Hey tout le monde !

Bon déjà : désolé pour l'immense retard de cette publication ... J'aimerai bien dire que c'est uniquement à cause des partiels (bon certes ils m'ont pris pas mal de temps en mai mais tout va bien de ce côté (d'ailleurs j'espère que vous aussi tous les examens, bac, brevet, concours etc ... se sont bien passés ^^)) mais je dois avouer que le fait de m'être fixé une date m'a bloqué et je n'arrivais pas à m'y mettre. Au final, je l'ai écrit en quelques jours à tête plus reposée. Donc, l'information à retenir de mon blabla un peu trop long est : je préfère ne pas fixer de date de sortie pour les prochains chapitres, afin d'être davantage efficace et d'y prendre toujours autant plaisir.

Bien, après ce point quelque peu long, je vous souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! En tout cas, et ce, comme à chaque fois, je tiens à vous remercier de votre soutien et d'être aussi nombreux à me lire :) !


Chapitre 7 :

- Ce soir ?

- Je croyais que vous n'aviez pas de temps à perdre. De plus, tant que vous vous restreignez aux altercations verbales pendant les deux jours qui arrivent, vous pourrez de nouveau menacer votre médecin par la suite, ironisa Sakura

- Peut être que le médecin en question, se montrera plus combatif cette fois, répliqua son interlocuteur, un sourire en coin

- Il aurait été déloyal de se battre contre un patient, et puis je ne voudrais pas devoir vous remettre dans un lit aussi rapidement, lança-t'-elle taquine.

- Mesurez vos propos, ils frisent l'indécence, dit le jeune homme, le ton faussement réprobateur.

Touché ! La jeune fille fronça les sourcils imperceptiblement avant de briser leur échange visuel, réalisant le sous-entendu de ses propres paroles. Les joues empourprées de la guérisseuse, firent sourire intérieurement son vis-à-vis. Sakura avait beau avoir un certain répondant, à chaque fois qu'il était question de leur proximité, physique ou hypothétique, sa gêne était tangiblement manifeste, au plus grand amusement du stratège. De ce fait, il était aisé pour ce dernier de tourner la conversation à son avantage, chose qu'il n'hésitait pas à faire.

Mais, était-ce aussi la raison pour laquelle, le bord de ses lèvres se relevaient légèrement, malgré la situation ? Il faut dire que cette jeune fille possédait un don rare : celui de le sortir de ses pensées les plus obscures, dans des contextes difficiles. En sa compagnie, le monde paraissait moins sombre, comme si un chemin alternatif était possible, une route pavée de vert et de lumière à travers les ténèbres sanglants des instincts humains. Cette voie si lumineuse, si éblouissante, qu'elle en devient invisible, pour ceux dont l'espoir a cessé de scintiller dans leurs rétines, aveugles désormais à la beauté de ce monde, à son autre face immaculée. Parfois, le jeune homme avait l'impression que ce n'était plus lui et son analyse rationnelle qui le guidait, mais bien ces pupilles émeraude et les vérités qu'elles dissimulaient.

Dans ces moments, croire devenait presque une évidence. Croire que tout s'arrangerait, croire que le monde connaîtrait la paix, croire que son aîné n'avait pas cessé de caresser son rêve utopiste, croire que la confiance entre les deux chefs du clan Senju était intacte de toutes duperies... La liste ne cessait de s'allonger dans son esprit, mais un élément se fit plus retentissant que les autres, comme attendant d'être découvert. Un à un, les mots se formèrent malgré lui dans son esprit : « Croire, que tu puisses réellement changer les choses ... ».

Peut être qu'elle y parviendra effectivement, en tout cas, il ne pouvait nier le bienfait de sa présence à ses côtés, comme le témoignait l'allégresse emplissant sa poitrine, en cet instant.

- Sakura, (il attira son attention sur lui de nouveau) pouvez-vous finir l'auscultation, je pense qu'un médecin se doit de terminer ce qu'il a commencé, comme tout shinobi. Et puis, je présume que l'on a chacun des affaires nécessitant toute notre vigilance, suggéra Tobirama, un regard entendu.

Derrière la simplicité de ces propos, le jeune homme réaffirmait sa considération à l'égard de ses capacités de guérisseuse, ainsi que l'acceptation de son plan farfelu. Ce qui n'échappa pas à son interlocutrice.

- Très bien, installez vous, déclara-t'elle doctement.


