Hello, voici l'épilogue ! Je l'ai fait lire à ma sœur, (elle m'a insultée puisque je m'étais arrêtée à un mauvais moment xD) et elle a validé ma fin donc je suppose que c'est bon ^^

Merci d'avoir suivi jusqu'au bout, d'avoir lu et j'espère que vous avez aimé. Si c'est le cas un petit "ouais c'était sympa" en reviews suffira :D oui j'ai osé demander des reviews, j'ai honte... Blague à part, je suis vraiment contente que vous ayez lu jusque-là, parce que j'ai beaucoup hésité à la poster et finalement, c'est l'un des trucs sur lequel j'ai le plus travaillé et me suis le plus investie. Voilà j'étale ma vie parce que no reasons, mais je suis vraiment soulagée que ce soit fini.

Sur ce, bonne lecture !


Epilogue


Un dernier coup du pistolet à peinture et ce sera bon. Quelques mouvements réguliers plus tard, et la pièce est prête pour le vernissage qui sera fait le lendemain matin, parce qu'il est bientôt vingt-et-une heure, soit l'heure de débauche, et qu'il est hors de question de commencer un long travail. Vêtu d'un casque, d'un masque et de sa tenue d'atelier, Hayner range son outil, puis met la pièce sur l'étendoir avec les autres.

Quand c'est chose faite, Hayner retourne au bureau des techniciens de maintenance, puisqu'il s'entend bien avec eux, qu'ils sont les seuls à avoir une planque pour branler jusqu'à la fin de l'heure et que leur responsable ne passe que peu de temps dans le même atelier qu'eux. Il les a rejoints en septembre l'année précédente, ce qui fait bientôt dix mois et s'est habitué à ces types.

Lorsqu'il entre dans l'atelier grâce à son badge, il n'est pas surpris de voir ses quatre collègues sur leurs ordinateurs, une enceinte jouant de la musique en fond. Les six postes sont répartis avec trois collés pour former un rectangle complétés par l'imprimante, alors que deux sont dans des coins et que le dernier est juxtaposé au cinquième bureau, du côté de l'imprimante. Un petit couloir sur sa gauche donne sur leur zone d'atelier, là où les techniciens effectuent toutes leurs tâches.

Il s'arrête devant le calendrier placardé à côté de la porte. Plus que trois semaines et il pourra partir en vacances avec Roxas, chez ce dernier. Plus que vingt-et-un petits jours avant de voir Vanitas.

-Je vous retrouve dans le même état qu'à mon départ : en train de rien foutre !

Il se laisse tomber sur une chaise roulante devant un PC libre et se pousse jusqu'au technicien en informatique, Pence. Ils ont à peu près le même âge et Hayner l'aime bien parce que grâce à son arrivée récente, ce n'est plus lui le nouveau.

-Tu mates du cul ? Lance-t-il en plaisantant.

-Non, je vérifie le programme pour la dernière chaîne, elle n'arrête pas de planter. Impossible de trouver d'où ça vient, je pense que je vais juste créer une copie pour m'en inspirer et la modifier.

Hayner siffle d'admiration, bien qu'il ne cherche pas à plus comprendre ce dont il lui parle :

-Pendant ce temps, les mécanos et les élecs branlent rien, c'est à se demander pourquoi vous venez !

Les trois autres lui lancent un mauvais regard, et Hayner sourit comme un crétin, habitué à balancer ce genre de réflexion.

-Retourne jouer avec ton pinceau, peintre en carton, répond le technicien en mécanique, Cid.

Aced, l'électricien se lève de tout son poids pour venir lui broyer les trapèzes, mais Hayner est plus rapide et s'enfuit avant de se faire piéger. Gula, l'électrotechnicien se marre, mais ne vient pas pour autant l'aider, et lui lance un :

-C'est facile d'être peintre, t'appuies sur un bouton et t'as plus qu'agiter ton pinceau, travail terminé.

