Bonjour tout le monde ! J'arrive aujourd'hui avec le septième chapitre, tout chaud comme du bon pain sorti du four. J'ai mis seulement quelques heures pour l'écrire, ce qui montre à quel point j'étais inspirée ! C'est pour l'instant un de mes préférés et j'espère que vous l'aimerez aussi, vous me direz tout ça en review ! A bientôt ^^ ! –Plume224
«Ça ne s'apprend jamais trop tôt, la liberté. » -Hervé Bazin
CHAPITRE 7
Libéré
« Aller debout le mangemort ! » s'écria un des gardiens en ouvrant la grille de la cellule de Drago « C'est aujourd'hui que tu dégages d'ici. » il fit une pause en laissant passer le blond hors de la cellule puis reprit « Mais crois-moi que si cette décision me revenait tu serais encore ici pour les trente ans à venir. » il referma alors la grille derrière eux.
Rien que le fait de se retrouver hors de sa cellule, sans menottes ni être tenu, était déjà une sorte de libération pour Drago et les paroles du gardien lui importaient peu. Dans quelques heures, le temps de récupérer ses affaires et de prendre le bateau, il serait libre. Libre. Ce mot sonnait merveilleusement bien à ses oreilles. Cela faisait un an qu'il rêvait de cela, la liberté, cette chose dont on ne se rend pas vraiment compte lorsqu'on la vit, mais qui devient notre seul raison de vivre lorsque l'on en est privé. Drago n'arrivait pas vraiment à réaliser que dans quelques heures, il serait hors de cette horrible prison, libre de faire ce qu'il voudrait, d'aller où bon lui semblerait.
Seulement, qu'allait-il faire une fois dehors ? Bien sûr, il retournerait s'installer au manoir, même si l'absence de ses deux parents allait être difficile à vivre, car de toute façon, il n'avait nulle part d'autre où se rendre, il n'avait plus de famille et n'avait jamais vraiment eu d'amis. Soudain les visages d'Hermione et du petit Scorpius lui apparurent. Il les avait eux, ou du moins son fils car il doutait que la jeune femme ne veuille de lui. Mais comment un enfant de cinq mois pourrait-il l'aider ? C'était impossible bien sûr… Et puis, il avait dit à l'ancienne Gryffondor qu'il se moquait éperdument de leur enfant, et, même s'il avait changé d'avis à la naissance de celui-ci, elle, ne le savait pas et pensait sûrement toujours qu'il ne voulait pas en entendre parler. De plus, Drago ne savait pas où la trouver. Elle était très certainement partie, voire avait été chassé, de chez les Weasley et résidait désormais ailleurs. Il était donc finalement totalement seul. Libre oui, mais seul.
« Entre là-dedans. » lui commanda le gardien en le poussant à l'intérieur d'une petite pièce, propre mais bien trop éclairée.
On aurait dit une salle d'opération et cela n'aida pas Drago à se sentir à l'aise. Il était seul, debout au milieu de la pièce, dont le seul mobilier était une table d'auscultation en métal et un bureau. Que faisait-il ici ? Pourquoi ne le laissait-on pas partir une bonne fois pour toutes ?
Alors que ses yeux s'habituaient à la forte luminosité, Drago entendit une porte s'ouvrir et un instant plus tard, un vieux sorcier, grand et ayant la peau sur les os, se tenait devant lui. Il avait une blouse blanche et sa baguette était coincée derrière son oreille. Le médecin, réalisa Drago, on me fait passer un examen médical avant de sortir. Il avait déjà vu cet homme, ce médecin, un an auparavant, à son arrivée à Azkaban et ce souvenir lui donna des frissons. Il se souvenait que le médecin l'avait ausculté pendant de trop longues minutes, lui avait enfoncé des aiguilles dans tout le corps et lui avait fait avaler différents cachets de natures inconnues. Allait-il recommencer aujourd'hui ?
« Bonjour Monsieur… » le vieil homme jeta un coup d'œil à la fiche qu'il tenait entre ses mains osseuses « Monsieur Malefoy. Je ne vous avais pas reconnu. » Drago crut apercevoir une grimace de dégoût étirer les lèvres du médecin « Comment vous sentez-vous aujourd'hui ? »
« Comme quelqu'un qui vient de passer une année dans une cellule. » répliqua le blond d'une voix rauque due au fait qu'il n'avait presque pas parlé depuis un an.
