Ce soir je joue à déterrer mes fics. C'est toujours rigolo pour se vider le dedans de la tête.

Oh, et je suis officieusement en quarantaine aussi. Donc malade. Et mes publications risquent d'être ralenties du coup.

Dans cet épisode, des retrouvailles, un mutant et du mucus ! Bonne lecture !


Lorsqu'on frappa à la porte, quelques heures plus tard, elle s'était attendue à tout, sauf à Gakupo. Surtout avec sa paire de chaussettes en lambeaux à la main.

- Tu peux m'expliquer ça ? demanda-t-il d'un air mauvais.

Luka hésita un instant à lui claquer la porte au visage mais chassa bien vite cette idée en voyant qu'il allait rajouter quelque chose et préféra lui intimer le silence.

- Elle dort, déclara-t-elle en posant un doigt sur ses lèvres.

Elle s'écarta afin de le laisser passer, avec un peu de réticence, elle devait se l'avouer. Elle tenait enfin l'occasion d'être seule avec Gumi depuis plusieurs jours et voilà que Gakupo se ramenait.

- C'est le studio qui m'a appelé, fit le coach en retirant sa veste. Il paraît que tu as été infernale.

- Tu sais à quel point les gens peuvent exagérer les choses, marmonna-t-elle en se frottant l'arrière du crâne.

- Et celle qui réclamait un bébé léopard n'a pas exagéré peut-être ?

- Peut-être.

Elle alla se caler sur le canapé et croisa les jambes tandis qu'il la toisait de haut.

- Vraiment… C'est bien la première fois que tu fais une scène pareille pour une fille.

- C'est pas une fille, c'est Gumi. Et que vous le vouliez ou non, c'est ma petite amie. Jusqu'à preuve du contraire.

- Voyons, on la connaît la chanson. Dans quelques mois, tu vas arriver en nous disant qu'entre elle et toi, c'est fini. Et tu te remettras rapidement en chasse.

- Tais-toi.

- D'ailleurs, je me demande si ce n'est pas du repérage que tu fais avec Miku.

Elle se leva comme un ressort.

- Mais tais-toi bordel ! Qu'est-ce que tu en sais ?! T'es dans ma tête peut-être ?

Il eut un sourire confiant en croisant les bras sur son torse.

- C'est juste histoire de te faire comprendre que tu as peut-être été trop loin. Et puis, tu ne t'es pas demandé si Gumi avait vraiment besoin de voir du monde ? Si elle n'aurait pas été mieux au calme ?

- J'étais calme, jusqu'à ce que tu arrives.

- C'est une façon de me dire de m'en aller ?

- Tout à fait.

Elle se renfonça dans le canapé, furieuse et boudeuse.

- Tu vas me laisser seul toute la soirée ? fit Gakupo.

- Me dis pas que tu serais jaloux ? T'as qu'à ramasser un chat dans la rue, ça te fera de la compagnie.

Le jeune homme était bien incapable de dire si elle plaisantait ou non. La connaissant comme il la connaissait, il la savait imprévisible. Ce qui en soi, était quand même assez paradoxal.

- Bien. Je te dis à plus tard alors ?

Elle grogna une réponse indistincte, les bras croisés et le regard résolument tourné sur le côté. Bon… Pas la peine d'insister.

Il partit en silence, se demandant bien comment Luka allait se débrouiller ce soir.


- Luka ?

- Oui. Je suis là.

Sourire difficile mais comblé.

- C'est un autre de mes délires ou tu es bien là ?

Pour toute réponse, Luka passa sa main dans les cheveux de Gumi qui lâcha un soupir soulagé, les ébouriffant au passage.

- Je dois bien être la seule personne au chevet de laquelle se trouve la célèbre Megurine Luka… murmura-t-elle d'une voix rauque.

Cette dernière ne releva pas. Elle se contenta de passer le tissu imprégné d'eau tiède sur le front brûlant de sa compagne.

- C'est gelé…

- C'est toi qui as de la fièvre.

Gumi ne rajouta rien, laissant les doigts fins de Luka passer sur son front, glisser sur sa tempe, vers sa joue, suivre la courbe de sa mâchoire… Avant d'être rejoints par les lèvres. Sur les siennes.

- Tu vas être malade toi aussi.

- M'en fous.

- Ben voyons, c'est pas comme si ta voix était ton outil de travail.

Luka la couvrait de baisers, sur le menton, dans le cou, au creux de l'épaule.

- Arrête, j'ai déjà assez chaud comme ça.

