Voilà voici encore un beau chapitre, trèes long chapitre, je vais pas le résumer ça gâcherait la surprise, enjoy !

Je tiens à remercier emokami pour son aide à mon arrivé sur ce site, Chôlunä, Moratroce pour ses propositions lumineuses pour les musiques qui m'inspirent beaucoup. Et merci surtout à une personne très spéciale, Chalyna pour ses opinions sur les textes, corrections de grammaire entre autres. Gros, gros câlins à toi bella. Surtout pour m'encourager à continuer cette belle fanfic :)

Je tiens à prévenir, il y a des passages au vocabulaire vulgaire. Vous n'aimez pas donc ne lisez pas !

Disclaimer : Les personnages de cette fanfic appartiennent à Square Enix, je ne gagne aucun profit en écrivant ces textes, juste l'appréciation des fans de Final fantasy

Musique du moment : Gorillaz - On Melancholy Hill

« Celui qui se sent surveillé devient cent fois plus paranoïaque et dangereux que celui qui l'est réellement. »

de Jean Dion[+] Extrait du journal québécois Le Devoir - 16 Septembre 1999


Send Me An Angel

Sous surveillance

La nuit était tombée quand la porte du bar s'ouvrit pour laisser entrer une jeune femme en blouse blanche accompagnée de Reeve, Reno et Rude. Tifa se trouvait derrière le bar et les accueillit avec un sourire.

- Ah Reeve ! Ce n'est pas souvent qu'on te voit !

Reeve lui rendit le sourire à mesure qu'il approchait du bar, Shalua et les Turks sur leurs talons.

- Comment ça va, Tifa ?

Tifa roula des yeux.

- Du mieux que je peux, surtout pour éviter Barret et Cid d'aller tuer Yazoo pendant son sommeil.

Shalua sembla un peu choquée et échangea un regard inquiet avec Reeve qui la rassura d'un sourire.

- Ne t'inquiète pas, Shalua. Vincent est avec lui en permanence, il ne risque rien.

Il se tourna vers Tifa qui dévisageait curieusement Shalua.

- Voilà Shalua de la WRO, elle sera ici pour soigner Yazoo.

Tifa afficha un sourire à Shalua.

- Enchantée de vous connaitre. Je suis Tifa Lockheart. Vous êtes donc médecin ?

Shalua rendit son sourire à la jeune femme.

- Cela fait partie de mes fonctions tant que je ne suis pas coincée dans un labo à raboter avec des pipettes et donner des coups de scalpels.

Tifa eut un rire.

- Avec de l'humour à ce que je vois !

Shalua acquiesça.

- Oui, mais en ce moment je me dédie à un petit chaton un peu effarouché qu'on a soit disons kidnappé à mon insu…

Elle avait tourné le regard vers Reno et son comparse qui lui répondirent avec un sourire un tantinet amusé qu'idiot.

Tifa cligna des yeux au sobriquet.

- ''Chaton'' ? Vous parlez de Yazoo?

Shalua reporta son regard vers Tifa.

- Oui, Yazoo.

- Il est à l'étage, il dormait quand je suis remontée pour lui donner un petit quelque chose à avaler. Cloud et Vincent sont avec lui.

Shalua adopta une expression sérieuse.

- Je ne vais pas vous mentir, Yazoo est très méfiant et même blessé, il ne se laisse pas facilement approcher. Il vient de subir un énorme choc émotionnel et a besoin de temps pour s'en remettre.

Tifa sentit son cœur se serrer. Elle savait ce que c'était de perdre un être cher et de se retrouver toute seule. Elle pouvait que trop bien comprendre l'inquiétude de Shalua pour Yazoo et pourquoi Cloud a voulu le prendre avec lui au 7ième Ciel.

- Je comprends. Ici, il sera entre de bonnes mains. Cloud semblait très inquiet pour lui, il n'était pas tranquille de savoir Yazoo entre les mains des Turks.

- Hé ! Pour ton information, les ''Turks'' en question sont de vôtre côté !

Lui cria Reno qui suivait leur entretient depuis son coin.

Tifa soupira en secouant la tête et lui répondit.

- Reno, ce n'est pas que je veuille être méchante, mais Cloud a ses raisons d'être méfiant de Rufus.

Reno roula des yeux.

- C'est plutôt nous qui devrions être inquiet pour Yazoo. Je m'étonne de ne pas voir l'Amiral Highwind flanqué de son pote écologiste jouer aux osselets avec les restes de Yazoo.

Tifa eut un raclement de gorge gêné qui parla plus qu'il n'en faut pour le dire. Reno fronça les sourcils et jura en croisant les bras.