-Encore que des fois, il balance juste du sable sur la pièce, ajoute Aced.

Hayner sourit en entendant ça et continue de fuir les mains d'Aced.

-Les élecs changent des prises et des piles, j'avoue ça m'a l'air super compliqué ! Brancher les fils bleus ensemble, je ne sais pas si je pourrais y arriver tellement c'est difficile.

Cid et Pence rigolent à sa réflexion, alors que Hayner continue de tourner entre les tables pour esquiver le géant.

D'un coup, un frisson le traverse, une douce chaleur l'envahit et le monde s'évanouit autour de lui, alors que les battements de son cœur accélèrent. Un sourire soulagé pointe le bout de son nez en ressentant la présence de Vanitas à ses côtés. Cela fait aussi partie des choses auxquelles Hayner s'est progressivement habitué en bientôt un an : avoir quelqu'un auprès de soi mentalement et émotionnellement, qui peut savoir où il se trouve et qui lui envoie ses émotions dès que possible. Un merveilleux sentiment de bien-être s'empare de lui à chaque fois et il se sent encore plus tomber…

Merde, même pour lui c'est bizarre de penser qu'il est amoureux. Cela lui donne envie de vomir, mais des papillons palpitent dans son ventre. Être apparié à un autre sigma n'est pas la même chose que lorsqu'il tombait amoureux d'ordinaires ou non-ordinaire différents de lui, c'est comme si son être le plus profond était en symbiose avec l'autre personne. Ce ne sont clairement pas des âme-sœurs vu le nombre de disputes qu'ils ont, mais cela ne l'empêche pas de se sentir complet quand ils sont ensemble.

Aced l'attrape d'un coup et Hayner ne peut s'empêcher de rire à cause de la présence de Vanitas à ses côtés. Vanitas qui semble déborder d'affection et d'impatience, que peut-il bien attendre ?

XX

Mec, code rouge.

Hayner grogne en voyant le message reçu il y a deux heures par Roxas. Son colocataire a une mauvaise notion d'urgence et nomme tout et rien ; il a l'impression de repasser des examens quand il doit deviner de quel code Roxas parle.

T'as eu peur du micro-onde, du coup t'as pas fait à manger ?

Pour lui, c'est une situation digne d'un code rouge. À moins qu'il y ait une coupure d'électricité et qu'il n'ait pas eu le temps de sauvegarder ? Merde, il espère que Roxas n'a pas avancé son jeu à son absence, sinon des repas vont sauter !

La ferme, c'est arrivé qu'une fois !

Puis :

et non, pas du tout, apprends le code bordel

Hayner souffle en roulant les yeux, blasé par la réponse tellement prévisible. Bah nique, il règlera cette histoire quand il sera aux fourneaux. Pendant ce temps à sa gauche, il sent la tête de Vanitas contre son épaule et son affection. Vivement qu'ils se revoient.

À cause de son travail et des études supérieures de Vanitas, ils ne se sont pas vus de l'année scolaire, sauf via leur lien de sigma, même s'ils se sont beaucoup appelés pour compenser. Bien que Hayner l'ait fait en premier, Vanitas maîtrise bien mieux que lui cette faculté et lui rend visite dès qu'il peut.

Hayner aimerait bien le déranger aussi, mais sans succès. Il ne peut vraiment pas attendre de le voir en août, quand Vanitas reviendra des îles du destin.

XX

-Bon, c'est quoi cette histoire de code rouge ?

Il est bientôt vingt-deux heures quand Hayner atterrit devant les plaques de cuissons dans sa cuisine américaine, qui donne sur le salon. Des fenêtres de chaque côté de la pièce ouverte permettent un grand courant d'air, qui fait sortir la fumée. En face du chambranle de la cuisine (puisqu'ils ont dégondé la porte en emménageant il y quatre ans), se trouvent les toilettes et un petit couloir d'un mètre. À son bout à gauche, le salon, et à droite un autre corridor avec les chambres d'un côté et la salle bain de l'autre.

