Que dire, que dire. Ce chapitre est un gros morceau, il me semble. On s'en va t'en guerre ! Alors merci d'être là et bonne lecture. Rendez-vous en bas et faites-vous plaisir si vous voulez laisser un mot.
PS : la semaine prochaine, je posterai exceptionnellement samedi au lieu de vendredi, petit soucis de planning et surtout d'accès à l'ordi.
Maneeya.
Embry s'étonnait que son ami soit séparé de sa femme. C'était assez rare, ils ne supportaient pas longtemps d'être éloignés, cela les rendait irritables. Quoique pour l'instant, Jake réagissait bien à la faible distance entre eux. Il était surtout préoccupé par l'annonce de la « dé-imprégnation » de sa sœur.
— En même temps, deux loups imprégnés l'un de l'autre c'est impossible. S'ils sont obsédés par leur moitié, ils ne peuvent être à fond dans leur objectif d'exterminer les sangsues. Conflit d'intérêt.
— Moi je dis qu'il n'y a que des avantages, assura Seth la bouche pleine de chips, on a des combattants, et ils ont le choix !
— Einstein t'as pensé à leur gosse ? Si Lucy devient orpheline on fait quoi ?
— On la donne à Rosalie, elle ne dira jamais non à un bébé.
Sa sœur, pour montrer son désaccord avec lui, lui envoya une bouteille d'eau qu'elle ne prit pas la peine de fermer. Aussitôt, Seth en profita pour lui sortir un laïus anti-gaspillage quelque peu exagéré vu la situation.
— Il n'y aura aucun orphelin, assura Jacob.
Ses amis et coéquipiers se tournèrent vers lui, quand il prenait cette voix, il faisait ressortir son rôle d'alfa.
— Nous nous occuperons du ou plutôt des vieux continents. Seth tu participeras au blocus de Volterra, non Leah ce n'est pas négociable, ajouta-t-il en la voyant ouvrir la bouche. Quil en Europe. Embry en Afrique, centre et sud. Leah Asie centrale. Rob viendra certainement te donner un coup de main en Europe Quil.
— Et toi Jake ?
— Je vais rester le plus mobile possible et je prêterais main forte là où il y a besoin. Je serais dans le même coin que vous. Seth, fais jouer ton côté diplomate afin d'éviter de reproduire les événements de 2009. La Meute de Sam s'occupera des Amériques et de l'Océanie. Je sais que vous êtes stressés après ce qui est arrivé cet après-midi. Mais c'est la plus belle preuve de faiblesse qu'aurait pu nous donner ces maudits italiens. Il semblerait qu'on les inquiète, au point qu'ils envoient un de leurs gardes, seul, dans la grotte des loups. Si c'est pas un cadeau, je ne m'y connais pas. Maintenant, on va leur régler leur compte une fois pour toute. Et pour cela on n'est pas seul. Tous les modificateurs, et les sangsues, plus gentilles que les autres, sont avec nous, pour botter les fesses de ces italiens de merde. Vous êtes prêts ?
— Prêt, hurla aussitôt Seth en cognant son poids contre celui de son idole.
Chacun fit de même et ils finirent leur repas dans la bonne humeur. Ils avaient beaucoup de choses à faire, cela ne les effrayait pas. Ils allaient risquer leur vie, ils se lançaient avec impatience.
Les Denali arrivèrent le lendemain. Claire, après une discussion houleuse avec son compagnon, se transforma. Quentin, un ancien combattant en fit de même. Mila, la fille de Colin les rejoignit.
Paul soupçonnait sa fille de se servir de sa compétition régionale pour fuir sa propre transformation. Il ne pouvait pas vraiment la blâmer, sa vie était exactement comme elle le souhaitait et il comprenait qu'elle ne meurt pas d'envie de devenir un être surnaturel.
Emily avait choisi de rester loin des vampires pour ne pas muter. Elle avait bien trop peur, bien trop peur pour tout cela.
Enola finit par revenir, le soir et apparut résignée au QG de la Meute de Jacob. La présence des Cullen et des Denali la fit se transformer avant même d'être entrée. Ce qui est certainement mieux. Son père se planta devant elle et lui demanda si elle allait bien. C'était comme s'il l'avait reconnue même en louve. Ou peut-être son odeur n'avait tout simplement pas changé.
Elle coupa brutalement leurs délibérations. Heureusement le plus gros était fait : ils avaient répartis les nouveaux modificateurs dans la meute sans leur compagnon, question de survie, chacun savait où aller et qui retrouver.
