Voici donc la fin.

Alors ?

oOoOoOo

Elle reste assise, le dos droit mais la tête un peu baissée. Il voit ses sages petites chaussures, sa taille, ses seins, et regrette de ne pas avoir vraiment commencé à chasser.

Elle remue doucement sur son fauteuil une fois encore, et bâille, la main devant la bouche.

Elle s'ennuie.

Visiblement, elle s'ennuie.

« Je… »

Elle s'interrompt, il sent son hésitation.

« Vous ? »

Elle redresse son visage vers lui. Il sent qu'elle rougit, sans comprendre comment il sait cela sans savoir à quoi elle ressemble.

« Je pense savoir qui vous êtes. »

Il n'y croit pas.

« Ah, oui ? »

Non, définitivement, il n'y croit pas.

« C'est vous, n'est-ce pas ? »

Il ne comprend pas. Elle veut qu'il dise son nom ? Qu'il confirme sa pensée ?

Il entrouvre la bouche, et la voix résonne : « Réponse interdite ».

Il ne comptait pas le lui dire, pas si vite ! Il n'a aucune idée de savoir si elle est… intéressée, intriguée ou quoi que ce soit.

« Oh. Visiblement, je me suis trompée. Je pensais… »

Elle sourit, soupire.

« Ca aurait été trop… »

Il ne sait pas ce qu'elle pense, mais lui, en tout cas, est intrigué et intéressé.

Et toujours vaguement excité, aussi.

« Trop quoi, charmante petite… »

Il laisse glisser son expiration rauque, le temps de se décider sur la terminologie. Une héroïne de guerre n'appréciera pas forcément être appelée « chose », alors il ronronne :

« Sorcière ? »

Elle a apprécié. Le Ministère n'avait pas prévu ça, visiblement, parce qu'il l'a senti de la même manière qu'habituellement.

Elle a secrété une puissante vague de phéromones de désir.

Miam.

« Je ne sais pas, en fait. Facile, peut-être. Ou… Plaisant ?

-Qui pensiez-vous que j'étais ? »

Une seconde vague, plus faible, presque terne, survient, sans doute parce qu'elle est passée e même temps qu'une honte, qu'une gêne. Visiblement, cette attirance-là n'est pas publique. Et lui a trouvé une brèche, un moyen de contourner les sortilèges.

Parfait.

« Mmmh. En fait, je pensais à un… Collaborateur.

-Ah, oui ? Et aussi… »

Il cherche un mot, quelque chose qui pourrait contenir un double sens, si faible soit-il, histoire de sentir encore cette odeur qui lui met les crocs.

Histoire de vérifier qu'il lui plaît, aussi.

« Grand que moi, sorcière ? »

A nouveau, il a ronronné. Ce n'est pas une vague qu'il sent, mais quelque chose de plus bas, de continu, aussi.

Il a lancé la machine parfait. Il doit l'entretenir, maintenant.

« Je ne sais pas… Levez-vous… »

Il se redresse, sans avoir eu conscience de s'être précédemment penché, quitte son siège. Il se tient à peu près droit, et elle se lève à son tour. Elle reste à une distance respectueuse, et il y a deux manières de l'interpréter : ou elle inquiète, en tout cas, pas en confiance, ou elle n'a pas… Couché avec ce collègue.

« Je pense qu'il est… Un peu plus petit. Il est plus mince, bien plus mince, et plus petit, oui.

-Bien. Je n'aime pas… »

Il cherche ses mots, tranquillement, pour dire et prononcer ce qu'il faut pour la voir encore.

La rencontrer encore, plutôt. Il ne la voit.

Merlin, ce qu'il aimerait voir ses cheveux. Au moins ses cheveux, qu'il devine dans un chignon strict, puisque le sort dissimule tout à fait son visage.

« La concurrence. »

Il a cessé de ronronner, mais la voit frémir à peine, comme une délicate vaguelette sur l'eau.

Oui, il veut la voir à nouveau.

« Mademoiselle ? Souhaitez-vous me revoir ici ? »

Elle lève les yeux vers lui.