- C'est pas vrai… Putain, le blond n'en pas manque une, puis c'est nous qu'il traite de boulets ! Il est où Vincent ? En haut ? Je monte lui dire deux mots à Monsieur-Il-n'y-a-pas-de-soucis-de-ce-coté-là.

Il décroisa les bras et fit un pas en direction des escaliers quand Rude lui posa une main sur l'épaule pour l'arrêter dans son élan.

- Une minute, Reno.

Reno regarda son comparse par-dessus son épaule comme Rude s'adresse à Tifa.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Tifa soupira.

- Barret a tout de suite mal pris la nouvelle quand Marlène lui avait dit qu'on avait accueilli Yazoo. Lui et Cid sont montés dans la chambre au moment où Yazoo s'était réveillé et…

Tifa sembla mal à l'aise et Reno jura encore.

- Génial. On dirait que tout l'univers n'a pas fini de foutre que des claques au gamin en ce moment. Fais chier !

Sur ces mots, il sortit dehors dans la claire envie de fumer une cigarette.

Tifa sembla surprise de la réaction de Reno. Elle ne le savait pas si concerné avec le bien être de l'argenté.

Elle interrogea Rude du regard, celui-ci secoua lentement la tête.

- Ne pose pas la question. Depuis que Yazoo a été retrouvé, il agit bizarrement.

Reeve haussa un sourcil, un rien sarcastique mais garda ses pensées pour lui et se tourna vers Tifa.

- Tifa, est-il possible que le Dr. Rui reste ici pour quelque temps pour veiller sur Yazoo ? Il a vraiment besoin de son assistance au vue de son état de santé.

Tifa lui adressa un sourire ravis.

- Non, ça ne me gêne pas, au contraire. Dès que j'aurais le temps j'irais préparer une des chambres vides à l'étage.

Shalua lui adressa un sourire gratifiant.

- Merci de votre compréhension, vraiment.

Tifa vit la jeune femme se diriger vers l'escalier et l'apostropha.

- C'est la chambre au fond du couloir sur la droite.

Shalua lui adressa un sourire par-dessus l'épaule et monta, sa mallette en main. Tifa par contre se tourna franchement vers Reeve, le regard farouche et déterminé, les mains posées sur ses hanches.

- Alors c'est quoi toute cette histoire de Rufus avec Yazoo?

Reeve tourna son attention vers la jeune femme, se raclant légèrement la gorge. Il n'était pas prêt de sortir des lieux sans avoir craché le morceau…

Rude de son côté sorti rejoindre Reno. Il y avait quelque chose qui inquiétait son partenaire et il était décidé à le cuisiner le temps qu'il faudrait pour qu'il concède à lui avouer.


Reno tira sa deuxième cigarette et l'alluma. Il tira une longue bouffée et ferma les yeux avant de laisser sa tête reposer sur le mur sur lequel il était appuyé. ''Sérieusement, vieux… C'est quoi ton problème ? Ok. Le gamin traverse une mauvaise passe, mais c'est nullement tes oignons ! Ton boulot, c'est de le surveiller et faire le rapport à Tseng et basta ! Des situations comme ça t'en a vu des tonnes et toute aussi dramatiques ! Yazoo c'est juste un boulot comme un autre pour le moment, laisse le reste s'en charger le héros en herbe et l'aspirant Dracula s'occuper de son gamin comme il l'entend !''.

Reno ouvrit les yeux et regarda le ciel nocturne en portant à nouveau la cigarette à ses lèvres, ''Pourquoi te soucier, au fond, hein ? C'est vrai quoi ! Dans une semaine, tout au plus, il reviendra tout aussi cul pincé et arrogant que dans tes souvenirs.'' Reno grimaça sachant au fond de lui, que rien ne sera plus pareil pour Yazoo. Il n'y avait qu'à le regarder dans ses yeux. Cette solitude qui pourfendait son cœur, cette peur qu'il se forçait de cacher derrière ce masque d'indifférence, même celui-ci se brisait dans son sommeil. Durant les heures qu'il avait passé à le voir dormir, il a été témoin pour la première fois des larmes de l'argenté. Le jeune homme appelait ses frères dans un murmure étranglé par des sanglots retenus et ça… ça avait remué profondément Reno. Il ne savait pas ce que c'était perdre quelqu'un de sa famille. Il n'avait jamais connu son père et sa mère est morte quand il avait 15 ans. Il avait vécu dans les rues de Midgar durant quelques temps avant de se voir engagé dans l'armé et, quelque temps après, s'est fait recruter chez les Turks. Mais il ne pouvait pas nier que Rude est comme un frère pour lui depuis ce temps-là.

Un bruit capta son attention à côté de lui et il tourna la tête en sa direction, ''quand on parle du crâne d'œuf…'', il fit avec un sourire espiègle en voyant Rude le rejoindre avec sa tête des mauvais jours.