Sans surprise, Roxas n'a pas fait à manger, quel genre de meilleur ami et de colocataire est-il ? La réponse en trois mots : un très mauvais.

-Tu peux faire des pâtes, s'il te plaît ?

Hayner lève la tête en le dévisageant, ce garçon est-il tombé sur la tête ?

-Non.

-Mais s'te plait ! Genre j'ai besoin de pâtes ce soir, rien d'autre ne pourra me faire plus plaisir !

-J'en ai absolument rien à foutre, pas de pâtes dans cette maison. Je n'ai pas fait cuisine pour préparer des pâtes, connard.

-Mec, t'as détesté ces trois putain d'années, s'offusque Roxas, depuis le canapé.

-Ce sera pommes de terre et steak ce soir, avec un peu de salade, ça fera du bien à ton teint.

-Mais nooon, gémit le blond en se laissant tomber sur son dos.

Peut-être que c'est Hayner qui s'offusque en fait…

Vanitas s'agitant à ses côtés, Hayner met sa menace à exécution, soulagé et totalement serein. Il chantonne presque en se sentant enlacé, toujours dans l'impatience et le manque. Plus que trois semaines et ils pourront se voir, il a hâte. C'est très probable qu'ils se disputeront et se lanceront toutes les piques du monde, mais savoir qu'il pourra le toucher, mettre les mains sur lui, l'embrasser, le remplit de joie.

-Pourquoi t'es heureux au juste ? Y a Vanitas avec toi ?

Tout en épluchant les pommes de terre, Hayner lève la tête pour offrir un regard amusé et coupable à son meilleur ami. Vanitas a l'air de trop bonne humeur en plus, c'est contagieux.

-Ouais, et ?

-Et rien du tout, tant mieux, crache-t-il avec mépris pour la forme. Tu veux l'appeler ?

-Non, c'est quoi cette histoire de code rouge ?

Roxas se lève du canapé pour venir s'appuyer contre le bar, côté du cuisine avec un faible sourire nostalgique.

-Hayner, tu te souviens de comment on s'est rencontré ?

-On était à l'internat ensemble.

Enfin internat, Hayner habitait à plus de trois heures en train de la Cité du crépuscule, et puisque l'école proposait le pensionnat pour cas exceptionnels, il ne rentrait que pour les vacances. Roxas avait simplement demandé l'internat puisqu'il ne s'entendait pas avec sa famille (il sait maintenant que c'était la présence de Vanitas).

-C'était la bonne époque, on se liguait contre les généraux, on échangeait nos affaires, énumère le blond.

-Non, tu piquais mes affaires et tu squattais mon lit le lundi parce que tu n'étais pas capable de garder le tien propre !

Ashelia, sa mère, était très cheval à cheval concernant sa propreté, vu qu'elle vient d'une bonne famille, dont elle est la seule vivante. Hayner l'a d'ailleurs appris pour les fêtes de fin d'année, étant donné qu'il ne l'a pas vue à son retour de vacances et qu'il a enchaîné directement sur le travail. Entre temps, ils n'en ont pas reparlé, mais quand ils se sont revus, Vaan lui a sauté dessus pour le féliciter d'avoir présenté.

Puisqu'ils n'ont jamais rien dit, Hayner a pris pour acquis que ses parents étaient des ordinaires, mais la réalité est toute autre : Ashe est un sigma pur comme lui, et son père a un gène ordinaire, et un sigma, ce qui a attiré sa mère. C'est grâce à elle s'il a pu se manifester et c'est ce qui les a rapprochés (parmi tant d'autre chose). Si elle n'a rien dit, c'était pour éviter de briser son cœur de pauvre petit ordinaire.

Grâce à elle, il a pu en apprendre énormément sur les sigmas et poser les quelques questions qu'il a eues (à savoir trois : est-ce qu'il peut me parler via le lien ? (non) est-ce qu'on peut casser notre paire ? (non) est-ce qu'on survit à la mort de l'autre ? (non) Merci maman).

