Réponses aux reviews :
Sygui : Minerva, un deus ex machina ? Je ne suis qu'à moitié d'accord avec toi. Bon, elle a vite compris et dénoué le problème, mais ne peut-on pas supputer cela au fait qu'elle soit beaucoup plus vieille, plus expérimentée, qu'elle connaisse Snape mieux qu'Hermione ? Même si, en effet, elle sait un poil trop de choses là :p
SylvaniaSnape : Oooooowii tu vas le retrouver !
Mrs Elizabeth Darcy31 : Pas de soucis, la review n'a jamais été obligatoire héhéhé merci à toi, ça me fait toujours plaisir, ça c'est sur
Tralapapa : Hé non, mais tu verras, il y aura des chapitres très drôles, puis des passages beaucoup moins ! C'est très ambivalent. Celui-ci ne l'est pas vraiment, mais celui d'après te fera rire (tu comprendras quand tu liras la fin de celui-ci et ce qui s'y annonce sur la suite des événements xD)
Chapitre 7.
« Il faut que je vous parle. »
La voix féminine d'Hermione Granger était presque parvenue à faire sursauter l'ancien maître des potions. Son timbre était tremblotant et clairement peu assuré. Cela n'augurait rien de bon. En règle générale, cette Miss Je-Sais-Tout était toujours très sûre de ses décisions et surtout, de ses paroles. Or là, elle paraissait n'en mener pas bien large.
« Qu'est-ce que vous avez fait encore ? »
Le voilà, ce fameux rictus coupable ! Bon sang, qu'est-ce qu'elle allait encore lui annoncer ?
Hermione se stoppa dans sa démarche. Plantée devant la barrière, elle clopina sur place.
« Demain… Il faudrait que vous… soyez… sage ?
_ Quoi ?!
_ En fait, Poudlard va recevoir la visite du Ministre. Commença-t-elle à expliquer.
_ Oh, le Ministère vient faire une inspection, comme c'est merveilleux. Se gaussa-t-il d'une voix langoureuse.
_ Ils ne viennent pas faire une inspection. En fait, ils vont revoir votre dossier.
_ Mon dossier ? De quoi vous parlez ? C'est clair pourtant, je suis banni. Il n'y a rien à redire là dessus. N'est-ce pas ? »
Hermione siffla en hochant la tête pensivement. Snape la fixa intensément, puis ses pupilles se durcirent.
« N'est-ce pas ? Grogna-t-il de nouveau, comme pour essayer de s'auto-rassurer.
_ Ce n'est peut-être pas… définitif.
_ J'en étais sur ! S'exclama-t-il. »
Bien sur, comme elle avait pu l'imaginer, Snape ne transpirait pas de joie. Au contraire, même. Il grondait de colère.
« Alors, qu'est-ce que vous leur avait dit pour les convaincre ? Non, en fait, taisez-vous je ne veux rien savoir, et je ne veux pas non plus sortir d'ici. Ils m'ont fichu là, je crèverais là !
_ S'il vous plait, je vous en prie, taisez-vous ! »
Les larmes lui étaient montés aux yeux, et elle avait presque hurlé sa dernière phrase avec douleur. Cela eut au moins le mérite de calmer les ardeurs hargneuses de son enseignant. Hermione tomba presque sur le sol. Elle se renfrogna en s'enfermant dans ses bras et enfouit sa tête en voulant cacher ses sanglots. Snape resta un instant stoïque. Il se retourna, afin de fuir cette situation avec laquelle il se sentait terriblement mal à l'aise.
Une violente rafale de vent l'en empêcha et le cloua même au sol. Il effleura tant la barrière magique qu'il en entendit le sifflement dissuasif et il s'en éloigna un peu. Puis, ses yeux se redirigèrent vers Hermione, qui n'avait toujours pas bougé de sa position recroquevillée. Snape soupira de dépit.
Il hésita un long instant avant de reprendre la parole.
« Miss Granger… Demanda-t-il à demi-mot.
_ Ce n'est pas juste. Entendit-il en un murmure. »
Il haussa un sourcil, mais ses lèvres restèrent closes, tentant de ravaler ses paroles. C'était bien la première fois que quelqu'un pleurait sa situation misérable.
« Bien sur que ça l'est. Finit-il par lui répondre.
_ Non. »
D'une voix plus assurée, la jeune fille avait relevé sa tête et ses yeux à la fois rougis et gonflés n'arrivaient plus à exprimer quoique ce soit d'autre que de la souffrance. Cela bouscula alors toutes ses convictions.
Il avait toujours connu cette femme forte, convaincante, pleine de savoirs, de positivité. Or, elle était ce soir devant lui meurtrie, mortifiée, désespérée même.