Demain, Enola réussirait à redevenir humaine. Mais pour l'instant, Jacob oubliait ses soucis en voyant sa femme l'entraînait si possessivement. Bien qu'il essayait de ne rien en laisser paraître, il sentait l'impatience le gagnait. Il connaissait sa femme, quand elle était comme ça, il savait parfaitement à quoi s'attendre.
Elle roula vers le nord, à une vitesse excessive mais ils ne s'en inquiétaient pas, ils avaient les sens et les réflexes pour. Elle s'arrêta brutalement le long d'un chemin peu emprunté.
— On va quand même pas faire ça ici Ness' ?
— Pourquoi pas ? Je serai certaine qu'aucune de tes pensées n'ait dédié à mon père.
Voilà une petit pique bien méritée car sa chère femme était agacée de la possessivité de ses parents et encore plus de la gêne de son homme à propos de leurs relations sexuelles.
Renesmée le chevauchait déjà, elle avait allongé le siège. Elle avait jeté son gilet et son tee-shirt sur la banquette arrière. Elle l'embrassait doucement et suavement, arrivant à lui arracher des grognements par de simples baisers.
— Pourquoi maintenant ?
— Je n'ai plus l'âge de te réclamer pour moi seule, d'autant plus vu le danger qui rode. Alors je m'octroie un dernier caprice, je te monopolise une dernière fois avant qu'on plonge tous les deux au cœur de cette bataille.
Jacob caressa doucement les longs cheveux de sa femme. Il lui arrivait d'avoir du mal à la comprendre parce qu'elle avait toujours vécu dans un monde à part. Elle ne connaissait pas la mort, ou en tout cas, elle ne la considérait pas comme quelque chose de normal. Elle ne comprenait pas non plus la maladie et la vieillesse. Elle n'avait jamais eu de chagrin, de désillusions, ou subi de méchancetés bêtes et primaires.
Sa femme était tout simplement bizarre, il n'avait pas peur de le dire. Et alors ? Elle était bizarrement extraordinaire. Ça l'amusait de la voir si ahurie quand Claire ou lui, lui racontait des bouts de leur vie. Il ne savait pas combien de fois elle s'était penché vers lui, les sourcils froncés, en plein milieu d'une discussion, pour lui demander en murmurant pourquoi tel ou tel personne avait fait ou dit ça.
Sa Nessie était comme ça. Et chaque minute qu'il passait auprès d'elle lui permettait de mieux la comprendre.
— Je vais supporter ce caprice.
Elle éclata de rire.
L'avantage d'être vampire, c'est qu'on avait le temps. Qui pourrait dire à un être immortel qu'il ne fallait pas remettre les choses à demain ? Le temps n'avait plus aucune valeur, voilà pourquoi il leur était important de nouer des lieux avec ceux qui étaient encore ancrés dans la réalité, les humains et les modificateurs.
Malgré la difficulté que représentait leur présence pour Jasper, il ne les appréciaient pas moins. Les humains étaient censés leur servir de repas. Et les modificateurs naissaient pour exterminer les vampires. C'était la quintessence de tout ce qu'il connaissait.
Et pourtant, il suffisait de si peu pour que tout bascule. Souvent, on se souvenait bien mieux et bien plus longtemps de ce qui avait mal tourné. Jasper s'était promis de toujours se rappeler de comment il en était arrivé à cette vie qu'il avait actuellement, celle qu'il appréciait.
Il avait une femme extraordinaire et une famille géniale. Il travaillait en collaboration avec des gens génétiquement programmés pour le tuer. Mieux, ils se faisaient entièrement confiance. Tout pouvait prendre le sens qu'on souhaitait.
Joshua aperçut facilement le couple venu le chercher. Ce n'était pas difficile, tout le monde s'écartait ou les observait d'un coin de l'œil. Sans même savoir qu'ils étaient différents, tout le monde sentait qu'ils étaient dangereux. L'instinct de survie était vraiment quelque chose de fort.
Il attrapa la main de son amie et se dirigea vers Jasper et Alice qui l'attendait. Alice était tout sourire et Jasper était Jasper tout simplement. Fidèle à lui même, bien qu'il avait, au fil des décennies, de moins en moins de mal à se retrouver en compagnie d'humains.
Par contre, il devina aisément qu'il n'appréciait pas qu'il ait emmené son amie. Il fronçait les sourcils et analysait la jeune fille. Puis il tourna la tête vers sa femme qui n'était pas du tout surprise, il se retint de soupirer.