-Je voyais pas mon meilleur pote du week-end, j'étais super triste !

-Tu te liais à Néo pour me faire chier, je te rappelle.

Hayner le leur rendait bien, puisqu'il arrivait à les maîtriser en étant seul. À cette époque, il était réellement insupportable et se battait à tout va pour exprimer son mal-être.

-Et après ces merveilleuses années, continue Roxas rêveur, on est venus vivre ici, dans notre nid douillet.

-Nid où tu ne participes pour aucune tâche.

-Comment ça, aucune ? Je jette les poubelles et fais les courses tous les trois jours !

-Non, je te traîne au courses pour que tu payes, sinon ça serait tous les jours des pâtes, rectifie-t-il en crachant sur le dernier mot.

Le blond secoue la tête, effaçant cette information d'un mouvement de main :

-Et pendant tout ce temps, j'étais seul et célibataire, sans sentinelle pour m'éclairer.

Hayner lève la tête des pommes de terre qu'il a commencé à découper, alors qu'il sait Vanitas patienter à ses côtés. Merde, cette douceur dans ses entrailles est tellement agréable.

-Comment ça ? Je croyais que Demyx était ta sentinelle.

-Mais pas du tout, nie Roxas. Enfin oui, c'était ma sentinelle de substitution en attendant que je rencontre ma véritable sentinelle !

C'est quoi cette connerie ?

-Genre ton âme-sœur ?

Il grimace en inclinant la tête.

-À peu près, genre la personne pour moi.

Ses yeux se mettent à pétiller et Hayner n'a besoin d'être un guide pour savoir ce qu'il va dire :

-Non. Non, non, ce n'est pas possible !

-Si ! S'écrit Roxas. Si, j'ai rencontré ma sentinelle ! Tu te rends compte, ma sentinelle !

Hayner lâche ses pommes de terre et son couteau pour aller soulever un Roxas particulièrement joyeux et épanoui. Il le fait tournoyer en se marrant, soulagé de le savoir conquis.

-Elle s'appelle Strelitzia et c'est une putain de dingue ! S'exclame Roxas, quand il touche à nouveau le sol.

XX

Etant donné qu'il ne travaille pas le vendredi, Hayner a passé son jeudi soir devant sa console, alors que Roxas est parti chez Strelitzia. Quand un guide rencontre sa sentinelle, ils ne peuvent entrer en contact physique malgré leur envie pressante de se toucher, car ils ont besoin d'une grande intimité pour se lier de quelques façons que ce soit, et qu'une fois commencé rien ne pourra les arrêter. Ils ont choisi un endroit où ils seront en sécurité et visiblement leur appartement n'est absolument pas sauf. Ils n'ont qu'à aller se faire foutre de toute façon.

Même si le traître est parti et qu'il a arrêté de jouer depuis deux heures, impossible de trouver le sommeil. Son corps chauffant à différents endroits l'empêche de dormir.

-Vanitas, arrête…

Se plaint-il en se retournant dans son lit double. Depuis quelques minutes, Vanitas s'est manifesté à ses côtés pour le déranger. À chaque fois que l'autre garçon met en contact une partie de leur corps, il le sent, ce qui l'empêche de fermer l'œil. C'est fatiguant, pourquoi ne le laisse-t-il pas tranquille ?

Avec la lumière de la fenêtre et des volets grands ouverts, Hayner cherche son portable éteint et abandonné quelque part sur le sol, l'allume avant de se faire aveugler. Putain, jure-t-il par habitude. Alors qu'il tape son code PIN, il entend la porte d'entrée être ouverte de l'extérieur. Roxas aurait-il oublié quelque chose ?

C'est bizarre, leur accouplement a duré beaucoup moins longtemps qu'il l'a estimé. Alors qu'il dessine le schéma de déverrouillage, son colocataire toque.