Après avoir confirmé l'évolution favorable de son état, Sakura était partie jovialement, en lui suggérant qu'elle « s'occupait de tout ». Cette dernière locution l'avait rendu sceptique. Connaissant la jeune fille, et son inconstance, toute prédiction serait, à juste titre, hasardeuse. Certes imaginer les hypothèses qui étaient à même de surgir de l'esprit de la furie rosée pourrait détourner le sien de préoccupations plus urgentes, mais ce ne serait juste qu'un énième moyen de garder le contrôle sur une situation qui tendait de plus en plus à échapper à son emprise. Tobirama s'en rendait bien compte. D'une part, il ne parviendrait pas à protéger son clan seul, d'autre part la jeune fille avait su imposer finement son empreinte dans ses tactiques, voire même d'en devenir elle même, l'ingénieure. En lui laissant cette place, ne compromettait-il pas sa propre intégrité vis à vis de son enquête sur elle ? Pouvait-il dire à ce stade que leur relation se limitait à une simple investigation ? C'est sur ces réflexions, déjà présentes depuis quelques jours, que le jeune homme sortit de l'infirmerie, à la recherche des deux veilleurs de nuit.

Le soleil avait déjà imposé son rayonnement aux habitants du cantonnement Senju. Ça et là, la vie fourmillait dans le camp. Avec l'arrivée prochaine de l'hiver et le contexte de guerre, il fallait être prévoyant sur les stocks alimentaires. En conséquence de quoi, chacun vaquait à ses occupations : certains se préparaient au combat, quand d'autres tentaient de prolonger la vie de leurs congénères, anticipant le nécessaire pour la survie de tous.

Tobirama jeta un coup d'œil vers le terrain d'entraînement et les enfants du clan, s'affrontant. Grâce à Hashirama et à leurs parcours, une initiation aux arts du combat pour les plus jeunes avait été mise en place. Ainsi, un âge légitime et une formation suffisante étaient requis pour figurer parmi les shinobis Senju. Cette décision, bien qu'humaniste et précoce lors de l'accession au pouvoir d'Hashirama, avait suscité en premier lieu de vives réactions d'opposition ...


Quelques années plus tôt :

- Vous dépossédez le clan de nombreux guerriers ! Réagit l'un des plus proches subalternes du défunt Butsuma, Ryusei. De ce fait, vous leur retirez l'opportunité de devenir des hommes et de gagner le respect de leurs paires. Votre père n'aurait jamais approuvé une telle décision !

- Les Uchiwa, eux, ne se priveront pas ! Ils vont nous déborder ! Déjà qu'avec leurs pupilles, ils ont un certain avantage, vous voulez vraiment mener ce clan à sa déchéance ! S'exclama un autre guerrier dans le rassemblement.

Les protestations fusaient, se déversant contre le nouveau chef, en un flot continu de réprimandes :

- Ça suffit ! Coupa Tobirama. En instaurant ce cadre, Hashirama pense à tous ceux qui sont tombés inutilement ! Vous n'êtes pas sans savoir que beaucoup étaient très jeunes. Pour certains, il s'agissait de vos enfants, de vos frères. Envoyez des guerriers non préparés et conséquemment, perdre les shinobis devant assurer la relève, n'est une stratégie polémologique viable. Une guerre ne se gagne pas, avec ce genre de plan à court terme. Au stade où nous en sommes, il faut voir plus loin, réfléchir à de nouvelles perspectives. C'est justement ce que fait notre chef ! (Il insista sur ces derniers mots, laissant planer l'idée sous-jacente du respect qui est normalement dû, au détenteur de ce titre)

- J'ai entendu dire que vous aviez entretenu des relations amicales avec l'un d'entre eux dans le passé, changea de sujet Ryusei. Cela pourrait expliquer vos décisions à l'encontre de notre intérêt, lança t'il avec méfiance.

- Vous avez passé un marché avec l'ennemi ?! S'exclama une voix dans la foule.

Le brouhaha repartit de plus belle, chacun se laissant aller à ses théories complotistes au sujet du nouveau commandant. Le jeune frère du chef s'apprêtait à reprendre la parole, à défendre son aîné de toutes les calomnies s'élevant dans l'auditoire, mais le brun posa une main chaleureuse sur son épaule, armé de son regard brûlant d'espoir et de détermination. Le chef des Senju s'avança au milieu de l'assemblée.

