Bon voilà ! On poste ça vite fait pendant une accalmie IRL. Ouais parce que cette connasse elle veut pas nous laisser publier en paix –'
Chapitre 6 :
Alice était assise sur son lit plongée dans un livre, comme d'habitude, et Chloé essayait de mettre le feu au plancher, d'abord à l'aide d'une loupe, puis sans, juste par la force de sa volonté. Soudain, sa jumelle se leva, et, hésitante, murmura :
-Je vais déposer le linge sale dans la buanderie, je reviens.
Chloé se retint de s'y rendre à la place de sa sœur. Elle n'aimait pas du tout laisser Alice se promener dans les couloirs toute seule. Surtout depuis le dernier incident, qui les avait toutes les deux beaucoup marquées. Elles n'étaient pas très aimées dans l'orphelinat, mais Chloé avait réussi à se faire relativement respecter à coups de poing. En revanche, Alice, trop douce, trop timide, était une victime toute désignée pour les vulgaires petites brutes stupides qu'étaient certains garçons de l'orphelinat. Elle les haïssait. La dernière fois, sa sœur et elle avaient eu le bras cassé. Mais, c'était passé, n'est-ce pas ? Alice ne risquait rien. S'efforçant de faire taire son instinct (qui lui criait du fond des tripes qu'elle devait très vite rejoindre la sœur chérie), elle revint au plancher. Alice avait 10 ans, elle saurait se protéger.
Tout à coup, un bleu apparut sur son bras droit, vite suivi de la douleur causée par une gifle. Elle était seule dans la chambre, Alice n'était partie que depuis dix minutes, mais elle avait très mal. Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose…
Elle partit en courant dans le couloir, main crispée sur son abdomen douloureux, hurlant le nom de sa moitié. Au vu de ce qu'elle ressentait, Alice devait être en mauvaise posture. Et en effet. Chloé trouva sa jumelle adossée contre un mur pendant que les autres abrutis s'amusaient à lui faire du mal.
-Laissez-la tout de suite !
Ils ne l'avaient pas entendue… La colère lui brûlait les veines et semblait anesthésier la douleur de son corps. Un craquement sinistre retentit et le garçon le plus proche d'Alice tomba à genoux, sous les cris de ses amis, ses propres cris, et ceux d'Alice. Les garçons partirent en courant hurlant quelque chose qui ressemblait à « Sorcières ! On vous le fera payer ! ». Rien que de très habituel en somme. En dehors du garçon qui gisait au sol, genoux brisés. Chloé, réalisant l'étendue de son geste, tomba à côté de sa victime, gémissant :
-Qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
Un apaisement inattendu l'envahit quand Alice posa sa main sur son épaule.
-Va chercher quelqu'un, je m'occupe de lui.
La voix de sa sœur était, à sa grande surprise, ferme et autoritaire. Aussi, elle obéit sans discuter, encore sous le choc. En quittant les lieux, elle aperçut sa sœur qui se penchait sur son ancien bourreau.
Le garçon ne parla jamais de l'incident. C'était comme s'il avait oublié.
-Oï ! Chloé !
James venait d'agiter la main juste sous son nez. Chloé secoua la tête pour chasser ses souvenirs et se tourna vers l'ébouriffé.
-Qu'est-ce qui se passe James ?
-Il se passe que j'allais expliquer mon plan génial de séduction et que j'ai besoin de toute l'attention que la seule représentante du sexe féminin ici présente puisse me donner !
-Il y a Al, aussi.
-Non, elle travaille, et Mumus aussi.
-D'ailleurs, je me disais, sourit Sirius, tu l'appelles Al, mais Al, c'est pas le diminutif d'Albus ? Comme Dumbledore ?
Chloé grinça des dents face à la comparaison. Alice n'avait pas de barbe, non mais !
-C'est le surnom le plus neutre que je puisse lui donner en public.
Et c'était vrai. A cent pourcent. Alicette, Alichou, Demi-moi ou encore Ali-Lapin (quand elle avait vraiment envie d'agacer sa sœur), n'étaient pas très adaptés à la vie poudlardienne…
-Trouves-en un autre, sinon il risque d'y avoir des quiproquos… Par exemple… Tu appelles Alice, il y a le directeur qui se pointe… Ca poserait certains problèmes…
Depuis quand cet idiot se prononçait-il à propos des surnoms qu'elle donnait à Alice ? Alice serait Al, point final.
