VII. Un petit nouveau

60 ans plus tard

Il courrait à en perdre haleine, s'enfonçant dans cette forêt étrange sans un regard en arrière. Il était faible et en sang mais il ne devait surtout pas s'arrêter sinon ils le rattraperaient et il serait alors obligé de retourner chez eux. Il en était hors de question ! Si il y retournait, ils allaient le tuer et il ne voulait pas mourir ! Pas maintenant.

Mais malgré toute sa volonté et son désespoir, les hommes à ses trousses le rattrapèrent et un sort de découpe l'atteignit à l'épaule, le faisant saigner abondemment. Étant déjà très faible à caus du traitement de sa famille, la perte de sang se fit rapidement ressentir. Des points noirs apparurent dans son champ de vision et il arivait de moins en moins à tenir sur ses jambes. Finalement le jeune homme ne tint plus et s'effondra au pied d'une cascade à bout de souffle. Il était exténué et ne pouvait plus faire le moindre geste. Son corps était aussi lourd qu'une enclume et il entendait ses poursuivants se rapprocher sans rien pouvoir y faire. Des larmes de désespoir lui échappèrent et sa vision se brouilla. Il allait perdre connaissance. La dernière chose qu'il vit fut une ombre immense qui se jetait sur les sorciers qui le suivaient et les cris de douleur de ces derniers.

Dors mon tout petit, murmura alors une douce voix, tu es en sécurité.

Et il perdit connaissance.

Lorsque le jeune homme ouvrit de nouvau les yeux et regarda autour de lui, il ne savait pas où il était. Il était enfermé dans une espèce de bulle dont les parois étaient une membrane très douce d'un vert forêt qui laissait légèrement passer la lumière du jour. Les années passées avec son oncle et sa tante et toutes les maltraitances qu'il avait subi l'avait rendu claustrophobe et pourtant il ne paniqua pas. Il se sentait bien, parfaitement bien même. En position foetale, il se sentait comme un enfant dans le ventre de sa mère. Bien au chaud, il se sentait en sécurité de tous dangers et c'était rafraichissant !

Puis, alors qu'il allait de nouveau fermer les yeux, des murmures lointains lui parvinrent. En temps normal, il aurait tout de suite imaginé le pire des scénario et aurait paniqué mais son instinct lui soufflait qu'il ne courrait aucun danger. Il en aurait presque ronronné de contentement. Mû par une sorte d'intuition, le jeune homme se tourna lentement sur le côté et posa sa main droite à plat sur la membrane qui le protégeait. Les voix se turent et il aperçut une silhouette à travers le vert de son cocon de chaleur. Une grande main se posa contre la sinne de l'autre côté et une voix chaude et rassurante s'éleva :

Dors mon Ange, tu es en sécurité. Et comme s'il n'avait fait qu'attendre ces quelques mots, le jeune sorcier ferma les yeux et rejoignit les bras de Morphée.

Lorsqu'il se réveilla de nouveau, il allait beaucoup mieux. Il se sentait plus fort et plus déterminé que jamais. Il était au sommet de sa forme comme il ne l'avait jamais été.

Il voulut bouger et remarqua allors pour la première fois qu'un tuyau sortait de son nombril pour le relier à la membrane qui l'entourait tel un cordon ombilical. Le jeune sorcier fronça les sourcils mais décida de s'en occuper plus tard, il devait d'abord sortir de là. Mais alors qu'il entamait un mouvement pour déchirer, une voix douce et rassurante s'éleva de l'extérieur :

Chuuuut... Ne bouge pas. Nous allons te sortir de là mon bébé. Mû par un instinct primaire, il fit confiance à cette voix et obéit.

Quelques secondes plus tard, plusieurs fissures apparurent et son étrange "berceau" s'ouvrit tel une fleur qui éclot. Le liquide qui l'entourait se déversa sur l'herbe au sol et il prit la plus grande bouffée d'air qu'il put avant de s'effondrer, ses jambes étant trop faibles de n'avoir pas servi pendant un moment. Ses yeux étant agressés par la lumière du jour, il ne put voir qui le rattrapa puis l'allongea délicatement sur quelque chose de bien moelleux et confortable mais se fut comme si son corps reconnaissait cette personne, il n'avait absolument pas peur.

