Titre : Alors, elle te plaît ?

Genre : Romance

Rating : Tout public. (K+)

Personnages : Tous

Résumé : Heiji prévoit d'acheter une maison et trouvant la perle rare, décide de la faire visiter à sa meilleure amie. Jusque là, tout va bien, hein ? Sauf, quand on prend en compte toute la symbolique de cette action. Kazuha/Heiji ! Enjoy ^^

Disclamer : Détective Conan ne m'appartient pas T.T

Spoiler : Aucun

Note : On arrive presque à la fin. J'espère que vous allez apprécier cette petite conclusion à notre enquête ! Bisous à tous et bonne lecture !


C'était le matin du cinquième jour. Nakao était à la maison de thé avec Emiko en tant que maiko et ne rentrait que le soir. Kazuha, après ses taches ménagères habituelles, mit son hakama et se rendit aux écuries. Yuki l'accueillit avec un hennissement de bonheur et trépigna d'impatience dans son box. Elle le sortit et le prépara.

Il était tout juste 14 heures, elle avait donc tout l'après-midi. S'aidant d'un montoir, elle se mit à cheval. Sa selle était assez large et spéciale étant donnée qu'elle servait à la monte en amazone, sport auquel s'adonnaient quelques Geishas. Kazuha, elle, préférait monter normalement. Elle régla ses étriers et se mit en route. Elle posa sur sa tête son sandogasa, chapeau traditionnel japonais, la protégeant aussi bien du soleil que de la pluie. Ses cheveux étaient attachés en une longue tresse sur le côté que lui avait faite Nakao la veille au soir. Elle y avait mis de fausses fleurs et Kazuha l'avait laissé ainsi sans y penser. En effet, elle ne s'attachait plus les cheveux avec son éternel ruban depuis qu'elle était ici. Ça la rendait trop reconnaissable, il ne fallait pas qu'elle attire l'attention.

En allant à la maison de thé, elle avait vu leur photo défiler à la télévision. Si on les découvrait ici avant une semaine, Miyuki y restait et c'était hors de question. Depuis, elles faisaient tout pour paraitre différentes d'avant. Lorsqu'elles allaient au village, elles portaient un kimono, et même si ça n'avait pas été possible de les aider ce matin-là, elle mettait tout de même des vêtements beaucoup plus adultes. Ainsi, elles semblaient plus avoir 20 ans que 18.

Les gens du village les avaient déjà adoptées. Pour eux, elles étaient Aya et Chiharu les deux nouvelles apprenties Geishas, agréables avec tous et très serviables. En effet, elles n'hésitaient pas à se rendre utiles.

Kazuha et Yuki partirent sur le chemin de balade au petit trot et au bord d'une rivière un peu plus loin, alors qu'elle faisait boire Yuki, la jeune fille nota avec amusement qu'elle s'était maquillée par habitude. Elle avait un peu blanchi son visage, noirci et affiné ses yeux avec un trait noir. Sa lèvre inférieur était peinte de rouge comme le faisait les maikos. Bref, elle ne se ressemblait pas et c'était exactement ce qu'elle voulait.

Inspirant avec conviction, elle remonta à cheval et lança Yuki au galop.


"Bonjour Messieurs", salua Emiko en faisant une révérence.

Nakao se tassa sur elle-même en voyant le groupe entrer. Lorsqu'Emiko la présenta, elle resta aussi silencieuse que possible.

"Elle est très timide", justifia Emiko en les éloignant un peu.

Nakao soupira de soulagement. Ils ne semblaient pas l'avoir reconnu, mais que faisaient-ils là ?! Ils avançaient trop vite dans leur enquête. Si ça continuait Miyuki serait en danger.

Obnibulée par ses pensées, elle n'entendit pas les paroles de la Geisha.

"Chiharu fait partie d'un programme permettant à des jeunes filles traumatisées de commencer une nouvelle vie. Elles sont deux à être arrivées la semaine dernière, vraiment adorables. Je vous présenterai Aya-chan demain.

- C'est bien, fit remarquer Kogoro, s'étant inclu à l'enquête avant le départ vers Kanazawa.

Heiji se retint à grand peine. Son père lui avait interdit de parler, le jeune homme étant trop brusque dans ses paroles. Il le comprenait, mais les répliques du père de Ran l'énervaient au plus haut point. Tout ça ne faisait pas revenir Kazuha. Shinichi posa une main sur son bras et prit la parole.

"En fait, nous sommes venus dans le cadre d'une enquête.

- Oh, oui, souffla la Geisha. L'enlèvement des trois lycéennes.

- Oui, cette affaire pourrait avoir un lien avec la maison des Onada située sur la falaise, mais nous ne pouvons pas y accéder à cause des derniers éboulements, aussi la maison de Geishas se trouvant non loin, nous voudrions savoir si vous pouviez nous y emmener.