-Eh ! Vous écoutez mon plan génial, oui ou non ?
-Non, répliqua Chloé, laconique.
Le garçon à lunettes ne daigna pas en tenir compte et commença à leur expliquer son plan (qui paraissait de plus en plus voué à l'échec selon l'avis de la jeune fille). La brune détourna distraitement le regard vers sa sœur, qui travaillait à côté de Remus. Depuis leur conversation de l'autre jour, Alice n'avait plus mentionné la sensation d'être observée. Mais Chloé la soupçonnait de se taire pour ne pas l'inquiéter. C'était bien un truc que pouvait faire Alice, ça…
Comme en écho à ses pensées, sa jumelle releva la tête de son livre de potions, et balaya la bibliothèque d'un regard inquiet. Elle avait des cernes, remarqua soudain Chloé. Qu'est-ce qui titillait sa sœur au point de lui faire perdre le sommeil ?
Son regard distrait croisa les yeux de sa sœur, qui lui sourit gentiment avant de se lever, sûrement pour aller ranger le livre. En temps normal, Chloé aurait rechigné à la laisser quitter son champ de vision, mais elles n'étaient plus à l'orphelinat. Le danger était nettement moins présent… Et puis… Si Alice se blessait, ou quoi que ce soit du genre, elle le saurait, à cause de leur lien bizarre. D'ailleurs, en parlant de liens et de trucs bizarres… Quelque chose était étrange chez Alice, ces derniers temps… La veille, quand elles s'étaient couchées, sa sœur ne lui avait presque pas adressé la parole, comme si elle était absorbée par ses pensées… Avait-elle des problèmes avec quelqu'un ? C'était impossible. Elle l'aurait senti !
La brune secoua la tête pour chasser ses idées noires et se tourna vers les garçons. Ils avaient un cours de Défense contre les forces du mal dans quelques minutes, et elle adorait jeter des sorts ! C'était la chose qu'elle préférait dans cette école ! (En dehors des merveilleuses rencontres qu'elle avait pu faire).
C'est donc le cœur relativement léger que la jeune fille se rendit en cours, à la suite de sa jumelle et de ses amis. Youpi !
-Chloé ?
-Oui James ?
-Depuis tout à l'heure tu as l'air ailleurs… Je pourrais savoir ce qui occupe tes pensées au point que tu ne nous aides pas à choisir la fille parfaite pour le rôle de petite amie intérimaire, en attendant que le poste soit prit pas –un large sourire béat éclaira son visage- ma Lily-Jolie.
-Pourquoi pas Mary MacDonald ? Je l'ai vue traîner avec Alice l'autre fois. Tu pourrais essayer de la séduire. C'est pas comme si tu étais moche.
« Et puis c'est pas comme si ton plan pouvait fonctionner », se retint-elle d'ajouter. Heureusement que James avait Sirius et Remus pour recoller les morceaux à chaque rateau que lui infligeait la rouquine.
-Taisez vous je vous prie. Le cours va commencer et une ambiance agitée risque de grandement m'agacer.
Un homme les regardait depuis l'estrade, un léger sourire moqueur aux lèvres. Il portait une robe noire et ses cheveux blonds sable pourraient aisément concurrencer la touffe étrange de James. Il fit le tour du bureau et se frotta les mains d'un air gourmand.
-Je suis Mr Kirkland, votre professeur. Mettez vous par groupes, je vais commencer par évaluer votre niveau.
Ils débutèrent donc l'année par un exercice « simple » : les sortilèges informulés. Apparemment, ce type d'exercice était pratiqué depuis l'année précédente, aussi le professeur expliqua à Alice et Chloé qu'elles n'avaient que très peu de chances de réussir. Chloé jeta un bref regard à sa sœur, qui avait blanchi. Chloé avait remarqué qu' Alice n'arrivait pas à jeter le moindre sort depuis le début de l'année. Il se passait la même chose à l'orphelinat, quand elles essayaient de faire de la magie. Alice n'arrivait à rien. Seule Chloé arrivait à provoquer des choses étranges. Alice provoquait aussi des choses, mais encore plus étranges, et Chloé n'avait jamais réussi à pleinement les cerner.
