Bonjour tout le monde! J'espère que vous allez bien...

Voici le dernier chapitre de ma fiction. J'espère que vous allez l'appréciez!

Merci pour les reviews que j'ai reçu, ça m'a fait plaisir, comme d'habitude.

Bref, enjoy!


Chapitre 7

Je flotte. Je ne sais pas exactement ce qu'il m'arrive. Où suis-je ? J'entends au loin un bruit mais il me semble si faible qu'il faut que je me concentre pour l'entendre. Je ne sais pas ce qu'il se passe. Je ne sais même pas qui je suis… Je flotte dans une délicate douceur qui m'entoure et me submerge. C'est agréable.

Mais plus le temps passe, et plus cette douceur et la sérénité qui s'en dégage disparaissent. Je n'en ai pas envie. Seulement, dès que je tente de m'accrocher à cette source de bonheur, j'ai l'impression de m'en éloigner encore plus vite.

« -Elle émerge doucement. Vous devriez aller vous reposer. On vous appellera dès qu'elle sera réveillée…

-Non. »

Quelle voix désagréable. Aucune délicatesse, ni patience, ni gentillesse. Une voix dure et cassante. Et pourtant… Je voudrais l'entendre encore. Je voudrais entendre une phrase venant de cette voix. Je voudrais pouvoir l'entendre sans jamais qu'elle ne cesse. C'est un sentiment étrange. Etre à la fois révulsée et attirée. Comment est-ce possible ?

Je n'entends plus rien à présent, ni le bruit désagréable du début, ni aucune voix. A présent, la douceur qui m'entoure devient oppressante, et je n'ai qu'une envie, en sortir. Je commence à paniquer, le bruit de fond ressurgi, mais en plus rapide. Tout cela m'angoisse et je voudrais hurler ma peur au monde entier. Mais dès que je tente de faire un bruit, ma gorge se serre et une douleur vive se répand dans tout mon corps. Que m'arrive-t-il ?

« -Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Ne vous inquiétez pas, c'est normal…

- Ca ne peut pas être normal, la machine s'affole. Réfléchissez ! Etes-vous stupide au point de ne rien faire pendant qu'elle agonise ?

-Je connais mon métier Monsieur !

-Et bien j'ai des doutes là-dessus !

- Nick, calme-toi, tu n'arranges rien… »

Nick… Quel joli prénom. Sans doute un diminutif. Sa voix est encore désagréable mais je mourrais pour l'entendre une dernière fois…

Je ne veux plus de cette « douceur » du début qui m'enveloppait, elle n'est que prison, et je rêve de liberté. Je veux entendre Nick, je veux…

« -Caroline ? »

J'ouvre les yeux. Le bruit infernal se calme. Je suis visiblement dans un hôpital, au vue des murs blancs et des médecins qui m'entourent. Les évènements récents me reviennent en mémoire.

L'invitation. Le bal. La dispute. Ma fuite. La drogue. Le néant.

Alors c'est ça. Je suis dans un hôpital, alitée, à cause de la drogue. Que c'est stupide !

Mais tout ça n'a pas d'importance. Puisque je peux à nouveau me plonger dans ces yeux que j'adore.

« -Caroline. Comment tu te sens ? »

Nicklaus. Les larmes me montent aux yeux lorsque je me rends compte que j'aurais très bien pu y rester, et ne jamais le revoir.

Maintenant que je suis passée si près de la mort, je constate à quel point je tiens à la vie. Pas pour moi. Pas pour mon futur ou mes perspectives d'avenir. Pas pour avoir une jolie vie. Mais pour lui. Pour Nick. Pour cet enfoiré qui n'en a rien à faire de moi. Pour ce crétin arrogant et méchant. Pour ce blondinet égoïste et égocentrique. Je ne sais pas vraiment ce qu'il m'arrive. Je veux dire, je rêve à la fois qu'il me prenne dans ses bras, et aussi de lui rompre le cou. Il m'agace à un point que parfois je veux fuir loin de lui, mais dès que je le fais, ma vie semble vide de sens. C'est grotesque.

« -Je vais bien.

-Putain, mais pourquoi t'as fait ça, t'es débile ou quoi ? »

Des mots blessants. Evidemment. Mais ça m'est égal. Je peux bien l'encaisser. Je peux bien lever les yeux au ciel et répliquer par une phrase cinglante. Je peux bien supporter de le voir énervé contre moi. Ce que je ne peux pas, en revanche, c'est vivre sans lui. Plus jamais. Il m'est vital pour une raison que j'ignore encore.

« -Non mais tu te rends compte de la peur que tu m'as fait ? Quand je t'ai vu sur ce brancard, en train de perdre vie j'ai bien cru que… enfin, je veux dire que… Rah t'es chiante, tu me les brise ! »

Sans que j'aie pu en placer une, il s'enfuit de la pièce.

« -Ne t'en fais pas. Il a juste eu très peur. J'ai bien cru qu'il allait retourner tout l'hôpital pour que la totalité des médecins présents soient à ton chevet…

-Euh pardon, mais qui êtes-vous ?

