Et voilà le 6° chapitre !
Comme prévu, nous sommes le 30 et le chapitre-bonus ne change pas les dates de parution !
Tout d'abord, merci à tout ceux qui m'ont lu et un second merci à ceux qui m'ont laissé une review : Nephredill, Santera et xxShimyxx ! ^^
*
Ensuite, je tiens à vous remercier :Niphredill, Santera, xxShimyxx, malilite, Aodren, mel3003, Iliria et lumibd.
Et je vous réponds.
xxShimyxx, qui n'est certainement pas la seule à ne pas avoir compris l'arbre généalogique de Lee : Pour moi, c'est clair mais c'est vrai que c'est moi qui écris, donc c'est normal, je n'y avais pas pensé. Désolé.
Donc, en fait, Lee à deux familles, celle de son père (les Yahnn) et celle de sa mère. Jusque là, c'est normal. Mais en fait, le grand-père maternel (qui est japonais) de Lee a toujours eu une maitresse au Japon malgré sa femme en Italie. Donc la mère de Lee a des frères et soeurs (les italiens, légitimes) et des demi-frères et demi-soeurs (les japonais, illégitimes, fruit de l'union de son grand-père et de la maitresse de ce dernier). Mais comme les japonais restent ses enfants, ils sont partie intégrante de la famille. Surtout, à vrai dire, parce que la rivale de la grand-mère Lee, la maitresse de son grand-père, est morte, donc sa grand-mère Italienne n'a plus rien à redouter.
Voilà, j'espère que c'est assez clair, parce que moi, je me comprends, mais les autres, je ne sais pas, lol !
malilite et lumibd : j'avoue ne pas avoir remarqué que je faisais de Lee une Mary-Sue (qui, si j'ai bien compris, est une jeune fille parfaite dans un monde parfait qui tourne exclusivement autour d'elle avec tout plein de bonheur et tout) et je m'en excuse, ça n'était pas le but. Désolé pour tout ceux que ça rebute.
Pour vous répondre plus en profondeur, je vais vous donner la même réponse qu'à lumibd (désolé) :
Tout ce qu'elle sait (les O partout, les langues et plus tard d'autres choses), elle l'a apprit avec acharnement - elle a beau faire des bêtises, elle est aussi très sérieuses eu niveau des cours et sa grand-mère est une vraie matrone à ce sujet dans son éducation. ^^
Si elle n'aime pas Peter, c'est surtout parce qu'il a tendance (c'est comme ça que je le vois) à changer de "camp" à chaque fois qu'il se passe quelque chose. Il se met toujours du coté du plus fort, c'est pour ça qu'il reste avec les Maraudeurs, ils sont beaux, forts, populaires et intelligents.
Elle est intuitive. Oui, jusqu'à un certain point, puisqu'elle ne voit rien du tout en ce qui concerne Sirius. (ce qui répond aussi à Aodren et Iliria ^^)
Elle a un bon sens de la répartie parce que face au Maraudeurs, il en faut un peu quand même. Et puis même si je l'ai adoucit, son père n'est pas un tendre non plus.^^
Quant à sa beauté, c'est vrai que j'en ai peut-être fait un peu trop. Je l'avoue, pardonnez-moi ! ^^ Je ne sais pas pourquoi, c'est compulsif, j'ai besoin que mes héroïnes soient belles. --'
Pour ce qui est de ses capacités sportives, "Et Potter alors ?" est une très bonne remarque. Mais comme l'a dit J.K. Rowling elle-même, James Potter n'était pas attrapeur mais poursuiveur, il peut être aussi bon qu'il veut (et il l'est vraiment), c'est l'attrapeur qui termine le jeu. Une bonne équipe autour d'un bon attrapeur fait mieux qu'une équipe moyenne autour d'un super poursuiveur.
Pour ce qui est de Voldemort, elle est certainement une de celle qui y pense le plus, mais elle n'en parle pas, voilà tout. Rapport à son histoire, que tu comprendras peut-être un peu mieux dans deux chapitres même si ça n'est pas encore très clair.
Les jumeaux sont là pour emmerder le monde, sa famille nombreuse, je n'ai pas pu m'en empêcher et la métamorphomage, c'était un pari avec une amie.
*
Et, xxSimyxx, pour ce qui est de Remus, moi aussi je l'adore. Il ne restera pas à l'abandon, ne t'inquiète pas ! XD
*
J'espère que certains d'entre vous (sinon tous ^^) voudront jouer au "qui est qui ?". Je pense que ça pourrait être intéressant de voir vos réponses !
Je vous rassure, je ne compte pas les points.
Encore que, si vous voulez une récompense, je le ferais peut-être, à voir, je vais y réfléchir. Mais comme j'ai déjà écrit 20 chapitres, je ne sais pas comment je pourrais la placer. Bah ! Je trouverais, va ! Dites-moi si ça vous tente de jouer pour une récompense ou simplement pour la gloire ! XD
Au prochain chapitre, si tout n'a pas été trouvé, je vous donnerais des indices.
*
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre VI
Halloween's dream
La fin de la journée se passa comme un charme en dehors des piques que Lily lançait à James et Sirius et de ce dernier qui ne manquait pas une occasion de lui rendre l'appareil.
-Elle ne m'aime vraiment pas, soupira James en sortant de l'infirmerie.
-Je te l'ai dit, lui souris-je d'un air désolé. J'ai eu beau lui répéter pendant cinq ans que t'étais un gars bien et lui raconter le plus possible tes exploits héroïque, elle ne veut rien entendre.
-Tout ça à cause de ce boulet de Servilus…
Je souris et posai une main réconfortante sur son bras.
-Il va falloir t'y habituer. Mais ne change pas pour elle, si elle ne tombe pas amoureuse de toi, c'est que cette relation ne t'aurait rien apporté de bon.
Il poussa un soupir dubitatif et nous rejoignîmes la tour des Gryffondors.
-Je te raccompagne, me dit Sirius avec un sourire charmeur.
Il n'avait pas beaucoup parlé, aujourd'hui, mais il avait gardé un petit air satisfait, presque rêveur, une bonne partie de la journée.
-On partirait quand, déjà ? me demanda t-il alors qu'on s'éloignait du portrait de la Grosse Dame de Gryffondor.
-Samedi 20 décembre. Au premier jour de la pleine lune.
-Tu es sûre que tu ne veux pas d'aide, pour Remus ?
-Certaine, ne t'inquiète pas.
-Allons, Flammèche, me souffla t-il, à la fois mutin et charmeur – et mon cœur fit une embardée spectaculaire devant son regard gris perçant –, comment vas-tu réussir à porter un loup-garou de son poids ? Tu es si petite.