Et tout bascule.

oOoOoOo

Elle se sent bizarrement tentée par lui. Elle a cru un instant que c'était…

Mais en dehors de sa clairvoyance et de son histoire de « mauvaise réputation »… Il n'y a rien.

Ah, si, ils sont tous deux des serpentards.

Il ne l'a pas avoué… Mais c'est tout comme.

Elle mordille ses lèvres, puis lève son visage vers lui.

Elle entend un vague craquement…

Et son chignon cède soudain, et son visage, sa gorge, ses lèvres même, sont envahies de boucles désordonnées.

« Oh, oui…. »

Sa voix est… Un grondement.

C'est sinistre. Elle veut fuir.

C'est superbe. Elle veut en entendre plus.

C'est sexuel. Elle le veut.

Oui, en quelque sorte, elle le veut, depuis qu'il l'a détaillée, un peu plus tôt. Ou depuis qu'il a ronronné.

Ou quand il a commencé à respirer profondément.

Peut-être quand il est entré dans la pièce.

Elle ne sait pas. En fait, peut –être qu'elle sait, mais elle s'en fout.

Elle a mieux en faire.

Il est genoux devant elle, le visage à la même hauteur que le sien, elle voit presque –presque !- son visage.

« Je veux… »

Elle a gémit.

« Oui, moi aussi. »

Il gronde, et c'est à nouveau sinistre, superbe et sexuel.

« Virez vos sorts d'ici ! »

Il est… Puissant, plaisant.

Elle se rend soudain compte de deux choses.

Tout d'abord, sa réaction est parfaitement inédite. Jamais elle n'a été ainsi attirée en si peu de temps.

Ensuite, elle ne sait toujours pas qui c'est, et elle n'a jamais désiré un homme qu'elle ne connaissait pas.

Elle a un mouvement de recul, et il le sent. Il ne s'éloigne pas, pourtant. Il n'en est pas question. Maintenant la seule chose dont il a envie, c'est de se rapprocher d'elle.

Alors il le fait, et il saisit son genou droit.

Ses doigts se glissent dans le pli, et il la tient fermement.

« Veux-tu me fuir, délicieuse petite sorcière ? »

Elle a un petit bruit effrayé.

Peut-être encore un peu excité en fait.

Lui, maintenant, est plus qu' « un peu » excité.

Merlin, ce nouveau pantalon ne s'y prête pas.

« Je ne sais pas ! »

Elle a peur. Le sort ne le cache pas entièrement peut-être sont-ils en train de le faire céder.

Peut-être va-t-il encore déclencher un incident magique.

Cette pensée le calme, et il recule brusquement de trente centimètres.

Sa main, quant à elle, n'est pas décidée, et glisse bien plus lentement de son emplacement.

« Pardon, sorcière. Je… »

Le sortilège s'effiloche, et il commence à sentir son odeur.

Ca tire sur quelque chose, dans ses souvenirs, mais elle est en partie camouflée, et ce qu'il sent ne suffit pas à savoir exactement de qui il s'agit.

oOoOoOo

Son chignon a cédé sans qu'elle n'en comprenne la cause.

Puis le sort a commencé à glisser loin de lui, comme si quelque chose en lui…

Oh. En fait, c'est exactement ça : quelque chose en lui éloigne certains sortilèges présents dans la pièce. Ca glisse loin de lui, comme une marée qui quitte la plage.

Un instant plus tôt, elle ne voulait que ça : que le sortilège parte et qu'ils sachent exactement qui est l'autre.

Maintenant… Non. Maintenant, elle veut sortir d'ici, de cette pièce qui ne peut qu'être fausse.

Alors, elle sort, sans comprendre comment elle a réussi à le faire.

Elle est seule dans une petite pièce, une petite chambre, allongée sur un lit.

Elle s'approche de la porte, nerveuse, mais la poignée tourne sans problème, et elle sort simplement.

oOoOoOo

Soudain, elle a disparu.

Il sait qu'elle n'a pas transplané, le bâtiment est censé être protégé de cela. Il ne comprend pas.

Il se précipite alors à la porte, sort, attrape la sorcière qui l'a fait entrer, et beugle « OU EST-ELLE ? ».