- Tu as raison Ryusei. Effectivement, j'ai connu un Uchiwa, en qui j'ai trouvé un ami.

Cette phrase sidéra le public, redevenu silencieux, dans une attente zélée, des arguments de leur meneur. Tobirama lui même resta interdit face à la sincère mais, à son sens, stupide révélation de son frère. Toutefois, Hashirama était le leader à présent, c'était à lui de prendre les décisions, peu importe l'appui que son cadet lui offrait : il portait le clan sur ses épaules aux yeux de tous, alliés comme ennemis. Sa réputation en tant que guerrier émérite était déjà acquise, toutefois diriger un groupe était une tout autre affaire. Au plus grand regret du stratège, c'était quelque chose que son frère se devait de découvrir par lui même.

- Je ne savais pas son nom de famille à l'époque, c'était la règle. Mais nous n'échangions pas seulement des coups, mais aussi des idées. C'est là que j'ai réalisé, qu'il y'avait un autre enfant assez fou pour partager cette aspiration commune à la paix. Celle que je nourrissais depuis mon plus jeune âge. Tu peux me dire Ryusei, pourquoi ce sont des enfants qui évoquent l'éventualité d'une entente entre tous les clans ?

- C'est simple, vous n'aviez pas conscience de la réalité des choses, votre père …

- Pas la conscience des choses …, l'interrompit-il le visage sombre. J'ai perdu deux de mes frères ! S'insurgea le jeune homme à la peau hâlée. Non, vous avez juste perdu de vue ce qui est important. Pourquoi mener un conflit ? A quel dessein ? En fin de compte, ce que tout le monde souhaite c'est vivre sereinement, voir grandir ses enfants.

- Voir leurs enfants grandir, près des nôtres ?! Ils sont bien trop différents pour que cela arrive dans cette réalité, quoi que vous en disiez … chef, se rebiffa son opposant, particulièrement acide sur le dernier mot.

- La vérité, ce n'est pas tant que nos différences nous séparent de façon irrémédiable, mais l'obstination de vouloir imposer un mode de vie différent sans comprendre les rites de chacun des parties. Alors pourquoi ne pas tous les accepter, se regrouper autour de valeurs que nous partageons, sans pour autant abandonner ce qui fait l'identité de notre clan ? Tu as parlé de mon père tout à l'heure. Tu le connaissais assez pour savoir, que pour lui, envoyer ses enfants au combat était une forme de respect pour l'adversaire. Il supposait donc que l'ennemi était aussi capable de respect. Il me semble que c'est une des qualités premières dans un clan. Pourquoi pas dans un village ? Avoir des talents divers n'est pas une tare, au contraire, c'est un des fondements de l'humanité.

- De ce fait, vous ne croyez pas qu'en retirant les enfants de nos troupes, les Uchiwa se sentiront insultés, se défendit l'ancien subordonné de Butsuma.

- Non. Je crois que c'est la situation actuelle qui est un manque de respect autant envers nos adversaires, qu'envers nous même, Ryusei.

- La guerre ne se gagne pas avec des idéaux inatteignables, dédaigna le plus âgé.

- La paix ne se conserve pas sans eux, non plus, répliqua fermement Hashirama.

- Toujours et encore la paix ? L'avez-vous seulement connu ? Est ce qu'un seul d'entre nous ici l'a un jour connu, cette récompense avec laquelle vous tentez de nous appâter ? Nous sommes des guerriers, c'est dans notre sang !

- Notre sang devrait rester dans nos veines, et non se répandre inutilement sur le sol ! Déplora énergiquement le brun.

Le jeune chef ferma les yeux, et passa sa main sur son visage hâlé. A la surprise de son opposant, son regard se fit plus doux malgré le feu brûlant dans ses prunelles sombres.

- C'est vrai, je n'ai pas connu la paix, et je doute que quelqu'un ici ne l'ait effectivement connue. Toutefois, tu as tort sur un point. Tout comme l'air que tu respires t'est indispensable, les soubassements d'un monde civilisé ne tiennent qu'à cette condition fondamentale. La paix n'est pas une récompense, c'est un droit.

Ryusei resta pantois quelques instants, le calme imprégnant l'assemblée, face à la ténacité inébranlable de leur leader. En cet instant, Tobirama jurerait pouvoir sentir la détermination de son aîné le soutenir, le porter, embrasant son cœur. Une volonté inaltérable, aussi inarrêtable qu'un incendie : une volonté de feu.


