A PRENRE OU A LAISSER
- Chapitre VII -
Elle se sentait incroyablement libre et son esprit trouvait un repos inespéré dans le paysage qui l'entourait. Les premiers rayons du soleil commençaient à paraître, et l'environnement boiseux faisait peu à peu place à un panorama singulièrement aride. Le sol écumeux devenait de plus en plus rêche sous ses pas, et les arbres étaient un à un remplacés par de petits buissons effilés et piquant. Sakura devait se trouver quelque part aux alentours de la frontière entre le pays du feu et celui du vent. La forêt disparu progressivement autour d'elle, laissant place à un paysage de plaines herbacées, sablonneuses et fleuries. Cet endroit lui parut comme un éden de rémission tant il était beau. Le vent, devenu plus doux et plus chaud en ces terres, cisaillait les nuages de façon chimérique, les amenant si près du sol qu'elle aurait cru pouvoir les toucher en tendant juste le bras. Le ciel, à leur insu, était d'un bleu immaculé et particulièrement clair.
Elle avait couru pendant plusieurs heures, mais le calme qui régnait en ces lieux lui donnait l'irrésistible envie de ne plus bouger. Sakura décida donc de ralentir un peu la cadence, et commença à marcher au travers du paysage, savourant avec délice la douce brise qui parcourait ses cheveux... Dieu, cette semaine promettait d'être grandiose. Le chant des oiseaux marquait d'une légère mélodie le son de ses pas, l'amenait à penser que la forêt était un lieu bien trop inquiétant à côté de cet endroit si paisible.
Ici, plus rien n'existait. Le souci disparaissait dans l'indolence et la peine se fondait dans l'allégresse. L'Akatsuki n'existait plus, et jamais elle n'avait rencontré ces criminels malveillants. Jamais elle n'avait eut de compassion pour eux, et jamais elle ne s'était attachée à leur présence... Les sentiments qu'elle nourrissait à leur égard ne subsistait plus et lorsqu'elle rentrerait à Konoha, sa maison serrait vide, comme à son habitude.
« - Ah... Ma vie est pourtant plus palpitante depuis qu'ils sont là. » Soupira-t-elle, comme vaincue.
Un bruissement survint à sa droite. Elle sursauta et se retourna sans plus attendre, prête à combattre. Le tintement venait des branches d'un arbre solitaire, au milieu du champ dans lequel elle marchait. Hidan avait peut-être raison finalement... Il fallait qu'elle soit plus vigilante au lieu de tout le temps se laisser distraire. Une forme émergea brusquement du feuillage et passa au dessus de sa tête.
« - Une colombe ? Tiens... C'est censé porter chance. » Souffla-t-elle, en baissant ses bras.
Sakura reprit sa route en sifflotant, laissant tout de même une vigilance plus accrue guider ses pas. L'ambiance s'en trouva quelque peu dégradé, mais il était tout de même agréable de déambuler à travers les plaines. Quelques minutes plus tard, elle décida de jeter un coup d'œil à son parchemin, juste pour s'assurer qu'elle était sur la bonne voie. Après s'être arrêtée près d'un rocher isolé, sur lequel elle s'assit, la jeune fille déposa son sac dans l'herbe et plongea sa main dedans, à la recherche du manuscrit de mission. Elle palpa plusieurs objets, telles que des vêtements ou des boîtes en plastique. Bientôt, ses doigts effleurèrent un ustensile mou et chaud dont elle ne su déterminer l'origine. Etonnée, elle manipula l'étrange objet entre ses mains pendant quelques seconde, jusqu'à entendre un grognement. Minute : Les objets ne grogne pas, n'est-ce pas ?
Tâtant un peu plus la dite «chose» Sakura espéra de tout cœur qu'elle se trompait dans son raisonnement, mais dût bien se rendre à l'évidence lorsqu'un deuxième grognement retentit dans le bagage. A vrai dire, il aurait été difficile de ne pas comprendre la nature de cette chose particulièrement insolite : C'était doux, poilu, grognon et passablement vivant... Ca ne pouvait donc qu'être cela.
« - Putain, dîtes-moi que je rêve... » Souffla-t-elle, prête à se pendre.
Elle extirpa doucement le chaton du sac, redoutant son identité. Et autant dire que ses craintes étaient fondées, puisqu'elle vit apparaître le dernier félin qu'elle aurait voulu voir : Kakuzu... Putain, elle qui espérait prendre des vacances !
« - Qu'est-ce tu fous ici, bordel ?! » Tonna-t-elle, sachant bien qu'il ne pouvait pas lui répondre sous cette forme.
Bouillante de rage, elle le lâcha sur le rocher à ses côtés. Pourquoi fallait-il que ce soit lui ? Il l'observa un moment, recroquevillé sur lui-même, tandis qu'elle se massait les tempes, en se demandant pourquoi n'existait-il pas un jutsu de retour dans le temps ? Ainsi, elle n'aurait pas eut cette putain de bonne idée de garder ces foutus chatons ! Et elle aurait pu empêcher cela en apportant directement cette putain de boîte au refuge du village pour que sa vie ne soit pas altérée par leur présence !
Un autre miaulement, beaucoup plus doux, retentit à ses pieds. Elle espéra une fois encore se tromper, en dépit du fait qu'elle savait déjà qui allait se trouver devant elle... résignée, elle baissa les yeux et y découvrit – comme prévu – un chaton bicolore aux grands yeux dorés. Il tourna sa frimousse vers Kakuzu et miaula une fois encore. Ce dernier sauta prestement du rocher au sol et parti à sa suite...
« - Putain ! Je vous avais dit de ne pas me suivre bande de petits cons ! Vous mériteriez que je vous envoi balader au-delà de la stratosphère ! Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans les mots ''Ne me suivez pas'' ?! Hey ! Ecoutez-moi espèce de... Non ! » Hurla-t-elle, alors que Zetsu s'avançait déjà vers un petit ruisseau.
Oh non, il n'était pas question qu'ils se transforment ! Les avoir auprès d'elle représentait suffisamment d'inconvénient comme ça, et elle n'avait aucune envie de devoir les maîtriser sous leur forme humaine. Sans trop réfléchir, elle tapa brusquement du pied sur le rocher en dessous d'elle. Celui-ci se brisa dans un crissement assourdissant, faisant sursauter les deux petits félins. N'attendant pas qu'ils reprennent contenance, elle fondit sur eux et les attrapa par le col de la fourrure, alors qu'ils grognaient comme jamais.
