Chapitre 7 : Un Chien errant.

Le sanctuaire d'Athéna comprenait un certain nombre de règles, mais aucune ne touchait de près ou de loin aux relations sexuelles. Les législateurs avaient été assez perspicaces pour savoir que l'interdit menait généralement à la frustration, la frustration à la perversion, et la perversion au scandale. Et c'était cela qu'il s'agissait d'éviter avant tout. Globalement, les habitants du sanctuaire étaient libres de faire à peu près ce qu'ils voulaient du leur corps et du corps de qui que ce soit de consentant. Seul subsistait l'exigence souveraine de n'en point parler, de laisser la vie sexuelle pour ainsi dire au second plan, comme une distraction profitable mais éminemment secondaire par rapport à la tâche sacrée. Les histoires d'amour, bien que tolérées, était rares, car elles avaient tendance à accaparer l'esprit. Quiconque au sanctuaire parlait ne serait-ce qu'un peu plus que nécessaire de ses préoccupations physiques se faisait immédiatement mal voir, mais en revanche aucune pratique faite dans le respect et la discrétion n'était formellement proscrite. De plus, un fort héritage des habitudes des anciens grecs, doublé d'une peur bleue, et même bleue fluo de la part des rares femmes du sanctuaire vis-à-vis de la grossesse, faisaient que beaucoup de choses s'y passaient pour ainsi dire par derrière.

Cette politique, Talya l'avait toujours trouvée saine et intelligente. Personne n'avait de compte à rendre sur sa vie sexuelle, personne n'était forcé à quoi que ce soit, mais c'était un aspect de la vie qui n'avait pas sa place parmi les préoccupations importantes. Donc l'anonymat de chacun par rapport à ses pratiques intimes était garanti. Elle y avait d'ailleurs vite trouvé son compte.

Talya n'était pas très portée sur la chair. Moins encore sur l'amour, ou plutôt, son seul amour, son amour accaparant, total, transcendant, appartenait à la Déesse et à la Déesse seule. Mais elle était jeune et en pleine santé, elle était la seule femme à se promener sans masque, avait de jolis yeux, un joli corps ferme et fin, et une stérilité hérité d'un coup de griffe de China qui était de notoriété publique. Malgré tout ça, elle était trop occupée, trop dévouée pour céder à la proposition du premier venu. Mais les chevaliers d'or étaient charismatiques, nobles et forts, elle avait reçu quelques invitations, et elle avait vécu proche des maisons du verseau et du capricorne, et cela ne demandait pas plus de complications.

Elle avait entretenu quelques relations sexuelles somme toute assez cordiales avec ses deux amants. De ces relations, elle avait déduit que les chevaliers d'or en général n'avaient pas des relations sexuelles très régulièrement, mais étaient plutôt amateurs de longues nuits d'amour assez espacées dans le temps.

Ils pratiquaient un sexe sophistiqué, lent, long, voluptueux, dans des positions toujours recherchées et parfois acrobatiques. Evidemment, leur santé n'avait d'égal que leur vigueur et ils étaient capables de perpétrer l'acte six ou sept fois en une nuit, du coucher au lever du soleil. Le lendemain, leur jeune amante avait pu profiter de longs bains dans leurs termes privés, dans le calme, et de discussions aimables et enrichissantes, avant de retourner à la vie de tous les jours.

Bien sûr, il y avait aussi les cadeaux. Il ne serait pas venu à l'esprit de Talya de les interpréter autrement que ce qu'ils étaient : marques de respects et de fraternité, amicales mais dénotant toutefois d'une certaine distance. Il s'agissait la plupart du temps de cadeaux simples, mais assez chers. Grandes jarres de xérès doucereux, dans lesquelles Talya avait appris les chaleurs voluptueuses de l'alcool, comme un prolongement de la délicatesse de leurs ébats. De ces ivresses, elle avait gardé une grande faiblesse pour l'alcool.

Ce jour-là, alors qu'elle s'éveillait en même temps que le jour, dans l'aube grisâtre et pluvieuse, seule, triste, humide et humiliée, son vieil ami lui tendait les bras.

Le chevalier Phénix n'était pas, les Dieux lui en soient témoins, très porté sur la gente féminine. D'ailleurs il soupçonnait ses compagnons d'arme de n'être pas beaucoup plus avancés que lui dans le domaine. Il avait quelques doutes concernant Seiya, mais enfin son expérience ne pouvait vraisemblablement se borner qu'à quelques étreintes discrètes durant ou après ses années d'entrainement. Il avait aussi rencontré la fille avec laquelle était Shiryu, et il avait tout de suite vu qu'elle était le genre de personne à ne pas s'imaginer un seul instant qu'il fut envisageable pour un couple de passer à l'acte avant un mariage en bonne et due forme (ce dont le chevalier Dragon semblait d'ailleurs étonnamment bien s'accommoder). Hyoga n'avait jamais connu les femmes et Shun était le seul être au monde suffisamment innocent pour ne pas voir sa propre homosexualité. D'ailleurs certainement il n'y pensait pas, il n'y pensait jamais, se persuadait son frère, il ne regardait personne sous cet angle, jamais, cela ne lui ressemblait pas…

D'une manière générale, le déroulement de la vie des chevaliers de bronze avait rendu impossible ce type de rencontre. Ikki lui-même, qui pourtant était tout sauf prude, n'avait séjourné qu'une fois dans le lit d'une personne du sexe opposé.