-Ah oui, c'est vrai, tu ne me connais pas. Je suis Rebekah, la petite sœur de Nick, enchantée ! »

Je lui fais un timide sourire. Je me sens faible, et j'ai une horrible nausée. Génial.

« -Il est un peu bouleversé en ce moment, avec tout ce qu'il se passe, mais tu verras, il va redevenir normal après »

Je la regarde. « Nick » a toujours été comme ça avec moi. Dans une bonne ou dans une mauvaise journée, il se sent obligé de me rabaisser, m'insulter au moins une fois. Et pourtant je reste là, à attendre qu'il daigne bien revenir de je ne sais où pour revoir son visage. C'est plus que grotesque. J'ai même honte de ma propre stupidité. Moi qui haïssait les filles folles dingues de leur mec, me voilà servit avec un homme qui n'est même pas mon petit ami.

Les heures passent. Pas de Nick. Je me sens seule, vide, et je n'ai aucune envie. Ni manger, ni boire, ni marcher, ni même respirer. Je veux juste le revoir, histoire de redonner un sens à ma vie.


Je marche. Je cours parfois. Je ne sais même pas ou je vais. Je traverse la ville, sans avoir de but précis. Mon cœur bat à toute allure. Je ne peux le calmer. Pourquoi ? Parce que j'ai passé la nuit la plus horrible de toute mon existence. D'abord mon père. Le grand déballage. Mais ça, ce n'était rien. Rien comparé à la suite.

L'appel. La course. L'hôpital. Caroline. L'arrêt cardiaque. L'attente. Le réveil.

Mon père est actuellement entendu par la police de Los Angeles. Par ses propres agents. Il sera certainement reconnu coupable d'un tas de chefs d'accusation. Abus de pouvoir. Détournement de fond. Faux et usage de faux. Trucage d'élection sans doute.

On m'a déjà appelé pour que je prenne sa place en tant que chef de la police de Los Angeles. Mon rêve. J'ai dit que j'attendrais. Parce qu'à l'heure actuel, je m'en contre fou.

Je marche encore. La chaleur s'abat sur moi. J'ai chaud, j'ai soif, je manque de sommeil. Mais de ça aussi je m'en contre fou.

Je ne peux m'enlever cette atroce image de la tête. Caroline, dans un lit, morte. Ils ont réussi à la réanimer. Elle est actuellement réveillée dans sa chambre d'hôpital. Elle est sortie d'affaire.

En plus de cette vision d'horreur qui tourne en boucle dans ma tête, une pensée tout aussi terrible s'insinue dans mon esprit. Le fameux « et si ».

Et si elle ne s'était pas réveillée ? Et si elle était morte ? Et si la vision de ses yeux, de ses joues quelques fois empourprées, de son sourire, de ses cheveux, en fait de toute sa personne, m'avait été enlevée ?

La réalité me frappe soudain. Si cela avait été le cas, si les médecins n'avaient pas réussi à la réanimer, je serais sans doute mort avec elle. Ça me parait tellement démodé et disproportionné de dire ça. Je veux dire, cela ne fait que quelques jours que l'on vit ensemble. Je ne devrais pas être si éprit d'elle. Mais la vie me parait tellement fade lorsqu'elle n'est pas là. Le boulot. Les potes. Les soirées. Ça n'a aucune importance si elle n'est pas à mes côtés pour vivre tout ça avec moi.

Je secoue la tête. C'est stupide de ressentir ça pour une fille qui n'en a sans doute rien à faire de moi. Et je repense à son regard. Celui qu'elle m'a lancé lorsqu'elle s'est réveillée. Les larmes aux yeux, j'avais l'impression que j'étais un Dieu vivant. Elle me regardait comme si j'étais sa raison de vivre. Ça m'a perturbé. Aurait-elle les mêmes sentiments ?

Alors comme chaque fois que la situation m'échappe, que je ne contrôle pas tout, je mords. Je deviens méchant, insultant, et j'attaque toutes les personnes qui m'entourent, histoire de les repousser. Je suis comme ça. Je suis seul.

J'en ai marre de marcher. Je prends ma voiture et me dirige vers l'hôpital. Cela fait plusieurs heures que je cogite dans mon coin.

J'arrive dans sa chambre. La scène me choque tout autant que la fois où je l'ai vu allongée sur le brancard. Elle regarde par la fenêtre sans vraiment la regarder, le regard vide, la mine pâle. Je la vois cligner des yeux. Sans ça, je pourrais penser qu'elle est morte.

« -Caroline ? »

Elle tourne brusquement la tête vers moi. Elle me refait le même regard que plutôt. Comme si j'étais un Dieu. Ça m'énerve. Je la fais souffrir, je la vire de chez moi, je l'insulte, et elle trouve quand même le moyen de me regarder de cette façon. A moins que je me fasse des films ? Non. Ça me parait absurde.

« -Ça va ?

-Où étais-tu ?

-J'avais des trucs à faire »

Sec. Cassant. Je ne peux m'en empêcher. C'est idiot. Elle soupire.