« - Fermez-la ! » Siffla-t-elle en les enfournant dans son sac à dos.
S'ils tenaient tant à l'accompagner, alors ils devraient supporter de vivre dans un sac pour le restant du voyage ! Merde, s'ils croyaient qu'ils pouvaient faire leur loi, ils se fourraient le doigt dans l'œil ! Il n'était pas question de faire demi-tour maintenant. Et puis, cette mission était un cadeau tombé du ciel. La paye était bien trop grande pour la laisser s'envoler comme si de rien n'était.
« - Si je vous entends je vous coupe la langue ! » Cria-t-elle à leur adresse.
Elle prit son parchemin en main, menaçant de le déchirer sous l'effet de la colère. D'après la carte, son hôtel ne se trouvait plus qu'à une heure de route. Une fois là-bas, elle pourrait aviser de la situation, et prévoir un plan de secours plus adapté. Elle s'élança donc d'un pas rapide au travers des plaines, qui lui semblaient bien plus fades désormais...
Elle mit moins d'une demi-heure pour atteindre Suna. La ville était battît au sommet d'une colline aride, entourée d'un désert rocheux, et cerclé d'étrange rempares asséchées. L'endroit n'avait rien de lugubre et semblait, bien au contraindre, on ne peu plus convivial. La cité arborait de nombreux commerces, dont la plupart se trouvaient être des marchands ambulants, et l'animation y était particulièrement bruyante.
« - Bien... Nous y sommes. » Déclara-t-elle, alors qu'un ronronnement lui répondit.
Elle passa les immenses portes du village, et dût s'arrêter quelques mètres plus loin, pour un contrôle de sécurité. Les fonctionnaires de Suna ne prirent même pas la peine de regarder dans son sac lorsqu'elle leur eut dit son nom. Avec l'histoire de Kankuro, qu'elle avait miraculeusement soigné du poison, il y a plusieurs années de cela, Sakura s'était fait une renommée assez imposante au pays du vent, et personne ne se serrait douter qu'elle transportait l'Akatsuki dans ses bagage... Ses camarades ninja lui proposèrent de l'escorter jusqu'à son hôtel – chose qu'elle accepta pour ne pas attirer leurs soupçons.
Tsunade lui avait prescrit une auberge particulièrement miteuse, et elle s'indigna promptement en voyant l'allure de sa chambre. Néanmoins, et à son plus grand bonheur, ses convives l'amenèrent à un hôtel de renommé territoriale, et la réceptionniste lui fit même cadeau des frais de logement, sur la demande de Baki. Décidément... Être populaire ainsi avait des avantages, il fallait bien le dire. Elle prit donc l'ascenseur aux côtés de Baki, et conversa avec lui durant de longues minutes.
Dans les jardins extérieurs, Sakura cru apercevoir des ninjas du pays de la terre, et se douta que cela eut un rapport avec sa mission... Il n'était pas habituel de les voir s'aventurer si loin sur les terres du pays du vent. C'était indéniablement louche. Sa curiosité piquée à vif, elle décida d'en parler avec son camarade.
« - Baki. Pourquoi les ninjas du royaume de la terre sont-ils ici ? »
L'ascenseur se stoppa net, et des cris indignés retentirent derrières les portes closes de la cabine. Plusieurs personnes semblaient débattre d'un sujet particulièrement enclin à la dispute, et d'après les hurlements contradictoires, leur discussion n'avait absolument rien d'amicale. Son accompagnateur pressa habilement l'un des boutons du tableau de contrôle et l'engin reprit sa montée vers les étages supérieurs, sans que les portes ne laissent entrer les protagonistes de la querelle.
« - Et bien, pour dire vrai... Le Kazekage n'a jamais été en bons termes avec le Chikage du pays de la terre. Comme vous le savez, Gaara a prit la tête de Suna, et ça ne plaît pas vraiment à tout le monde, étant donné les évènements lugubres qui agrémentent son passé. Le Chikage fait parti des personnes qui désirent abolir les pouvoirs du Kazekage actuel. Les négociations contre cette volonté devraient commencer dans quelques jours... C'est pourquoi tous ces ninjas sont là. » Répondit-il, l'air grave.
« - Je vois... »
« - Nous y sommes, Mademoiselle Sakura. » Ajouta-t-il, alors que les portes métalliques s'ouvraient en grinçant.
Elle eut envie de lui crier au visage de ne pas l'appelez ainsi, mais se reteint de peu... Ca aurait été trop étrange de le faire. Sortant de l'engin, elle se retrouva dans un petit couloir, pas plus long de quelques mètres, au bout duquel une porte en acajou ciselé se dressait majestueusement. Oh non, ils n'avaient tout de même pas...
« - Voici votre chambre, Mademoiselle Sakura. Nous vous avons réservé la suite meiyo. » Déclara-t-il, d'un air incroyablement solennel.
« - Oh. » Fut tout ce qu'elle parvint à dire en entendant ça.
Comme plongée dans un état second, elle suivit Baki jusqu'à l'immense porte de bois rouge, qu'il ouvrit avec une carte métallique... Lorsqu'elles furent complètement déployés, Sakura resta sans voix, et on aurait facilement pu l'apparenté à la famille de Kisame, tant ses yeux étaient ronds comme ceux d'un poisson. La pièce était d'une grandeur démesurée, et d'un luxe inconcevable. Le lit aurait pu contenir cinq personnes à lui seul, et la cheminée était tout aussi grande. Une salle de bain entièrement conçu en verre blanc ornait le côté gauche de la pièce, tendis qu'un balcon perçait la partie droite... Ses yeux n'en finissaient pas de découvrir multiples merveilles en ce lieu facilement qualifiable de féérique : Des lustres en or blanc, une coiffeuse en satin rouge, une baignoire à remous, un bar en marbre sculpté... Rien qui lui soit normalement donné de connaître.
« - He... »
« - Nous pensions que cette suite vous plairait... Gaara a expressément demandé que cette salle soit mise à votre disposition lors de votre séjour. Il vous serra toujours reconnaissant pour avoir sauvé son frère, lors de la bataille contre l'Akatsuki... Personne à Suna n'a oublié votre dévouement au combat pour sauver le Kazekage. » Dit-il, en souriant largement.
« - Apparemment non... » Murmura-t-elle, toujours éblouît.