Cela avait eu lieu peu après qu'il ait pris congé des autres, suite à sa première résurrection. Il avait erré, avait rencontré une fille pas trop bête, pas trop laide, une fille enfin avec laquelle il avait passé trois jours et deux nuits. Plus précisément, il avait passé la deuxième nuit à la retourner dans tous les sens dans le petit lit de son studio, et la troisième matinée à chercher des excuses pour la quitter définitivement tant son attachement soudain lui avait déplu, pour ne pas dire l'avait dégoûté.

Il l'avait traité de la mauvaise manière, et cela avant tout parce qu'il n'avait aucune idée de la manière dont il aurait dû la traiter. Il ne se rendait pas compte que la culture, la société auraient exigé de lui qu'il traitât les représentantes du sexe féminin d'une certaine façon, codifiée, entendue, réglée. D'une manière qu'il fallait dans une certaine mesure comprendre et maitriser. Et justement personne ne l'avait jamais guidé sur cette voix, il n'avait eu aucun accès à cet aspect-là de la vie. Cela lui avait été en quelque sorte dérobé par le court des évènements.

Au final, il percevait les femmes en général comme des êtres qui vivaient à part de lui, selon d'autres coutumes et d'autres habitudes qu'il ne comprenait pas et ne souhaitait nullement comprendre, mais qu'il respectait à sa manière. L'amour l'intéressait bien peu, et il gardait l'impression implicite mais tenace que les femmes étaient, moralement et physiquement, fragiles. Plus fragiles qu'il n'aurait dû pour que lui, avec toute sa force et toute sa brutalité, puisse les côtoyer de près.

Mis à part ce troupeau indistinct d'êtres fragiles et énigmatiques, il y avait Saori. Mais jamais de toute sa vie entière, jamais, jamais il ne l'aurait envisagée une seule seconde sous cet angle, même dans ses délires les plus absurdes. Et ce, pour tant de raisons qu'il serait trop ambitieux de vouloir les détailler ici.

A part Saori, il restait toutefois quelque chose, à savoir les femmes chevaliers. Elles n'étaient pas empreintes de ces fragilités qui lui rendaient la plupart des autres femmes à la fois inaccessibles et peu désirables. Elles vivaient plus ou moins selon les mêmes codes que lui, il existait une communication possible, une entente envisageable, comme si ils restaient différents mais toutefois sur une même longueur d'onde. Pour Ikki, qui se sentait fondamentalement différent de tout le monde et sur la même longueur d'onde que bien peu de gens, cela n'était déjà pas mal. Mais enfin des femmes chevaliers, il en connaissait bien peu, et qui pour la plupart avaient soit le désavantage d'être plus âgées, soit la tare encore plus insurpassable d'être plus ou moins amoureuse de Seiya, pour autant qu'il put en juger.

Toutes ses considérations, aussi complexes qu'elles puissent paraitre, n'occupaient son esprit que pour de courtes et intermittentes périodes, et de façon générale ce sujet était le cadet de ses soucis. Mais il était jeune, en pleine santé, et sa physionomie n'échappait pas à quelque préoccupation dont lui-même se serait au demeurant bien passé. Préoccupation qui, comme chez les plupart des garçons de son âge, se révélait parfois assez intense en prenante, tant et si bien que ce fourbis d'amantes possibles, au plutôt impossibles, lui revenait parfois à l'esprit bien malgré lui, comme des images parasites et envahissantes. Et du lot n'en sortait réellement qu'une seule.

Comme nous l'avons dit : il n'était guère pudique. S'il avait dû être parfaitement honnête, il aurait sans trop de mal reconnu qu'il lui était arrivé d'envisager Talya comme étant potentiellement susceptible d'accepter de lui prodiguer un peu d'amour physique. Pas étonnant, s'était-il dit, pas étonnant à ce compte-là qu'il l'eut regardée se rapprocher de son propre frère non sans une certaine rancœur, lui qui était si territorialiste et exclusif. Comment aurait-il pu réagir autrement ? Cela n'aurait-il pas relevé de la pure faiblesse de laisser celle qu'il convoitait se perdre avec un autre sans un regard pour lui ? Tout compte fait, se disait-il, rien n'était plus compréhensible, puisqu'il en allait pour ainsi dire de son honneur.

