il était passé par là… Tu crois que tu pourrais m'aider ? » lui demanda-t-il avec espoir.

Elle acquiesça. « Oui, mais ce soir. Rejoignez-moi à la maison close… » chuchota-t-elle en voyant sa sœur venir dans leur direction.

« À la maison close ? »

Avant qu'il ne puisse demander plus d'informations, la sœur de la fillette revint et la gronda pour avoir parlé avec un étranger. La concernée s'en alla la tête basse. Shikamaru se sentit coupable de l'avoir impliquée, mais il n'avait pas le choix. Elle était la seule avec laquelle il pouvait tenter sa chance. Il soupira en buvant l'eau que la fillette lui avait rapportée. Il ne lui avait même pas demandé son nom… Peut-être aurait-il dû.

Après avoir fini son verre, il quitta la maison de thé et erra entre les vendeurs d'extérieur et les charrettes pour essayer d'avoir quelque chose à manger, mais la seule nourriture qu'ils auraient daigné lui vendre était immangeable. Il serra les dents en se demandant si c'était comme ça que Naruto s'était senti chaque jour de sa vie à Konoha. Il n'avait passé que deux heures dans ce village et il détestait ce sentiment. Il se sentait si seul et froid.

Il ne pouvait même pas commencer à s'imaginer passer sa vie entière ainsi. Il doutait que Naruto puisse un jour vouloir de son plein gré retourner à Konoha, et il commença à se sentir coupable de même souhaiter le ramener. Ses traits s'assombrirent tandis qu'il passait près des carrioles de vendeurs. Lorsqu'il approchait, ils étaient subitement « en rupture de stock » ou « fermés. »

La nuit tomba tandis que la pluie avait cessé. Shikamaru quitta le bâtiment contre lequel il s'appuyait et se dirigea vers la maison close. Il leva les yeux vers l'enseigne qui disait « Les Vierges de Madame Musaki. » Il n'avait jamais visité un bordel auparavant et n'en avait jamais vraiment ressenti l'envie, mais si elle savait quelque chose à propos de Naruto, il irait.

Il passa la porte et se sentit comme une proie. Comme s'il se faisait acculer sans même s'en rendre compte, et son cœur se mit à battre légèrement plus fort. Une grosse femme se trouvait derrière un comptoir, et elle lui fit signe d'approcher. Ses traits étaient usés par l'âge et son attitude envers lui le mit mal à l'aise.

« Bonsoir, » lui dit-elle.

Il répondit d'un geste de tête et jeta un regard aux alentours. Où se trouvait la fille de tout à l'heure ? Elle lui avait dit de venir la voir ici, et maintenant elle ne se montrait pas. Il soupira en attendant. La femme au comptoir s'impatienta.

« Je peux vous aider ? » demanda-t-elle, agacée.

« Oh, je cherchais quelqu'un. Elle a dit qu'elle serait là… » répondit-il, ne sachant pas s'il devait lui dire ou non la vérité, mais elle semblait inoffensive.

« Eh bien, si vous avez de l'argent, vous pouvez choisir la fille que vous voulez. Vous aimeriez les voir alignées ? »

Shikamaru acquiesça pour ne pas être suspecté d'être ici pour autre chose que « passer du bon temps. » La femme fit sonner une cloche agaçante au son aigu et plusieurs femmes vinrent et formèrent une ligne, la plupart ne prenant pas la peine de lever les yeux. La femme derrière le comptoir, qu'il supposait être Madame Musaki, semblait être quelque peu énervée par son hésitation à en choisir une.

« Allez, choisissez-en une. »

Le brun s'avança en détaillant chaque femme et son cœur se serra. Elles étaient prisonnières de leurs époux et des dettes de leurs familles. Elles étaient contraintes à se vendre pour effacer des dettes qu'elles n'avaient même pas contractées. Ses poings se serrèrent et il continua à avancer, jusqu'à ce qu'il remarque que la fillette de plus tôt se trouvait au bout de la file. Son estomac fit une embardée en la voyant. Il ne lui donnait pas plus de douze ans. Cela le mit en colère que de telles atrocités aient cours.

La femme du comptoir remarqua vers où se dirigeait son regard et ricana. « Ah, vous êtes de ceux-là. Vous les aimez jeunes. »

Cette insinuation lui donna la nausée. Il n'était en rien comme cela, et il ne forcerait jamais une personne non-consentante, mais, pour sauver les apparences, il fit un rictus et acquiesça, même s'il avait envie de vomir.

« Combien ? » demanda-t-il.

« 500 ryo par heure, » répondit la femme.

« Bien, alors juste une heure, » dit-il en posant l'argent sur le comptoir, puis il attrapa la fillette par le bras.

« Allez, » fit-il durement, en faisant semblant devant Musaki.

Lorsqu'ils passèrent l'angle du couloir, il la lâcha, et il put sentir sa tension diminuer un peu. Elle baissa les yeux au sol et arrêta de marcher pendant un moment, ce qui fit qu'il manqua la percuter. Il posa son regard sur elle et sentit mal par rapport à sa situation.

