Comme d'habitude, un immense merci pour vos review :) Ensuite, vous l'attendiez, il est là, le chapitre 7 tout beau tout propre (je l'espère du moins).
J'espère qu'il vous plaira autant que les précédents et qu'il sera à la hauteurs de vos espérances :)
Bonne lecture ? =D
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Chapitre 7
Bienvenue en Enfer
--POV Envy--
Je m'étirai, toujours habillé. J'étais encore malade de ma cuite. Pourtant, une journée s'était écoulée. J'avais des courbatures dans tout le corps, et ma gorge me brûlait toujours autant. Je soupirai et me redressai. J'étais encore à jeun en plus de ça. Par peur de vomir, je n'avais rien avalé. Mon estomac grondait fortement, mais je me contenais. J'avançai d'un pas lourd vers ma salle de bain. Il était quatre-heures du matin, et je ne pouvais pas dormir. J'ôtai mes vêtements, d'un geste mécanique et rude, puis entrai dans cette maudite douche, ne contrôlant pas assez vite sa température.
L'eau froide s'abattit sur mon visage, et ma main alla chercher le régulateur à tâtons. Il me semblait que mes courbatures partaient avec l'eau, me procurant une sensation de bien être intense. Au moins, ça allait mieux qu'hier. Et ce stupide vieux qui m'envoyait en pension chez une folle. Génial, en plus, j'allais devoir supporter le nabot pendant toute la durée de mon traitement. Mes paupières s'ouvrirent brusquement, l'eau venant me piquer les yeux.
J'arrêtai le jet, attrapant mon shampoing. Mon dieu, qu'est-ce que j'avais fait ? L'idée des shooter aurait été une bonne idée, mais le strip-tease ? C'était horriblement honteux. J'avais agi comme un gigolo. Je n'avais plus qu'à me terrer dans un coin. Même si le pire évènement de la soirée restait le baiser. Mon dieu… Combien de fois nous étions nous embrasser au cours de cette soirée ? Trois, quatre fois ? Approfondissant nos échanges à chaque fois… J'avais vraiment merdé. Je m'étais ridiculisé, humilié. Embrasser des filles passait encore, mais embrasser un homme, qui plus est Edward Elric, c'étais la pire des déchéances. Quelle horreur…
Mes mains se posèrent dans mes cheveux, les savonnant petit à petit. Je n'avais plus qu'à me pendre. Dire que j'avais posé mes mains sur lui, que nous nous étions enlacés tout en nous embrassant… Et histoire de rajouter à la situation et d'enfoncer bien le couteau dans la plaie, nous étions en sous-vêtement. C'était atroce.
Mes doigts s'abattirent sur le bouton de la douche, tandis que je baissai la tête, à mesure que le nettoyant partait. Si je devais avoir des remords d'une connerie dans ma vie, c'était certainement celle-là. Dire que j'avais sérieusement eu l'idée d'aller encore plus loin après. J'étais irrécupérable. Le gel douche glissa sur ma peau d'albâtre, personnifiant les sentiments qui tombaient aussi de moi, s'échappant vers les égouts. Ça ne se reproduirait plus. Plus jamais.
….
J'enfilai un t-shirt à manche longue, ainsi qu'un autre pantalon. Je le plaçai dans mes bottines puis attachai mes cheveux en une queue de cheval haute, deux immenses mèches s'en échappant sur le devant de mon visage. Je baillai, et sortis une valise, y déposant une bonne partie de mon armoire. Je dus retirer toutes sortes d'objets de mon placard, ne prêtant pas attention au papier qui voletait, sachant pertinemment qu'il s'agissait d'une lettre de Mère. Je ne l'avais pas ouverte, son écriture en italique m'étant bien trop familière, la lettre avait été fourrée dans un coin de ma penderie. Endroit à laquelle je la rangeai de nouveau, refermant la porte rapidement. Mon réveil affichait quatre heures trente. J'étais parti pour quelques jours dans la maison de Frankenstein.
Dans une demi-heure, une voiture m'attendrait devant mon domicile, prête à m'emmener chez la folle avec le nabot blond. J'eus une sorte de pseudo frisson en voyant le journal de la veille posée sur ma table de nuit, affichant clairement mes exploits de beuverie. Qu'étais-je censé faire en voyant ça ? J'avais besoin de parler, mais je n'étais pas du genre à me confier, et ici, il n'y aurait aucune oreille prête à m'écouter. Je soupirai en me dirigeant vers la salle à manger, baillant pour la énième fois.