-Non, répond-il en bon chieur.

Il toque encore.

-Va chier, Roxas.

Ce stupide blond toque encore, mais n'obtient pas de réponses. Hayner peut se montrer plus têtu que lui s'il faut. De toute façon, Roxas ne frappe jamais et aucun d'eux n'éprouve de la gêne, pudeur ou autre en la présence de l'autre puisqu'ils vivent ensemble depuis sept ans. La seule raison pour laquelle ils n'ont pas dégondé toutes les portes de leur appartement (enfin, au début c'était le cas), c'est pour pouvoir se branler ou ramener quelqu'un sans s'afficher.

Des picotements sur son avant-bras lui font lever la tête vers un Vanitas qui réchauffe son cœur. Il est bientôt trois heures, pourquoi est-ce qu'il est réveillé, mais surtout pourquoi vient-il le voir.

-T'es vraiment têtu, pourquoi tu m'appelles juste pas ?

Il sait que parler à ce Vanitas ne sert rien : ils ne s'entendent pas quand ils se manifestent à l'autre. Avec un soupir, il affiche le contact pour son copain/partenaire de vie/moitié, quand sa manifestation attire son attention vers la porte et fait sentir à Hayner qu'il veut qu'il sorte.

-Allons casser la gueule à Roxas, ça marche.

Hayner se met sur ses pieds, dans sa chambre bien rangée, puis avance jusqu'à la porte qu'il tire d'un coup.

-Tu veux quoi !?

En face de lui, c'est Roxas. Si on omet ses yeux jaunes qui lui coupent la respiration, ses cheveux ébène qui lui avaient tant manqué, son sourire narquois qui arrête son cœur, et son visage juvénile qui rend ses jambes flagada.

Hayner claque la porte, c'est quoi ce bordel ? Oui il a terriblement envie de voir sa moitié, mais de là à l'imaginer chez lui, il y a un pas. Voire un fossé. Il a dû halluciner, ce n'est pas possible, même si le rire qui vient de l'autre côté est terriblement réel.

Purée, Hayner n'ose y croire. En même temps, ça explique le sentiment d'empressement qu'il a ressenti de sa part toute l'après-midi. Quel espèce de con, il ne pouvait pas prévenir ? Hayner déteste les surprises.

D'un mouvement rapide, il tire la porte et saute au cou de sa moitié, réellement surpris et tellement heureux de le savoir avec lui. Son visage, son corps, ses mains, tout est à portée. Hayner se détache pour lui sourire, puis lui met un coup de poing dans le ventre de cet abruti. Hum, vu son air surpris et son couinement, il ne s'y attendait pas ; tant mieux.

-Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu venais ? Comment tu peux être là, déjà ? Puis qui t'a ouvert, Roxas est avec toi ?

Ensuite Hayner le prend dans ses bras, parce que cela va bientôt faire un an qu'il veut le revoir et le toucher. Mince, il n'a même pas pu l'embrasser en partant deux jours après le festival et l'a simplement enlacé avant de monter en voiture avec Roxas. Même si cela lui a serré le cœur, il ne se voyait pas embrasser le type qui a presque gâché ses vacances, qui lui a mené la vie dure et avec lequel il n'avait pas d'alchimie.

-T'aurais pu frapper moins fort…, rétorque Vanitas, assis par terre.

Hayner est à genou à côté de lui, sa tempe contre le haut de sa tête et ses bras serrant avec affection ses épaules. Vanitas a passé une main derrière son dos, qu'il monte et descend avec douceur. Son odeur l'enivre et le rend plus dingue à chaque respiration.

-Non, c'est bien fait pour ta gueule, soupire-t-il avec une affection non feinte.

Il n'a même pas la volonté de se décrocher de lui, ni même de s'éloigner.

-Pourquoi t'es là, Vanitas ? Comment ?

Il ricane, le serrant plus près.

-Roxas est un dingue qui a appelé chaque Seekerson pour dire qu'il avait trouvé sa sentinelle.