Ça n'allait pas arrêter la têtue Luka Megurine. Jusqu'au moment où Gumi la fit basculer. Sans rien comprendre, Luka se trouvait allongée sur les couvertures, un bras de Gumi passé autour de la taille. Cette dernière avait déjà fermé les yeux.

- Je t'ai dit d'arrêter… marmonna-t-elle d'une voix endormie.

Deux minutes passèrent peut-être. Luka écoutait la respiration paisible de sa compagne.

- Dis, tu me trouves égoïste ? demanda-t-elle finalement, agacée par le calme ambiant.

- Je te trouve surtout agaçante en ce moment. Tu peux pas me laisser dormir tranquillement ?

Luka secoua la tête, signifiant bien par là qu'elle ne lâcherait pas le morceau avant d'avoir eu une réponse. Gumi poussa un soupir exaspéré.

- Tu es têtue, bornée et effroyablement fière quand tu t'y mets. Mais je pense que si tu étais aussi égoïste que ça, tu ne serais pas venue me voir et tu n'aurais pas pris soin de moi.

''Prendre soin d'elle'', c'était des belles paroles. A part veiller et lui rafraîchir le front de temps à autre, elle n'avait pas fait grand-chose.

- Tu es venue à mes côtés. Et ça me fait vraiment plaisir, continua Gumi.

Luka se dit alors qu'elle avait réussi à faire mentir son équipe. Elle n'était pas une fille égoïste. Égocentrique peut-être, mais pas égoïste.


Il ne s'inquiéta pas plus que ça. Il savait la jeune femme pleine de ressources quand il s'agissait d'obtenir ce qu'elle voulait. Non, vraiment, il ne s'en faisait pas.

Il dormait d'ailleurs d'un sommeil de plomb lorsque son cri le réveilla. Après un rapide coup d'œil à son radio réveil qui indiquait 1 h 37, il daigna se lever. Avant qu'il n'arrive une catastrophe.

La chanteuse se trouvait dans la cuisine, sûrement en plein raid pour voler un truc à grignoter dans le frigo avant d'aller se coucher. A en croire le manteau qu'elle portait encore sur les épaules, elle venait tout juste de rentrer.

Elle avait pilé dans l'encadrement de la porte, pointant du doigt ce qui était collé sur le mur d'en face.

- Qu- Qu'est-ce que c'est que ce… Ce truc ?!

- Ça ? Mais c'est rien du tout, répondit Gakupo en allant retirer la bestiole qui se décolla du mur avec un bruit de ventouse.

- Tu déconnes ?! Ce truc fait la taille de mon avant-bras !

Elle reculait au fur et à mesure que Gakupo avançait.

- Dis bonjour à Lazy ~

- Lazy ? Tu te fous de moi ?! Qu'est-ce que ça fait dans l'appart' !?

- Bah quoi ? Tu m'as dit que je pouvais ramener un chat.

- Un chat oui ! Pas un escargot mutant !

- J'ai pas trouvé de chat. J'ai pris ce qu'il y avait.

La bestiole gluante ne semblait éprouver aucune peur, même face à la chaise que brandissait vainement Luka comme protection, pieds en avant. Il bougeait des antennes avec un air que Luka trouvait particulièrement répugnant. Il tendit tout son corps gélatineux en avant, toucha un des pieds de la chaise et entreprit de s'y agripper. Tétanisée, Luka l'observa avancer vers elle à une lenteur désespérante. Elle lâcha tout en hurlant lorsqu'une des quatre antennes effleura sa main. Dorénavant au sol, le dénommé Lazy entreprit de ramper vers le frigo, tandis que Luka se cachait derrière Gakupo.

- Mais quel genre de scientifique diabolique a inventé cette chose ?

- Personne. Ça existait déjà il y a une centaine d'années. Ça vient d'Afrique.

- Ça peut pas venir de là-bas ! Y'a que du désert.

- C'est pour ça que c'est venu jusqu'ici. Parce que ça pousse pas dans le désert.

- Te fous pas de ma gueule ! Ce truc dégage en vitesse !

Elle se tut en se rendant compte de ces derniers mots.

- Vu son allure moyenne, ça va prendre plus de temps que prévu, commenta Gakupo en allant récupérer l'escargot gargantuesque.

Il dut saisir la coquille à deux mains pour soulever le gastéropode.

- Il restera dans ma chambre, tu n'auras pas à t'en faire.

- Y'a intérêt. File avec ça, de suite !

Il s'exécuta en silence, sa bête dans les bras, presque penaud.