— J'ai une bonne raison d'apporter Sarah, commença l'étudiant mal à l'aise devant le regard du combattant.
— Le plus simple c'est que je me présente. Sarah, de la tribu Algons, les Coyotes de l'Est, ingénieure en nanotechnologie. Je suis là pour vous aider.
Elle regarda Jasper droit dans les yeux. Sa femme ne semblait pas voir d'objection à sa présence c'était donc lui qu'elle devait convaincre.
— Allons-y.
Le trajet fut plutôt long, même si le fait de voyager en avion leur avait permis de gagner beaucoup de temps. Alice leur extorqua beaucoup d'information sur la ville où ils étudiaient, leur fac, et les fêtes étudiantes.
Puis Jasper réussit à dévier la discussion sur un sujet qui le préoccupait plus : la communication qu'il devait mettre en place. Les téléphones étaient très peu pratiques vu leur nombre et leur éclatement. Alors encore une fois, il avait fait appel aux étudiants.
— Est-ce que vous auriez accès à un satellite par hasard ?
Jasper et sa femme échangèrent un long regard. Les jeunes voyaient vraiment les choses en grand.
— Il ne coûte rien de demander, sourit Alice.
— Merci. La technologie qu'on a choisi demande d'être installé au préalable, on ne peut pas laisser un profane s'en charger. Elle est optimale pendant une semaine puis il faut la retirer. Elle fonctionne par relais mais puisque vous avez des amis humains, cela devrait fonctionner sans problème.
— Vous avez fait du bon travail.
C'était étrange mais ils eurent l'impression, juste grâce à sa voix, qu'il souriait. Quoiqu'il en soit, le vampire accéléra sensiblement, ennuyé d'être coincé dans cette voiture alors qu'il y avait tant de choses à faire.
Les deux adolescents s'installèrent directement dans la cuisine. Sarah mit de l'eau sur le feu tandis que Joshua présentait le prototype à Jacob et Éléazar. Elle faisait chauffer une pâte semblable à de la cire pour que celle-ci prenne ensuite la forme du pavillon. La pâte abritait une puce mais elle était trop corrosif pour les humains lambda.
Les autres s'entraînaient dans les bois. Mais chacun revint pour se faire poser cette petite puce.
Joshua se sentit anxieux d'être si proche de Leah. Ils s'étaient parlés par téléphone mais ce n'était définitivement pas pareil. Son regard était si déstabilisant que tous ses gestes devenaient hésitants.
— Qui est Sarah ?
— J'ai pas couché avec elle.
— Je sais.
Leah arrêta de sourire quand il posa la puce. C'était chaud, même pour elle. Dès qu'il eut fini, elle se servit un verre d'eau et expliqua ce qui était arrivé à Paul et Rachel. La mutation annulait l'imprégnation.
Le jeune homme sauta de joie. Son insouciance lui faisait penser à son petite frère, il avait si bien réagi quand il avait perdu son humanité. Elle dut lui tirer une mèche de cheveux pour le faire revenir à la réalité.
— Si tu mutes, tu vas perdre toute perspective d'une vie normale.
— C'est déjà le cas. Et pour toi, ça en vaut le coup. Même si je devais perdre cent fois plus.
Cette fois, c'était Leah qui était complètement déstabilisée. Entre la main posée sur sa hanche et sa déclaration d'amour, elle ne savait comment réagir. Une partie d'elle voulait sauter de joie et prévoir un feu d'artifice. Mais elle ne voulait pas prêter attention à cette partie d'elle, c'était une partie grandement influencée par l'imprégnation, donc complètement dénuée de bon sens.
Elle était cependant incapable de le repousser, de rompre le charme de l'instant, et de revenir à une ambiance amicale. Ce baiser, elle en mourrait d'envie. Pourquoi pas après tout ? Leur dernier baiser allait bientôt remonter à deux ans. Elle pouvait faire preuve d'un peu de faiblesse, juste un peu. Cela la motiverait pour les prochains combats.
Enola rentra chez elle et se dirigea directement vers la cuisine pour trouver quelque chose à manger. Elle n'avait pas beaucoup de temps car elle était déjà attendue chez Leah. Mais elle vit quelque chose qui lui coupa l'appétit.
Elle se retourna dès qu'elle saisit que ses parents étaient tous les deux nus dans la cuisine. Elle jura fortement tout en se couvrant les yeux avec ses mains. Elle entendit ses parents se rhabiller et son père eut même le toupet de rire.
— Enola tu es sous mon toit alors tu parles correctement.
— S'envoyer en l'air dans une pièce commune, ça n'a rien de correct !