Et dire que lui a dû attendre d'arriver chez lui pour avoir la nouvelle…

-J'étais avec Linoa quand il l'a appelée, j'ai réussi à la convaincre de forcer Roxas à attendre que j'arrive pour aller se lier. Dès qu'il a craqué, Linoa et Seifer m'ont jeté dans le premier train pour la cité du crépuscule. Cinq heures de trajet jusqu'à toi.

Vanitas a dit jusqu'à lui, il se sent fondre face à un tel compliment. Il geint mentalement et se laissant presque fusionner avec cet être enchanteur.

-Puis Roxas et Stella… Streli… Linsay… Strelitzia m'ont récupéré et largué ici.

-Tu crois qu'ils vont niquer ?

-Bah non, t'es con. Ils vont faire leur truc chelou de GS.

-D'accord.

Hayner resserre son étreinte sur son partenaire, est-ce qu'il va oser ? Oui il va le faire :

-Ma petite moitié, tu sais ce que ça signifie ?

Hayner se redresse pour prendre son visage entre ses deux mains, ses yeux marron affrontant ceux dorés de sa moitié. Des papillons vrillent ses entrailles à cette pensée. Tout cela est complètement à lui.

-Non tu n'auras pas la moitié de mes affaires.

Hayner sourit face à son sourire en coin qui relève le début d'une fossette peu profonde sur sa joue gauche.

-J'allais dire que j'avais enfin l'occasion de profiter de toi et que tu pouvais aussi le faire.

Vanitas l'attire pour coller leurs lèvres ensemble, mais le châtain s'écarte en souriant, puis le monde tourne trop vite et il se retrouve contre le sol. Il geint à cause d'une petite douleur à la tête et dévisage sa moitié, qui est appuyée au travers de lui sur son ventre, un sourire fier affiché.

-Ah ouais ? Bah maintenant je pense que je vais juste prendre ta collection de posters et tes bombes à taguer.

Vanitas grogne pour la forme, avant de l'embrasser. Hayner sourit à travers ce baiser chaste, attendu depuis si longtemps. Tout son corps prend feu, des crépitements de satisfaction parcourent ses extrémités, alors qu'il entend le cœur de Vanitas battre en synchronie avec le sien, dans une merveilleuse mélodie.

L'adolescent s'écarte, sourcils froncés malgré un sourire faussement satisfait.

-Je t'ai dit de profiter de moi, pas que j'avais douze ans, lâche Hayner.

-Je voulais te ménager, mais si tu tiens à ce que je réduise en masse gémissante…

-Amène-toi.

Hayner attrape sa tête entre ses deux mains pour l'embrasser, envoyant et ressentant chaque décharge électrique qui traverse leurs corps. Vanitas s'écarte pour enlever sa veste, puis s'allonge presque sur lui. La chaleur qu'il ressentait avec la manifestation de Vanitas n'est rien comparée à ce qu'il ressent actuellement.

Un téléphone sonne et c'est particulièrement chiant. Vanitas se redresse, les sourcils froncés, et fouille sa poche de pantalon pour en sortir l'appareil infernal.

-C'est Linoa.

-Si c'est important, elle rappellera.

Hayner applique cette logique douteuse pour à peu près tout et ça lui évite tellement de problèmes ; cela lui en crée aussi énormément, mais là n'est pas la question. Vanitas suit son plan et abandonne son portable pour se concentrer à nouveau sur ses lèvres et le mettre en feu.

Le portable vibre encore contre le sol et les fait sursauter et soupirer. Evidemment qu'elle a rappelé.

-Réponds, elle ne va pas te harceler pour rien, si ?

Bien que dépité, Hayner arrive preuve d'un minimum de logique. Fais chier, pourquoi maintenant ? Ils se redressent et Vanitas décroche, en gardant un bras autour de lui, pas prêt à casser un contact après un an sans se voir.

