-La chambre des secrets ? proposa Drago.
Ginny sursauta mais convint que l'endroit serait parfait. Là-bas, elle lui expliquerait son plan pour faire venir Tom à elle.
Ils se dirigeaient d'un bon pas vers son entrée à travers les couloirs pratiquement désert. Les quelques rares personnes les croisant s'écartaient sous le regard polaire de l'héritier Malfoy. Même le fantôme de Mimi n'osa pas les aborder pour geindre dans leurs oreilles au moment de l'ouverture de la porte.
Une fois installés au fond, devant l'antre du Basilic, Ginny laissa échapper un profond soupir en s'allongeant sur le sol froid.
-C'est exactement à cet endroit là, que Harry m'a trouvé, déclara-t-elle devant l'air perturbé de Drago. Il me manque tellement que j'en ai mal. Tellement que je veux hurler et pleurer. Que je veux mourir.
-Ne dis pas ça, protesta Drago. Je ne veux pas que tu meures. Tu es forte Ginny. Mais parfois même ces gens là ont besoin de craquer pour se soulager de leur souffrance.
Il l'attira aux creux de ses bras. Ginny se sentait bien en sécurité. Elle finit par pleurer doucement pour évacuer la tension accumulée par la disparition brutale de l'amour de sa vie. Pas de chance qu'il soit le méchant de leur Histoire. Avec elle, il n'était pas Voldemort ou il ne l'était pas comme on le connaissait aujourd'hui.
-Je veux tellement qu'il revienne dans ma vie, affirma-t-elle en reniflant une dernière fois contre l'épaule du serpentard. Tu veux bien m'aider ?
-Tout ce que tu voudras … mais comment ?
-T'inquiète je te le dirais le moment venu. Merci Drago. Merci pour tout.
Le blond était légèrement perdu. Ginny semblait heureuse. Après tout, n'était-ce pas là le plus important ?
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De retour dans son dortoir, Ginny découvrit l'enveloppe posée sur son lit. Elle reconnaîtrait cette écriture entre mille. C'était Tom ou plutôt, c'était Voldemort. Avec fébrilité, elle défit le cachet de cire et déplia la lettre.
Ma chère et tendre Ginny,
Je sais ce que tu vas tenter de faire. C'est très gryffondoresque de ta part. Je te souhaite vraiment de réussir. Je regrette simplement de ne pas être celui qui te tiendra dans ses bras. Je ne te verrais pas sourire. Les choix que j'ai fait tout au long de ma vie m'ont conduit à cette situation. Je souhaite qu'en t'ayant à mes côtés, je ne les referais pas. Tes plus grands ennemis seront mon amertume et ma rancœur. Tu surmonteras les épreuves, ma petite courageuse.
Tu sauras nous rendre heureux. Tu arriveras à me faire oublier la cruauté de mon enfance par la douceur.
Je te demande par la présente la faveur de te rencontrer, une seule et unique fois dans mon présent actuel. Tu peux refuser, je n'en t'en voudrais pas, pour cela il te suffit de brûler cette lettre.
Bien à toi,
Tom Voldemort.
Tom Voldemort ? Comme s'il avait voulu mélanger celui qu'il était à celui qu'il est devenu. Elle ne savait pas trop ce qu'elle devait faire. Il avait l'air encourageant mais n'était-ce pas un piège ? Devait-elle demander l'avis de quelqu'un ?
Elle était suffisamment âgée pour prendre les décisions la concernant par elle-même. Le voir ? Oui mais comment lui faire savoir ?
Elle attendrait un peu. Il était l'homme qu'elle avait aimé, aimait ou aimerait. L'amour rend aveugle, ça c'est certain ! Ginny sourit. Heureuse, comme jamais auparavant.
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Séverus Snape se contenta de jeter un regard polaire en réponse au sourire de Rémus. Ce dernier contemplait en silence Sirius reposant sur le maître des potions. Les cahots du train semblaient l'avoir endormi. Enfin, c'est ce qu'il laissait croire. Or son meilleur ami le connaissait suffisamment pour ne pas être dupe de ce genre de manigances, ne visant qu'à profiter de manière éhontée de la sympathie, toute relative de Snape, pour un être fatigué. A n'en pas douter, s'il était s'agit d'un autre, il aurait depuis longtemps été passé par la fenêtre sans autre forme de procès. Sirius le savait et il se réjouissait de se savoir encore entier dans le wagon, bien au chaud, à écouter battre doucement le cœur du jeune homme.
La vendeuse qui frappa à la porte cette fois là, n'avait rien de l'effroyable chose rencontrée à l'aller. Aussi Rémus se permit de prendre des friandises, avant de s'excuser et de s'éclipser en laissant ses deux compagnons seuls.