« Ce n'est pas le Ministère qui vous a envoyé là, c'est moi. C'est moi qui ait eu cette idée, moi qui l'ai soumise, moi qui l'ait même soutenu. Vous ne comprenez donc pas ? Je ne peux pas accepter que vous viviez ainsi, que vous mourriez là. Je veux…
_ Ce n'est pas de votre faute. »
Hermione le dévisagea presque. Elle n'était pas habituée à entendre du réconfort provenant de lui et pourtant, cela ne sonnait pas faux, au contraire. Il pensait ce qu'il disait, c'était évident. Pour la seconde fois, sous une impulsion qu'il ne se connaissait pas, il avança de nouveau sa main mais se fit arrêter par la barrière magique qui l'empêcha d'aller plus loin.
Il pesta bruyamment en se levant et en se massant la main tandis qu'Hermione l'observa bizarrement.
« C'est à cause de cette putain de foutue barrière ! »
Snape n'avait aucune idée de ce que racontait son ancienne élève, mais elle semblait être passée du dépit à une rage incontrôlable.
« Miss Granger... »
A présent, sa voix plus doucereuse n'y faisait rien du tout. Hermione fulminait. Elle avait bien vu, que Snape s'était enfin détendu, enfin ouvert à elle et oui… Elle aurait bien aimé savoir ce qu'il aurait fait si une barrière magique de l'avait pas empêché de la toucher. La première fois, elle avait cru rêver.
Puis, il y avait eu ces autres fois, où il avait sifflé en se massant le bout des doigts alors qu'ils discutaient par exemple. Au fur et à mesure, elle avait haït cette limite, plus que n'importe quoi. C'était idiot, peut-être, car Snape ne contrôlait absolument rien. Il n'était pas quelqu'un de tactile, et pourtant… Oui, pourtant, même lui aurait tué pour un contact humain. Pas avec n'importe qui cependant… Disons qu'Hermione Granger aurait probablement suffit. Alors oui, il ressentait cette frustration, mais pas autant qu'elle visiblement.
Alors qu'elle tournait en rond, elle se mit à fouiller dans son sac. Elle jeta une fiole au liquide douteux qui s'éclata contre les remparts invisibles en faisant sursauter le maître des potions.
« Eloignez-vous.
_ Granger, vous ne devriez pas... »
Hermione se mit à envoyer fiole sur fiole. En rage, elle n'essayait même plus de résoudre le problème, mais de s'y défouler. Alors elle fit éclater ses livres un par un, dont les pages s'éparpillaient dans les airs.
« Miss Granger, arrêtez. »
Elle l'ignora et de nouveau, elle envoya des objets sortie de son sac de perle, plus improbable les uns que les autres.
« Je la déteste, je la hais ! »
Elle se mit à sangloter et étrangement, cela pinça le coeur presque trop froid de l'ancien Directeur. Il serra les poings et se pinça la bouche, désemparé.
« Je vais chercher l'épée de Gryffondor, s'en ai trop !
_ Hermione ! »
La brune se figea, comme s'il venait subitement de la secouer. Il se planta face à elle et l'observa, comme pour apprivoiser une bête sauvage.
« Hermione, ne paniquez pas. L'épée va vous blesser.
_ Mais je me fiche de…
_ Moi, je ne m'en fiche pas, je tiens à vous. »
Le visage de la jeune femme se figea en une expression de torpeur momentanée. Snape continua de la fixer en faisant un pas supplémentaire vers elle, d'aussi près qu'il pouvait le faire.
« Maintenant, regardez-moi et ne me quittez pas du regard. »
Elle s'exécuta, avec peu de conviction néanmoins. La magie du maître des cachots n'avait aucun effet dans leurs deux dimensions bien distinctes. Il ne pouvait même pas utiliser la légimencie sur elle ou l'emmener mentalement ailleurs.
« A présent, vous allez imaginer que je pose mes mains sur vos épaules. Vous inspirez, et vous expirez. »
Hermione acquiesça presque imperceptiblement. Elle s'y exécuta, et retrouva un semblant de calme alors que ses pupilles restaient plongées dans celle de son professeur.
« Vous allez trouver une solution. Le Ministre vient demain, et je vous promets… de faire du mieux que je peux pour ne pas être le bâtard que je suis habituellement.
_ C'est vrai ? Demanda-t-elle avec espoir.
_ Je vous le promets. »
Hermione hocha la tête. C'était vraiment étrange, mais il lui semblait presque sentir les mains chaudes, rassurantes et puissantes de Snape sur ses bras.