Elle eut soudain des vertiges : Trop de préciosité et de luxe la mettait toujours mal à l'aise. Chancelant à moitié face à cette chambre, bien trop spacieuse et opulente pour être habitée par elle seule, Sakura sentit dans son dos, deux formes se tortiller comme jamais. Reprenant contenance, elle offrit un sourire aimable et chaleureux à Baki, qui le lui rendit sans aucune retenue.
« - Bien, je vais prendre congé maintenant... Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas. Je suis certain que chaque partisan de Suna se ferrait un honneur de pouvoir vous rendre service. Que ce soit pour une lessive ou un massage. Le numéro de l'assistance est à côté du téléphone. Appelez la réception quand vous aurez faim... Sur ce, bon séjour, et à très bientôt, Mademoiselle Sakura. » Déclara-t-il, avant de sortir, la laissant baigner dans le luxe.
Enfermer Kakuzu et Zetsu dans la salle de bain ne fut pas une tâche aisée, mais elle y parvint tout de même après plusieurs reprises. Tranquillement assise sur l'un des fauteuils de la pièce, elle bu une longue gorgée de champagne. Le met était d'une exquise douceur et elle en savoura chaque lampée, sachant bien qu'elle ne pourrait certainement jamais en regoûter de tel avant plusieurs années – peut-être même jamais. Cette chambre, qui faisait au moins trois fois la taille de son appartement, était décidément un véritable paradis. Elle se serrait d'ailleurs détendue au mieux si ces deux idiots ne l'avaient pas suivit... La situation n'était pas des plus simples, et cette réunion des Kage dont Baki lui avait parlé n'arrangeait pas les choses. Se trimballer avec l'Akatsuki n'était décemment pas une bonne idée, alors qu'elle pouvait croiser des essaims de diplômâtes à chaque coin de rue !
Il fallait revoir les priorités : Premièrement, accomplir sa mission. Deuxièmement, cacher ces putains de criminels. Troisièmement, acheter un parachute au cas où ils serraient découvert – juste par précaution... Non, en fait, cette idée était définitivement idiote.
Après quelques instants de quiétude, elle entendit un crépitement d'eau dans la salle de bain, et se gifla pour ne pas y avoir pensé... Putain, mais pourquoi les avait-elle enfermés dans la seule pièce où il y avait de l'eau ! Elle soupira longuement, et se maudit pour sa bêtise, alors que Kakuzu et Zetsu apparurent, vêtus de simple serviettes de bain. Sakura les observa se diriger vers son sac, et afficha des yeux ronds lorsqu'ils en sortirent deux pantalons, deux vestes et deux bracelets d'eau. Non de Dieu, ces enfoirés avaient vraiment bien prévu leur coup ! Après un soupire vaincu, elle rangea le champagne dans son sceau à glaçons et détourna la tête, le temps qu'ils s'habillent.
« - Ces gars vont finir par me tuer... » Souffla-t-elle, exaspérée.
Lorsqu'elle revint au près d'eux, les deux criminels étaient décemment habillés, et portaient les bracelets aqueux à leurs poignets. Quand ils la virent s'approcher, ils lui lancèrent un regard malicieux et fier qu'elle ne leur avait jamais vu – particulièrement à Zetsu. Sous l'effet de surprise, elle fit circuler, par simple réflexe, un peu de chakra dans ses mains, jusqu'à ce qu'une légère aura verte vienne entourer ses doigts.
« - Tu ne devrais pas faire ça. » Déclara-t-il promptement.
Elle en fut encore plus abasourdie. Lui qui était d'habitude si éloquent et avisé, voilà qu'il prenait un ton hautain et imbu de lui-même... Où était donc passé Zetsu le diplomate, désigné comme porte parole par les chatons de l'Akatsuki ?
« - Nous sommes venus pour te protéger, et certainement pas pour nous battre contre toi... Et encore moins pour être enfermés dans une salle de bain. Pourquoi as-tu fais ça ? » Continua-t-il, d'une voix beaucoup plus douce.
« - Tu ne le devines pas ? Peut-être bien que je voulais juste vous punir pour m'avoir désobéit. Je vous avais pourtant clairement indiqué que je ne voulais pas être suivie ! » Répondit-elle, sur le ton de l'évidence.
Il soupira, mais hocha la tête en signe d'approbation. Kakuzu alla s'asseoir sur l'une des chaises près du bar, tandis que Zetsu parti s'appuyer contre la fenêtre ouverte. Sakura les observa faire un instant et trouva qu'ils avaient des airs incroyablement... Séducteurs dans ces tenues. Ca devait être le champagne ! Non, sérieusement, ils auraient pu poser pour un magazine de mode...
« - Nous sommes tes protecteurs. » Déclara Kakuzu, la faisant sortir de sa rêverie.
« - Je n'ai pas besoin de protection bordel ! » S'indigna-t-elle.
« - Tu devras pourtant te faire à l'idée... C'est notre devoir. » Reprit-il, le regard profond.
« - Tant que tu serras notre maître, nous te protègerons. C'est un principe d'équivalence que nous devons respecter. Tu prends soin de nous, et nous t'offrons notre appui en retour. C'est ce que tu pourrais appeler ''l'instinct animal''... » Continua Zetsu, sérieux comme jamais.
Elle resta silencieuse un instant... Putain c'était quoi encore ces conneries ?! Ils voulaient juste s'aérer un peu oui ! Et pour ça ils n'avaient pas trouvé de meilleurs moyens que de la suivre en mission. Dieu, pourquoi devait-elle toujours gérer ce genre de situation ?
« - L'instinct animal tu dis ?... Et bien dans ce cas je vais y aller par la manière forte et faire entrer en compte un nouveau facteur : L'instinct de survie. » Déclara-t-elle, le regard vipérin.
« - Pardon ? » S'interrogea Kakuzu, qui n'y comprenait absolument rien.
« - C'est très simple : Faîtes une connerie et je vous arrache le pénis ! Cette idée devrait être suffisamment violente pour vous dissuader, n'est-ce pas ? » Tonna-t-elle, fière de sa prestation.
« - Quel... Quel est le rapport avec notre situation ? » S'offusqua Zetsu.
« - Oh, mais justement, il n'y en a aucun ! C'est juste une mise en garde, et crois-moi que j'en suis capable. Donc si vous tenez à pouvoir encore profiter du plaisir charnel lorsque cette putain de malédiction serra levée, je vous conseille vivement de vous faire discret ! » Répliqua-t-elle avec hargne.
