Hello ! Merci à tous pour vos si gentilles reviews ! La fin devrait arriver plus vite qu'on ne le pense car on en est à plus de la moitié.
Je pense à rajouter un épilogue... j'en ai envie et j'ai envie de poser les choses un peu pour eux à la fin de cette histoire assez tourmentée.
A Emi : Merci beaucoup pour tes reviews, et pour me suivre dans cette histoire ! ( et les autres ;-) ) ça compte beaucoup pour moi, alors merci.
A Babylon : Merci pour ta review ! Après ton commentaire, j'ai changé le résumé. Je ne suis pas très forte en résumé. Te convient-il comme ça ? Si tu as des conseils, n'hésites pas ! :) Et désolé de te décevoir mais je n'écrirais pas directement la réaction de Snape, disons qu'elles sont semées un peu partout dans la fic.
A tous ceux qui sont intéressés par Blind : Je viens de recevoir mes exemplaires ce matin, et en toute honnêteté, ça n'a pas été facile du tout mais ils sont magnifiques ! Je vais mettre la couverture en photo de profil, intéressés contactez-moi si vous voulez une photo de la couverture/résumé ou simplement pour des infos. C'est une réécriture de ma fanfiction Sheriarty Ne s'aimer que la nuit, que j'ai effacé ( pour des raisons évidentes ) mais si l'un ou l'une d'entre vous voudraient lire la fanfiction originale, je vous l'enverrais par mail ou autre. Vous pouvez me trouver également sur Facebook et Instagram, au même nom, Magali Dequiret ( magali_dequiret sur insta, ainsi que mon compte modèle et mon compte photographe - je suis photographe et écrivaine professionnelle, peintre et modèle à mes heures perdues )
Merci beaucoup pour me soutenir et pour suivre cette histoire ! Si vous aimez Supernatural, restez connectés car une fanfiction Wincest suivra celle-ci.
Severus referma la porte de la chambre derrière lui, comme si Madame Weasley allait le poursuivre dans les escaliers pour lui crier ses quatre vérités. Il se sentait un peu mieux, mais terriblement épuisé. En soupirant, il regarda le lit et Harry allongé sur le dos, immobile et pâle, trop pâle. Si ce n'est la respiration régulière qui soulevait sa poitrine, on aurait pu le croire mort. Il donna un coup de baguette au vieux fauteuil étalé dans un coin qui se posa sagement près du lit et tomba presque évanoui dessus avant de sombrer dans un sommeil lourd et profond.
Il ne sait pas vraiment ce qui le tira du sommeil, c'était un réveil net et lucide, l'instant d'avant, l'instant d'après, le rêve puis la réalité. Dans la chambre claire d'une lumière blanche, pâle et stridente qui allumait le moindre recoin d'ombre, Harry face à lui était toujours allongé sur le lit. Son regard interdit fixé sur lui. Severus eut à peine un frissonnement en s'éveillant, plus un sursaut, comme lorsqu'on est dérangé par un insecte au cœur d'un rêve. L'air pénétra d'un seul coup ses poumons, trop d'un seul coup. Il resta là, dénué d'expression, à regarder Harry qui le regardait. Il y eut comme un instant de flottement, avant qu'une colère froide, brutale et douloureuse ne lui soulève le cœur. Ses yeux s'amincirent, ses lèvres se pressèrent l'une contre l'autre jusqu'à ne former qu'une ligne pâle. La rage soulevait sa poitrine et ses doigts se crispaient autour du vieux cuir des accoudoirs. Harry ne bougeait pas. Ne semblait même pas respirer. Seuls ses yeux, un peu trop luisants, trahissaient peut-être une émotion indéfinissable. Il y eut un long silence. Sans doute était-ce encore l'aube, d'ailleurs, malgré l'heure tardive à laquelle Severus s'était couché. Il devait n'avoir dormi qu'à peine quelques heures, parce que le soleil semblait encore bien bas malgré les nuages qui persisteraient sans doute toute la journée. Pas un seul bruit dans la maison branlante des Weasley. Chacun se réfugiait dans le sommeil pour palier à l'enfer de la vielle. Et eux, ils étaient là, à se dévisager dans un silence presque morbide. Morbide, oui. C'était le mot. Les lèvres de Severus tremblaient, très légèrement. De rage ? Lorsque Harry parla, sa voix était rauque, et étonnamment normale, comme la voix de quelqu'un qui aurait pu mourir ; et n'était pas mort.
- Vous avez envie de me frapper.
Ce n'était pas une accusation, ni une bravade, ni rien de ce genre. Juste une constatation. Neutre. A laquelle Severus ne répondit pas. Ses mains frissonnaient imperceptiblement.