— Mais qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Sa mère s'était presque entièrement couverte et se trouvait maintenant en face d'elle, les sourcils froncés. Enola se défit de sa main inquiète et leur annonça qu'ils étaient attendus et devaient donc se dépêcher.
— Tu ne trouves pas qu'elle a l'air bizarre ? demanda Rachel à son mari.
— Elle a surtout l'air de ne pas vouloir nous en parler.
Les épaules de la cadette Black s'affaissèrent et elle soupira d'abattement.
— Je vais me doucher rapidement. T'avises pas de me rejoindre.
Paul éclata de rire. Pour l'instant la cohabitation avec son ancienne imprégnée se passait très bien. Ils discutaient, ils s'engueulaient, ils se réconciliaient sur l'oreiller. Si toute sa vie s'annonçait ainsi, il était prêt à signer.
La famille débarqua peu après chez Clearwater. Rachel partit dans le salon où elle donna les coordonnées de satellite fournies par sa sœur aînée. Elle lui avait assurée que son patron ne se rendrait pas compte qu'on empruntait un peu leur satellite.
Paul et Enola se précipitèrent dans la cuisine, dérangeant ainsi le couple à deux doigts de s'embrasser. Le père était encore obsédé par le problème qui préoccupait tant sa fille. Elle n'avait pas parlé du trajet, et avait préféré se mordre le bout des doigts. Elle refusait obstinément de leur dire quoi que ce soit.
C'est pour cela que Paul n'avait pas peur de dire que parfois il détestait sa fille, il aurait fait n'importe quoi pour elle mais elle refusait trop souvent de se confier. Et pourtant, il faisait des efforts.
— Désolé de vous avoir dérangé, souffla-t-il avec indifférence.
Leah haussa un sourcil dans sa direction, pas dupe. Elle les invita à s'asseoir alors qu'elle prenait une bière dans le frigo. Joshua mit en place les puces de Paul et d'Enola. Les deux hommes partirent rapidement puisqu'ils étaient appelés.
— Je peux en avoir un peu ?
La lycéenne montra la bouteille qu'elle tenait à la main. Leah lui donna, de toute façon ici personne n'était très regardant. Et de toute évidence, elle avait l'habitude.
— Pourquoi tu as besoin d'un remontant ?
— J'ai failli péter le poignet de mon petit copain.
— Tu ne t'es pas rendue compte de ta force, ne t'inquiète pas, ça viendra. Comment il a réagi ?
— Plutôt normalement, il a flippé.
— À partir de maintenant, il y aura toujours ce secret entre vous. J'aime pas être fataliste mais soit il supporte ton changement, soit c'est fini pour vous.
— Merci, marmonna la lycéenne en évitant son regard.
Elle ne savait pas si elle était ironique ou non.
Carliste salua chaleureusement Benjamin et Tia qui venaient d'arriver. Maggie était déjà là et prête à repartir au sud. Les trois vampires avaient les yeux ambrés. C'était une complète surprise. Il savait que quelques uns de ses amis avaient été tentés. Ils avaient essayé mais la plupart était revenu à leur ancien régime.
Le docteur avait bon espoir qu'eux soient différents, ils étaient décidés et rigoureux.
— Vous vous êtes embellis non ? plaisanta Leah en les voyant.
La louve s'était habituée à travailler avec des vampires, sa haine avait diminué. Et puis certains semblaient plus humains que d'autres.
— Tout le monde est là ?
La voix de Jacob portait sans qu'il ait besoin de se forcer. Il fit, d'un regard, le tour du cercle qu'ils formaient.
— Sarah a vérifié, les oreillettes fonctionnement parfaitement. Nos alliés les recevront à la fin de la journée au plus tard, quelqu'un pourra les installer. Chacun sait où aller.
— N'oublions pas que nous sommes là pour coopérer, ajouta le docteur.
Les sourires fusèrent face à ce côté pacifique qui caractérisait si bien Carliste.
— N'oubliez pas de faire passer toutes les informations. Elles peuvent toutes être essentielles.
— Qui s'occupera du relais ? demanda Rachel.
— Emily, les deux anciens, et moi, répondit Sarah.
— Nous pouvons partir. Et ne pénétrez pas en Italie avant que toutes les troupes soient déployées.
— Il ne reste qu'un détail à régler.
Chacun suivit le regard d'Embry, fixé à Joshua qui se sentit quand même mal à l'aise de toute cette attention.
— J'ai essayé de m'énerver mais c'est pas mon fort, expliqua-t-il avec un sourire contrit.