La brune saisit néanmoins sa baguette et se dirigea vers les garçons, qui se lançaient des sortilèges de Désarmement (et sûrement d'autres, beaucoup moins autorisés) sans prononcer le moindre mot.
-Dites, il a l'air sympa, le professeur Kirkland !
-Mouais. Sirius fit la moue. Au moins il n'est pas comme celui qu'on avait l'année dernière ! Lui, c'était une vraie pince-sans-rire. Pas un seul exercice pratique, on passait nos journées à lire des livres et à faire des examens de théorie. Là on le rencontre à peine et il nous fait un cours pratique où on a le droit d'utiliser des sorts mineurs. Je crois que j'adore ce prof ! S'il était pas aussi bizarre, bien sûr.
Et il en profita pour lancer un maléfice à James, qui esquiva de justesse en se jetant à plat ventre sur le sol sous les rires de ses camarades.
-Mais… Vous changez de professeur tous les ans ?
-Ouais, il leur arrive toujours quelque chose et ils partent tous au bout d'un an.
James ajouta :
-Le dernier il a eu la dragoncelle, tant mieux. Il était vraiment pas drôle. Celui d'avant … sa femme est tombée enceinte. Et celui d'encore avant il est mort en avalant de l'hydromel beaucoup trop faisandé. Dommage, il était bien, lui. Et celui d'avant avant…
-Bon, je crois qu'elle a compris, Jamesie, rit Remus en pointant sa baguette vers le brun à lunettes. Un éclair jaillit de la fine tige qu'il tenait et se dirigea droit vers le malheureux binoclard, qui, cette fois-ci, se retrouva désarmé.
-Lunard ! C'était pas loyal !
-Mauvais perdant, va ! ricana Sirius.
-Vous étiez tous contre moi ! s'énerva James, avant de brandir sa baguette det de lancer des sorts à tort et à travers, et ce, sans prononcer la moindre formule.
Chloé recula, et observa le combat de loin. Elle n'osait pas trop agir. Son regard dériva naturellement sur sa sœur, qui restait aux côtés de Lily, mais sans jeter le moindre sort, ni même sortir sa baguette. Le professeur s'approcha d'elle et elle sembla sortir des pensées dans lesquelles elle semblait plongée. Ils discutèrent quelques secondes, puis l'autre brune soupira, et accepta de tenter de jeter un sort, qui, à la grande surprise du professeur, ne fonctionna pas. Elle réessaya, sous les regards de Lily et de Mr Kirkland, encore et encore. Mais rien ne fonctionnait. Finalement, le professeur posa sa main sur l'épaule de la jeune fille et déclara quelque chose d'un air sympathique avant de se diriger vers eux. Pendant un petit moment, il regarda les trois garçons qui s'entraînaient, souriant, puis se tourna vers Chloé et Peter.
-Vous avez essayé ?
-C'est-à-dire que… Je ne suis pas doué en sortilèges… Et j'ai déjà un peu de mal à lancer des sorts formulés en duel. Alors des sortilèges dans prononcer la formule… Je ne pense pas en être capable.
Le professeur se prit le menton entre les doigts et déclara, souriant :
-Eh bien… Si ces trois personnes sont vos amis, vous n'aurez qu'à vous entraîner avec eux et je suis sûr que, d'ici le prochain cours, vous aurez fait quelques progrès.
Peter, apparemment soulagé de ne pas avoir à démontrer son incapacité à ses camarades, soupira et hocha la tête. Mr Kirkland se tourna vers la brune :
-Et vous, mademoiselle ? Vous avez essayé ?
Elle sourit et répondit :
-Non, mais j'essaierai avec les garçons, moi aussi.
-Vous avez des difficultés, tout comme votre sœur ?
-Mais pas du tout ! C'est juste que je n'ais pas envie de sortir ma baguette ici.