- Vous pouvez, dit seulement Harry, du même ton neutre, sans détourner les yeux.
Pusi il tourna lentement la tête vers le plafond, et alors seulement Severus vit une larme s'écouler simplement, comme si elle était retenue jusqu'alors par l'inclinaison.
- C'est vous qui m'avez ... ?
Il soupira intérieurement, entre le ricanement et le soupir.
- Bien sûr que c'est vous. Comment vous avez su ?
Severus ne répondit pas. Il regarda une larme de plus rouler, sans rien troubler sur ce visage pâle.
- Vous l'avez su. Comme je l'ai su. N'est-ce pas ?
Silence. Harry déglutit.
- Dites quelque chose.
Severus se mordit les lèvres et Harry tourna la tête vers lui pour le dévisager de nouveau. Cette fois-ci, un léger frisson parcouru ses sourcils.
- S'il vous plait, dites quelque chose.
Mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas. Tout, tout ce qu'il avait retenu depuis la veille, tout venait maintenant, maintenant que ces yeux le regardaient et qu'ils auraient pu ne plus jamais le faire. Et tout son être lui hurlait de le lui faire payer. Il avait voulu se taire pour toujours ? Alors, ce n'est que le silence qu'il obtiendrait. Il se leva brusquement, le descendant d'un regard glacial, et se dirigea à pas rapides vers la sortie, quand Harry s'écria "non!" en se levant du lit. Il trébucha à moitié, manqua s'écrouler, se rattrapa à lui et ils se seraient affalés tous les deux contre la porte si Severus ne s'était pas retenu.
Pardon, murmura Potter contre lui, les deux bras passés autour de sa taille - et Severus mit un instant à réaliser que sa voix était dans sa tête, me laisse pas, je t'en supplie, me laisse pas. Je voulais pas te blesser, d'accord ? Je voulais blesser personne. Je voulais juste en finir. Tu comprends ? Juste... en finir. C'est tout.
Severus leva la main, comme pour la mettre sur celles de Potter, se ravisa.
- Lâchez-moi.
Non.
- Lâchez-moi, Potter. Immédiatement.
Il y avait tellement de dégoût dans sa voix. Comme avant, exactement comme avant. Harry s'accrochait - non pas d'ailleurs que Severus ne soit pas amplement capable de se dégager.
Je te lâcherai pas. Jamais.
- Cessez de me parler dans ma tête, Potter !
Je préférais quand tu me parlais dans ma tête. Je préférais quand tu étais mort. Au moins, on pouvait parler. C'était pas toujours facile, mais on y arrivait. Tu te souviens ? Cette sensation. Juste nous deux. Tu me suppliais de continuer. C'était tellement bon.
Severus crispa la mâchoire, serra les points.
- Arrêtez.
Je me rappelle de ta voix, le ton exact que tu avais. Ce n'est pas parce que tu me désirais en particulier. Tu en avais besoin, ça aurait pu être quelqu'un d'autre. Ce n'est pas grave, je t'en veux pas, tu en avais besoin, et moi aussi, j'en avais besoin. Je veux juste te faire du bien, Severus. D'accord ? C'est tout ce que je veux. Te faire du bien. Tu penses que tu ne le mérites pas ? Que je me moque de toi ?
Il y eut un silence, un douloureux silence.
- Dernière chance, Potter.
Dernière chance de quoi ? De survivre ? Tu es le seul être en ce monde de qui je ne craindrais jamais rien. Je n'ai pas peur de toi, Severus. C'est dingue, je sais que c'est dingue. Tu sais bien que je l'ai pensé, que je t'ai haït, tu l'as vu dans ma tête, et j'en suis désolé, tellement désolé. Mais ça a changé. Tu ne peux pas dire que pour toi non plus, ça n'a pas changé. Je ne te croirais pas. Je t'ai vu tel que tu étais, tu m'as laissé te voir comme ça. Tu m'as laissé prendre soin de toi, tu m'as laissé t'enjamber et te faire jouir. Tu le voulais et tu en avais besoin. C'est ce à quoi je pense tous les soirs. Je revois ton visage, je t'entends gémir, je sens encore ton sexe dur frotter contre le mien, et je me touche jusqu'à en avoir mal. Moi aussi, j'ai peur. J'ai peur mais j'y peux rien. C'est toi et personne d'autre.
Severus demeura longuement à fixer la porte devant lui, parfaitement inaccessible.
Vous n'aurez jamais rien à craindre de moi, Potter.
