Saison 8 Episode 9 Burn out

(Petit review apprécié of course. Et aussi vous dire que j'ai lu vos idées de suite, et que j'y réfléchis. Patience).

Et si… le "cadeau" d'Aurélie avait réveillé leurs sentiments?

Adèle venait de révéler à Hippo et Jess sa plus grosse faille: sa famille, ses parents… qui avaient donc eu un autre enfant. Elle l'avait découvert dans cette vidéo qu'Argos voulait qu'elle voit. Argos et cette garce d'Aurélie… Comment avait-elle pu croire que les choses allaient s'arranger avec cette psychopathe?

Elle était encore en train de pleurer dans les bras de Jess quand Thomas entra d'un coup dans la pièce. Elle souffla pour essayer de chasser toute trace d'émotion et reprit un peu de contenance face au Commandant. Commandant qui au passage s'était tout de suite inquiété de la voir dans cet état.

"Adèle ça va?"

"Ouais ouais ça va ça va…"

"J'ai besoin de vous pour un homicide à Levallois"… Son regard tomba sur cette boite qu'elle lui avait confiée… "Vous avez trouvé ça chez moi?"

"Chez vous oui. Un petit… cadeau de votre belle-sœur. On… on y va? On est attendu non?"

Elle lui en voulait, directement à lui même s'il n'avait dans les faits rien fait de mal. Mais on peut avoir les meilleures intentions du monde et quand-même faire du mal autour de soi…

Le trajet jusqu'à Levallois avait été très compliqué. Un silence pesant avait remplacé les conversations enjouées qu'ils partageaient d'ordinaire. Il n'avait pas réussi à percer l'abcès. Comment parviendrait-il à réparer le mal qu'Aurélie lui avait fait? Cette satanée belle-sœur, qu'il avait laissé pourrir sa vie, leur vie, avait peut-être tout gâché.

Quand ils arrivèrent sur la scène de crime, Adèle se précipita à l'extérieur en claquant fort la portière de la voiture. Il resta une seconde de plus à l'extérieur pour essayer de faire le vide… Et rejoignit la criminologue et Xavier, le lieutenant qui remplaçait Emma.

Après examen des lieux, du corps de la victime, après aussi l'élaboration des premières théories, interrogations des témoins, Adèle et Rocher reprirent la voiture direction la DPJ. Un silence de mort les accompagnait toujours. Alors il décida de prendre la situation à bras le corps et prit un autre itinéraire, qui ne menait pas directement à leurs bureaux.

Adèle ne remarqua même pas tout de suite que Thomas n'avait pas pris l'itinéraire habituel. Elle avait gardé le regard rivé sur ses notes et fait semblant d'être occupée pour ne pas à devoir lui parler. Mais lorsqu'elle releva la tête, elle s'étonna de voir qu'ils n'étaient toujours pas rentrés dans Paris. Alors elle reporta son regard sur lui… Il était concentré sur la route mais il lui jeta un coup d'œil et ce qu'elle vit dans ses yeux fit monter la panique en elle. Il était complètement terrorisé.

"Vous passez par où?", demanda-t-elle l'air intrigué, même si elle sentait qu'il cherchait juste à gagner du temps. Le temps de trouver les mots.

"Je cherche une solution".

"Pardon?".

"J'aurais jamais pensé causer tant de mal Adèle. Je n'ai jamais pensé… Je ne pensais pas Aurélie capable de faire ça… Je suis complètement perdu".

"Mettez le GPS…", assena-t-elle, sarcastique. Ils arrivaient à un feu rouge. Il freina pile. Ça ne l'avait visiblement pas fait rire.

Il prit sur la droite et trouva une petite aire de repos, devant un terrain de basket, vierge de monde. Il s'y gara. Puis ce fut à son tour de sortir de la voiture et de claquer la porte.