Et qu'elle n'avait pas envie de se ridiculiser devants les garçons. Et si ça ne marchait pas, hein ? Que ferait elle alors ? Elle serait ridicule.
-Je vous en prie. Je vais vous regarder, sourit-il.
Avec un soupir, et en rougissant un tout petit peu, Chloé extirpa sa baguette de sa poche et la pointa sur James, qui la regardait en souriant gentiment. Il pensait qu'elle n'y arriverait pas. Elle lui adressa un sourire, malgré la légère angoisse qui lui nouait le ventre.
Avec un profond soupir, elle pointa sa baguette et pensa de toutes ses forces : Expelliarmus.
A la grande surprise du garçon à lunettes, un éclair de lumière jaillit de la baguette et lui fonça dessus. Il n'eut pas le temps de s'écarter qu'il fut projeté contre Lily, qui se trouvait quelques pas derrière, avec Alice. Il prit aussitôt un air béat. Le professeur, lui, la fixait d'un air pensif. Il ne la félicita pas, ne prononça pas le moindre commentaire, et s'éloigna en direction de l'autre Alice, qui s'entraînait avec Marlene et Franck.
-Ce n'est pas très sympa ! Il aurait pu te dire quelque chose, s'exclama Sirius. Ce n'est pas tout le monde qui arrive à jeter un sortilège informulé du premier coup. Quel blasé ce type !
Remus intervint :
-C'est un professeur, il doit s'occuper de tous les élèves. Comme il a vu que tu n'avais pas besoin d'aide, il est allé voir les autres élèves.
A la fin du cours, ils sortirent tous. Chloé se retourna juste au moment de passer la porte, pour voir si Alice était derrière eux. Elle discutait avec le professeur, qui semblait lui poser quelques questions, auxquelles elle répondait avec le sourire.
Chloé se sentit curieusement mal à l'aise quand Mr Kirkland relâcha sa jumelle. Le regard vert de l'homme suivait sa sœur comme s'il cherchait à lire quelque chose en elle, et ça gênait profondément Chloé. Quand Alice arriva à son niveau, elle sentit ce même regard se poser sur elle et la suivre jusqu'à ce qu'elles disparaissent à l'angle d'un couloir.
-Qu'est-ce qu'il te voulait ?
-Rien.
-Mais si ! Il t'a parlé à la fin du cours.
Elle savait ce qu'elle avait vu quand même !
-Ne t'en fais pas. Il n'y avait rien d'alarmant.
Jamais Alice n'était aussi secrète avec elle. C'était étrange.
-Tu viens avec moi à la salle commune ? On ne mange pas tout de suite.
-Pourquoi pas ?
Elles passèrent par le trou du portrait de la Grosse Dame et entrèrent dans la salle commune des Griffondors.
-Hé ! Chloé ! Venez par là !
Sirius les avait appelées depuis le canapé le plus proche de la cheminée. Un large sourire étira les lèvres de la jeune fille et elle saisit la main de sa sœur pour l'entraîner vers le coin de la salle.
Alice quittait la Grande Salle, le ventre plein. Elle était seule dans les couloirs. Une sensation de malaise lui transperçait les entrailles, un peu comme une menace planant au dessus de sa tête. Elle ne savait pas trop pourquoi.
C'est dangereux de se balader dans les cachots seule, avec les agressions.
C'était vrai. Il valait mieux qu'elle fasse vite. Les agressions étaient vraiment inquiétantes. Et, même si elle était de Sang-Pur, donc très peu exposée aux attaques, elle ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter. La dernière victime, Elise Flament, avait été retrouvée dans ces mêmes cachots. Un frisson parcourut son échine.
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-Je vais en cours…
Elle avait effectivement Potions, et ne souhaitait pas du tout être en retard.
-A une heure pareille ? Ce n'est pas prudent. Et c'est suspect.
-Pas du tout !
-Il fait nuit.
Voilà qui expliquait les couloirs vides. Un garçon sortit de l'ombre. C'était le garçon du train, celui qui avait disparu ! Il poursuivit :
-Si on apprend qu'Alice Dumbledore se balade dans les couloirs la nuit sans autorisation, c'est suspect.
Elle se sentit profondément énervée contre ce type, tout à coup.