Et sans rien ajouter, il se dégagea et sortit de la pièce. Harry tomba à quatre pattes sur le plancher. "Vous n'aurez jamais rien à craindre de moi, Potter." Vous.
Les jours, puis les semaines passèrent. Il régnait au terrier comme un calme insupportable, comme si personne n'osait vraiment lui parler. Ginny l'évitait consciencieusement, Madame Weasley l'entourait deux fois plus qu'avant et Ron et Hermione, tout en prudence, faisaient comme si rien ne s'était passé. Un jour, deux semaines après sa tentative de suicide, Harry fit sa valise, remercia tout le monde et sans donner plus d'explications que ça, s'en alla. Il retourna au seul endroit (provisoire et familier ) auquel il pensa, c'est à dire le chaudron baveur. Il paya une chambre, sans même savoir s'il y resterait la nuit suivante. Étalé sur le lit, dans cette chambre impersonnelle et vide de toute présence, il fixa le plafond avant de se recroqueviller sur lui même, l'esprit vide. Vide. Ca faisait longtemps, maintenant, qu'il se sentait vide. Pris d'une soudaine impulsion, il s'empara d'un parchemin, de sa plume et écrivit :
Severus, je suis parti de chez les Weasley. Je ne sais pas où je vais aller ensuite. Je n'ai pas envie de reprendre Poudlard, je ne sais même pas si tu y es, toi. Je ne pense pas. Peut-être n'as-tu pas envie de te confronter à tout ça. De supporter les regards, d'être encore entre ces murs qui ont tant vu, et en même temps où aller d'autre... n'est-ce pas ? Est-ce que comme moi, tu te sens aussi vide ? C'est comme si tout était sans importance. Moi, je me sens vide. Et ta présence dans mes rêves me manque. Même t'entendre me hurler après me manque. Mais je suis trop triste pour fantasmer ta voix langoureuse et âpre cingler mon nom de cette façon si particulière dont seul toi a le secret. Je ne sais pas quoi faire. Tu es mon ultime ancrage. Je me sens tellement seul. Pourquoi m'as-tu sauvé, si c'est pour me garder dans le silence ?
Il resta là, sceptique face à son parchemin. Finalement, il le laissa ouvert sur le bureau et alla sa coucher sans même regarder l'heure, sans même manger.
Il était plus de midi, 12:13 exactement, lorsque des coups nets et rapides à la porte le réveillèrent d'un seul coup. Ca faisait trois jours - ou quatre ? - qu'il était ici. Après un sommeil lourd, profond et épuisant, qui ressemblait à un coma, Harry sursauta violemment en se levant du lit et pris de vertige, s'écroula par terre. Lorsqu'il voulut dire "oui", seul un croassement sortit de sa bouche et il s'éclaircit la gorge avant de lancer à voix haute :
- Oui, j'arrive !
Il se précipita au travers de la pièce, torse nu, les cheveux en bataille, les yeux gonflés par le sommeil et les larmes, ouvrit violemment la porte en se préparant à lancer une tirade d'insultes et...
- ... Professeur Mcgonagall ?!
- Potter, salua la femme d'un air parfaitement neutre malgré le regard scrutateur qu'elle lui lança en guise d'inspection. Est-ce que je peux rentrer ?
Il baissa les yeux et s'écarta pour laisser la femme rentrer dans la pièce. Elle eut la gentillesse de ne faire aucun commentaire sur l'état de la chambre, la valise à moitié défaite, le bordel monstrueux. Fermant la porte derrière lui en regardant la femme, de dos, droite, les mains croisées devant elle, inspecter les rideaux fermés, il haussa les épaules et éclata d'un rire nerveux.
- Vous vous dites qu'Harry Potter est tombé bien bas, c'est ça ?
Elle se tourna lentement vers lui alors qu'il s'asseyait sur le bord du lit comme un enfant prit en faute, n'osant lever les yeux. Inutile de chercher à ranger, à refaire le lit ou à aérer. de toute façon, quelle importance ? Elle avait déjà tout vu.
- Potter, dit-elle d'un ton bien différent, presque tendre et en même temps contenu.
Il se mordit les lèvres. Elle n'était pas rentrée depuis à peine une minute, ils ne s'étaient même pas dit bonjour, et il était incapable de la regarder.
- Pardonnez-moi, je...
- Taisez-vous, le coupa-t-elle d'un ton sec en lançant quelques petits coups de baguette à travers la pièce.
Les rideaux s'ouvrirent, les fenêtres aussi, les vêtements rangés dans la valise et le lit fait.
- Je vous attends en bas pour déjeuner. Lavez-vous, habillez-vous et descendez.
