Yuki a un rôle clé dans cette fic, mais n'apparaît pas énormément dans celle-ci. De fait, elle provoque des problèmes, mais dans l'ombre xD
Sur ce, la suite et bonne lecture! :)
Pensez aux commentaires, bis :3
°0°ZERO°0°
"-Kaname-sama! Nï-sama?! Je suis rentrée!"
A ces cris, je pense que tous l'avait deviné!
Kaname en revanche, qui, quelques seconde plus-tôt semblait si sûr de lui, était désormais submergé par son incertitude des moins dissimulées. Je m'étonnais encore du fait que cet homme, tout aussi impassible que moi, pouvait et se trouve être un grand émotif. Nous étions quelque part identiques, cachant au monde ce qui aurait pu être pris pour une marque de faiblesse : nos émotions, nos sensations, nos sentiments et nos humeurs (avec plus de difficultés il faut le reconnaître).
En revanche, moi qui n'avais jamais cessé de douter. J'entendais approcher à grandes enjambées mon cauchemar sur terre, dans l'attente d'une sentence hypothétique. Et, la femme dont j'étais le plus proche, que je 'désirais' normalement ardemment, sautillait jusqu'à nous. Accessoirement promise à son frère qu'elle avait toujours admiré, fiancé à ce même homme, qui lui, était subsidiairement lié à moi par un pacte inviolable et bien sûr impossible à briser. Ô joie, que la vie était simple et douce. Que je choppe celui qui avait osé avancer que "tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes" ou encore qu'il existe des situations « potentiellement problématiques » et je le bouffe. Sacré connard qui ne savait rien à la vie!
A peine mon corps se recouvrait-il de chair de poule tandis que des sueurs froides coulaient le long de ma colonne. Qu'une jeune femme, coupable inconsciente de nos tourments à lui et moi, ignorante du lien qui reliait son époux (Kaname) à son frère de cœur (Zéro), entrait dans la grande et impersonnelle pièce devenue accessoirement ma chambre. Un immense sourire peint sur les lèvres - j'étais maudit …
°0° KANAME °0°
Zéro, ne semblait vraiment pas emballer par la confrontation à venir. Son malaise ressortait aussi bien par le biais du lien que la rigidité de son corps, sa musculature bandée et surtout les traits de sa mâchoire. Je m'attendais à tout instant à l'entendre claquer ou grincer des dents !
Moi j'étais quasi-certain de la future réaction de Yuki, enfin c'est ce que je croyais jusqu'au moment où j'ai entendu sa voix. Dire que je nous donnais quelques heures illustrait un peu mon incertitude. Elle approchait et j'avais eu la vague impression qu'elle arrivait trop vite comme si elle savait ce qui l'attendait dans cette pièce et qu'exciter elle venait en courant. (Merci au stress et à l'appréhension) Et Zéro lui décolorait au fur et à mesure de son avancer, semblant au bord du malaise. Déclenchant, tel un automatisme qu'il suffisait de provoquer, mon instinct de protection surdéveloppé. Et je le devinais, processus qui allait devenir étouffant pour lui au fil du temps.
Seulement nous sachant dans une voie sans issue sans aucune chance d'esquive. Je laissais réticent ce profiler cette discussion, plus sûr de rien et emplis de doutes.
°0° KANAME °0°
"- Pourquoi es-tu dans la chambre voisine ?
-Tu vas vite comprendre !
-Pourquoi tant de mystères? [...]Zé [...] ZérOO!
-Oui, c'est bien moi.
-Mais [...] Tu [...] enfin et [...] je croyais [...] Kaname-sama a [...] TU AS REUSSI ?
-Oui, il est sauf. Alors calmes toi et met de l'ordre dans tes idées. Nous n'avons compris que la fin de ta phrase.
-YATTAAAA! " (=super en japonais)
Bien que je sois heureux de ne pas m'être fourvoyé sur le comportement de ma jeune sœur. Le problème était désormais tout autre : éloigner Yuki et la gaver d'excuses plus fausses les unes que les autres. Puis, appâter Zéro tout en ne laissant rien paraître. Les semaines voir mois à venir n'allaient pas être des plus simples ou de tout repos.
Alors que Yuki babillait sans plus s'arrêter de tourner autour de MON EPOUX, observant son changement de taille et d'apparence. Zéro, lui semblait blaser mais rassurer bien que je sentais via le lien une certaine retenue et une appréhension que je ne comprenais pas. Les assauts de la jeune femme, le perturbait me donnant l'impression qu'il se tassait de plus en plus sur lui-même. Il semblait particulièrement perdu. Et c'était franchement drôle à voir.
"-C'était donc pour ça les têtes d'enterrements en bas? T'es dans la night class maintenant? Mais c'est génial et [...]"
