CHAPITRE 7 : LES TROIS CHEVALIERS ÉTRANGERS.
Suite à sa décision, le Roi Salomon, demanda au forgeron du château de lui trouver les trois plus petites armures qu'il avait en réserve. Une fois les armures trouvées, il était tant de les essayer.
Dans leurs appartements Isis et Kisara, essayaient de se familiariser avec leur nouvelle tenue. Ne se sentant pas très à l'aise Isis plaçait des morceaux de coton sous le métal lourd et imposant de l'armure.
« AH ! Avec du coton, c'est quand même plus confortable. Très franchement, qui arrive à supporter cette affreuse ferraille ? »
Kisara, elle avait ajouté quelques rubans roses à son armure, pour la rendre un peu plus féminine, elle la trouvait très terne et triste, elle était assise devant sa coiffeuse, entrain de s'admirer devant le miroir.
« Quel dommage de devoir cacher de si beaux cheveux sous un casque affreux. Pourtant, ce serait si beau le Blanc de mes cheveux qui repose sur l'armure noir, cela donnerait un sublime effet, tu ne trouves pas Isis ? »
Soudain, la porte de la chambre s'ouvrit brutalement, pour laisser entrer Heba vêtue à son tour de son armure. Mais ce n'est pas la seule chose qui avait changé chez la jeune princesse. Elle avait considérablement coupé ses cheveux. Heba leur découvrit une particularité. Quand ils sont courts, ils ont tendance à défier la gravité, et à se regrouper en de nombreuses pointes. Très franchement, si on ne savait pas qu'elle était une femme, on pourrait très facilement la prendre pour un homme. Elle avait entendu les remarques de ses sœurs à travers la porte et semblait assez en colère.
« Non, je ne pense pas que ce soit une bonne idée ! Tu es complètement folle, avec tes cheveux qui volent au vent, les soldats comprendraient et sauraient immédiatement qui tu es. Et là, ils prendraient un malin plaisir à traîner par les cheveux… »
Heba saisit Kisara, par les cheveux, et la tira à travers la pièce pour la pousser sur l'un des divans de la chambre. Elle sortit son épée et la brandit en direction de sa sœur, qui s'était retrouvée, sans défense. La cadette était littéralement choquée par l'attitude de sa sœur et était tétanisée fasse à cette arme près de son cou.
« … Pour ensuite te trancher la gorge ! » Heba, s'éloigna du divan et se dirigea vers son autre sœur, elle vit un morceau de coton dépasser de l'armure de cette dernière. Elle le retira et le plaça fasse au visage de la plus âgée.
« C'est quoi ça, Isis ?!
- C'est.. Du coton. Tu sais l'armure pourrait m'abîmer la peau.
- Crois-moi, ton armure, te l'abîmera nettement moins, que les coups d'épée que pourrait t'infliger l'ennemi. À partir de maintenant, je ne veux plus entendre parler du moindre ruban, du moindre fil ou de la moindre aiguille. À partir d'aujourd'hui, vous allez vous servir uniquement de votre épée. »
Pendant la semaine qui a suivie, Heba se chargea de l'entraînement de ses sœurs, elle fit tout son possible pour leur transmettre tout ce qu'elle avait appris aux côtés du Chevalier Blanc.
Plus les jours passait et plus Heba était inquiète, il ne leur restait plus que deux jours avant de partir à la rencontre de leur ennemi. Les progrès des deux aînées étaient plutôt faibles, surtout pour Kisara qui ne faisait que se plaindre de la lourdeur de son armure et de l'épée. Isis était un peu plus volontaire, c'était celle qui avait le plus progressé, elle arrivait à garder une bonne posture et à maintenir son épée correctement. Mais en ce qui concerne sa méthode de défense elle avait encore beaucoup de lacune, et en ce qui concerne l'attaque ses mouvements étaient encore très brouillons.
La jeune princesse espérait que si l'une d'entre elles devait être choisie, que le choix se porterait sur elle, ses sœurs n'auraient pas la moindre chance contre un homme. Quelques heures avant leur départ, elle voulut faire part de ses craintes au Roi, mais ce dernier lui demanda d'avoir confiance en ses ainées, il savait qu'elles étaient capables de se surpasser. Ne voulant pas contrarier son Grand-père, Heba ne releva pas, et partit se préparer.
Un rassemblement à été établi devant le château. Le Roi allait annoncer au peuple, la proposition du Roi Atem pour mettre fin à la guerre et présenter les trois chevaliers qui vont partirent les représenter.