Oh, oui, il sait obtenir ce qu'il veut, même soumis à son traitement écoeurant.

La sorcière perd toute intégrité, et baragouine quelque chose qu'il n'aurait pas habituellement compris dans son état normal. Enfin, son nouvel état normal de loup-garou allergique et malade.

Il traverse le couloir, enfonce simplement la porte menant au salon des femmes –dans lequel une Hannah Habbot bave toujours allègrement sur un Snape dévêtu et sanglant.

Il réalise vaguement que la poignée est restée dans sa main –Tiens, il lui reste donc tant de force ?- la laisse tomber et court vers la sortie, qui, heureusement pour lui, est fléchée.

Il ne sait pas comment la rattraper.

Alors, il se souvient, et ralentit considérablement.

oOoOoOo

Elle file à toute vitesse le long du couloir, suit un sorcier petit et rondouillard qui passe la porte du salon des femmes. Sans prendre le temps de saluer Hannah, qui a visiblement mieux à faire, elle le traverse et sort.

C'est un simple bureau du Ministère magiquement agrandi qui accueille tout ce petit monde, et elle est donc dans un couloir ouvert au public.

Elle repense soudain à ses cheveux, et lève la main pour vérifier sa théorie.

Ils sont toujours attachés, serrés dans leur chignon. Bien. Peut-être que lui n'a pas encore compris. En deux coups de baguette, elle change la couleur de ses vêtements : le beige devient gris.

Ca suffira, il n'a pas vu son visage.

Du moins, elle l'espère.

oOoOoOo

« Astoria. »

Il a simplement prononcé son prénom, et c'est très –très- inhabituel.

« Quoi encore ?

-Je veux le nom de mon contact de ce matin.

-Non.

-Pourquoi ! »

Il se comporte comme un sale gosse, et elle lui dit. Deux fois.

« Ca ne répond pas à ma question.

-Je n'ai pas la réponse.

-Inutile gamine… Pauvre petite brunette fadasse…

-Tu n'as rien de mieux ? DEHORS ! »

oOoOoOo

« Lulu…

-Cesse immédiatement tes gamineries, loup ! »

Il se redresse, dominant d'une demi-tête le blond aristocrate.

« Que me vaut… L'honneur de ta présence ?

-Chuis amoureuuuux »

Sa voix rauque est… Ridicule, tout du moins aux yeux de l'éphèbe quarantenaire. Lequel ne trouve rien d'autre qu'un « Merlin nous protège, ça va encore être sanglant ».

« Ah non ! Je ne ferais pas la même erreur !

-Tu ne risques pas de faire la même, effectivement, MacNair est mort.

-Je sais. »

Lucius « Luscious » Malfoy, seize fois vaincqueur du titre du Sang-Pur le plus sexy de sa génération (en même temps, avec Crabbe, Goyle, ou même ce sac à puces de Black en concurrence, ce n'était pas difficile), arqua un sourcil parfaitement dessiné, puis soupira.

« Ok. Que veux-tu, Fenrir ?

-M'épancher un peuuuu…

-Si tu n'arrêtes pas de chougner, je t'envoie par la fenêtre. Tu sais que je vais le faire, n'est-ce pas ?

-Oui, même si ça n'aurait pas l'attrait de la nouveauté !

-Effectivement. »

L'image –certes un peu vieillotte d'un Greyback quatre fers en l'air sur le gravier du Manoir Malfoy- le dérida.

Enfin, quelque chose d'équivalent pour quelqu'un qui en était presque exempt.

« J'ai eu mon rendez-vous ce matin.

-Merlin.

-Elle était… Floue, et belle, et jeune aussi.

-Merlin.

-C'est moi qui raconte, donc silence. Lucius, je pense qu'elle a l'âge de… Draco. Ou un peu plus.

Pitié, pourvu qu'elle soit plus vieille !

-De notre génération, sérieusement, hormis…

-Quoi ?

-Ce n'était pas Narcissa ?