Séverus se doutait plus ou moins vu les sourires de Lupin que Sirius jouait la comédie. Il avait la possibilité d'oublier un instant ses résolutions et laisser cet insupportable Black se coller à lui. Prendre le risque de ne plus pouvoir se passer de son contact ou au contraire essayer de vivre à nouveau normalement comme semblait lui promettre la petite bouillotte qui écoutait les battements de son cœur. Sinon la dernière alternative : éloigner la tentation en jetant ce corps par dessus la vitre.
Dans le couloir du train, Rémus partit se dégourdir les jambes, passant devant de nombreux compartiments vides avant de finalement s'accouder à une fenêtre pour regarder défiler le paysage nocturne.
Un bruit ressemblant à celui d'un transplanage retint son attention. Il s'approcha doucement de la porte pour l'entrouvrir discrètement. Il n'eut que le temps d'apercevoir le reflet d'une silhouette avant d'entendre le miaulement d'un jeune chat. Rémus se baissa et se saisit de l'animal qui se mit à ronronner immédiatement après avoir senti le contact de sa main sur son pelage.
-Qu'est ce que tu fais là toi ? N'étais-tu pas à l'école ? demanda-t-il perplexe.
-Mrawou, lui fut-il répondu.
-Biensûr, murmura-t-il.
Tout en caressant distraitement le chat, il essaya de se remémorer l'image furtive de la silhouette. Où avait-il vu récemment un teint cadavérique et des cheveux gris cendré ? Des vêtements sombres … sombres … ombres !! Mais oui, le chasseur d'ombre comme l'avait appelé Harry. Qu'est ce que pouvait bien être un chasseur d'ombre … ou ombres ? Il ne voyait rien s'approchant à cette description dans les ouvrages qu'ils avaient déjà parcouru. Peut-être était-ce lié aux Anges eux-même ? Impossible, vu qu'Harry l'avait reconnu au premier coup d'œil. Peu probable, que Roselyne est abordée le sujet en cours. Il fallait trouvé le point commun et tout se dénouerait facilement. Que faisait ce curieux personnage ici ? En compagnie de ce chat ? Le chat semblait étrangement normal aux yeux de Rémus. Il le souleva par la peau du cou à la hauteur de son visage pour l'examiner.
Le chat tendit une patte rayée pour donner un petit coup sur le nez du loup. Le professeur n'arrivait pas à saisir ce qu'il y avait avec ce chat là précisément. Il posa l'animal sur la banquette et utilisa un charme pour vérifier que celui-ci n'était pas un animagus. Il tenta les sorts anti-glamour. Rien. Le félin semblait en être effectivement un.
Dépité, Rémus rangea sa baguette et repartit dans son compartiment avec le chat dans les bras.
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Merlin que cette fille était étrange, se répétait pour la énième fois Albus en la regardant sortir. Papillon virevoltait dans le couloirs en laissant tournoyer ses cheveux autour d'elle. Les habitants des tableaux observaient silencieusement cet étrange spectacle. Elle ressemblait maintenant à une gitane dansant sur un air de violon dont elle était la seule à percevoir la mélodie. Au fil des secondes, quelques notes furent discernées comme lointaines et assourdies, puis les personnages l'entendirent clairement et certains se déplaçaient pour suivre la musique avec elle. Elle passa ainsi devant Argus Rusard qui la laissa continuer sans l'interrompre dans sa danse. Ce dernier se pressa jusqu'à la volière pour envoyer un message à Minerva McGonagall.
Roselyne se rendait dans les appartements du professeur de métamorphose pour chercher sa bouteille de poison. Peut-être avait-elle roulé quand ils avaient atterri après avoir été aspiré par ce livre ?
Elle avait beau regarder partout sous les meubles, il n'y avait aucune trace du cadeau de Séverus. Ou alors, elle est tombée à la gare et un des gardiens l'aura ramassée ? ou le chasseur d'ombres ? Peu probable, ce triste individu n'avait qu'un but et ce n'était pas de la voler.
Alors qu'elle se relevait, elle sentit une douleur étreindre son cœur. A genoux, à moitié appuyée sur le lit, elle fermait le poing sur sa poitrine dans le but de contenir le tiraillement. Le souffle court, les yeux brillant, Papillon se concentrait pour ne pas hurler et laisser la souffrance l'emporter.
On frappa discrètement trois petits coups contre la porte en bois de la chambre. Les lèvres pincées émirent un grognement que le visiteur prit pour une invitation à entrer. De fait, il poussa doucement la porte et s'arrêta effrayé. Elle le regardait sans le voir, une vague de magie pure passa en fines poussières d'or entre les jambes du visiteur.
Paralysé, Drago Malfoy savait qu'il aurait dû courir chercher de l'aide ou au moins crier. Crier pour que quelqu'un arrive au secours de son professeur. Rien à faire, il ne pouvait pas, pire il ne voulait plus réagir.
-Dégage ! Sors de là immédiatement, hurla Harry en le bousculant.
