Blabla : Tadaaa ! Voilà le nouveau chapitre, tout beau tout frais ! Merci à toutes les personnes qui mettent cette fic en alert, en favori, et me laissent des reviews ! Ca fait vraiment plaisir d'écrire dans ces conditions, et j'espère que cette histoire continuera de vous intéresser autant !

Sinon, bravo à ptilu ! Ouais, mes références pourries c'est bien du Naheulbeuk XD ! Je désespérais que quelqu'un trouve (et je me disais que vraiment, j'avais des réf assez spéciales !)

En tout cas, je vous laisse à la suite, réponse aux reviews anonymes en bas de la page !


Cela faisait déjà plusieurs heures que Dray était plongé dans un vieux grimoire trouvé à la bibliothèque, espérant y trouver une quelconque information sur Voldemort. Mais il semblait que chercher une aiguille dans une botte de foin était beaucoup plus simple. Aucun livre, ancien ou récent ne lui était dédié, malgré le pouvoir qu'il était censé avoir. Pourtant, les personnes puissantes aimaient bien qu'on écrive des ouvrages à leur gloire, racontant leurs exploits et l'étendue de leurs pouvoirs dévastateurs. Curieusement, ce Voldemort semblait être assez modeste... Ou alors on n'avait pas encore eu le temps d'écrire à son sujet, ce qui signifiait probablement qu'il était apparu récemment.

Le blond repoussa son livre, et s'adossa à sa chaise, l'air songeur. Il n'existait pas beaucoup de créatures capables de prêter une telle puissance à une autre en un court laps de temps. D'abord, les vampires. Mais si un humain avait été transformé, son père devrait être au courant. Ce genre de choses étaient toujours signalé, de même que la mort de l'un d'entre eux.

Il y avait ensuite les loups-garous. Dray connaissait trop peu leur mode de fonctionnement et leur société, mais il savait que généralement, puissance rimait avec folie chez ceux-là. Un chef de meute trop fort se laissait aveugler, et menait des actions de plus en plus inconsidérées, jusqu'à provoquer la colère des humains qui se mettaient à les traquer sans pitié. Et les éliminaient. Bien sur, peut-être que celui-là avait assez de jugeote pour réfléchir avant d'agir, mais le vampire en doutait... Un loup reste un loup.

Suivaient ensuite les créatures magiques, telles que les griffons, manticores, chimères, licornes, phénix et autres. Mais s'ils étaient indéniablement puissants, il était pour la plus grande partie profondément pacifiques. Et inhumains. Hors ce Voldemort semblait humain. Donc l'hypothèse pouvait être écartée.

Ensuite... les sorciers. Même si les humains niaient farouchement leur existence, ils n'en étaient pas moins présents dans la société. Généralement, c'étaient de fabuleux guérisseurs, ou des faiseurs de miracles. Les seules activités qui ne donnaient pas envie aux humains de les éliminer. Bien sûr ils savaient faire d'autres choses, mais c'était leur couverture la plupart du temps. Voldemort pouvait être un sorcier particulièrement puissant ? L'idée fit grimacer Dray. Idée idiote. Un mage puissant était soit le plus anonyme possible, soit au contraire très démonstratif. Auquel cas, il périssait bien vite sous les attaques des humains... Sans compter qu'il serait alors très vieux, et qu'ils en auraient entendu parler depuis longtemps.

Il ne restait plus que les démons. C'étaient des créatures puissantes, maléfiques, et dures à tuer. Et rattachées à leurs royaumes souterrains. Mais c'était déjà arrivé par le passé qu'une de ces créatures se mêle aux hommes pour les terroriser, et en éliminer quelques uns pour se divertir.

De toutes les possibilités, c'était encore la plus envisageable. Mais il ne pouvait toutefois pas écarter les autres sur la seule base de ses connaissances. Il lui fallait quelqu'un qui en savait plus. Et quelqu'un qui ne s'abstiendrait pas de répondre sous prétexte qu'il était encore trop jeune. Un léger sourire se dessina sur les lèvres pâles du blond quand il quitta la bibliothèque, pour prendre la direction de la chambre attribuée au professeur.

