7- Une nuit inoubliable
Pendant les quelques jours qui suivirent le banquet, Nuriel et Eomer passaient le plus de temps possible ensemble, mais rarement ils étaient seuls. Ce fut donc la veille du départ que le neveu du roi amena Nuriel dans un endroit ou il savait qu'ils seraient tranquilles, sans personne pour les espionner ou les déranger. Il l'entraîna dans les montagnes et plus précisément dans une ancienne tour d'observation.
Une fois à destination, Nuriel ne put qu'admirer la splendide vue de la vallée et de la cité au loin. Elle sourit à l'image féerique qu'elle avait sous les yeux. Ce n'était pas la forêt d'Imladris, mais il y avait un petit quelque chose d'attirant dans ce qu'elle voyait.
- C'est vraiment très beau comme paysage Eomer. La vue est reposante, c'est magnifique… Vous venez souvent ici? Demanda Nuriel
- Quand j'ai besoin de solitude, oui. Mais moins maintenant. Mon poste parmi les cavaliers de la marche ne me donne plus cette possibilité. Cette tour servait à voir venir l'ennemi autrefois, mais aujourd'hui… lui dit Eomer en regardant tout autour de lui.
- Elle ne sert plus depuis longtemps? Demanda à nouveau Nuriel.
- Depuis qu'il n'y a plus de guerre... J'imagine qu'un jour elle servira à nouveau. Dit Eomer en lui souriant en coin
Nuriel fronça les sourcils et se rendit compte qu'il était inquiet. Craignait-il quelque chose dans l'avenir? Elle s'approcha de lui et remarqua son air triste. Eomer avait amené un panier de provisions et pour ne pas lui montrer son chagrin, il remplit un verre de vin qu'il tendit à Nuriel. Elle sentait de la tristesse dans son cœur et lui demanda avec douceur :
- Je vous trouve bien triste Seigneur Eomer. Que vous arrive-t-il? Demanda-t-elle.
Eomer prit une profonde respiration et s'installa à la table près de la fenêtre. Il regardait son verre et lui dit sans la regarder :
- Vous allez nous quitter demain et j'ai le cœur lourd de vous voir partir. Dit Eomer.
Nuriel sourit et s'agenouilla devant lui et dit sur un ton sensuel :
- Mais je reviendrai l'an prochain. Gildor a été autorisé à revenir par votre roi. Nous nous reverrons à ce moment. Dit Nuriel pour l'encourager.
Eomer sourit légèrement, mais ce n'était pas suffisant pour lui rendre son sourire. Elle se releva et déposa son verre de vin sur la table. Elle fit de même avec le sien et prit sa main pour l'attirer jusqu'au lit qui occupait un coin de la pièce. Elle le fit s'asseoir et prit place en face de lui sur une chaise et lui dit :
- Ne soyez pas triste Eomer. Le temps sera long avant mon retour ici, mais nos retrouvailles ne seront que plus agréables. J'ai un moyen infaillible de vous rendre cette séparation plus acceptable. Dit-elle en prenant ses mains dans les siennes
Eomer était tellement surpris par ce qu'elle faisait qu'il ne dit rien et laissa Nuriel s'occuper de son cœur blessé. Cette dernière lui sourit tendrement et lui dit :
- Maintenant, fermez les yeux et imaginez dans votre esprit ce qui vous ferait le plus plaisir. Imaginez-vous ce que vous aimeriez vivre le plus en ce moment. Voyez dans votre esprit le souvenir le plus cher à votre cœur. Un souvenir qui nous concerne tous les deux. Dit-elle en s'imaginant facilement ce qu'il pouvait voir dans son esprit.
Eomer gardait les yeux fermés et sourit en coin au souvenir de leur première rencontre. Il l'avait vue se baigner dans la rivière. Il se souvint que ce soir là, il avait rêvé d'elle et de son corps nu collé au sien. De caresses et de baisers qu'ils échangeaient dans la passion et le désir. Il se sentit frémir et trembla légèrement.
Nuriel n'eut pas besoin d'en savoir plus pour savoir ce qu'il avait imaginé dans son esprit. Elle profita de l'occasion pour le repousser sur le lit et effleurer sa bouche de ses lèvres douces. Elle lui dit alors :
- Je sais ce que votre cœur désir Eomer, car j'ai le même désir que vous. Je peux faire de votre désir une réalité… si vous le voulez, bien entendu. Dit-elle sensuellement.