« Néanmoins, ils exigeront une solution de repli. Mais vous en trouverez une, n'est-ce pas ? Car si vous ne le faites pas, je vais vous secouer comme un prunier. Je vais forcément trouver un moyen pour le faire, vous le savez. »
Hermione se mit à ricaner doucement avant de secouer la tête et de se reprendre.
« Oui, d'accord professeur. »
Snape grogna à l'entente de cet adjectif qui ne lui allait plus.
« Bien. Finit-il par dire en se redressant. »
Soudain, ce fut comme s'il quittait le contact de sa peau et Hermione trouva son teint soudain très pâle. Elle l'observa, partagée entre la stupeur et la honte.
« Je suis… désolée.
_ Ne le soyez pas. Je vous avoue que vous êtes bien la première.
_ La première ?
_ A vous soucier de mon misérable sort. Compléta-t-il en un sourire en coin. »
Bien entendu, elle avait trouvé une deuxième solution. Snape l'avait tout de suite deviné en voyant l'air terriblement ravi du Ministre, mais plutôt étrangement gêné de Minerva. Bon. Au moins, elle n'était pas accablée comme la première fois, il y avait du mieux.
« Mon ami... »
Snape mourrait d'envie de l'envoyer péter, ce fanfaron à la merde fossilisée de Boursouf fini au vomi d'Horglup, mais il s'en abstenu et se contenta de fixer Hermione, qui lui supplia silencieusement de se taire. Alors, il se contenta simplement de lever les yeux au ciel.
« Quoi ?
_ J'ai une bonne nouvelle pour vous : nous vous libérons.
_ Ce n'est pas trop tôt. Déclara-t-il alors qu'il vit Granger derrière passer une main sur son visage, dépitée.
_ Ne pensez pas non plus que vous avez gagné la bataille. Votre élève a trouvé une autre solution, pour vous garder auprès de nous tout en calmant les folies du château. Elle est très ingénieuse.
_ Oui, je sais tout ça. Miss Granger est toujours pleine de ressources. Laissa-t-il trainer en longueur alors que la jeune femme rougissait fortement.
_ Quelques conditions, cependant.
_ Cela aurait été tellement trop simple que vous me libériez si facilement. Lâcha Snape.
_ Nous ne pouvons tolérer que vous restiez Directeur, alors vous allez devoir confier enfin les pleins pouvoirs à Minerva McGonagall.
_ Qui me dit que vous ne me renverrez pas derrière cette barrière à coup de pompes aux fesses dès que ce sera fait ? Demanda-t-il suspicieux.
_ J'ai passé un… serment, avec quelqu'un de confiance afin d'assurer que cette situation ne se produira pas. »
Elle avait vraiment fait ça ? Pour lui ? C'était elle, il en était sûr. Hermione Granger avait passé un serment avec le Ministre de la Magie pour sa petite personne.
Snape du lutter de toute ses forces pour ne pas la regarder à cette simple pensée. Il n'en revenait pas, qu'elle soit allé si loin ! Mais pourquoi ?!
Snape secoua négativement la tête. Ce n'était pas le moment de se poser des questions à propos de cela.
« Vous parliez de conditions au pluriel. Déclara Snape solennellement.
_ Vous serez sous Verita Serum durant un temps indéterminé afin de nous assurer que vous ne vous retournez pas contre nous et vous devrez donc vous soumettre à des interrogatoires réguliers. »
Bon ça, il s'en fichait bien pour être parfaitement honnête. Au moins, il aurait tout le loisir de balancer à tous les débiles qui l'entourent leurs 4 vérités si cela venait du fin fond de ses pensées les plus sincères.
« Bien.
_ Et vous reprendrez votre poste de professeur de potions.
_ Quoi ?! Demanda-t-il, incrédule.
_ Personne n'en veut… Plus après… vous. Lâcha Hermione en marmonnant dans sa barbe. »
Snape grogna. Alors ça, ça changeait pas mal de choses en fait. Il n'avait pas forcément envie de reprendre son poste. Des adolescents insignifiants et idiots, il en avait soupé. Pourtant, c'est le regard larmoyant de la jeune Gryffondor qui le fit plancher.
« Très bien, j'accepte. Souffla-t-il. »
Minerva redressa un regard ahuri vers son ancien collègue. Avait-elle bien entendu ?! Elle ne s'était absolument pas attendu à son acceptation et elle ne semblait pas être la seule vu la tête que tirait le Ministre.
« Bon alors, vous vous décidez ? Demanda-t-il en grognant. »
Tous sortirent de leur torpeur tandis qu'Hermione peinait à cacher son sourire satisfait.
Elle l'avait fait. Elle avait réussi à sortir Snape de sa prison.