Drago sembla reprendre ses esprits et possession de son corps. Cachant les larmes qui lui montait aux yeux, il s'enfuit en courant sous l'injonction glaciale de Harry.
Le jeune homme brun s'agenouilla aussitôt près du corps de Papillon. Elle venait de s'écrouler et le choc du sol sur son dos ne sembla pas améliorer son état général.
-Mais qu'est ce que tu as ? paniqua Harry. Un de tes gardiens est blessé ? Réclame de l'aide ?
Elle lui fit comprendre que non ce n'était pas ça. Ni un sortilège non plus. Harry remarqua qu'elle appuyait au niveau de son cœur. Il l'allongea correctement et releva sa tête pour l'aider à respirer. Un rapide scan lui apprit qu'elle n'était pas blessée. Le jeune garçon commença à réfléchir à voix haute tout en lui envoyant des pulsations de magie pour l'aider à rétablir un rythme cardiaque stable. Il passait en revu tout ce qui pouvait atteindre un Ange.
-On t'a empoisonné ? Non c'est stupide et impossible. Tu n'as mal que là ?
Il se figea comme s'il venait de comprendre. Une expression horrifiée de désespoir passa sur son visage, laissant la place à l'incompréhension.
-Dis moi que tu ne l'as pas fait ! Dis le !
Harry était choqué et affecté par la nouvelle. Il la prit dans ses bras en la serrant le plus fort qu'il put, comme s'il voulait se fondre en elle. Il pleurait pour elle comme seul les Anges savent le faire. Sa force repoussa la douleur de Papillon.
-Je ne voulais pas que tu vois ça, murmura-t-elle.
-Crois-tu que je ne l'aurai pas su ? Tu es d'une telle inconscience ! Tu sais qu'il ne reviendra pas. Dis toi juste qu'il est mort et que les morts ne peuvent pas te faire souffrir, renifla-t-il avec mépris. Mais tu ne seras jamais seule. Je suis là.
Papillon restait songeuse. Elle ne voulait pas parler. Ou plutôt, ne pas en parler. Ce sujet, elle l'avait définitivement rayé en partant de France pour ce poste en Angleterre. Pourtant, ce mal intense ne pouvait signifier qu'une chose : Il avait un problème.
-Tu peux te lever, redemanda Harry en haussant le ton.
-De toute évidence, oui.
Le jour où elle ne se lèverait pas, elle serait morte. Et encore ! à bien y réfléchir, elle trouverait sûrement un moyen de sortir de sa tombe.
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Le chat sauta des bras de Rémus pour venir se frotter contre Sirius qui « dormait » toujours. Puis, il le délaissa pour grimper à la hauteur du visage de Séverus et le léchouiller un peu avant de retourner ronronner sur Rémus.
-J'ai ramené un petit compagnon à poil pour nous tenir compagnie, déclara-t-il.
-Comme si ta présence ne nous suffisait pas, siffla Séverus.
Rémus remarqua que le maître des potions dissimulait un petit sourire en coin. Aussi, prit-il sa remarque pour la plaisanterie qu'elle était.
-Ne le trouves-tu pas étrange ce chat ?
Séverus sembla réfléchir intensément en fixant l'animal.
-N'est-il pas de l'école ? Je crois l'y avoir aperçu.
-Moi aussi. Pourtant, il a quelque chose qui me gêne. Et je n'arrive pas à mettre le doigt dessus.
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Mais qu'est ce qui m'a pris ? Je n'ai pas su réagir. La situation était pourtant simple à gérer. Il fallait appeler à l'aide ou au moins se pencher pour la soutenir. Pourquoi je n'ai pas pu bouger ?
J'étais comme paralysé intérieurement.
-C'est elle qui t'a paralysé, murmura Harry près de son oreille. Elle ne voulait pas que tu la touches. Elle aurait pu te tuer, pas intentionnellement bien sûr, mais le résultat aurait été le même.
Le brun le serra dans ses bras pour le réconforter. Après tout, s'il n'avait pas ouvert la porte, jamais, il n'aurait été informé de cet état de fait. Roselyne cachait tellement bien son jeu, qu'il n'y avait qu'une crise de ce genre pour révéler la stupidité de son action. Comment avait-elle pu se lier à un humain ? On ne peut pas tomber amoureux de ce genre de créature ! C'était dangereux et inutile. La preuve, cet imbécile l'avait rejeté après avoir passé toutes ses barrières. Et pourtant, avant de partir, elle lui avait fait le présent le plus précieux.
Il n'en revenait pas. Jamais elle n'aurait fait ça avant. Qu'est ce que cet humain lui avait fait ?
Et ce chasseur d'Ombres, elle le connaissait. C'est la seule explication. Sinon, elle l'aurait tuée.
-Qu'est-ce qui se passe Harry ? Tout change depuis quelques temps et je n'arrive pas à le contrôler. Je sens que quelque chose arrive, sans déterminer si ce sera bien ou terrible.
