Nouvelle semaine, nouveau chapitre ! Que dire de plus que je n'aurais déjà dis ? Merci à vous toutes pour vos coms, mises en alertes et favoris.
Certaines trouvent que l'enquête piétine ou bien que Ed et Bella se rapprochent trop lentement. Pour ce qui est du rapprochement, il ne peut pas être trop rapide, pas vu la situation d'Edward, mais votre patience sera récompensée dans deux petits chapitres, ça devient bon lol. Pour l'enquête, ça n'avance pas mais Bella n'enquête pas vraiment elle protège surtout Edward, et même si on aura le dénouement qu'à la fin, j'espère que vous lirez jusque là.
Voilà ! Bonne lecture à vous
Chapitre 7
POV EDWARD
Depuis quelques jours, Bella était distante avec moi. Il ne s'était pourtant rien passé qui aurait pu l'éloigner de moi, aucun fait précis, aucune dispute, aucune méprise, rien du tout.
Je ne comprenais tout simplement pas pourquoi.
Peut-être était-ce dû à ma façon d'être avec elle ? Peut-être avais-je laissé des gestes, des mots, des regards trahir les sentiments que j'avais pour elle ? J'étais certain que non pourtant, mais je n'étais pas le mieux placé pour le dire finalement. Je la contemplais beaucoup, j'aurais pu passer des heures à la regarder. Peut-être m'avait-elle vu la reluquer et que cela lui avait paru indécent ? Peut-être que je n'étais pas un si bon comédien que cela finalement. Je ne saurais le dire et cela me faisait supposer pleins de trucs qui me pourrissaient le cerveau, de quoi me rendre malade.
J'aurais voulu lui demander ce qu'il se passait, si c'était de ma faute, mais je n'avais décidément pas assez de cran pour ça.
Je laissai donc planer le doute en moi pendant plusieurs jours.
Nous faisions toujours nos exercices, Bella préparait toujours les repas, et nous étions même sortis faire une balade dans le parc hier mais je voyais bien que Bella était ailleurs. Pas réellement distante, plutôt songeuse, dans la lune, avec le regard parfois rempli de tristesse.
Nous étions tous les deux dans le salon, moi zappant les chaînes de la télé sans les voir, et Bella tenant machinalement un livre entre ses mains qu'elle ne semblait pas lire, les pieds relevés sur le canapé, une main triturant ses cheveux.
Je n'en pouvais plus, il fallait que ça sorte, j'allais devenir cinglé sinon. Je décidai de parler, j'allais exploser si je ne le faisais pas.
-Bella est-ce que j'ai fait quelque chose qui t'as déplu ?
Elle releva les yeux sur moi, laissa retomber la main de sa chevelure avant de me dévisager et de froncer les sourcils.
-Non. Pourquoi tu dis ça ?
Je haussai les épaules avant de baisser les yeux sur mes mains posées sur mes jambes.
-Je ne sais pas, tu es…distante avec moi.
Elle mit un bon moment pour répondre, je crus d'ailleurs pendant un instant qu'elle n'allait pas le faire.
-Je suis désolée si je t'ai donné cette impression, ce n'était pas mon intention.
Je relevai les yeux sur elle pour voir qu'elle affichait un air désolé et gêné.
-Ca ne fait rien, je…laisse tomber.
Je posai mes mains sur les roues de mon fauteuil pour battre en retraite mais elle se pencha vers moi et posa une main sur mon genou gauche.
-Edward je suis désolée vraiment. Je ne voulais pas te faire de la peine.
-Est-ce que tu vas bien ?
-Oui.
Je stoppai mon geste et la regardai intensément. Elle ne put soutenir mon regard que quelques secondes et je sus que quelque chose n'allait pas, qu'elle était en train de me mentir. Bella ne baissait jamais les yeux, elle gagnait toujours ce jeu là contre moi, je ne l'avais encore jamais battue.
-Je suis juste un peu préoccupée. Cette période de l'année est difficile pour moi.
Je secouais un peu la tête, je ne voulais surtout pas qu'elle se justifie. Après tout, j'étais juste son patient, son employeur, elle ne me devait aucune explication.
-Tu n'as pas à te justifier Bella, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise.
-Non, je ne suis pas mal à l'aise et puis ce n'est pas un secret. J'aurais dû te le dire. Si j'avais su que mon attitude te peinerais, je l'aurais fait avant.
Je voulus parler, lui dire que ce n'était pas important mais elle parla plus vite que moi et sa révélation me laissa un instant abasourdis.
-Ca fera quatorze ans demain que ma mère est morte.
Je ne m'attendais pas à ça.
-Oh. Je suis désolé.
