On change tout ! On change d'ambiance, de rating, de genre ! À présent, c'est rating T, genre Angst et failed romance (Y'a pas mais bon…)
Pauvres, pauvres garçons…
Chapitre 7
Sanzô s'appuya contre le mur et passa une main sur son visage fatigué.
Il resta un moment immobile, puis glissa lentement le long du mur du couloir, en proie à une soudaine faiblesse.
Gojô roula sur le ventre, étouffa ses sanglots dans son oreiller, crispa ses mains, à s'en faire blanchir les jointures, sur le tissu.
Gokû resta figée sous la pression de la bouche de l'ex-humain sur la sienne, trop surpris pour faire quoique ce soit.
Hakkai, profitant d'un manque de réaction, se pencha un peu plus sur le jeune homme, glissa ses mains sous son tee-shirt. Le yôkai ne bougea toujours pas.
Kanzeon ferma les yeux et joignit les mains avec un soupir. Elle avait beau dire que c'était plus drôle comme ça (et c'était vrai), les derniers événements risquaient d'endommager cruellement l'équipe. Trop cruellement.
Jiroshin ne disait rien, ne faisait rien, se contentait de se tenir debout derrière sa maîtresse. Mais il n'en pensait pas moins qu'elle.
Rera alluma une cigarette et tourna son regard pourpre vers la fenêtre, assisse sur son lit. Elle avait un mauvais pressentiment.
Ces pauvres garçons n'étaient pas sortis de l'auberge, elle le sentait…
« N… »
Hakkai pressa un peu plus sa bouche sur celle du garçon, ses mains parcourant son torse avec des gestes voluptueux.
« Nooon ! » Gokû repoussa brusquement Hakkai.
L'ex-humain resta immobile, une goutte de sang perlant sur sa joue gauche que le jeune yôkai avait égratignée en le repoussant.
Les yeux émeraude se tournèrent vers le visage effrayé de Gokû.
Un sourire se forma sur les lèvres de l'aîné.
Un sourire long, étiré.
Un sourire dangereux.
Il se pencha sur le plus jeune, qui était complètement terrorisé, et lui murmura en un souffle : « Désolé. »
Il se leva, désinvolte et sortit de la pièce en refermant doucement la porte.
Gokû resta assis sur son lit, figé et tremblant. Il se rendit soudain compte que des larmes coulaient le long de ses joues et s'écrasaient sur le couvre-lit dans un bruit mat.
Gojô se releva d'un coup sec. Il avait entendu la porte s'ouvrir et se refermer.
Sanzô se tenait dans la pièce et le fixait de ses yeux améthyste.
« Qu'est-ce qu'il y a, bonze corrompu ? Tu me cherches ? » Le moine ne répondit pas à la provocation et soutint son regard sur le tabou.
« Tu as pleuré.
-… ! Qu'est-ce que tu racontes…
-Tu as les yeux aussi rouges que ta tignasse.
-Évidemment qu'ils sont rouges, crétin, c'est le signe des tabous ! » Répondit Gojô ironiquement.
C'est toi le crétin. Lui fit la petite voix.
« Tu sais très bien ce que je veux dire. » Répartit froidement le bonze en tirant une cigarette de son paquet et en l'allumant avec des gestes posés. Le kappa fixa son compagnon et haussa les épaules en détournant la tête, ses doigts se crispant dans les draps.
Il y eut un long silence, lourd et désagréable.
Finalement, Gojô releva les yeux et regarda par la fenêtre le jour décliner.
« Je crois que tu te doutes de la cause…
-J'ai mon idée.
-File-moi du feu. » Sanzô jeta son briquet à son aîné qui s'alluma une cigarette avec des gestes moins assurés que son ami, précédemment.
Il y eu de nouveau un silence.
« Je te conseille de te bouger et de ne pas rester planté là si tu ne veux pas que ton très cher singe soit abîmé. »
Sanzô tiqua, mais ne releva pas.
« Et toi, je te conseille de te bouger si tu ne veux pas perdre ton très cher assassin. »
Gojô bondit en direction du bonze et le saisit par le col avant de le soulever et le plaquer contre le battant de la porte.
Le blond plongea froidement ses iris violets dans ceux, si sanglant, de son vis-à-vis
« Je n'ai pas raison ?
-La ferme, faux moine, je t'interdis de répéter ça !
-« Ça » quoi ? Ah oui…Assassin, peut-être ? Pourtant c'est bien ce qu'il est…Un assassin. » Gojô plaqua plus fort le moine contre le mur, menaçant de l'étrangler à force de serrer autant son col noir. « La ferme !
-C'est pour cette raison que j'ai été envoyé…Parce qu'il a tué.
-La ferme !
-Et pas un meurtre des moindres…Mille yôkai, tu te rends compte ? ça fait de lui un assassin réellement dangereux…
-La ferme ! LA FERME !
-T'as beau le nier…Hakkai est un assassin.
-LA FEEEEERME ! » Gojô envoya valdinguer son adversaire à travers la pièce avant de se jeter sur lui et d'entourer de ses mains son cou. « Ferme-la, connard ! Tu ne sais rien de lui ! Rien !
-Parce…Que tu le connais-Arh-mieux…Toi ?
-Exactement ! C'est moi qui le connais mieux ! Alors ferme-la ! T'as beau avoir plaidé en sa faveur lors de son procès, ça ne change rien, sale bonze !
-Aaarhhgl…Connard…
-T'es pas en position de m'insulter, salaud ! Arrête d'espérer un truc de sa part, mon pauvre ! T'es rien pour lui ! RIEN !
-T'ES RIEN POUR LUI NON PLUS ! » Réussit à hurler le moine.
Gojô cessa de serrer les doigts. Il tomba en arrière, ruisselant de sueur, les yeux hagards. Sanzô se redressa tant bien que mal, haletant. Il toussa et leva les yeux vers le tabou, la main plongée dans la manche, prêt à dédaigner s'il le fallait.
Gojô reprenait sa respiration lentement, un léger sifflement s'échappant de sa gorge par intermittence.
« Tu n'es rien pour lui non plus. » Répéta le bonze.
Un rictus s'étira sur les lèvres crispées du jeune homme aux cheveux rouges.
« Ouais…T'as raison…On n'est rien pour lui. Ni toi ni moi… »
Sanzô referma ses doigts osseux sur la crosse de son arme. Il ne présageait rien de bon pour la suite.
Gojô tendit le bras attrapa dans sa main un peu tremblante le bout de la ceinture du moine.
Rapide comme l'éclair, celui-ci sortit son revolver de sa manche.
Le tabou fut plus rapide.
L'ami le plus fidèle de Sanzô glissa jusqu'à sous la commode, à l'autre bout de la pièce.
La ceinture qui retenait le kimono se défit prestement.
Sanzô se retrouva les poignets attachés au pied du lit, les jambes retenues écartées entre les mains ferme de Gojô.
Ce dernier se pencha au-dessus du moine et lui murmura : « Alors…Autant qu'on soit quelque chose l'un pour l'autre, non ? »
Une perle translucide glissa sur la peau pâle du moine.
À suivre…
...Mais comment ais-je pu autant déraper de mon sujet initial ? Je vous jure que je ne sais même pas comment j'ai fait.
Mon Dieu, écrire de telles choses le jour de noël.
Eh oui ! Nous sommes le 24 décembre ! Joyeux Noël !
