Deux mois que certains d'entre vous l'attendent avec impatience. Je sais, je suis cruelle. En plus, je ne vous ai donné aucune nouvelle. Il y a une explication à cela, ou même plusieurs. La 1ere, je n'aime pas donner de fausses joies aux gens en créant un chapitre juste pour annoncer que j'aurais du retard. Je n'aime pas en tant que lecteur alors je ne le fais pas en tant qu'auteur.

La 2eme, c'est que derrière cette fiction, il y a un auteur et derrière cet auteur il y a moi, un être humain et un cœur qui bat, avec ses problèmes, ses joies, ses peines. J'ai été un peu vexée par le commentaire de " Outch '' (je ne sais pas qui tu es) et très sincèrement, ça ne m'a pas donné envie de prévenir du retard. Oui j'ai mis du temps et j'en suis désolée. Je sais que ça peut être frustrant d'attendre mais je ne voulais pas me forcer et écrire qqc de nul. Alors deux mois c'est considérable mais j'espère que ça vaut le coup d'avoir attendu. J'avais besoin d'avoir les idées plus claires par rapport à ma propre vie pour redonner du sens à l'histoire de mes héroïnes.

Je ne suis pas du genre à laisser tomber et je déteste moi même commencer à lire une FF pour finalement découvrir qu'il n'y a pas de suite.

Je ne pense pas faire les 20 chapitres que j'avais prévu car je n'avais pas prévu d'en écrire des aussi longs, mais cette histoire qui a un début, connaîtra une fin. Je vous le promets. Mais je ne promets pas de délai rapide.

Je remercie Pau, Doupi, Chick et Annicounie pour leur compréhension de ces dernières semaines. Vous m'avez remotivées.

Merci à Yoruichii, moi aussi je t'aime ;)

Et merci à toutes les personnes qui me lisent sans commenter, vous m'êtes tout aussi précieuses.

Pour rappel, dans le chapitre précédent: Après une discussion sur la relation qui les uni suite à leur nuit mouvementée (San et Brit qui s'embrassent et Quinn et Rachel qui se disputent) Santana et Quinn décident d'aller voir leur bien aimée. Quinn retrouve Rachel à son hôtel et Santana retrouve brittany chez Puck. Que va t-il se passer?


Chapitre 6: Les mots qui soignent

Santana ne répondait plus de rien lorsqu'elle était en présence de Brittany. Encore une fois, son apparition l'avait comme subjugué et réduite au silence. Il était évident qu'en présence de la jolie danseuse, l'avocate de renom, coriace de surcroît , laissait tomber sa carapace et se laissait aller entièrement et sans condition. La séduction opérait constamment entre les deux jeunes femmes et le désir était là en permanence, lattent pourtant, comme s'il prenait plaisir a se faire attendre. L'heure était maintenant à la discussion car elles devaient parler de ce qu'il s'était passé entre elles la veille au soir. Elles devaient surtout évoquer les attentes de chacune pour l'avenir de leur relation, si relation il devait y avoir. Santana n'était pas certaine que le souhait de Brittany soit de démarrer une quelconque relation avec elle, et elle se refusait de se lancer dans une relation amoureuse à sens unique et vouée à l'échec. Brittany quant à elle, ne souhaitait en aucun cas être une simple conquête de plus dans la vie débridée de la latina. Sans le savoir elles attendaient la même chose, il était donc grand temps qu'elles se le disent.

Des fois, de simples mots peuvent changer toute une vie et soigner des maux enfouis en nous depuis trop longtemps. Le dialogue est sans doute la partie la plus importante dans le processus si complexe des relations humaines et ça, Santana le savait de trop sans l'avoir jamais appliqué à son propre cas. Pourtant, sa discussion avec Quinn l'autre soir lui avait ouvert les yeux. Elles avaient crevé un abcès qui n'avait que trop duré.

Sa relation avec Quinn allait d'ailleurs devoir être évoquée avec Brittany car Santana lui devait la vérité sur cette étrange amitié. Lisa allait aussi être un sujet de la discussion, sans doute le plus important et le plus lourd. De sa relation avec Lisa découlait son comportement amoureux. Elle allait devoir tout lui dire et se livrer entièrement à cette femme qui avait fait vibrer tout son être dès leur première rencontre. Mais elle avait peur de le faire, de peur de la perdre. Elle ignorait pourquoi, mais Santana sentait la nécessité de tout expliquer à la jeune femme, de faire preuve de la plus grande franchise. Comme un gage d'honnêteté, pour partir sur des bases saines qui feraient perdurer leur histoire aussi longtemps que possible.

Brittany de son côté était décidé de faire part de ses doutes et de ses peurs à cette femme qui était pour elle une découverte. Santana était la seule et unique femme a faire chavirer son cœur et tout son être. C'est ce qui lui faisait peur. La nouveauté. La découverte de sensations jusque là inexplorées et jamais ressenties. Elle éprouvait une attirance physique indéniable pour la latina et bien plus que ça, elle se sentait en osmose totale avec elle, comme si elle la connaissait depuis toujours. Elle ressentait le besoin d'être rassurée par Santana, le besoin de se sentir importante à ses yeux. Le besoin aussi de prendre la pleine mesure de ses sentiments, pour voir si tout ça n'était pas un simple moment d'égarement de sa part. Elle en était au fond convaincue, mais elle ne souhaitait pas la faire souffrir , ni souffrir elle même en retour. Alors elle allait devoir faire preuve de franchise. Et faire face à tout ce chamboulement.

Elles sont toujours debout l'une en face de l'autre au milieu du salon, chacune perdue dans le regard de l'autre, comme pour percer leurs pensées respectives.

Mais Santana ne supporte plus d'être là, dans cet appartement de mec, avec cette femme magnifique. C'est elle qui met fin au silence.

« J'ai très envie de discuter avec toi Brittany, mais pas ici. Cet appart me file le cafard. »

« Comme tu veux, je te suis. Mais Noah fait des efforts tu sais...»

Cette réflexion surprend Santana, comme si ce détail était important pour la blonde.

« Sans aucun doute, mais on mérite mieux pour notre première vraie discussion tu crois pas?»

« Tu veux bien me dire où on va alors? »

« Ça, ma belle, c'est une surprise. Viens »

Santana prend délicatement Brittany par la main pour l'emmener dans son endroit secret, celui qui scellera ou non leur relation.