« Haha, je vois que cela ne vous a pas enlevé votre humour. » rit le médecin, visiblement mal à l'aise à cause de la remarque du jeune homme. Il désigna ensuite la table d'auscultation, tout en prenant soin de ne pas le regarder dans les yeux « Je vous en prie, installez-vous. »
Cependant Drago ne bougea pas d'un millimètre « Qu'est-ce que vous allez me faire ? »
« Oh, seulement un petit contrôle de routine ne vous en faites pas. Il ne faudrait pas que vous sortiez d'ici en étant porteur d'une quelconque maladie. »
Légèrement rassuré, l'ancien Serpentard alla s'assoir sur la table, les jambes pendant dans le vide. Il se rendit alors compte qu'il nageait complètement dans ses vêtements. Son pantalon, le même qu'on lui avait donné à son arrivée, était désormais deux fois trop grand pour lui et ses pieds nus laissaient voir ses os sous sa peau. Il se dégoûtait lui-même.
Le vieil homme s'approcha de lui et commença par lui palper les membres en prenant des notes sur sa feuille et en marmonnant dans sa barbe. Ce n'était pas agréable mais Drago avait connu bien pire et se laissa faire sans protester.
« Bien. Bien. Aucun membre cassé ou fracturé. Bien. »
« Je crois que je m'en serais rendu compte si j'avais eu quelque chose de cassé. » commenta le blond.
« Oh vous savez parfois… » répondit le médecin sans pour autant finir sa phrase. « Bien, ouvrez la bouche je vous prie. »
Drago s'exécuta. Plus vite cette étape serait passée, plus vite il serait libre.
« Bien. » répéta le vieillard pour la énième fois en inspectant l'intérieur de la bouche du blond « Tout cela a l'air d'aller. Bien, maintenant enlevez vos vêtements s'il vous plait. Tous vos vêtements. » ajouta-t-il lorsque Drago se fut débarrassé de son t-shirt uniquement.
Le jeune homme prit alors sur lui, et dans un effort incroyable, se déshabilla complètement, se retrouvant en tenue d'Adam devant l'irritant médecin, veillant cependant à masquer l'horrible marque que portait son bras gauche. Seulement, en continuant son examen approfondit, l'homme en blouse blanche se saisit du bras que Drago considérait comme maudit. Bien entendu, il ne put retenir une remarque :
« Je crois que ce tatouage est celui que j'aurais le plus vu dans ma carrière. Mais c'est bien le seul que je vois ressortir ! » gloussa le vieil homme, puis, se rendant compte de ce qu'il venait de dire, il ajouta « Veuillez m'excuser, je n'aurais pas dû dire cela. »
« En effet. » confirma Drago, à bout de nerfs « Pouvons-nous aller plus vite. S'il vous plait »
« Oh bien sûr monsieur. » murmura le médecin « Je vais vous apporter vos vêtements. » Il claqua des doigts et un costume noir et des chaussures apparurent à côté de Drago, c'était ce qu'il portait en arrivant à Azkaban un an plus tôt. Il enfila son costume, non sans constater que lui aussi était bien trop grand désormais, mais le fait de retrouver ses propres habits lui faisait du bien, c'était un pas de plus vers la liberté. Pour finir, il laça ses chaussures.
« Bien, je vais vous demander de boire cette potion. C'est seulement un petit…remontant. » ajouta-t-il en voyant le regard suspicieux que le jeune homme lançait au flacon qu'il lui tendait. « Cela prendra environ cinq minutes pour qu'elle fasse effet, et ensuite, vous serez libre de partir. »
Sans hésiter d'avantage, Drago avala la potion. Celle-ci avait un goût de vieux sirop pour la toux.
« Pendant les cinq minutes qu'il nous reste, puis-je vous poser une question ? » demanda timidement le médecin, cependant, il n'attendit pas l'accord de Drago pour la lui poser « Est-ce vrai que, durant votre séjour ici, votre petite-amie a mis au monde votre fils ? »
A l'évocation de Scorpius Drago se détendit. Oui, il avait un fils. Un fils qu'il avait hâte de rencontrer, si sa mère le laissait faire bien évidemment. La mère de son fils, qui d'ailleurs, n'était en aucun cas sa petite-amie. Mais comment était-il au courant de cela ? « Attends un peu que la Gazette du Sorcier l'apprenne. » les mots du gardien lui revinrent alors à l'esprit. Ce chien avait bel et bien informé la gazette de la naissance du petit.