-Oui, Linoa ? [...] Oui je suis chez Roxas, il est… pas là ? [...] Juste Hayner ?

Pourquoi est-ce qu'il répond à des questions par des questions ? Pas son problème, il va juste se contenter de se coller et de frotter Vanitas jusqu'à n'en plus pouvoir. Mince, c'est donc ça leur parade nuptiale ?

-Hayner, téléphone, elle veut te parler.

Il lève la tête de son cou qu'il sniffait avec surprise et attrape le portable. Il s'entend super bien avec Linoa, c'est la mère de son meilleur ami, bien sûr qu'ils s'entendent bien. Que va-t-elle lui demander ? D'habitude c'est surtout pour passer des messages à Roxas, mais là il n'est même pas là…

-Salut Linoa, ça va ?

Il tutoie sa mère, il peut bien tutoyer une femme d'environ le même âge, non ?

-Oui, ça va bien merci. Je viens d'apprendre que mon cher neveu était chez toi, sa moitié, sans personne d'autre ?

Est-ce qu'elle lui sort vraiment le pitch du "si tu fais du mal à ma fille et des choses pas très chastes, t'es un homme mort" ? Parce qu'il comptait sur le fait que Vanitas soit un mec et que ce soit lui qui lui fasse des choses pas très chastes…

-Vous êtes majeurs et vaccinés, je ne m'inquiète pas pour vous. Fais juste en sorte qu'il mange quelque chose, d'accord ? Il était tellement impatient qu'il a rien dû avaler.

Hayner soupire de soulagement à l'intérieur, rassuré d'avoir sa bénédiction ; c'était sa bénédiction, non ?

-Avant de te le laisser pour la fin de semaine, je veux trois choses.

Elle vient irrévocablement de lui donner sa bénédiction. Comme Tifa et Linoa sont jumelles, c'est comme si la mère de sa moitié venait de lui donner son accord pour un mariage, non ? Ne sont-ils pas trop jeunes pour jurer de s'aimer éternellement, même s'ils sont sigmas appariés et que par extension, ils s'aiment éternellement ?

-Oui ?

-Un : je ne plaisante pas, donne-lui à manger. Deux : il a intérêt à être de retour au moins une semaine avant le festival. Trois : tu as intérêt à venir le lendemain du début de tes vacances pour te présenter officiellement à la famille. Je ne plaisante pas.

-Pas de problèmes ?

-Bonne soirée les garçons.

Il éloigne le téléphone de son oreille et observe que Linoa a raccroché. Incertain, il pose son regard sur un Vanitas aussi surpris que lui et fronce les sourcils.

-Elle t'a dit quoi ?

-Qu'on pouvait se marier dès que je me serai présenté à ta famille et plus bizarre : tu n'as pas mangé pendant six heures ? Vanitas, qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ?

Hayner se met sur ses pieds, estomaqué que Vanitas n'ait pas mangé pendant aussi longtemps. Genre lui et Roxas sont obligés d'avoir des repas entre leurs repas pour tenir une journée sans se plaindre. Après, leur repas ressemble à des goûters et personne n'a gravé dans la pierre que seuls trois repas suffisaient à une journée, d'abord.

-Viens, personne dans cette maison ne pourra avoir faim tant que j'y suis.

Sauf Roxas, parce que ce crétin refuse de se faire à manger même quand Hayner lui a dit non.

Quand Hayner réalise un peu plus tard qu'avoir Vanitas dans sa cuisine et se lancer des piques au visage n'a rien de gênant et vient même naturellement, il se dit qu'il pourrait définitivement l'avoir dans sa vie et dans les parages jusqu'à la fin. Leurs cœurs battent au même rythme, il ressent les sentiments de Vanitas sans les mélanger aux siens, entend certaines fortes pensées et rien n'a jamais été aussi juste que cette situation.

Même quand ils commencent à se disputer concernant la façon de préparer, Hayner n'a jamais été aussi serein et apaisé de toute sa vie.