« J'aime les surprises. »

« Alors j'espère que tu ne seras pas déçue. »

« Tant que tu reste avec moi, je ne peux pas me plaindre. »

Santana lui souris, un peu bêtement. Elle a l'impression de retourner en enfance tellement elle se sent impuissante face à la jeune femme. Elle se sent intimidée et gauche, loin de la Santana habituelle. Et pourtant, c'est bien l'effet que Brittany a sur elle. Un retour aux prémices de l'amour, à l'âge de l'adolescence.

« Ne me dis pas des trucs comme ça, je ne pourrais jamais t'y conduire sinon. »

« Tu ferais quoi à la place? »

« Je ne te le dirais pas, je ne veux pas me faire avoir ou te donner des idées. »

« Comme tu voudras. Je te suis... »

Au même instant, hôtel Palacio

Quinn a honte de son comportement de la veille et Rachel le sait. Cependant, elle ne s'attendait pas a trouver la jeune femme devant sa porte d'hôtel et encore moins aussi tôt dans la journée. Elle avait quitté une Quinn éméchée, les yeux brillants de colère, et le corps dénaturé par le liquide ingurgité. Elle retrouvait pourtant une Quinn en pleine possession de ses moyens, radieuse et rayonnante, à mille lieux de son état d'ébriété d'hier soir. Sans doute un tour de magie de la sauveuse Santana.

Quinn se tenait là, devant elle, en pleine forme, prête à se faire pardonner et ça non plus Rachel ne s'y attendait pas. Elle s' imaginait que Quinn était prête à se laissé enfermer dans son amour propre tellement elle la sentait indépendante et fière. Mais Rachel devait admettre qu'elle s'était trompé et elle en était ravie car elle même n'aurait rien fait pour renouer le dialogue, bien trop fière elle aussi et bornée pour couronner le tout.

Mais elle n'était pas femme a pardonner facilement . Elle a toujours estimé que le pardon se méritait et que la personne devait comprendre que tout ne peux pas être acquis d'avance et facile. Ce qu'elle ignorait cependant, c'est qu'un tel principe pouvait aussi se retourner un jour contre elle. A trop se faire désirer, elle pouvait aussi lasser et se retrouver toute seule.

Quinn quant à elle n'avait rien préparé, mais pas par excès de confiance, plutôt par dépit. D'après les dires de Santana elle avait peu d'espoir que Rachel accepte de lui parler si la Rachel d'aujourd'hui était la même que la Rachel du lycée. Alors Quinn est à présent bien embêtée et surprise que la chanteuse accepte la discussion. Il fallait maintenant qu'elle trouve les bons mots et ce n'était pas chose aisée pour elle, contrairement à Santana qui elle avait le dont de les sublimer. Si seulement elle avait pu l'envoyer à sa place, elle n'en serait pas réduite en cet instant à cette peur qui la tiraille.

Quinn pénètre dans la chambre à la suite de Rachel, se délectant au passage du parfum à l'odeur fleurie que cette dernière vient de libérer. A cet instant Quinn se dit qu'elle a très envie d'enfouir son visage dans le cou de la diva pour s'enivrer de son odeur et ne plus jamais se séparer d'elle. Rester ainsi à humer son odeur pour l'éternité. En cet instant, Quinn perçoit une lueur d'espoir. Pour la première fois depuis très longtemps, elle s'imagine une vie heureuse.

« Tu m'excuseras pour le désordre, je n'étais pas d'humeur a ranger en rentrant et je suis sortie tôt ce matin. Et je ne m'attendais pas à te voir. »

« Ne t'excuses pas, ça ne me dérange pas. C'est même plutôt à moi de m'excuser. »

« C'est pas faux. »

La journée risquait d'être longue pour Quinn. Elle savait que son salut ne passerait que par une sincérité totale et sans condition.

POV Santana

Je ne voulais pas rester dans cet appartement presque miteux, sans soin, dans ce salon sans âme. Puck ne vivant presque jamais chez lui, on ne ressentait pas vraiment de vie et ça me donnait le cafard. Je dois quand même avouer que la petite touche féminine ajoutée par Brittany redonnait un peu de peps à l'appartement. Un bouquet au mélange subtil de fleurs, formant un arc en ciel de couleurs posé sur la table basse du salon et un plaid rose bonbon jeté négligemment sur le canapé, dans lequel j'imaginais parfaitement Brittany s'emmitoufler le soir devant la télé. L'idée qu'elle ait pu se blottir ainsi dans les bras musclés de Puck me laisse un pincement au cœur, comme une pointe de jalousie irrépressible. Je ne souhaite qu'une seule chose: que ce soit dans mes bras qu'elle vienne se réfugier le soir.

Oui, j'ai ce désir de devenir la personne qui sera toujours là pour elle, pour tout, à chaque instant. Je veux devenir la personne la plus importante de sa vie et je veux aussi qu'elle devienne mon repère dans ma vie si mouvementée. Celle vers qui je rentrerais le soir, après une longue journée de travail. Celle qui me manquera quand je serais en voyage d'affaires et que j'aurais hâte de retrouver en revenant. Celle qui saura trouver les mots pour m'apaiser, celle pour qui je serais prête à déplacer des montagnes et gravir tous les obstacles un à un. Oui, j'ai décidé au moment même où mes yeux se sont de nouveaux posés sur elle dans ce salon, ne plus jamais la laisser partir. Ou tout du moins, de ne pas la laisser partir sans rien faire.

Nous avons quitté l'appartement depuis presque vingt minutes et nous roulons pour ma destination surprise. Je veux qu'elle apprenne à me connaître, qu'elle en apprenne plus sur ma vie, ou plutôt sur mon idée de la vie. Je l'emmène dans mon ilot de tranquillité. Un endroit magique où j'aime me ressourcer, ne penser à rien, ni à personne, et profiter des choses simples: le clapotis de l'eau, le chant des oiseaux , le bruissement des feuilles dans les arbres que le vent caresse et chahute, la vue d'un écureuil sautant et voltigeant d'arbre en arbre avec une dextérité déconcertante.