Ce dernier lisait tranquillement, installé dans un fauteuil près d'une cheminée vide, quand il entendit des coups discrets frappés à sa porte. Instantanément, il sut qui était son visiteur. Pas Luce, car ce dernier ne se serrait pas donné la peine de toquer. Pas Cissy, qui n'aurait frappé que deux fois. Il ne restait que Dray.

« Entre, Dray... »

Le garçon s'exécuta, manifestement surpris d'avoir été identifié si rapidement.

« Comment saviez-vous que... »

« Ni ton père ni ta mère... »

« Ça aurait pu être Harry... »

Le brun réfléchit un instant.

« Non, je pense qu'il aurait frappé beaucoup plus franchement. Mais assied-toi. Tu ne viens pas me rendre visite parce que ma compagnie te manque, si ? »

« Le monde ne tourne pas autour de vous professeur... »

L'ancien humain eut un petit rire, très léger, étrange à entendre. Ce n'était pas le genre à montrer ouvertement ses émotions d'ordinaire.

« Tu as raison mon garçon, c'est davantage le genre de croyances de ton père. »

Dray sourit, et s'installa dans un fauteuil de velours noir, face à l'autre homme. Il avait tellement de choses à demander qu'il ne savait pas par où commencer. Il finit par décider de commencer par le sujet de ses recherches directement.

« Je me renseignais sur Voldemort et... »

« Voldemort, rien que ça ? »

« Oui... Mais à la bibliothèque il n'y a rien à son sujet, et je me suis dit que vous, avec toutes vos connaissances, seriez en mesure de m'apporter des réponses à mes questions... »

Une petite couche de pommade ne pouvait pas faire de mal. C'était une leçon qu'il avait apprise de son père : « On peut tout obtenir, pourvu qu'on enrobe assez la demande de compliments. »

« Inutile de me flatter, Dray. Ce n'est pas ainsi que je fonctionne. »

Ou pas. Le blond se mordit la lèvre un instant, se demandant si au final il n'allait pas se faire rembarrer purement et simplement.

« Voldemort est une créature apparue récemment. Il y a un peu plus d'une quinzaine d'années il me semble. Et on n'en sait pas beaucoup à son sujet, si ce n'est qu'il parvient à convaincre de plus en plus de clans de le rejoindre. »

« C'est une créature ? Une créature magique ? »

« On n'en sait rien en fait. Certains disent qu'il a du sang de démon dans les veines, d'autres que c'est un demi-vampire. Comme si on pouvait être à moitié vampire... Des rumeurs prétendent que c'est un sorcier de la pire espèce, et d'autres encore que c'est le fils d'un basilic et d'une humaine. » Il leva les mains, comme pour parer à toute éventuelle protestation. « Ne me demande surtout pas comment une humaine et un basilic pourraient avoir un enfant, je ne tiens pas à le savoir, ni même à essayer de l'imaginer... »

« Mais, il n'y a rien de sur ? Personne ne l'a déjà vu pour dire à quoi il ressemble ? » demanda le blond, espérant quand même apprendre quelque chose de vrai.

« Si, des personnes l'ont vu. Le souci, c'est qu'elles sont soit mortes, soit à son service et donc très peu disposées à révéler ce qu'il ne veut pas dévoiler. »

« Oh... »

Dray était déçu, et cela se voyait sur son visage. Il était de retour à la case départ.

« Et pourquoi t'intéresses tu soudain à ce sujet ? »

Les yeux gris croisèrent un instant ceux noirs de son vis à vis, avant de repartir dans une observation vague du plancher.

« Par curiosité. Je suis l'héritier Malefoy, alors je me renseigne sur les grands de ce monde. »

« Je vois. Ce ne serait pas à cause de cet humain par hasard ? »

Le blond le foudroya un bref instant du regard, comme s'il lui en voulait de deviner trop de choses.