Elle releva les yeux sur moi puis les baissa à nouveau, fixant sa main qui était toujours posée sur moi.
-C'est à la fois tellement loin et tellement vivace dans mon esprit que j'ai du mal à affronter…ce moment.
-Je comprends.
C'était ce que je ressentais moi aussi du drame qui m'était arrivé. J'avais l'impression parfois de n'avoir jamais eu de vie en dehors de celle-ci, d'avoir été toute ma vie dans ce fauteuil et en même temps, des flashs de mon ancienne vie me revenaient en mémoire rendant le souvenir plus vivant encore, plus dur à supporter.
Je posai ma main sur la sienne et entrelaçai ses doigts aux miens.
-Je ne voulais pas te négliger.
-Ce n'est pas ce que tu as fait, je…J'ai encore parfois du mal à comprendre que je ne suis pas le centre du monde !
J'avais lancé ça sur le ton de l'ironie et je soufflai de soulagement lorsqu'un sourire étira son visage.
-C'est vrai ça Monsieur Edward Cullen ? C'est la star qui parle ?
-Ancienne star s'il te plait ! Je ne suis plus aujourd'hui que la star sur les pochettes des dvd de Twi light !
Bella me fit un sourire triste avant de me regarder droit dans les yeux.
-Tu seras toujours une star Edward, et tu es le mec le moins exigeant que je connaisse.
Ce fut mon tour d'être gêné à présent et je baissai le regard sur nos mains entrelacées.
-Tu n'aurais pas dit ça, il y a encore quelques semaines.
-C'est vrai, mais j'ai appris à te connaitre depuis.
J'avais du mal avec les compliments, je tachais donc de changer de sujet.
-Tu sais, si tu veux ta journée demain, tu peux très bien la prendre, je me débrouillerai seul. Tu as peut-être envie de voir ton père ?
-En général, je vais juste me recueillir sur la tombe de maman puis je vais déguster une part de tarte aux pommes chez Janice, c'était son endroit préféré. Je fais ça seule, mon père…n'aime pas trop parler d'elle.
-Je comprends.
-Mais peut-être que pour une fois…enfin si tu veux bien…tu pourrais venir…avec moi.
Sa voix manquait d'assurance et j'y sentis également une pointe de timidité. Bella était rarement timide, c'était une fille forte et indépendante qui savait toujours ce qu'elle voulait. La voir vulnérable me donnait envie de la protéger et qui sait ? Peut-être pourrais-je faire quelque chose pour elle pour une fois ?
Je n'avais encore rien dit et Bella dut prendre ça pour un non car elle me fit un petit sourire et lâcha ma main.
-Enfin…ce n'était qu'une idée. Ce n'est jamais quelque chose de marrant donc je comprends que tu ne…
-Je veux bien.
Elle me dévisagea un instant et je pus lire de l'espoir dans son regard.
-C'est vrai ?
-Bien sûr Bella, si c'est vraiment ce que tu veux, et si tu es sûre que je ne te gênerai pas alors c'est oui.
-Tu ne me gêneras pas et puis je me sentirai sûrement moins triste…si tu es là.
Elle me fit un sourire timide et je lui répondis.
-Alors je viens, et je te ferai rire…enfin si j'y arrive.
Un sourire plus large transforma son si beau visage.
-Ta venue me suffit. Merci Edward.
Je passai ma main dans mes cheveux d'un geste gêné.
-De rien, ce n'est rien.
-Si, ça signifie beaucoup pour moi.
J'étais heureux que ma présence signifie quelque chose pour elle. Je pouvais au moins dire que j'étais son ami, à défaut d'être autre chose. Elle se pencha sur moi et déposa un baiser sur ma joue. Je pus sentir mon corps s'embraser à ce simple petit contact et je dû me faire violence pour ne pas la retenir contre moi.
C'était de plus en plus dur, de plus en plus frustrant. Je ne tiendrais pas longtemps à ce rythme.
-Je vais te faire un gâteau au chocolat. Un genre de façon de te dire merci.
Je lui fis un sourire.
-Ce n'est pas une obligation tu sais.
-Bon alors si tu n'en veux pas…
-Bien sûr que j'en veux !
Bordel évidemment que j'en voulais ! Son gâteau au chocolat était une merveille qui fondait dans la bouche et vous emmenait au bord de l'orgasme culinaire !
Elle roula des yeux et rit un peu.
-Tu es un vrai bébé quand il s'agit de ton estomac Edward ! Je paries que je te ferais faire n'importe quoi pour de la bouffe.
-Peut-être mais pas n'importe laquelle, la tienne seulement.
Elle posa une main sur son cœur.
-Tu me flattes Cullen ! Si c'est ta façon de draguer les filles, je comprends que tu avais une horde de minettes à tes pieds !