C'est auprès des deux gardes en poste que Tobirama commença son investigation. Une demande frontale pourrait s'avérer néfaste, si, eux aussi, avaient été mis dans une quelconque confidence, comme le soupçonnait le frère d'Hashirama. A son approche, ces deux subalternes ne paraissaient, ni étonnés, ni paniqués comme leur prédécesseurs.

- Chef, s'inclina le premier, suivi de son partenaire.

- Rien à signaler ?

- Non, la journée commence plutôt tranquillement, je dois dire.

- Je vois. Avez-vous noté des déplacements suspects de Sakura ?

Ses interlocuteurs échangèrent un regard surpris.

- Bien, nous l'avons vu traverser le campement tôt ce matin en direction de la rivière sud.

- Et avant cela, avez-vous noté d'autres allées et venues ? Continua leur chef, le regard perçant

- C'est à dire euh ... Nous venions de prendre nos postes, chef, ajouta le plus petit des deux, visiblement embarrassé par son incapacité à répondre.

- Les roulements ne s'effectuent pas plus tard ? Releva-t'-il simplement.

- Si, mais ... Reichi et Nagame ont dû s'absenter. Ils semblaient pressés et nous on dit qu'il fallait qu'ils parlent de toute urgence à votre frère. Je ne sais pas de quoi il s'agissait, mais je les connais, ils n'auraient jamais quitté leurs postes sans impératifs, défendit le plus grand, comme pour se racheter de la révélation potentiellement embarrassante pour ses coéquipiers.

- Très bien.

- Ils … ils ne vont pas avoir de problèmes ?

- Si leur raison est justifiée et qu'ils se sont assurés de ne pas laisser leurs postes vacants, je ne vois pas de raisons valables pour que ce soit le cas. Toutefois, j'aimerai m'adresser directement à eux, pour éclaircir certains points.

- Bien sûr. Ils doivent sans doute se reposer à la tour de garde, répondit prestement le plus petit des veilleurs.

Après un rapide signe de tête, le stratège s'éloigna, d'une allure assurée mais non pressée, ne voulant éveiller les soupçons de ses subalternes. Nagame et Reichi étaient-ils partis le prévenir de quelque chose ou avaient-ils vu quelque chose ? En somme, quelle était la véritable raison de leurs déplacements ?

Il arriva au lieu indiqué et trouva sans peine l'un des deux informateurs potentiels, se dirigeant vers le réfectoire.

- Nagame, l'interpella-t'il.

L'intéressé à la queue de cheval châtain, se retourna, ses yeux bleus azure légèrement surpris. Ce dernier s'avança à la rencontre de son interlocuteur. Tobirama, lui fit un signe de tête, manifestant sa volonté de trouver un endroit moins sujet au passage pour discuter.

- Pour quelle raison t'es-tu absenté de ton poste ce matin ?

- Votre frère nous avait demandé de le tenir informé immédiatement, sans faute, dès que vous seriez réveillé, répondit ce dernier comme s'il s'agissait d'une évidence.

- Pour quels motifs ?

- Je l'ignore. Il a nous donné cet ordre avant de s'absenter. Je n'ai pas cherché à discuter les ordres du chef, ajouta posément le jeune homme à ma queue de cheval.

- D'accord, et lorsque vous êtes arrivé jusqu'à lui, avez-vous remarqué quelque chose de suspect dans les environs ? Interrogea Tobirama

- C'est à un de ses clones, que nous devions transmettre l'information. Nous ne l'avons pas vu directement, mais ne vous en faites pas, notre chef n'est pas du genre à se laisser faire s'il y'avait eu du grabuge _souligna ce dernier d'un regard entendu, en connaissance réciproque des compétences du possesseur du Mokuton_. Je pense qu'il souhaitait surtout ne pas vous inquiéter, pendant votre rétablissement.

- C'est ce qu'il vous a dit ?

- Non pas directement, mais j'ai bien vu qu'il se tracassait à votre sujet. Vous savez, quand on vous a ramené au camp l'autre soir, cela m'a rappelé la seule fois où je l'avais observé aussi tendu et anxieux : après l'attaque dans la forêt. Je peux facilement comprendre la volonté de protéger son cadet. Aïko est ma seule famille, et je ferai tout pour qu'il soit sain et sauf.

