Bonjour à toutes et à tous ! Merci de me rejoindre pour un nouveau chapitre !
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A dimanche prochain pour de nouvelles aventures,
Poly
Les découvertes inutiles
Je me lève plus déterminée que jamais, enfile la robe de chambre que Maman m'a envoyée de Singapour, où elle est en ce moment même, et je cours m'enfermer dans la salle de bains. Mes affaires sont déjà prêtes et je les enfile en moins d'une minute, puis j'attrape le sac de protections et me précipite dans le couloir menant à la salle commune de Serpentard.
J'aperçois devant moi une ombre franchir la porte et marche droit dans ses pas. Je ne suis pas la seule à passer les sélections pour le poste de poursuiveuse. Il faut bien que l'équipe aie des remplaçants à sa disposition si j'attrape un rhume.
J'arrive dans la Grande Salle qui est incroyablement sombre et silencieuse. Personne n'est debout, à quatre heures du matin. A la table de Serpentard, je reconnais les membres de l'équipe assis autour de Corner (qui reprend son poste de capitaine cette année, ainsi que celui de gardien).
Je m'assieds à côté d'une fille de Sixième année – j'ignore son nom mais je sais qu'elle reçoit toutes les semaines un panier de croquants au saumon de chez les Frères Burglar, la meilleure pâtisserie du Londres sorcier.
Les membres de l'équipe ne disent pas un mot. Corner me fait un signe de tête pour me saluer, comme en remerciement de m'être levée si tôt pour qu'aucun élève de Gryffondor, Poufsouffle ou Serdaigle ne puisse assister aux sélections.
Je suis la seule des Serpentard pas encore dans l'équipe à m'être approchée de celle-ci. Une vingtaine d'autres élèves s'est agglutinée en bout de table et n'a visiblement pas très faim. Je me contente de manger une part de tarte à la mélasse et de boire un grand verre d'eau, pour que l'ordre de nous faire un repas aussi tôt n'ait pas été donné pour rien.
Quand Corner a terminé, il se lève et annonce :
« Je veux tout le monde sur le terrain dans dix minutes, harnaché et prêt à m'éblouir ! »
Toutes les têtes s'inclinent pour acquiescer. Je fais mine de manger les miettes dans mon assiette (Maman me tuerait) pour ne pas sortir en même temps que lui. On aurait l'impression que je le suis à la trace !
Je quitte la Grande Salle avec Naomi, qui a fini par arriver pour repartir presque aussitôt, un toast beurré dans la main. Elle a déjà une tenue de Quidditch, et moi aussi. Il ne nous manque plus que le blason officiel de l'équipe des vert et argent ! Naomi veut être poursuiveuse comme moi. On fera une très bonne paire.
Il fait encore nuit et froid dans le parc du château. Naomi et moi marchons le plus rapidement possible vers le terrain de Quidditch tout en passant nos protections. Sur un coup de baguette, nos deux balais nous rejoignent. Je surprends le regard de Naomi sur mon Eclaireur, un cadeau d'oncle Lewis quand il a su que je voulais rejoindre l'équipe. Il a été capitaine à Serpentard dans sa jeunesse et assistait à tous les matches de Conrad. Je suis très fière de ce balai !
A peine sur le terrain, nous sommes appelées. Corner veut d'abord se trouver trois poursuiveurs, plus deux remplaçants.
Dans la pénombre, je distingue à peine qui sont les élèves qui m'entourent. Mon balai décolle et le froid m'engourdit. J'ai l'impression que les étoiles se rapprochent de moi. Je reconnais la constellation pépinière qui n'apparaît qu'en automne, et qui se trouve bien vite cachée par une masse sombre. Il s'agit de Corner, au milieu de nous tous, qui lance quelques instructions. Il parle très rapidement et je ne saisis qu'un mot sur deux.
C'est apparemment une épreuve de vitesse. Les Malefoy ont toujours été doués pour ça : Papa était attrapeur.
Si j'ai bien compris, ce qui ne fait aucun doute puisque j'ai bien écouté, nous devons faire une course autour du terrain de Quidditch tout en évitant des obstacles magiquement dressés par notre capitaine.