Je grognai un peu, je n'aimais pas du tout parler de ça.
-Ok, laissons tomber le sujet.
Elle croisa ses bras sur sa poitrine, me dévisagea un instant puis haussa les épaules.
-Comme tu veux. Je vais faire Ton gâteau Monsieur Cullen !
Elle se dirigea vers la cuisine avant de stopper net et de me jeter un regard malicieux.
-Pour la peine, on fera plus d'exercices demain !
-Je savais que c'était trop beau pour être vrai !
Elle rit franchement cette fois alors que je marmonnai des jurons doucement.
Qu'est-ce que je ne ferais pas pour un gâteau au chocolat !
Bella avait été un peu plus souriante le reste de la journée et j'étais fière de penser que c'était un peu grâce à moi. Je n'avais pourtant pas fait grand-chose, lui dire que je viendrai avec elle sur la tombe de sa mère était vraiment très peu, bien trop peu en comparaison de ce que j'aurais voulu faire pour elle.
J'aurais voulu la combler, faire son bonheur, la rendre heureuse. J'aurais voulu qu'elle ne soit plus jamais triste ni malheureuse, que plus personne ne puisse lui faire du mal, jamais.
Ce vœux était irréalisable.
Je n'étais pas stupide. La vie ce n'était pas ça, pas un rôle dans un film où tout se termine bien. On ne peut pas changer le script de sa vie, sinon je modifierais déjà le mien, me rendant la faculté de marcher, effaçant le jour où on m'avait tiré dessus, reprenant ma vie là où elle s'était arrêtée. Je ne voudrais garder qu'une seule chose de ma vie présente, Bella.
Mais dans ce scénario elle serait avec moi, partageant ma vie autrement que comme une aide soignante. Elle serait ma petite amie, la femme de ma vie, celle que j'épouserais et qui me donnerait des enfants.
Peut-être pourrais-je coucher tout ça sur papier et en faire une magnifique histoire avec pour fin, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. A défaut de le vivre, je pourrais au moins créer une belle histoire sur écran.
Je sais pas besoin de me le dire, je divague.
Je soupirai et reportai mon regard sur le piano. Sa vue m'était encore douloureuse et j'aurais dû le bazarder il y a de cela bien longtemps mais je ne pouvais m'y résoudre. Je ne savais pas vraiment pourquoi je le gardais. Je ne pouvais plus jouer, et le voir me rendait nauséeux, en plus il trônait au milieu de mon salon, dur d'éviter un truc aussi volumineux, et mon regard se posait dessus bien plus que ce que je ne voulais.
Bella avait été se chercher à boire et je tâchai de m'arracher de ma contemplation morbide, je ne voulais surtout pas qu'elle voit de la nostalgie dans mon regard. Elle s'installa sur le canapé et me fit un sourire.
-Je rêve de t'entendre en jouer un jour.
Je me mordillai la lèvre inférieure. Elle m'avait vu le reluquer, et je ne voulais surtout pas m'éterniser sur le sujet.
-Doit y avoir des vidéos de moi jouant sur youtube, tu peux toujours aller les voir.
Ma voix sonna plus sèche que ce que j'aurais voulu, mais je ne voulais pas parler de ça.
-Ce n'est pas la même chose qu'en live.
Je haussai les épaules.
-Faudra t'en contenter si tu veux vraiment m'entendre jouer.
Elle secoua un peu la tête.
-Je vis avec toi, tu possèdes un superbe instrument et je sais que tu en joues à merveille. Je trouve ça stupide de devoir chercher une vidéo alors que tu pourrais jouer pour moi.
Je ne voulais surtout pas me mettre en colère, ça ne m'était pas arrivé de m'engueuler avec elle depuis un bon moment, j'essayai donc d'inspirer profondément avant de reprendre.
-Je ne joue plus, tu le sais.
-Je le sais, mais je vois comment tu le regardes, je sais que tu en meurs d'envie et…
Je levai une main pour la faire taire.
-S'il te plait Bella, je ne voudrais surtout pas qu'on se prenne la tête, et c'est-ce qui va arriver si tu continues dans cette voie.
Elle soupira et darda son regard sur moi.
-Je ne veux pas te mettre mal à l'aise.
-Alors arrête de parler de ça !
Elle baissa un instant les yeux et je crus qu'elle avait abandonné mais j'avais tort.
-On pourrait faire un deal, tu joues pour moi, et je t'offre quelque chose en échange !
Je croisai mes bras sur ma poitrine et haussai un sourcil.
-Comme quoi ?
-N'importe quoi, ce que tu veux !
Toi nue dans mon lit ! Evidemment, ce n'est pas ce que j'ai dit.