Et ça ne s'arrêtait plus, sa main sur son avant-bras alors qu'en tirant dessus comme une forcenée elle rapprochait son corps du SIEN! Elle se l'accaparait totalement et lui, bien que pommer dans un autre monde lui souriait amicalement. La réincarnation même de la douceur tout en hochant de temps en temps la tête pour approuver ses dires. Et j'ai soudainement eu peur qu'il ne me voit plus. La présence de Yuki devenait encombrante, elle était trop près, trop tout et je commençais doucement mais sûrement à me mettre en colère. Zero complètement submergé m'avait totalement oublié. Yuki occultait ma présence et ce n'était pas fait pour me faire plaisir.
Les pics de jalousie m'assaillaient tous plus et nombreux et violents les uns que les autres. La moutarde me montait au nez à une vitesse hallucinante tandis que mon sang battait à mes tempes. Et Zéro par ses rapides et discrets coups d'œil dans ma direction semblait s'en être aperçut. Bien, au moins le message passait !
"-Yuki, je suis fatigué. On se voit plus tard d'accord ? Tous ces changements m'ont épuisé et il faut que je me repose.
-D'accord viens me voir en cas de problème ou si tu veux parler!"
Je crois que cette bise fut de trop. Puisque sous ma rage, je commençais à vaciller et voyait Zéro faire de même. Mes prunelles devaient osciller entre chocolat et carmin tout en lançant des éclairs dans leur direction. Ma sœur de dos ne voyait rien mais Zéro, lui, l'avait très bien remarqué. Elle était ensuite sortie de la chambre moi à sa suite. Trop en colère pour risquer de m'attarder et le blesser, j'avais esquissé un geste vers la sortie sans un mot, ni un regard vers lui.
°0° ZERO °0°
J'étais complètement perdu, voir Yuki ne me faisait rien, aucune exaltation, aucune joie exagérée. Le fait qu'elle se soit réjouie me laisse un arrière-goût de déception sans que je ne comprenne pourquoi. Sa joie exacerbée à défaut de la mienne me donnant la vague impression que son comportement était sur-joué, débordant d'hypocrisie. Le tout sonnait légèrement faux, moi qui là connaissait depuis des années je percevais ces changements d'intonations et autres facteurs forçant mon instinct à me méfier de sa personne. C'était la première fois et pour le moins déconcertant.
Et ses yeux, je n'étais vraiment pas certain d'apprécier leur éclat et l'expression qu'ils me renvoyaient; convoitise et autant d'autres que je ne comprenais pas. Elle avait laissé filtrer les traces d'une certaine souffrance aussi, comme si elle était tirailler par un étrange dilemme inconnu de ma personne.
C'est donc légèrement à côté de la plaque que j'acquiesçais par automatisme prenant garde à ce qu'elle me disait et lui offrait ce sourire faux qu'elle avait toujours reçut lorsque je n'allais pas bien. Un sourire différent du vrai, mais elle n'avait jamais su faire la différence entre les deux. Ça m'avait blessé au début et puis plus tard c'était devenu normal.
Quand m'avaient atteint par vagues les sentiments de l'autre : jalousie, colère, envie de meurtre, possessivité, instinct de protection. Tout c'était mélangé exacerbant mon malaise et engendrant une colère que je ne contrôlais pas. Sur le point d'exploser dans les minutes à venir, je l'avais discrètement écarté de moi.
Depuis la création du lien, mon corps réclamait le sien sans que je ne le veuille consciemment, mon esprit ses attentions, mon tout; lui. Et lui me ... il me faisait subir une crise aiguë de jalousie et dans les formes à tel point que j'en chancelais. Qu'il ne s'inquiète plus, Yuki était à lui, il me semble l'avoir bien compris. Tout ce que je ressentais était dû au lien et il était semble-t-il possible de combattre toutes ses émotions contradictoires me bouffant. Son comportement appuyant mon hypothèse, j'allais me donner à fond pour ne plus ressentir. Après tout il était encore capable de désirer quelqu'un d'autre, de vouloir quelqu'un d'autre, alors pourquoi pas moi?
Seulement, au vue de son comportement il ne prenait en aucun cas considération de moi, me mettaient dans une rage folle. Et la migraine qui avait trouvé place dans la partie droite de ma boîte crânienne pulsant de plus en plus fort, n'avait fait qu'empirer les choses!
"-Yuki, je suis fatigué. On se voit plus tard d'accord ? Tous ces changements m'ont épuisé et il faut que je me repose.
-D'accord viens me voir en cas de problème ou si tu veux parler!
-C'est noté."
Avait été ce que je m'étais contenté d'ajouter afin de clore la conversation. La bise que j'avais reçue sur la joue gauche avait exacerbé la colère noire de l'autre. Me laissant légèrement tremblant de fatigue, de rage mais aussi d'incompréhension. Pourquoi fallait-il que ce genre de choses n'arrive qu'a moi ? Pourquoi voulais-je l'avoir près de moi ? Alors que lui parvenait à combattre le lien. Pourquoi me sentais-je blesser et déçu par ses actes? La folie n'était pas loin et le désespoir s'abattait déjà sur moi. Inconsciemment j'avais espéré quelque chose, sans trop savoir quoi.