Cet endroit se situe à une quarantaine de kilomètres de Los Angeles. La Californie comporte énormément d'avantages, dont celui d'avoir la tranquillité à proximité. Avant ou après le travail, pour le week end, si vous avez besoin d'un grand bol d'air frais, vous l'avez à disposition, à condition d'aller le chercher. Et c'est justement en cherchant que j'ai trouvé un endroit merveilleux sur les hauteurs de Santa-Monica. Un endroit où la végétation est florissante, avec une vue dégagée sur l'océan à perte de vue.

La Californie offre le rêve et en même temps la tranquillité désirée.

J'aime prendre mon 4X4 et m'évader sur les hauteurs le temps d'un après-midi, d'une soirée, d'un week end ou même pour quelques heures. J'aime être là où personne ne pourra venir me déranger. Là haut je me sens libérée d'un poids .

Je m'étais promis de toujours m'y rendre seule jusqu'au jour où je rencontrerais une femme en qui j'aurais une totale confiance, avec qui je voudrais partager mon secret.

Et aussi dingue que cela puisse paraître, cette femme c'est elle, Brittany. Je ne la connais pas depuis longtemps, je ne sais pas grand chose d'elle, mais elle m'inspire une confiance jamais ressentie auparavant. Pas même avec Quinn qui n'a jamais vu ma retraite rêvée.

« Tu m'emmène loin? »

Ce sont les premiers mots qui viennent casser le silence serein qui s'était installé.

« Pas tant que ça, t'inquiète! »

« Je m'inquiète pas du tout, au contraire! »

« C'est vrai? Tu me fais confiance? »

« Et bien écoute, si tu as décidé de me tuer, me découper en morceaux et m'enterrer dans les montagnes, que puis je y faire? »

Je la regarde médusée.

« Je plaisante San! Bien sûre que je te fais confiance. Je sens que je vais aimer cet endroit! »

« Avant d'y arriver on va s'arrêter dans la prochaine ville pour s'acheter à manger. Je t'offre un picnic dans la montagne! »

Elle se met à sautiller sur son siège, comme une gamine devant un étal de bonbons. Sa candeur me charme un peu plus.

« Superbe idée! Merci San! »

« C'est vrai? T'es contente? »

« Arrête de te demander si je vais aimer, apprécier ou si je vais bien...Je sais que je vais aimer parce que je suis avec toi et c'est tout ce qui compte. Je suis bien ici avec toi. Je serais bien là bas, toujours avec toi. J'ai tout ce dont j'ai besoin en cet instant. »

Je ne sais même pas quoi répondre. Je suis simplement touchée.

« Non seulement je te réduits au silence mais en plus je te fais rougir. T'es trop mignonne. »

« Brit, je peux aussi changer d'avis et effectivement d'enterrer là haut dans la montagne... »

« Ok je me moque plus. »

Nous retournons dans notre silence pourtant si parlant.

Les kilomètres défilent en même temps que mes sentiments pour elle. Comment expliquer cette communion entre nous? Ce lien qui nous unie alors que l'on se connaît si peu?

POV Quinn

Je savais que Rachel ne me pardonnerait pas en cinq petites minutes. Il ne suffisait pas de lui demander pardon, et de trouver des excuses légères. Mon comportement de la veille n'avait rien d'anodin et ma relation avec Santana était réellement problématique, dans une certaine proportion en tout cas. Même si tout était maintenant clair pour moi, pour Rachel il allait être difficile de comprendre que tout s'était réglé en une nuit. C'était pourtant le cas, Santana avait su trouvé les mots pour me faire ouvrir les yeux. Je suis cette femme que j'assume enfin, tellement apeurée par la solitude qu'elle se cherche un substitue d'amour en la personne de sa meilleure amie. Si Santana était vraiment la femme de ma vie, nous aurions déjà des enfants et nous serions mariées. Il est évident que je me voile la face depuis des années. Pourtant je ne regrette rien, sinon la vie ne m'aurait pas mené jusqu'à Rachel et cette chambre d'hôtel.

« Je suis sincèrement désolée Rachel, je me suis comportée comme une idiote et je regrette de t'avoir blessée. »

« Est ce qu'au moins tu te souviens de ce que tu m'as dit? »

« Pas dans les détails, je te l'avoue sincèrement, mais l'idée générale oui. Comprends bien que quand je bois, je ne suis plus vraiment Quinn Fabray, mais bien l'ombre de moi même. »

« Quinn, l'alcool désinhibe, donc quelque part, ce que tu m'as dit , les sentiments dont tu m'as parlé, ceux qui sont au plus profond de toi, tu les ressens et l'alcool t'a aidé à les exprimer. »

« Non, quand je bois, quand je suis saoule, je m'autodétruit, je fais ou dit l'inverse de ce que je suis vraiment, de ce que je ressens réellement, comme pour m'empêcher d'être heureuse.

« Tu es en train d'essayer de me dire que tu n'es en fait pas amoureuse de Santana? »

« Non, j'essaie de te dire que hier soir, j'ai voulu t'éloigner de moi, pour que ma vie soit simple. »

« Et c'est en me disant ça que tu compte te rattraper? »

Je dois dire qu'effectivement, vue sa mine dubitative, je n'ai pas été très maline. Maladroite serait le mot parfait pour me définir.

« En temps normal Quinn, je t'aurais viré de ma chambre, sans condition, sans ménagement. Et même si c'est l'envie qui prédomine en ce moment même, j'ai la ferme intention d'attendre que tu trouve les mots justes pour m'expliquer. J'ai envie de te comprendre, j'ai besoin de savoir ce que tu cache sous tant de fragilité et de maladresse. »

Un bon point pour moi car je vais avoir besoin de toute sa patience. Je tente malgré tout d'enchaîner.