-Tout ce que je veux ?
Je pris un air malicieux et cela dut lui mettre la puce à l'oreille car elle plissa les yeux en me regardant.
-Je sens que tu penses à un truc qui va me déplaire ! Vas y Cullen accouche !
-Je veux un striptease !
Cela eut au moins le don de lui clouer le bec un moment et elle me dévisagea un instant bouche bée.
-Un strip…tu es dégoutant Edward Cullen !
Elle me jeta un coussin du canapé à la figure alors que j'éclatai de rire.
-Je vais le dire à ta mère, c'est juste…beurk !
Je haussai les épaules. J'aurais tué pour qu'elle m'en fasse vraiment un mais je savais qu'il n'y avait aucune chance qu'elle accepte, et j'étais prêt à lui demander n'importe quoi pour ne pas jouer de piano, quitte à passer pour un pervers !
-Je suis un mec et les mecs aiment que les filles se trémoussent devant eux !
Sa bouche se pinça et son visage prit une mine dégoutée.
-Je viens de découvrir un nouvel aspect de ta personnalité qui me déplait Edward !
-J'ai été élevé avec Emmett et Jack est mon meilleur ami, tu aurais dû avoir des doutes.
Elle me jeta un regard mauvais et je lui en retournai un amusé.
-Pas de striptease, pas de piano, c'est à prendre ou à laisser.
-Tu savais que je ne voudrais pas, hein ! En fait, ce n'est pas vraiment ce que tu veux, tu veux juste que je refuse pour ne pas avoir à jouer.
-Peut-être…ou peut-être pas !
-J'ai envie de dire oui rien que pour t'emmerder !
-Tu ne le feras pas, tu n'as pas envie de gagner contre moi à ce point !
-Va savoir, je pourrais bien te surprendre !
Elle tira mon fauteuil à elle et se rapprocha un maximum de moi avant de me murmurer doucement.
-Un jour, tu joueras pour moi, je t'en fais le serment.
Je sentis mon cœur battre plus vite et j'eus du mal à déglutir avant de pouvoir parler.
-Pas dans cette vie, sauf si tu retires tes vêtements pour moi.
Elle déposa un baiser sur ma joue avant de me sourire de façon énigmatique.
-Qui vivra verra.
Ouais, et je comptais bien vivre assez longtemps pour voir ça
POV BELLA
Je ne savais pas ce qui m'avait pris de lui demander de venir avec moi sur la tombe de ma mère. Ca m'avait paru la chose à faire sur le moment et puis j'étais contente de ne pas passer cette journée seule pour une fois, mais quand même, je n'aurais pas dû.
J'avais été un peu distante avec lui ces derniers jours, je voulais vraiment réussir à éloigner mes pensées de lui, je voulais prouver à mon chef qu'il avait tort et que je pouvais gérer la situation. Malheureusement pour moi, cet éloignement me touchait directement au cœur, et j'étais malheureuse mais ce que je n'avais pas prévu, c'était que j'allais le rendre triste lui aussi.
Sa question m'avait surpris et j'avouerais mettre sentie mal sur l'instant. Il avait pensé que c'était sa faute, qu'il avait fait quelque chose qui m'avait déplu alors qu'il s'agissait juste de moi, et uniquement de moi.
Je ne pouvais plus cacher ce qu'il représentait pour moi, et l'avoir à mes côtés pour cette journée que je redoutais tant, me rendait le cœur plus léger, je savais d'avance que ce me serait moins pénible, grâce à lui.
Il avait accepté tout de suite, sans me poser de question et je lui en étais reconnaissante, je n'étais pas encore prête à revenir sur le meurtre de maman, ni à expliquer ce que j'avais vu.
Je portai la main à mon cou et caressai le petit cœur en pendentif qui pendait au bout d'une chaîne en argent. Il avait appartenu à maman et mon père à sa mort, me l'avait donné. Il n'avait jamais plus quitté mon cou depuis ce jour là. Je le chérissais tendrement, comme on peut chérir un trésor, une manière d'avoir quelque chose d'elle, près de moi.
Je vérifiai une dernière fois mon maquillage dans la glace puis sortis de la salle de bain pour rejoindre Edward qui m'attendait au salon. Il avait passé une chemise bleu ciel et un jean noir et il était comme toujours d'une beauté à couper le souffle.
J'avais encore parfois du mal à réaliser que je vivais avec lui.
Je repensai à notre échange d'hier en fin de journée et je dus me mordre la lèvre inférieure pour m'empêcher de gémir, et je respirai un bon coup afin d'éviter à mes joues de s'empourprer.
Je l'avais légèrement allumé, j'en étais bien consciente mais c'était sa faute, c'est lui qui avait commencé avec cette histoire de striptease.