-Petite ne veut pas dire frêle, me défendis-je instinctivement.
-Mais tu es frêle, ma douce, me dit-il dans un souffle en s'arrêtant, le regard indéchiffrable, surtout pour mon cerveau en compote.
-Je ne suis pas frêle, répétais-je, toute conviction envolée, incapable de détacher mes yeux du gris de ses yeux.
-Si, tu es parfaite, murmura t-il en approchant son visage du mien.
Je sentis son souffle sur ma joue et relevai instinctivement un peu plus la tête, une envie lancinante de l'embrasser faisant battre mon cœur à cent à l'heure.
-Je ne suis pas parfaite.
Je ne saurais jamais pourquoi j'ai soufflé une ânerie pareille mais cela brisa la magie du moment plus sûrement qu'une tornade.
Il s'écarta en souriant et, sans un mot, repartit. Je restai un instant sur place, me haïssant d'avoir fait une débilité pareille ! Quelle Grosse Gourde Débile ! J'avais envie de me pendre ! Donnez-moi une corde ! Vite donnez-moi une corde ! Ou une hache, que je me coupe la tête moi-même !
Et puis je finis par rattraper Sirius.
-Bonne nuit, me sourit-il avec un air doux qui me fit fondre et me haïr encore plus.
-Bonne nuit, souris-je à mon tour.
Il se pencha et effleura ma joue d'un baiser. Et puis, un sourire aux lèvres, il repartit.
J'entrai dans ma salle commune où seules restaient les filles. Je leur souris et montai au dortoir.
Allongée sur mon lit, je me fis une promesse. Pendant les vacances de noël, j'embrasserais Sirius ! Même si je devais me faire jeter comme les autres greluches ensuite, j'obtiendrais un baiser de lui !
Trois mois. Dans trois mois, j'aurais mon baiser. Dans trois mois je serais fixée sur ce qu'il pensait réellement de moi.
Dans trois mois, ses lèvres toucheraient les miennes et mes mains se baladeraient dans ses cheveux. Ses beaux cheveux bruns, longs et soyeux. Dans trois mois, ses mains se baladeraient sur moi, libres et bienvenues. Même s'il me jetait juste après, je voulais tenter ma chance, savoir quel goût avaient ses lèvres.
Dans trois mois j'aurais bien des occasions d'obtenir ce que je voulais.
Résolue à mettre toutes les chances de mon côté, je pris mon miroir. J'avais déjà vu les mêmes chez les jumelles, Adelina et Amélia.
-Amélia Eva Adelina Giudice-Moretti, soufflais-je à mon miroir.
Je vis apparaître un plafond bleu pâle illuminé d'une lueur mouvante.
-Amélia ? appelai-je.
Un visage masculin apparut à la surface du miroir.
Un visage magnifique. Des cheveux bruns, fins et soyeux tombant sur des yeux d'un vert intense, des traits fins et une bouche à baisers. Mais qui était cet homme ? Il devait avoir mon âge en plus.
-Euh… Je suis bien chez Amélia Moretti ? demandai-je en italien.
-Oui, sourit t-il.
Oh ! Par Merlin quel sourire !
-Qui la demande ?
-Sa cousine d'Angleterre, Lee'Lliane Yahnn.
-Je l'appelle, sourit-il de plus belle.
J'entendis un bruit d'eau et :
-Amélia, Amore, ta cousine est sur ton miroir, l'entendis-je dire.
Oh ! Par Merlin ! Alors c'était Gabriel ! Son futur mari ! Eh ben ! Elle ne s'embêtait pas, la cousine ! C'est qu'ils étaient beaux gosses les italiens ! Des tops models carrément ! Il était sorcier ? Sûrement, Amélia était en sixième année dans l'école italienne de magie, comme moi. Elle avait dut le rencontrer là-bas.
Le visage doux de ma cousine apparut dans le miroir.
-Salut ma grande ! me dit-elle en italien.
-Salut ! répondis-je dans la même langue. Dis donc, c'est ton homme ? Tu sais choisir, toi !
-Et en plus il est adorable ! rit-elle.
-Il a l'air !
Elle me fit un sourire rêveur et je vis le visage du jeune homme se poser sur son épaule. Il l'embrassa dans le cou et je souris.
-Dis-moi, cugina*, toi qui nage dans le bonheur, tu voudrais bien arranger un coup à ta cousine chérie ? ris-je en voyant son sourire béat.
Elle me regarda, interloquée et sourit.
-C'est qui ?
-Un camarade.
-Il est comment ?
-Beau, très beau, très gentil, et très charmeur.
-Un Don Juan ? me demanda t-elle, inquiète.
-Oui, malheureusement. Mais ça fait trois ans que j'espère qu'il me remarque. Je me fous de me faire jeter, je veux au moins avoir un baiser.
Elle me sourit.
-Je sais que tu t'en remettrais si tu devais essuyer une déception. Il s'appelle comment ?
-Sirius.
-Oh ! C'est lui ! Sirius Black, c'est ça ? Intéressant ! fit-elle avec un sourire amusé. Eh bien, je peux t'arranger ça sans trop de problème. Toi et tes amis deviez dormir chez tante Serena mais Gabriel et moi vivons ensemble dans une grande maison assez loin des autres pour avoir le temps de les voir venir. Une maison au bord de la mer avec une piscine chauffée, me dit-elle, mutine.
J'eus un sourire rêveur. Une piscine ! Chauffée en plus ! J'avais encore plus hâte d'y être !
-Tu veux juste un baiser ? me demanda t-elle tandis que la bouche de son futur mari descendait sur son épaule nue.
-Pour commencer, oui, ris-je. On va y aller doucement, c'est un tombeur et si je dois me faire jeter, je ne préfère pas aller trop loin !
-Des chambres séparées alors, murmura t-elle pour elle-même.
-Ou des lits séparés, souffla Gabriel en descendant encore.
Il disparut de miroir et Amélia acquiesça, les yeux un peu embués. Certainement par les caresses de son homme.
-Oui, des lits séparés dans des chambres communes. Le problème, c'est qu'il y aura Lily. Si je te prends chez moi, je prends tout le groupe. Sinon, ça fait louche. Connaissant oncle Greg, je me ferais trucider avant d'avoir finis ma phrase. Je vais y réfléchir.
-Merci. J'aurais mon miroir avec moi tout le temps, mais appelle-moi seulement après 16h. C'est l'heure où je finis les cours.
Elle acquiesça et le visage de Remus me vint à l'esprit.
-Oh ! Et j'ai un ami qui t'aidera sans doute avec plaisir !
-Qui ?
-Remus.