« Ce que je tente de t'expliquer, c'est que je suis allergique aux relations humaines et au bonheur. J'ai l'impression d'être incapable de tisser des liens avec une autre personne. Toute ma vie j'ai fui les histoires d'amour. Toute ma vie j'ai refusé d'être aimée par une femme. »

« Sauf par Santana... »

« Mais Santana ne m'aime pas comme tu l'entends. Et je ne l'aime pas non plus ainsi. Et avec elle c'était simple justement, il n'y avait pas ces sentiments qui me font si peur. Il n'y a jamais rien eu de sérieux, si ce n'est notre amitié. Elle n'a jamais rien attendu de moi et je n'ai jamais rien attendu d'elle, me contentant de ce qu'elle m'offrait, quelques jours dans l'année. »

« Pourtant, tout ça paraît plus complexe vu de l'extérieur, tu le vois ça quand même? »

« Je sais. On a une relation fusionnelle car nous nous sommes attachées et habituées l'une à l'autre. Je me suis réveillée un matin, lors d'une de ces journées new-yorkaise brumeuses et triste à mourir. Ces journées que toi tu aime tant. Et ce matin là, j'ai eu tellement envie d'être amoureuse de Santana pour enfin ne plus être seule, que je m'en suis persuadée. Quand j'ai eu enfin le courage de le lui dire, j'ai fait ta rencontre dans cet avion et tu as changé ma vie. »

« Elle avait pourtant pourtant l'air au courant de tes intentions hier soir. »

« Oui, je lui en ai fait part il y a trois jours. Je me suis rendue compte que notre rencontre avait fait naître des sentiments que je n'avais encore jamais effleuré du doigt. C'était si soudain et si évident que j'ai pris peur. J'ai voulu les refuser et j'ai préféré me convaincre que Santana et moi avions une chance. »

« Mais elle elle ne voit pas les choses de cette manière... »

« Elle m'a simplement ouvert les yeux mais comme je suis du genre très têtue et allergique au bonheur, hier soir, j'ai replongé dans mes conneries, comme toujours. Tout ça me fait peur. Je te jure, j'ai une peur bleue de t'aimer. J'ai l'impression que si je me laisse allée à mes sentiments, si j'enlève toute mes barrières, si je te laisse entrer dans mon cour, fatalement je souffrirais et je te ferais du mal en retour. Et crois moi, je ne veux pas souffrir comme j'ai souffert par le passé. »

« Pourquoi je te ferais du mal Quinn? Pourquoi as tu si peur de l'amour? Qu'est ce que tu as vécu dans ce passé pour que tu deviennes si méfiante? »

« Déjà, saches que personne n'a besoin d'une raison valable pour faire du mal. »

« Moi si! »

« Crois moi, la vie m'a appris que n'importe qui en est capable. Et tu n'as pas envie de savoir comment je le sais. »

« Je pense que tu n'es pas en mesure de décider à ma place, tu es même mal placée pour le faire. J'ai envie et même besoin de te connaître et de comprendre qui tu es et comment tu es devenue celle que tu es. Et mon seul moyen, c'est que tu me racontes ce que la Quinn du passé a vécu pour être la Quinn qui est en ce moment même devant mes yeux. »

Je sens toutes les barricades tombées les unes après les autres face à celle dont je tombe définitivement amoureuse. Ce que je m'apprête à lui révéler n'est jamais sortie de ma bouche, et encore moins de mon cœur depuis exactement quatorze années. Santana ne sait rien de cette histoire, c'est pour dire à quel point elle me paralyse. Je suis sur le point de tout dire à ce petit bout de femme qui refait battre mon cœur, d'un simple sourire, d'un simple regard. De cet instant va dépendre le reste de mon existence.

POV Santana

J'ai toujours une couverture dans le coffre de ma voiture. Je sais que ça peut vous surprendre venant de moi mais qu'importe, c'est pourtant la vérité. Pour tenir le choc dans cette vie trépidante et stressante j'ai besoin de mon échappatoire et comme l'envie peut me prendre à n'importe quel moment, je garde un kit de survie à ma disposition. Un kit de survie pour Santana Lopez c'est quoi? Et bien disons qu'il y a la couverture, le panier à provision que je rempli en cours de route, des allumettes et mon Ipod.

Nous nous sommes donc arrêtées sur le chemin afin d'acheter le nécessaire pour une survie culinaire en montagne. On en apprend beaucoup sur une personne rien qu'en découvrant ses goût pour la nourriture. J'ai découvert une femme qui détient encore son âme d'enfant ce qui est un trésor trop rare. Brittany a tenu absolument à prendre des bonbons et du soda. Je me suis occupé de la partie nourrissante, pendant qu'elle s'extasiait devant les centaines de sortes de bonbons à sa disposition.

« San, non mais regardes moi ça, ne me dis pas que tu ne connais aucun de ces bonbons! »

« Aucun Brit, c'est pour ça que je vais te laissé gérer ce choix là . Ce sera mon baptême gustatif sucré! Tu aura l'honneur de le célébrer! »

« Cool! Je peux prendre du nutella aussi?

« Tout ce que tu veux Brit... »

Après réflexion, j'aurais peut-être dû l'accompagner parce qu'avec les provisions qu'elle nous a faites, je pense frôler la crise de foie d'ici ce soir. Je pourrais très bien être raisonnable mais ça va surtout dépendre d'elle et de sa volonté. Parce je ne suis pas sûre de savoir lui résister.

Nous ne sommes plus très loin de mon petit paradis sur terre et je sens le stress qui commence à monter en moi. C'est comme si je lui faisais découvrir pour la première fois ma maison. J'ai envie qu'elle s'y sente bien, comme moi. Parce que si tel n'est pas le cas, je serais obligée de m'y rendre seule et j'ai ce sentiment qui ne me quitte plus, que je ne vais plus pouvoir me séparer d'elle.

Sa voix me sort de mes pensées, toujours aussi douce et apaisante.

« Je ne sais pas où tu m'emmène San, mais je sens que je vais aimer. La nature à perte de vue, le calme, la douceur de l'air. Je sens que je vais être bien là bas avec toi. »

Ce qu'elle me dit me laisse un peu rêveuse et pleine d'espoir. J'ai envie d'y croire.

« San? Où es tu? »

« Excuses moi, je rêvais! »

« De quoi? »

« De toi! »

« C'est vrai? Racontes moi! »

« Non mais je te dirais plus tard si mon rêve s'est réalisé ou pas d'accord? »

« Mouai.. Promis? »

« Promis! Et tu ne vas pas tarder à le savoir car nous arrivons. »

Le paysage qui s'offre à nous est à couper le souffle. Nous sommes arrivées en haut d'un col qui nous offre une vue sans fin sur l'océan d'un bleu immaculé. Autour de nous une végétation dense et verdoyante qui nous dépayse totalement de la grisaille de la ville et de son trafic fou. Les yeux pétillants de joie de Brittany me confortent dans l'idée que j'ai eu raison de l'emmener ici. J'ai même la sensation que je n'y retournerais jamais plus sans elle. Je ne veux plus jamais revenir ici toute seule. Je veux voir éternellement ses yeux ébahis devant ce spectacle que nous offre la nature. J'aime ce contraste entre LA et ici. J'aime éperdument cet endroit apaisant et reposant. J'aime me poser sur ma couverture pendant des heures durant, à ne rien faire, même pas penser, a regarder la mer , les papillons voler, écouter les oiseaux chanter, le bruit du vent dans les arbres, sentir la douceur de l'air sur ma peau. Et maintenant, j'aime être là avec elle.