Si je voulais être honnête, je pourrais dire que j'avais bien failli le prendre au mot et j'avais été à deux doigts de me mettre debout devant lui et de retirer mes vêtements.
Je voulais vraiment l'entendre jouer du piano, je savais qu'il était malheureux de ne plus jouer et je savais que cela ne pourrait que l'aider à avancer, de se retrouver un but, de vivre à nouveau d'une passion. Mais autant il était canon comme l'enfer, autant il était borné comme un âne et je voulais le voir céder, j'avais besoin de le voir céder.
Le piano n'aurait pas été ma seule raison d'accepter son deal. J'aurais également voulu voir sa réaction, voir comme il prendrait le fait que je me déshabille devant lui, voir s'il se serait passé quelque chose de plus, voir s'il avait envie de moi…
Je lui avais fait la promesse qu'il jouerait un jour pour moi, et il m'avait dit, « Pas dans cette vie, sauf si tu retires tes vêtements pour moi» et je pouvais d'ores et déjà dire qu'il jouerait bien dans cette vie, car je savais que je finirais par retirer mes vêtements pour lui.
J'avais l'impression d'être une vilaine perverse.
Je tâchai de me concentrer sur autre chose que sur les muscles saillants que faisait ressortir sa chemise et je lui fis un petit sourire que je voulais détendu.
-Tu es prêt ?
-Ma veste et c'est ok.
Il parut hésiter avant de reprendre
-Tu es très belle.
Je me sentis rougir pour de bon cette fois et je lissai ma chemise du plat de la main. J'avais enfilé un jean noir avec un chemiser blanc qui moulait mon corps tout en le mettant en valeur et je pouvais dire sans me vanter, que j'étais à mon avantage. J'avais également accroché un flingue à mon mollet droit, juste au cas ou.
-Merci. Toi aussi tu es bien.
Il me fit un sourire avant de hausser les épaules.
-Alice, comme toujours.
Je ne parlais pas que de ses fringues, mais il n'était pas obligé de le savoir.
J'allais prendre ma veste dans la penderie et lui tendis la sienne alors qu'il venait de me rejoindre. J'enfilai mes bottes avant d'attraper mon sac et mes clés sur le guéridon et je me tournai une dernière fois vers lui.
-T'es ok ?
Il hôcha la tête et j'ouvris la porte pour le laisser passer. Cela nous pris quelques minutes pour qu'il soit bien installé dans la voiture et je pris la direction de Forks où était enterrée ma mère.
Nous parlâmes un peu pendant le trajet et je fus reconnaissante à Edward d'essayer de me distraire. Il me raconta quelques pitreries qu'il avait fait avec son frère lorsqu'ils étaient jeunes et cela eu le don de me faire oublier pendant un instant, pourquoi je roulais vers ma ville natale.
Lorsque la pancarte Forks fut en vue, mon cœur se serra et je repensais à la dernière fois que j'étais venue ici. Mon père et moi nous étions pris le bec car il avait passé sa journée à bosser au lieu de venir au cimetière avec moi, comme l'année précédente et l'année encore avant ça. Je savais que c'était dur aussi pour lui mais je lui en voulais de ne pas faire d'effort, au moins ce jour là, au moins un seul jour dans l'année. J'aurais voulu parler avec lui de maman, me remémorer des souvenirs, il aurait pu me raconter des choses que j'avais oubliées, des choses qu'il avait fait avec elle. Au lieu de ça, il se réfugiait dans le mutisme et le travail, et cela me faisait de la peine.
-On y est. Forks, 3120 habitants, pas de quoi faire du tourisme et rien à voir si ce n'est la forêt, la forêt et encore la forêt.
Edward me fit un sourire.
-Ok, donc je dirais que je voudrais voir la forêt.
-Excellent choix Monsieur Cullen !
Il rit et tourna le regard vers la vitre.
-C'est là que bosse ton père ?
Je tournai légèrement la tête à droite avant de froncer les sourcils et de me concentrer à nouveau sur la route. Nous venions de dépasser le poste de police.
-Oui, comme tu peux le voir, ce n'est pas très grand.
-On pourra y faire un saut, si tu le souhaites. Il ne faut pas te gêner à cause de moi, nous sommes là pour toi, pour faire ce que tu veux.
Il était mignon et un sourire étira mes lèvres.
-C'est gentil mais ce ne sera pas utile. Je ne lui ait pas dit que je venais, il doit s'en douter mais comme toujours il va se charger de boulot pour éviter de me voir.
Je soupirai un peu avant de reprendre.
-Je ne l'ai pas vu beaucoup ces derniers temps. J'irais le voir un autre jour, aujourd'hui n'est pas une bonne idée.