- Yo, Rudo. Alors, miss gros roploplos t'as flanqué encore à la porte ?

Rude tordit sa bouche en un rictus. Reno savait qu'il avait un petit faible pour Tifa et n'en manquait pas une pour l'astiquer à sa façon.

- Arrête de faire le sale gosse et dis-moi ce qu'il se passe. Pourquoi tu agis comme ça quand on parle de Yazoo ?

Reno afficha une expression qu'il voulu désintéressé.

- Y a rien Rudo, pourquoi je me soucierais d'un gars qu'on a cru mort avec ses psychopathes de frères et l'autre taré de Général ?

Rudo croisa les bras. Reno jura intérieurement, ''Et merde, il va pas lâcher le morceau ce con.'' Reno se racla la gorge et passa une main sur ses cheveux.

- La vérité, Reno. Un truc te chiffonne et astique le peu de matière grise qui est encore en marche dans ton crâne.

Reno soupira, ''Ok. Il a marqué un point.''.

- Ok, arrête de la ramener, Rudo. C'est Yazoo ok ? Je trouve que c'est une connerie ce que Vincent fait. Imagine la réaction du gosse quand un Barret furibond et un Cid tout aussi enragé entrent en trompe dans sa chambre, alors qu'il vient de reprendre conscience et de ce fait blessé et vulnérable comme il l'est à l'instant ? Putain, il vient de perdre ses frères, pleure leur mort en silence et se retrouve déjà dans le collimateur de deux enragés d'Avalanche !

Rude retira ses lunettes noires (chose rare) et regarda Reno dans les yeux.

- Donc tu as peur pour lui ?

Reno lui adressa un regard acerbe.

- Merde, non ! C'est pas ce que j'ai dit ! T'as rien écouté de ce que j'ai dit ou quoi ? Va demander un lait-fraise et va baver devant ta miss Cocktail Paradise, vieux, parce ça a l'air de te ramollir le cerveau !

Sur quoi il finit sa cigarette et rentre à l'intérieur en jurant entre les dents. Rude remis ses lunettes noires et lissa soigneusement sa veste noire et ricana doucement.

- Ça va être quelque chose quand Yazoo intégrera les Turks, c'est le moins qu'on puisse dire…

Il eut encore un petit rire et rentra à l'intérieur.


Shalua trouva facilement la chambre, elle était plongée dans une confortable semi-obscurité. Cloud était assis à son bureau, sobrement éclairé par une lampe et Vincent était appuyé contre le mur près de la fenêtre et regardait Yazoo dormir.

Shalua se racla la gorge et salua les deux hommes avec un sourire.

- Bien le bonsoir messieurs.

Cloud se leva pour l'accueillir tandis que Vincent avait tourné son regard vers elle.

- Ah vous êtes quand même venue.

Shalua roula de l'œil comme quoi le jeune homme avait douté, mais au fond il avait peut-être raison de cause.

- Oui et je suis désolée d'être venue si tard.

Vincent se décolla du mur.

- Vous avez pris le nécessaire ?

Shalua acquiesça.

- Oui, j'ai pris aussi des sédatifs en cas de nécessité.

Vincent posa son regard vers Yazoo, inquiet.

- Il ne s'est pas montré violent à son réveil.

Shalua un peu ironique.

- Avec ce que les Turks lui ont administré comme tranquillisant ? Même un Bahamut enragé serait réduit à un inoffensif oisillon.

Vincent avec un faible sourire.

- Il faut avouer Shalua, que Yazoo montre ses griffes malgré son état de faiblesse.

Shalua soupira et secoua la tête.

- Je suis d'accord, mais il faut aussi le comprendre…

Elle posa son regard sur la forme endormie devant elle et étira un sourire.

- Bien. Je vais lui faire sa perfusion, ça devrait le requinquer un peu.

Elle se dirigea vers le lit et posa sa mallette sur la table de chevet. Elle sortit une sorte de porte perfusion rétractile et l'installa au pied du lit. Elle sortit ensuiteun garrot, des compresses stériles, un désinfectant, du sparadrap déjà découpé en trois bandes de cinq à six centimètres, une aiguille et une épicrânienne.

Elle s'arrêta dans ses préparatifs et soupira. Elle devait réveiller Yazoo pour éviter qu'il se réveille brutalement et ne se blesse par inadvertance. Souriante, elle posa une main réconfortante sur la joue de l'argentée et le secoua gentiment dans son sommeil.

- Yazoo ? Allez, ouvre-moi ces beaux yeux, chaton.

