Dans ce recueil de ficlets, il n'y a aucune hiérarchie des personnages du coup l'ordre de leur apparition n'a rien à voir avec leur « importance » dans le manga mais seulement leur élément et mon inspiration à leur sujet. Dooonc… Eren, envoie la musique !
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Chapitre 2 :Eren
Foudre, la Destructivité
Le souffle. Tout était dans le souffle. Une inspiration, et l'énergie bouillonnant dans son organisme gonflait, se condensait sous son diaphragme. Une expiration, et elle se diffusait de nouveau dans ses veines.
Dans son petit coin de clairière, sur la terre battue non loin du quartier général de l'escouade montée pour sa protection et sa surveillance, Eren s'évertuait à revenir aux exercices de base des techniques de Maîtrise élémentaire. Celle du Feu était acquise depuis belle lurette, mais alors que le pouvoir du Titan qu'il renfermait avait été découvert, un nouveau défi se présentait à lui. La foudre.
Les Maîtres du feu, avec de l'entraînement et de la concentration, avaient tous la capacité de manipuler la foudre, de la guider. Mais la produire… C'était là une autre paire de manche, et seuls quelques rares individus possédaient cette capacité. Et le garçon aurait pu être ravi de posséder cet avantage fabuleux, s'il n'avait pas aussi un pouvoir de Titan nouvellement découvert à contrôler. Il n'avait jamais trop eu l'occasion de s'entraîner à manipuler la foudre. Cet élément étant particulièrement pernicieux et dangereux, les entraînements militaires permettaient peu aux soldats de la pratiquer. Mais la donne avait changé pour lui. Il était un atout militaire, et un atout qui devait se maîtriser entièrement. Feu, foudre, Titan, qu'importe.
« Tout ce que tu as, tu dois en être le maître ». Contrôle ce que tu as, ce que tu es. Eren avait parfaitement conscience que c'était là son devoir, et il ne lui en fallait pas plus pour s'indigner contre son incapacité et redoubler d'efforts.
Le feu et la foudre, hormis la capacité qu'ont leur Maître à les produire d'eux-mêmes, n'ont rien en commun. La maîtrise du feu est explosive, éruptive, pétulante, débridait les émotions et les laissait s'exalter. Celle de la foudre nécessitait au contraire une lucidité claire et fraîche, une domination des pulsions. Elle était fluide comme un cours d'eau, ses techniques s'apparentant presque à celles de la Maîtrise de l'eau… L'opposé du feu. Formidable. Eren, qui s'était toujours exercé à manipuler les flammes et était habitué à ses techniques pleines de fougue, devait à présent, comme le Capitaine l'avait dit, omettre cet éventail de techniques et mouvements et repenser sa manière de ressentir et contrôler sa propre énergie.
- Comment le capitaine Rivaï a-t-il dit déjà ?...
Il en était à recevoir des conseils d'un soldat qui ne maîtrisait même pas cet élément. Bon, il s'agissait du plus puissant soldat de l'humanité, certes, mais ça restait plutôt vexant.
Ne pas se précipiter. Ne pas chercher à cracher son énergie, comme pour produire les flammes, mais sentir tout son flux circuler en lui. Ne pas stopper son mouvement, mais le guider, avec fluidité. Et, au bon moment, lui permettre de jaillir hors de lui.
Eren souffla longuement. L'énergie commença à enfler en lui, il la sentit rouler dans son ventre, crépiter, gonfler, s'élever jusqu'à sa poitrine… Là. Il déploya brusquement le bras, expulsant toute la puissance emmagasinée en lui. Ou du moins, essaya.
L'énergie énorme qui semblait prendre toute la place dans sa cage thoracique s'éjecta hors de lui comme une bête affolée et se dispersa dans l'air dans une petite explosion nimbée d'éclairs fugitifs. Eren se protégea les yeux de la déflagration et, haletant, constata avec dépit les rochers à peine noircis face à lui.
- C'était quoi, ça ? Un pet de crevette, comme dirait le Capitaine… Putain, je dois vraiment me concentrer !
Il se remit en position, déterminé à dominer ces fichus éclairs. Cette foudre crépitait dans son organisme et refusait de se laisser apprivoiser, pareille à un fauve claquant des mâchoires dès qu'il tentait de la tirer de là. Cette foudre qui tombait du ciel et s'abattait sur lui lorsqu'il se transformait, cette foudre qui ravageait tout – sa conscience, son organisme… – pour modeler en une seconde ce corps monstrueux de Titan autour de lui.