-Comme tu veux.
Nous ne parlâmes plus jusqu'à ce que je stoppe la voiture sur le parking du cimetière. Je fixai les grilles de fer comme si elles allaient me bouffer et je dus inspirer profondément pour ne pas éclater en sanglot. Edward s'en rendis compte et pris ma main qu'il serra dans la sienne.
-Je peux rester dans la voiture si tu veux y aller seule.
Je me retournai vivement vers lui.
-NON !
J'avais presque hurlé et il sursauta alors que je le regardai d'un air surpris et effrayé à la fois. Etre ici me rendait cinglée.
-Non, je veux dire…non, je préfère que tu viennes.
-D'accord.
Il me parlait doucement comme si il avait peur que je lui fasse une crise d'hystérie et je fermai un instant les yeux, savourant pleinement la chaleur de sa peau contre la mienne, alors que son pouce faisait de petits cercles apaisants sur ma main.
-Bella…
Je rouvris les yeux.
-Je vais bien, je t'assure.
Je lâchai sa main et ouvris la porte de ma voiture pour en sortir. Je sortis ensuite son fauteuil que je dépliai puis l'aidai à s'y installer. Je pris les lys blancs que j'avais acheté avant de venir et je les tendis à Edward qui les déposa sur ses genoux.
Nous passâmes la grille puis je tournai à gauche avant de continuer sur le petit chemin.
-C'est joli.
Je fis un petit sourire qu'il ne pouvait pas voir étant donné que je poussai son fauteuil.
-Oui, c'est bien entretenu. Forks est une petite ville, ça a ces avantages je suppose.
-Il faut bien qu'il y en est.
-C'est vrai. Ça serait dommage que ça ne soit qu'un trou paumé où il pleut tout le temps.
Edward eut un petit rire.
-Il pleut aussi beaucoup à Port Angeles, ce n'est pas si loin d'ici.
-Vrai. Mais c'est différent. Tout ici est trop vert, pas assez de soleil, trop d'humidité, c'est différent à Port Angeles.
-C'est pour ça que tu as émigré ?
-En partie.
Nous arrivâmes sur la tombe de ma mère et je sentis une boule se former dans ma gorge. Je ne devais pas pleurer devant Edward, je ne pouvais pas pleurer devant lui.
-On y est.
Je stoppai son fauteuil et inspirai un grand coup avant de river mon regard sur la pierre tombale. On pouvait y lire Renée Dryer Swan, épouse dévouée, mère aimante. Je connaissais chaque courbe de chaque lettre, chaque petit grain sur la pierre. J'étais venue souvent ici pendant mon adolescence. Je m'asseyais là pendant des heures et je racontais à ma mère mes problèmes, mes joies, mes angoisses, un peu comme à une confidente et alors que mes paroles se perdaient dans le vent, je me sentais mieux.
-Salut maman.
Je me retournai sur Edward et lui pris le bouquet qui attendait encore sagement sur ses genoux. Il me fit un petit sourire triste et je lui retournai.
Je fis quelques pas et mis les fleurs dans un vase prévu à cet effet. Je les arrangeai un peu puis reculai pour les admirer.
-Il faudrait peut-être de l'eau ? Je veux bien aller en chercher si tu me dis où c'est.
-Ça serait gentil. Il y a un robinet au bout de l'allée.
Je lui pointai du doigt et il hocha la tête.
-Ca va aller ? Si c'est trop loin j'y vais.
-Non ça va, et puis ça me fera les bras.
-Merci Edward.
Il me fit un dernier sourire avant de s'élancer sur le chemin, faisant rouler les roues de son fauteuil avec ses bras. Je le regardais s'éloigner avant de me retourner vers la tombe. Je me mis assise en tailleur .
-Je suis désolée de ne pas être venue plus tôt, mais mon travail me prend tout mon temps.
Je fronçai les sourcils, et penchai ma tête sur le côté.
-Je sais ce que tu dirais, il faut profiter de la vie, et ne pas penser qu'à sa carrière et tu as raison, je m'en rends compte à présent. Tu te souviens tu m'as dis un jour que quand j'aurais trouvé l'âme sœur je le saurais ? Et bien j'ai compris aujourd'hui ce que tu voulais dire.
Je baissai un peu les yeux et une douce chaleur traversa mes joues.
-Le garçon qui vient de partir s'appelle Edward. Il est chiant et têtu comme une bourrique, et on se prend la tête sans arrêt ! Il aime avoir le dernier mot et moi aussi, autant te dire que c'est plutôt explosif entre nous.
Un sourire étira mon visage.