-Ne t'inquiète pas, je serais là.
L'ombre d'Harry se déplaça dans la chambre. Tout était devenu anormalement silencieux dans le château.
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-Que fais-tu là le chat ? demanda Papillon à Miss Teigne qui se roulait à ses pieds.
Le chat émit un petit bruit étranglé qui mit la jeune femme en alerte. Il se passait quelque chose d'étrange.
Le bruit du silence.
Ce n'était pas un de ses silences apaisant dans lequel on se laisse fondre. Non, celui là ne laissait présager qu'un danger.
Les barrières magiques n'opposaient aucune résistance à l'intrus. Il passait de lieu en lieu à la recherche de sa perle.
Sa porte s'ouvrit pour laisser passer un Argus passablement irrité.
-Il me cherche, déclara-t-elle posément.
-Tu as le temps de sortir. Il ne fera pas de mal aux autres.
-Non, Harry n'aura pas le temps.
-Harry ? Non, ne me dit pas … Mais attends, tu n'as pas de gardien !
Un regard de feu glacé. Un Ange. La magie qui coule et s'enroule autour d'elle. De fines particules qui scintillent. Poudre Angélique. Un regard qui se veut rassurant pour le vieil homme, un regard qui se teinte de rouge pour la guerre.
L'attention de l'intrus se fixe immédiatement sur le flux de magie pure, pulsant dans la chambre du professeur de métamorphose.
Elle court dans les couloirs, malgré la pression qu'il exerce sur son corps. Il est venu la mettre en cage. La capture. La chasse.
Sa course folle s'arrête au milieu d'un couloir. Il est là en face.
Harry arrive à sa droite et la rejoint.
La haute stature de l'intrus rappelle vaguement celle d'Hagrid, il est seulement plus élancé.
-Gentil petit Papillon a retrouvé son épée ? affirma la voix éraillée.
-Tu n'es pas de taille, soumet toi ! imposa Harry d'une voix forte.
-Le déplaisir est pour nous de te revoir Sibran.
Les ailes lumineuses des deux Anges s'écartèrent brusquement. Sibran tendit la main et attrapa la tête du survivant entre ses longs doigts griffus. Il serra fortement avant de l'envoyer s'écraser contre le mur, tel une poupée désarticulée.
-Une épée brisée, un papillon sans arme. Un Ange en cage.
La silhouette massive continua sa progression vers Roselyne.
-Si jolie, si fragile….
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Ce n'est qu'une illusion, un souvenir modifié. Ma vision se trouve encore altérée à cause de mon manque de concentration.
Il n'y a qu'un point fixe.
Il n'y a qu'un point.
Ces actions ne se déroulent pas vraiment. Sibran n'est pas en face de moi.
Il n'y a qu'un point fixe.
Il n'y a qu'un point.
Je dois réussir à me sortir de ce rêve. Le chat était là, près de moi. La réalité s'est altérée à ce moment là.
Il n'y a qu'un point fixe.
Il n'y a qu'un point.
Mon épée n'a rien. Je suis si fatiguée. Les murs du couloir tournent et se confondent. Reste mon envie de me battre.
Il n'y a qu'un point fixe.
Il n'y a qu'un point.
Je résiste à l'odeur de la bataille qui s'annonce. Je ne vis pas dans une illusion. L'image se brise et je tombe en arrière, me cognant contre le bureau.
Il n'y a qu'un point fixe.
Il n'y a qu'un point.
C'est toi …
Chasseur d'Ombres
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-Mademoiselle ? demande une voix veloutée. Je ne pensais pas vous faire de mal. Veuillez me pardonner.
Après quelques minutes de silence. J'ouvris les yeux pour contempler son visage juste au dessus du mien. Et le fou rire me prit violemment.
Son regard redevint neutre, le mien grave. S'il était là, c'est que le danger approchait.
-J'ai eu dû mal à résister à une simple illusion, comment ferais-je pour vaincre les Autres ?
-Comme d'habitude mademoiselle, en vous battant encore et encore, sans jamais arrêter.
Et c'était vrai. Jusqu'à ce que la Mort me conduise au néant.
Harry entra en balançant son pied dans la porte et se tourna la rage au fond de ses yeux verts vers le chasseur. Il observait la scène dans les moindres détails. Roselyne se tenait assise dans un fauteuil, tandis que l'homme aux cheveux cendrés se trouvait appuyé contre le linteau de la cheminée. Son entrée fracassante ne les avait pas surpris le moins du monde. Déçu, et ne sentant aucune menace sérieuse, le jeune homme s'assit à son tour et croisa les bras.
-J'ai marché à travers les ombres pour vous prévenir, Ma Dame, qu'un Autre était sur vos traces. Il a fait appel à nous, comme vous l'aviez prévu. Il sera au point prévu dans plusieurs mois.
-Bien. D'ici là, mes affaires seront en ordre.