« Ce n'est pas ma petite-amie. » cracha Drago, en colère contre le gardien « Mais oui j'ai un fils et je suppose que vous avez lu ça dans la Gazette ?! »
L'homme ne répondit pas mais se dirigea vers son bureau, ouvrit un tiroir et en sortit un journal légèrement froissé qu'il tendit au jeune homme assis devant lui. Drago s'en saisit et tout de suite le gros titre en première page lui sauta au visage. « HERMIONE GRANGER MET AU MONDE LE NOUVEL HERITIE MALEFOY, pour plus d'information, rendez-vous à la page 5 ». Drago s'empressa d'ouvrir le journal à la dite page et manqua d'arracher le papier sous l'effet de la rage.
Le monde est en ébullition ! Aujourd'hui même, une nouvelle des plus inattendues affole la presse ainsi que la communauté sorcière : la naissance du fils d'Hermione Granger.
Bien évidemment, la grossesse de l'héroïne de guerre, sans qui, notre monde serait à l'heure qu'il est, dirigé par le Seigneur des Ténèbres., n'était pas un scoop, seulement, la réelle identité du père de l'enfant l'est ! Des yeux gris, des cheveux blonds comme les blés et une peau pâle, cela n'est pas sans rappeler un certain mangemort enfermé en ce moment-même à la prison d'Azkaban. Coïncidence me direz-vous, mais malheureusement, non, le père de l'enfant et bel et bien Drago Malefoy, fils des défunts mangemorts Lucius et Narcissa Malefoy, mangemort lui aussi bien qu'il ait échappé au baiser du détraqueur grâce à notre sauveur, Harry Potter. En effet, le faire-part de naissance de l'enfant, où figurait la photo ci-contre, nous a été envoyé le lendemain de la naissance, d'une source dont nous tairons le nom. Derrière cette photo, figurait le nom de l'enfant, Scorpius Malefoy, ainsi que sa date de naissance, le 13/02/19990. Nous pouvons donc affirmer avec certitude que le père de ce, il faut le dire, magnifique enfant, est bien Drago Lucius Malefoy.
Mais comment cela est-il possible ? Les deux adolescents entretenaient-ils une relation lors de leur scolarité à Poudlard ? C'est ce que nous confirme une source proche des deux jeunes gens, qui a tenu à rester anonyme : « Drago et Hermione n'étaient pas plus proches que cela avant le début de la guerre, je dirais même qu'ils ne s'aimaient pas vraiment. » affirme notre source « Mais après la guerre, lorsqu'ils sont revenus terminer leurs études, ces deux-là ont eu un véritable coup de foudre. Hermione a délaissé Ronald (Weasley ndlr) pour vivre son amour avec Drago. Bien évidemment, ils essayaient d'être discrets et nous n'étions qu'une poignée à être au courant de leur relation. Seulement lorsqu'Hermione est tombée enceinte et que Drago est allé à Azkaban, nous savions que leur amour ne resterait pas secret très longtemps. » notre source fait une pause et semble réfléchir un instant « Vous savez, Drago n'est pas un mauvais garçon, je pense même qu'il a un bon fond, même si j'avais espéré mieux pour Hermione. Mais on ne peut pas empêcher l'amour. »
Hermione Granger et Drago Malefoy entretenaient donc une relation secrète ! Cela nous prouve que tout est possible en ce monde. Mais vers quoi se dirige-t-il si le bien commence à procréer avec le mal ?
Hors de lui, Drago balança le journal au sol et se leva, plus pressé que jamais de partir de cet endroit. « Mensonges ! » hurla-t-il « Ce ne sont que des mensonges ! Je n'aime pas cette fille ! » il criait en direction du médecin « Vous savez ce qu'il s'est vraiment passé ? J'avais juste besoin de baiser ! De baiser pour la dernière fois avant de passer un an à croupir ici ! Alors c'est elle que j'ai fait venir à moi, et je l'ai baisée, oh oui, je m'en souviens parfaitement, tellement chaude et humide la Granger ! » le vieil homme le regardait désormais comme s'il avait perdu la tête, comme s'il était devenu fou à lier « Et elle a aimé ça, je peux vous l'assurer, oh oui elle l'a aimé ma grosse queue dans sa petite chatte ! Mais jamais je n'ai été amoureux de cette pauvre fille ! Jamais, vous m'entendez ! Je n'ai jamais été amoureux de ma vie et encore moins de cette …» il retint le mot 'sang-de-bourbe'.
« Monsieur Malefoy… » commença le médecin « Calmez-vous je vous en prie. »
« Je ne l'aime pas ! Et elle ne m'aime pas non plus ! La seule chose que nous ayons en commun c'est un enfant ! Je ne l'aime pas ! » il hurlait désormais à s'en décrocher les poumons et son visage avait pris une inquiétante teinte rougeâtre sous laquelle les veines de son front ressortaient.