« Non. Je n'en ai rien à faire de lui... » Il soupira. « Bon, je suppose que je vais devoir demander des informations ailleurs... »

« Je suppose aussi. »

Le brun regarda le jeune vampire quitter son siège, et se diriger vers la porte. Bien sûr que c'était à cause de cet humain qu'il voulait en apprendre plus sur le Lord. Contrairement à Harry, il semblait intrigué par la raison qui aurait pu pousser une personne si puissante à s'en prendre à de vulgaires villageois. Il ne pouvait pas lui en vouloir, lui-même avait déjà songé au sujet. Potter. Il savait qu'il avait déjà entendu ce nom auparavant. Non, il le connaissait. Mais ses souvenirs semblaient brouillés à ce sujet, et flous. Une charmante conséquence de sa « mort » : certains fragments de son passé s'étiolaient lentement sans qu'il puisse rien faire pour l'empêcher.

« Dray... »

« Oui ? »

Le jeune homme était sur le point de sortir, et avait commencé à refermer la porte derrière lui.

« Il y a bien une personne qui pourrait peut-être t'en dire plus. Seulement, cette personne est peut-être aussi difficile à trouver que l'information que tu cherches... »

« De qui s'agit-il ? »

« D'un sorcier, très puissant, qui s'est retiré de la société voilà de longues années. Je ne te garantis rien, mais cela vaut peut-être le coup d'essayer. »

« D'accord. Mais qui est-ce ? Quel est son nom ? »

« Dumbledore. Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore de son nom complet. Mais je doute que ça t'aide dans sa localisation. »

« Merci, professeur. »

Le blond hocha légèrement du chef et referma la porte. Il avait l'impression de ne rien voit avancer, mais après tout, il n'avait commencé que le soir-même. Il ne pouvait tout de même pas espérer des réponses si vite. Ca ajoutait encore au mystère de Voldemort, et il espérait que ce... Dumbledore ? Pourrait un peu éclairer sa lanterne. D'un pas traînant, il retourna à la bibliothèque, cette fois avec un objectif différent. Il fallait qu'il trouve ce sorcier.

*

**

La maisonnée était silencieuse à cette heure-ci de la nuit. Les derniers jours avaient été éprouvants, et tous avaient besoin de repos. C'était en tout cas ce qu'avait décrété Molly Weasley, quand elle avait envoyé tout le monde au lit. Son mari compris. Elle connaissait assez bien sa famille pour savoir qu'ils s'épuiseraient à la tâche, bien plus préoccupés par l'état de Harry que par le leur. Fort heureusement, elle était plus têtue qu'eux. Plus imposante aussi. Et personne ne l'avait jamais contredite. Ils savaient que leur intérêt n'était pas là.

Mais, dans le dernier étage, presque sous les combles, deux adolescents résistaient encore et toujours à la décision parentale. En effet, éclairés par la faible lueur d'une bougie, une brune et un roux discutaient à voix basse, s'interrompant à chaque grincement suspect pour être sûrs de ne pas être surpris. Le sujet était évidemment Harry. Il était leur meilleur ami après tout.

« Mais Hermione, comment Harry pourrait avoir fait un pacte AVEC un Malefoy ? Un Malefoy ! Il sait pourtant que ce sont les ennemis jurés de papa... »

« On ne changera pas Harry, et tu le sais. Quand aux Malefoy, je ne savais pas qu'ils étaient leurs ennemis. Ton père ne chasse-t-il pas tous les vampires ? »

« Oh, eh bien, il chasse toutes les créatures maléfiques qu'il rencontre mais... Les Malefoy en particulier. Je crois qu'ils lui ont fait quelque chose quand il était plus jeune, mais j'ai jamais réussi à savoir quoi... » Il marqua une courte pause, observant la flamme vacillante de la bougie, avant de reprendre. « Avec un Malefoy ! C'est pas possible, je suis sûr qu'il a dû être forcé ! »

« Ron, on en a déjà parlé. Aucun vampire n'aurait pu forcé qui que ce soit à faire ce qu'il veut dans un tel état de faiblesse. Il a du forcément faire ça de son plein gré... »

« Mais le vampire l'a peut-être trompé, il lui a fait croire autre chose et Harry est tombé dans le piège ! »

« Ronald Weasley, tu penses honnêtement que Harry se serait fait avoir aussi bêtement ? Non, il était d'accord... »

Le roux eut une mine contrite, et soupira, se laissant tomber sur son lit.