Reno, qui avait fini par les rejoindre, observait la jeune scientifique, attentif au moindre signe avant-coureur de danger, du moins en apparence. Vincent qui observait le jeune homme depuis son arrivé remarqua que le jeune Turk n'avait d'yeux que pour Yazoo. Il était intéressant de voir comment Reno réagissait depuis un moment vis-à-vis de Yazoo.

Doucement, les paupières s'ouvrirent révélant de grands yeux félins. Yazoo eut un mouvement de recul, mais reconnaissant la jeune femme, ses muscles se détendirent. Il porta sa main libre pour nettoyer toute trace de sommeil de ses yeux, un geste qui mimait presque celui d'un chat qui faisait sa toilette. Shalua fut tellement attendrie par ce geste si innocent et au demeurant si mignon, que ça la fit rire doucement.

D'un autre côté, Reno damna intérieurement Yazoo pour être si attirant alors qu'il ne faisait rien de spécial ! ''Innocent. Innocent comme jouer avec le feu…'' Il secoua la tête et se racla légèrement la gorge.

- Besoin d'un coup de main, doc ? Je veux dire… Dr. Rui ?

Elle dispensa le Turk d'un geste de la main.

- Non, merci, Reno.

Reno passa la main sur sa crinière évitant le regard de Cloud.

- Ok. Je descends rejoindre Rude.

Il jeta un dernier regard à Yazoo qui l'observait en silence et quitta la chambre.

Shalua rapportant l'attention de Yazoo sur elle.

- Yazoo je vais te faire une perfusion, d'accord ? Reste tranquille et ça ira vite chaton.

Elle lui souri, sachant pertinemment que ça le rassurerait.

Yazoo soupira et regarda par la fenêtre, il faisait déjà noir. Malgré la sieste, il se sentait fatigué et sentir la présence constante de Cloud et de Vincent dans la chambre n'aidait pas vraiment. Il préférait de loin le calme de l'hôpital.

Shalua l'installa plus confortablement dans une position demi-assise en accumulant les traversins derrière son dos et commença à lui faire la perfusion.

Une fois cela fait, Shalua caressa légèrement le visage de Yazoo et le sentit se raidir. Elle s'attrista de voir le jeune réagir de la sorte mais elle pouvait comprendre et par conséquent, elle ne força rien.

Elle se leva et au moment ou elle se tourna Reno revenait avec un plateau de nourriture.

- Euh, Tifa m'a demandé de monter ça pour Yazoo.

Elle s'avança vers le Turk et au moment de lui prendre le plateau des mains, Vincent le fit à sa place.

- Laissez, je vais le faire.

Shalua ne protesta pas.

- Bien, comme vous voulez. Je vais préparer sa médication alors.

Vincent acquiesça et se prépara à nourrir le jeune homme quand il se retourna vers les autres.

- Ça va aller, Cloud. Tu peux rejoindre Tifa et les enfants en bas.

Cloud sembla sortir d'en pleine réflexion et acquiesça avant de quitter la pièce en silence. Reno, lui, resta encore quelques instants avant de faire de même. Il n'y avait plus rien qu'il pouvait faire de toute façon.


Yazoo soupira quand il vit Vincent revenir avec lui. En un sens, il se sentait soulagé maintenant que Cloud soit parti ainsi que le Turk. Il n'aimait pas leur façon de le regarder. Leurs regards allaient de la pitié, compassion et une curiosité qui n'était pas loin de lui faire rappeler comme les gens le regardent étrangement due à son apparence.

Il observa Vincent comme celui-ci s'installa près de lui avec le plateau de nourriture. Il n'avait pas particulièrement faim, mais il n'osait pas refuser la nourriture qu'il lui était apporté. Son regard tomba sur les cachets de médicaments que Shalua sortait de sa mallette et grimaça légèrement.

- Voilà ce que Yazoo doit prendre Vincent.

Lui dit Shalua comme posa un petit récipient en plastique à moitié rempli de comprimés en tous genres. Yazoo lui adressa un regard méfiant que la jeune femme aperçu et auquel elle répondit avec un petit sourire navré.

- Je sais chaton, mais c'est pour que tu puisses mieux supporter la douleur et mieux te reposer.

- Alors donnez-moi une Matéria de Soin, si c'est pour me voir sur pieds.

Shalua eut un petit rire et agita un doigt devant son nez.

- Non, non chaton. Tu n'es pas en mesure d'utiliser de Matéria et je suis contre de toute façon.

Yazoo dévia son visage un rien boudeur, une bouille si craquante qui fit rire la jeune femme et ému le cœur de Vincent.

Shalua à Vincent, avant de fermer sa mallette.

- Je vais aller m'installer dans la chambre d'à côté, vous me dites si vous avez besoin d'aide d'accord ?