-Remus Lupin, le loup-garou ?
-Oui, par contre, si tu peux faire passer le mot que tous ceux qui le savent fassent semblant de l'ignorer, ça serait vraiment gentil. Il ne l'accepte pas et ça le ronge. Quand vous le rencontrerez, si vous sentez le besoin de lui dire que vous savez, sous-entendez un truc dans le genre qu'il a les mêmes yeux que maman et souriez-lui de façon rassurante. Il sait pour elle et comprendra sans problème le message. Il a besoin de se sentir accepté sans condition…
-Et malgré sa condition, finit-elle à ma place. Je comprends. Je leur dirais.
-Merci ! fis-je, soulagée.
-Il a un miroir ?
-Je ne sais pas mais de toute façon ça paraitrait louche si tu apparaissais sur son miroir personnel.
-C'est vrai ! Bon ! On s'arrangera ! Ne t'inquiète pas, on trouvera une solution, me sourit-elle avec malice.
Je lui rendis son sourire et la laissai à ses occupations. Des occupations bien plus intéressantes et agréables, ça, c'était sûr !
Je m'allongeai de nouveau sur mon lit et décidai d'en parler à Lily.
Quand elle disparut de mon miroir, elle savait tout de mon plan séduction. Si elle n'approuvait pas qu'il se dirige sur Sirius, elle me soutenait quand même dans mon entreprise.
-Je serais là, si ça se passe mal, m'avait-elle soufflée, très sérieuse.
-Et si ça se passe bien aussi, j'espère ! avais-je ris.
-Bien sûr mais ça c'est une évidence ! Pas besoin de le dire ! m'avait-elle gentiment grondée.
Remus allait certainement s'empresser d'accepter de m'aider et James m'aiderait sans doute aussi rien que pour que Lily n'ait pas le champ libre avec Sirius. Ce dernier ne s'intéressait pas du tout à elle mais connaissant son aversion pour James, celui-ci essaierait de caser tous les hommes qui l'entouraient pour rester le seul homme libre pour elle. Elle n'accepterait sans aucun doute pas même s'il restait le dernier homme dans toute la galaxie mais j'étais pratiquement sûre que James penserait comme ça.
Ça me faisait donc trois alliés et une neutre. Rien que du bon ! Je m'endormis en souriant. Rêvant inlassablement de toutes les façons d'amener Sirius à m'embrasser.
Les jours passèrent, égaux à eux-mêmes. Cours, rires, piques acides et joutes verbales émaillaient nos journées. Et aussi les conversations avec Amélia et Gabriel. Bien des fois je sentis le regard de James et Remus sur moi. Je leur avais expliqués mon plan et comme je l'avais prévu ils avaient acceptés de m'aider. Exiger serait d'ailleurs plus approprié. Ils s'étaient lancé un regard que je n'avais pas réussi à déchiffrer et s'était rallié à moi avec une bonne humeur incompréhensible. Comme s'ils me remerciaient. Surtout James. Qu'espérait-il ? Je me le demandais bien.
*
Cela faisait trois semaines. Nous étions le jeudi 30 octobre et nous avions cours.
A seize heures, Lily et les Maraudeurs vinrent nous rejoindre et nous allâmes à la tour Gryffondor, nous installer dans la salle commune rouge et or.
Vers dix-sept heures on toqua à la fenêtre.
Eva, la chouette d'Amélia voletait devant le carreau, un parchemin à la patte.
James lui ouvrit et me tendit la lettre en souriant.
Je décachetai le parchemin et fronçai intérieurement les sourcils.
Elle m'avait envoyé les plans des chambres et le placement de tout le monde mais il y avait un problème. Pendant nos discutions quotidiennes on avait beaucoup parlé. De tout et de rien, de mes amis, de leurs relations entre eux, du fait que le mieux pour me rapprocher de Sirius était très certainement de nous mettre dans la même chambre et bien d'autres choses. Mais je ne voyais pas du tout pourquoi elle avait fait un placement pareil. Sirius et moi n'étions pas du tout dans la même chambre !
Je n'eus pas longtemps à attendre pour comprendre leur plan. Pour que ce soit plus naturel, Gabriel et elle avaient imaginés un plan bien précis qui marcherait à tous les coups. Ce n'est qu'en plein milieu de la discussion qui va suivre que je le compris.
-Bon ! fis-je en souriant. Amélia et Gabriel m'ont envoyé le plan des chambres ! Ils s'excusent, on va devoir s'entasser, ils font des travaux dans leur maison et Adelina et Raphael ont absolument voulus rester avec nous. Donc ! Amélia, Adelina et moi, on sera dans la même chambre. Pareil pour James, Remus et les deux futurs époux. Lily et Sirius, vous serez dans la même pièce.
-Hors de question ! s'exclama tout de suite Lily.
-Quoi ? m'étonnai-je.
-Hors de question que je dorme avec lui !
-Lily, techniquement, tu ne dormiras pas avec lui, modérai-je.
-Je m'en fiche ! Je ne veux pas dormir avec ce crapaud pervers !
-Je ne touche pas aux épouvantails, lâcha Sirius, de mauvaise humeur.
Et là, je compris le plan ! Evidemment ! Lily détestait Sirius et James, Gabriel et Amélia les avait dispersés et avait mis Lily avec l'un d'eux parce que, d'après ce que je leur avais raconté en toute insouciance, ils savaient pertinemment qu'elle allait se braquer. Ils avaient mis James et Remus dans la même chambre pour que Lily se braque aussi à cette proposition :
-Tu préfères dormir avec James ? Remus va…
-Hors de question ! s'énerva t-elle. Je refuse catégoriquement de dormir dans la même chambre que le bigleux ! (James grimaça sous l'insulte et se renfrogna) Je suis désolée, Lee, mais je ne peux pas ! Si je dois dormir dans la même pièce que ces deux là, je préfère encore aller me pendre tout de suite au Saule Cogneur !
Je souris intérieurement de l'ingéniosité de ce plan pourtant si simple.
-Lily… Je… fis-je en mimant l'embarras et la déception.
-Je peux faire une proposition ? demanda Remus, qui avait manifestement comprit aussi.
-Vas-y… lâcha t-on chacun avec un timbre différent.
Lily semblait fâchée, James malheureux, Sirius goguenard et moi, blasé et déçue. C'était feint pour moi, évidemment. J'étais dans tous mes états intérieurement.
-Et si vous échangiez vos places, toutes les deux, sourit-il avec douceur. Ça te sépare de tes cousines, Lee (et Lily me fit un regard désolé), c'est embêtant, mais c'est certainement le seul moyen de ne pas avoir de morts.
