Pardon de la petite pause, mais avec mon job d'été je n'ai bien entendu, pas trop le temps d'écrire et poster. Bien sur ce n'est que partie remise car je tiens énormément à cette fiction. J'essayerai de publier le prochain chapitre au plus vite mais il ne faut pas s'attendre à des miracles.
Mignard
-C'est ici chez moi…
Loki mit quelques minutes avant de réagir, les yeux écarquillés, choqué. Ce qu'il avait prit pour un gamin pseudo-rebelle aux fringues trouées était véritablement un clochard… Comment pouvait t-on finir ainsi à un âge si jeune ? Sa famille ? Ses parents ?
Le dieu était pourtant bien placé pour savoir que les proches sont parfois une chose bien abstraite…
Pourtant le calme du gosse même en énonçant un fait pareil le sidérait, avait-il fini par se résigner de la situation ? Très bien ! Il n'était pas dans ses habitudes de trop s'approcher des affaires des autres, mais il était hors de question de laisser ainsi au milieu de nulle part un adolescent dans un foutoir pareil !
Ce sourire en coin lui paraissait familier… Il ne lui rappelait que trop bien son propre sourire, faux et arrogant. Feindre, jouer un rôle lui était il également coutumier ?
-Ne me dis pas que tu comptais passer toute la nuit dehors ?!
Le gamin haussa une nouvelle fois les épaules, presque amusé du ton hum… Maternel du rescapé, oui c'était bien cela.
Pietro se retint d'éclater de rire.
Loki soupira bruyamment, dépité. Au nom du ciel ! A quoi rimait de rester ainsi dans une telle inertie ?
Arg… Le Jotun avait encore le crâne chauffé à blanc, il vacilla un peu avant de tenter de reprendre contenance.
Pv Quicksilver
Je comprends vite à quel point ce type à l'air perturbé.
Je pensais que cela résultait du traumatisme de l'accident et du fait d'avoir été sauvé in extremis, mais là je commence à me poser sérieusement des questions…
C'est un ensemble de choses. Ses tremblements, sa peau de leucémique mais surtout…
Son regard atone, presque effrayant tant il parait vide… Il me rappelle celui de ma sœur lors de ses phases de dépression.
Je me surprends à penser que ce carton en bagnole n'a rien d'un concours de circonstances…
L'aurais-je sauvé de tout autre chose en fait ?
C'est dérangeant… Être témoin d'un telle chose l'est toujours.
Je ne connais rien de la vie de ce mec et pourtant quelque chose d'indicible me force à compatir, ses yeux verts sont abysses, ses cernes plus que prononcés sont témoins physiques d'insomnies surement récurrentes…
Sa peau est cireuse, son visage émacié, je n'avais pas de suite remarqué cela mais en le voyant marcher et se mouvoir, ce n'est que la maigreur que l'on aperçoit à travers le tissu de son costume.
Je suis perplexe… Atrocement perplexe.
La pluie à enfin fini de tomber, si bien que nous marchons dans un espèce de silence lourd rythmé seulement par le son de nos pas.
La brume épaisse s'est quelque peu estompée et la lumière lunaire en serait presque aveuglante… Tu parles d'un cliché, on se croirait presque dans le clip de Thriller…
Il ne m'a posé que peu de question, j'ai fais de même de mon côté alors que la curiosité me démange.
Soudain, nous quittons la route déserte et pivotons vers la gauche.
-J'ai besoin d'utiliser un téléphone…
Un ton rapide, légèrement haché, faussement autoritaire. M'sieu à la triple couche de brillantine aime se donner un genre, une carapace…
Je ne réponds rien. Il a parfaitement compris qu'un portable est un luxe que je ne peux m'offrir.
La rue dans laquelle nous nous engouffrons comporte diverses enseignes éclairées et nous nous dirigeons vers un drugstore. Rohhh pas con ! Pour son histoire d'appel téléphonique certes…
L'établissement est quasiment désert si ce n'est quelques hommes fatigués accrochés à leurs ordinateurs et autres insomniaques taciturnes.
Nous nous installons à une table un peu éloignée et propre. La carte a sur moi effet d'un poignard. Je déglutis. Une journée sans manger n'est jamais bénéfique…
D'un regard las, il me fait comprendre que j'ai tout intérêt à commander avant qu'il ne change d'avis.
Je ne vais pas prendre trois plombes à m'exécuter bien entendu…
Il est encore en train de gigoter et trembler comme un junkee en pleine crise, ouais heu c'est peut-être pas une si bonne idée un café noir… De toute façon il commande un chocolat chaud.
C'est heu… Mignon, pour ne pas dire niais vu son âge… Bref le café pétrole ça sera donc pour moi.
La serveuse vieille et fatiguée ne nous calcule à peine, et note le tout sur un calepin en nous considérant comme deux vermines. Charmant…
Je m'en fout de toute manière, je crève trop de faim pour perdre mon temps à critiquer l'impolitesse du personnel. Ce n'est apparemment pas le cas de l'autre qui fusille la femme du regard, et quel regard…
Il commence sincèrement à me faire flipper ce mec… Mais bon, je pourrais tuer pour mes œufs au bacon.
Notre commande, constituée à 98 pourcent de la mienne, arrive rapidement et couvre quasiment toute la table.
Il commence à siroter son chocolat qui a l'air des plus brûlants. C'est un climatiseur sur pattes ou ça s'passe comment ?
Puis, il se lève, d'une démarche vive vers le comptoir. Avec son costume trois pièce et sa tronche d'éternel premier de la classe, il fait vraiment tâche dans cet endroit miteux…
Je l'observe à distance et on fini par lui accorder le luxe de passer un pauvre coup de fil. Mouais, mes œufs vont refroidir…
Sa voix s'échauffe un peu, du moins il me semble, je ne comprends pas grand-chose à cette distance.
D'après ce que j'ai perçu, il est en train de se battre avec l'assurance. Ce ne sont pas mes affaires de toute façon…
Je regarde mon reflet dans le noir du café, songeur, avant de m'emparer du sucre.
Un, deux, trois, quatre morceaux, je les observe tomber avant de reporter mon attention sur les deux donnuts qui me narguent.
Il serait certes plus poli de l'attendre, vu que c'est lui qui paye mais de loin, il ne semble plus porter le moindre intérêt à son chocolat chaud et pour ma part, mon estomac ne cesse de danser la carioca.
Je dévore les donnuts sans la moindre cérémonie, mâchant tout de même longuement pour essayer de calmer ma faim.
La pâte colle un peu, élastique, je me doute bien qu'ils aient été congelés, décongelés, recongelés…
Mais je m'en fiche amèrement.
Je ne sais pas trop quoi penser de cette situation et de cet homme, ni sur quel genre de zozo j'ai bien pu tomber…
Pourtant, j'ai bien vu que c'est un mutant et c'est sans nul doute un élan d'altruisme entre confrères qui l'oblige, ou presque à ne pas me laisser dans ma mouise.
Seulement cela hein ? Parce que bon, j'suis pas gay moi…
Putain, ils sont vraiment dégueulasses ces donnuts…
Heureusement que ce ne fut pas le cas du plat précédent. Je ferme les yeux un instant, las.
Ce n'est pas dans mes habitudes d'être fatigué mais je commence à sentir le poids de toutes ces sales journées…