« Mais, 'Mione... »

« C'est un Malefoy, je sais. Mais il ne le savait certainement pas sur le coup. Et il ne sait peut-être pas non plus que c'est vos plus grands ennemis... »

« Mais... »

Il ne poursuivit pas, se contentant de se tourner sur le lit, faisant à présent face au mur, son amie derrière lui. Il avait du mal à se faire à la situation. Harry était son meilleur ami, presque un frère pour lui. Ils avaient grandi ensemble, avaient fait leurs premières farces ensemble, s'étaient fait punir ensemble. Ils avaient partagé rires, jeux, confidences, friandises chipées, tout. Alors apprendre qu'il avait disparu exactement le même jour qu'un vampire, ça lui avait fait un choc. Il avait refusé d'y croire. Et maintenant qu'une autre hypothèse se profilait à l'horizon, il refusait également d'y croire. Et il se demandait presque s'il n'aurait pas préféré que le vampire l'ait simplement tué. Oh, c'était une pensée horrible, et il en était conscient. Mais cette pensée l'empêchait de songer au fait que, depuis la mort de ses parents, Harry avait changé, et que lui, Ron, son prétendu meilleur ami, ne l'avait pas remarqué.

Bien sûr, il savait que le brun avait été profondément affecté. C'était logique, il devait faire son deuil. Et puis il s'était mis à aller mieux quelques temps après, retrouvant le sourire et une certaine joie de vivre. Il lui avait dit qu'il ne pensait plus à venger ses parents. Et lui, bêtement, l'avait cru. Il s'était laissé berné par la comédie de Harry, alors que lui, plus que quiconque, aurait dû voir clair dans son jeu, et l'empêcher de commettre l'irréparable. C'était ça. Il se sentait coupable. Et ce sentiment perdurerait certainement jusqu'à ce qu'ils retrouvent Harry en bonne santé...

« Hem, je sais que tu es très fier de ton postérieur, et il est très agréable à regarder, mais je préfèrerai quand même voir ton visage Ron... »

Le visage du jeune homme concurrença un instant la couleur des tomates bien mûres du jardin, et il se retourna promptement vers son amie, honteux.

« Désolé, Mione, je... »

« T'en fais pas, va. » Elle s'approcha doucement, et posa une main sur son épaule. « Je suis sûre qu'on va le retrouver, Ron, et qu'il ira bien. Que rien ne lui sera arrivé de mal. »

A ces derniers mots, la pression sur l'épaule s'était légèrement accentuée, et le roux avait alors regardé son amie avec plus d'attention. Elle ne pleurait pas, mais ça n'allait certainement pas tarder. Ses yeux étaient humides, sa mine défaite, et ses lèvres tremblaient légèrement. Sans un mot, il l'enlaça, la serrant contre lui. Plus tard, il en rougirait certainement, mais pour le moment, la seule chose qui importait, c'était que Hermione était triste, affreusement triste, et qu'il ne voulait pas la voir comme ça.

« Je sais Mione. Puis c'est Harry. J'ai jamais vu quelqu'un de plus doué pour se sortir des embrouilles. On le reverra, et on rigolera encore ensembles tous les trois... »

Hermione pleurait à présent contre son épaule, et lui n'en était pas loin non plus. Mais il devait se montrer fort. Pour elle. Et il se promit mentalement de fiche un coup de poing à ce crétin de Harry quand il le reverrait, pour avoir fait pleurer la brune. Foi de Weasley !