Il ne parvenait pas à oublier ce qu'il avait ressenti, alors qu'elle était venue pour se venger de lui, lorsqu'il l'avait tenue par les hanches pour la broyer. Dans ce geste excessivement théâtrale et violent. Ce sentiment de la sentir contre lui, palettante, vivante, et réduite à son bon vouloir… L'ivresse de ce souvenir, certains soirs, lui accablait encore les reins. Il avait vis-à-vis d'elle un sentiment purement physique d'une conquête raté, pas réalisée, pas encore conquise, mais encore plus ou moins possible, qu'il pouvait encore apercevoir d'autant qu'il la voyait tous les jours. Quand Shun l'avait rejetée, il avait ressenti l'allégresse d'une sorte de revanche sur elle, comme si elle l'avait humilié en ne s'intéressant pas à lui et qu'il était vengé qu'elle fut à son tour dédaignée. A cette époque, il n'avait pas encore aperçu Talya dans toute sa complexité et dans toutes ses contradictions. Ce serait le cas peu après, lorsqu'elle l'avait provoqué et avait finalement refusé de le combattre. Cette soirée jetait un mystère sur ses intentions à elle, et plus encore, sur ses propres sentiments. Mais le désir, simple et brut, s'affranchi aisément des entremêlements des intentions et des intrigues, et son envie était exacerbée de n'être jamais satisfaite, de sorte qu'il ne renonça pas à elle.

Tout cela faisait que, alors qu'il passait la nuit dans les couloirs du manoir pour se rendre aux cuisines, il fut fort surpris et à vrai dire, pas mécontent de l'y trouver.

Talya avait, au cours des précédentes heures, englouti toute la Vodka disponible sur, disons, la planète Terre. Elle tenait l'alcool comme six vieux maçons russes, mais tout de même, cela n'était pas rien. Assise seule sur le plan de travail, elle tanguait un peu, dodelinant de la tête, avec les paupières mi-closes qui oscillaient sur des yeux noirs comme deux tanks et brillants comme deux bijoux, humides d'ivresse. Talya se prélassait dans la douce étreinte de l'alcool. Il était comme une béquille, un réconfort qui soutenait son âme et lui tenait chaud, en paralysant les mauvaises parties de son esprit, les parties trop actives pour son propre bien. Et elle était là, elle le regardait qui venait d'entrer, sans surprise, confortablement installée dans son hébétude. Il s'approcha d'elle en cherchant d'abord quelque chose à lui dire pour engager la conversation, et lui dit finalement après l'avoir brièvement saluée.

- Pour être franc, je bien aise que nous ayons enterré la hache de guerre.

Talya buvait pour oublier. Et cela avait si bien marché qu'elle avait oublié ce pourquoi elle buvait, à savoir pour endormir sa rancœur folle contre lui. Elle hoqueta :

- Moi de même, mon cher ennemi.

Ce lapsus le fit sourire. En la regardant, il la trouvant soudain jolie dans ses vêtements courts et noirs. Il aimait bien que ses vêtements qui ne se rejoignaient pas, le haut s'arrêtant un peu sous la poitrine, laissait voir son ventre blanc et plat, ou l'on pouvait deviner la cicatrice qui l'avait pour toujours privée de descendance. Alors que cette idée de la stérilité de Talya lui traversa l'esprit, suggérée par sa tenue, elle lui sembla plus charmante encore. Il aima sa féminité, sa volute de cheveux noirs qui tombaient négligemment, décoiffée sur ses épaules, comme aussi ivre que sa maitresse. Et il aima tout son corps enfin, sa silhouette elle-même comme une volute, dessinée, harmonieuse, filiforme. Derrière ses yeux commençait à se former l'image de ce corps contre le sien, porteur de tant de délices et de volupté mais sans que pour autant il eut à faire constamment gaffe de ne pas la casser en morceaux.

Elle détacha langoureusement les yeux de lui, tourna sur elle-même avec un élan exagéré, glissant sur place pour se retourner vers le plan de travail, avec ses longs cheveux qui la suivaient fluidement dans son mouvement. Elle le senti s'approcher d'elle, dans son dos, s'arrêter plus près que la bienséance ne l'eut prescrit, juste avant qu'il n'entre en contact physique avec elle. Elle ne se retourna pas. Il avance la tête, lui dit à l'oreille :

- Viens dans mon lit.

Elle resta inerte, sans le regarder et sans se retourner.

- Couche avec moi.

Elle ne disait ni ne faisait rien.

- Si tu veux, je te paye.

Elle ne se retourna que plusieurs secondes plus tard. Ivre de colère, d'alcool, de rancœur, d'offense, ivre de tout à la fois. Avec ses dents serrées découvertes, le sang aux tempes, les yeux écarquillés, elle dit avec tant de verve qu'il crut un instant qu'elle allait lui cracher au visage.