Sakura aurait pu jurer qu'elle avait vu Kakuzu dissimulé un sourire. Il est vrai que ses propos, quand on les prenait au premier degré, n'étaient pas vraiment saumâtres et pouvaient même sembler drôle... Mais elle était on ne peu plus sérieuse ! Non, vraiment, si les conditions l'imposaient elle le ferait sans aucune gêne. Zetsu de son côté, avait tout à fait compris qu'elle ne plaisantait pas et grinçait silencieusement des dents. Elle s'amusa beaucoup de ce spectacle et se félicita intérieurement pour l'effet produit.
« - Je vois... Mis à part ça, où ta mission doit-elle avoir lieu ? » Reprit le bicolore, certainement pour changer de sujet.
« - Dehors... C'est une mission de reconnaissance, donc je vais devoir aller moi-même sur le terrain. » Répondit-elle, un sourire sur les lèvres.
Il fronça les sourcils, comprenant parfaitement le sens de ce rictus... Lorsqu'elle parlait de «ne pas faire de connerie» elle voulait dire qu'ils ne devaient pas la suivre. Sakura s'approcha du lit, sur lequel son sac de voyage était posé, et en sorti un nécessaire de toilette contenant le strict minimum : Une brosse à dent, du dentifrice, un peigne et du savon.
« - Mais avant ça, je crois que je mérite une douche. » Dit-elle, en s'éloignant vers la salle de bain.
Elle ferma la porte, laissant les deux hommes seuls... Ca n'allait pas être une partie de plaisir. Zetsu s'avança vers Kakuzu et se servit un verre de champagne, de même qu'à son compagnon qui le remercia. Ils entamèrent une discussion concernant un plan pour la suivre en toute discrétion, mais s'interrompirent bien vite lorsqu'elle passa la tête dans l'entrebâillement de la porte de douche pour leur lancer un regard noir.
« - Ah oui et aussi : Ne quittez pas cette pièce, n'aller pas sur le balcon et ne faîtes pas trop de bruit pendant que je me lave. Si jamais on vous découvre, je jure d'arracher votre pénis avant ce soir ! » Ajouta-t-elle, avant de fermer de nouveau la porte.
Sakura s'habilla légèrement. Il était inutile de sortir les habits lourds et chauds en ce temps radieux. Suna n'était pas un village aride pour rien ! Elle sorti discrètement de sa chambre, pour ne pas attirer l'attention de ses compatriote et fila à toute vitesse vers l'ascendeur, après avoir fermé sa chambre à clé. Une fois à la réception, elle demanda à ce que l'on ne lui porte pas son dîner ce midi, car elle ne serrait certainement pas revenu, et remercia l'hôtesse pour le confort qui lui était offert. Cette dernière la salua aimablement et lui fit mainte politesse. Elle parti donc, mais fut très vite rappelé par la réceptionniste.
« - Mademoiselle Haruno ! Notre Kazekage vous fait parvenir cela. » Déclara-t-elle en lui tendant une enveloppe marqué du signe de Suna.
« - Qu'est-ce que c'est ? » Demanda-t-elle étonnée.
« - Un budget qui vous ait accordé pour votre séjour ici. Notre Kazekage tient à veiller à ce que vous ne manquiez de rien. Il vous fait donc parvenir cet argent, afin que vous puissiez profiter au mieux de Suna... Il a dit qu'il le brûlerait si vous ne le preniez pas. » Répondit-elle, un sourire plaisant sur le visage.
« - Pardon ? »
Mais la jeune femme était déjà repartit au comptoir et conversait avec un autre client. Sakura ouvrit l'enveloppe et faillit avoir une crise cardiaque en y découvrant une somme d'argent qu'on aurait pu qualifier de colossale. Sachant bien qu'elle ne pourrait avoir un entretient avec Gaara à cause de la réunion des Kage, Elle décida de faire l'égoïste et garda l'enveloppe.
Sans plus attendre, elle partit en courant en direction du centre ville, là où les commerces fleurissaient le mieux. A peine arrivée, elle tomba sur une bijouterie dont le luxe et le prix était comparable à celui de sa chambre. Pénétrant à l'intérieur de la boutique, elle jubila en voyant tous les colliers, bracelets et autres merveilles qui étaient exposés sur les crédences.
« - Putain mais quelle idiote ! Avec tout ce fric, la première chose qu'elle trouve à faire c'est acheter des bijoux hors de prix ! » Grogna Kakuzu, alors qu'elle essayait un magnifique collier en diamant.
« - C'est une femme, ne l'oublie pas... Et cesse de t'énerver ou on va se faire repérer. » Souffla Zetsu, en fronçant les sourcils.
« - Ah oui... Parce que tu crois vraiment qu'on passe inaperçu là ? » Ironisa son camarade, et haussant les épaules.
Un marchant de préservatif stagnait en bord de route, et effrayait passablement tous ceux qui osaient s'approcher de lui. Non seulement car il ressemblait étrangement à un zombi, mais aussi parce que la mascotte qui ornait son panneau semblait prendre vie de temps à autre.
« - Putain Zetsu c'est n'importe quoi ce plan ! J'ai l'air d'un rouleau de papier chiotte avec ce putain de costume rose ! » S'indigna Kakuzu, sa fierté piquée au vif.
« - Tais-toi bon sang ! Elle va finir par nous repérer. » Marmonna Zetsu, en émergeant à moitié du tas de préservatifs.
« - C'est facile pour toi de dire ça ! J'aurais pas du venir, franchement... »
« - C'est toi qui a insisté, je t'avais prévenu ! » Réprimanda le bicolore en retournant dans la mascotte.
« - Et fais chier ! J'me barre, tu peux bien la surveiller tout seul ! Ce serra toujours plus discret qu'un homme déguiser en rose ! » Tonna Kakuzu, en disparaissant dans une ruelle étroite entre deux bâtiments.
Zetsu approuva silencieusement sa proposition et quitta le stand pour se fondre dans le sol. L'humidité de la terre lui permettait de garder forme humaine sans grande peine, ce qui était un avantage considérable. Il suivit donc Sakura, dans une discrétion dont lui seul avait le secret... Bien entendu, la voire heureuse et détendu était un avantage, car elle ne pouvait se douter qu'il la suivait. Et d'ailleurs, mieux valait-il qu'elle ne le sache pas ! Il tenait fermement à son pénis – chose compréhensible de tout homme – et ne comptait pas se le faire arracher de si tôt !