Vincent la remercia et quand la jeune femme quitta la chambre en refermant la porte derrière elle, celui-ci sembla un peu plus mal à l'aise. Cela ne se voyait pas extérieurement mais il était nerveux. Il était là, seul avec son fils et s'apprêtait à le nourrir comme on le fait avec un nourrisson. Yazoo avait toujours son visage tourné dans l'autre sens, sa longue chevelure cachant son expression boudeuse. Vincent ne pouvait qu'imaginer cette charmante petite bouille qui l'a fait rappeler celle de Lucrécia quand elle était un peu contrariée, à l'instant où Shalua lui avait gentiment refusé sa demande. Certes Yazoo avait une excellente maîtrise des Matérias, mais dans son état actuel cela lui aurait consommé trop d'énergie pour un résultat tout au moins acceptable. Il était plus prudent de rester aux méthodes les plus classiques, même si le processus s'avérait plus lent.

Vincent se racla légèrement la gorge et Yazoo tourna son visage vers lui. Ses magnifiques yeux émeraude avaient perdu un peu de leur hostilité et dévisageaient Vincent d'un air à la fois curieux et craintif.

- Comment tu te sens Yazoo ?

Yazoo pencha sa tête de côté, comme s'il cherchait à discerner l'ancien Turk et répondit de sa voix douce.

- Bien… je crois.

Il fronça un peu les sourcils, comme s'il se sentait un peu confus par la situation.

Vincent eut un faible sourire, il pouvait discerner la confusion et le débat qu'il y avait dans la tête de Yazoo. Lui et ses frères ont vécu toute leur vie en isolement total, coupés du monde et dans l'ignorance la plus totale. Certes les scientifiques leur avaient fourni une éducation plus ou moins basique, mais cela en revenait presque au même. Yazoo était comme un enfant à qui on faisait découvrir le monde pour la première fois. Mais le pire dans cette situation, c'était que Jénova avait sût tirer profit et aiguisé leur méfiance et leur crainte envers les humains en leur répondant avec mépris et violence. Cela allait prendre du temps de montrer à Yazoo combien les choses pouvaient être différentes de ce que Jénova lui avait raconté.

Vincent se prit à observer Yazoo et Yazoo l'observant en retour et il se racla la gorge à nouveau, prenant la cuillère et la remplissant de soupe pour se donner contenance.

-Tifa est une excellente cuisinière, j'espère que cette petite soupe de légumes te convient.

Il porta la cuillère à ses lèvres et fut ravi de les voir s'entre-ouvrir sans résistance. Yazoo l'observait toujours mais sans doute en pleine réflexion à en juger son air un peu distrait. Cependant, pour Vincent, cela lui faisait déjà plaisir que Yazoo accepte d'être ainsi nourri.

Yazoo, lui, débattait comment prendre le comportement de cet homme. Il se sentait incapable de refuser la nourriture malgré les protestations de son égo. Il haïssait qu'on le prenne en pitié, mais les agissements de cet homme avaient quelque chose de différent. C'était quelque chose de bien plus altruiste, quelque chose de plus profond ? Il se rappela les fois où il prenait soin de Kadaj quand il était blessé ou même quand c'était ses frères qui prenaient soin de lui. Cet instinct protecteur que l'on voue à quelqu'un de sa famille, le besoin de leur faire se sentir en sécurité, le comportement d'un loup protégeant les siens. Lui et ses frères entretenaient une relation fusionnelle très profonde depuis leur plus jeune âge, les cellules Jénova ne faisait que renforcer leur lien jusqu'à allant à pouvoir faire ressentir la présence de chacun et même recueillir un brin d'indice sur l'état d'esprit de chacun, comme une petite partie de leur propre essence. Mais cet homme n'était rien à Yazoo, il lui était un parfait étranger et un ennemi par-dessus tout. Quel était sa motivation de pendre soin de lui comme s'il lui était quelqu'un de familier ? Sans doute il ne connaitrait pas la réponse sans avoir d'abord posé la question. Mais pour l'heure, il ne pouvait que se sentir étrangement soulagé que ça soit cette personne qui prenne soin de lui à la place du traître.