Ama... Murmura-t-il sans vraiment s'en rendre compte.

La voix douce de tout à l'heure lui répondit immédiatement :

Chut mon tout petit, je suis là.

Une main se posa sur sa tête et lui caressa gentiment les cheveux, le faisant presque ronronner de plaisir. Il ferma les yeux et sombra dans un état comateux. Il ne dormait pas vraiment mais n'était pas non plus véritablement conscient de ce qui l'entourait.

Quand ses paupières se soulevèrent pour la troisième fois, il était allongé sur un lit de mousse à l'ombre d'un arbre. Il était seul. Désormais en pleine forme et pas le moins du monde incommodé par la lumière du jour, le jeune homme se redressa lentement jusqu'à tenir debout. Parfait ! Et maintenant...

Bonjour mon bébé. L'interrompis dans ses pensées la douce voix qu'il avait entendu auparavant. As-tu bien dormi ?

Il sursauta et se retourna violemment pour voir un être étrange qui semblait être le parfait mélange entre une plante et une femme. Sa peau était d'un vert foncé rappelant la mousse des forêts et des fleurs poussaient sur son corps. Ses cheveux étaient des lianes plus ou moins épaisses et un lys y était accroché ou alors il poussait sur son crâne. Il ne savait pas trop. Elle avait une silhouette fine et élancée et un sourire doux. Mais ce que le sorcier trouva de plus beau chez cette créature furent ses yeux entièrement dorés, sans iris ni pupille, emplis de tendresse.

Et comme précédemment, son corps se détendit, se sachant en sécurité. Comment le savait-il ? Il ne parvenait pas à l'expliquer lui même. Il le savait et c'était tout.

Oui, répondit-il alors. Je me sens en plaine forme.

Le sourire de l'être devant lui s'élargit et elle ouvrit les bras dans sa direction. Sans réfléchir, il s'y précipita, cherchant le réconfort dont il avait été privé toute sa vie.

Soudain quelque chose le frappa. Elle était immense ! Bon ok, il n'était pas très grand non plus, il n'avait jamais dépassé les 1m 65, mais elle faisait bien deux mètres si ce n'était plus ! Il se sentait vraiment petit. Comme un enfant dans les bras de sa mère. Oui, c'était ça, l'étreinte d'une mère.

Ama... Soupira-t-il de contentement.

Les bras se reserrèrent légèrement avant de le repousser doucement pour que leur propriétaire puisse plonger ses yeux dorés dans ceux émeraudes du jeune sorcier. Ce dernier se tendit par peur de se faire rejeter encore une fois mais une main douce se posa sur sa joue pour le rassurer.

J'imagine que tu as beaucoup de questions. L'humain se contenta de hocher la tête. Je m'appelle Wandelle et je suis une Vishrae. Mes amis et moi t'avons soigné en mon sein. Sous le regard interrogateur de son protégé elle expliqua. Tu étais dans ce que les humains appellent un "oeuf de Vishrae" et c'était le mien. Les Vishrae sont des créatures qui font partie intégrante de la Nature. Tu peux dire que nous sommes les enfants de celle-ci. Beaucoup de tes semblables, qu'ils aient ou non la Magie en eux, disent que nous sommes ses représentants.

Le jeune homme acquiesça lentement, un peu perdu.

Tu as été soigné dans mon oeuf et je t'ai aidé à éclore. Ainsi c'est comme si je t'avais porté et t'avais donné naissance chez une humaine. Cest pourquoi tu m'as instinctivement appelé "Ama", ce qui signifie mère. Mais cela ne me dérange pas. Assura-t-elle en avisant le regard gêné de son vis-à-vis.

Et les sorciers qui me suivaient ?

Notre Roi s'en ait occupé. Expliqua Wandelle en le reprenant dans ses bras. Ils ne t'embêteront plus, tu es en sécurité.

L'adolescent enfouit son visage dans la poitrine de sa désormais mère et soupira avec soulagement.

Quel est ton nom mon enfant ? S'enquit la créature en passant une main dans les cheveux corbeau.

Harry. Murmura-t-il. Harry Potter.