« Je suis désolé, » marmonna-t-il maladroitement en la regardant.

Elle acquiesça mais ne dit pas un mot. Son visage reflétait un mélange d'émotions illisible, même pour le génie qu'il était. Il voulait lui poser des questions sur Naruto, mais, au vu de la situation actuelle, cela semblait déplacé. Pourtant, c'était pour cela qu'il était ici, non ?

« Je… euh… » commença-t-il, mais il s'arrêta après avoir regardé dans ses yeux d'un vert profond.

« La chambre est par là, » annonça-t-elle tristement.

« Je ne suis pas intéressé par ça, » répondit-il, ne comprenant pas ce qui se passait.

Sa main se dirigea vers lui et il l'écarta d'une tape, ce qui surprit la fillette et la fit haleter. Cette tentative de le toucher rendit le ninja aux Ombres malade.

« J-Je ne comprends pas, » dit-elle à travers les larmes qui faisaient couler son maquillage, qui n'avait rien à faire sur une enfant si jeune.

« Je n'ai pas envie de faire quoi que ce soit avec toi, » la rassura-t-il malgré sa confusion.

« Mais vous avez tant payé pour une heure avec moi… Vous devez vouloir quelque chose en retour… » laissa-t-elle en suspens en faisant comme si elle voulait paraître suggestive, mais elle échoua lamentablement à cause de son manque d'expérience et de son âge, et surtout à cause des larmes qui striaient son visage.

Elle insista pour le mener le long du couloir, mais il ne bougea pas, et il remarqua son expression désespérée. Il était à présent sûr que quelque chose se tramait, mais il ne savait pas exactement quoi. Il lui saisit le bras et l'empêcha d'avancer. Elle leva les yeux vers lui, de la peur grandissant à l'intérieur.

« Qu'est-ce qui se passe ici ? Pourquoi m'as-tu fait venir ? » lui demanda-t-il brusquement.

La fillette se mit à sangloter avec force en protégeant son visage avec son bras libre. « Pardon, pardon, pardon, je vous en prie, pardon… Ils m'ont forcée… »

« Ils t'ont forcée à quoi ? » demanda-t-il avec colère.

« À vous faire venir, ils m'ont forcée ! » sanglota-t-elle.

« Merde, c'est un piège ! »

Au moment où elle finissait de parler, la porte un peu plus dans le couloir s'ouvrit brusquement pour révéler trois hommes costauds. Shikamaru soupira, car il aurait dû se douter que quelque chose comme cela arriverait, vu la façon dont il avait été traité au salon de thé. Il lâcha la fille et se prépara à se battre, ce qui serait difficile car le couloir était sombre et que les ombres ne se projetaient pas facilement.

Le premier des trois hommes qui se mit à parler était grand et musclé. Sa peau était sombre et une cicatrice partait de sa joue gauche jusqu'à son cou. Il tenait une feuille de papier en main. Le jeune Nara s'empara d'un kunai dans sa bourse, prêt à se défendre.

« Ouais, c'est lui, les gars. Chopez-le, » fut tout ce que l'homme dit.


Au final, il s'avéra que la fillette ne savait rien à propos de Naruto et que tout cela n'avait été qu'un piège dès le départ. Apparemment, Konoha avait placé une prime sur la tête de Shikamaru et ils avaient espéré se faire de l'argent avec. Il trouvait cela assez bizarre qu'un shinobi de rang peu élevé soit listé dans le Bingo Book, encore plus avec une telle prime, bien qu'elle fût loin d'approcher celle mise sur la tête d'Uchiha Itachi. À l'avenir, il allait devoir se montrer plus prudent à propos de la dissimulation de son identité.

Le nom de la fillette était Sayuri, et la serveuse était sa sœur. Elle avait tout organisé, mais elle n'était pas cupide. Elle voulait juste acheter la libération de sa sœur de la maison close. Il comprenait cela, mais il y avait d'autres solutions pour l'obtenir. Elles auraient pu lui demander de l'aide au lieu d'essayer de le tuer. C'était à cela que c'en était arrivé de toute manière. Il les avait aidées à s'échapper du village. Malgré les problèmes dans lesquels elles l'avaient fourré, elles ne méritaient pas la vie qu'elles y menaient. C'était leur propre père qui les avait prostituées pour payer ses dettes de jeu. L'idée rendait Shikamaru malade, presque autant que lorsqu'il avait découvert que Naruto se « vendait » pour garder son appartement. Toute cette situation lui rappelait les souffrances que le blond avait endurées.

Il soupira en baissant les yeux vers le reflet de la lune sur la rivière. Il n'était pas plus proche de Naruto qu'avant. Il barra rageusement Usagi sur la carte. Il l'a remis dans son sac et continua à marcher vers le prochain village pour tout recommencer une fois encore.


Note de l'auteur : Eh bien, j'espère que ce n'était pas un chapitre affreux. Le prochain en sera un bon ! =) Je le jure.