Ses amis rigolèrent. Effectivement, le jeune homme ne se caractérisait pas par son caractère explosif. C'était plutôt le contraire.
Tia promit de l'aider et lui ordonna la seconde d'après d'enlever son haut. Malgré la gêne qui l'habitait, il obtempéra sans manquer de souligner à quel point cette situation était embarrassante. Dès que son tee-shirt toucha le sol, il sentit une force le soulevait et il partit s'écraser contre un arbre.
— Ça ne sert à rien, informa Jasper, il ne s'énervera pas.
— Alors je n'ai plus qu'à me servir de sa mère comme en-cas.
Avant qu'il n'ait eu le temps de comprendre cette phrase, elle était déjà partie en courant. Il se releva difficilement et chercha son père. Il le regardait sévèrement, comme quand à sept ans, il essayait de rester une heure de plus devant la télé.
Il n'hésita pas à lui promettre la mort s'il arrivait quoi que ce soit à sa mère. Joshua ne savait plus si cela faisait parti de l'apprentissage ou non. Ses sens étaient brouillés car il s'était cogné la tête. Et il ne connaissait pas Tia. Hors tout le monde savait qu'il fallait connaître quelqu'un pour faire de l'humour avec.
Bien que mal en point, il partit retrouver sa mère et cette Tia. Sa mère ne se transformerait jamais, peu importe que sa vie soit en danger ou que ce soit l'unique solution. Elle ne voulait pas se transformer. C'était tellement clair pour lui même s'il était incapable de se l'expliquer.
Il savait, bien qu'inconsciemment, que sa mère aimait l'amour inconditionnel c'était une situation apaisante comparé à ce qu'elle avait vécu avant. Elle manquait tellement de confiance en elle, dans son esprit, il était impossible qu'un homme tombe sous son charme sans une aide magique. Et l'apparition de Sam lui avait donné raison.
Elle avait toujours été fade comparée à sa belle cousine enjouée, joueuse, pétillante et enjôleuse. Elle avait toujours été moins aimé qu'elle, voilà pourquoi elle devait faire des efforts. C'était important de faire des efforts pour avoir ce que l'on voulait.
Mais les efforts étaient si risibles comparés à la puissance des sentiments. Le cœur n'était qu'un océan, impossible à contenir, impossible à diriger, impossible à quantifier. Et soudainement des déferlantes surgissaient de nul part et s'abattaient sans distinction. Ses efforts étaient ridicules en comparaison.
Elle avait besoin de l'imprégnation. Sans cela, Sam se rendrait rapidement compte qu'il s'était contenté d'une glace pleine d'eau alors qu'il aurait pu profiter de celle à la crème. Et par tous les dieux, un triangle amoureux avec père et fils serait gênant pour tout le monde.
Joshua ne savait pas s'il arriverait à temps. Il courrait mais sa tête menaçait d'exploser. Heureusement, la sangsue avait décidé de le narguer, elle marchait en sautillant, de racine en racine, chantant une chanceuse de croqueuse. Normalement, c'était pour les croqueuses d'hommes mais dans cette situation, les paroles prenaient une toute autre signification.
Elle lui rappelait quelqu'un mais il avait du mal à se souvenir. Cette démarche presque enfantine, irrémédiablement joyeuse. Cela lui évoquait les vieux dessins animés et les petites filles en tant que héroïnes, pures et combattantes. Son cœur se souleva brusquement.
Une des premières choses que l'on apprend lorsque l'on est petit, c'est que les monstres ont l'apparence de monstres. Ils ne peuvent pas sautiller comme des fées, enchanter, rire joyeusement ou se fondre dans le décor. Ensuite la réalité s'immisce et vient briser ces certitudes.
Celle qui chantait avait faim. Elle était magnifique. Et elle voulait manger sa mère. Elle avait tout d'une fée et elle voulait manger sa mère. Elle était donc nuisible. Pas grave si elle n'avait pas l'air d'un monstre. Elle en était un, au fond d'elle. Nuisible. Danger. Comme les rats dans les cuisines. Nuisibles. Danger. À exterminer.
Il sentit un bruit non identifiable sortir de sa gorge mais n'y prêta pas attention. Il ne pouvait pas. Sa peau était littéralement en train de se faire la malle. L'impression d'être écorché était la seule reconnaissable. Il hurla. Ses commissures labiales se déchirèrent. Sa tête prit feu. Quand la douleur s'atténua assez pour lui permette de refermer la bouche, il prit conscience de ses crocs.