-Moi, tant que je ne suis pas avec les deux affreux, ça me va ! lâcha Lily.
-Mouais… soupirai-je en feignant la déception absolue. Bon d'accord… Je leur renvoi avec les modifications…
-Merci ! me sourit Lily avec un air coupable.
Je lui fis un sourire et pris ma plume pour rectifier le papier. Je dessinai discrètement une petite tête joyeuse au bas du parchemin, dans un coin et le pliai pour le rendre à Eva.
Elle repartit sans demander son reste.
Le reste de la journée fut plutôt enjoué. Sirius semblait avoir oublié les remarques de Lily et Remus riait facilement. Je voyais ses yeux étinceler d'une lueur inhabituelle. Il m'envoya un clin d'œil et je compris qu'il était heureux que j'aie enfin la possibilité d'avouer à Sirius mon attirance pour lui. Seul James ne rit ni ne sourit, cet après-midi-là. Lui n'avait pas oublié les remarques blessantes de Lily et il en avait gros sur le cœur à voir son visage défait.
Et je me couchai finalement après une journée somme toute assez paisible en passant au bal du lendemain. Le bal d'Halloween. Demain matin je recevrai un paquet, papa m'avait acheté une tenue et il voulait absolument que je la porte. Il avait catégoriquement refusé de me dire ce que c'était et je préférais ne m'attendre à rien. Les jumeaux n'étaient pas très intimes avec lui et ne lui avaient certainement pas relaté les différents que l'on avait eu mais venant de lui, tout était possible. Rien qu'au cas où, il était capable de m'envoyer le truc le plus moche du monde. De toute façon, si ça ne me plaisait pas je n'aurais qu'à la mettre pour la lui montrer et l'enlever ensuite. J'avais de très jolies tenues dans ma valise. Des jupes plissées, des chemises blanches, des loose-socks et des chaussures cirées. Tout pour me faire une très belle tenue d'écolière. Les jumeaux en feraient une maladie et j'en entendrais parler pendant des semaines, des mois, peut-être des années, mais je m'en fichais. Je détestais cette manie qu'ils avaient de vouloir diriger ma vie !
Je m'endormais en rêvant d'une jolie robe de bal façon Cendrillon ou la Belle au bois dormant.
*
Le lendemain matin fut la matinée des merveilles ! Je me levais d'humeur joyeuse, j'adore Halloween !
Quand j'étais petite on allait tous ensemble récolter des bonbons. Papa et maman restaient en retrait et David et Guillaume m'emmenaient en me faisant sauter des bras de l'un aux bras de l'autre à toutes les maisons de la rue. Nos parents nous suivaient de loin tandis qu'Allan et Myra s'occupaient des jumeaux sur le même trajet. Et nous retournions toujours en courant montrer à nos parents nos incroyables trouvailles ou les montagnes de bonbons que l'on nous avait donnés. Il y avait une vieille femme, dans notre rue, qui nous donnait toujours un kilo de bonbons chacun. Tous les ans, nous avions au moins sept kilos de bonbons. Ça nous durait toute l'année.
J'adore Halloween !
J'étais la seule debout dans le dortoir, comme chaque matin. Nous étions vendredi et je commençais à dix heures. Mais je suis une couche-tard-lève-tôt et n'ai besoin que de cinq ou six heures de sommeil pour me sentir fraiche comme une rose et j'étais toujours la première debout, quoi qu'il arrive. Même les nombreuses nuits blanches qui avaient émaillées ma scolarité depuis la première année n'avaient pas réussies à entamer ça.
J'allai faire ma toilette en chantonnant et descendis prendre mon petit déjeuner. Bien sûr les Maraudeurs et Lily étaient déjà là. Lily était une lève tôt et vu leurs têtes, les quatre garçons n'avaient pas dus dormir beaucoup. Pas du tout sans doute.
J'allai leur dire bonjour et ils me proposèrent de petit-déjeuner à leur table. J'acceptai en souriant et me mit entre Sirius et Remus.
Bientôt Aphrodite vint se poser sur mes genoux et lorgna avec insistance le bacon qui traînait paresseusement dans nos assiettes. Sirius lui en donna une longue tranche qu'il avait découpé en morceau rien que pour elle et elle le remercia en lui léchant consciencieusement les doigts et en ronronnant comme un sonneur.
-Je crois que c'est pour toi, me sourit Sirius en montrant Salem et Baudelaire qui plongeaient vers nous, un long paquet manifestement un peu lourd pour eux entre les pattes.
Je remerciai les hiboux et leur offris des morceaux de bacon piqué dans l'assiette de Sirius.
-Eh ! Petite voleuse ! rit-il en m'ébouriffant les cheveux.
-Bah ! Pique dans mon assiette ! lui souris-je. Mais d'abord, pousses-toi un peu ! fis-je en débarrassant son assiette tandis que Remus poussait la sienne en riant. Il me tendit le long paquet que les hiboux avaient déposé à côté de lui, le reste de la table étant vide.
Je posais le paquet en travers de la table et tirais sur le ruban rouge qui le fermait. Il s'ouvrit comme une fleur et je vis apparaître un amas de tissus apparemment informe. Mais quand je le soulevai une superbe robe marron prit forme. Sans manche, elle portait un ruban marron clair autour de la taille et descendait en corolles jusqu'au sol. Un papier s'en échappa et je me mis à pleurer en le lisant.
"Tu seras la plus belle ce soir, comme toujours, Allumette. Passe un bon Halloween. Ton père qui t'aime. "
Cela faisait des années que mon père ne m'avait plus appelée Allumette ! C'était le surnom qu'il me donnait quand j'étais petite. Il me disait toujours que j'étais une petite allumette et qu'un jour, quand je serrais enfin une femme, il ne me faudrait plus qu'une étincelle pour me transformer en magnifique brasier. " La même étincelle que ta maman et moi, me souriait-il en m'ébouriffant les cheveux. Un jour, Allumette, tu seras belle comme ta maman et une étincelle, comme moi, te montreras à quel point tu es unique et magnifique. "
Et puis, maman… Enfin, papa avait arrêté de m'appeler Allumette et j'étais devenue " ma chérie ". Mais ce surnom, Allumette, avait illuminé mon enfance et ce matin, ce billet à la main, je ressenti tout l'amour que mon père pouvait avoir pour moi. Et cet amour était bien plus grand que tout ce qui existât en ce monde. Il l'englobait, le réduisait à un vulgaire caillou et le faisait disparaître par son immensité.
Sirius me prit doucement la robe des mains et Remus m'enlaça de ses bras forts et réconfortants.
J'étais heureuse, j'étais en pleure, j'étais en paix et rien n'aurait pu y changer quoi que ce soit.