Harry descendit au chaudron baveur après une bonne douche, le plus correctement habillé qu'il le put. Au moins, propre - comme si ça pouvait changer les choses. Il s'assit en face de la directrice de Poudlard, mal à l'aise. Le dévisageant d'un air sévère, elle força devant lui un verre de jus de citrouille, du thé, un grand bol de porridge et des taots.
- Mangez.
Il ne se fit pas prier. A vrai dire, il était mort de faim, et de fatigue, et n'avait pas la force de lutter contre quoi que ce soit. Elle attendit qu'il cesse d'avaler à toute vitesses les premières cuillères - en vérité, la moitié de son bol - pour prendre la parole. Elle-même buvait tranquillement son thé aromatisé d'un nuage de lait.
- Bon, Potter. Quel est le problème avec le professeur Snape ?
Il faillit s'étouffer avec son porridge et but une gorgée de jus de citrouille en lançant un coup d'oeil affolé à la femme. Par Merlin, on ne peut pas dire qu'elle y allait par quatre chemins.
- Mon problème avec le professeur Snape ? Répéta-t-il, feignant parfaitement l'incrédulité - à vrai dire, la surprise en soi qu'elle lui pose cette question aussi directement était telle qu'il n'avait pas vraiment besoin de feindre quoi que ce soit.
Elle poussa un court soupir agacé.
- Ne vous avisez pas de jouer à ça avec moi, Potter ! Si vous estimez encore que me mentir est la meilleure solution, alors je en vois pas ce que je fais encore ici, à essayer de vous nourrir comme un enfant de trois ans qui refuse de manger !
Gêné, Harry jeta un bref regard aux alentours. Il n'y avait presque personne sur les tables et la plupart s'en moquaient, mais les yeux, au comptoir, le scrutaient intensément. Il soupira, fixant obstinément les toasts dans l'assiette qu'il se mit à triturer du bout des doigts, toute envie de manger à présent envolée.
- Est-ce que vous en aviez quelque chose à faire, de la vérité, quand j'étais chez les Dursley ?
C'était sorti tout seul, plus sincère, plus froidement qu'il l'aurait voulu. Il y eut un silence, un mouvement léger de la part de Mcgonagall. Il ne la vit pas cligner plusieurs fois des paupières, ses lèvres se serrant imperceptiblement et ses mains se crispant autour de la hanse de sa tasse.
- Potter... commença-t-elle d'une voix hésitante.
Revêche, il releva la tête vers elle, toute gêne envolée. C'était encore là, palpitant, presque jamais apparent, mais il suffisait que quelqu'un veuille s'approcher trop près, et là, la rage faisait surface. De plus en plus vive au fur et à mesure des années. Intense, à présent que tout était terminé. Peut-être parce qu'il leur en voulait, de s'approcher trop près, quand ils ne l'avaient pas fait. C'était le deal implicite depuis toutes ces années : ne rien dire, dire que tout allait bien, toujours mentir, parce qu'il était seul. Ils le savaient, au fond de lui Harry le savait. Ils étaient au courant. Mais il ne pouvait rien faire alors, le deal était de se taire. Mais un jour, est-ce un jour précis d'ailleurs, Harry avait réalisé qu'ils auraient pu faire quelque chose. Et que ne rien faire avait été un choix.
- Ils ne me frappaient pas, la coupa-t-il d'un ton neutre, comme s'il parlait des résultats de quiddich, en tout cas, pas Vernon ni Pétunia. Dudley, ça lui arrivait souvent. En fait, je lui ai servi de punching-ball pendant toute mon enfance. Vous savez que j'ai grandi dans un placard ? Dumbledore vous l'avez dit, non, puisque c'était marqué sur l'enveloppe qu'il m'avait envoyé ? Puis ils m'ont enfermé dans la chambre, enfin la deuxième chambre de Dudley, vous savez, ils n'avaient pas trop le choix faut dire, après ce que je sois officiellement devenu un monstre dangereux en rentrant à Poudlard. Ils avaient construit tout un système de verrous, et des barreaux aux fenêtres, et une trappe aussi, un truc ingénieux, un peu comme pour les animaux, par laquelle ils me donnaient à manger, parfois, quand ça leur chantait, une fois par jour si j'avais de la chance. Je gardais mes gâteaux d'anniversaire que m'envoyait la mère de Ron sous une latte de plancher pour pouvoir manger en cachette. Ca c'est quand j'étais puni et j'étais puni la plupart du temps, sinon, je pouvais sortir pour faire le ménage, et le jardinage, et la maison complète et quand j'avais terminé je pouvais manger un peu si j'avais bien fait mon boulot. Quand ils invitaient des gens, je devais rester enfermé là haut, à... c'est quoi, déjà ? Ah, oui. Faire comme si je n'existais pas. Je devais le répéter devant eux, vous le saviez ? Je serais dans ma chambre, et je ferais comme si je n'existais pas.