Lorsque j'y entrai, je trouvai mon jeune frère, trempant ses toasts dans du lait. Je l'interrogeai du regard, sur sa présence quelque peu précoce par rapport à son heure de réveil habituelle. Il ne me dit rien, me saluant de la tête, tandis que je prenais place à table.
- Il est encore tôt, tu ne dors pas ?
- Je me suis levé pour te souhaiter bonne chance.
Je levai un sourcil, et il développa, la fatigue se lisant dans sa voix et son visage :
- Je ne doute pas que tu reviendra en vie, mais je préfèrerais te souhaiter un bon départ. On ne sais jamais ce qui peu se passer tu sais… Et puis, je m'inquiète un peu. Tu n'as rien mangé hier.
- Normal, je me suis contenté de dégobiller.
Il grimaça, et attrapa un nouveau toast. Je pris les miens, en mangeant quelques uns avec mon verre de jus de fruit. Il reprit, d'un ton prudent :
- Tu ne m'as pas répondu la dernière fois… J'aimerais savoir comment est Amabelga…
A mon grand étonnement, et au sien, je ne m'énervais pas. A croire que la fatigue avait du bon. J'haussai les épaules, avalant mon déjeuner avec la joie de ne pas le sentir remonter. Ça faisait du bien de manger.
- Elle est gentille. Elle préfère penser à sa famille plutôt qu'à sa richesse. Elle est facilement sévère si on la déçoit, et il arrive qu'elle crie. Sinon, elle est inimitable.
Mon petit frère acquiesça, et posa sa main dans son menton :
- Je me souviens, quand j'étais tout petit, elle m'avait emmené avec elle à l'hôpital, parce que tu t'étais cassé le bras. Elle t'avait disputé.
Je levais les sourcils, il avait une sacrée mémoire pour se rappeler d'un truc qui était arrivé quand il avait trois ans. Je ris :
- Oui, j'étais tombé d'un toit.
Ça je le savais, j'en avais un souvenir précis… En revanche, pourquoi j'avais fait ça ? Cela restait un mystère… A la réflexion, il m'était arrivé beaucoup d'évènement à Amestris, sans que je n'en connaisse la cause… Je fus pris d'une soudaine migraine et me relevai, ayant fini de déjeuner. Cinq heures allaient sonner, et j'allais bientôt devoir partir. Je reporterai mes questions à plus tard.
….
La voiture s'arrêta, après une bonne demi-heure de route. Je n'en pouvais plus, m'endormant à moitié sur mon siège, puisque déjà rincé, avec la ferme intention de me jeter sur mon lit une fois installé. De plus, j'avais toujours faim. J'osais espérer que ladite Olivia Armstrong aurait de quoi me requinquer, après ma journée de jeun.
On m'ouvrit la portière et je descendis. De là, cela ressemblait à une maison plutôt banale. Une grande barrière noire, et des buissons pour cacher un peu le jardin. On me déposa avec ma valise, puis la voiture repartie. Je grognai en attrapant la poignée, n'ayant pas spécialement envie de m'occuper de mes bagages seul. Une voiture s'arrêta derrière moi, sûrement celle du Elric, et je me retournai, tandis qu'il subissait le même sort que moi. A savoir : mis en dehors du véhicule, avec ses affaires, et abandonné sur le trottoir, la voiture filant rapidement.
Je croisai son regard et respirai profondément, avant de lui tourner volontairement le dos, approchant de la barrière. Je pus observer un cadenas et une grosse chaîne autour de celle-ci. Mes doigts s'enroulèrent autour d'un barreau tandis que je tentais d'apercevoir le jardin. Une allée derrière la barrière, et des potagers sur les côtés. J'entendis une valise rouler un peu, puis le blond vint faire de même. Cependant, alors que nous restions en pleine interrogation, je sentis quelque chose se poser dans mon cou, et, à voir la façon qu'avait mon ami de se crisper, je pus comprendre qu'il avait la même chose. Une voix s'éleva, autoritaire :
- Vous deux ! Qu'est-ce que vous me voulez ?
Voyant que la crevette semblait bien trop effrayée pour répondre, je m'en chargeai, un brin craintif :
- Nous… Nous sommes envoyés chez vous… Je suis le Prince Envy… Et lui c'est le Prince Edward… On ne savait pas comment vous signaler… notre arrivée.
La chose sur ma nuque partit immédiatement, et la femme déclara :
- Attraper vos affaires, crétins.