« Je vous crois monsieur Malefoy, je vous crois. Mais calmez-vous par pitié. »
Alors, tout doucement, Drago commença à se calmer. Bien sûr, ce calme n'était qu'un masque. Au fond de lui, il bouillonnait de rage. Il était en colère contre le gardien d'avoir donné la photo de son fils à la Gazette du Sorcier mais il l'était encore plus contre ce maudit journal, tissu de mensonges que les gens gobaient sans réfléchir un minimum. Lorsqu'il serait dehors, il leur ferait un procès, même s'il était sûr et certain de le perdre. A moins que Granger ne l'ait déjà fait. Elle n'avait pas dû bien accueillir cet article elle non plus. En même temps, il y avait de quoi. Comment les gens pouvaient-ils être assez idiots pour croire un tel mensonge ? Lui, Drago Malefoy, amoureux d'Hermione Granger ? Ridicule.
« Il faut que je parte. » déclara soudain le blond « Faites-moi sortir d'ici. Tout de suite. »
Le vieil homme acquiesça, terrorisé par l'excès de colère dont Drago avait été victime. Il ramassa le journal et le posa sur son bureau avant de se diriger vers la porte par laquelle il était entré plus tôt. Il l'ouvrit en grand, découvrant un couloir sombre mais néanmoins propre. Aucun prisonnier n'avait accès à ce couloir, c'était celui qui menait vers la liberté. L'ancien Serpentard n'eut pas besoin de recevoir d'instructions pour savoir ce qu'il avait à faire. Il se dirigea à son tour vers la porte et, avant de la franchir, réalisa soudain qu'il lui manquait quelque chose. Il se tourna vers le médecin :
« Où est ma baguette ? » demanda-t-il sèchement « Je veux ma baguette. »
« Votre baguette vous sera rendue au moment où vous accosterez au port monsieur Malefoy. Pour des raisons de sécurité que, je suppose, vous comprenez. »
Le blond hocha la tête en serrant les lèvres. Il était soudain pris d'une subite envie de frapper cet homme, mais se retint. Il ne devait pas faire de faux pas s'il voulait partir.
« Bien, » ajouta le médecin « Au revoir monsieur Malefoy. » il tendit une main tremblante vers le jeune homme avant de se raviser et de la remettre dans la poche de sa blouse.
« Au revoir. » grogna Drago, plus pour faire bonne figure que par politesse.
Il fit alors un pas en avant et se retrouva dans ce corridor sombre mais qui, contrairement à celui dans lequel se trouvait sa cellule, ne sentait pas la mort. La porte se referma derrière lui et il avança doucement de quelques mètres, ne sachant pas vraiment où aller. Et si on le laissait là pour toujours ? Et si cela était un piège ? Et s'il ne sortait jamais de cette prison ? Non, il refusait de croire à cela. Il continua donc de marcher, ses muscles le faisant souffrir à cause du manque d'exercice, droit devant lui. Il finirait bien par rencontrer un mur de toute façon, ce couloir ne pouvait pas être sans fin.
Quelques instants plus tard, une voix masculine s'éleva dans l'obscurité « Drago Malefoy » dit-elle « Je vous attendais. Venez par ici. »
« Où êtes-vous ? »
« Sur votre droite. »
Drago se tourna alors vers la droite et en effet, il y avait là un embranchement, qu'il n'avait pas vu car il menait à un autre couloir, tout aussi sombre. Il s'y dirigea, ne voyant toujours pas la personne qui l'avait appelé. Soudain, il fonça droit dans quelque chose, ou plutôt dans quelqu'un.
« Regardez un peu où vous allez Malefoy. » gronda l'homme qu'il venait de percuter.
« Je voudrais bien mais je n'y vois rien. » répliqua Drago, acerbe.
L'homme ne releva pas et Drago sentit qu'il lui agrippait le bras et se mettait en marche. Il le suivit, devinant qu'il le conduisait vers la sortie, et en effet, une dizaine de mètres plus tard, une nouvelle porte s'ouvrit, donnant sur l'extérieure.
La lumière du jour était si vive que le jeune homme dû se cacher les yeux. L'air frais lui fouettait le visage et même s'il n'était toujours pas totalement libre, Drago se sentit revivre. Il retira son bras de devant ses yeux et respira à pleins poumons cet air marin si agréable. Il sentait les rayons du soleil caresser sa peau. Jamais il ne s'était sentit aussi bien.