-Mais il est aussi adorable, gentil et attentionné. Il a pas mal été marqué par la vie, et il manque de confiance en lui mais je sais qu'il peut s'en sortir, je ferais tout pour ça. Je sais que je l'aime, d'un amour disproportionné et inconditionnel, et je suis sûre de faire le bon choix, tu l'aurais adoré maman.
Une unique larme roula sur ma joue et je la chassai du bout de mes doigts.
-Tu me manques beaucoup, mais aujourd'hui je suis heureuse.
Je pus entendre le fauteuil d'Edward revenir vers moi et je me tus avant de me relever et de me tourner vers lui. Il stoppa à ma hauteur et me lança un regard anxieux.
-Est-ce que ça va ?
-Oui, ça va.
Son front perlait de sueur et je fronçai les sourcils.
-Et toi ?
-Oui, j'ai cru ne pas revenir avant que les fleurs ne fanent mais ça va, je vois qu'elles sont encore debout.
Je ris et il me fit un sourire penaud.
-On manque d'exercices Monsieur Cullen !
-Sûrement !
-Tu fumes trop Edward et tu ne sors pas assez.
Il grogna et me tendit le petit arrosoir qu'il venait de ramener.
-Arrose-les, avant qu'elles ne se flétrissent.
Je lui pris d'un air amusé et mis de l'eau dans le vase. J'arrangeai également le bouquet de roses rouges qui était là à notre arrivée, sûrement apporté par mon père.
-On va y aller maman, j'ai promis à Edward de lui faire découvrir la fameuse tarte aux pommes de Janice. Je reviendrai vite te voir.
-On peut rester encore Bella, si tu le souhaites.
Je secouai un peu la tête.
-Le vent se lève et il va faire froid d'ici quelques minutes, et puis, mon ventre crie famine.
-Très bien. Au revoir Madame Swan, j'ai été ravie de vous connaître.
Je me tournai vers lui, surprise et il m'adressa un petit sourire timide avant de se mordiller la lèvre inférieure. Je baissai les yeux en souriant avant de m'installer derrière lui pour le pousser.
-Au revoir maman.
Nous reprîmes le petit chemin qui menait au parking et je déposai l'arrosoir vers la loge du gardien.
Pour la première fois de ma vie, je franchis les grilles en fer forgé du cimetière, le sourire aux lèvres, heureuse.
Edward dévora trois parts de tarte aux pommes, sous mon œil amusé.
Lorsque nous étions arrivés dans le petit resto où mon père venait prendre presque tous ses repas, la propriétaire était venue nous accueillir avec un grand sourire aux lèvres. Je connaissais Janice depuis ma naissance et elle était depuis toujours une grande amie de mes parents.
-Bella je suis si contente de te voir !
Elle me serra un instant contre elle avant de me relâcher.
-J'attendais ta venue aujourd'hui, j'étais certaine que tu viendrais même si ton père m'a certifié qu'il n'en était pas sûr.
-Je ne pouvais pas venir à Forks sans venir manger un bout de tarte aux pommes.
Elle se mit à rosir de plaisir.
-Même petite tu l'as dévorais cette tarte, tu t'en barbouillais les joues, tu étais si mignonne !
Je ramenai une mèche de mes cheveux derrière mon oreille de manière embarrassée et j'entendis Edward ricaner près de moi. Janice dû s'apercevoir de sa présence car son visage s'illumina et je grimaçai. J'allais subir un interrogatoire en règle.
-Tu es venue accompagnée ! Qui est ce charmant jeune homme ?
-C'est un ami. Edward voici Janice dont je t'ai parlé.
Il lui tendit la main en lui faisant un sourire de son cru et la pauvre Janice devint rouge comme une pivoine.
-Je suis ravie de vous rencontrer, Bella s'est répandue en éloges sur votre cuisine.
Elle lui serra la main en balbutiant des remerciement puis nous accompagna à une table. Je virai une chaise pour qu'Edward puisse s'installer et nous commandâmes une part de tarte et un chocolat chaud. Janice partit chercher notre commande en me lançant un regard significatif et je roulai des yeux avant de reporter mon attention sur mon compagnon.
Il regardait un peu autour de lui puis un sourire se dessina sur son visage alors qu'il se tournait enfin vers moi.
-C'est petit mais accueillant, on se sent tout de suite à l'aise.
-Oui c'est vrai. Mon père doit manger ici au moins cinq soirs par semaine, il est nul en cuisine !
-Il doit beaucoup regretter ton départ alors !
-Tu parles, il doit se gaver de cochonneries du matin au soir oui !
Il fit un soupir à fendre l'âme.
-Dire que tu ne m'autorises même plus un paquet de cacahuètes grillées !
-C'est mauvais pour la santé et tu aimes ma cuisine Cullen, je le sais !