Heureusement qu'il avait joué son rôle de diplomate à la perfection, car si elle avait découvert sa véritable personnalité, nul doute que l'Akatsuki serrait déjà dans les caniveaux de Konoha à cette heure... Mais peut-être aimait-il juste être gentil en sa présence, car il fallait l'avouer : Se montrer aimable avec elle ne lui demandait pas beaucoup d'effort. Et voir qu'elle ne les appréciait pas vraiment avait tendance à le rendre triste et dépressif... Cela était certainement du à la malédiction. Il se jura que c'était la seule raison.
Zetsu serra les dents et continua à la suivre tout au long de la journée. Elle arriva bientôt dans un magasin de vêtement – qui n'était pas le premier entre autre – et il la pista à travers les rayons, ne sortant sa tête que par brèves intermittences, et assez discrètement pour ne pas être vu. Il la vit s'arrêter devant l'un des étalages, et décida de passer en dessous de ses pieds. Il resta ainsi, enfouit dans la terre à quelques centimètres de ses chevilles pendant plus d'une heure, suivant le son de ses pas et la marque de son chakra... On ne l'avait pas qualifié de «maître en espionnage» pour rien dans le Bingo-Book !
Il sentit bientôt un léger choc, autre que celui des pas de Sakura... Elle frissonnait ? Alarmé, il réfléchit quelques secondes à s'il devait intervenir ou non. Etait-elle en danger ? Avait-elle été blessée ? Ne cherchant pas plus loin, il extirpa silencieusement son visage du sol, s'arrêtant brusquement en voyant une Sakura corrélativement nue, en train d'essayer une série de sous-vêtements particulièrement sexys.
« - Brrr... Il y vont pas mollo sur la clim dans ce magasin. » Murmura-t-elle, ne l'ayant heureusement pas remarqué.
Sa tête plongea dans un liquide incroyablement froid. Zetsu se tenait dans l'arrière boutique d'une boucherie et tentait de calmer ses rougeurs en recouvrant son corps de glaçons. Dieu, il était le plus heureux des hommes de l'avoir vu dans pareille tenue... Mais ça n'en restait pas moins indécent.
« - Nous aurions pu rester. Elle ne nous voyait pas de là où nous étions. » Clama Zetsu deux d'une voix malicieuse et rauque.
« - Tu es fou ?! Nous en avons déjà bien assez vu comme ça, ne crois-tu pas ? » Réprimanda sa voix la plus douce, qui avait tout de même l'air plus agitée qu'à son habitude.
« - Mais nous aurions pu voir beaucoup plus... » Renchérit le côté noir.
« - Tais-toi ! Ne parle de ça à personne, c'est bien compris ?» Gronda-t-il.
Lorsqu'il revint au près de Sakura, elle sortait tout juste de l'effroyable magasin, et tenait dans la main un ensemble en dentelle joliment empaqueté. Zetsu, de son côté, essayait tant bien que mal de clamer ses pulsions hormonales, qui commençaient à prendre une place singulièrement embarrassante dans son pantalon... Ca n'avait rien à voir avec un attrait particulier envers elle, c'était juste une réaction typiquement masculine du à un surplus d'hormones. Car il est vrai que voir une femme aux formes généreuses à moitié nue et surtout à quelques centimètres de son visage pouvait provoquer un pique des testostérones assez important... Cela entrainait forcément une réaction positive à un certain niveau du corps.
Il ne la désirait pas. Il avait juste fantasmé sur sa physionomie aguicheuse, comme tout homme l'aurait fait à sa place. Il ne l'aimait pas... Ou tout du moins il essayait de s'en convaincre. Ca aurait été problématique s'il avait éprouvé des sentiments envers elle, car sauveuse ou pas, elle n'en restait pas moins une ennemie. Et en tant que criminel endurcis, seul le sexe devait l'intéresser, non pas les sentiments...
« - Je lui en foutrais moi des strings en dentelle... » Grogna-t-il pour lui-même.
Sortant une fois encore sa tête du sol, afin de voir si tout allait bien, Zetsu apparu au milieu de plantes vertes, dans une boutique de fleur. Un endroit idéal pour sa personne, qui lui permit de rester plus longtemps en surface... Elle marchait tranquillement dans les ruelles, en sifflotant un air de musique assez rythmé. Il cru mourir de peur lorsqu'elle trébucha par terre, faisant rouler ses sacs sur le sol terreux. Il cru aussi tuer l'homme qui osa la saisir par le bras pour l'aider à la relever. Cet enfoiré l'avait touchée ! Une frustration sans pareille l'envahit. Bordel, de quel droit osait-il poser les mains sur elle ?
Sakura se rendit ensuite, à sa plus grande joie, chez un fleuriste ambulant. Il l'observa silencieusement examiner les plantes... Elle était vraiment belle au milieu de toutes ces fleurs. Et il trouva flatteur le fait qu'elle aime les graminées presque autant que lui. C'était un bon point pour la suite.
« - Mh... Il y a un problème. » Murmura-t-elle, alors qu'elle observait un petit conifère bleu.
Après avoir discuté avec le marchand, elle fronça les sourcils et l'accusa de modifier génétiquement ses plantes médicinales... Ce qui était le cas, bien entendu. Zetsu l'avait sentit lui aussi en parcourant les multiple arbustes de la boutique, et il fut tout particulièrement surpris de voir qu'elle si connaissait assez bien pour l'avoir relevé.
La journée passa incroyablement vite. Alors que le soleil déclinait à l'horizon, elle s'arrêta prêt d'un stand de limonade et lu en vitesse le panneau des commandes. Après avoir enjoint un sirop à emporté, elle repartit en sens inverse, et il fut soulagé de voir qu'elle prenait enfin le chemin du retour... Néanmoins, Sakura s'arrêta devant un magasin qui n'avait rien de commode, puisqu'il s'agissait d'un magasin pour homme. Il la vit se mordre la lèvre inférieure, comme si elle hésitait à y entrer.
« - Oh... Je suppose que c'est nécessaire. » Murmura-t-elle, avant d'entrer dans la boutique.