Elle nous poussa, ouvrant le cadenas, puis elle avança rapidement, nous laissant simplement entrevoir sa crinière blonde. J'échangeai un regard avec le blond, avant d'observer le jardin. Des plantes, partout. Je n'y connaissais pas grand-chose en botanique, mais ces plantes là ne me disaient rien qui vaille. Avant que nous ne passions la porte d'entrée, elle se retourna vers nous. Je fus scié. Elle portait des bottes à coupe militaire, ainsi qu'un pantalon. Un simple débardeur noir en guise de haut, et pourtant, elle avait l'air un officier. Je me demandait un instant si elle n'avait pas fait partie de l'armée, et me mis à détailler son visage. Ses yeux bleus étaient valorisés par des cils noirs, ses lèvres pulpeuses étaient parfaitement alignées avec son visage, et rajoutai à sa beauté autoritaire. Elle était belle tout en étant effrayante. Ses longs cheveux blonds tombaient sur ses hanches, brillant légèrement à la lumière du soleil. Ses prunelles se fixèrent sur les miennes, et j'entendis l'air siffler à mon oreille alors qu'elle abattait sa main derrière ma tête :
- Qu'est-ce que t'as à m'observer comme ça, l'imbécile ?! Tu veux ma photo, femmelette ?
J'entendis mon rival rire à côté de moi, alors que je prenais une inspiration pour répliquer, cependant, elle s'adressa à mon compagnon, tout aussi gentiment qu'à moi :
- Et toi ? T'as fini de rire, microbe ?! Allez déposer vos affaire à l'étage, passez par cet escalier, (elle désigna ledit moyen de monter à l'étage du menton, une chose en bois inquiétante) et retrouvez moi ici dans cinq minutes.
Nous acquiesçâmes, pestant intérieurement contre elle, et je fus le premier à m'élancer vers les marches grinçant dangereusement, et au bois si vieux que je tâchai de ne pas marcher trop fort pour éviter que celui-ci ne se casse. Arrivé sur le palier, je poussai la porte du pied, et déposai ma valise dans la chambre avant de me figer.
Je clignai des yeux à plusieurs reprises. Non, je ne rêvais pas. C'était la chose la plus miteuse que je n'ai jamais vu. Le plafond était si bas que si j'avais levé les bras, mes coudes l'auraient touché. Le parquet grinçait, des toiles d'araignées s'étendaient un peu partout, des montagnes de poussières s'étalaient sur des cartons. Une vielle ampoule pendouillait d'un fil, et, en face de moi, ce qui était vraisemblablement nos lits. Deux espèces de matelas, tellement vieux qu'ils en étaient plats, ressemblant plus à des tapis, des trous dedans provoqué très certainement par des mythes. J'étais en plein cauchemar. C'était horrible, impensable. Elle n'allait tout de même pas nous faire dormir dans… ça ?
Je me retournai vivement, plaçant un instant mes pupilles dans les yeux d'Edward, qui semblait analyser la situation. Je déclarai, paniqué, effrayé, tétanisé :
- Je veux rentrer.
- Tu crois que c'est l'endroit où on va dormir ? questionna-t-il en ignorant totalement ma phrase.
Je me redressai, et tentai de chasser mon soudain affolement, ayant le sentiment d'être en plein film d'épouvante :
- Il est hors de question que je dorme dans un truc aussi horrible !
- Moi non plus… Mais je crois qu'on va devoir s'y résoudre.
Je me retournai vers la porte, bien décidé à toucher deux mots de mon mécontentement à Morgane* la Sorcière.
….
Nous arrivâmes au centre de la pièce. Des fioles, toute sortes de produits chimiques à différentes couleurs, étiquetées à des noms tous plus effrayants les uns que les autres. Les talons d'Olivia vinrent calquer sur le sol, et elle prit la parole, nous toisant du regard, l'un et l'autre :
- Bon, les mioches, je vous préviens, le premier qui fait tomber quoi que se soit ici, je lui arrache les tripes et j'en fais des décorations de noël.
Mes prunelles la foudroyèrent, et je pris la parole, prenant le risque de dire ce qui me brûlait la langue :
- Dites moi, vous comptez nous donner des matelas ou on va dormir sur les espèces de tapis infects là-haut ?
L'air siffla à mon oreille et la main s'écrasa, une nouvelle fois, derrière mon crâne. Sa voix raisonna dans la pièce, son autorité palpable me rappelant très clairement quelqu'un :
- Non mais pour qui tu te prends, fillette ?! T'es pas chez toi, arrête de jouer la princesse, tu dormiras sur mes matelas que ça te plaise ou non ! Fais moi encore une réflexion de se genre et je te scalpe !