« Ce n'est pas parce que ça paraît simple que ça l'est ! » termine Corner en lançant un regard appuyé à un garçon que je ne connais pas.
Très bien. C'est le moment, Waldie. Impressionne-les.
Je me place avec les autres au niveau des gradins des Poufsouffle et attends son coup de sifflet.
Dès qu'il retentit, je me concentre et accélère au maximum. La plupart des autres élèves me dépasse. Leur vue doit être brouillée par la vitesse et ils perdront vite l'équilibre ! Je préfère prendre mon temps.
En plein virage, une silhouette apparaît dans mon champ de vision et je ralentis pour la contourner. Deux filles me doublent. Elles sont au coude à coude, ce qui est très dangereux. Je reprends ma vitesse initiale et continue de suivre les autres.
Je ne sais pas exactement à quelle distance ils sont, car je suis concentrée sur mon propre parcours, mais j'aperçois quand même un élève tomber en chute libre, son balai encore dans la main. Je vais trop vite pour l'entendre crier mais un éclair bleu jaillit de sa baguette et il atterrit en douceur. Pour m'assurer qu'il allait bien, j'ai de nouveau perdu de la vitesse et, quand je jette un coup d'œil pour voir à quelle distance se trouvent ceux derrière moi, je m'aperçois que je suis la dernière.
Un courant glacé me traverse, non pas à cause de ce que je viens de réaliser mais parce que, pendant que j'avais la tête tournée, j'ai traversé un piège de Corner, une colonne d'eau froide montant de la pelouse. Je ne connais pas de sortilège pour me sécher. Je m'agrippe un peu plus au manche de mon balai devenu glissant et m'apprête à accélérer de nouveau quand un souafle me frappe en pleine tête.
oOo
« Tricheuse ! » lance Naomi en s'asseyant sur mon lit.
Elle pioche une patacitrouille dans le paquet posé sur mes genoux et la déballe tout en répétant l'insulte une dizaine de fois.
« Naomi, l'interrompt Sabrina, assise sur son propre lit, elle vient à peine de se réveiller !
— Je ne suis pas une tricheuse ! je rajoute, puisque la façon qu'a Sabrina de me défendre ne semble pas toucher Naomi.
— Tu as voulu continuer la course alors que tu étais disqualifiée ! J'appelle ça de la tri-che-rie ! »
La réalité me rattrape en une seconde. J'ai été disqualifiée, je ne ferai jamais partie de l'équipe de Quidditch de Serpentard... Mais ça veut dire que je n'ai toujours pas trouvé mon point fort ! Tous les Malefoy ont une raison d'être, de réussir !
Il faut que je parle à Scorpius.
Je saute de mon lit, ignorant tant bien que mal les points noirs qui envahissent mon champ de vision. En sortant de notre dortoir, je croise Lily qui m'emboîte le pas sans un mot.
Elle savait que les éliminatoires se déroulaient ce matin. Je la sens me suivre jusqu'à la tour des Serdaigle où, toujours silencieuse, elle me laisse, devinant sans doute que je vais y attendre mon frère.
Plantée devant les escaliers, je réalise qu'un samedi, la plupart des Serdaigle doivent se trouver à la bibliothèque. Je m'y rends en moins d'une minute – elle est toute proche des appartements des plumés – mais n'y trouve pas mon frère.
Cependant, son ami Albus Potter est assis à une table, penché sur un manuel. Je m'approche de lui et le salue avant de lui demander où se trouve mon frère. Il hausse les épaules en caressant distraitement une page de son livre.
« Il reste dans son dortoir et refuse de me parler, depuis quelques jours. Je pensais que tu en saurais plus que moi. »
Je secoue la tête en guise de réponse. Je ne suis au courant d'aucun problème familial, donc Scorpius doit être déçu par l'une de ses notes, tout simplement. Je remercie Albus et lui souhaite bon courage alors qu'il replonge le nez dans son livre, puis je tourne les talons pour revenir devant la tour des Serdaigle.
