Auteur : CatsAreCool
Traductrice : Moi
Spoilers : -
Rating : T
Genre(s) : Family/Drama
Disclaimers : Tout l'univers de Harry Potter appartient à JK Rowling. L'histoire que vous allez lire appartient à CatsAreCool. Quant à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Bêta : Sophia...Merci Sophie!
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!
- Chapitre 7 -
La maison moldue semblait propre et bien entretenue, avec un petit jardin rempli de roses à l'avant de la maison. Ce n'était pas le genre de demeure qu' Amelia avait imaginé pour le dernier des Potter, et encore moins pour le Survivant. Elle se serait demandé pourquoi aucune des maisons Potter n'avait été utilisée si elle n'avait pas senti les impressionnantes protections sanguines qui entouraient la maison. Les protections chantaient la signature de Lily Potter et les autres protections étaient de Dumbledore. Ça expliquait pourquoi Dumbledore avait placé Potter avec sa tante, et Amelia avait toujours compris le Strict-Besoin-De-Savoir de cette adresse, mais ça n'expliquait pas pourquoi il n'y avait aucune trace de la moindre visite sociale pour s'assurer du bien-être de l'enfant.
Alastor lui avait dit qu'il avait pris la précaution 'd'offrir' de vérifier les protections lorsqu'il avait été parlé de son futur poste à Poudlard avec Dumbledore la veille. Dumbledore avait refusé, mais comme Alastor l'avait fait remarquer à Amelia, son vieil ami ne serait pas surpris d'apprendre qu'Alastor l'avait ignoré, cherché l'adresse et vérifié les protections malgré tout. Ça leur donnait une formidable couverture pour leur visite si Dumbledore avait des moyens de surveillance qu'Alastor ne repérerait pas.
Amelia étudia son tailleur brun et hocha la tête à l'attention d'Alastor, qui avait pris le temps de transformer sa tenue habituelle en un costume moldu mal-taillé et en un imper'; son œil magique avait été enchanté pour apparaître normal aux yeux des Moldus.
Il appuya sur la sonnette et entendirent le carillon résonner dans la maison. Quelques secondes plus tard, Petunia Dursley ouvrit la porte.
Amelia cligna des yeux. Toute ressemblance qu'Amelia s'était attendue à voir entre Lily Potter et sa sœur disparut immédiatement; la brune au visage chevalin qui se tenait devant elle aurait peut-être pu être décrite comme belle, si elle n'avait pas cet air hautain et cette expression amère. "Petunia Dursley? Je suis Amelia Bones, du DJM. Je vous ai envoyé un courrier..."
"Oui, je l'ai reçu," renifla Dursley. Elle les étudia du regard et regarda ensuite par-delà leurs épaules, comme pour vérifier si les voisins les avaient remarqués. "Vous feriez mieux d'entrer."
À l'intérieur, la maison n'était pas excessivement grande, mais pas trop petite non plus. Amelia remarqua le coup d'œil que Dursley lança au placard sous l'escalier lorsqu'elle les entraîna vers un salon spacieux. Les meubles étaient bien entretenus, bien qu'il ait des signes de vieillesse dans l'affaissement des sofas et fauteuils. Les murs étaient couverts de photos d'un garçon blond et rondouillet à différents âges; de photos de Dursley en compagnie d'un homme obèse qui devait être son mari. Il n'y avait pas la moindre photo de leur célèbre neveu ou de ses parents et les soupçons d'Amelia - nés des entretiens qu'elle avait eus avec les amis de Harry - lui revinrent en force.
"Harry est en train de faire ses corvées dans le jardin. Je vais le chercher." Dursley partit avant qu'ils ne puissent ajouter quoi que ce soit.
Amelia échangea un regard signifiant 'tout ça ne présage rien de bon' avec Alastor. Ils restèrent silencieux et bientôt des bruits de pas leur signalèrent l'arrivée de quelqu'un dans la pièce. Amelia se concentra sur son premier aperçu du Survivant.