Je blêmis, tandis qu'un rictus animait le crétin à côté de moi. Je lui marchai discrètement sur le pied et la tortionnaire se retourna de nouveau vers nous. Mon Dieu, sa voix avait beau être totalement différente, ses intonations autoritaires ressemblaient étrangement à celles de ma mère… Un instant, j'avais cru réentendre sa voix ; je me souvenais de quand elle m'avait disputé, étant petit, parce que mon bras s'était cassé. Elle était arrivée en trombe dans l'hôpital, avait crié sur une femme à côté de moi, puis m'avait giflé en me disant que j'étais stupide… D'ailleurs, qui était cette femme sur laquelle elle avait criée ? Parce que, à y réfléchir, je n'en avais aucun souvenir… Qui était-ce ?
Je baissai la tête, tentant de me souvenir de son visage, mais seul des cheveux châtain me revinrent… Et pourtant, malgré ça, je savais que je connaissais cette femme. Mais j'ignorais totalement qui elle était… Et lorsque je tentais de voir plus loin, une migraine me frappa de plein fouet et je grimaçai sous la douleur, posant ma main sur mes tempes.
Je sortis de ma rêverie et avançai vers les tables, faisant ce qu'Olivia nous disait, ayant légèrement peur de me prendre quelque chose en pleine figure. Mais la motivation du fait que je pourrais me reposer après ça était plutôt forte, même si les matelas ne me disaient rien qui vaille.
….
Un souvenir me fit office de rêve cet après-midi là. Je marchai sur des tuiles sombres, le sol m'apparaissait en bas. Ma main tenait quelque chose, mais je n'arrivai pas à distinguer quoi. Mon pied avança rapidement, un peu trop vite peut-être. Mes doigt glissèrent contre se que je tenais, et je tombais, voyant le sol se rapprocher de plus en plus, une voix me hélant.
Quelque chose se posa sur mon bras et je sursautai, ouvrant les yeux brusquement et me retournant vers le possesseur de cette main, constatant ensuite qu'il s'agissait d'Edward. Je levai un sourcil en guise d'interrogation, et il haussa les épaules, relâchant mon bras avec les joues rosissant :
- Hum… Olivia voudrait qu'on aille acheter des plantes en ville.
Je me redressai, sentant un horrible mal de dos me guetter. Je m'étirai, regardant le nabot qui restait toujours assis, entre nos deux matelas. Mes pupilles se fixèrent sur son visage, descendant petit à petit. Ses yeux dorés brillaient sous ses cheveux blonds. Sa peau n'était pas trop bronzée, ni trop claire. Plus foncée que la mienne du moins ; ses lèvres étaient correctement tracées, bien centrées. A bien y regarder, il était facile de comprendre pourquoi il avait une foule d'admiratrices tout aussi bondée que la mienne. Edward était tout bonnement séduisant. Je sentis ma tête avancer légèrement mais un coup dans le sol me fit comprendre qu'Olivia n'attendait pas. Après dix bonnes minutes de marche, nous nous arrêtâmes, étant arrivés dans les rues principales, non loin de la boucherie Curtis. Je soupirai, m'arrêtai, puis me tournai vers Edward, les sourcils froncés :
- Elle t'a dit qu'on devait aller où ?
Il blêmit légèrement et me répondis vaguement un nom pas tout à fait compréhensible, quelque chose du genre « pinako ». Une espèce d'enchevêtrement de syllabe… Je me grattai la tête, un peu gêné. Cela faisait à peine une journée que nous étions chez la tortionnaire, et déjà, je pouvais remarquer qu'une gêne quasi constante nous enveloppait, lui et moi. Peut-être parce que nous ne pouvions oublier notre échange lors de la soirée. Enfin, non, c'était une certitude. Aucun de nous ne l'avait oublié.
Je devais l'avouer, le souvenir, bien que flou et anesthésié, m'étais resté en tête. Il me retournait le ventre à chaque fois que j'y songeai, serrai ma gorge. Mon corps se rappelait de la sensation contre mes doigts, sur mon dos, et sur d'autres membres, eux semblant de souvenir avec précision de ce qui s'était passé. Je ne me souvenais pas de la façon dont mon homologue embrassait, à vrai dire, à cet instant, je cherchai plus à le faire taire et à avoir le dessus.