Alors qu'elle sortait de la chambre, je détournai mon regard du jolie et harmonieux couple qu'ils formaient, ne prêtant plus attention à leurs dires.
Seulement, avant que l'autre ne passe l'encadrement de la porte, j'avais ajouté sur le ton sarcastique et cynique de la conspiration;
"-Rassures toi, Yuki est à toi. Je l'ai compris le jour où elle m'a rejeté. De plus je te dois ma vie et ma raison, je resterais donc dans ton ombre. Il est inutile de prévenir Yuki si je suis coopératif et que je te suis tel un chien n'est-ce pas? Trouve une excuse et fait ensuite comme si je n'existais pas, ta relation avec elle est sauve. A partir de maintenant je ne te dois plus rien.
-Zé[...]
-Sors."
Et il avait quitté ma chambre sans un regard en arrière, ses sentiments brusquant les miens alors que je m'efforçais de ne plus le sentir. Et avec brio, puisqu'au bout de 10 misérables et interminables minutes, j'y étais enfin parvenu. Qu'être seul dans sa tête pouvait être reposant et rassurant!
Ce soir-là, j'avais cru maîtriser le lien, tout du moins pour le contact psychique. Alors que je me rendais compte que je développais une attirance incongrue et mal venue pour un homme, un sang pur que j'étais quasiment sûr de ne pas apprécier!
°0° KANAME °0°
Les mots de Zéro me poursuivaient, il avait mal interprété ma colère. Mais sa façon de voir les choses en se basant sur nos antécédents communs restait des plus compréhensibles voir même légitimes.
Yuki allait bientôt venir me réclamer du sang. Je n'avais d'ailleurs pas encore abordé ce sujet avec lui. Ni le fait que la soif de ma sœur n'était jamais assouvie puisqu'en manque du sang de Zéro également. Elle le voulait, elle l'avait toujours su et ne s'en était jamais cachée, le sang de mon époux ...
J'avais commencé à me faire à cette appellation et en remerciais dès que le temps rendait la chose possible ma perte de contrôle. Cet être sublime, charismatique, fier et droit qu'est Zéro m'appartenait et m'appartiendrait toujours. Et, à chaque fois que cette pensée effleurait mon esprit j'oubliais tous mes soucis. J'avais toujours ignoré que l'amour en plus d'aveugler (parait-il) rendait idiot, enfin pas que je m'en plaigne, mais j'en avais vaguement eu l'aperçu ces derniers temps. Bref, tout ça pour dire déterminer et plein de verve que jamais Yuki n'apposerait ses crocs sur le cou de MON EPOUX. Que jamais elle ne boirait son sang. Que tout chez cet homme m'appartenait, tout était mien. Oui, absolument tout et il n'était même pas question de partage.
Ça y était, elle était là, fraîche comme un gardon, un sourire enjôleur, les yeux pétillant, le teint plein de santé et l'expression folle de joie et ... autre chose que je ne parvenais à identifier. Me laissant en revanche totalement indifférent.
J'avais vite expédié cet instant au début délivrance et désormais corvée. Je me sentais l'âme d'une mère nourrissant par obligation son enfant. Et c'était franchement désolant. Je ne savais pas ce qui était le pire, ça ou le fait qu'il s'agisse de ma sœur ?
Sa morsure m'avait envoyé des décharges électriques, m'élançant de mon poignet jusqu'à mon crâne. Poignet que je lui avais tendu trouvant une excuse plausible pour lui interdit l'accès à ma gorge. La douleur s'était implantée jusque dans mes tempes laissant apparentes les veines s'y trouvant. Tout mon corps la rejetait, ses crocs, son toucher, son être, sa présence, son existence ! J'avais sûrement l'air d'exagérer mais à cet instant c'était exactement ce à quoi je pensais!
Je n'avais qu'une envie, la jeté par la fenêtre ! L'éloigner de moi et de mon époux, lui hurler la vérité. Que celui que je voulais, c'était Zéro, que mon fiancé était Zéro et qu'elle ne pourrait rien contre ça. Qu'elle n'avait aucun droit de désirer le sang de mon EPOUX! OUI MON EPOUX, LE MIEN, A MOI!
Une fois cette torture sur le point de finir, la porte attenante à la chambre de mon EPOUX - j'adore vraiment me le répéter, c'en devient maladif - dissimulée dans un trompe l'œil magnifique fut projetée contre le mur. Tandis que Zéro entrait haletant une main appuyée sur le crâne, l'autre entourant sa taille, essoufflé, un simple pantalon (remonter car trop court lui aussi) en guise de vêtement (torse nu donc!), cheveux ébouriffés, le regard fou. Il semblait me chercher.
Mais également lutter contre une souffrance qui le rongeait de l'intérieure ...