Je gravis les quelques marches qui me séparent d'une immense porte en bois. On dirait la porte de la cuisine du manoir des parents de Papa : elle est impossible à ouvrir tant elle est lourde. Je n'ai jamais pénétré dans la salle commune des Serdaigle et ne connais pas leur mot de passe, mais une fille, préfète à ce que je vois, me rejoint en haut des marches.
« Bonjour, jeune fille ! J'imagine que tu veux entrer. Peu de Serpentard ont jamais essayé – mais tu es la bienvenue ! »
Elle m'offre un sourire chaleureux et frappe à la porte. Si j'avais su qu'il était aussi facile d'entrer...
Une voix me fait sursauter. Il n'y a pourtant pas de tableau ni de tapisserie autour de nous. Je lève la tête au plafond et la préfète rit doucement en me désignant le heurtoir de la porte, qui s'est animé pour nous accueillir.
« Il est rare qu'une disciple de Salazar se présente ici, déclare la voix. Mon énigme sera peu subtile (cela devrait vous plaire). »
Je me redresse un peu pour mieux entendre et écoute la voix qui se met à conter :
« Dans les contrées brumeuses du Xihuan, il est de notoriété publique que la cour du souverain Liuliu XCVI apprécie comme il se doit les services du drôle et burlesque Hatchi.
— A vos souhaits », interrompt un Serdaigle en nous rejoignant sur les marches.
Il s'appuie contre le mur en nous souriant et reporte son attention sur le heurtoir en forme d'aigle.
« Hatchi, le bouffon du souverain, est connu pour ses imitations quelque peu satiriques des membres de la cour. Mais malheureusement, ce matin même, Hatchi a joué une petite pièce qui risque de lui coûter la vie : un prince voisin, s'étant senti insulté par une parodie, s'est empressé d'exiger la mise à mort de Hatchi. Liuliu, le souverain du Xihuan, ne souhaitant pas briser des liens tissés par le temps et la patience de ses ancêtres, s'est résigné à condamner Hatchi à mort. Cependant, Liuliu est un souverain clément et il reconnaît que les services de Hatchi ont toujours été excellents. Aussi a-t-il décrété au déjeuner qu'Hatchi serait emprisonné cette nuit et qu'il lui serait demandé demain, aux premières heures du jour, la façon dont il souhaite mourir. En lui laissant le choix de sa sentence, le souverain Liuliu offre une chance inestimable à Hatchi de s'en sortir. C'est à vous qui voulez entrer que je vous demande, maintenant : que devrait répondre Hatchi quand son souverain lui demandera de quelle manière il désire s'éteindre ? »
La voix se tait et les deux Serdaigle se tournent l'un vers l'autre.
« Tu veux peut-être répondre en premier, Mary ?
— Non, vas-y Sebastian, si tu as une idée… »
Le garçon se penche vers la porte.
« Je propose : mourir de rire. Pour un bouffon, rien de plus approprié, non ?
— En plus d'être extrêmement déplaisant, répond la voix, mourir de rire n'est pas la bonne réponse. »
Mary sourit au Serdaigle d'un air désolé. Ce dernier recule de quelques pas et me regarde.
« Et toi, Serpentard ? Une quelconque idée ? »
Je me sens observée, même par la porte. Tous les trois attendent ma réponse, mais je n'ai aucune idée de la manière dont un homme nommé Hatchi voudrait bien pouvoir mourir.
« Euh… fais-je en réfléchissant. Eh bien… Il pourrait demander un sortilège de mort : puisque c'est interdit, le roi ne pourra pas appliquer la sentence et… »
Les deux Serdaigle ont l'air peu convaincus. En même temps, c'est difficile comme question ! Je suis sûre que personne n'y a jamais réfléchi. Si l'on avait demandé son avis à Papa, avant de mourir, il aurait sans doute répondu qu'il préférerait rester avec nous coûte que coûte, nous voir grandir et vieillir, Scorpius et moi…
« Un Sortilège Impardonnable, est-ce là votre réponse ? »
… Une minute. C'est bien une manière de mourir, non ? La manière la plus courante, vivre jusqu'à mourir !