*

**

C'était enfin le grand jour. Enfin, le grand soir en l'occurrence. Le mot jour, ou journée ne voulait plus dire grand chose quand on vivait à la façon des vampires. Il allait enfin assister à une chasse.

Il était impatient, et inquiet à la fois. Impatient, parce que ce serait un moyen de prouver sa valeur. Inquiet, parce qu'une chasse, c'était tout de même une mise à mort. Dray lui avait dit que c'était horrible, éprouvant. Le professeur avait insisté sur le fait que ce n'était pas une scène des plus agréables, et avait même sous-entendu qu'il vaudrait mieux pour sa santé qu'il n'y assiste pas. Même la mère du blond lui en avait touché un mot, lui assurant que s'il changeait d'avis, ils comprendraient parfaitement et qu'ils ne lui en voudraient pas.

Le seul qui n'avait pas tenté de le dissuader était encore une fois Mr Malefoy, qui s'était contenté de lui annoncer au dîner de la veille qu'il viendrait avec eux demain, pour assister à la chasse. Ou le vampire n'en avait strictement rien à faire de sa sensibilité d'humain, ou il préférait régler ce point au plus tôt, afin d'être fixé sur son sort. Toujours était-il qu'il se trouvait à présent sur le perron, enveloppé d'une lourde cape noire qui l'abritait du froid nocturne. Et il attendait que les vampires le rejoignent.

Il avait été décidé que seuls Cissy et Luce chasseraient ce soir là. Leur fils avait préféré se restaurer du sang d'une bête d'élevage. Quant au professeur, il lui servirait de … garde du corps, plus pour le protéger au cas où quelque chose viendrait à mal tourner. Le vampire n'était manifestement pas très satisfait de son rôle, il aurait certainement préféré passer sa soirée à lire dans sa chambre. Mais personne d'autre que lui pouvait rester près de Harry à l'heure d'un repas, sans risquer de le mettre en danger.

Soudain, la porte s'ouvrit, et les deux vampires blonds sortirent, de leur démarche altière, vêtus d'une tenue assez légère pour le froid qui régnait dehors. Il fallut un instant à Harry pour réaliser que, étant morts, ils ne ressentaient pas les températures de la même façon que lui. D'où l'absence de cape, de pull, ou de tout autre vêtement chaud. Puis, sans attendre, ils s'élancèrent dans la nuit, en quête d'une proie.

« Bien, allons-y. »

Le professeur avait surgi à côté de lui sans un bruit. Apparemment, il aimait faire peur à Harry de cette façon.

« Nous allons où ? »

« A l'endroit où ils mettront à mort leurs victimes. »

Le vampire s'éloigna à grands pas, faisant volet une cape derrière lui. Il n'en avait pas besoin, mais ça faisait parti de ces choses qu'il continuait de faire malgré tout. Et il aimait les capes aussi. Quand il était plus jeune, les enfants du village avaient toujours envié la façon qu'il avait de les faire tournoyer. Et ça restait sa fierté encore aujourd'hui. Derrière lui, il entendit l'humain se mettre à courir, pour le rejoindre. Ses pas crissaient sur les graviers, alors que lui même était silencieux. Une chose qu'il faudrait qu'il apprenne, tiens : être discret. Sinon ses chasses risqueraient d'être bien infructueuses...

Ils contournèrent le manoir, et se dirigèrent vers une petite clairière entre les arbres, où l'herbe semblait plus foncée qu'ailleurs.

« C'est à cause du sang. Ils viennent toujours égorger leurs proies ici. Ça évite de les laisser traîner autour de la propriété et d'attirer ces fichus loups. »

Harry ne put retenir un frémissement, en constatant l'étendue de l'herbe sombre. Beaucoup de sang avait coulé ici. Suffisamment pour que même les pluies ne parviennent plus à le laver. Il s'arrêta à côté de l'autre vampire, comprenant qu'ils étaient à la limite implicite d'un territoire. D'une zone qu'il ferait mieux de ne pas franchir s'il ne voulait pas risquer une mort inutile. Il durent attendre encore quelques minutes, dans le froid, immobiles comme des statues. Puis, soudain, des bruits dans les fourrés proches firent sursauter l'humain. Le professeur les avait perçu depuis belle lurette, et se tenait à présent sur ses gardes.