-Je suis préfète ! Je dois faire ma ronde !
Qu'est-ce que c'était, une préfète ?
Il sourit.
-Moi aussi.
Elle fronça les sourcils.
-Et bien permets-moi de m'en aller. Je remarque quad même que tu es aussi suspect que moi, Jedusor.
Et elle s'éloigna. Ce garçon la rendait vraiment triste, on aurait dit qu'il n'avait pas de cœur. Sa seule présence ébranlait toutes ses convictions sur la nature aimante et solidaire de l'être humain.
Qui était Jedusor ?
S'il faisait nuit, il valait mieux aller se coucher au plus vite. Alice fit donc demi-tour et se prépara à remonter vers la toure de Griffondor quand elle entendit une voix :
-Hé ! Alice ! Où est-ce que tu vas ?
Severus l'avait appelé depuis l'autre bout du couloir. Il s'approcha de quelques pas et poursuivit :
-On est déjà bien en retard.
-Mais il ne fait pas déjà nuit ? elle se sentait légèrement perdue…
-Pas du tout.
Le garçon fronça les sourcils et prit une expression narquoise.
-Il faut aller en potions, tu te souviens ?
-On y va ensemble ?
Il hocha la tête et lui passa devant pour aller en cours. La jeune fille trottina pour le suivre. Mais quelqu'un d'autre les interpella.
-Hep ! Servilus !
Alice sentit son camarade se raidir à ses côtés. Elle commençait à comprendre pourquoi le Serpentard se cachait des nouveaux amis de sa sœur. Ils arrivaient de l'autre bout du couloir.
-Pourquoi tu déranges cette demoiselle avec des cheveux lavés à la friture ?
Elle n'eut pas besoin de se retourner pour comprendre que Sirius avait brandi sa baguette. Severus fut brusquement arraché du sol et collé au mur. Elle ne put soutenir la vision de son ami collé au mur comme une vulgaire punaise. Elle recula de deux pas et rencontra un mur, elle aussi. Elle n'arrivait pas à crier, et elle ne pouvait pas faire quoi que ce soit. Rah ce qu'elle avait envie de pouvoir faire de la magie ! Mais c'était Chloé qui savait faire de la magie. C'était Chloé qui faisait des choses incroyables ! C'était Chloé qui était normale. Pas elle. Elle s'éloigna encore un peu.
-Tu as déjà pensé à te teindre les cheveux Servilus ? Peut être que ça pourrait cacher leur mocheté. Qu'est-ce que tu en penses ? Et si on essayait ?
Elle lança un regard apeuré vers son ami et ce qu'elle vit lui retourna les tripes. Le regard de Severus était à la fois honteux et résigné. Cette vision rappela de douloureux souvenirs d'orphelinat.
Encore une humiliation. Je hais Potter. Espérons juste que Lily n'arrive pas maintenant.
La tristesse et la honte de son camarade commençaient à brûler dans sa poitrine. Elle détourna difficilement son regard de celui de Rogue et se concentra sur quelque chose de neutre : les pierres du mur en face d'elle. L'effet fut presque immédiat. Les sombres pensées du garçons furent stoppées et elle partit en courant.
Chercher de l'aide.
Elle courait dans les cachots, en quête d'elle ne savait trop qui. Un professeur, un élève qui, lui, serait capable d'user de magie.
Mais les cachots étaient vides !
-Chloé ! Chloé !
Sa sœur ne pouvait pas être loin, non ? Mais personne ne répondait à ses appels ! Où était sa jumelle, sa moitié ?
-CHLOE !
Aucune réponse. Les larmes commençaient à rouler sur ses joues.
Hum… Comme je le pensais, le rose va très bien à Servilus.
Quelle honte. Je suis préfet et je ne suis même pas capable de limiter mes amis.
Pourvu que personne ne me voit comme ça….
Hahaha ! Ce sale gras du cheveu paye bien le fait de s'être approché de ma Lily-Jolie !
Que fichait la fille Dumbledore dans ce couloir ? Est-ce qu'elle pourrait avoir des soupçons ?
Jedusor ne devrait pas être là. Peut être qu'il sait quelque chose sur les agressions. Pourquoi est-ce qu'il ne sourit jamais ? Est-ce qu'il est triste ?