- Absolument, affirma Emiko, toujours prête à aider. Allons-y tout de suite."

Ils le remercièrent de son dévouement et la Geisha prévint son okasan, la "mère" de la maison de Geishas, de son départ. Celle-ci approuva vivement et c'est ainsi que le groupe se rendit précisément à la maison de Geishas.

"C'est un privilège rare", souligna Emiko en leur faisant vaguement visiter.

Heureusement, les Geishas travaillaient toutes et donc peu se trouvaient encore à la maison. Le matin et le soir, c'était l'effervescence dans les couloirs et entre femmes, les petites tenues n'étaient pas rares. Kazuha elle-même n'était pas là puisqu'elle était partie se balader, au grand soulagement de Nakao.

Cependant, Emiko les conduisait aux écuries.

"Le chemin est long et difficile jusqu'à la maison alors il vaut mieux y aller à cheval. D'ailleurs, je suis sûre qu'Aya sera ravie de vous y conduire.

- Oh !" s'écria Kogora ravi.

Il se fit reprendre par Ran dans la seconde et le groupe arriva aux écuries.

"Je pense qu'elle n'est pas encore revenue, mais préparez les chevaux le temps qu'elle arrive."

Chacun, aidés de Chiharu et Emiko, prépara son cheval et bientôt, le groupe fut prêt. Hattori, Tomaya et Mouri se demandaient ce qu'ils faisaient là prêts à partir en balade alors qu'ils étaient sûrs une enquête quand un hennissement lointain les interpella. Un magnifique cheval d'une forte carrure arrivait au trot de travail. Emiko lui fit un signe de la main et sa cavalière le mit au galop. Elle l'arrêta à quelques pas de la Geisha. Ils furent éblouis par son assurance et sa prestance.

"Que se passe-t-il ? demanda-t-elle d'une voix forte.

Des hommes, ici ? Ça l'intriguait assez en réalité car pour arriver ici, il fallait passer par la maison des Geishas. Elle ne les avait pas encore reconnu, ne s'attendant absolument pas à les voir ici.

"Je vous présente Aya-chan", déclara Emiko alors que celle-ci descendait.

Elle remarqua de suite l'air paniqué de son amie et son coeur fit un bond quand elle se rendit compte que c'était bien Heiji qui se trouvait à trois pas d'elle. Sa voix sûre et son air inquiet avait dû les tromper, mais ça ne durerait pas. Elle ne devait pas parler.

L'air de rien, elle enfonça son chapeau sur sa tête et écouta avec attention ce que disait Emiko. Heureusement, l'odeur des chevaux masquait son odeur naturelle. D'ailleurs, même celle-ci devait être diminuée depuis son arrivée. Son maquillage et sa tenue la dissimulés. Le fait d'être présentée en tant que maiko était de son côté également. Kazuha inspira, expira et se remit à cheval.

Yuki hennit doucement et réactif au tempérament de sa cavalière, manqua de partir au galop.

"Bien, allons-y !" s'écria-t-elle en se plaçant en tête, retenant de son mieux le cheval.

Emiko et Nakao, toutes deux inquiètes pour des raisons différentes, les regardèrent partir avec anxiété.

Yuki marchait d'un pas vif et sûr, Kazuha les guidant à travers les multiples chemins. Elle prenait de l'avance, les laissait la rattraper un peu, puis accélérait à nouveau. Ce petit jeu dura un moment, jusqu'à ce qu'un cavalier la rejoigne rapidement.

"Ne pourrait-on pas accélérer ?" demanda Heiji, visiblement sur les nerfs.

Elle sentit son coeur cogner dans sa poitrine et opina.

"Nous passons au trot, attention aux branches", informa-t-elle en se tournant vers les autres.

Puis elle se remit face au chemin, envoyant voler sa tresse dans son dos. Motivée, elle pressa les flancs de son cheval et pria pour qu'Heiji ne se souvienne pas que sa famille possédait des chevaux. Yuki réagit au quart de tour et bondit en avant. Elle l'empêcha de passer au galop, mais en profita pour distancer le détective. Ils durent bien vite ralentir, Kogoro manquant de tomber à chaque foulée.

Alors qu'ils arrivaient au sommet d'une colline, Kazuha attendit les autres. Le cheval plutôt que de s'arrêter, trépigna sur place. Son père la rejoignit après Heiji et devant cette vue d'ensemble, la jeune fille soupira. Il y avait là Heiji, Shinichi, Ran, son propre père, Hattori et Kogoro, mais qui espérait-elle tromper ainsi ? Dès qu'ils furent en haut, elle fit volte face et repartit. Heiji la talonna.