« Non, non, j'ai une autre réponse ! je m'exclame un peu trop fort. Il demande à mourir de vieillesse.
— Mais bien sûr ! s'écrient les deux Serdaigle en me tapotant les épaules.
— C'est bien la réponse que j'attendais. Espérons que Hatchi y pensera également ! Bienvenue dans les appartements de Serdaigle, jeunes gens. »
J'entre la première alors que Mary et Sebastian continuent de parler de l'énigme, si bien que la porte se referme sur eux sans qu'ils le remarquent. Je me dirige, le menton haut, vers mon frère assis devant une grande fenêtre. Il regarde le lac dans le jardin, dans lequel le soleil semble se baigner.
« Bonjour Scorpius Malefoy ! dis-je en m'installant près de lui.
— Bonjour Waldie. »
Il marmonne comme quand Papa le grondait. Ça faisait longtemps.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? C'est pour quelque chose d'important que je viens te voir.
— Eh bien, repasse un autre jour, d'un autre mois, s'il-te-plaît. Je suis occupé. »
Il m'énerve quand il fait ça ! On ne peut plus lui parler.
« Scorpius, écoute-moi. Tu es mon grand frère, alors tu sais forcément comment m'aider.
— Grand. Vous dites tous que je suis grand. J'ai quatorze ans, est-ce que quelqu'un peut se rentrer ça dans la tête ?
— Je ne vois pas le rapport avec mon problème », j'insiste.
Il me lance un regard noir – ou plutôt rouge, puisque visiblement il n'a pas beaucoup dormi. Ou peut-être qu'il a beaucoup pleuré. C'est embêtant, à chaque fois que j'ai un souci, il faut que lui aussi aie des ennuis.
« Allez, explique », soupire-t-il.
Je me redresse et tente de lui exposer mon problème.
« Tu veux dire que tu cherches un but à ta vie ? Pourquoi ne pas tout simplement réussir tes études ? »
Je secoue doucement la tête.
« Peut-être que les Serdaigle se contentent d'aussi peu, mais moi je suis à Serpentard, et je suis une Malefoy. »
Il hausse les épaules et son regard se perd à nouveau dans les reflets du lac.
« Réfléchis-y toute seule, Waldie.
— C'est Wendy.
— Non, Waldie. Père et Mère t'ont choisi un prénom et ce n'est pas à toi d'en changer ! »
Il regarde autour de lui en se rendant compte qu'il a crié. Quelques Serdaigle le dévisagent d'un air surpris.
Il reprend plus bas, sur un ton que je ne l'avais jamais entendu employer :
« Père et Mère ont tout choisi pour nous et nous, nous n'avons pas à protester. Tu te vantes d'être une Malefoy, mais attends d'avoir mon âge. »
Je cligne des yeux plusieurs fois d'affilée sans savoir que répondre.
« De quoi est-ce que tu parles, au juste ? »
Il se lève et tente de s'éloigner de moi, mais je lui emboîte le pas.
« A t'entendre, on croirait que les parents nous veulent du mal.
— Je me demande parfois si ce n'est pas le cas. Après tout, Maman nous a bien laissés là, à Poudlard, alors qu'elle est partie se réfugier sur un autre continent. »
Je l'arrête en lui saisissant le bras. Il raconte n'importe quoi. Maman est en voyage.
« Lâche-moi ! » murmure-t-il.
Nous sommes juste à côté d'une très longue table de travail où les Serdaigle semblent avoir fait des binômes et Scorpius n'a pas envie de les déranger.
« Viens », dit-il sur le même ton avant de m'entraîner à sa suite.
Nous entrons dans une petite pièce où s'empilent livres et chaudrons, et dont un mur entier fait office de tableau noir. Les Serdaigle ne s'arrêtent donc jamais d'étudier !
Scorpius se tourne vers moi, la mine sombre. Est-ce qu'il va pleurer ? Je me penche vers lui, en avant, pour l'inciter à parler.
« J'ai discuté avec Mère, juste avant la rentrée. Enfin, Mère a parlé et je me suis tu.