« Cher Peuple, le moment est venus de mettre fin à la guerre. Notre jeune, ennemi, le Roi Atem a proposé de défier l'un de nos champions en duel. Le vainqueur de ce duel, sera proclamé vainqueur de cette guerre. Une proposition que nous avons acceptée. Seulement, le jeune Atem n'a jamais combattu pendant cette guerre. Ses forces et son énergie sont parfaitement intactes. Il serait désavantageux, d'envoyer l'un de nos champions le défier. L'un de nos champions qui pendant des années ont manifesté leur courage lors de nombreuses batailles. Nos soldats ont droit au repos. J'ai donc accepté l'aide de trois chevaliers étrangers. Ce sont eux, qui partiront défendre notre bannière, et représenteront notre Royaume. Nous allons vous les présenter, veuillez leur accorder tout les honneurs qu'ils méritent. Général Aknadin, vous pouvez présenter nos combattants.
- Faites honneur au premier champion. Le Chevalier d'Alexandrie. »
À l'autre extrémité de la place, se tenaient nos trois princesses, vêtues de leur armure complète et déjà en place sur leurs chevaux. Isis a donc été la première annoncée, elle s'avança vers le Roi et s'inclina pour lui présenter ses hommages. Une fois que le Roi lui rendit son salut, elle s'écarta pour laisser place à ses sœurs.
« Faites honneur au second champion. Baron Bastet. »
Kisara, s'avança avec un peu de maladresse avec son cheval vers le vieux souverain, une fois face à lui, elle s'incline à son tour pour le saluer, ensuite elle fit comme son aînée, elle s'écarta pour l'arrivée du dernier chevalier.
« Faites honneur à notre dernier champion. Le Comte de Thèbes. »
Juste avant de s'avancer Heba fut interrompu par son amie l'oie qui était placé dans un sac accroché à la selle du cheval.
« Tu as la tremblote ?
- Ah ça non ! Crois-moi, je suis en train de vivre le plus beau jour de ma vie.
- Très franchement, tu trouves ça agréable d'étouffer sous un casque et de crouler sous une armure deux fois plus lourde que toi ?
- Oui, je trouve ça amusant. Maintenant tais-toi, il faut y aller. Pour la paix, ce sera la mort ou la victoire. »
Une fois les présentations faites, nos trois chevaliers, ainsi que le reste des troupes du Roi partirent en direction du royaume ennemi, avec le Général Aknadin à sa tête. Après une chevauchée de plusieurs heures à travers la forêt Heba se rendit compte que ses sœurs étaient maintenant à l'arrière des troupes. Elle fit demi-tour pour les rejoindre.
« Vous avez fini de traîner toutes les deux ?! Vous voulez déjà abandonner ?
- Écoute Heba, ont à galopé toute la journée, on commence à être épuisé.
- On pourrait s'arrêter un moment, j'ai vraiment besoin d'un bain, et je voudrais me refaire une beauté.
- Désolé de te décevoir Kisara, mais nous ne nous arrêterons pas avant d'être arrivés. »
Mettant fin à la conversation, Heba remonta la lignée de soldats pour se replacer aux côtés du général.
« Êtes-vous fatigué comte ?
- Non, pas du tout Général. Mais si vos hommes le sont, vous pouvez ordonner une halte.
- Au Secours ! Je Suis Prisonnière ! »
À l'arrière Kisara s'était coincé dans un arbre.
« Oh, Bon sang Kisara….
- Au Secours, j'ai été attaqué par des brigands !
- Tenez bon Baron Bastet, nous arrivons ! »
Heba galopa vers sa sœur, pour la délivrer, elle fut rejointe par Isis. Une fois arrivé devant l'arbre, Heba sortit son épée et commença à couper la branche, au bout de quelques coups celle-ci céda en libérant la princesse aux cheveux blancs.
« S'il vous plaît, aidez-moi, mon casque est coincé, Oh mon dieu, je en peux plus respirer ! »
Isis, s'agenouilla près de sa cadette, l'aide à relever la visière de son casque.
« Arrête de paniquer, ce n'était pas une embuscade, tu étais simplement accroché à cette branche. Heba vient de te délivrer.
- Tu parles d'une sauveteuse ! C'est à cause d'elle si on en est là ! »
Kisara se releva, et alla regarder son reflet au bord de la rivière, elle fut outrée par l'image qu'elle vit.
« Oh mon dieu Isis, tu vois ce que je vois ?!
- Je vois ma jolie petite sœur déguisée en chevalier.
- En chevalier… J'ai l'impression d'avoir été victime d'une sorcière, d'une affreuse malédiction. Je me sens tellement l'aide !