Nous installons nos victuailles et la couverture avant de nous asseoir côte à côte, les yeux tournés vers la mer.

« C'est merveilleux comme endroit San! »

« C'est vrai, tu aimes? »

« Non, je n'aime pas, j'adore. J'ignorais qu'on pouvait trouver un tel havre de paix à quelques minutes de Los Angeles. »

« C'est mon petit secret. »

« Comment tu as trouvé cet endroit? »

« Disons que j'ai souvent besoin de souffler, et venant d'une petite ville de l'Ohio où ce genre de lieux est facilement à ma portée, il m'a vite été nécessaire d'en trouver un. Et c'est en cherchant, en essayant différents endroits que j'ai atterri un jour ici. »

« Et tu ne l'as plus jamais quitté? »

« Non, plus jamais. Et crois moi, il m'a sauvé la vie plusieurs fois! »

« A ce point? »

Comment lui dire que j'ai en moi une souffrance jamais pansée qui m'a souvent donné des idées noires, dans les épisodes les plus sombres de ma vie? Comment lui dire que j'aime une autre femme depuis presque toujours et que je l'aimerais sans doute toute ma vie?

« Disons que je ne suis pas épargnée par la souffrance et le surmenage alors venir ici devient parfois une étape obligatoire pour ne pas que je devienne folle. »

Elle penche sa tête délicatement et je vois dans sa moue et dans ses yeux qu'elle s'attriste pour moi. Je ne veux pas qu'elle ait pitié de moi.

« Non mais ne fais pas cette tête, je vais bien. »

« Oui mais l'idée que tu puisses pleurer ça me rend triste. »

« Alors on va parler d'autre chose et tu vas rire! »

« Tu veux pas me dire ce qui te rend triste? »

« On a plein de bonbons à manger avant! »

« Ils peuvent attendre non? »

Ils peuvent sans doute attendre oui. Moi aussi je peux attendre, voir ne jamais lui en parler et profiter de la vie à ses côtés sans parler de ce qui me rend triste.

Je sais ce que vous vous dites, ce n'est pas la solution. Pas cette fois.

POV Quinn

J'ai une boule dans le ventre. Mon histoire n'est pas anodine et ma souffrance est bien réelle. Elle doit comprendre que si je le lui dit, c'est qu'elle a de l'importance pour moi et je ne le ferais pas si je n'espérais pas vivre un bout de chemin ou toute une vie avec elle. Ce que j'ai a lui dire est une fêlure que j'aurais à vie et si je dois vivre avec elle éternellement, elle devra vivre avec aussi. Je ne veux forcer personne. Je ne veux rien imposer à qui que ce soit. De mon passé découle mon présent et ma façon d'être et de réagir aujourd'hui.

« Tu pourrais prendre peur Rachel. »

« Alors ce sera un bon test. »

« Un bon test? »

« Oui, si je ne fuie pas, c'est que je nous méritons une chance. Si je m'en vais, alors l'histoire sera close. »

« Et si je ne te dis rien? »

Ma question la fait réfléchir. Elle cherche ses mots, comme si elle avait peur de donner une mauvaise réponse..

« Disons que le chemin sera plus long. »

Je n'ai pas envie d'emprunter un autre chemin, un chemin plus long et sans doute plus compliqué. Je ne veux pas qu'elle me devine, je préfère qu'elle sache qui je suis et pourquoi je suis comme ça.

Je prends une grande inspiration, le temps de trouver le courage qui me manque encore.

« Je ne te jugerais pas Quinn, je ne suis pas comme ça. »

Elle me caresse l'épaule et ce geste me rassure.

« Ok! Ok! Lorsque j'étais en deuxième année de lycée, je suis tombée enceinte d'un garçon tout a fait charmant. J'étais très amoureuse, j'ai cru à ses promesses, mais très vite, il est devenu agressif et distant. Il a fini par m'abandonner quelques semaines avant la naissance du bébé. »

Je sens Rachel abasourdie par cette nouvelle. Elle devait s'attendre à tout sauf à ça. Je sais qu'il doit y avoir plus grave comme histoire, mais c'est mon histoire et elle m'a fait du mal. Trop de mal. Je sens son envie de me prendre dans ses bras, pourtant elle n'en fait rien.

« Et tu as fais quoi après ça? »

« J'ai mis cet enfant au monde. J'étais seule car ma famille m'a tourné le dos suite à l'annonce de ma grossesse. Et en étant seule, je n'ai pas eu le courage de garder ce bébé qui me tendait les bras. J'ai abandonné ma fille Rachel, je l'ai abandonné pour me laissé une chance dans cette vie, et surtout, pour lui en donné une à elle. Une femme absolument merveilleuse l'a adopté. »

Je sens un poids quitter mes épaules et soulager mon cœur à une vitesse incroyable. Comme si le dire libérer une partie de moi.

« Je suis tellement désolée. Je n'imagine pas la détresse dans laquelle tu as du être après ça. »

« Personne ne peut l'imaginer, personne ne peut se mettre à ta place dans un instant pareil. Tu es seule et tu te sens comme une merde. Tu as envie de mourir. »

« Comment tu as fait pour surmonter tout ça? »

« Disons que je ne l'ai pas complètement surmonté. Je me suis contenté de survivre à ça. Dans un premier temps, les gens de l'hôpital ont été d'une aide incroyable. Les infirmières ont tout fait pour me déculpabiliser et m'aider à me redonner une image saine de moi même. Elles m'ont mise en relation avec une psy qui m'a bien aidé. J'ai repris mes études, retrouvé mes amis et ma mère quelques mois après. »

« Ta mère? »

« Oui, c'est mon père qui l'avait coupé de moi et elle ne l'a plus supporté. Elle a divorcé et m'a rouvert ses bras. Je ne l'ai pas accepté au début mais finalement, avec du temps, notre relation s'est améliorée. »

« J'imagine qu'il y a un mais? »

« Effectivement oui, il y a un mais. Un peu avant la fin du lycée j'ai fait pas mal de bêtises qui m'ont compliqué un peu plus l'existence. J'étais vraiment mal jusqu'à l'apparition de Santana qui m'a redonné goût à la vie et m'a aidé à retrouver le sourire, comme je l'ai aidé a retrouver le sien. Et puis surtout, je vois ma fille de temps en temps lorsque je suis à New-York. »

« C'est vrai? Mais c'est génial ça! »

Son enthousiasme me réconforte.