Le silence retomba comme un voile dans la pièce. La jeune fille se leva, fit glisser sa cape de ses épaules et sortit dans le couloir.
Resté seul avec le chasseur, Harry ramassa la cape pour la serrer contre lui et se décida à lui poser la question qui lui brûlait les lèvres.
-Pourquoi ?
-Elle a sauvé ma vie, celle de mes compagnons. Est-ce que cela te suffit pour prouver ma loyauté ? Bien sûr, nous avons un pacte de sang. évidement, je l'aime. D'un amour qui traverse les ombres. Sûrement, je vais la protéger et la suivre quelque soit ses décisions. Et par dessus tout, loyauté est le plus grand de tous les sentiments qu'elle m'inspire.
Le feu crépita longtemps dans la cheminée, laissant aux deux hommes le temps de méditer. Puis Harry lui demanda de l'entraîner.
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Le directeur lissait pensivement sa barbe en fixant les trois hommes devant lui. Il se sentait vaguement dépassé par les évènements. D'importantes données lui échappaient et la nouvelle arrivante changeait ses plans. Elle représentait une inconnue avec laquelle il ne pouvait pas jouer et pour couronner le tout elle accaparait les pensées de trois de ses professeurs et néanmoins pions dans sa lutte contre l'autre empêcheur de tourner en rond.
-Sans compter le fait, que Harry était en danger en dehors de l'enceinte de l'établissement, affirma-t-il. Et ce n'est pas la peine de lever les yeux au ciel Séverus.
Séverus Snape se contenta donc de soupirer. Cette réunion ne servait à rien. Elle était aussi tardive que improductive et terriblement ennuyeuse. Le summum de l'inutilité ! tandis qu'il ne rêvait que de son lit. Dumbledore ne supportait pas d'être en dehors du coup. Et cela faisait bien rire Séverus, intérieurement certes, mais tout de même. Pour une fois que le directeur n'était pas dans le secret et qu'il avait plus de carte en main que lui. Séverus savourait cet instant de bonheur et jubilait.
« Bon, il nous relâche ou je me tire en traînant Séverus avec moi ? Il se tait maintenant ? Parce que là, je vais pas hésiter bien longtemps. On s'en fout de ce qu'il raconte. Harry va très bien ! D'ailleurs, tout le monde va TRES bien. Sauf moi. J'ai une envie de côte de bœuf grillé à la braise et de tarte aux framboises en dessert…. Les elfes de maisons dorment-ils ? Faut que je mange … vous voyez pas Dumby, je fais une crise d'hypoglycémie arghhh je meurs… »
- Je vous prie de nous excuser monsieur le directeur, mais la faim et le sommeil nous gagne. Nous pourrons reprendre cette intéressante conversation à un autre moment, déclara Rémus
« Rémus, mon frère, mon sauveur ! Partons vers les cuisines …. »
Le directeur les laissa partir et reprit en main la lettre posée sur son bureau. Elle n'expliquait rien de précis. Des recommandations pour l'infirmière, une formule de potion combinée avec un sortilège et il y avait sûrement autre chose mais c'est comme si la lettre, elle-même, refusait de se laisser lire entièrement.
« Reprenons posément, Argus a, tout comme Minerva, une confiance aveugle mais néanmoins mystérieuse pour cette jeune fille. Ils m'ont quasiment obligé à la prendre comme nouveau professeur de métamorphose. Elle a des dons particuliers et une grande puissance. Elle a réussi à se mettre dans la poche la quasi totalité des gens qu'elle a croisé. A côté de ça, la plupart volent sur un petit nuage ou se mettent à déprimer, avec des sautes d'humeurs incompréhensibles.
Harry échappe à ma surveillance deux jours et revient avec des manies de la demoiselle Papillon, comme si quelque part entre la France et Poudlard, elle avait déteint sur lui. S'il gagnait en puissance tout en restant contrôlable, cela ne serait pas un mal.
Voldemort ne faisait pas de vague depuis quelque temps et impossible de savoir ce qu'il manigançait. De là à faire un lien…
Il est impossible de penser que Papillon et Voldemort soient liés. Pourtant, quelque chose se trame. Et pourquoi par Saint Godric, les données du problème lui échappaient !? Quitte à torturer, il saurait de quoi il retourne.
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Légèrement fiévreuse, Ginny se retournait dans son lit. Au delà de son rêve, elle percevait un appel lancinant. Son prénom murmuré revenait par vague, perturber l'étrange scène de son subconscient. Elle était en plein devoir de métamorphose et ne se souvenait plus des réponses. Agacée de s'entendre appeler, elle leva la main bien droit et son professeur s'étant changer en Colin, lui demanda ce qu'elle voulait.
-Il faut que je sorte !
Et sans attendre la réponse, elle quitta sa place et avança vers le couloir. La voix l'appelait toujours à travers l'école, cela venait de sa chambre, du livre sur son bureau. Un livre qu'elle reconnaîtrait entre mille. Son lien avec Tom. Doucement, elle tendit la main. Effleura la couverture.