Elle ne ressortit que vingt minutes plus tard, deux grands sacs marqués du signe du commerce masculin dans les bras. Zetsu haussa un sourcil, se demandant si elle n'avait pas fait ces achats pour eux... L'idée lui sortit vite de l'esprit. Ca n'avait rien de possible. Elle les détestait après tout. Ces affaires devaient certainement être des présents pour Naruto, ou un autre garçon qu'elle connaissait.
« - Bon, je crois que je les ai fait assez attendre comme ça. » Déclara-t-elle, en reprenant sa route.
Zetsu plongea encore une fois dans la terre, et parti prestement en direction de l'hôtel. Une fois arrivé à destination, il se cacha dans l'un des magnolias qui ornait le hall d'entré et guetta l'arrivée de la jeune fille. Elle ne tarda pas à faire son apparition, apparemment exténuée de devoir porter tous ces sacs. Plusieurs hommes lui lancèrent des regards appréciateurs et peu professionnel lorsqu'elle monta les marche pour atteindre l'ascenseur. S'il avait pu, il serrait sorti de sa plante et les aurait éventrés puis dévorés !
Le tintement de la cloche, annonçant que l'engin métallique entamait sa montée dans les étages supérieurs, le ramena à la raison et il s'empressa de repartir en direction de la chambre. Il n'y avait aucune trace de son départ. Elle ne se douterait pas une seule seconde qu'il l'avait suivit...
Le jour ne tarda pas à tomber, enveloppant la ville dans un épais brouillard de sable. Les nuits à Suna avaient la singularité d'être particulièrement froides. Sakura alluma donc un feu dans la cheminée, et la pièce se réchauffa doucement. Allongée sur le lit, elle se prélassait mollement entre les épais duvets, alors que Zetsu lisait tranquillement près du feu, et que Kakuzu sirotait un verre vers le bar. Tout était calme, et elle se complaisait parfaitement dans cette quiétude devenue si inhabituelle en leur présence.
Son ventre vint bientôt briser le silence qui régnait en grognant d'un bruit sourd. Elle avait définitivement faim... Mais la paresse l'empêchait de bouger et elle se résigna donc à ne pas satisfaire ses appétits. Cependant, un deuxième gargouillis ne tarda pas à faire vibrer son estomac, clamant haut et fort son envie de manger. Résignée à ne pas mourir de faim, elle se leva péniblement et se dirigea vers la cuisine. D'une humeur peu encline à cuisiner, elle décida de se servir un simple verre d'eau. Cela aurait du suffire à calmer sa fringale...
Retournant près du lit, son verre toujours à la main, Sakura passa distraitement devant Zetsu, mais s'arrêta brusquement. Il releva la tête, intrigué par son comportement. Humectant l'air avec de léger mouvement du cou, elle se tourna vers lui et approcha doucement son visage avant de froncer les sourcils.
« - Tu sens... C'est étrange. » Déclara-t-elle, alors qu'il cligna des yeux.
« - Pardon ? »
« - C'est une bonne odeur... Ca me semble familier. » Continua-t-elle, un peu désemparée.
« - He... Merci. » Répondit-il, perplexe.
Il afficha un sourire gêné, alors que Kakuzu arquait le front en signe d'incompréhension. C'était quoi encore cette histoire d'odeur ? Zetsu semblait lui aussi ne pas comprendre, et Sakura continuait de se rapprocher de l'homme, se demandant où avait-elle déjà sentit cet arôme. Puis soudain, elle se recula et prit un air sincèrement douteux.
« - Hey ! Ca me revient maintenant ! C'est le parfum que j'ai sentit près du stand de limonade !... Dis-moi, tu n'étais pas dehors j'espère ? Tu ne m'as quand même pas suivit ?! » Demanda-t-elle, les mains sur les hanche et les yeux plissés.
« - Tu te moques de moi ? Cette odeur ne veut rien dire... Il y a de la limonade au frigo. » Souffla-t-il, essayant de rester le plus neutre possible.
Sakura le fixa un instant. Il est vrai que Baki avait mit à sa disposition un grand nombre de boissons, et cela n'aurait pas été étonnant d'avoir une ou deux bouteilles de limonade dans le frigidaire... Mais quand même, c'était louche ! Kakuzu, qui sentait venir la dispute, décida qu'il était temps pour lui de se retirer. Il s'éclipsa donc en vitesse vers la salle de bain, prétextant que la chaleur nécessitait qu'il se lave plus d'une fois par jour. Sakura hocha la tête, avant de se tourner de nouveau vers Zetsu. Il semblait si calme, que ça en devenait presque douteux. Le crépitement de l'eau dans la pièce voisine leur annonça que Kakuzu n'avait pas menti et prenait bel et bien un bain ou une douche. L'homme bicolore se sentit pâlir sous le regard inquisiteur et appuyé de la jeune femme.
« - Ah... Peut-être que j'ai naturellement l'odeur du citron. » Déclara-t-il, pour détendre l'atmosphère.
« - Ne te moque pas de moi. J'ai acheté un verre dans ce stand et l'odeur était exactement la même. » Siffla-t-elle.
Elle se rallongea sur le lit, suivit de Zetsu. La tête relevée sur une montagne de cousin, il se tourna de nouveau vers elle, et découvrit qu'elle le fixait avec un regard suspicieux... Elle ne le croyait donc pas. Il ferma les yeux et soupira d'un air profondément las.
« - Tu agis comme si mon inculpation était prouvée... » Dit-il en se pinçant l'arrête du nez.
« - Parce que c'est flagrant ! Je me souviens parfaitement de l'odeur de cette limonade ! » S'offusqua-t-elle en se redressant légèrement.
« - Si tu le dis... »
« - Et puis merde à la fin. Que j'ai raison ou tords, s'il vous plaît ne sortez pas dehors ! C'est pour votre bien aussi, ne l'oubliez pas ! » Reprit-t-elle en agitant les bras.
« - Pour notre bien ? J'espère que c'est une blague... Nous ne pouvons pas être tranquilles lorsque tu n'es pas près de nous. Je n'ose d'ailleurs même pas imaginer dans quel état se trouvent les autres en ce moment... Te protéger fait parti de notre devoir ! Ne peux-tu simplement pas l'accepter ? » Répliqua-t-il, se redressant à son tour.