« Des fois je me dis que c'est une erreur car je reste dans le passé, mais en même temps j'ai besoin de la voir et de savoir qu'elle sait qui je suis et qu'elle connait notre histoire. »

Je la sens se rapprocher irrémédiablement de moi. Sans même qu'elle s'en rende compte, pendant mon récit, elle s'est saisie de ma main, comme pour me donner du courage.

« Je peux te confier un secret Quinn? »

« Bien sûre que tu peux. »

« J'ai vécu un peu la même chose, sauf que je l'ai vécu dans la peau de ta fille. J'ai été adoptée moi aussi. Pas par une femme admirable mais par deux hommes extraordinaires. »

Cette nouvelle me souffle complètement et me fait me sentir encore plus proche d'elle.

« Tu veux me raconter? »

« Ils te le raconteraient mieux que moi et puis je ne connais ni ma mère, ni mon père biologiques. »

« Et tu n'en as pas envie? »

« Disons que cette envie m'a abandonné le jour où j'ai su qu'elle était en prison pour avoir tué mon père. »

« Je ne m'attendais pas à ça. »

« C'est parce que nous avons encore plein de choses à découvrir l'une sur l'autre. »

« Il semblerait oui. »

Effectivement, je me rends compte que je ne la connais pas vraiment mais il semblerait que Rachel n'est plus ce monstre d'égoïsme dépeint par Santana . Elle m'a écouté, elle m'a comprise et elle m'a soutenue. Elle a agit avec empathie alors que je l'imaginais s'emporter sans prendre la peine de m'écouter. Je ne peux m'empêcher de penser à une réconciliation entre les deux femmes qui comptent le plus pour moi. Quand le moment sera venu, j'en toucherais un mot avec ma meilleure amie.

Rachel m'a bluffé et mon attirance pour elle n'en ressort que plus intense et plus forte. Et en cet instant, cette attirance en devient même insoutenable. L'espace réduit de la chambre d'hôtel rend cette sensation plus évidente encore. J'éprouve l'envie de me laissé aller complètement et entièrement pour profiter de chaque instant que la vie m'offre à ses côtés.

« Tu as l'intention de m'embrasser Quinn Fabray? »

« Ça se pourrait effectivement... »

POV Santana

« Prends ton temps San.. »

« J'aime quand tu m'appelle comme ça. »

« Et j'aime t'appeler comme ça, j'ai l'impression de te connaître depuis toujours. »

« Moi aussi. »

« Alors n'aies pas peur de moi. »

Je dois absolument me lancer.

Je souffle un bon coup.

« J'ai aimé éperdument il y a très longtemps. Peut-être trop pour mon âge. Je pensais finir ma vie avec elle et malheureusement ce n'est pas le cas. »

« Que s'est-il passé ? »

Je sens les larmes montées, prêtes à m'emporter dans une abîme de tristesse. Je voudrais tellement lui montrer mon bonheur d'être avec elle, mais le souvenir de Lisa me revient droit dans le cœur et me kidnappe. La crainte de lui faire peur et qu'elle fuie après ça me terrasse. Les mots restent bloqués dans ma tête, incapables de sortir.

« Tu n'es pas obligé de me raconter tu sais. Mais pour que ça te bouleverse à ce point, c'est que la fin a dû être dramatique. Bien plus dramatique que ce que je viens de vivre n'est ce pas? »

Je parviens quand même à lui faire signe de la tête qu'effectivement, c'est le cas. La fin de notre histoire s'est finie dans le drame le plus absolu.

Je la sens se tendre à mes côtés. Elle va partir, m'abandonner. Elle ne doit pas se sentir prête à surmonter le fantôme de Lisa. Et je la comprend. En serai-je capable moi?

« Elle est morte c'est ça? »

Cette phrase raisonne en moi et mon regard se tourne indubitablement vers elle. J'ai envie qu'elle voit ma souffrance du souvenir, mais aussi, et encore plus, mon bonheur de l'avoir à mes côtés. J'ai besoin qu'elle sache que je ne veux pas la perdre et que sa présence me fait du bien.

« Oui... »

Elle se jette sur moi et m'enlace. Sa spontanéité me surprend et me ravie.

« Je suis désolée San, vraiment. C'est horrible. Pardon. »

« Pardon? »

« Oui, de te faire te rappeler des mauvais souvenirs. »

« C'est rien Brit. Vraiment. En plus, j'ai pas besoin de toi pour m'en rappeler. Elle ne m'a jamais quitté jusqu'à maintenant. »

« Et elle ne te quittera jamais. C'est normal. »

« Si. Un jour, si. »

« Non, parce qu'elle fait partie de toi et que tu n'as pas choisi cette fin. La vie ne t'a pas laissé le choix. »

« C'est pas rassurant ça. »

« Ça ne t'empêchera pas d'aimer quelqu'un d'autre et d'être heureuse. Mais ce quelqu'un d'autre devra faire avec cette autre femme. »

Est-ce un sous entendu pour me dire qu'elle l'accepte et qu'elle n'en a pas peur? Que elle, elle est prête a vivre avec ce fantôme?

« Tu veux me raconter ce qu'il s'est passé? »

Lui raconter l'exactitude des évènements au risque de la choquer ou lui raconter dans les grandes lignes et omettre certains détails? Je ne veux pas que cette histoire gâche notre picnic, notre tout premier rendez-vous après le premier avorté.

« Avant de te le dire, j'ai besoin de savoir quelque chose. »

« Demandes moi tout ce que tu veux! »

J'espère qu'elle ne regrettera pas cette phrase car ce que j'ai à lui demander n'est pas une question facile.