- Tu n'es pas quelqu'un de bien.

C'était l'expression de son visage, plus que ses paroles (au demeurant assez sobres), qui lui fit deviner l'effet qu'avait eu sa proposition. Il répondit avec un détachement affecté.

- Tu m'en diras tant.

- J'aimerais mieux coucher avec un chien errant.

- Tu parles en connaissance de cause ? On pourrait croire que tu ne t'en es pas privée, espèce de trainée stérile.

- Pourrait croire ? Répétât-elle d'une voix blanche et coupante comme l'arme du même nom.

- Ta réputation te précède.

Il inventait complètement. Cette provocation était le seul résultat de sa colère contre elle et de son excitation.

- Tu mens.

- Non. Puis-je savoir sur quoi tu bases tes critères, pour autant que critères il y ait ? Pour être passé sous tant de monde, pour t'être intéressée à mon frère, mon petit frère qui n'est pas comme toi, qui est un ange à côté de toi, et du jour au lendemain t'offrir le luxe de rejeter un amant potentiel ? Tes ardeurs sont-elles donc aussi inconstantes que ta ferveur au combat ?

Il se moquait d'elle à cause de la nuit ou elle avait refusé de le combattre. La colère lui courait dans toutes les veines mais elle fut trop abasourdie pour répondre.

- Peut-être es-tu encore trop froissée de t'être faite rejetée ? Ou alors ai-je brisé la bête en toi en même temps que je te brisais les reins, jadis, en Grèce ?

Des émotions contradictoires rivalisaient de violence dans le cœur de Talya, elle sentit les pleurs monter inexorablement en elle comme un galop lointain. Elle voulut partir, mais il la prit par les hanches comme il l'avait fait en Grèce, et la retint en la tenant contre lui.

- Tu sais ce que je pense ?

- …

- Je pense que tu ne vaux pas plus que les autres chevaliers noirs qui m'obéissaient comme une meute de chiens à leur maitre. Vous autres, chevaliers noirs, êtes tous les mêmes. Vous n'étiez que le reflet des vrais chevaliers, mais vous avez pris l'habitude de vous considérer comme leur égal. Mais ce n'est qu'un leurre, toute ta petite comédie, le rôle de chevalier dévoué et pur que tu interprète chaque jour devant ta petite audience de naïfs n'est qu'un leurre. Eux peuvent confondre les étoiles du ciel avec celles qui se reflètent dans ton armure noire comme la nuit. Mais moi, Chimère, je t'ai vu passer de la domination de Saga à celle de Saori comme d'un amant à un autre. Tu n'as aucune dignité. Tu n'es bonne qu'à te soumettre.

Elle ne répondit pas tout de suite. Il avait toujours les mains sur les hanches, se tenait très proche d'elle. Il vit avec un certain dégout et une certaine surprise les larmes qui se formaient inéluctablement au coin des yeux de la jeune fille, et grossissaient, malgré qu'elle lutât contre elles, jusqu'à dévaler la pente de ses joues. Elle lui dit très doucement, très calmement, dans un murmure, pour qu'il ne puisse pas entendre les gros sanglots qui roulaient dans sa gorge et l'étouffaient :

- Mais c'est quoi ton problème ?

De rage, il la poussa loin de lui, vers la porte. Et de surprise elle boitilla quelque pas pour retrouver l'équilibre avant de relever la tête vers lui, et il s'oublia complètement :

- Qu'est-ce qu'il a de plus que moi ?! Pourquoi lui et pas moi ?! Espèce de pute ! Lui cria-t-il.

Talya s'étrangla dans un sanglot énorme, comme si elle avait avalé de travers une peine immense. Puis, elle resta figée, comme submergée par le poids de tout ce qu'elle venait d'entendre, avant de fondre purement et simplement en larmes, éclatant en pleurs mélodramatiques et théâtraux. Elle fit volte-face et parti des cuisines et claquant la porte à en faire craquer ses gonds, dans un geste non moins spectaculaire.

Ikki fut laissé seul, fumant de rage contre elle. Il avait conscience de ne pas avoir dit uniquement la vérité, mais il avait parlé tel qu'il pensait et ne regrettait pas un seul mot. Il rentra dans sa chambre après avoir eu la présence d'esprit de laisser à Talya quelques secondes d'avance pour être sûr de ne pas la croiser. Il ferma la porte à clés et se jeta habillé sur le lit. Sa rage se mêlait si intimement à son excitation qu'il lui suffit de quelques mouvements raides dans son poing serré pour souiller les draps de jets blancs obscènes. Il n'en fut aucunement soulagé. Finalement, il fut très malheureux. Il avait le sentiment d'être bafoué par Talya, d'être le seul à qui elle se refusait, et en même temps d'être celui qui la désirait le plus.