Cet homme était certes un de ses amis, mais à aucun moment il ne lui a montré signe d'hostilité. Même quand il a l'a repéré les rares fois à la Capitale Perdue en train de les espionner. Oh oui, il aurait bien pût prévenir son jeune frère qu'ils étaient observés depuis un long moment et Kadaj aurait pris les mesures pour régler le problème sur-le-champ. Mais Yazoo était un tacticien avant tout. Il observait, pondérait et prenait une décision avant de passer à l'action. Une des raisons du pourquoi il était très dangereux en plein combat. Il était venu à conclusion que l'homme à la cape rouge, Vincent, n'était pas une nuisance et que cela ne serait qu'une perte de temps précieux pour ce qui leur était vraiment important s'il venait à vouloir l'éliminer sans raison. Il était même venu à laisser la Turk blonde et son supérieur à un endroit où Vincent les trouverai facilement. Kadaj lui avait ordonné de s'en débarrasser sans vraiment préciser la façon de le faire. Il a attendu quelques instants avant de l'apercevoir s'approcher des corps meurtris des deux Turks avant de s'éloigner et de se sentir tenté de changer d'avis quand au sort des trois étrangers. Une décision qu'il a regretté brièvement quand ce même homme à présent devant lui, le nourrissant comme un enfant, s'est mêlé au combat de Kadaj et le traître. Loz a même senti son hésitation quand il a commencé à faire feu sur les deux hommes. Quand il avait compris que Vincent ne cherchait pas à blesser son petit frère mais uniquement le faire reculer afin de pouvoir prendre la fuite avec Cloud, quelque part au fond de son cerveau, il se sentit soulagé que son jugement n'ait été peut-être pas si erroné que ça. C'est pour cette raison qu'il prit la fillette que Loz avait ramené avec lui et l'a conduite en silence dans les bois de la forêt. Il s'était arrangé pour que Kadaj ne s'en aperçoive pas et que Loz soit occupé à rassembler le nécessaire pour la mission prévue le lendemain. La fillette n'avait pas protesté quand il l'avait prise par la main et conduite jusqu'au traître et Vincent. Elle avait peur, bien sûr, mais certainement qu'elle avait compris qu'il ne lui ferait aucun mal. Et quand il lui indiqua la position des deux hommes, dont il apercevait surtout Vincent, la fillette serra sa taille dans une étreinte de remerciement, le laissant à la fois perplexe que surpris avant de courir vers eux. Yazoo resta quelques instants à les regarder puis partit rejoindre ses frères dans leur base/maison.

Le lendemain, leur plan d'action était en route. Kadaj allait s'occuper personnellement du président tandis que lui et Loz allaient détruire le monument qui ornait le centre de l'actuel Edge. L'intervention des autres Turks était prévue et il n'était pas mécontent d'un peu d'action. Il avait certes trouvé amusant la façon dont ses Shadows Creepers pourchassaient les habitants de la ville qui s'étaient réunis en protestation à leurs actes, il préférait de loin narguer les laquais de Shinra. Cependant, la chose s'est agrémentée quand Kadaj avait invoqué Bahamut Sin. Alors qu'il jouait avec son adversaire, le traître était revenu avec des renforts dont l'homme à la cape rouge parmi eux. A maintes occasions, il l'observait entre deux esquives et ripostes contre son adversaire. Vincent était aussi à l'aise au combat dans les airs que sur le sol et tout aussi mortellement dangereux que lui dans ses attaques. Il s'était vaguement demandé à un moment lequel des deux aurait vite le dessus sur l'autre s'ils viendraient à s'affronter dans un combat d'égal à égal. Mais hélas ce n'était ni le moment ni le lieu et il commençait à être las du combat contre le Turk rouquin. Son adversaire était certes moins rapide, moins agile et moins fort que lui, cela ne l'empêchait pas d'avoir une certaine force dans ses coups. Il était surtout amusé comme il arrivait à le déstabiliser avec si peu de mots. Yazoo maîtrisait l'arrogance dans toute l'élégance de l'art, il y était naturellement doué.

Il s'était sentit tenté à maintes reprises de cesser de jouer avec le Turk, retirer sa précieuse Velvet Nightmare de son fourreau et en finir, mais il se contint de justesse. Où serait l'amusement si le jeu finirait trop vite ?

Cependant, il a bien fallu qu'il lâche son adversaire pour juste cause. Son petit frère avait eut ce qu'il voulait et l'heure du retrait avait sonné. Une poursuite endiablée s'était alors engagée : lui et Loz pourchassant Cloud, Cloud pourchassant Kadaj et le Turk rouquin et son comparse chauve les pourchassant par hélicoptère. Il était amusant à un moment donné de faire croire à ces deux idiots de la Shinra qu'ils les avaient eut lors du premier tunnel effondré. L'expression du grand Turk chauve quand il le vit arriver sur la moto, entrer avec dans l'hélico et l'expulsant avec était impayable. Et encore celle du rouquin quand il a cru qu'il lui allait tirer dessus alors que la balle avait juste atteint la manette de direction de l'hélico. De son point de vue, la situation était cocasse.