Comme le disait les rumeurs, il était une version miniature de James Potter mais ses yeux étaient d'un vert brillant. Ses cheveux étaient noirs de geai et une mèche recouvrait sa célèbre cicatrice. Ses vêtements étaient miteux; un t-shirt et un short bien trop larges pour sa silhouette fine - des vêtements de seconde-main, devina Amelia, mais Dursley espérait probablement les faire passer pour de vieux vêtements réservés spécialement au jardinage, d'où le fait que Potter était dans le jardin alors que Dursley avait pertinemment su qu'ils allaient venir l'interroger. Il n'avait rien aux pieds; les chaussures qu'il avait portées étaient probablement restées sur le pas de la porte. Ses mains étaient mouillées, rouges et couvertes d'égratignures; sa lèvre supérieure était bordée d'une couche de sueur bien méritée; il avait à peine eut le temps de se rafraîchir.
Dursley les regarda tous les trois avec un froncement de sourcils. "J'ai des rendez-vous. Notre fils s'est absenté pour la journée mais mon mari sera rentré dans quelques heures. Assurez-vous d'être partis avant son retour."
Amelia se tendit à son ton brusque et regarda avec ahurissement Dursley se hâter hors de la pièce, un claquement de porte confirmant son départ. Quel représentant légal laissait un garçon de treize ans se faire interroger seul par des représentants de la loi?
Elle se retourna pour voir Potter déglutir nerveusement et lui fit un sourire rassurant. "Tout d'abord, laissez-moi vous assurez que vous n'avez pas le moindre problème. Je suis la Directrice Amelia Bones, Monsieur Potter, et voici mon ancien collègue, Alastor Moody. Est-ce que votre tante vous a informé de notre visite d'aujourd'hui?"
"Elle m'a juste dit que vous étiez la police et que vous vouliez me parler," lui répondit poliment Potter. Ses yeux brillaient de curiosité maintenant que son inquiétude quant au fait qu'il pouvait avoir des problèmes s'était dissipée.
"Eh bien, je suis à la tête du Département de Justice Magique du Ministère," lui expliqua Amelia, "qui inclut le bureau des Aurors qui sont l'équivalent des policiers moldus." Elle fit un geste de la main vers Alastor, qui restait silencieux. "Nous étions tous les deux des Aurors autrefois. En fait, Alastor a travaillé avec votre père, qui était un Sorcier Tireur, un aspect bien particulier de la police, mais Alastor est à la retraite maintenant, et je suis principalement en charge des poursuites judiciaires et des budgets du Département désormais."
Le visage de Potter s'illumina. "Mon père était un Sorcier Tireur?"
"Oui, et il était excellent aussi, jusqu'à ce que ton grand-père meurt et qu'il doive s'occuper des finances de la famille," lui répondit brusquement Alastor alors qu'Amelia essayait d'assimiler le fait que Potter ne connaissait même pas la profession de son père. "Peut-être qu'on pourrait te raconter quelques histoires après notre discussion."
Potter rayonna.
Alastor fit un geste de la main impatient. "Où est ta baguette, mon garçon?"
"En haut dans ma chambre." Il pointa le plafond du doigt.
"Tu devrais vraiment l'avoir tout le temps sur toi," le disputa Alastor.
Le visage de Potter s'embrasa. "Mon oncle...il...ils n'aiment pas vraiment la magie."
Il était clairement embarrassé et le cœur d'Amelia se brisa; les cas de maltraitance la touchaient toujours beaucoup. Elle regretta ne pas avoir pensé à prendre un jeune Auror avec elle.
"Hmph," dit Alastor. "Amelia, installe une barrière anti-fouineur au rez-de-chaussée pendant que je m'assure que le reste de la maison est sécurisé?"
En d'autres mots, elle devrait faire un scan du rez-de-chaussée pour toute trace de maltraitance pendant qu'il en ferait autant à l'étage. Elle hocha la tête.
"J'aurai pas d'ennuis si vous utilisez la magie?" leur demanda Harry. "L'elfe de maison de quelqu'un a fait de la magie ici une fois, pour essayer de me faire renvoyer de l'école et j'ai reçu un avertissement."
Amelia fronça les sourcils. Ça expliquait l'avertissement pour violation du décret de Restriction de l'usage de la magie chez les sorciers de premier cycle qu'elle avait trouvé dans son dossier; elle s'assurerait de le purger. "Nous ne sommes pas des sorciers de premier cycle, Harry, mais s'il y a le moindre problème, je m'en occuperai."
"Bon, montre-moi le chemin mon garçon," Alastor entraîna le garçon et Amelia plongea immédiatement dans son sac pour en sortir sa plume et lança son sort de scan, les résultats s'écrivant automatiquement sur le parchemin.