Elle était là, figée, impassible, et il ne détournait pas le regard du sien. Il enchaîna avant qu'elle puisse prendre la parole.
- En fait, avant de rencontrer la mère de Ron, personne ne m'avait jamais pris dans les bras. C'est presque amusant, dit comme ça, ça parait impossible, hein ? Mais c'est la vérité. Personne ne m'avait jamais touché avec autrement que du dégoût avant d'arriver à Poudlard. Et après... après je suis devenu une sorte de célébrité et finalement, j'étais encore un monstre, un truc incompréhensible qu'on ne peut pas toucher. Est-ce que vous étiez au courant, professeur ? Je veux savoir. Est-ce que vous étiez au courant ?
Elle le dévisageait, droite, livide et interdite. Ses yeux clairs prisonniers des yeux verts, furieux et assassins.
- Je... j'ai... j'ai moi-même observé les Dursley, avant de vous y envoyer. J'avais fortement déconseillé à Albus de vous mettre là-bas, je n'ai pas réussi à le convaincre et...
- Et c'était à lui de prendre les décisions, alors vous n'avez pas insisté. M'espionnez-vous, professeur, pendant toutes ces années ? Vous, ou quelqu'un d'autre, Mrs Fidge vous tenait au courant, n'est-ce pas ?
Elle le regarda intensément, avec tendresse, pendant quelques instants.
- Oui, Potter, j'étais au courant. Pas de tout, mais, j'étais au courant.
Il eut une sorte de rire en baissant aussitôt la tête, ne pouvant retenir la brûlure qui lui piqua le nez jusqu'à ce que l'humidité envahisse ses yeux. Son poing sur la table se serra. Il releva la tête, le visage froid, les yeux humides.
- Alors, j'emmerde le professeur Snape. Je vous emmerde, si vous croyez que je vous dois une seule vérité, qu'est-ce que vous voulez savoir, exactement ? A quel point Harry Potter est devenu un dépravé ? A quel point le survivant est pathétiquement tombé amoureux de la seule et unique ignoble chauve-souris des cachots ? Demandez-lui vous-même.
Sa vulgarité ne la fit même pas sursauter. Elle était blanche, et parfaitement immobile.
- Merci pour le déjeuner, professeur, mais je n'ai pas faim.
Sur ce, il se leva brusquement pour courir presque vers les escaliers, tant son pas était sec et rapide. A présent, tous les regards étaient tournés vers lui, mais il s'en moquait.
- Potter ! S'écria Mcgonagall en se dressant sur sa chaise. Harry !
Elle se leva prestement et le poursuivit dans les escaliers. Il ouvrait la porte lorsque la femme, d'un coup de baguette sec, la referma violemment, le temps de parcourir d'un pas furieux les quelques mètres qui les séparaient. Alors, adossé contre la porte, Harry sentit ses yeux se remplir de larmes et son visage changer. Et l'instant d'après, sans qu'il ne comprenne pourquoi, il était dans les bras de la femme. Et ses pleurs redoublèrent d'un seul coup. Elle lança un discret sort de silence autour d'eux, en l'étreignant comme il n'avait jamais pensé qu'elle était capable de le faire. Et il enfouit son visage sur l'épaule de la femme, secoué par les spasmes.
- Vous allez venir avec moi, Harry. A Poudlard. Vous y serez bien mieux qu'ici.
Il secoua la tête.
- Non, non, non, répéta-t-il nerveusement en reculant contre la porte. Non, ajouta-t-il plus calmement en regardant la femme droit dans les yeux.
C'est trop tard, lisait-on sur son visage. Elle ouvrit la bouche, la referma.
- Pardonnez-moi, Harry, dit-elle seulement, d'un souffle bas.
Il hocha la tête, se mordit les lèvres, et ouvrit la porte avant de la refermer derrière lui, laissant la femme immobile dans le couloir.
Petites questions pour vous les ami(e)s, vos avis m'intéressent : que pensez-vous du professeur Mcgonagall ? Je l'ai toujours adoré, véritablement, je la trouve très sensible, très touchante et maternelle comme femme malgré les apparences. Elle me fait beaucoup pensé à ma professeur de Reportage, Madame Plenus ( la femme d'un des frères Dardenne si vous connaissez ).
Et pourquoi aimez-vous le Snarry ?
Belle fin de journée !