-Vrai.
Nous rîmes ensemble et Janice choisit ce moment pour nous apporter notre commande. Edward la remercia d'un sourire et je pus voir l'œil de Janice pétiller de bonheur. Je haussai les sourcils en direction d'Edward.
-La pauvre, tu l'as mis dans tous ses états !
Il me regarda sans comprendre.
-Pardon ? Qu'est-ce que j'ai fait?
Je croisais mes bras sur ma poitrine pour le dévisager.
-Vraiment ? Tu ne le sais pas ?
Il secoua la tête d'un air dépité.
-Mon dieu, tu n'as même pas conscience de ta façon d'être, tu es…déconcertant !
-Déconcertant ? Explique toi parce que je pige genre que dalle là !
-Elles craquent toutes Edward ! Jeunes moins jeunes, vieilles. Je suis sûre que tu emballerais même une aveugle rien qu'en lui souriant. Le fait que tu ne t'en rendes pas compte, te rends encore plus sexy et désirable.
Il fronça les sourcils et baissa la tête. Il resta comme ça un petit instant et j'eus peur de lui avoir fait de la peine, d'être allée trop loin. Puis il releva la tête et son sourire en coin que j'aimais tant pris possession de ses traits.
-Tu me trouves sexy et désirable toi aussi ?
Je manquai de m'étouffer dans ma tasse de chocolat que je venais de porter à mes lèvres et je déglutis difficilement. Je tâchai de prendre un ton nonchalant.
-Moi c'est pas pareil, je vis avec toi.
Il haussa un sourcil.
-Et alors ?
-Et alors j'ai pu voir ton sale caractère de cochon, tes réveils le matin, et ta sale manie de mettre un bordel monstre dans la salle de bain. Ha ! Et puis aussi tu dors la bouche ouverte, et tu baves sur ton oreiller !
Il me jeta un regard ahuri avant de grogner.
-Tu mens je suis sûr que je bave pas son mon oreiller !
Je pouffai de rire.
-Oh que si mon chéri, et crois moi, c'est loin d'être sexy ça !
Il claqua sa langue sur son palais avant de me faire un sourire carnacier.
-Ok j'ai des défauts mais tu en as aussi ma chérie !
-Vraiment ? Et lesquels je te prie ?
-Et bien, tu as aussi un caractère de cochon, tu veux toujours avoir le dernier mot, et tu es autoritaire et rigide, comme sur la bouffe par exemple !
Je grimaçai. Ok, ça c'était bien moi.
-Ok j'avoue mais…
Il me stoppa d'un geste de la main.
-J'ai pas fini !
J'attendais qu'il poursuive et l'air sur son visage me fit flipper.
-Tu parles en dormant.
Il éclata de rire alors que je le regardai bouche bée et je sentis mes joues virer au rouge vif.
-Ok, tu as trente secondes pour me dire ce que j'ai dit en dormant Cullen !
Il me regarda d'un air ironique avant de prendre un morceau de tarte avec sa petite cuillère qu'il porta ensuite à sa bouche. Lorsqu'il referma ses lèvres sur la cuillère, je dus me retenir à la table pour ne pas défaillir et je me mordis violemment l'intérieur de ma joue pour ne pas gémir. Mon dieu comme je le voulais en cet instant !
Je tentai de me reprendre avant de le fixer d'un air aussi mauvais que possible.
-Edward…
Ma voix sonna comme un avertissement et il reposa sa cuillère après un dernier coup de langue, de quoi me rendre barge.
-Tu t'es endormi sur le canapé l'autre soir, tu as surtout baragouiné, tu n'as rien dit de précis, à part le trouver vite, plusieurs fois.
Je savais très bien ce que je voulais dire par là et je fus soulagée de n'avoir dit que ça.
-Je me demande bien ce que tu voulais trouver d'ailleurs.
Je haussai les épaules d'un geste nonchalant.
-Je ne me souviens pas. Ok, un point partout. Mais quand même baver c'est plus dégoûtant que parler.
Il roula des yeux et je ris un peu avec lui. Nous passâmes l'heure suivante à manger et à rire comme deux ados. Edward faisait l'andouille et je savais que c'était pour me remonter le moral, pour me faire oublier la tristesse de ce jour et je lui en étais reconnaissante.
Mon père ne se montra pas, et nous n'allâmes pas non plus le voir.
Lorsque nous quittâmes la ville et que le panneau Forks s'éloignait derrière nous, je ne jetai pas un seul regard en arrière.
Ma vie dans cette ville appartenait au passé.
Ma vie maintenant était devant moi, à Port Angeles, avec ce garçon aux yeux verts, assis à côté de moi.