QUI ETAIT JEDUSOR ?!
-Miss Emerson ?
Alice ouvrit péniblement les yeux. Elle était appuyée contre un mur, son professeur de Défense Contre Les Forces Du Mal la dévisageait d'un air neutre.
-Qui est Jedusor ?
Le jeune homme fronça les sourcils.
-Jedusor ? Je ne vois absolument pas de qui vous voulez parler. Mais je vais devoir m'assurer que vous allez bien. Venez.
Que lui voulait le professeur ? Est-ce qu'il l'avait entendue crier ? Est-ce qu'il savait ce qu'elle avait vu ? Il lui tenait amicalement le coude et l'entraîna dans un couloir, sur le côté.
-Dans le couloir… Severus… Les garçons… De l'aide…
-De toute évidence, vous délirez. Il n'y a personne dans ce couloir. Les cours viennent de se terminer.
Elle se sentait encore plus perdue qu'auparavant. C'était une sensation qui lui revenait très souvent depuis son arrivée à Poudlard.
Quelle heure était-il ? Etait-ce la nuit ou le jour ?
-Je vais aller me coucher, monsieur.
L'homme se figea, et arrêta de marcher brusquement.
-C'est vrai. Tu veux que je te raccompagne jusqu'à la Salle Commune ?
Alice se mordit la lèvre, hésitante. Elle perdait pied, pour le moment. Et se promener toute seule dans ces couloirs vides la terrifiait. Pourtant… Le professeur la mettait très mal à l'aise, comme si quelque chose, au fond de sa conscience sérieusement ébranlée, lui hurlait de se méfier.
-Non merci. Je vais parfaitement pouvoir rentrer toute seule.
-Si tu veux.
L'homme la lâcha et s'éloigna, avec un sourire aimable.
Bien.
Comment rentrer, à présent ?
Couloir à gauche .
Sans réfléchir, la jeune fille suivit le conseil venu d'elle ne savait où.
L'escalier derrière la tapisserie rouge.
Alice suivit encore la directive. De minute en minute, de directive en directive, la sorcière trouva le chemin de la Salle Commune.
-Alissou ? Tu étais où ? Je me suis inquiétée de ne pas te voir au repas !
Alice se tourna vers le canapé où Chloé était assise, avec ses amis .Avec un froncement de sourcils agacé, la jeune fille ignora délibérément sa sœur pour se diriger vers le dortoir, vers son lit. Elle n'en pouvait plus. Elle était totalement perdue…
Les draps étaient chauds, elle ferma les yeux et sombra dans le sommeil le plus profond.
-Vous avez entendu ? Mimi a disparu…
-T'es bête Minerva ! Elle est morte ! C'est le monstre qui l'a tué !
Alice prit une moue pensive.
-Ils vont fermer l'école, chuchota-t-elle, horrifiée.
-Quoi ? Remarque, ce serait logique… Il y a quand même une élève qui a perdu la vie… Beth avait prit une expression émue.
-Sauf si on trouve le coupable, lâcha Minerva.
Alice ferma les yeux. Il était vrai que certains élèves, comme Minera, considéraient l'école comme leur seconde maison, voire comme leur unique maison. Ces élèves seraient vraiment très embêtés si Poudlard venait à fermer. Des étudiants risquaient de se mettre en quête de l'héritier de Serpentard.
-Minerva…
La brune se tourna vers elle, lui lançant un regard interrogatif. La jeune fille lui prit la main.
-Ils ne fermeront pas l'école. Je connais mon oncle. Il fera tout son possible.
Minerva était son amie. C'était son devoir de la rassurer. Alice rapprocha le corps de son amie du sien et la serra doucement dans ses bras. Elle connaissait les problèmes de la sorcière avec sa famille, et souhaitait sincèrement que le meurtrier se fasse prendre. Bath les rejoignit dans leur étreinte et la jeune Dumbledore sourit.
Elle aimait tellement ses amies…
Voilà ! Si ça vous a plu, reviewez, etc.
TheFanne, On essaiera de répondre à ta question par rapport à Alice à la prochaine publication