Durant mes réflexions profondément intenses, le blond m'avait dépassé, et m'attendait en tapant légèrement du pied. Je relevai les yeux, et il me foudroya du regard avant de tourner les talons, sa natte volant dans l'air, tandis que je me redressai, tentant de le rattraper malgré les pavés de la rue.
A notre plus grande surprise, une horde de journaliste déboula à l'endroit précis ou nous allions nous engager. En à peine deux secondes, les questions fusèrent, les micros se tendirent, et les appareils photos flashèrent. Je reculai d'un pas, me sentant pas franchement rassuré devant les médias qui m'avaient collé une étiquette d'homosexuel ; puis, avant que je n'ai pus réagir devant cette marrée humaine, des doigts se posèrent brutalement sur mon poignet. Je me sentis tiré vers l'arrière, et, après avoir manqué de tomber, je pris conscience de la personne qui étais en train de m'entrainer vers une ruelle, et je suivis le Prince Elric dans des espaces, tous plus étroits les uns que les autres, le temps de semer la presse.
Nous nous arrêtâmes à un endroit, je m'adossai sur une porte, essoufflé. Mon bras vint appuyer sur mon ventre tandis que j'essayais de reprendre mon souffle, l'autre, à ma droite, loin d'être hors d'haleine. Pour ça, il n'y avait pas à dire, il était « the Perfect Prince ». J'étais persuadé que s'il avait couru à pleine vitesse durant trois heures, sa respiration aurait à peine changée. En fait il était inhumain. Un robot ultra perfectionné créé pour résister à l'effort. Il était le « Elricator »… Non, bon, là ça devenait du délire.
Edward toujours concentré sur les sons provenant des journalistes, n'avait toujours pas lâché mon poignet droit. Je le remarquai d'une part, par le contact, et aussi car je vis ses doigts contraster avec ma peau. Nous n'étions pas si différent, simplement, j'avais l'épiderme d'un cadavre, et lui d'un vivant. Cependant, malgré moi, je me gardais de lui lancer un sarcasme sur son geste. Bien que l'envie m'en brûlait la langue, je ne pus rien dire, ce contact m'apaisant pour une raison encore inconnue.
Quelque chose couina dans mon dos (probablement la porte qui s'ouvrait) et je me sentis tomber vers l'arrière, le nabot se retrouvant attiré à cause de sa poigne. Ma tête cogna contre le sol et je grognai, de mécontentement et de douleur. Et histoire d'en rajouter un peu plus au plancher inconfortable, The Perfect Prince s'étala brutalement sur ma cuisse, me faisant râler sous le coup.
- Putain, dégage abruti !
Les mots sortirent automatiquement, tandis que je me ressaisissais, ôtant mon poignet de ses doigts. Je me réveillai de mon absence, et me dégouttais moi-même par la même occasion. Alors que le blond se tournait pour me répondre sur le même ton que moi, une voix raisonna derrière nous :
- Oui ?
Je penchai la tête vers l'arrière, et me relevai brutalement, pour observer la femme de plus près. Je me penchai à demi pour la voir dans les yeux. Elle avait une queue de cheval dressée vers le ciel, ainsi qu'une paire de lunette à carreaux plus ronds que ronds. Sa voix était aussi couinante que les planches sur le sol. Lorsque je me tournai vers mon homologue, je constatai sa réaction, à la fois apeurée et soulagée. A son air, je compris que cette femme ne lui était pas étrangère.
- Euh… nous venons pour…, commençai-je.
Elle ne m'écouta pas, saisissant ma main et celle du blond. Je sentis son épaule cogner contre mon bras, et elle déclara :
- La haine n'est qu'à une petite frontière de l'amour. Mettez vos aprioris de côté et vous verrez de nettes améliorations.
Elle conclut sa phrase incompréhensible en collant la paume d'Edward contre la mienne. Notre réaction fut la même, et nous écartâmes nos mains avec une moue dégouttée, une fois relâchées par celles de la vielle.
Je jetai un œil anxieux au blond qui baragouinait quelque chose à la grand-mère. J'en profitai donc pour observer un peu les lieux. Mes bottines retentirent sur le sol, tandis que mes yeux parcouraient les étagères poussiéreuses. Je m'arrêtais, un moment, approchant d'une photo de Central. Mes sourcils se froncèrent, tandis que ma gorge se serrait d'office. Le toit de cette maison me disait vraiment quelque chose. Elle était très haute, une des plus grandes de la ville, voir même la plus élevée. Je me retournai, et questionnai :
- Elle date cette photo ?
- Pas plus de dix ans.