— C'est ce qui te met de si mauvaise humeur ?
— Tu ne sais pas de quoi nous avons parlé.
— De quoi avez-vous parlé ? je l'encourage.
— De moi. »
Oh, je vois. Il compte tourner autour du chaudron. Je tourne lentement les talons comme si j'allais sortir et mon frère en profite pour dire très vite :
« Ellememarie.
— Pardon ?
— Elle-me-marie.
— Pardon ?! » je répète, plus pour la forme que parce que je n'ai pas compris.
Ou alors j'ai mal compris. Peut-être que l'expression « elle me marie » a un sens que je n'ai jamais appris.
« Tu veux dire… Lors d'un mariage ?
— Lors d'un mariage.
— Avec une dame ?
— Oui, Waldie, je ne vais pas me marier tout seul !
— Mais c'est génial ! Je vais avoir une grande sœur ! »
Il me lance un regard dégoûté.
« Et avec qui est-ce que tu vas te marier ?
— Probablement avec Tiffany Goyle si ses parents acceptent, ce qu'ils ont visiblement déjà fait il y a environ dix ans. »
Je reconnais bien là Papa. Il voulait s'assurer que Scorpius devienne un homme en temps et en heure. Mais Tiffany Goyle, quand même… Elle n'est pas ce que j'appellerais une dame.
Pardon.
Pardon.
Pardon.
« Très bien, dis-je, donc tu vas te marier. Il n'y a pas de quoi faire ta tête de crapaud.
— Mais je ne veux pas me marier avec elle ! Tu ne peux pas comprendre, Waldie…
— Wendy.
— Tu vois, tu te comportes comme une… Comme une gamine. »
Je le dévisage, choquée. C'est lui qui remet en cause la volonté des parents et c'est moi la gamine ?
« Et toi tu n'es qu'un petit sinistros capricieux qui ne comprend rien à rien ! Je venais te voir pour quelque chose d'important.
— Tu ne penses qu'à toi !
— Oh, je ne fais que suivre ton exemple ! »
La porte s'ouvre et nous nous tournons vers elle d'un même mouvement.
« Laisse-nous, Higgins ! » crie Scorpius en fermant la porte d'un coup de baguette.
J'entends le garçon s'éloigner alors que Scorpius semble déjà regretter son geste. Il s'assied à une table, le front dans une paume.
« Je n'aurais jamais dû t'en parler.
— Il aurait bien fallu que tu me le dises un jour, fais-je remarquer.
— Non. Je refuse cette alliance. »
Un frisson me parcourt le dos. Il continue :
« Je vais envoyer Quill à Mère pour lui dire que je renonce. Si elle m'aime assez, elle comprendra. »
Qu'est-ce qu'il raconte ? L'amour n'a rien à voir avec tout ça, il doit le savoir mieux que moi. Cependant, quoi qu'il arrive, je dois respecter son choix. C'est ce qu'il y a de mieux à faire avec nos aînés. Scorpius semble l'avoir oublié.
« Très bien, dis-je. Alors je te laisse. Je ne te remercie pas pour ton aide. »
C'est vrai quoi, il faut bien que quelqu'un lui rappelle que c'est moi qui suis venue le voir, après avoir résolu l'énigme la plus difficile du monde.
J'attrape la poignée pour sortir et pendant que je la tourne, j'entends mon frère soupirer très, très fort. Je me retourne en ouvrant la porte.
« Je veux bien te prêter ma plume porte-bonheur, Scorpius. Pour ta lettre. »
Il me sourit pour la première fois en au moins dix ans, se lève et vient me prendre dans ses bras. Et j'ai l'impression que c'est Papa que je serre contre moi, parce que mon frère a un peu de son odeur. Je le repousse doucement et quitte la tour des Serdaigle, le laissant seul derrière moi.
Au moins, maintenant je sais pourquoi il était malpoli avec Maman. Même si Scorpius doit se marier avec Tiffany Goyle, j'espère qu'à moi on laissera le choix.
Quand l'heure viendra, je trouverai l'homme parfait, moi aussi !