Elle sortit dans le couloir et jeta un coup d'œil dans le placard qui avait rendu Dursley si inquiète; ce qu'elle y trouva la dégoûta. Il y avait des produits d'entretiens et des affaires de sports moldus, mais derrière ça, il y avait un matelas d'enfant tâché et un vieux morceau de papier sur lequel était écrit 'la chambre de Harry' était collé au mur. Elle referma la porte et entra dans la cuisine.
La pièce était immaculée; chaque surface brillait et le sol était scintillant. Amelia jeta un rapide coup d'œil au jardin bien entretenu - de vieilles baskets trouées, qui devaient être celle de Potter, assumait-elle, était posées sur les marches menant à la porte de la cuisine, avec des outils de jardinages, mais pas de gants qui auraient pu protéger les mains de Potter.
Elle retourna dans le salon et parcourut le parchemin des yeux, ses sourcils se fronçant en voyant les résultats qu' Alastor avait envoyé à la plume. Son estomac se serra en lisant tout ça. Elle appela son elfe de maison et lui dit de ramener du thé, des sandwiches, des scones et des gâteaux. Elle rangea le parchemin juste avant qu' Alastor et Potter ne reviennent dans la pièce. Les yeux de Potter s'écarquillèrent en voyant toute la nourriture.
"J'espère que ça ne vous dérange pas, mais je me suis dit qu'un thé rendrait ce moment plus agréable." Amelia le dirigea vers le canapé et il s'assit tout au bord.
Alastor s'assit à côté de lui.
"Bien, Monsieur Potter, puisque vous êtes mineur, vous devriez vraiment avoir un représentant légal avec vous. Puisqu'Alastor connaissait votre père, peut-être accepteriez-vous qu'il fasse office de représentant?"
Les yeux de Potter se posèrent sur Alastor.
"J'en serai ravi," lui dit Alastor d'une voix bourrue.
Potter hocha la tête. "Okay, alors." Il se tourna vers Amelia. "Et c'est Harry; juste Harry."
Amelia lui sourit. "Devrions-nous commencer par le serment, Harry?"
"Le serment?"
"Toutes les enquêtes en cours exigent un serment pour assurer qu'aucune information ne sera dévoilée avant le compte-rendu officiel. Ça empêche aussi les témoins d'en parler entre eux," lui expliqua Alastor. "T'en as une version écrite pour le garçon?"
Amelia ouvrit son sac et en sortit un morceau de parchemin. "Et voilà, Harry."
Harry parcourut le parchemin des yeux. "De quelle enquête s'agit-il?"
"Sirius Black," lui dit simplement Amelia. "Et plus spécifiquement, ce qui s'est passé la nuit où il s'est échappé de Poudlard."
Ses yeux verts se plongèrent dans les siens, et elle vit toute l'inquiétude, la peur et l'espoir qui y brillaient avant qu'il ne les baisse et se tourne vers Alastor pour voir s'il devrait prêter serment. Alastor hocha la tête et Harry attrapa la plume pour signer rapidement de son nom, sans la moindre fanfare.
"Bien. Un peu de thé?" Amelia lui servit une tasse, plaça des sandwiches sur une petite assiette et lui donna le tout d'un coup de baguette.
Il s'attaqua au simple repas avec rapidité et efficacité, comme s'il avait l'habitude de devoir faire vite. Elle savait qu'il avait été privé de nourriture par le passé; enfermé et à peine nourri. Elle lui tendit un autre plat de sandwiches et lui demanda d'utiliser ses propres mots pour lui raconter ce qui s'était passé.
Son témoignage concordait avec celui des autres mais ce fut le plus dur à entendre; l'aspect personnel était bien trop acerbe pour être ignoré - Pettigrew avait trahi les parents de Harry et causé leur mort, Black était le parrain de Harry. L'horreur de l'attaque des Détraqueurs fit frissonner Amelia et elle compatit lorsqu'il exprima sa frustration sur le fait que le Ministre avait décidé de ne pas le croire...
Il la regarda enfin, ses yeux verts brillant à nouveau de curiosité. "Puis-je vous demander pourquoi le Ministre a changé d'avis?"