Je finis par me calmer et Sirius me prit dans ses bras.
-Eh bien, Flammèche, je ne t'avais encore jamais vu pleurer, me dit-il avec un sourire doux.
Et puis il me fit me retourner, le dos contre son torse et mit la robe devant moi, comme devant un miroir.
-Ton père à raison, tu seras la plus belle ce soir, comme toujours, me souffla t-il en me serrant contre lui.
-Tu vas abîmer la robe, crapaud, lança Lily avec une moue dégoûtée.
Il lui lança un regard que je ne vis pas mais je l'avais senti se crisper et il me lâcha.
-Toujours aussi aimable. Tu ne pourrais pas être plus agréable par un si beau matin ? Tu pourrais au moins être aussi joyeuse que Lee, ça ferait un peu plus plaisir à voir, t'as l'air d'un épouvantail à faire la gueule comme ça !
-Je me fous de ce que tu pense de moi, crapaud, et Lee sait que je suis très contente pour elle. Je suis même certainement la seule qui ai véritablement comprit pourquoi elle pleure. Alors ne me fait pas la morale !
Il soupira et se retourna vers moi.
-Ton père a très bon goût, cette robe est superbe ! me sourit-il comme si l'intermède entre Lily et lui n'avait existé.
Je lui rendis son sourire et remis précautionneusement la robe dans son carton.
-Et toi, c'est quoi ton costume de ce soir ?
-Pas besoin de costume pour lui, ni pour le bigleux et le rat, d'ailleurs ! Ils sont déjà monstrueux ! lâcha Lily avant de sortir de table.
Je la rejoignis dans le couloir, elle pleurait.
-Qu'est-ce qui ne va pas ? lui soufflai-je en la prenant dans mes bras.
-Je ressemble vraiment à un épouvantail ? me demanda t-elle, désespérée.
-Mais non ! Qu'est-ce que tu va chercher ? Bien sûr que non ! Pourquoi tu dis ça ? C'est à cause de Sirius ? Ne l'écoute pas, il est énervé, c'est tout. C'est parce que tu l'as traité de crapaud.
-Tu crois ça ? me fit-elle, ironique. Ce que tu peux être naïve, des fois ! Ce n'est pas parce que je lui ai dis qu'il ressemblait à un crapaud, qu'il était énervé. Il ne m'a pas lancé un regard exaspéré, il m'a lancé un regard de reproche !
-Et alors ? Il te reprochait d'être désagréable, c'est tout !
-Tu m'étonne que t'as pas encore eus ton baiser, pauvre cloche, me fit-elle avec un sourire doux. Tu ne te rends pas compte de tout l'amour dont tu es entourée. Tu évolues dans un rêve et tu ne le vois même pas. Ils sont tous accros à toi et tu ne l'as même pas remarqué.
-Ils ne sont pas amoureux de moi ! m'exclamai-je comme une évidence.
-Tu rigoles ! Ils te couvent du regard comme ça n'est pas permis !
-James est amoureux de toi !
-Oh ! Oui ! Parlons-en, tiens, de celui-là ! Ce n'est pas moi qu'il aime, c'est le fait que je te ressemble…
-Lily, arrêtes de dire n'importe quoi ! James est amoureux de toi et de personne d'autre et…
-C'est vrai, Lily, dit Remus derrière nous, mon paquet dans les bras. C'est ton nom qu'il dit dans son sommeil, ce sont tes goûts qu'il essaye de connaître. S'il avait voulu sortir avec Lee, il aurait pu le faire n'importe quand durant les cinq dernières années. Qu'est-ce qui aurait pu l'en empêcher ?
-L'autre !
-Non, s'il était tombé amoureux de Lee, même lui n'aurait rien pu y faire. Ils se serraient battus plutôt que de laisser l'autre tenter quoi que ce soit, jamais aucun d'eux n'aurait renoncé à elle pour laisser le champ libre à l'autre. Ils n'ont pas ce genre de caractères. S'il nous aide c'est pour bien d'autres raisons que le seul fait d'aider Lee à être heureuse.
-C'est qui l'autre ? intervins-je curieuse et complètement larguée.
-Une évidence ! me lança Lily avant de partir.
Certainement pour la tour de Gryffondor.
Je regardai Remus avec un regard interrogateur que j'espérais absolument adorable mais il me sourit avec malice.
-C'est moins drôle si je te donne son nom, je te l'ai déjà dis.
-Mais c'est quiiiieuh ? lui fis avec une moue énervée de gamine pourrie gâtée.
-Pas de boudin avec moi, Lee, ça ne marche pas.
-D'habitude si.
-Oui, mais là non. Comme l'a dit Lily, l'autre est une évidence.
-Ben pour moi, ce n'est pas évident du tout ! boudai-je.
-C'est normal, Lee, ça te concerne, rit-il en m'ébouriffant les cheveux.
Et nous allâmes tous les deux à ma salle commune.
A peine arrivés, une ribambelle de filles se mit à chuchoter.
-Je la monte, me sourit-il en mettant ma robe hors de ma portée.
-Les escaliers sont ensorcelés, j'aimerai bien voir ça ! ris-je, amusée par sa soudaine confiance en lui.
-Je l'ai déjà fait plusieurs fois, me dit-il en posant son front contre le mien. Pour l'autre.
Et il s'engagea dans les marches comme une fleur. En fait, il les sauta, plus précisément. Et arriva comme une fleur au seuil de ma chambre.
-Tu voudrais pas faire pareil avec moi ? lui lançai-je en souriant avec malice.
Il me regarda, déposa mon paquet contre la porte et descendit en surfant sur les marches devenues lisses.
-En route, princesse, me souffla t-il avec un grand sourire en me soulevant dans ses bras en tout point comme une véritable princesse de dessins animés.
Et il fit de nouveau son impressionnant saut qui l'amena après une pirouette hallucinante sur le palier de mon dortoir.
Je toquai à la porte et entrai. Il avait tourné les yeux vers le mur, prévenant comme il était. Un homme parfait.
-Les filles, Remus est devant la porte, il m'a aidé à monter un paquet, je peux le faire entrer ?
Les filles, et surtout Alyssa, acceptèrent avec une joie évidente. Je le fis entrer et il sourit en leur disant bonjour.
Alyssa se leva de son lit dans une jolie nuisette blanche à moitié transparente qu'il ne parut pas remarquer et alla dans la salle de bain en roulant des hanches.