Ce fut un hurlement déchirant qui le réveilla quelques heures plus tard. Il s'élança, à moitié nu, pour rejoindre Luka et savoir ce qui pouvait bien la forcer à crier de cette façon. Il pénétra précipitamment dans la chambre, manquant de fracasser la porte pourtant à moitié ouverte en la faisant claquer contre le mur. Ses doigts trouvèrent rapidement l'interrupteur et l'écrasèrent sans vergogne. Passé les quelques secondes d'aveuglement, il vit Luka assise dans son lit, cheveux en bataille et… gluants.

- TA – CHOSE !

Son ton n'accusait aucune réponse. Elle était furieuse en désignant Lazy qui tentait de se remettre d'aplomb suite à ce qui avait visiblement été un vol plané monumental à travers la pièce.

- Tu vas rire, commença Gakupo en amorçant un pas en arrière, mais j'ai pas fermé la porte de la chambre.

Il eut beau arborer son air de chien piteux, son sourire ravageur, sa pose la plus virile… Rien n'y fit. Luka fut une véritable tigresse, et pas dans le sens sensuel du terme cette fois-là.


Gumi salua ses collègues, fit la bise à quelques uns, refusa deux cafés qu'elle aurait trouvé fades et demanda des nouvelles sur la famille de l'un des ingénieurs du son. Après avoir déposé ses affaires et effectué une rapide vérification des opérations effectuées pendant son absence, elle se rendit compte de l'absence de Luka.

Elle effectua un autre tour. La chanteuse avait l'habitude de se planquer de temps en temps les matins où elle était mal réveillée. Elle ne se trouvait dans aucune de ses cachettes habituelles.

Elle questionna un collègue. Ce dernier lui indiqua la salle de répétition d'un geste de la main. Elle s'y dirigea en sifflotant un air de son île natale.

Luka était là, effectivement. Assise sur le bord de la scène, le visage dans les mains.

- C'est mon retour qui te fait pleurer ou bien j'ai raté quelque chose ?

Son vis-à-vis leva lentement la tête, exposant cernes et chevelure mal peignée.

- Qu'est-ce qui t'ai arrivé ?! s'exclama Gumi. On dirait que tu as plongé la tête dans un bain de slime !

- Pas de question, par pitié…


- Je me demanderai toujours comment tu fais pour réussir à nous gagner une journée de glandouille alors que tu rentres tout juste d'un congé maladie.

- Bah… Un clin d'œil, un sourire aguicheur et ça roule !

- Et moi qui pensais que ça m'été réservé…

- L'espoir fait vivre.

- Tais-toi et frotte plutôt.

Pour seule réponse, Gumi augmenta brusquement la pression du jet d'eau en le braquant sur le visage de Luka. Elle le maintint quelques secondes avant de tout arrêter de nouveau.

- Qu'est-ce qui te prend ? Si tu tiens à me noyer, faut jouer à ça dans la baignoire.

- Ne me tente pas.

Luka s'appuya sur le rebord extérieur, exposant ainsi son dos et sa nuque à sa compagne.

- J'ai l'impression de m'occuper d'une enfant.

Luka eut un sursaut avant d'arracher l'éponge humide des mains de Gumi.

- Si ce n'est que ça, je peux me débrouiller seule, fit-elle en commençant à se savonner énergiquement.

L'opération prit une tournure un peu plus complexe lorsqu'elle voulut atteindre son dos sous le regard amusé de Gumi. Elle finit par jeter littéralement l'éponge avec un râle exaspéré. Sa compagne se leva calmement pour récupérer l'objet couvert de mousse et vint se placer derrière Luka. Cette dernière eut tout de même un soupir d'aise en sentant les doigts de Gumi contre ses omoplates.

- T'es tendue et surexcitée. Tu devrais te poser un moment.

Il n'y eut pas de réponse.

- A quoi tu penses Luka ?

- A que tu m'as manquée…

- Moi ? Ou le fait de te faire frotter le dos ? répliqua Gumi avec un semblant de sourire.

- Dis pas de bêtises.

Elle se retourna sur le petit tabouret de douche, faisant face à Gumi. Elle se colla à elle, glissant sur sa peau mouillée.

- Reste avec moi ce soir.

Gumi sentit une solitude terrible dans cette demande. Elle lui avait manquée, réellement.

- Quand on t'aura débarrassée de cet affreux goût de savon au fruit de la passion.

- J'aime bien fruit de la passion.

- Personne n'aime le fruit de la passion Luka…