"Il a découvert que votre parrain n'avait jamais eu de procès," lui répondit honnêtement Amelia. "Ça l'a fait douter de la culpabilité de Black et il m'a donc demandé d'enquêter." Elle tendit un bout de gâteau à Harry et remarqua qu'Alastor avait beaucoup de mal à dissimuler son amusement.
Harry avala un morceau de gâteau et agita la main. "Et le témoignage de Snape?"
"D'après ce que j'ai entendu, c'est inutile de lui demander quoi que ce soit," intervint Alastor. "Il vous a juste vu tous les trois avec Lupin et Black avant d'être assommé."
"Et le Directeur?" lui demanda Harry. "Je crois qu'il a aussi parlé à Sirius."
"Mais seul," commenta Alastor. "Aucun témoin en mesure de confirmer leurs dires à l'exception de Black, contrairement au fait que vous étiez quatre."
"Alors Sirius va être innocenté?" Son jeune visage était empli de tellement d'espoir qu'Amelia regretta de devoir lui donner la réponse officielle.
"Je ne peux rien dire, Harry, jusqu'à ce que mon enquête soit finie et que j'en ai transmis les résultats au Ministre," lui dit Amelia, sur un ton d'excuse.
"N'oublie pas cependant que tu n'as pas le droit de parler de cet interrogatoire avec le Directeur ou tes amis," lui dit Alastor. "Ou Black."
Harry hocha rapidement la tête, deux tâches rouge sur ses joues leur indiquant qu'il gardait probablement le contact avec son parrain. Amelia savait qu'elle aurait dû lui demander toute correspondance entre eux, mais elle n'avait pas le cœur à priver l'enfant d'une des rares choses positives de sa vie.
"Bon, si Amelia a fini," Alastor lui jeta un coup d'œil et elle hocha la tête, immobilisant la plume. "Et si je te racontais quelques histoires sur ton père?"
Le comportement de Harry s'illumina. Amelia regarda Alastor créait une image vivide de la première séance d'entraînement de James Potter et il lui fut évident que Harry voulait désespérément la moindre information concernant ses parents et son héritage. À quoi Albus Dumbledore avait-il pensé?
Trois histoires plus tard, Amelia mit fin à l'après-midi à contre-cœur.
Alastor s'arrêta sur le chemin de la sortie et fouilla dans les poches de son imper'. Il fit signe à Harry de lui tendre le bras et il y accrocha un holster à baguette. Il y glissa ensuite la baguette de Harry. "Entraîne-toi à la relâcher du holster," lui dit-il de sa voix bourrue. "Et rappelle-toi de toujours avoir ta baguette sur toi. Tu peux la cacher sous tes manches maintenant."
Harry lui fit un large sourire. "Merci."
"Et n'oublie pas..." Alastor agita un doigt sous son nez.
"Vigilance constante!" répondit immédiatement Harry avec un sourire malicieux aux lèvres.
Amelia leva les yeux au ciel parce qu'Alastor avait sauté sur l'opportunité d'endoctriner une autre personne dans sa paranoïa. "C'était un véritable plaisir de faire votre connaissance, Harry." Elle lui serra la main avant de quitter la maison. Amelia ne pouvait pas s'empêcher de se sentir malade à l'idée d'abandonner Harry Potter dans un endroit aussi malsain.
Alastor et elle échangèrent un autre coup d'œil; il y avait beaucoup de choses dont ils devaient parler mais un lieu public n'était pas propice à cette conversation. Ils traversèrent la rue en direction d'une allée où ils pourraient transplaner sans être vu.
Une femme aux cheveux gris se tenait au coin de Privet Drive et de Wisteria Walk. Elle trottina vers eux lorsqu'elle les aperçut et Amelia remarqua qu'elle était suivie par un chat - non, un fléreur. Amelia fronça les sourcils lorsqu'elle s'aperçut que la femme portait des savates à motif écossais.
"Alastor Moody!" l'appela la femme. "Albus m'avait prévenu que tu risquais de pointer le bout de ton nez aujourd'hui."
Et soudainement, Amelia fut soulagée qu'Alastor ait prit le temps de leur fournir une excuse. La femme était clairement l'espion que Dumbledore avait placé dans le quartier.
"Arabella Figg," lui dit poliment Alastor. "Ça faisait longtemps." Il ne présenta pas Amelia et elle resta silencieuse.