Je levai un sourcil, et je vis Edward saisir le sac en papier qu'on lui tendait, une appréhension au visage. Il se tourna vers moi, croisa mon regard, et le détourna précipitamment. Je soupirai, puis avançai vers la porte. Il fut le premier à sortir, et alors que ma main se tendait vers la poignée, on m'agrippa le bras. Je me tournai de nouveau, observant la femme qui me retenait toujours :
- Faites lui confiance. Ou votre haine perdurera et vous ne pourrez pas vous aimer, n'oubliez pas d'oser.
Je levai un sourcil et déclarai, agacé :
- Je ne comprends rien à ce que vous dites. Vielle cinglée.
Sur mes mots, je me dégageai, claquant le bois pour sortir dans la rue. Si j'avais compris ce que j'avais cru comprendre, cette vielle folle racontais n'importe quoi. Non, car, même avec toutes les prédictions du monde, même les plus farfelues, et même si j'avais vécu dans un monde totalement fantasque, Edward ne serait jamais rien de plus que mon plus grand et insupportable rival, malgré sa taille.
….
Lorsque nous rentrâmes, Olivia nous arracha à moitié son paquet des mains, puis attrapa les plantes qui s'y trouvaient, les enfonçant dans du terreau. Elle en arracha un pétale et se tourna vers nous, un grand sourire aux lèvres :
- Vous savez ce que c'est, ça ?
Je secouai la tête, l'autre faisant de même. A parler honnêtement, je m'en fichais. J'avais juste envie de manger, et de dormir.
- C'est une plante hautement toxique ! Un seul morceau de sa fleur dans une boisson, et vous mourrez illico ! Enfin, avant ça, vous êtes pris de convulsions, et de violents spasmes la plupart du temps, les yeux se retournent dans leur orbites, et après, on étouffe, puis les veines bouillonnent et on meurt. N'est-ce pas incroyable ?
L'Elric resta silencieux, et je rétorquai, d'une humeur franchement mauvaise :
- Non, c'est morbide, glauque, et gore. Vous avez peut-être une fascination pour ces choses mais pas nous. On mange quand ? J'ai faim.
Son visage se tendit brutalement, se yeux prenant un air menaçant. Sa main siffla l'air, de nouveau, et une énième claque m'arriva sur le crâne. Seulement, elle ne se contenta pas de repartir à sa propriétaire cette fois. Non, cette fois-ci, ses doigts empoignèrent mes cheveux, et je sentis ma queue de cheval se tirer brutalement. Un cri pas franchement masculin m'échappa, et elle scanda, d'un ton si autoritaire que je crus entrer dans un régiment :
- Tu mangeras quand tu pourras, Princesse ! La prochaine fois que tu me causes sur ce ton je découpe tes cheveux, et je te fais la même coupe que mon frère.
Je hochai la tête, posant mes mains sur mes cheveux, espérant peut-être que ce geste atténuerait la douleur. Elle relâcha sa poigne, et je me redressai vivement. Cependant, elle reprit :
- Tes cheveux sont très intéressants, tu dois beaucoup t'en occuper… Ça te ferait un poids en moins si je les coupais…
- Non ! Merde, si vous voulez faire des expériences prenez plutôt l'autre nabot, ce n'est pas possible d'être si petit à dix huit ans !
Il me lança un regard haineux, tandis que l'infâme tortionnaire relâchait mes cheveux, et se dirigeait vers Edward. Je ricanai, et, avant que je n'ai pu profiter de son soudain intérêt pour l'ossature de mon homologue, mes cheveux furent de nouveau tirer vers l'arrière, et je me mis à maudire l'idée que j'avais eu de les mettre en queue de cheval.
- Oh fillette ! Tu te barres pas comme ça, t'as encore plein de choses à faire ! Vas faire mes carreaux.
Je me retournai et râlai :
- C'est pas mon boulot ! Faites le vous-même. Moi je veux dormir !
Une nouvelle claque m'arriva sur la tête, et, après un rire du nabot, bien que tenté d'être dissimulé par une toux, la tortionnaire reprit d'un ton fort :
- Et toi le mioche, au lieu de rire, tu vas me chercher une serpillière et tu me nettoies toute la pièce. Et si jamais tu fais tomber quoi que se soit, je t'étrangle avec les cheveux de l'autre taffiole.
- Eh ! m'exclamai-je, outré.
Elle me lança un regard glacial, et je baissai la tête en grognant juron sur juron entre mes dents. Décidemment, ce séjour risquait d'être folklorique.