"Nous sommes bientôt arrivés", déclara-t-elle d'une voix plus calme qu'elle regretta aussitôt.

Cependant, Heiji ne fit aucune remarque, il approuva seulement. Cela commença à inquiéter Kazuha. Alors personne ne le reconnaissait, vraiment ? C'était un soulagement, mais tout de même, son propre père ? La jeune fille secoua la tête, après tout, le contexte était pour beaucoup et pour Heiji, il ne l'avait pas reconnu petite fille lorsqu'elle était vêtue d'un kimono à Kyoto, mais ça elle ne le savait pas. Pleine de doute, elle continua de les guider et sentit soudainement Yuki se tendre.

Le cheval fit quelques pas de plus et elle l'empêcha d'avancer.

"Arrêtez-vous !" cria-t-elle.

Elle huma l'air. Effectivement, elle n'était pas venue de ce côté aujourd'hui, mais était sûre d'elle. L'odeur n'était pas celle habituelle. Non, aujourd'hui, ça sentait plutôt le brûler. Yuki se ramassa sur lui-même et brusquement, bondit en avant. La jeune fille le fit galoper vers la falaise et au détour d'un chemin, réalisa ce qui se passait.

La maison était en flamme. Yuki ralentit et les autres la rejoignirent. Le cheval cabra légèrement, forçant Kazuha à s'agripper à sa crinière. Il refusait d'avancer. Elle l'immobilisa et descendit, courant à toutes jambes vers l'incendie.

Les détectives étaient restés tétanisés devant ce spectacle, ne s'y attendant pas. Kazuha sauta le portillon et tenant son chapeau d'une main, continua sa course, gênée par son ample pantalon. Heiji descendit aussitôt et courut à sa suite.

À quelques pas de la maison, Kazuha sentit une main sur son bras et elle se fit vivement tirer en arrière. Sans qu'elle ne puisse rien faire, Heiji la ramena de l'autre côté du portillon.

"Non ! Non !" cria-t-elle.

Les larmes lui montèrent aux yeux. Cette hypothèse lui était déjà venue auparavant, mais à présent elle en était sûre. C'était dans cette maison qu'il retenait Miyuki et en les voyant avec la police, il avait mis sa menace à exécution. C'était ce qu'elle avait pensé en voyant la maison en flamme.

"Lâche-moi !" hurla-t-elle à Heiji qui l'avait saisi par la taille et la faisait remonter tandis qu'elle se débattait.

Utiliser l'aïkido ne lui était même pas venu à l'esprit. Tout ce qui comptait, c'était Miyuki.

"Arrête ! fit-elle alors qu'il la relâchait près du groupe.

- On ne peut rien faire ! répliqua Heiji avec colère.

- Non ! rétorqua Kazuha dont les larmes coulaient sur les joues. Non ! Miyuki va..."

Elle laissa sa phrase en suspens en voyant une partie de la maison s'écrouler.

"Miyuki ?!" cria-t-elle alors en tentant de la rejoindre.

Elle se heurta à Heiji qui dut la maintenir de force dans ses bras. Les autres avaient mis pied à terre également et Kogoro appelait les pompiers.

Kazuha n'entendait rien de ce qu'on lui disait. Épuisée, elle laissait Heiji la berçait dans ses bras en lui caressant les cheveux. Ils se laissèrent tout deux tomber au sol, elle contre lui. Elle s'agrippait à lui avec force, agitée de sanglots.

Enfin, Yuki s'avança et souffla dans le cou de la jeune fille. Elle releva la tête et essuya ses yeux. L'animal s'ébroua doucement.

"Merci, Yuki", soupira Kazuha, arrêtant de pleurer.

Elle posa sa tête contre l'épaule d'Heiji et se rendit compte que tous étaient descendus vers la maison. Seul Heiji avait dû rester. Un hélicoptère arriva au loin et les chevaux s'enfuir.

"Ne t'inquiète pas, souffla Kazuha, devant le mouvement d'Heiji. Ils vont rentrer à l'écurie sans aucun problème."

Il approuva et baissa les yeux vers elle.

"Écoute moi, maintenant, murmura-t-il. Miyuki n'est pas ici. Elle va bien, j'en suis sûr."

Il avait posé une main sur sa tête, la maintenant contre lui.

"Elle va bien ?" questionna Kazuha, hypnotisée par ses paroles.

Elle sentit son coeur se calmer lorsqu'il confirma d'un signe de tête.

"Elle va bien, soupira la jeune fille, se cachant contre lui.

- Elle va bien, Kazuha", répéta Heiji.

Kazuha se détacha de lui à ce moment, comprenant ce que l'usage de son prénom, voulait dire.

"Comment ? demanda-t-elle.