« Que voulait dire ce baiser hier soir? »

Je la vois rougir et se renfrogner. Cette réaction pourrait me toucher mais au contraire, elle me fait peur. Peut-être suis-je trop directe.

« Tu n'es pas obligée de répondre Brit. Excuses moi d'être aussi directe. Oublies si tu veux.»

« Je ne veux pas oublier, mais pourquoi as tu besoin de savoir ça avant de me raconter ton histoire? »

« Ce n'est pas le genre d'histoire que je raconte à la légère, à n'importe qui et n'importe comment. Je veux savoir si je peux me laisser complètement aller avec toi, si ce baiser voulait dire quelque chose, si nous allons quelque part ensemble toi et moi. »

« Je ne pense pas être n'importe qui, justement parce que je t'ai embrassé, car je n'embrasse jamais n'importe qui, n'importe comment, et n'importe quand. »

« Donc ce baiser voulait dire quelque chose? »

« Plus que tu ne l'imagine. J'en avais envie, depuis le premier jour. Et hier soir, mon envie a été plus forte que tout. »

« Plus forte que la tempête... »

« Exactement, bien plus forte que la tempête. »

« Pourquoi est ce que tu t'es enfuie alors? »

« Parce que j'ai eu peur. »

« Mais peur de quoi? J'embrasse si mal que ça? »

« Arrête tes bêtises! C'est justement l'inverse. »

« Parce que j'embrasse trop bien alors tu as eu peur de ne pas être à la hauteur? »

Elle rigole, se libérant complètement, posant sa tête sur mon épaule quelques secondes et saisissant ma main furtivement. Ce contact me ramène à ce baiser époustouflant. Un baiser que je sais unique et jamais vécu auparavant. Je sais que la puissance de notre échange hier soir était de l'ordre du surnaturel, une sensation que vous ne pouvez vivre qu'une seule fois dans votre vie. J'ai culpabilisé hier soir de penser ça car j'avais l'impression de tromper Lisa et de ne pas lui rendre justice. Mais là, en cet instant, de me retrouver à côté de Brittany, je sais que cette sensation était bien réelle. Je n'avais vraiment jamais ressentie ça avant. Ce baiser m'a complètement retourné. J'ai été prise dans un tourbillon de bonheur qui m'a vraiment fait oublié Lisa pendant quelques secondes. Pourquoi culpabiliser? Pourquoi ne pas simplement m'en réjouir? Il faudra bien que je m'autorise d'aimer à nouveau un jour. Lisa est partie mais elle sera toujours présente en moi, bien plus qu'un simple souvenir.

« Santana, si j'ai fuie hier soir, c'est parce que ce que j'ai ressentie était nouveau pour moi. Tu es la première femme que j'embrasse, et ce que ce baiser à provoquer en moi est complètement déstabilisant. Tu t'imagine un peu? Je t'embrasse fougueusement, comme dans un film de cinéma et la seule chose à laquelle je pense à ce moment là, c'est à quel point j'ai envie de toi. Alors oui, j'ai pris peur. »

Je souris et je ne peux empêcher ça. J'ai même envie de rire de bonheur.

« Tu as eu peur de quoi? »

« De ne pas être à la hauteur. De ne pas te plaire. Ou même de faire fausse route. D'être embarquée dans une histoire où cette fois c'est moi qui ferait souffrir. »

« T'es sérieuse? »

« Oui, mais maintenant je sais que je ne te ferais pas souffrir, parce que je sais aujourd'hui que mon envie était sincère. »

« Viens là... »

Je lui fais signe de se rapprocher de moi tout en m'allongeant sur la couverture. J'ai besoin de la prendre dans mes bras, de la rassurer. J'éprouve surtout l'envie de la sentir tout contre moi.

Elle vient donc se lover contre mon corps. Sa tête enfouie dans mon cou, sa jambe droite s'enlaçant à ma jambe gauche, son bras sur mon ventre. Mes deux bras viennent l'enlacer avec force et tendresse.

« Brit, ce baiser, tu n'as pas idée du pouvoir qu'il a eu sur moi. »

« Racontes moi. »

Je dépose un baiser appuyé sur son front. Je la sens sourire. J'aimerai rester là, avec elle, éternellement.

« Je n'avais jamais ressenti ça avant, avec une telle force. »

« Et Lisa? »

« Justement, tu me l'as fait oublier le temps de ce baiser. Je vais être honnête, j'ai culpabiliser juste après. Mais je me rend compte qu'en fait, je dois vivre ma vie. Rien ne la fera revenir et je ne peux donc pas m'empêcher d'être heureuse. J'ai droit au bonheur, tout comme toi. »

« Tu veux bien que ce soit moi qui te rende heureuse? Qu'importe le temps où tu m'y autoriseras? »

Je sens les larmes revenir me capturer. Fichues larmes. Mais ce sont cette fois des larmes de bonheur. Je suis par dessus tout touchée. Je n'ai pas à lui autoriser de m'aimer. Je n'ai même pas le choix. C'est bien ça n'est ce pas? En amour on ne choisit pas. L'amour vous prend et ne vous lâche que quand il en a lui même décidé. Ou jamais. Mais je crois qu'il ne nous laisse aucune échappatoire. Cette femme m'a littéralement embarqué dans son cœur sans l'avoir voulue, sans l'avoir cherché et j'en ai fait de même avec elle. Dès la première rencontre. Sans préavis. Tel la flèche de Cupidon.

« J'ai envie que ce soit toi Brit. Je le veux vraiment. »

Elle se relève légèrement et me regarde. Si vous saviez le pouvoir de son regard sur moi. Ses yeux du même bleu que l'océan devant nous, à perte de vue. J'ai l'impression de me noyer dedans. J'y lis une envie que je partage amplement avec elle. Je me relève légèrement aussi, de sorte de me retrouver face à son visage angélique. Ses lèvres à la portée des miennes.

« Tu vois San, mon envie d'hier soir ne m'a toujours pas quitté. »

Ses lèvres font le reste du chemin jusqu'à moi et viennent caresser les miennes avec une infinie douceur. Ce n'est pas le baiser de la veille, qui lui était précipité, maladroit et fougueux. Celui-ci est tendre, doux et puissant. Nos langues ne s'effleureront même pas. C'est un baiser d'amour, rempli de promesses. Sa main caressant en même temps ma joue, rassurante.