Le feu dévorait, rugissait, galopait pour s'étendre et régner sur les territoires offerts à sa férocité, le feu aspirait la vie et ne laissait dans son sillage que des restes noircis se dispersant dans le vent.
Mais la foudre était plus dévastatrice encore que le feu. Elle était létale, féline. Et si sa maîtrise pourvoyait son détenteur d'un immense pouvoir, elle restait impitoyable pour lui aussi, prête à le transpercer à la moindre erreur d'inattention, fatale. Si seulement il réussissait à la guider hors de lui. À l'apprivoiser, et la dompter.
Mais au bout de longues heures de tentatives acharnées, Eren ne parvint une fois de plus qu'à expectorer qu'une gerbe d'étincelles grésillant qui lui explosèrent au visage. Un élan de fureur le submergea et, interrompant avec dépit son exercice, il lâcha un rugissement rageur en envoyant une gerbe enflammée s'abattre vers le sol.
- Merde !
La pulpe de ses doigts était cuisante des innombrables essais qu'il avait fait pour produire ces fichus éclairs, sans le moindre progrès flagrant. Les yeux brillants d'exaspération, il fixa les flammèches cuisantes qui s'éteignaient à terre.
Incendiaire. Ravageur. Est-ce qu'il ne savait que détruire, ruiner tout ce qu'il touchait et entreprenait ? Est-ce qu'il était seulement capable de contrôler ce brasier infernal qui lui cuisait les entrailles ?
Pourtant c'était ce brasier même qui donnait un sens à tous ses efforts. La vengeance. Un objectif primaire et vital qui donnait cette ferveur folle et infaillible à sa détermination. Il aspirait à un objectif de destruction après tout, mais si seulement pour parvenir à ses fins il pouvait développer plus utilement les dons qu'il avait reçus…
- Eren !
Il se raidit et tourna la tête, un frisson nerveux lui courant le long de l'échine en découvrant la personne qui arrivait sur le chemin.
- Petra-san ! salua-t-il avec précipitation, inquiet à l'idée qu'elle ait été témoin de son mouvement de colère.
Déjà que ses relations avec les vétérans de l'escouade étaient quelque peu enraillées par leur méfiance et leur attention constante, il préférait éviter d'approfondir une image de gamin colérique. La jeune femme affichait un léger sourire, mais Eren sentait la tension instinctive de ses muscles derrière l'attitude pourtant sincère de Petra. Auruo, qui l'accompagnait, lança un regard condescendant au garçon et l'interpella avec un certain dédain :
- C'est l'heure du repas, morveux. Ramène tes fesses !
- Oui !
Le garçon emprunta le pas aux deux soldats, ressentant soudain plus intensément les conséquences de son rude entraînement. Vivement qu'il puisse plonger ses mains dans un baquet d'eau froide, et se désaltérer abondamment. Peut-être qu'il pourrait reprendre ses exercices après le repas…
Il allait bien finir par la maîtriser, cette foudre. Il allait bien finir par le maîtriser, ce Titan. Quel que soit l'obstacle se dressant face à lui ou le monstre à dompter, sa détermination à parvenir à ses fins brûlait comme une fournaise que rien ne pourrait étouffer.
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Oulà, on a vu plus original comme chute. Elle m'a fistée sans pitié cette fin, et malgré ma bonne volonté à lui donner forme elle a encore une drôle de gueule o_o
J'aurais aimé me concentrer sur l'aspect du feu que représente Eren (la férocité, le côté… « inarrêtable »), mais j'avais aussi très envie de traiter de la foudre (dans ce recueil, j'essaie d'aborder pour chaque élément tous ses « dérivés », ses maîtrises secondaires) et parmi les quatre personnages la maîtrisant dans ma partie FEU, Eren est franchement le seul qi pouvait s'y coller selon mi. Mouais, je sais, pouvoir de titan, maîtrise de la foudre, y en a qui cumulent…
Tiens d'ailleurs c'est marrant, on est tellement habitué à ce qu'Eren galère dans ses entraînements que je n'ai pas résisté à l'idée de le faire encore patauger dans la semoule avec sa foudre. Quand ça veut pas, ça veut pas Eren :/ Persévère !
(ah oui, Grise'… Désolée sans l'être pour le « Rivaï » mais là, Raoul, vraiment je ne pouvais pas. Mais j'ai eu une pensée navrée pour tes petits yeux sensibles, sache-le !)