Mais il a vite perdu son sourire quand ce même rouquin, qu'il croyait enfin avoir semé, leur a tendu un guet-apens à la sortie du deuxième tunnel où lui et Loz avaient combattu Cloud en un surprenant spectacle d'acrobaties mêlés à des coups de feu et épées. Il n'avait pas réussit à tourner à temps la moto qu'il conduisait, avec son frère Loz derrière lui et éviter l'explosion. Il leur a fallu un moment pour s'extirper des décombres et soigner dans le plus court délai possible leurs blessures les plus graves pour rejoindre Kadaj. Mais leurs blessures les avaient fort bien retardés et lorsqu'ils étaient enfin arrivés au sommet de ce qui restait de l'ancien QG de la Shinra, ils arrivaient pour assister Kadaj se désintégrer en de multiples étincelles bleu-verts comme il rejoignait la Rivière de la Vie.

L'évocation de tous ces souvenirs trancha cruellement son cœur comme il tombait soudainement à la réalité, sa respiration se coinçant brusquement dans sa gorge et il toussota en avalant de travers la cuillérée de soupe qu'il avalait.

Vincent posa la cuillère et avisa un verre d'eau qu'il lui tendit. Il fut un peu surpris quand Yazoo dévia son visage, refusant ainsi son geste et tendit sa main pour lui prendre le verre. Vincent ne s'opposa pas, mais il savait que le jeune homme allait avoir du mal à tenir un verre à moitié rempli d'eau avec sa faiblesse actuelle et se maintint prévoyant au moindre signe d'incident.

Yazoo prit le verre d'eau, luttant pour ne pas trop se montrer trop brusque. Certes il était blessé et vulnérable, mais il était quand même capable de tenir un verre d'eau pour se déshydrater. Du moins c'est ce qu'il cru, lorsque que le verre en question failli lui glisser des mains et fut retenue à temps par la main de Vincent qui sans doute prévoyait un tel incident.

Yazoo lui adressa un regard triste et navré. Et se raidit un peu dans l'attente de réprimandes pour son attitude qui ne vinrent pas. A la place Vincent, porta le verre à ses lèvres et il bu quelques gorgées du liquide. L'eau était fraiche et il se sentit beaucoup mieux.

- Je suis désolé.

Vincent lui adressa un petit sourire rassurant, qui sembla soulager Yazoo.

- Tu n'as pas à t'excuser. Ce n'est pas grave.

Les muscles de Yazoo semblèrent se relaxer et le jeune homme le remercia d'une voix timide.

- Merci…

Yazoo peut être fier, mais il n'était pas au-dessus de remercier quelqu'un. Sa gratitude était un petit prix à payer pour vivre et la mort n'était plus l'option privilégiée en ce moment, quelles que soient les circonstances embarrassantes.

Vincent cligna des yeux de surprise et sourit. Il a pensé recevoir un silence glacial et ingrat de la part du jeune homme, mais à la place ce fut une chaleur agréable envahir son cœur en étant témoin que son fils ait ce genre de gratitude. Cela prouvait qu'il avait raison sur lui depuis le début.

- C'est normal.

Vincent posa le verre et prit le petit récipient que Shalua avait laissé avec les comprimés.

Yazoo lui adressa une sorte de regard soumis et abattu.

- Est-ce vraiment nécessaire ?

Vincent acquiesça en refoulant l'impulsion de lui chasser une mèche de son magnifique regard émeraude.

- Oui, Yazoo, c'est nécessaire et comme Shalua te l'a dit, il est hors de question que tu utilises la Matéria comme moyen de guérison dans ton état.

Yazoo soupira, un rien déçu et accepta les comprimés qu'il avala avec l'aide de l'eau. Il grimaça sous le goût amer de la médication et Vincent ravala un petit rire.

Vincent remonta les couvertures sur ses épaules et chassa une longue mèche de ses cheveux, lui révélant le long cou gracieux de son fils. Yazoo n'avait même pas sursauté quand il venu à le frôler accidentellement à sa jugulaire. Yazoo le regardait avec un semblant de curiosité et une légère crainte dans le regard mais cela se dissipa quand l'ancien Turk alluma la veilleuse qui trônait au-dessus du lit. Une faible lumière qui était particulièrement idéale pour rassurer les petits enfants de leurs terreurs nocturnes.

Yazoo soupira à nouveau comme le somnifère faisait son effet et qu'il se laissait aller sur le traversin, sa tête inclinée de côté, les paupières luttant pour se maintenir ouvertes et, en dessous, ses yeux devenant peu à peu ternis par le sommeil. Et lorsqu'il s'endormi pour de bon, il était purement incroyable comme son visage se détendait et devenait serein. S'il n'avait pas eut peur de le réveiller et de le surprendre sur le fait, Vincent se serait penché sur lui pour déposer un léger baiser sur son front. Il savait qu'il ne pouvait pas le faire, pas encore cependant. Yazoo n'aimait pas qu'on envahisse son espace personnel et prendrait ce genre de comportement non seulement comme une agression mais aussi un acte écœurant en soi. Il allait donc prendre son mal en patience et attendre que Yazoo vienne vers lui en premier. Le fait que Yazoo ait accepté son étreinte à l'hôpital était déjà en soi un exploit, et vu les circonstances un signe de confiance. Il devait donc attendre afin de préserver cette confiance et y aller doucement.