Sakura soupira longuement et entreprit de réfléchir à une réponse plausible. D'accord, ils étaient inquiets pour elle. C'était gentil, et ça pouvait même sembler flatteur. Mais il y avait une différence entre être inquiet et lui coller aux basques ! Ne pouvaient-ils pas juste comprendre que si elle faisait tout ça c'était pour leur bien ? Leurs visages étaient loin d'être méconnus à Suna. S'ils sortaient à découvert, nul doute qu'ils se ferraient repérer... Et elle ne pouvait l'accepter. Parce que bordel, s'ils étaient jetés en prison, elle savait parfaitement qu'elle volerait à leur secours !
« - Putain Zetsu, arrête avec ça ! Honnêtement, il y a une limite au ridicule ! Savoir que vous êtes inquiet et se sentir harcelée sexuellement sont deux choses différentes ! Et à ce stade, la seconde a depuis longtemps remplacée la première ! » S'esclaffa-t-elle, rouge comme jamais.
Un sourire narquois prit forme sur les lèvres de l'homme bicolore, et il se rappela involontairement l'épisode de cet après-midi... Si elle apprenait qu'il l'avait vu – en vitesse d'accord, mais quand même – nul doute que sa vie serrait écourtée de beaucoup.
« - J'en connais un rayon sur le harcèlement sexuel, et crois-moi ça n'a absolument rien à voir avec ce qui t'arrive. » Badina-t-il, un air malicieux sur le visage.
« - Ah oui vraiment ? Je suis pourtant certaine de ne pas en être loin... Vivre avec une bande de criminels travaillés par leurs hormones à cause d'une abstinence forcée n'est pas l'une des meilleures choses qui aurait pu m'arriver, tu ne crois pas ? » Ironisa-t-elle en levant les yeux au ciel.
Il se tu un instant, et le silence reprit place dans la chambre. Bon, d'accord, elle avait un peu raison... Mais bordel, ce n'était pas elle qui avait été maudite ! Non seulement leur condition ne leur permettait pas de satisfaire leur envies comme ils le désiraient, mais en plus, ils devaient vivre avec une femme aux formes généreuses qui dormait en nuisette dentelée et qui s'habillait en infirmière pour aller travailler... Il y avait de quoi attiser leur désir, et dérégler leurs fantasmes, putain !
Alors que des pensées érotiques et délicieusement tentatrices commençaient à prendre forme dans son esprit, le bruit de la douche le ramena à la réalité. Ce son était particulièrement relaxant, mais n'en arrangeait pas moins l'irrépressible envie qu'il avait de lui sauter dessus !
« - C'est peut-être vrai... » Finit-il par admettre, en un demi-sourir.
« - Peut-être ? C'est carrément certain oui ! Sans parler de votre petit manège quotidien... Je suis une grande fille, pas la peine de me suivre à la trace. Si quelqu'un m'attaque je suis tout à fait capable de me défendre toute seule. Et puis c'est vraiment désagréable de se sentir observée à longueur de journée ! Putain, il va vraiment falloir vous calmer là-dessus, parce que j'ai horreur qu'on se mêle de ma vie ! Et puis... »
Elle s'arrêta brusquement de parler. Ou plutôt, quelque chose de chaud, doux et délicieusement sucré l'empêcha de parler. D'abord étonnée, puis choquée, elle ne pu esquisser le moindre geste en comprenant ce que Zetsu venait de faire. Non pas que cela la dégoûtait, ou quoi que ce soit d'autre... Mais elle ne s'y attendait franchement pas ! Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'il ne décide enfin de rompre leur baiser. Elle ne su que dire, et ses yeux se contentèrent de le fixer d'un air désemparé et incrédule.
« - Au moins, tu as arrêté de parler... C'est fou ce que tu peux être bavarde ! » Plaisanta-t-il, satisfait de l'effet produit.
Il eut l'impression de parler à une sourde, car elle le fixait toujours avec des yeux ronds. Sa main pressait avec timidité la veste noire qui pendait sur ses épaules, et ses lèvres articulaient des paroles inaudibles. Au bout de cinq minutes, n'ayant toujours aucune réaction, il décida que, peut-être, il devait l'embrasser de nouveau pour qu'elle reprenne ses esprits. C'était juste un jeu, rien de plus. Et puis ça n'allait pas la tuer...
Il se pencha donc lentement vers elle, guettant une gifle ou un hurlement, qui ne vint finalement jamais. Le baiser qui lui fut une fois encore volé décontenança momentanément Sakura. Instinctivement, ses mains vinrent saisir la nuque de son partenaire, tendis que Zetsu prenait appuis sur son bras vacant pour la faire s'allonger lentement sur le dos. Il ne rompu leur étreinte que lorsque le manque d'oxygène se fit trop pesant. Elle le fixa un instant, réalisant ce qu'elle était en train de faire, et analysant les répercutions de ses actes.
« - Zetsu... » Murmura-t-elle, avant qu'il ne l'embrasse de nouveau pour la faire taire.
Plus audacieux cette fois-ci, l'homme bicolore se risqua à avancer sa langue vers la bouche de Sakura, qui l'accueillit malgré elle avec empressement et docilité. Machinalement, elle glissa ses doigts dans la douce chevelure de son vis-à-vis tandis que leur organes buccaux entamaient un balais exalté et torride. L'atmosphère prit bientôt une consistance moite et brulante qui eut vite fait de stimuler leurs désirs. Sakura se sentait comme transportée par des émotions nouvelles, et bien que sa conscience lui cria de le repousser, elle en fut bel et bien incapable. Bientôt à court d'oxygène, ils durent se résigner à mettre fin à cette échange enflammé qui durait depuis plusieurs minutes déjà. Haletant et particulièrement excités, les deux jeunes gens se fixèrent longuement avec des yeux mi-clos, comme incertain de ce qui était en train de se passer.
« - Zetsu... » Murmura-t-elle, une fois encore.
Une lueur d'appréhension dans les yeux, elle le vit abaisser la tête, de façon a atteindre son menton pour y déposer un baiser vaporeux. Son souffle balaya subtilement son cou, suivant le tracé de sa veine jugulaire pour arriver jusqu'à sa clavicule. La respiration étonnement fraiche de son partenaire sur sa peau devenue brûlante déclencha en elle une série de frisson d'une agréable douceur... Dieu, que se passait-il ? Il agrippa délicatement les pans de sa chemise à moitié ouverte, et commença à l'embrasser plus posément, laissant quelques traces rouge sur son épiderme singulièrement pâle.