-Sans vouloir te vexer, Lucius, ton ex femme était tout juste croquable. Il lui aurait fallu dix bons kilos supplémentaires, j'aime les… » Il lève les mains et tripote deux masses rondes inexistantes « …formes. »

-Bien. De notre génération, donc, les rares célibataires te sont suffisamment proches pour que tu connaisses leur odeur, tu…

-Nope. Ils ont bloqué mes sens. »

Lucius grogne vaguement, et maintenant c'est lui qui est ridicule : son grognement est d'une remarquable faiblesse, comparé au son profond, sauvage et puissant de Fenrir Greyback.

Oui, même sous Tue-Loup.

« Lucius… Je n'ai pas senti autant d'attirance pour une femme, surtout… Ainsi, sans même la sentir, depuis… »

Il se fige. Il a compris.

« Lucius ? Tu va me faire entrer dans la cantine du Ministère.

-Moi ? C'est une mauvaise blague ?

-En aucun cas. »

Fenrir Greyback a un air parfaitement carnassier.

Lucius Malfoy est toujours sous le choc.

« Tu ne voudrais quand même pas que je me mêle à… à… la populace ! »

oOoOoOo

Sa main glisse lentement le long de la barre.

Il se sent durcir –oh, juste un peu- et lui propose de le lui porter.

« C'est léger, pas besoin. »

Elle est toujours comme ça : involontairement provocante, puis froide et/ou distante.

Elle soulève son plateau d'une main, et commence à leur chercher une place.

Ils s'asseyent. Elle déchiquette consciencieusement son pain, et il sait ce que cela signifie.

« Tu as eu une mauvaise matinée ? »

Elle lève les yeux, comme si elle avait oublié sa présence.

« Mon premier rendez-vous. Issu du décret, je veux dire.

-C'était qui ?

-Aucune idée. Un homme… Grand, solide. Plus âgé. »

L'inverse de ce qu'il est, quoi : il est sorti de Poudlard il y a dix-huit mois, il la dépasse à peine et il est… Lamentablement maigrichon.

Elle pousse soudain un petit cri charmant –entre la peur et le désir- et il lève les yeux vers elle.

oOoOoOo

Il est entré sans problème. Leur première rencontre date un peu mais il se souvient parfaitement de ça, de son odeur. De ce que ça avait déclenché chez lui. Il sait qu'il sera repoussé, mais il n'y a qu'en prenant des risques qu'on peut se placer en tête. Sinon, il faut poignarder dans le dos et se glisser à la place fraîchement libérée, et sans siffloter d'autosatisfaction, parce que les innocents ne font pas ça après un meurtre.

Il la repère à l'odeur.

Elle était déjà si tentante, la première fois –si tentante !-et maintenant, c'est encore mieux. Ce petit reste d'innocence, d'enfance, plutôt, a filé.

Il se met face à elle, derrière le petit truc ministériel avec lequel elle déjeune.

Elle émet encore une fois un petit bruit adorable et sexy. Il soulève son collègue –avec la chaise et le reste- le décalle de trois pas –trois mètres- puis revient et pose ses mains de part et d'autre de son plateau.

« Il y en a deux qui veulent te rencontrer, charmante petite sorcière. D'abord, il y a moi. Ensuite, il y a mon loup. Hors de question qu'il te fasse fuir, et puis, maintenant… » il laisse filer son souffle à elle vers lui, l'inspire, c'est frais –dentifrice à la menthe- carné –le mauvais poulet qu'elle n'a pas réussi à terminer et doux –sa tartelette aux fraises à moitié mangée.

« Maintenant » reprend-il tranquillement, je suis le maître à bord, alors je passe avant lui. »

Il attrape une chaise, qui craque un peu quand il s'y installe.

« Bonjour, Hermione Granger. Je suis Fenrir Greyback. Je peux t'inviter à prendre un verre ?»

oOoOoOo

Voilà ! On aura plus d'éléments sur Fenrir dans une autre fic qui casera des personnages différents. En fait, j'ai bien envie que quelqu'un lui adapte la Tue-Loup…

Et puis on va revoir Nubilia. Personne n'a trouvé qui elle est. La seule proposition a été qu'elle soit la nièce de Severus. C'est pas le cas ^^