La voix s'était tue.
Elle l'ouvrit délicatement et sur la première page vierge une fine écriture apparut.
« Retrouvons-nous à Pré-au-lard, Samedi à 14h00. Dans le parc à la fontaine. »
Pas un ordre, pas une demande. Juste un fait. Il n'y avait rien à ajouter, elle n'avait pas à répondre. Il savait qu'elle serait là.
Ginny resta assise à contempler la page longtemps après que les lettres se soient effacées. A quel point pouvait-on tenir à un livre ? Il lui manquait tant.
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Dans une salle reculée du château, à l'abris de la lumière, une petite source coulait doucement dans un bassin. Papillon se pencha au dessus de l'onde et aperçut le reflet de l'homme qu'elle cherchait.
Il était assis devant son ordinateur. Tout semblait si calme autour de lui. Posé sur son bureau, une lame attendait. Sur ses bras de fins sillons rouges.
A l'écran, le dernier poème d'amour et de mort qu'il rédigeait.
Tendrement, sa main caressa le reflet qui se troubla.
-Nous ne pouvons pas être ensemble et nous ne pouvons pas rester séparés, énonça-t-elle à voix haute. Mais j'arriverais à t'oublier.
Elle tenta de visualiser son cadeau perdu. Il était dans le château. Rangé dans un sac. Tout portait à croire que quelqu'un l'avait ramassé. Sa main passa à nouveau sur la surface liquide.
La porte s'ouvrit laissant passer un gardien.
-C'est ici que tu te caches ? Tu en as fait un endroit agréable, dit Sirius en s'installant près d'elle. Es-tu disposé à répondre à quelques questions ?
-Tu sais déjà beaucoup.
-Je m'inquiète pour Harry. Il semble différent.
-IL est comme moi.
Le regard surpris de Sirius valait tous les aveux du monde. Harry n'était qu'une ancienne connaissance. Ils avaient fait la guerre ensemble à l'aube des temps. Ils étaient la meilleure arme au monde, condamnés à vivre l'éternité. Marqués par le sceau de la folie et de l'instabilité. Des Anges. Des Anges qui s'étaient incarnés, des Anges qui oubliaient et qui se souvenaient parfois.
-Tu veux dire qu'il est les deux ? Ange et être de magie pure ?
Roselyne acquiesça avant de ramper vers lui pour se lover contre son torse, entre ses genoux. Son regard était à nouveau vert d'orage, loin de ses préoccupations magiques, juste celui d'une petite fille perdue.
Sirius verrouilla la salle sur demande et s'allongea entièrement enserrant la jeune fille de ses bras protecteurs. Le silence ne le gênait pas, il en profitait pour remettre ses idées en place.
Remus et Séverus faisaient des recherches ensemble, tandis que lui, avait préféré interroger la source directement.
Sa main caressait tendrement la longue chevelure de Papillon.
-Pourquoi reviens-tu maintenant dans nos vies ? s'interrogea-t-il à haute voix.
Elle soupira. Il suspendit sa main. Elle grogna. Doucement, il glissa un doigt sous son menton pour redresser son visage vers lui. Avec rapidité, elle se dégagea et le mordit. Puis, comme un fauve, elle abattit ses deux mains sur le torse de Sirius pour le maintenir au sol.
Elle vint près de son oreille et commença à la mordiller tout en frottant son corps à celui soumis du jeune homme, jusqu'à obtenir un gémissement de plaisir.
Sirius ouvrit les yeux quand elle cessa, pour plonger dans les deux yeux noirs de Severus. Son visage si pâle, ses lèvres fines si tentantes. Sirius tendit sa main pour la caler sur la joue du maître des potions, puis la passa derrière la nuque pour l'attirer à lui et l'embrasser à pleine bouche.
Severus ne bougeait pas, il était comme pétrifié mais Sirius n'y prêtait pas attention. Il continuait de l'embrasser et de le caresser. Des particules dorées ondulaient autour du corps prisonnier de Sevy.
Au fond de lui, Sirius sentait que Roselyne était en danger. Mais cette impression n'arrivait pas à percer le brouillard de plaisir que lui procuraient ses attouchements du corps tant désiré. Ses mains enlevaient brutalement un à un les vêtements de sa cible. Quand il n'y eut plus rien à arracher, il contempla le corps dénudé et tremblant qui s'offrait à lui.
Il s'écarta pour se déshabiller à son tour et défit fébrilement les boutons de son pantalon avant de le faire voler à l'autre bout de la pièce. Les attaches de sa chemise craquèrent quand il la passa par dessus sa tête.
Il releva la tête comme au ralenti en remettant ses cheveux en place quand son regard se posa sur la forme à ses pieds.