Elle avait toujours voulut sortir avec lui mais il était tellement gentil qu'elle n'osait pas s'approcher de lui avec sa réputation de chaudasse. Et à vrai dire, cette réputation, bien que fausse, ne l'était pas tout à fait. Elle avait eu quelques petits… disons… manques de patience avec son ex et ils avaient pris les couloirs vides et leurs murs pour des lits. Assez inconfortable, mais très excitant d'après elle.
Quoi ? Nous parlons de sexe donc nous sommes des dévergondées ? J'ai entendu ce commentaire chez quelques uns, non ? Non ? Menteurs ! Mais non, nous ne sommes pas des dévergondés, nous nous informons entre nous. Vous ne voyez pas mon grand sourire angélique ? Eh bien pourtant il est là, regardez de plus près, je suis sûre que vous verrez même nos auréoles !
Quand elle revint, toujours avec sa nuisette quasi-transparente, il ne sembla pas plus le remarqué. Et quand il se tourna vers moi alors que je lui demandais son avis sur la robe, son regard tomba sur la poitrine nue de notre chère Alyssa nationale. Il resta un moment sous le choc, stoïque comme un manche de pelle et puis il cligna des yeux et, complètement raide, il se tourna vers moi et me fit ce sourire doux comme il en avait le secret. Quiconque d'extérieur à notre petit groupe – Maraudeurs, Lily et moi – n'aurait rien remarqué de différent à d'habitude, mais je le connaissais depuis longtemps et l'avait observé de longues heures durant et quand il se tourna vers moi son sourire était plus large et ses yeux brillaient comme des phares, faisant ressortir la lune au fond de ses yeux.
Je lui fis un sourire moqueur et il tourna discrètement les yeux. Bien sûr il tomba une nouvelle fois sur la poitrine nue de ma colocataire et ses yeux se mirent à luire comme des lucioles dans son beau visage. Très joli effet. Monsieur semblait captivé et je me mis à rire.
-Tu te rends compte que Sirius et James ne sont pas vraiment à ton goût, finalement, lui murmurai-je, narquoise.
Il me jeta un regard surprit et sourit de plus belle.
-Ils sont tout à fait à mon goût mais refais-moi un show pareil et je te promets de changer de bord, ma chérie, me souffla t-il, hilare, avec un petit doigt en l'air.
Je lui envoyai mon poing dans l'épaule et il éclata de rire, faisant sursauter les filles. A ce moment-là, on frappa à la porte et elle s'ouvrit sur James et Sirius.
-Décidément, j'adore les chambres des dames au matin, sourit celui-ci, un brin carnassier en regardant la poitrine qu'Alyssa était en train de couvrir.
-Oui, bah toi et ton amant, vous descendez tout de suite, je vous apporte votre mascotte bientôt, ris-je en le poussant vers la porte à peine refermée. Oh ! Et pas de triolisme dans la salle commune ! On est chez les Serdanges ici, pas chez les Devergondors, hein !
Ils se mirent à rirent et sortirent en lançant des " On t'attend, mon chou " à Remus avec des airs de la cage aux folles.
Il commença à rire et fut incapable de s'arrêter.
-Assieds-toi, Remus, tu vas te casser la gueule à rire comme ça, lui souris-je en le faisant asseoir sur mon lit bien fait.
Il finit par s'allonger en se tenant les côtes et les filles sortirent en riant.
Quelques secondes plus tard James et Sirius ouvrait de nouveau la porte et me trouvaient allongée près de Remus, souriant aux anges.
Le regard de Sirius s'assombrit et il s'assit, manifestement de bien mauvaise humeur, sur le lit d'Abby, juste à gauche du mien. James s'assit à côté de lui et me fit un sourire.
-Elles sont jolies tes coloc' !
-Toi, tu tournes autour de Lily, laisses les autres tranquilles ! ris-je en me redressant.
-Bah ! On a le droit de regarder, non ? se défendit-il, un sourire malicieux aux lèvres.
-Non, même pas ! le morigénai-je en m'appuyant sur le ventre plat et musclé de Remus.
Eh oui ! Les filles ! Remus est musclé hyper comme il faut ! Je le sais pour avoir passé quelques nuits avec lui dans ma maison de campagne, en France ! Quoi ? Si nous avons fais des trucs sexuels ? Non ! Pas du tout ! Mais l'été dernier il est venu passé deux semaines chez moi et comme les chambres d'Alan, Myra, Guillaume et David sont fermées à clés et que seuls eux et mon père ont les clés… Tom et Dan étaient en vacances chez Betty et Margo et avaient emporté la clé de leur chambre aussi et papa partait largement avant qu'on se réveille et rentrait bien après que l'on se soit couché, je ne pouvais pas trop faire autrement. Quoi ? Dans mon lit ? Eh oui ! Tous les deux ! Mais on n'avait rien fait de sexuel, on aurait pu, on avait toute latitude de faire ce qu'on voulait, mais non, il ne s'est rien passé.
Pourtant, je pense que ni lui ni moi n'aurions été gênés de le faire. Notre relation a toujours été ambiguë et à vrai dire, le fait de devenir amants ne nous répugnait pas, bien que nous sachions pertinemment qu'une relation de couple nous était impossible. Notre relation était trop complémentaire, trop parfaite pour qu'on arrive à créer une vrai relation amoureuse, tous les deux. Une vraie relation amoureuse ressemble à un mur en pierre, plein d'aspérités auxquels s'accrocher. Remus et moi étions depuis toujours unis par une amitié absolue qui dépassait la conception-même de l'amitié au sens généralement admit du terme. Notre relation, depuis toujours, était fondé sur une simple idée : "une âme pour deux". Il nous semblait que nous étions les deux moitiés de la même âme, faire l'amour ensemble reviendrait donc simplement à nous fondre de nouveau en une seule âme l'espace d'un moment, bien sûr il y aurait du plaisir mais ça ne serait "rien de plus" qu'un rassemblement des deux morceaux que nous étions. Seulement une âme ne peut s'aimer elle-même au point d'entretenir une relation avec l'autre moitié d'elle-même. Comme nous, nous étions incapables de nous voir comme un couple, tandis que le sexe ensemble nous semblait, sinon naturel, au moins loin d'être répugnant.
Ça ne m'aurait pas dérangé le moins du monde mais il a exigé de dormir dans le matelas, sinon il aurait dormit dans mon lit. Hein ? Vous dîtes ? Mais non pas tous les deux dans le même lit ! Comme vous avez les idées mal tournées ! Rhoooh ! Non mais ! Mais je l'ai vu en caleçon et j'avoue avoir bavé copieusement sur son corps parfait. En cachette bien sûr, mais quand même. Mais je ne lui aurais pas sauté dessus. Ni cet été-là, ni en ce moment-même dans mon dortoir de Poudlard !