"Tu ne crois tout de même pas que Black est encore une menace, n'est-ce pas, Alastor?" lui demanda Figg avec empressement. "Albus m'a dit que ses sources plaçaient Black à l'étranger."
"Les miennes aussi," lui répondit Alastor. "Mais tu sais ce que je dis toujours..."
"Vigilance constante," répéta Figg avec obéissance. "Est-ce que vous voulez utiliser ma cheminette?"
"Un endroit discret où transplaner serait apprécié, Arabella," lui dit Alastor en jetant un coup d'œil à Amelia.
Ils retournèrent à grands pas vers la maison de Figg. Ça y sentait les fléreurs et les légumes bouillis. Amelia sentit son nez se froncer mais dissimula toute autre réaction. Dès que la porte fut fermée, Alastor commença son interrogatoire.
"Je suppose que tu surveilles Potter depuis un bail?" lui demanda-t-il.
"Depuis décembre quatre-vingt-un," répondit Figg. "Albus m'a demandé de garder un œil sur lui et de reporter tout fait suspect - des sorciers dans le coin, ce genre de chose et de lui donner toutes les informations que je pouvais rassembler sur Harry. C'était le moins que je puisse faire pour Albus après, eh bien, tu te rappelles."
"On a aperçu Potter dans le jardin," continua Alastor, "un peu maigrichon, non? Et je croyais que ses parents lui avaient laissé de l'argent. On dirait pas vu ses vêtements."
"Eh bien, les enfants peuvent être difficiles en ce qui concerne la nourriture Alastor," lui répondit Figg en évitant de croiser leurs regards, "et qui sait ce que les jeunes considèrent comme à la mode ces jours-ci."
"Vous pensez vraiment ça?" lui demanda Amelia, incapable de s'en empêcher.
Figg soupira et les coins de sa bouche s'affaissèrent. "J'ai bien peur que les Dursley soient des Moldus parfaitement horribles. Ils n'ont jamais traité Harry comme leur propre fils - bien que certains diraient certainement que ça vaut mieux. Albus m'a prévenu la première fois où j'ai surveillé Harry pour eux qu'ils ne seraient peut-être pas aussi affectueux qu'on aurait pu le souhaiter, mais il était certain qu'ils s'occuperaient de leur neveu malgré tout."
"Tu surveilles le garçon?" Alastor lança un coup d'œil à Amelia, lui signifiant clairement de se taire.
"Plus très souvent maintenant - il est assez grand pour rester seul ou en tout cas, c'est ce qu'ont décidé les Dursley. Bien sûr, je suis les consignes d'Albus - ne pas révéler que je suis une Cracmol, ni parler de Tu-Sais-Qui ou du monde sorcier mais...c'est difficile et, eh bien, je me suis dit qu'il valait mieux qu'il n'apprécie pas trop le temps passé avec moi autrement les Dursley l'auraient envoyé ailleurs."
Amelia avait terriblement envie de lancer un mauvais sort à cette femme. Elle n'avait pas eu la compassion de rendre la vie de Harry un peu plus agréable lorsqu'il était venu chez elle, et avait obéit à Dumbledore comme si ses mots faisaient loi. Et pourquoi Figg n'avait-elle pas reporté toutes les maltraitances qu'elle avait vues?
"Au moins quelqu'un aurait dû faire des rapports réguliers sur le bien-être du garçon aux autorités compétentes," dit brusquement Alastor, qui avait clairement pensé à la même chose qu'elle.
"Oh, Albus faisait tous les rapports officiels. Lui et moi n'avions rien de formel, Alastor. Je me contentai de contacter Albus après avoir surveillé Harry." Des rides apparurent au coin des yeux de Figg lorsqu'elle sourit. "Je souriais toujours en voyant les photos que j'arrivai à envoyer à Albus apparaître dans la Gazette."
Alors c'était comme ça que des photos du garçon avaient été rendues publiques; Amelia s'était toujours posé la question. Amelia jeta un coup d'œil à Alastor - elle n'était pas sûre de pouvoir rester une minute de plus avec Figg sans lui crier dessus.
Alastor comprit le message. "Bon, ça m'a fait plaisir de discuter avec toi, Arabella, mais on doit y aller. Tu peux dire à Albus que les protections m'ont l'air en parfait état."