- Comme tu le dis, ce n'est qu'une impression, ça te passera.
- Tout ça, c'est de ta faute Heba, c'était ton idée de nous faire faire cette folie. Tu as vu maintenant dans quel état, je suis ?!
- Bien… Dans ce cas, je vais demander au Général de mettre en place le campement ici. Comme ça, vous pourrez vous reposer. »
Pendant ce temps dans le royaume voisin, Seto était près du forgeron à attendre qu'il ait terminé sa nouvelle épée. Il fut rejoint par Atem qui avait la plupart du temps la tête dans les nuages depuis cette fameuse escapade dans la forêt. Pour le faire réagir, Seto plaça son épée flambant neuve devant son visage.
« Seto pas si près, le reflet m'aveugle !
- Regarde l'éclat de cette lame Atem, c'est un véritable miroir, regarde. »
Seto rapprochera l'arme près du visage du jeune Roi. En voulant regarder son reflet dans la lame, il vit tout autre chose. Il vit les yeux de la mystérieuse cavalière qui occupait toutes ses pensées. Ces joyaux Améthyste le fixaient avec malice. Troublé par la vision face à lui, il écarta l'épée de son ami avec sa main.
« Éloigne-la ! Je te l'ai dit, son reflet m'aveugle !
- Dis-moi, tu n'es pas très agréable, c'est dernier temps. Et ça fait un petit moment que ça dure, ça commence à devenir agaçant. Qu'est-ce qui se passe ? C'est ce défi qui te ronge les sangs ?
- Non, bien sûr que non.
- Atem ! J'ai une bonne nouvelle ! »
Mahad, arriva à toute hâte auprès de ses compagnons, le sourire aux lèvres. Il venait de prendre connaissance du message envoyé par le Roi Salomon.
« Atem, les chevaliers arrivent. Et tu sais quoi ? Ils sont trois, il y en a un pour chacun de nous ! »
Atem, ne montra aucune réaction à la nouvelle, qui avait réjouit ses deux amis. Mahad, s'en rendit compte et commença à se poser des questions.
« Qu'est-ce qu'il y a Atem ? Serais-tu en train de douter ?
- Mais non ; répondit le jeune roi en s'éloignant de ses amis, le visage fermé.
- Bon sang Mahad qu'est ce qui lui prend ?! Il est comme ça depuis qu'il faillit être touché par cette flèche en pleine forêt.
- Oui, je sais, Seto, il est bizarre. » Mahad n'en dit pas plus, à première vue Atem n'avait pas encore confié à Seto, qu'il était amoureux. Il fit comme s'il ne savait rien. Ce n'était pas à lui de l'annoncer à son ami. Si Atem souhaite que Seto soit au courant, il devra le lui annoncer lui-même.
Atem, déambulait à présent dans les rues du village, parmi les gens de son peuple, l'esprit toujours aussi troublé par cette jeune fille aux yeux améthyste.
« Qui es-tu ? Où es-tu ? Pourquoi est-ce que tu te caches ? C'est décidé, je vais faire une proclamation, nous allons te chercher. Et nous allons finir par te trouver ! » En rentrant au château, il demanda à l'un de ses messagers de faire l'annonce de sa proclamation auprès du peuple.
« Oyez, Oyez, veuillez écouter la nouvelle proclamation royale. Le Roi Atem ordonne à toutes les jeunes filles, qui sont en âge d'être marié, de se présenter devant lui au château. Elles devront se présenter entièrement voilées, seuls leurs yeux devront être visibles. »
Le soir même, un défilé de jeunes filles fut organisé dans la salle du trône. Atem, installé sur ce dernier, observait avec attention, les yeux de chaque jeune femme qui se présentait devant lui. Beaucoup d'entre elles avaient des yeux sublimes, leurs couleurs étaient très souvent proche du bleu, ou du vert. Quelques-unes avaient de très beaux yeux ambre, mais ce n'est pas cette couleur que notre roi recherche. Il porta d'avantage son attention vers les jeunes femmes portant des yeux de couleur violette, il se levait pour pouvoir se rapprocher et examiner de plus près la couleur des iris. Quelques-unes avaient de très beaux yeux ambre, mais ce n'est pas cette couleur que notre roi recherche.
Une fois les dernières prétendantes, partis Atem se dirigea vers sa chambre, et se coucha le cœur lourd. Il commença à douter qu'un jour, il retrouverait celle qui faisait battre son cœur. Il se dit qu'il ne devait pas perdre espoir. Même si ça devait lui prendre toute sa vie, il ne cesserait de la chercher, et finirait par la trouver.