Papillon le regardait avec ses yeux vides. Il était perdu, que s'était-il passé ? Avec horreur, il contempla le corps qu'il avait failli violer. Il se jeta sur elle pour la couvrir de sa chemise. La honte le submergeait. Il ne comprenait vraiment rien.
-Je ne sais pas ce …. Je suis désolé .. je
-Et si j'avais été Severus ?
Cette simple question crispa la mâchoire de Black, elle eut l'effet d'un coup de poing. Sev avait besoin de douceur et de patience, pas qu'on lui rappelle James et Lucius.
-Tu vas vous rendre heureux, il faut que tu évacues cette tension, dit-elle en pointant du doigt l'érection toujours visible de Sirius.
Celui-ci, encore plus gêné, se mit à rougir pour la première fois de sa vie d'adulte. Comment arrivait-elle à les comprendre aussi justement ? Elle était si douce et câline, et l'instant d'après sauvage, puis soumise et enfin professeur attentif. Oui, voilà, il était son élève à cet instant. Il avait à nouveau face à lui Severus Snape, allongé au sol près du bassin, à moitié recouvert de sa chemise.
Sirius ne savait pas quoi faire, il se balançait indécis, d'un pied sur l'autre. Evacuer cette tension. Et si j'avais été Severus ? Rendre heureux … les mots tournaient dans sa tête. Il se laissa tomber à genoux et tira doucement sur la chemise, la laissant glisser sur le corps du serpentard. Elle le caressait en le dévoilant aux yeux impudiques d'un gryffondor impatient.
Sa main remplaça le tissu et traça des arabesques languissantes autour des tétons durcis avant de descendre autour du nombril. Sa langue humide dessina des sillons mouillés sur le passage invisible des doigts et descendit en suivant le même chemin tortueux vers le sexe avant de remonter jusqu'aux lèvres fines et immobiles. Il parsema de petits baisers le cou puis le creux des bras en effleurant de sa langue les poignets. D'un geste doux mais sûr, il écarta les cuisses de son amant et glissa sa tête entre, pour explorer de sa bouche l'anus de son bien aimé.
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-Je ne le sens plus, déclara Severus.
-Pourtant, tu as bien senti comme une vague de panique et ça venait de Papillon ! insista Remus.
-Peut-être, admit-il. C'était très atténué.
La mauvaise fois évidente du maître des potions fit soupirer le loup garou. Si au moins Paddy avait été là, il aurait pu essayer d'insister. Avec Snape, c'était peine perdue ! Il ferait mieux d'aller se coucher. La journée avait été longue et la somme des informations qu'ils avaient acquis, dépassait sa capacité d'ingestion. Il avait besoin d'une bonne nuit de sommeil pour arriver à les digérer.
Il se leva donc et salua Snape d'un signe de main avant de sortir du bureau de ce dernier.
Resté seul, le maître des potions se laissa glisser près de sa cheminée. Il avait besoin de chaleur, d'entendre le crépitement du bois et de respirer le délicat parfum s'élevant de son tapis. Fruits sucrés. Un fragrance de Papillon.
Pourquoi s'obstiner à vouloir trouver un but aux agissements de Roselyne ? Remus était persuadé qu'elle revenait accomplir une mission. Les Anges n'en avaient qu'une : la protection de ce qu'ils considéraient comme leur famille. Ils se battaient depuis toujours, ils étaient nés pour cela. Mais que venait faire la magie pure ? Quelle était la probabilité pour que la magie naturelle et un Ange s'incarnent dans la même personne ?
Quasiment nulle….
Et le chasseur d'Ombres ? Qui était-il ?
Trop peu de réponses et un nombre de questions grandissant. A noté, qu'elle faisait du bien autour d'elle. Elle était curieuse et attentive. Ses sourires rappelaient ceux que Black me lançait avant … il y a une éternité.
Sa présence agréable rendait la vie moins pénible, plus vivante.
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Ce matin là, pour le petit déjeuner, la grande salle accueillit un directeur pensif, une rousse survoltée, un survivant rageur et un Malfoy aussi fier que d'habitude.
Une élève de Gryffondors fit trébucher Ginny qui s'étala de tout son long dans l'allée sous les rires des autres élèves présents.
Voyant cela, Drago bondit de sa place pour aller agiter sa baguette sous le nez de la peste et faire taire les rires.
-Laisse tomber, ils sont nuls, lui dit Ginny. Il vaudrait mieux que tu retournes à ta place.
A contre cœur, et après avoir jeté un dernier regard mauvais en direction de la tablé des gryffies, le blond se dirigea vers ses camarades. Aucun n'émit de commentaires, à part Pansy qui afficha clairement sa désapprobation. Mais comme Blaise le rappelait souvent : « ce que peut bien penser Pansy, ne nous intéresse pas le moins du monde ! »
Harry Potter entra à ce moment là et se jeta devant son petit déjeuner en empoignant une pomme qu'il croqua avec colère. Tout empirait depuis le début de cette année !