-On ne regarde personne d'autre quand on dit être fou amoureux d'une personne, souris-je à James. C'est ce que dis le Code d'Honneur de l'Homme Parfait.
-Le Code d'Honneur de l'Homme Parfait ? me demanda t-il, perplexe.
-Les dix lois de l'Homme Parfait. Tu ne connais pas ?
-Euh… Non, me fit-il, soudain inquiet.
Je me marrais intérieurement. Ce qu'il pouvait être naïf quand il s'agissait de séduire Lily ! On pouvait tout lui faire avaler !
-Douceur, Tendresse, Gentillesse, Attention, Preuves d'Amour, Œillères, Ecoute, Compréhension, Romantisme et Séduction, toujours. Les dix lois de l'Homme Parfait, lui soufflais-je, intérieurement prise de fou rire.
N'empêche, ça n'est pas tout à fait faux ! Un homme qui fait tout ça avec naturelle et amour est un homme presque parfait ! Il ne lui manque plus qu'à savoir faire le ménage, la lessive, le repassage, la cuisine, à être ordonné, à porter le bébé à notre place et à nous laisser regarder le foot tranquille !
Quoi ? Je parle comme un homme ? Oui, je sais. Je fais un peu de sarcasme en direction des cons… Quoi ? Je suis méchante ? Mmmh… Voyons… Non. Pas vraiment, je suis réaliste… Mais heureusement, je vivais avec trois hommes à peu près parfait et les sorciers ne regardent pas le foot. Ils n'ont même pas la télé ! C'est ce qui est bien avec les sorciers, en dehors de lire, ils n'ont aucun motif pour rester cloîtrer des jours entier ! Enfin ! Revenons à nos moutons !
James me fit un regard désespéré.
-Je n'arriverais jamais à être tout ça à la fois…
-Oh ! Non ! Me fait pas cette tête-là ! Je rigolais, moi ! lui avouai-je en me levant pour le prendre dans mes bras. Il posa sa tête sur moi et sourit.
-C'est qu'on est bien ici, me fit-il, la tête contre ma poitrine, l'air malicieux.
-Oui, bon ! Je ne suis pas très grande et alors ? bredouillai-je tandis que Sirius lui donnait un coup sur la tête.
Il s'écarta en souriant et Remus se leva de mon lit.
-On doit y aller, on a cours, là, nous.
Il me fit une bise sur le front et ils descendirent tous. Je les accompagnai à la porte de la salle commune et me laissai tomber sur un des fauteuils.
-Quadriolisme ? me demanda Zack en souriant.
-Non, capitaine, amitié, juste amitié, lui souris-je à mon tour.
-T'as l'air épuisée, pourtant !
-Oh ! Oui ! Je m'amuse à me taper trois gars en pleine forme dans mon dortoir, personne ne nous entend et je redescends parfaitement coiffée !
-Tu n'es jamais parfaitement coiffée !
Je lui lançai un coussin et il se mit à rire.
-Ça t'amuse, hein ? Espèce de petit pervers ! ris-je aussi.
Il rit de plus belle et finit par me regarder dans les yeux, toujours souriant.
-Et avec Remus ça se passe bien ?
-Qu'est-ce qu'il a Remus ?
-Vous sortez ensemble, non ?
-Pas du tout ! On est juste amis, on s'adore, on est tendre l'un envers l'autre mais il n'y a pas de désir ! Où t'as été chercher ça ?
-Oh ! Arrête ! Vous êtes tout le temps fourré ensemble et tout à l'heure il t'a fait monter dans ses bras !
-Oui, c'est ce que je dis, on est amis ! On s'est embrassé ou tripoter ? Non ! On ne sort pas ensemble !
-Tu ne t'intéresse vraiment pas à lui ?
-Non ! Mais c'est quoi cet interrogatoire ? C'est Tom et Dan qui te l'ont demandé ?
Il me fit une moue désolé et je soupirais avant de monter dans ma chambre. Décidément, même à distance, ils trouvaient toujours des moyens pour me surveiller.
Je finis par aller en cours. A quinze heures, j'avais terminé ma journée et attendais patiemment Lily, qui devait venir se changer avec moi.
Elle arriva à seize heures vingt avec son maquillage et sa tenue, une magnifique robe rouge recouverte de dentelle noire.
Nous essayâmes tout un tas de couleurs de maquillage et puis elle me demanda de lui remontrer ma robe. Je la mis devant moi avec plaisir.
-Tu seras sans aucun doute vraiment la plus belle, Lee. Sans aucun doute, me dit-elle avec douceur, une lueur d'admiration dans les yeux.
-Je ne serais pas la plus belle et tu le sais, lui souris-je. Il y a bien des filles plus belles que moi qu'un rien habille ! J'aurais une belle robe, c'est tout ! Et puis, tu es bien plus belle que moi, lui soufflai-je avec toute la sincérité du monde. Elle me sourit et tourna le regard vers le carton de la robe.
-Oh ! Regarde ! Il y a deux autres paquets ! s'exclama t-elle.
-Quoi ?
Je regardai à mon tour et ouvris de grands yeux. Il y avait deux boites, la première était une boite à chaussure et l'autre…
-Oh ! Par Merlin ! Il me l'a achetée ! J'y crois pas !
Et je fondais en larme pour la seconde fois de la journée.
Mon père m'avait acheté la boite de maquillage de laquelle j'avais passé mon été à rêver. Elle coûtait une fortune et il avait refusé de me l'acheté. Tous les jours, on allait en course et tous les jours je m'arrêtais devant. J'ai travaillé pendant un mois et demi pour me la payer mais il m'a fait une crise en me disant qu'il refusait catégoriquement que je me maquille. Mais il me l'avait déjà acheté, en fait ! Dés le premier jour, je suis sûre ! C'était la première fois qu'il me faisait ce genre de cachotterie. Pourquoi ?
Je pris la boite de maquillage et l'ouvris, découvrant cinq étages de couleurs, toute la palette de l'arc-en-ciel ! Un morceau de parchemin était posé sur la dernière.
"Parce que tu es une femme. Ma petite fille chérie. Mon Allumette. Ton père qui t'aime."
Décidément, il était bien sentimental aujourd'hui. Oh ! Par Merlin ! Non ! C'était l'anniversaire de la… Oh ! D'un seul coup je compris. Le paquet avait été envoyé plus d'une semaine auparavant pour arriver à temps pour Halloween, de France, et une semaine plus tôt, c'était cet anniversaire-là… Pauvre papa, tout seul un jour pareil…
Je finis par arrêter de pleurer, bercer par Lily et je décidai de la maquiller avec mon tout nouveau maquillage.