« -Pourquoi te sens tu toujours obligé de me rejeter et de me faire souffrir ? Si je t'insupporte autant que ça, alors vires moi de chez toi, qu'on en parle plus… »

Je suis surpris. Je m'assois sur le siège à côté de son lit. Rebekah a dû rentrer à la maison pour aider à gérer le bordel familiale. C'est leur problème.

« -Si tu veux partir, je te ne retiens pas. Mais tu peux rester aussi… »

Mes paroles me paraissent tellement vides de sens. Je pourrais lui déclarer ma flamme. Lui dire à quel point je ne peux vivre sans elle. A quel point la voir au bord de la mort m'a fait mal. Mais je ne dis rien. Parce que je n'aime pas ça. Je n'aime pas donner aux gens la possibilité de me faire souffrir. Il faudrait changer ça.

Elle ferme les yeux puis soupir. Je prie de toutes mes forces pour qu'elle veuille bien rester près de moi. Elle ouvre enfin les yeux, déterminée, bien que légèrement tendue.

"-Je ne sais pas si tu es mon sauveur ou mon bourreau. Peu importe, je ne peux pas te quitter, car je ne veux pas être seule."

Blanc. Chaos. Arrêt total de mon cerveau.

A-t-elle bien dit ce que j'ai cru entendre ? Mon cœur se remet à battre rapidement. Alors c'est ça. C'est ça qu'elle ressent pour moi. Je lis à travers les lignes. Ce regard. Cette supplication presque palpable. Je respire mieux. Je peux enfin respirer calmement. Je peux enfin me détendre. Parce que derrière ces mots, cette fausse excuse de la solitude, se cache quelque chose d'autre.

Comment je le sais ? Et bien parce que je suis pareil. Donnez comme excuse le fait d'être seul, je l'ai toujours fait. Et plus particulièrement ces derniers temps.

« Je suis seul dans ce grand appartement. Je vais l'accueillir chez moi. », « Je suis seul pour le bal, je vais l'inviter. ». Toutes ces phrases que je me suis répété en boucle pour me trouver une excuse. Je ne voulais pas voir la réalité.

« Elle est lumineuse, je vais l'accueillir chez moi », « Je ne peux me passer d'elle plus d'une soirée, je vais l'inviter au bal ». Voilà ce que j'aurais dû me dire dès le départ.

Nous sommes les mêmes. Deux gosses perdus dans la dureté de la vie. Deux âmes en peine, incapable d'avouer ce qu'ils ressentent. Deux idiots amoureux l'un de l'autre, préférant se voiler la face plutôt que de s'avouer qu'ils s'aiment.

"-C'est la vraie raison? Il serait peut-être temps de reconnaitre tes sentiments Caroline, tu ne crois pas?"

Elle me regarde, d'abord surprise. Puis son regard redevient neutre. A-t-elle compris ? A-t-elle compris que nous sommes identiques, des âmes sœurs ?

Je meurs d'envie de la prendre dans mes bras. De la serre fort contre moi. Mais j'ai très bien pu me tromper. Peut-être est-elle resté avec moi que parce qu'elle n'avait nulle part où aller…

« -Tu es un idiot

-Et toi une chieuse. On fait la paire je crois. »

Elle me sourit, puis rit franchement. Je la suis. C'est si bon d'être en harmonie avec quelqu'un. Surtout quand cette personne est une blonde pétillante tel que Caroline.

« -Je vais nous chercher quelque chose à boire »

Elle hoche la tête.

Je sors à toute vitesse. Je m'appuie contre le mur du couloir, puis glisse lentement jusqu'à m'asseoir sur le sol. Je souffle. Je ris. Je suis fou. Complétement fou de cette fille. Il fallait que je sortes un moment, au risque de me jeter sur elle pour l'embrasser à pleine bouche.

Je me relève. Je sautille comme un adolescent. Je suis tellement pathétique. Mais peu importe. Je me dirige vers le bureau des infirmières pour demander des boissons pour Caroline et moi. Sur le chemin du retour, je me fais une réflexion.

Des tas de problèmes sont encore devant moi. Je vais devoir aller au procès de mon père, et l'accuser devant toute la ville d'abus de pouvoirs et autre vice. Je vais certainement être surchargé de travail en reprenant son poste. Je vais crouler sous le boulot. Je vais devoir aider ma mère et ma fratrie à surmonter tout ça.

Mais je m'en moque. Je me fous éperdument de tout ça pour l'instant. Parce qu'aujourd'hui grâce à Caroline, malgré toutes ses années de misère, de solitude, et contre toute attente, je peux enfin dire que je revis.


Tadaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!

Je compte sur vous pour me donnez vos impressions pour ce dernier chapitre...

Je vais certainement faire un épilogue, à part si vous n'en voulez pas^^ Il me semble que c'est nécessaire, histoire de terminer en beauté (enfin j'espère ^^)

Quoi qu'il en soit j'attends vos reviews avec impatience, avec critique ou compliments, à vous de voir!

Love, A.