Son subordonné s'arrêta de lui même quand il aperçut une lueur d'agacement dans les yeux carmins de son supérieur.

- Reichi est reparti patrouiller, mais nous étions ensemble quand Maître Hashirama* nous a donné cet ordre, avant qu'il ne s'éclipse.

- Bien.

- Maître Tobirama* _ il prit un ton très solennel_ ce n'est pas simplement parce que vous êtes le frère cadet de notre chef, que pour les hommes, vous êtes notre second légitime. Vos actes parlent d'eux même, lien fraternel ou non, ajouta Nagame, d'un ton les plus sérieux.

Son supérieur le fixa quelques instants, avant d'incliner légèrement la tête et de s'en aller. Nagame ne faisait pourtant pas parti des hommes, l'ayant suivi avec Sakura à la recherche d'Hashirama, mais il le savait fin observateur. Ce n'était pas pour rien que ce dernier était un élément moteur de leur contingent, et qu'Hashirama lui confiait aisément des missions parfois délicates, tant au niveau diplomatique, que tactique. Tobirama savait de ce fait que, si Nagame avait eu vent d'informations privées, que ce soit directement ou non, par le brun, il ne les lui partagerait uniquement que si celles-là mettaient en péril le clan. Toutefois, l'homme aux yeux azures, en signe respect et de loyauté à sa position de second, s'assurait tout de même, en suggérant subtilement des éléments qui puisse lui permettre de trouver des réponses, de remonter le fil, si nécessaire. En lui donnant les informations brutes de cette façon, cela pouvait lui permettre de s'en servir, sans se trahir, si Tobirama voulait bluffer.

Par ailleurs, c'est aussi pour cette raison que Reichi, davantage impulsif, serait peut être plus à même de le renseigner rapidement. Il ne voulait écarter aucune hypothèse, et Nagame s'en doutait, raison pour laquelle il lui avait précisé, sans en avoir reçu la demande, l'emplacement de Reichi. Bien qu'à vérifier, le détenteur nacrée du Suiton, savait pour le moment, qu'une confrontation avec son frère serait l'option hypothétiquement la plus fructueuse. Finalement, le fait que la furie rose ait orchestré son plan saugrenue pour la fin de journée allait peut être débloquer les choses. En repensant à ce fameux stratagème, Tobirama se dit qu'il devait vraiment être à court d'idée pour laisser la shinobi rose prendre les choses en main, exaspéré de laisser les commandes à un tiers. Toutefois, les commissures de ses lèvres se redressèrent légèrement, en revoyant l'air enjoué de la jeune fille avant qu'elle ne le laisse plus tôt dans la journée. Fiasco ou non, c'est parfois par les chemins détournés, que se trouvaient les réponses escomptées.


D'abord mal à l'aise, Tobirama observa avec un calme monacal la scène incongrue se déroulant devant lui. Son frère aîné et Sakura, un verre à la main, le sixième cela dit en passant, rigolaient en cœur, de certains souvenirs du plus vieux. Vérité ou mensonge, Sakura évoqua par moment, des épisodes passés, tournant essentiellement autour de son maître, qui semblait être un sacré phénomène. En tout cas, la jeune fille ne tarissait pas d'éloge quand, à chaque fois, sa voix fluette se faisait entendre.

Tobirama savait qu'il devait se montrer patient : six verres ne suffiraient pas à mettre le chef des Senju dans un état de confiance avancé. En effet, le benjamin aurait pu supporter le tapage des deux spécimens devant lui encore quelques temps, s'ils en étaient restés à leurs conversations superficielles, sans le mêler. C'est ainsi qu'Hashirama commença à raconter en large et en travers, l'apprentissage et le talent certain de son cadet en matière de combat.

- Ah c'est vrai, que vous aviez déjà eu l'occasion de le voir à l'œuvre ! Je suis sûr qu'il vous aurait épaté même plus jeune. Je dois avouer que tes capacités sensorielles et ton Suiton, faisaient déjà ta force à l'époque, Tobi. Même, si tu avais aussi un sacré caractère !

- Justement je me demandais, commença Sakura jeta un regard complice à son partenaire de beuverie, il a toujours été aussi sérieux ?

- Ah ça … souffla le brun en levant les yeux aux ciel. D'ailleurs, je pense que c'est une des raison pour lesquelles, je ne l'ai jamais vu avec une fille, rigola le parieur compulsif.