Amelia sourit poliment en offrant ses propres adieux d'une voix sèche avant de transplaner immédiatement au Ministère. Alastor la suivit une seconde plus tard. Ils attendirent d'être dans son bureau et protégés par de puissants sorts anti-fouineurs avant qu'elle n'explose.
"Est-ce que j'ai bien entendu?" demanda Amelia. "Est-ce que...cette femme..." Elle était presque incohérente tellement elle était folle de rage.
Alastor pointa son bureau du doigt. "Sors le Ogden."
Elle obéit et le temps qu'elle vide son verre, elle avait retrouvé une partie de son contrôle.
"Il faut que tu réalises qu'Arabella n'a plus toute sa tête depuis que son mari et son fils sont morts sous ses yeux dans une attaque de Mangemorts sur le Chemin de Traverse," lui dit Alastor en couvant son propre verre - versé de sa propre flasque - des yeux. "Son mari était un ami d'Albus donc Albus a pris soin d'Arabella après sa mort: s'assurant qu'elle touche son héritage malgré le fait qu'elle était une Cracmol et l'aidant à débuter son élevage de fléreurs."
"D'où sa loyauté envers lui," soupira lourdement Amelia, sa colère légèrement apaisée par les explications d'Alastor.
"Malheureusement, Albus pourrait lui dire que l'herbe est rose à pois violets et elle le croirait," confirma Alastor. "Alors, après avoir entendu d'Albus que les Dursley ne traiterait probablement pas le garçon très bien, ça ne lui est pas venu à l'esprit de lui le répéter puisqu'elle était sûre qu'il le savait." Il soupira. "Quant à son idée tordue que donner de l'affection au gamin quand elle le surveillait amènerait les Dursley à ne plus le lui confier..." Il grimaça. "Eh bien, j'en sais pas plus que toi."
"Elle pourrait avoir raison," concéda Amelia. "Les Dursley seraient probablement aussi mesquins." Elle se servit un autre verre. "Les résultats du scan sont horribles. Il a vécu dans le placard sous l'escalier pendant des années et il y a une longue liste d'abus verbaux et de blessures mineures. Ils l'ont affamé plus d'une fois, Alastor. Une version extrême d'envoyer un enfant au lit sans dîner."
Il hocha la tête. "Il a la plus petite des chambres à l'étage. Il y a des verrous à l'extérieur de la porte; il y avait des barreaux à la fenêtre à une époque. Je suis prêt à parier qu'il a été enfermé plus d'une fois. Ses meubles sont vieux et ruinés. Il a à peine assez de vêtements pour qu'on puisse les qualifier de garde-robe - ils semblent tous être de seconde main. Ses robes d'école sont de bonne qualité mais rangées dans son coffre. Il garde tous ses objets de valeur sous une planche cachée sous le lit. Il a même de la nourriture cachée là."
"Au cas où ils l'enfermeraient à nouveau?" Amelia se massa la nuque. "N'importe quel autre enfant, Alastor, et je l'aurai déjà fait retirer de la maison."
"Même moi je sais que tu vas devoir agir avec doigté dans cette situation," la réconforta Alastor. "Écoute, Albus et moi sommes de vieux amis et il est...un sorcier remarquable mais il n'est pas infaillible même s'il semble parfois l'être." Il sirota une gorgée de son verre. "Il a merdé. Il savait clairement que les Moldus risquaient d'avoir du mal à accepter le gamin comme l'un des leurs; il a ignoré le premier rapport de maltraitance de son agent qui n'a ensuite plus reporté le moindre autre incident; et il n'a pas pris de nouvelles du gamin en personne. Puis, en tant que Directeur d'école du garçon, il n'a pas vu les signes de maltraitance depuis que Potter est entré à Poudlard. Ce gamin est bien trop maigre pour son âge; quelqu'un aurait dû s'en rendre compte."
"Ou ça a été ignoré."
"Ou ça a été ignoré," approuva laconiquement Alastor.
Amelia soupira lourdement. "Tu sais quoi d'autre me dérange."
"Qu'il ne savait pas que son père était un Sorcier Tireur?" suggéra Alastor. "Je peux te dire que ça m'a dérangé."
"Bon, oui, ça aussi. Mais je parlais de quelque chose que Brian Cutter m'a dit au sujet du nouveau Lord Black."
Les sourcils d'Alastor se haussèrent sur son front ridé. "Un nouveau Lord Black? Et il a engagé Brian Cutter?"