- Voyons, Kazuha, se moqua Heiji, tu ne trompes personne.

- À ce point ? s'étonna la jeune fille.

- Aho, déclara-t-il, la faisant sourire. Je dois t'avouer que j'ai eu du mal à te reconnaître, mais ce programme dont nous a parlé la Geisha était assez intriguant. Surtout que nous savions déjà que vous n'étiez que toutes les deux."

Elle ne l'écoutait plus. Sans retenue, elle le serra dans ses bras, pleurant à nouveau.

"Tu m'as tellement manqué", avoua Kazuha, glissant son nez au creux de son cou.

Il sourit et saisit son menton d'une main. Il releva sa tête et l'embrassa. Elle avait le goût salé des larmes. Il s'employa à le faire disparaître et aurait réussi si un raclement de gorge assez peu convainquant ne les avait pas surpris.

Ran et Shinichi se trouvaient à quelques mètres d'eux, les joues légèrement rougies.

"Désolée de déranger, souffla le détective, mais nous avons perdu notre seule piste, enfin pour le ravisseur."

Heiji et Kazuha, tout aussi rouges, se relevèrent et la jeune fille secoua ses vêtements l'air de rien. Kazuha se tourna ensuite vers Heiji et pouffa doucement. Elle sortit un mouchoir pour l'essuyer, son rouge à lèvre ayant laissé des traces. Il se laissa faire, gêné et ils rejoignirent les inspecteurs plus bas.

Kazuha se plaça derrière Heiji, se rappelant qu'elle ne devait pas attirer l'intention.

"Aya-chan ! Tout va bien ? questionna un vieux monsieur du village venu aider avec l'incendie.

- Shoki-san, sourit Kazuha. Oui, tout va bien. Ne vous en faites pas.

- C'est que tout le monde est inquiet au village. Il paraît que vous étiez dévasté. On a dégagé la route à mains nues pour assister les forces à l'œuvre.

- Merci, merci beaucoup", souffla Kazuha émue en s'inclinant.

Nakao et Emiko arrivèrent à ce moment-là. Nakao se précipita dans les bras de Kazuha.

"Kazuha, Kazuha, tu vas bien, souffla-t-elle. Avec toute l'agitation au village, j'ai cru qu'il t'était arrivé malheur.

- Non, la rassura Kazuha, je vais bien.

- J'ai eu tellement peur, pleura Nakao. Tellement peur..."

Elle éclata en sanglots incompréhensibles et Kazuha également. Incapables de tenir debout, elles glissèrent jusqu'au sol. Emiko et Ran les consolèrent du mieux qu'elles purent.

"Rah ! ragea Toyama.

- Où a-t-il bien pu les mettre ?" ajouta Hattori.

Heiji arqua un sourcil, et lança un regard à Shinichi.

"Hum, en fait. Elles sont là, dévoila le détective.

- Comment ça là ?! s'énerva Kogoro. Tu veux dire dans la maison en flamme.

- Mais non."

Il montra Kazuha et Nakao, assise par terre. Heiji était en train de parler aux deux jeunes filles, accroupi près d'elle.

"Le ravisseur n'est autre que le père de Miyuki, informa-t-il. Il est architecte du bâtiment et était ouvrier avant ça. Il vous a enlevé pour couvrir son lien avec sa fille. Nous pensons qu'il va essayer de quitter le pays avec Miyuki, ne pouvant obtenir sa garde. C'est pour lui laisser le temps de fuir qu'il ne voulait pas qu'on vous découvre trop tôt. Il a certainement brûlé la maison pour détruire toutes preuves. Elle appartient à la famille de son ex-femme et c'est comme ça que nous avons fait le lien. C'est par ici qu'ils ont grandi tous les deux et qu'ils se sont rencontrés. Brûler cet endroit, c'est un peu comme effacer le passé et commencer une nouvelle vie. Les aéroports et les ports sont sur surveillance, il ne s'échappera pas, assura-t-il.

- Alors, fit Nakao. Nous n'avons plus besoin de se cacher ?

- Non, sourit Heiji. Vous êtes libres."

Il manqua de tomber alors que Kazuha se jetait dans ses bras. Elle pleura contre lui un moment.

"Kazuha ?" appela son père en posant une main incertaine sur son épaule.

Sa fille se retourna et lui sourit à travers ses larmes. Il l'enlaça avec soulagement.

"Kazuha, souffla-t-il. Oh, Kazuha. J'ai eu tellement peur de te perdre.

- Tu m'étouffes", rit-elle.

Le feu s'éteignit lentement et bientôt, il ne resta plus qu'une odeur âcre dans l'air et une tas de cendres noires. Balayées par le vent, elles s'envolaient et disparaissaient dans la mer rendue bleu oranger par le coucher du soleil.