Soudain, un daim déboula dans la clairière, l'air hagard, et fonça vers Harry. Mais l'animal n'eut pas le temps de franchir le quart de la distance qui le séparait du jeune homme quand il chuta à terre. Il fallut un instant au brun pour comprendre que quelque chose, ou plutôt quelqu'un, s'était jeté au cou de l'animal, le faisant tomber. Et ce quelqu'un venait de mordre sauvagement la pauvre bête, qui essayait encore de s'échapper. Elle ne parvint qu'à aggraver sa blessure, et le sang coula à flot de l'encolure du daim. Une autre silhouette s'approcha alors, un peu plus doucement, et s'approcha du cou, plantant à son tour ses crocs dedans. Bientôt, l'animal n'avait plus assez de forces pour se débattre, et se contenta de rester immobile au sol, résigné.

Harry avait déjà vu des animaux être égorgés, dépiautés. C'était chose courante dans un petit village, où chacun était à la fois boucher et légumier. Il avait même assisté à une chasse une fois. Mais rien de tout cela n'aurait pu le préparer au spectacle auquel il était en train d'assister. L'odeur du sang emplissait l'air, écœurante et métallique. Des bruits d'une succion avide couvraient les sons habituels de la forêt. C'en était presque obscène. Non, en fait ça l'était. Mais le pire était certainement le regard du daim, qui le fixait alors que la vie le quittait lentement, lui reprochant silencieusement de ne rien faire pour l'aider, de se contenter d'assister à sa mort. Harry était certain que ce regard le hanterait toute sa vie. Ça et les bruits, et l'odeur du sang. Il se détourna brusquement, et se précipita derrière un arbre pour vomir, prit de haut-le-cœur.

Il avait prétendu qu'il serait assez fort pour assister à une chasse. Il avait juste eu à observer la fin, et même cela il en était incapable. Il avait abandonné, et leur avait montré qu'ils avaient eu raison à son sujet : il n'était qu'un misérable humain, trop prétentieux. Harry tenta de réprimer, en vain, une nouvelle vague de nausée. Ridicule. Il était ridicule. Et il voulait vaincre Voldemort ? Le même Voldemort qui avait sauvagement assassiné ses parents, au point de couvrir les murs de la maison de leur sang ? Ridicule ! Il était faible, c'était tout.

Il finit par se reculer, son ventre acceptant pour quelques instants de lui laisser un répit. Un peu plus loin, les vampires avaient fini leur repas, et le regardaient, l'air indéchiffrable. Et le professeur avait un léger sourire aux lèvres. « Il sait qu'il avait raison ! » songea amèrement le brun. « Et il vient de le prouver à Luce... ». Sans ajouter un mot, Harry leur tourna le dos, et courut vers la maison.

Il voulait être seul.


Si ça vous avez bien aimé, n'hésitez point à reviewer

Et même si vous n'appréciez pas tout, la review est là pour vous !

RaR anonymes :

ptilu : Et le mystère ne fait que commencer ! Encore bravo pour avoir trouvé ^^

adenoide : Héhé, Harry c'est un pur Gryffy : on agit d'abord, on pense ensuite ! Draco est plus du genre à vouloir se renseigner sur son ennemis pour connaitre ses points faibles... Même si on ne parle pas des Maisons dans cette fics, j'essaie de rester fidèle à leur esprit (enfin j'espère que je me rate pas trop sur ce coup là ! XD)

Allez, à mardi prochain pour de nouvelles aventures... ensanglantées (référence toute pourrie aussi, amis des pubs bonjour !)