…
Le soir arriva, après une troisième journée en Enfer. J'avais pu remarquer plusieurs choses, plus ou moins déplaisantes, et j'étais au comble de la fatigue. Olivia nous faisait lever au bout de deux heures de sommeil, à grand coup de balais contre le plafond (qui donnait sur notre sol), pour faire des tâches telles que récurer les moindres de ses marches, ou alors retapisser sa chambre à coucher, ou donner à manger et changer les cages de toutes ses bestioles. Enfin, ça s'était surtout mon boulot, je ne savais pas vraiment ce que faisait Edward. De plus, l'infâme fille Armstrong avait dans ses habitudes de couper l'eau chaude quand JE passais à la douche. A croire que si je voulais être lavé entièrement à l'eau chaude, il fallait que j'y passe en même temps que l'autre abruti. Et si je devais faire une telle horreur un jour, ce serait en cas d'extrême urgence… Non, même pas, je préférais me choper une grippe ou rester sans me laver plutôt que de partager ma douche avec lui. Une image atroce me vint en tête et je la secouai énergiquement. Non, mon Dieu, c'était inconcevable.
Je réprimai une grimace de dégoût et poussai enfin la porte de notre grenier. Les matelas que nous avions pour dormir étaient une horreur, je sentais les ressorts du mien chaque « nuit ». J'avais des courbatures qui se créaient un peu partout, au fur et à mesure que les heures passaient.
Je me laissai donc tomber sur le matelas, trop épuisé pour prendre une douche pour l'instant. Edward était déjà là, allongé sur son tapis, ses cheveux blonds s'échappant de sa tresse décoiffée. Il était dos à moi, comme chaque soir. Et maintenant que nous étions chacun dans la pièce, l'un à côté de l'autre, l'immense gêne qui nous était habituelle revenait s'abattre sur nous avec la puissance d'un coup de marteau.
Je ne savais pas pourquoi le souvenir de la fête nous gênait tant que ça. Nous n'avions pas accompli cet acte par envie… juste par défit… Cependant, était-ce vraiment le cas ? Moi-même, je n'étais même plus sure d'avoir fait ça par pur désir d'humilier The Perfect Prince. Je voulais simplement qu'il se sente obligé d'abdiquer, mais lorsque je lui avais dit d'embrasser un homme… Est-ce que je savais, au fond de moi, qu'il ferait exprès de porter son choix sur ma personne ? A y réfléchir maintenant, c'était logique. Mais je n'avais pas mesuré l'ampleur de la situation à ce moment là…
Je lançai, ayant très bien compris qu'il ne dormait pas :
- Tu ne retires jamais ta tresse ?
J'entendis mon homologue grogner, et je le vis ôter son élastique pour le balancer à côté de lui. Lorsqu'il croisa mon regard, il se détourna, de nouveau. Je me raclai la gorge ; j'étais parti pour subir ça tous les soirs… Cependant, je n'avais pas envie d'évoquer nos gestes lors de la fête. Je n'avais en rien besoin de me justifier, et je doutais que lui ne le veuille.
Je me tournai, détachant mes cheveux pour qu'ils s'éparpillent sur la couchette. Je détestais cet endroit, et être 24h/24 avec le nabot, ça m'agaçait. Cela dit, nous étions solidaires sur un point, nous ne pouvions pas supporter Olivia. Et je pense que si l'un de nous aurait proposé de la tuer, l'autre l'aurait certainement aidé… Quoique…
- Envy, je peux te poser une question ?
Je sursautai, et baragouinai un « oui », me préparant à l'entendre.
- Quand tu m'as embrassé à la fête, après que moi je l'ai fait, c'était uniquement par vengeance ?
Ma gorge se serra. Bien sûr… Ça ne pouvait pas être autre chose… En doutait-il ? Cependant, malgré la certitude mon esprit la dessus, je sentis la boule qui me bloquait la voix grossir tandis que je prononçais ces mots, une étrange douleur dans le bas du ventre se manifestant :
- Evidemment. Tu ne crois quand même pas que je le voulais.
J'avais l'impression de mentir, malgré la conviction de ma conscience. Il répondit, chuchotant presque :
- Je ne sais pas, tu es tellement bizarre qu'on ne peut être sûr de rien avec toi.
Je grognai en toute réponse, alors qu'il reprenait, cherchant visiblement à m'atteindre :
- Mais tant mieux. Parce que ça m'aurait sincèrement embêté que tu veuille de moi. Je ne suis pas gay, tu sais.