Il alla s'asseoir sur un banc, en espérant qu'elle le suive. Ce qu'elle fit quelques secondes après. Elle n'allait quand-même pas prendre les clés et le laisser là en plan… Même si elle en mourrait d'envie. "Ça lui ferait les pieds", pensa-t-elle. Puis regretta immédiatement. Il souffrait visiblement. Ils devaient mettre les choses à plat. Tout de suite. "L'amour, c'est comme tout. Ca s'apprend". Dieu comme Jess lui manquait dans ces moments-là.

Elle s'assit à côté de lui. Il se prenait la tête entre les mains. Puis aussi étrange que cela puisse paraître, elle parla très facilement.

"Vous n'imaginez pas ce que c'est. Je vous faisais confiance. Cette partie de ma vie est tellement douloureuse. Je m'en suis remise à vous et… vous avez tout gâché… Je sais que c'est Aurélie qui est responsable de tout ça. Mais… putain Thomas! C'était si difficile de les cacher quelque part ces satanées boites!?". Elle ne voulait pas dire ça sur ce ton. Mais c'était comme ça que c'était sorti.

Des trémolos dans la voix, il lui répondit calmement, en la regardant droit dans les yeux. "C'est la sœur de ma femme Adèle… Je ne pouvais pas imaginer ça. Je ne pouvais pas savoir qu'elle était comme ça. Capable de faire ça. Pardonne-moi. Je ne peux vraiment pas continuer sans toi. Je sais que c'est difficile pour toi. Que tu ne laisses jamais personne entrer dans ta vie. Mais j'ai eu la sensation ces derniers mois que j'en faisais partie… Je ne sais pas si je me trompe. En tout cas tu fais partie de la mienne. Plus qu'elle ne pourra jamais. Je vais lui demander de partir. Elle reviendra plus jamais".

Adèle réfléchissait à toute vitesse. Que devait-elle lui répondre? Son estomac était tellement noué. Elle lui en voulait tout à coup beaucoup moins. Elle ne pouvait pas se mettre à sa place. Mais elle imaginait bien qu'être ballotée comme ça entre deux femmes… deux femmes qui tenaient à lui et qu'il ne voulait pas blesser, ça ne devait pas être évident.

Deux femmes? Ou trois? Parce qu'au club de boxe, il avait prononcé le nom de Julia avant de décrocher son téléphone, alors qu'elle était prête à ce moment-là à tomber dans ses bras. Avait-il vraiment fait son deuil? Elle avait déjà du mal à se battre contre Aurélie, alors contre une personne qui n'est plus de ce monde…

"Il n'y a pas qu'Aurélie dans cette histoire Thomas. Je… j'ai la sensation que Julia est toujours très présente dans votre cœur, dans votre esprit. Et je peux pas aller contre ça".

"Elle sera toujours là. C'était la première femme de ma vie. Et on me l'a enlevé… J'ai mis tellement de temps à faire mon deuil. Chloé m'a beaucoup aidé. J'ai énormément souffert. Mais c'est aussi pour ça que je ne peux plus accepter qu'on fasse du mal aux gens que j'aime". Il mit l'emphase sur le "j'aime" et prit sa main droite entre les siennes.

La première femme de sa vie? Elle n'avait pas la prétention de devenir la deuxième, mais il lui ouvrait les portes.

"On a tellement changé Thomas… Je n'ai aucune idée comment avancer à partir de là. Mais… tu fais partie de ma vie. Je n'ai… je n'ai jamais ressenti ça", lui avoua-t-elle. Son cœur battait si fort qu'elle pensait qu'il allait sortir de sa cage thoracique.

Rocher ne la laissa pas penser trop longtemps. Il replaça sa mèche derrière son oreille et laissa sa main gauche sur sa joue droite. Il avança doucement son visage et l'embrassa. Ce n'était absolument pas comme la première fois… Quand elle l'avait attendu à moitié nue chez lui. "Aucune conséquence… Juste une nuit". Il y aura des conséquences cette fois. Et il n'y aura pas qu'une seule nuit.