- Hashirama ! Je ne vois pas en quoi cela te concerne pour commencer, lança son frère, acerbe. Ensuite, il fallait bien quelqu'un pour écouter notre père et éviter que tu fasses n'importe quoi !

- Bien, bien, j'analyse seulement la situation, le taquina-t'-il en levant les mains devant lui.

- Tu n'analyses pas, tu divagues complètement. Je serai tenté de dire que c'est à cause de l'alcool, mais je mentirai en blâmant une cause extérieur à ton comportement habituel, répliqua le plus jeune les bras croisées sur la poitrine.

- Mais toi tu n'as pas encore bu, donc je te propose de me montrer que je me trompe, insista le brun, une lueur étrange dans les yeux.

Tobirama comprit enfin où son frère voulait en venir avec cette comédie. Évidemment que son homologue ne le lâchera pas si facilement. Il est vrai que ses fréquentations avec la gente féminine se trouvaient limitées au cadre strict de sa vie de shinobi. En effet, il n'allait pas de lui même chercher leur compagnie pour d'autres aspects, qu'il considérait comme une perte de temps, bien que la question de la descendance du clan Senju puisse se poser. Sa remarque sur la guérisseuse, plus tôt dans la journée, en était la démonstration. Son idiot de frère a donc vu en cette occasion, un rapprochement potentiel entre lui et la furie rose.

S'emporter ne serait pas la solution, surtout qu'il risquerait de se trahir sur son véritable ressenti du contexte actuel. Le but était de gagner du temps pour Sakura, après il pourrait prétexter un élan impulsif quitte à les laisser quelques temps tous les deux. Il pourra revenir une fois que son frère sera davantage en état d'être coopératif sur le sujet qui le préoccupait.

- Les paris sont ta spécialité, pas la mienne. Je n'ai pas besoin de prouver quoi que ce soit, répliqua le stratège, d'un ton se voulant calme.

- C'est vrai, concéda le chef du clan, pourtant je pense que tu cherches tout de même à te prouver quelque chose, sous-entendu Hashirama

- Qu'est ce que c'est censé vouloir dire ? Répondit son vis-à vis à la peau nacrée.

Les deux Senju se regardèrent en chiens de faïence quelques instants, un silence de plomb renforçant l'atmosphère déjà alourdie par la remarque du brun.

- Rien, de plus, que ce dont ça à l'air.

- Ça suffit avec tes insinuations ! Viens-en aux faits Hashirama !

Sur l'instant, malgré toutes les précautions mentales que le shinobi argenté avait pu prendre pour ne pas sortir de ses gonds, il ne fallu au final que peu d'incitations pour cela se produise effectivement. Il faut dire qu'Hashirama savait y faire, surtout quand il voulait mener son frère vers une discussion franche, mais cela ne l'empêcha pas de se maudire pour son impulsivité sur le moment.

- Contrairement à toi, effectivement, je vais être direct! Tu crois que je ne vois rien de ce qui se passe ? Je n'ai peut être pas ton sens de l'analyse, mais je sens bien que quelque chose est différent entre nous, que tu ne me fais pas confiance depuis quelques jours. Alors sois honnête envers moi, conduis-toi comme mon second et dis moi ce qui ne va pas !

L'emportement d'Hashirama fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase pour son benjamin. « A quel moment s'est-t'-il senti légitime de déverser sa colère et ses reproches, alors qu'il me ment ouvertement et manigance des choses dans mon dos ? » Tout ce que le stratège avait fait jusque là c'était pour découvrir ce point, rien de plus. Du moins, c'est ce qu'il s'efforça de se dire, jusqu'à ce que le spectre de ce satané Uchiwa, le hante intérieurement. Tobirama fit immédiatement le lien : si son frère l'avait maintenu à distance, la seule raison qui lui semblait toute indiquée, était que ce fichu porteur de Sharigan y était pour quelque chose. Néanmoins, la précédente conversation avec son subalterne, n'avait en rien confirmé ou même permis d'établir ce rapport. Aussi, au vu de la posture dans laquelle il s'était empêtré, choisit-il de tenter de prêcher le vrai pour savoir le faux.

- Je sais pour Madara, commença le tacticien, sombre. Je suis allé voir Nagame, plus tôt dans la journée.

Au final cette fameuse rencontre porta ces fruits à cet instant. La réaction du décisionnaire des Senju fut révélatrice : son visage se décomposa jusqu'à devenir livide.