« Tu feras bronzette plus tard. » s'énerva l'homme qui l'avait conduit jusque-là. Drago se tourna alors vers lui afin de pouvoir mettre un visage sur cette voix caverneuse. Malheureusement, l'homme portait une cagoule noire qui ne laissait apparaître que ses yeux et sa bouche.
« Aller descend. » ordonna-t-il au blond.
Drago baissa les yeux et vit qu'il se trouvait tout en haut d'un immense escalier, qu'il se pressa de descendre, suivit par l'homme à la cagoule. Cela parut des heures avant qu'il n'atteigne la dernière marche, qu'il failli d'ailleurs manquer de justesse. Là, attendait un minuscule petit bateau à vapeur, un homme, tout aussi petit, installé à la barre. L'homme cagoulé poussa Drago à l'intérieur de l'embarcation et commença à remonter l'escalier sans prononcer un seul mot.
« Alors, » demanda le marin en mettant en route son bateau « C'est l'grand jour hein ? »
Drago ne répondit pas, trop occupé à observer les mouettes qui volaient dehors au-dessus d'eux.
« C'toujours comme ça t'façon » râla le petit bonhomme « Dès qu'sont dehors y savent plus parler ! N'dirait qu'on leur coupe la langue là-bas. »
Le reste du trajet se passa dans le plus grand des silences, seulement interrompu par le bruit du moteur du bateau ou par celui des vagues. Ces deux heures parurent à Drago plus longue que son année passée derrière les barreaux. Chaque centimètre que parcourait le bateau le rapprochait un peu plus de la liberté mais cela sembla durer une éternité.
Mais, au bout de deux heures, Drago fut en mesure d'apercevoir le port au loin. Il retint son souffle. Son cœur s'arrêta même pendant un très court instant. Libre. Dans quelques minutes il serait libre.
« Hey mon p'tit gars » appela le marin dont Drago avait oublié la présence tellement il avait su se faire discret « Tiens ta baguette. » il lui tendit alors sa baguette et le blond s'en empara rapidement.
« Merci. » murmura-t-il. Il aimait bien cet homme. Son accent et ses vêtements troués lui donnait un air sympathique.
Le bateau accosta alors et Drago fit un pas en avant, sortant à l'air libre. Libre, c'est ce qu'il était désormais. Il fit un autre pas sur le quai et tomba à genoux. Libre, il était libre. C'était trop beau pour être vrai, il était forcément en train de rêver. Mais ce rêve paraissait tellement réel, tellement vrai.
Il leva le visage vers le ciel, dépourvu de nuage. C'était une belle journée, d'autant plus belle qu'il était libre. Sans contrôler quoi que ce soit, Drago sentit de chaudes larmes couler sur ses joues. Si quelqu'un le voyait, il devait passer pour un fou, mais il s'en moquait totalement. Tout ce qu'il lui importait était qu'il était libre, libre de faire ce qu'il voulait. Et ce qu'il voulait à ce moment-là, plus que jamais, c'était de sentir tous ses sens se réveiller, se sentir à nouveau humain et vivant.
Il redressa la tête et son regard croisa deux yeux bruns, humides de larmes. Que faisait-elle ici ? Pourquoi était-elle venue ? Drago se leva difficilement et se dirigea vers la jeune femme. Elle était de nouveau mince et toute trace de grossesse avait disparu. Cela lui rappela alors ce pourquoi il avait lutté, ce pour quoi il avait tenu le coup : son fils, Scorpius, son seul espoir d'avoir une vie normale à nouveau.
« Granger… » murmura-t-il « Qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Tu n'as pas reçu ma lettre, il y a cinq mois ? »
« Si. Je l'ai déchiré sans la lire. »
Et on m'a pris la photo du bébé, pensa-t-il.
« Tu ne sais donc pas pour… »
« Scorpius. Je veux le voir. » la coupa-t-il.
Il la vit qui tentait de cacher sa surprise. Elle ne s'était certainement pas attendue à ce qu'il réclame à voir l'enfant. Mais Scorpius était celui qui lui avait donné la force d'arriver jusque-là, il ferait tout pour le voir, pour le tenir dans ses bras au moins une fois.
« Vr…vraiment ? » bégaya la jeune femme.
« Emmène-moi voir mon fils Granger. » déclara-t-il plus fermement cette fois-ci « Je t'en prie. »
Il la laissa alors prendre ses grandes mains calleuses et sales dans les siennes, menues et douces. Il la laissa alors transplaner, l'entraînant avec elle.