Elle met elle même fin à cet échange, souriante.

« Mais cette fois, je ne fuirais pas. »

« En même temps, ça te sera difficile cette fois... »

« Saaan! Je suis sérieuse! » me dit elle en me donnant une tape sur l'épaule.

« Je sais. »

« Tu veux bien me raconter ton histoire? »

« Maintenant que je sais que tu es folle de moi, avec plaisir. »

« C'est rien de le dire... »

Elle retrouve sa place dans mes bras, prête à m'écouter.

« Ce n'est pas une histoire facile à entendre, je veux que tu le saches. »

« Je suis prête. Je me sens rassurée dans tes bras. »

« Et moi rassurée dans les tiens, prête à surmonter toutes mes émotions. »

Elle attend patiemment que je sois prête. Elle ne me force pas, ne me presse pas. Elle attend simplement, au chaud, tout contre moi.

« Elle a été prise dans une fusillade à l'université. Ici en Californie. »

« Quelle horreur! Et toi tu étais où? »

« Encore au lycée. »

Je passe l'heure suivante a lui raconter l'histoire de Lisa, notre histoire. Elle est d'une écoute incroyable. Et d'une empathie que j'ai rarement vue.

Nous piqueniquons dans la joie d'être ensemble. Les rires et les silences s'entrecoupent de discussions en tous genres. Nous sommes seules au monde, le bonheur parfait en somme, jusqu'à ce que le temps se remette à l'orage et ne vienne contrecarré mes plans. Le ciel s'assombrit, les nuages refont leur apparition cachant instantanément les rayons du soleil qui parvenaient jusqu'alors à transpercer le ciel. Des gouttelettes d'eau viennent s'écraser sur nous, mettant à mal notre après midi radieux.

« Brit, j'espère que tu cours vite car l'orage va s'abattre sur nous, on va devoir déguerpir. »

« Plus vite que toi sans aucun doute! »

« Tu me défis là! »

Nous regroupons nos affaires à toute vitesse mais les gouttelettes se transforment en pluie à une allure vertigineuse. Il est quatre heure de l'après-midi mais le temps s'est assombri considérablement, nous laissant penser que la nuit est déjà tombée. Arrivée à la voiture, nous sommes déjà trempées. Elle avait raison, elle court plus vite que moi. Sans doute grâce à ses jambes musclées et infiniment plus grandes que les miennes. Malgré mon entraînement quotidien et un sparing partner de choc en la personne de Djeko, je n'ai pas fait le poids, elle m'a laminé de trois bons mètres.

« Je suis presque déçue Melle Lopez! »

« Rentres vite dans la voiture tu te moqueras de moi plus tard! »

« J'ai envie de rester sous la pluie, ça me rappelle hier soir! »

« Rentres, tu vas attraper la mort! »

« Et si je veux pas? »

« Briiiiiit! »

Elle s'éloigne du 4X4, dansant sous la pluie, s'envolant presque dans les airs, telle une danseuse étoile.

« Brit, reviens ici! »

« Non! »

« Je ne viendrais pas te chercher! »

« Dommage! »

« Brit! »

« Oui? »

« Grrrrrrrrr »

Comment résister? Pourquoi résister surtout? Que pourrait-il nous arriver de grave? Nous sommes ensemble, sous une pluie battante, heureuses et une voiture à notre disposition si l'envie nous prenait de nous mettre à l'abri. Ce n'était pourtant pas dans les idées du moment de Britanny.

Je me dirige donc vers elle, l'eau dégoulinant sur moi et trempant mes vêtements. Mes cheveux ne ressemblent sans doute plus à rien, mais je m'en fiche, elle est là, face à moi, trempée elle aussi, riante et aux anges.

« Tu danse avec moi? » me dit elle.

Je m'approche d'elle sans rien dire, je ne veux pas danser avec elle, pas maintenant.

« Un autre jour et avec grand plaisir Brit »

Là, j'ai simplement envie d'elle. J'ai simplement envie de la prendre dans mes bras, de l'embrasser et de lui montrer à quel point je tiens déjà à elle.

Elle s'arrête de danser en me voyant arriver, se figeant sur place, un immense sourire sur les lèvres. Elle attend sa sentence. Je saisi ses joues de mes mains et plaque mes lèvres sur les siennes pour un baiser appuyé, un baiser avide et pressé. Je lui demande l'autorisation et elle cède immédiatement, n'y tenant plus. Sa langue se lie à la mienne pour une danse effrénée et sans fin. Sa main glisse sur ma nuque, les miennes s'enroulent autour de son cou et nous voilà ainsi soudées l'une à l'autre, comme imbriquées à la perfection. Les gestes sont précis, l'intention évidente et l'envie palpable.

« San... »

« Mmmmh » Puis-je à peine articuler.

Elle met fin à ce fiévreux baiser et plante son regard plein de luxure dans le mien.

« Si on allait chez toi? »

Le message est clair et j'ai même du mal a réaliser ce qu'elle vient de me faire comprendre.

« Tu es sûre? »

« Non, mais j'en ai envie... »

« Alors viens.. »

Je lui tends ma main et elle la saisie avec force. Elle tremble mais j'ignore si c'est à cause de la pluie qui l'a complètement mouillée, ou si c'est parce qu'elle a peur.

Je me mets à courir vers la voiture, Brittany dans ma foulée et nos mains se défont afin de pénétrer à l'intérieur, bien au chaud.

« Pourquoi tu tremble? »

« Parce que j'ai peur. »

Je viens spontanément l'embrasser afin de la rassurer.

« On ne fera rien qui pourrait t'effrayer. On ne fera rien tant que tu ne seras pas prête. On a toute la vie devant nous tu sais. Je ne suis pas pressée. »

Elle pose sa main sur la mienne qui se trouve sur le levier de vitesse, et me dis ces mots qui me mettent dans un état second instantanément.

« San, démarre cette voiture et emmène moi où tu veux car si toi tu n'es pas pressée, moi je le suis. »

Je démarre en trombe et lance la voiture sous une pluie battante en direction de la maison de la plage, plus heureuse et pressée que jamais.


Dans le prochain chapitre, préparez vous à du ''hot'' :D