« - Peut-être que... Nous ne devrions pas... Kakuzu est juste là. » Souffla-t-elle entre deux gémissement, et avec bien peu de conviction.
« - Ca n'a pas d'importance... » Répondit-il, avant de reprendre son exploration.
Dessinant à la perfection les formes graciles de sa compagne, jusqu'à ce que ses doigts viennent se nicher au creux de ses hanches, Zetsu entreprit de lécher avidement les courbes appréciatrices de la poitrine de Sakura, qui se cambra machinalement. Il pouvait sentir son cœur battre à toute vitesse au sein de sa poitrine, et son odeur enivrait ses sens au point de lui en faire perdre la tête... Au diable les règles, la diplomatie et le respect. Il la voulait, et il l'aurait.
Sur cette pensée, un instinct beaucoup plus animal, qu'il s'efforçait de retenir depuis le commencement de leurs ébats, prit le dessus sur sa personnalité la plus raisonnable. Cela ne dura qu'une seconde, mais ce fut suffisant pour qu'il la morde. Pas vraiment fort, mais assez brutalement pour qu'elle se relève en un soubresaut, le faisant chavirer en arrière. Elle le fixa un instant, comme coquée, puis détourna son regard vers son épaule meurtrie.
« - Excuse-moi, je n'ai pas pu me contenir... » Déclara-t-il, sincèrement mal à l'aise.
Il était conscient du danger que cette proximité impliquait, mais face à son approbation, il n'avait pas pu se retenir... Elle avait docilement répondu à ses avances, et il n'avait pas voulu laisser passer cette chance, de peur que ce soit la seule qu'il pu jamais avoir. Mais voilà que ses instinct premiers avaient resurgit, et il l'avait mordu. C'était prévisible, mais la tentation avait été trop grande. Cependant, il pensait s'en être plutôt bien sorti pour un cannibale.
« - Qu'est-ce qu'il se passe ? » Demanda alors une voix, qui n'était ni la sienne ni celle de Zetsu.
Une angoisse démesurée vint lui tordre le ventre, et Sakura se retourna prestement en direction de l'homme qui avait parlé. Kakuzu se tenait devant la porte de la salle de bain, une serviette sur les épaules, ses cheveux gouttant par intermittence, et son pantalon étroit lui collant aux jambes comme une seconde peau. Diable, depuis combien de temps était-il là ?! Elle n'avait même pas entendu la douche cesser de couler, tant les palpitations de son cœur martelaient ses tympans !
Il arborait une expression inquisitrice et douteuse, et fixait la jeune fille comme si il soupçonnait quelque chose... Ce qui fut largement suffisant pour lui retourner l'estomac. Paniquée, elle porta le plus discrètement possible sa main à son cou, mimant un air gêné et un sourire tellement faux qu'il aurait pu rivaliser avec celui de Sai. La lumière verte qui jaillit de sa main fut heureusement cachée par ses longs cheveux restés lâches, alors qu'elle s'afférait à soigner la blessure qui perlait dans son cou.
« - Mais rien voyons ! Zetsu m'expliquais juste comment il faisait pour rentrer et sortir du sol ! » S'exclama-t-elle, apportant ainsi une justification à la position assise de son compagnon tombé à terre.
Voulant à tout prit changé de sujet, afin de ne pas trahir leurs émois clandestins, Sakura se leva précipitamment et courue jusqu'à la porte d'entrée, là où elle avait négligemment jeté ses achats de la journée. Après avoir fouillé plusieurs minutes dans certain sac en plastiques, elle revint au près de ses hôtes, l'air de rien, et leur tendit à chacun une paire de vêtements.
« - J'ai acheté ça aujourd'hui... Il me semble que ce sera plus confortable que ces survêtements miteux que vous portez depuis deux jours. Allez les essayer ! » Déclara-t-elle, les joues encore rouges.
Ils la fixèrent, étonnés comme s'il s'agissait d'une blague. Ne voyant aucune réaction de leur part, elle leur jeta les affaires dans les bras, et ils ne manquèrent pas de les attraper au vol... Réflexe de ninja oblige ! Après quoi, Kakuzu parti dans les toilettes, et Zetsu dans la salle de bain. Ce dernier entama de prendre une douche avant d'essayer ses nouveaux habits, et ce, dans le but de calmer ses pulsions... Kakuzu fut donc le premier à se présenter devant Sakura. Cette tenue lui allait comme un gant, et elle se complimenta sur ses propres goûts vestimentaires.
« - Qu'est-il arrivé à ton épaule ? J'ai cru la voir saigner tout à l'heure... » Demanda-t-il, lui faisant perdre son sourire.
« - Oh ! Ce n'était absolument rien de grave ! Je me suis juste... Heu... Cogné contre la tête de lit en rattrapant un oreiller. » Improvisa-t-elle, bien que pâle comme la mort.
« - Ca ne ressemblai pas vraiment à un simple bleu... » Ajouta-t-il, méfiant.
« - Mais c'était ça ! » Appuya-t-elle, au risque de paraître encore plus suspecte.
Il n'insista pas plus, apparemment convaincu... Zetsu ne tarda pas à les rejoindre, et petit à petit, la nuit tomba sur Suna. Après s'être lavée à son tour, Sakura s'allongea mollement dans l'immense lit de coton qui meublait la pièce. Kakuzu avait trouvé place sur le canapé, tandis que Zetsu s'était aménagé une couche avec quelques couettes et plusieurs oreillers... Nerveuse, et inquiète par rapport aux évènements de la soirée, elle finit par s'endormir sur une note soucieuse.
« - Putain... Ca ne serait jamais arrivé s'ils étaient restés à Konoha comme je le leur avais demandé. » Murmura-t-elle, assez bas pour que personne ne l'entende.
~ Petit mot : Et voilà ! Le septième chapitre, que vous attendiez tous avec grande impatience est enfin en ligne ! Comme promit, j'ai fait au plus vite pour le traduire, et le fait que je soit en vacance m'a beaucoup aidé, il faut bien le dire (lol). Bien qu'il soit long, j'ai pris beaucoup de plaisir à travailler dessus ! hi hi hi... Bref, j'espère que vous avez apprécié autant que moi ! Merci à toutes celles et ceux qui ont eut l'amabilité de me laisser quelques reviews. Vous n'imaginez même pas à quel point cela me fait plaisir ! A bientôt pour la suite !! =)