- Que t'a t'il dit ? Demanda-t-il, interdit.

- Rien que je ne savais déjà, renchérit le plus jeune. Alors, es-tu sûr que c'est moi qui magouille dans ton dos ? Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?

Son frère sembla le jauger quelques instants, comme incertain de la bonne chose à dire.

- Aurais-tu seulement accepté l'idée d'une confrontation diplomatique avec Madara ? Je connais ton ressentiment à son égard, mais là, il s'agit de le faire pour vivre en paix. Je ne pouvais pas prendre le risque de compromettre cette chance. Jusqu'à cette attaque, nous n'avions jamais été aussi près de réaliser un cessez-le-feu.

- Tu insinues que je l'aurais fait exprès ?

- Non ! Jamais je ne penserais cela, mais je sais que tu suspectes Madara et son clan, rappela le brun.

- Et à raison ! Qui nous dit que les différents assaillants n'étaient pas sous le joug d'un genjutsu ? Tu sais comme moi, les ravages que peuvent faire leurs pupilles.

- Je ne dis pas que c'est impossible, seulement ce n'est qu'une piste parmi d'autres, nuança Hashirama.

- Une piste que tu t'es empressé d'exclure, dès que tu as vu l'occasion de te rapprocher de lui ! Cracha le jeune homme aux cheveux argentés

- Quand bien même, ce n'est pas à toi d'en juger, Tobirama ! Statua crûment le plus vieux.

- Si ! je suis ton second et je suis ton frè …

- Mon frère ? Tu veux dire celui qui a accouru raconter à Père ma relation avec Madara, après m'avoir espionné ? Ou celui qui écoutait toujours attentivement les ordres de ce tyran, à tel point, que son petit frère l'a pris pour modèle et en est mort ? Explosa le brun.

Tobirama eut l'impression d'avoir reçu une estocade. Le souffle court, le regard légèrement écarquillé, il réussi à articuler :

- Quoi ?

Hashirama se rapprocha, ses prunelles sombres emprunt de désolation, conscient de l'affliction qu'il venait injustement de reposer sur les épaules de son cadet.

- Excuse-moi, je n'aurai pas du dire ça.

- Qu'est ce qu'Itama t'a dit ? Reprit son homologue aux cheveux argentés, ses yeux carmins menaçant.

Le premier-né des Senju secoua la tête et passa sa main sur son visage hâlé. Il jeta un coup d'œil rapide à la place qu'occupait Sakura, quelques minutes auparavant. Ce n'est d'ailleurs, qu'à cet instant, que le tacticien nota pareillement l'absence de la jeune fille. Elle avait eu la décence de les laisser, mais il devina sa présence à quelques mètres à l'extérieur. Peu importe, il devait savoir de quoi il retournait.

- Il … il voyait combien tu étais doué au ninjustsu, tout en étant un excellent tacticien déjà très jeune. Pour lui, tu avais tous les attributs d'un meneur. Père te considérait déjà énormément, et mon rêve semblait être éloigné de ce pourquoi il voulait se battre. Tu ... tu étais son modèle, mais … comme il n'avait pas tes capacités … il s'est dit qu'en se battant pour le clan, il te ressemblerait un peu plus. Je voyais bien les progrès qu'il avait fait … mais j'aurai du savoir que ça ne suffirait pas... En partant la dernière chose qu'il m'ait dite ... c'est que tu l'avais informé que cette zone était un point stratégique important et qu'il fallait la tenir à tout prix. Quand j'ai vu la flamme qui brillait dans son regard, je n'ai pas pu lui briser son rêve. Et après …

- Il en est mort, murmura Tobirama, à peine audible.

A cet instant, le sujet Madara, la présence de Sakura dans le clan, les différentes attaques, la guerre … tout cela n'avait plus d'importance. Son petit frère avait sacrifié sa vie, pour sa stratégie, pour lui. Et il n'avait rien vu. Rien de cette admiration sans borne, dont il était le réceptacle. Rien, des progrès que son jeune frère avait fait pour se rapprocher de lui. Rien, après sa mort. Certes, les Uchiwa lui avaient pris Itama, mais lui, l'avait poussé dans cette embuscade, de part cette ignorance totale. Au final, n'est-il pas aussi coupable qu'eux ? Mutique, il déserta la pièce, laissant seul Hashirama.