Eomer avait ouvert les yeux grands à ses paroles et ne voulant pas perdre de temps, il fit pivoter Nuriel sur le lit pour se retrouver sur elle. Il lui dit alors :
- Ne me provoquez Nuriel, je ne me sens pas très patient quand je suis avec vous. Dit-il en plongeant son regard brillant d'excitation dans les yeux de Nuriel
Nuriel rugi en sentant ses hanches se presse contre elle. Eomer comprit qu'elle était prête à plus encore et d'un mouvement rapide, il lui retira sa robe exposant un corps parfait. Il grogna à son tour devant tant de beauté.
- Tu es tellement belle, tellement parfaite. Tu es tout simplement magnifique. Dit-il avec admiration.
Nuriel rougit de plaisir et lui sourit amoureusement. Eomer savait qu'il ne serait pas patient et embrassa la jeune femme avec passion tout en caressant de ses mains le corps brûlant de Nuriel. C'était un moment merveilleux pour les deux amants et sans se soucier de ce qui les entourait, ils échangèrent baisers et caresses jusqu'à ce qu'ils se sentent prêts à aller plus loin.
Nuriel s'amusait de l'impatience du jeune homme, mais ce fut une expérience des plus révélatrices pour elle. Elle avait aimé beaucoup dans sa longue vie, mais jamais elle n'avait connu un moment aussi agréable. Ils n'en étaient qu'au préliminaire et déjà elle anticipait la suite. Et elle n'eut aucun regret, car ce fut des plus extraordinaires. Elle était prête à beaucoup pour rendre ce moment inoubliable pour lui. Elle savait qu'au matin, elle ne serait plus dans ses bras.
Ils s'aimèrent toute la nuit sans vraiment s'arrêter et ce fut un peu avant le lever du jour qu'Eomer s'endormit fatigué et épuisé par leurs ébats passionnés. Nuriel le regarda dormir un très long moment et ne put retenir ses larmes. Elle voulait incruster dans mémoire le doux visage de son aimé et se rappeler ces instants délicieux passés en sa compagnie.
Elle voyait le ciel s'éclaircir et se leva silencieusement comme seuls les elfes peuvent le faire. Elle enfila ses vêtements et rapidement se faufila hors du refuge qui avait abrité leur amour. Elle jeta un dernier coup d'œil vers l'homme qu'elle avait aimé l'espace d'une nuit et dit doucement un sanglot dans la voix :
- Au revoir Eomer, j'espère te revoir l'an prochain je ne t'oublierai pas de sitôt mon beau dresseur de chevaux. Dit-elle avant de le quitter pour de bon.
Elle chevaucha jusqu'au campement des gitans qui était en pleine activité. Elle se rendit directement à sa roulotte ou elle put voir Farah qui l'attendait. Cette dernière comprit que la séparation avait été difficile et qu'elle aurait besoin de sa présence pour la soutenir dans les prochaines semaines. Nuriel mit pied-à-terre et dit à son amie avec fermeté :
- Tu peux dire à Gildor que je suis prête au départ. Dit Nuriel tristement.
- Nous pouvons attendre un peu si tu veux…
- Non Farah, plus vite nous partirons et mieux ce sera pour moi. Je ne veux pas m'éterniser ici. Dit-elle un peu brusquement pour cacher sa peine.
Farah ne répondit pas, mais lui ouvrit les bras. Ce ne fut pas long que Nuriel s'y blottit et laissa sa peine inonder l'épaule de son amie. L'épouse de Gildor la berça doucement et lui dit :
- Est-ce que ça ira?... Tu as besoin de quelque chose?
- Non, ça ira… ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Je vais me ressaisir ne t'en fait pas… Je vais le revoir l'an prochain et je verrai alors comment il se comporte. Dit Nuriel en lui souriant tristement.
Farah lui sourit en retour, mais elle n'était pas convaincue que la jeune elfe soit aussi timide avec lui maintenant. Elle risquait plus de peine qu'autre chose. Malgré ses avertissements, Nuriel ne semblait pas vouloir oublier le jeune cavalier du Rohan. Elle espérait que le temps arrangerait les choses pour elle comme pour lui.