Elle lui parla de la lettre de Lord Black à Cutter, de l'entretien dans le bureau de Cornelius et vit qu'il en comprit immédiatement les implications politique; Moody n'avait jamais été stupide. "Cutter a une copie du testament des Potter et Sirius Black était nommé gardien légal, après les Longbottom." Elle reposa son verre et regarda Alastor. "Albus Dumbledore a illégalement prit la garde de Harry Potter, l'a placé avec les Moldus, et n'a pas assuré de procès à l'un des gardiens cités sur le testament!"
"Je peux voir à quel point ce n'est pas bon, Amelia," admit Alastor. "Surtout au vu du fait qu'il n'a pas placé Black sous sa protection à Poudlard non plus, mais je ne pense pas qu'Albus garderait délibérément un homme en prison pendant douze ans s'il savait qu'il était innocent."
"Pas même pour son fichu Plus Grand Bien?" lui demanda Amelia.
Alastor concéda avec un soufflement. "Certes, Albus peut justifier pratiquement tout au nom de son Plus Grand Bien mais pas quelque chose d'aussi irréfutablement mal. Garder le garçon sous des protections sanguines où il pourrait ne pas être en sécurité, non. Garder le garçon sous des protections sanguines où il pourrait ne pas être aimé, oui. Condamner un homme innocent à douze ans à Azkaban, non. Ne pas intervenir pour blanchir le nom de Black parce qu'Albus pense que Potter sera plus en sécurité là où il est, peut-être."
Amelia grimaça; les lignes séparant les déclarations d'Alastor entre acceptable et inacceptable étaient très fines, mais elles étaient bien présentes. "Tu le connais mieux que moi," admit-elle.
"Et le connaissant, peu importe que je sois convaincu qu'Albus ne garderait pas le garçon là-bas s'il avait toutes les preuves de maltraitance que nous avons, je te conseille de régler la situation de placement de Potter avant qu'Albus n'en entende parler," lui dit clairement Alastor.
"Compris." Et Amelia savait qui elle allait contacter en premier.
Sirius lut encore une fois la lettre de Brian.
Et encore une fois.
Complètement réglé la situation avec la signature du Ministre en prime.
Est-ce que Lord Black pourrait contacter Sirius Black?
Le Ministère voudrait savoir si Sirius Black serait prêt à assumer la garde immédiate de Harry Potter.
Il la lut encore une fois.
Remus la prit de ses mains engourdies avec impatience et la lut. "Padfoot! On l'a fait!" Il mit une grande claque dans le dos de Sirius, le projetant en avant. "Félicitations! Je t'avais bien dit qu'envoyer Bones chez les Moldus augmenteraient tes chances d'obtenir la garde de Harry, non? Tu me dois cinq gallions! Et ne va pas croire..." Il regarda soudainement Sirius, qui n'avait toujours pas bougé. "Est-ce que ça va, Padfoot?"
Non. Oui. Il ne savait vraiment pas. Ses émotions oscillaient d'une joie folle à une surprise complète en passant par une terreur sans nom à l'idée qu'il gâche tout avec Harry et - à quoi avait-il bien pu penser?
Sirius se massa le front et força son esprit à se concentrer. Harry. Harry. Harry. Il faisait tout ça pour Harry et ça avait marché. "Désolé," dit-il, réalisant trop tard que Remus le regardait avec inquiétude. "Je suis juste," il agita ses mains, "surpris. Je croyais que ça prendrait plus de temps et tout."
"Mais tu es content?" lui demanda prudemment Remus comme s'il avait peur que Sirius explose ou craque ou quelque chose.
"Fou de joie," lui confirma Sirius. Il récupéra le parchemin. "Je vais répondre à Brian. Je pense qu'il est temps de lui confirmer mon identité."
"Présente-le moi," lui ordonna Remus. "Je pourrai faire la liaison entre vous à l'avenir, et Merlin sait que je dois discuter de certains trucs légaux avec lui puisque je suis ton Steward. Tes papiers sont vraiment désordonnés."
"Mais je suis toujours riche, hein?"
Remus soupira. "Disons juste que tu as assez d'argent pour me payer les cinq gallions que tu me dois."
"Quels cinq gallions?" lui demanda innocemment Sirius.
Remus plissa dangereusement les yeux.
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