Je me redressai, le nabot avait tapé dans le mille pour m'énerver :
- Parce que tu crois que je le suis, minus ?! Je te rappelle que jusqu'à la soirée, je ne t'ais jamais vu porter un intérêt pour une femme, sauf peut-être pour Rose, mais elle ressemble à un transsexuel !
Il accompli le même mouvement que moi, jusqu'à me lancer un regard glacial :
- Bien sûr que non, et je te signal qu'entre nous deux, tu es le plus efféminé, donc tu es franchement mal placé pour traiter les autres de cette façon !
Ma main alla d'elle-même agripper son col et je déclarai, en plissant les yeux :
- Pour ton information, je suis androgyne. Et histoire de t'éclaircir la mémoire, c'est toi qui m'as regardé comme un merlan frit lorsque je me foutais à poil.
Ses doigts vinrent se poser à la racine de mes cheveux, les tirants légèrement :
- Et qui est-ce qui m'as dit qu'il finirait par me proposer de coucher avec lui si on continuait à s'embrasser ?
Je le foudroyai du regard, me rappelant vaguement de mes mots. Ce soir là, les effets de nos échanges m'avaient quelques peu dérangé. C'était normal que sous le poids de l'alcool j'ais sorti une telle absurdité… Cependant, je ne m'attendais pas à se que ça me retombe dessus.
- Tu insinues que j'ai eu envie de toi, microbe ? Mais t'as vu la vierge en 3D pour sortir une connerie pareille ?! Même un clébard embrasserait mieux que toi.
Ses yeux s'écarquillèrent sous mes mots et il répondit en levant son poing vers moi :
- Si ça peut te rassurer, j'ai eu envie de ma faire vomir après.
Mon genou parti de lui-même, au même moment où je recevais son poing en pleine face. Je le lui rendis rapidement, et, en un rien de temps, il me fit basculer sous lui, posant brutalement sa main contre mon thorax, dans le but de me rendre mon coup de jambe bien placé. Mes doigts se posèrent sur le haut de son t-shirt, tandis que je basculai de côté, pour le faire tomber sous moi. Logé entre les deux tapis, je replaçai mes jambes au dessus des siennes afin de l'immobiliser. Mes mains se posèrent brutalement sur ses poignets.
J'étais essoufflé déjà. Sa droite m'avait sérieusement remué, mais j'avais gagné, cette fois j'avais le dessus. Je baissai lentement la tête, tentant de reprendre ma respiration, mes paupières se fermant. Cependant, lorsque la peau découvrit mes prunelles, j'observais des yeux dorés, à deux centimètres de moi. Un instant, je crus qu'il s'était redressé, mais non, ce n'était pas le cas. Les battements de mon cœur vinrent cogner montre ma gorge et mes tempes. Mon corps se raidit, s'abandonnant à lui-même, laissant mon esprit vagabonder ailleurs. Je ne sus pas se qui me poussa à faire cela, mais je le voulais, en ce moment, je savais que je ne faisais pas ça pour prouver quelque chose, juste que cela m'étais nécessaire, j'en avais besoin… réellement.
Mes lèvres effleurèrent les siennes, doucement, tandis que je devenais aveugle, imaginant son visage plutôt que cherchant à le percevoir. Je laissai mes sens se mettre en éveille, goûter cette chaire brûlante, l'odeur qui émanait de lui accroissant mon envie. Lorsque le contact se fit, sans aucune once de résistance, je m'immisçai en lui, partageant cet échange hors norme. Mes lèvres effectuaient mouvement après mouvement, contre les siennes répétant la même opération. Mes doigts glissèrent le long de son poignet afin de retomber entre les siens, enlaçant cette main étrangère.
C'était irréel, je ne pensais plus. Mon corps agissait seulement, et mes songes étaient en état de veille. Cet échange me procurait un bien inconnu, désarmant presque. Je caressai son buste petit à petit, un bonheur incroyable se répandant en moi. Ce baiser intense semblait me mettre dans un autre état, comme si je n'avais rien été jusqu'à aujourd'hui. Comme si toute ma vie avait été falsifiée, jusqu'à ce que je ne me retrouve ce jour là. Mes jambes se resserrèrent autour de lui et mon corps se laissa tomber sur son buste. Ma bouche s'entrouvrit un peu plus, approfondissant notre étreinte. Pourquoi faisais-je ça ? Pourquoi avais-je ce sentiment de plénitude ? Et pourquoi en avais-je eu l'envie ?
*Demi-sœur du Roi Arthur, adepte de la magie noire.
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TADAM ! A bientôt =)
By Izumy