Les filles arrivèrent un peu plus tard et nous nous changeâmes. Elles s'extasièrent toutes sur ma robe et les chaussures qui allaient avec.
Nous nous maquillâmes en discutant et en riant. Et puis nous nous décidâmes enfin à descendre. Les Maraudeurs nous attendaient au bas des marches, devant la Grande Salle.
Quand ils nous virent arriver, Lily et moi, ils ouvrirent de grands yeux émerveillés.
James fixait Lily, bouche bée et Sirius me regardait, ses yeux gris soudain sombres. Remus, lui, nous contemplait avec son sourire doux. Il nous tendit à chacune une main et nous finîmes notre descente à son bras.
Et puis, nous prenant chacune une main il nous présenta chacune à l'un et l'autre de ses amis.
Lily me regarda et je lui fis un sourire encourageant. On avait convenue toutes les deux que ce soirs elle serait aussi courtoise que possible avec Sirius et James. Elle prit à regret la main de James – je fis semblant de ne pas voir sa grimace – et je pris avec plaisir celle de Sirius.
Ils nous menèrent comme des gentlemen jusqu'à la Grande Salle et nous nous mîmes à la même table. Durant tout le dîner ils furent prévenants, attentionnés, d'une gentillesse extraordinaire et ils écoutaient nos moindres paroles. Ils avaient tous les trois un doux sourire et ne lésinèrent pas sur les compliments et les mots gentils.
A la première danse, Alyssa vint chercher Remus et, après un regard satisfait au reste de la table, il se leva et la rejoignit sur la piste. Je n'avais jamais vu Remus danser et il semblait évoluer avec une certaine aisance. Il avait l'air un peu raide mais je me doutais que c'était plus par manque de confiance en lui que parce qu'il ne savait pas danser.
Je le regardai, fasciné par la douce paix qui se dégageait de lui. Il lui souriait de ce sourire à la douceur de miel et elle semblait aux anges.
-M'accorderiez-vous cette danse, me souffla Sirius à l'oreille alors que débutait un slow.
Je le regardai, surprise et acceptai avec un sourire très certainement ouvertement béat. Il me conduisit dans un slow langoureux et son air charmeur revint.
-Ton père avait raison, tu es la plus belle ce soir, me sourit-il.
-Tu n'es pas mal non plus, lui souris-je à mon tour, me donnant autant que possible un air sûr de moi tandis que mon cœur battait à toute vitesse.
-Merci.
Oh ! Quel sourire ! Il était vraiment magnifique et son pantalon et sa chemise noirs n'y étaient pas pour grand-chose.
Plus que James, plus que Remus, même, il avait toujours été le plus beau. Il avait une grâce féline et un regard hypnotique. Grand, mince et musclé juste comme il fallait où il fallait, il avait toujours eu ma préférence. C'avait toujours été celui dont j'espérais un jour qu'il m'ouvrirait ses bras. Là où James avait éveillé l'étincelle d'une amitié simple, là où Remus avait allumé le feu de l'amitié sans limite, Sirius avait complètement éclairé mon paysage. Du noir et blanc de l'enfance et de la souffrance j'étais passé aux couleurs d'une vie pleine de petits bonheurs et de grandes joies quand il était entré dans ma vie. James m'avait apporté les couleurs à vif, Remus y avait rajoutées des pastels aux douceurs de coton et Sirius avait lié tout ça. Il avait donné à toutes ces couleurs, à toute cette palette, des formes, des contours, des détails. Il avait offert au tableau de ma vie le pinceau qui lui manquait. Un pinceau de soie. Il avait reconstruit de son simple sourire, de son simple regard, la petite fille blessée que j'étais.
Ses yeux gris posés sur moi m'ont redonné courage et son sourire m'a rendu confiance. Et la gentillesse dont il avait fait preuve envers moi durant ces cinq ans avait fini de lui ouvrir mon cœur. Qu'il m'ouvre ses bras et je ne serais plus que douceur et tendresse. Mais il ne m'avait jamais ouvert ses bras. Je n'avais jamais réussi à atteindre son cœur. Il avait préféré se tourner vers ces dizaines d'autres qui ne lui apportaient rien. Ces dizaines d'autres qu'il prenait un jour et laissait le lendemain.
Je sentis son regard sur moi et, relevant la tête, je vis ses yeux gris fixés sur moi. Il avait arrêté de danser et se tenait au milieu de la piste, ma main toujours dans la sienne et l'autre toujours sur ma taille.
-A quoi tu penses, Flammèche ? me demanda t-il avec la douceur d'une nuit d'été.
-A toi.
Je ne sais pas pourquoi j'ai dis ça. Bien sûr c'était la vérité mais ce n'était pas ce que je voulais dire. Ça avait franchi la barrière de mes lèvres sans prévenir et il me regardait maintenant avec un sourire à la fois doux et incroyablement tendre.
-J'aime quand tu penses à moi, me souffla t-il à l'oreille en recommençant à danser. Ne pense qu'à moi, Flammèche, ne pense qu'à moi au moins pour ce soir.
Je lui souris de ce sourire que personne d'autre n'avait jamais vu. Ce sourire qu'on n'offre qu'à l'homme qu'on aime. Ce sourire qui illuminerait la galaxie de bonheur et de paix et qui pourtant est d'une douceur et d'une tendresse immense. Ce sourire que seul un bonheur total peut faire éclore.
Et je lui souris de ce sourire durant toute la soirée.
Nous dansâmes un long moment et puis, quand mes jambes commencèrent à flageoler d'avoir trop dansé, il me souleva dans ses bras et me posa sur ses genoux à notre table.
Et je m'endormis contre lui, auréoler de bonheur et de paix, mon cœur battant au rythme du sien, lent, calme, paisible, ses bras m'entourant et me rassurant mieux qu'une armure.
J'ouvris un œil en sentant les draps frais sous la peau nue de mon dos et les refermai en sentant des mains défaire mes chaussures et détacher ma robe. Il faisait noir dans la chambre et ses mains chaudes contre ma peau étaient un vrai délice. Je sentis mes draps se refermer sur moi et la voix douce et chaude de Sirius me parvint à travers le voile de la somnolence.
-Dors bien, Flammèche, dors bien.
Et ses lèvres se posèrent sur mon front en le plus doux des baisers.
Je m'endormis en paix, heureuse. Fatigué mais profondément heureuse.
(*"Cousine" en italien)
Et voilà donc la fin de ce chapitre, le prochain arrivera dans quinze jours, comme prévu.
Qu'en avez-vous pensé ?
J'espère que cela vous a plu !
Prochain chapitre : VII. Pour une danse avec elle