Il était frustré, agacé et fatigué.
Cette nuit, il n'avait pas réussi à bloquer toutes les attaques du chasseur d'Ombres. Il pouvait le faire mais n'y arrivait pas. Quelque chose bloquait. Pourtant, ce n'était que des illusions, il avait déjà paré ce genre d'attaques des milliers de fois et des attaques encore plus puissantes des milliers de fois de plus.
Peut-être était-ce dû à la soudaine crise ...
Sans oublier le fait, que Papillon s'était liée à un humain, chose hautement stupide, et qu'elle en souffrait, c'était à prévoir.
Ron s'installa à côté de lui et étira le bras pour prendre une pâtisserie, ce faisant, il renversa le bol de son meilleur ami.
Trempé et ébouillanté, Harry décida que cette journée était définitivement mauvaise. Cerise sur le gâteau, ils avaient cours de divinations…
-Je suis désolé Harry, murmura son ami en essayant de l'éponger.
De l'autre côté, les yeux de Drago pétillèrent d'un rire contenu. Et Blaise lui glissa subtilement que Weasley était touchant de maladresse. Le blond faillit s'étrangler quand l'information atteignit son cerveau et qu'il comprit que Blaise avait des vues sur Weasley. Gardant un visage impassible, il se leva en attrapant un dernier pain au lait et faillit percuter le professeur Papillon en sortant de la grande salle.
-Faites attention monsieur Malfoy, lui dit-elle distraitement.
Il était tétanisé. Ce qui s'était passé la veille se rappela à son bon souvenir. Un grand silence sembla l'entourer, tout semblait assourdi, lointain.
-Je .. vous .. il , bégaya-t-il.
-Il ne s'est rien passé hier, murmura-t-elle. Vous avez oublié.
-Oublié ? répéta-t-il incrédule.
-Oublié de me rendre votre devoir, monsieur Malfoy.
Le son environnant le percuta de plein fouet. Il s'éveilla. Ses souvenirs s'étaient modifiés. Il s'excusa et promis de déposer son devoir avant midi sur le bureau de son professeur.
Ginny le rattrapa juste avant qu'il ne descende vers les cachots et le traîna à l'abri des regards.
-Tu ne vas jamais croire ce que j'ai trouvé sur mon oreiller ?!
-Une peluche ? tenta-t-il
-Un mot de Tom !
Drago s'étrangla franchement et s'appuya sur le mur où il se laissa glisser. Comment Voldemort pouvait laisser un mot à quelqu'un en plein cœur de l'école sans être inquiété ?
Et en plus, Ginny avait rendez-vous avec lui. Mais si Voldemort avait appris ce qu'elle comptait faire, le directeur devait lui aussi être au courant. A moins que non, vu que si Ginny réussissait son plan, Voldemort dans le futur était au courant de ce qui s'était passé pour lui dans le passé. Et il avait tout intérêt à garder cela secret. Ginny rayonnait tellement de joie et de bonheur qu'elle se pinçait à en avoir des bleus pour se prouver que c'était vrai.
-Blaise Zabini en pince pour ton frère Ron, lâcha-t-il pince sans rire, pour lui aussi, balancer une nouvelle renversante.
-J'y crois pas ! On parle du même Blaise ? demanda-t-elle en se glissant près du mur à son tour. Décidément tous les serpentards craquent pour des gryffondors de préférence roux, dit-elle dans un immense sourire.
Des éclats de voix résonnèrent un peu plus bas dans les couloirs sombres et ils se dissimulèrent un peu plus pour laisser passer l'orage. Dans leur champ de vision, une longue robe noire tourbillonna dans un mouvement plus que connu, avant de s'immobiliser en grognant. Reconnaissant leur professeur de potions, ils prièrent pour se trouver n'importe où ailleurs.
-Comment oses-tu me demander ce genre de chose ? s'emporta-t-il. Tu sais ce que cela implique !
-Et bien, tu as plus d'affinité que moi avec la bibliothécaire. Ce n'est pas comme si c'était un sacrifice. Et puis, il te suffit de faire jouer ton accréditation pour obtenir la clef de la deuxième réserve. Moi, je n'en ai pas ! Et puis, cela va NOUS être utile.
-Lupin ! menaça-t-il. Je vais déjeuner et nous en reparlerons plus tard. Ton obsession a besoin d'être soigné.
Sur ses bonnes paroles, il se dirigea d'un pas rageur vers la grande salle, suivi du professeur Lupin sifflotant gaiement.
-Et j'ose espérer que Mademoiselle Weasley, ainsi que Monsieur Malfoy accepteront d'être convié en retenu ce soir, cria-t-il sans se retourner.
Le lycanthrope se tourna vers eux en leur lançant un regard d'excuse.
-Une deuxième réserve, souffla Ginny des étoiles dans les yeux.
-Faudrait surveiller cela de plus près, répondit Drago. Snape a un sixième sens.