Avec un soupir de dépit, il prit le plateau et se leva sans un bruit. Quand il quitta la chambre en fermant doucement la porte derrière lui, Shalua l'accueilli avec un sourire ému.

- Il est mignon quand il ne sort pas ses petites griffes, pas vrai ?

Vincent ne put s'empêcher de sourire et acquiescer, le cœur serré par l'émotion.

- Oui, tout le portrait de sa mère…

Shalua perdit un de son sourire quand elle perçu une légère douleur dans le regard de l'ancien Turk.

- Cela doit être difficile pour vous… avoir votre fils juste là et de ne rien pouvoir lui dire pour le moment…

Vincent regarda la porte de la chambre avant de rapporter son regard vers la jeune scientifique.

- C'est moi qui ai choisi cette voie et je suis sûr que c'est la meilleure façon. Il n'est pas prêt à le savoir, c'est trop tôt.

Shalua lui posa sa main sur son bras et le serra légèrement puis le regarda droit dans les yeux.

- Vous êtes un homme admirable Vincent. Je prie pour que tout se passe bien lorsqu'il apprendra la vérité sur vous deux.

Vincent acquiesça, encore, cette fois sa gorge trop serrée pour dire quoique ce soit.

Shalua eut un petit rire et ajouta.

- Allons descendre, voulez-vous ? Tout le monde doit vouloir savoir ce qui se passe.

Vincent lui adressa un sourire et accompagna la jeune femme.


Cloud voyant Shalua et Vincent revenir après avoir nourri Yazoo.

- Alors ?

- Il dort comme un bébé. Je lui ait donné un léger somnifère pour qu'il puisse avoir un sommeil plus paisible.

Elle soupire et posa le plateau sur la table de l'arrière pièce du bar.

- Il aurait dût rester à Healing…

Vincent partageant son inquiétude sans trop le montrer.

- Il est simplement remué par le soudain changement, tout se passera bien.

- Vincent. Yazoo est vraiment fragilisé. Il fait tout pour ne rien faire paraitre mais il souffre énormément. Il va falloir beaucoup de patience pour parvenir à casser ce mur derrière lequel il se cache.

Vincent acquiesça, bien concerné.

- J'en suis conscient, Shalua. Mais je ne suis pas seul, loin s'en faut. Cloud, Tifa et même la petite Marlène sommes prêts à faire ce qu'il faut pour mettre Yazoo en confiance.

La jeune femme regarda Tifa et Cloud, les deux acquiescèrent leur tête de concert avec un sourire rassurant.

- Je n'en doute pas, mais j'ai peur que son intégration chez les Turks ne vienne à tout détruire.

Fit à nouveau Shalua en tournant son regard vers Vincent.

- Rufus m'a accordé la faveur de suivre sa progression au sein des Turks. C'est moi qui le formerai.

L'informa Vincent surprenant Shalua.

- Je ne doute pas que votre accompagnement soit très positif, mais c'est du point de vue social que je me soucie pour Yazoo.

Vincent se permit un faible sourire.

- Ne vous en faites pas, tout ira bien de ce côté-là également.

Shalua sembla perplexe l'espace d'un instant et regarda sa montre.

- Eh bien. Au moins quelqu'un semble bien sûr de lui-même.

Elle regarda Vincent.

- Je vais retourner dans ma chambre, je repasse voir Yazoo dans une heure.

Sur quoi elle s'en alla.

Cloud se tourna vers Vincent.

- Bon et maintenant ?

- Tu vas te reposer. De mon côté je vais aller veiller sur Yazoo.

Sur quoi Vincent monta à l'étage. Cloud le regarda quelques instants, incertain.

- Ça promet d'être une loooongue nuit.

Il se tourna vers Tifa qui roula des yeux.

- Va dormir, Cloud. Et ne te fais pas de mouron.

Cloud fronça les sourcils, mais obtempéra, il n'y avait pas grand-chose à faire de toute façon. Il souhaita bonne nuit à Tifa et remonta à l'étage. La nuit risquait d'être en effet très longue pour certains.


Et voilà ! Ouf, je dois dire qu'il est long ce chapitre :)

Please laissez-moi un p'tit mot, comme toujours c bon pour mon p'tit karma et pour ma coquine de muse inspiratrice que je soupçonne de vouloir me bouder :)

Prochain chapitre prévu pour ce dimanche. Sur ce, à la prochaine :)