- Tobirama ! héla Sakura, quelques mètres derrière lui.

- Restez avec lui et voyez ce qu'il en est pour … exigea machinalement le shinobi nacré.

- Pour quoi ? Vous avez eu la réponse à votre question ! Le coupa-t'elle impétueusement.

Le jeune homme la fusilla du regard, pour lui signifier de descendre d'un ton. Il n'avait pas envie de se battre avec elle dans l'immédiat, juste de s'isoler pour digérer la bombe que son frère venait de lâcher.

- Votre présence ne m'est pas indispensable présentement, commença sèchement Tobirama. Je n'ai pas besoin de leçon de morale, ou de votre aide. Je gère la situation.

- Vous essayez de me convaincre ou de vous persuader vous-même ? Je ne prétends pas savoir ce que vous ressentez, mais … j'ai laissé derrière moi, quelqu'un que je considère comme mon frère, alors qu'il avait besoin de moi. Même si je pense que c'était la meilleure option, ça n'empêche pas la culpabilité de me ronger chaque jour, finit-elle une pointe d'amertume dans sa voix radoucie.

Tobirama la scruta du coin de l'œil. Elle avait le regard perdu au milieu de ces fantômes passés et visiblement, celui-ci ne portait pas le nom de « Sasuke » son expression différait des fois où elle l'avait brièvement évoqué. Qui que soit cette personne, tout indiquait que la shinobi était sincère, de ses mots, à son attitude en passant par son langage corporel. Soudainement, comme reconnectée à la réalité, la fleur de cerisier ancra ses yeux émeraude dans ceux de son homologue :

- Retournez lui parler. Je me doute que vous avez envie d'être seul, mais vous n'êtes pas le second de ce clan pour rien.

- Je ne pense pas que …

- Protéger ceux qui croient en vous, c'est aussi ça être chef. Ça ne se limite pas qu'aux liens de sang, c'est pourquoi vos hommes vous respectent profondément. Toutefois, ce n'est pas pour autant que se doit être au détriment de votre lien fraternel, le coupa-t'-elle d'un ton déterminé mais tempéré. Le choix vous appartient.

La jeune femme s'éloigna. Comme elle l'avait énoncé à juste titre, ce sera sa décision d'accepter sans broncher les directives de son chef ou de forger un autre chemin. Qui sait peut être que celui-ci rejoindra celui de son aîné, en tout cas, c'est ce qu'il souhaitait croire.


Après plusieurs dizaines de minutes, le jeune homme chercha la signature énergétique de son homologue Senju. Même s'il savait que dans l'état actuel des choses, il risquait de continuer de fragiliser le lien entre Hashirama et lui, Sakura avait raison : il était le second de ce clan, et leur dispute n'avait pas vraiment porté sur le sujet originel de sa méfiance. La culpabilité l'étreignait toujours, mais, pour le moment, le benjamin se devait d'aller débattre explicitement avec le détenteur du Mokuton. Il aperçut son frère assis sur un tronc d'arbre, dans un coin reculé, que le brun appréciait particulièrement. Le regard lointain, le menton appuyé contre sa main gauche, le plus vieux tenait un verre vide dans l'autre. A son approche, il releva ses prunelles marrons, accompagnées d'un sourire de façade, qui disparu presque aussi vite qu'il était apparu.

- Désolé petit frère, je n'aurais pas dû dire ça. Mon rôle est de te protéger, pas de t'éloigner de moi.

Le point positif de cette conversation là, était qu'Hashirama l'avait entamée sans détour. Toutefois, l'aspect moins réjouissant pour le plus jeune était, encore une fois, de conserver son calme factice. Ce dernier s'assit à quelques centimètres de son aîné, attendant des mots que son homologue ne paraissait disposé à lui fournir. Hashirama semblait vouloir avoir une vraie discussion, pas un monologue, soit, sur ce point ils étaient d'accord.. Tobirama reprit d'un ton neutre :

- Je sais, grand frère. Tout ceci te pesait depuis longtemps et je peux comprendre que tu m'en veuille pour Madara et même pour … Itama, encore aujourd'hui. Mais, c'est justement où je veux en venir. Tu souhaites me protéger, je le conçois ... mais pas au détriment du clan.

- Le clan … soupira le chef des Senju.

- Tu sais, en ce qui concerne Madara, c'est le fait que tu ne m'ais rien dit qui m'atteint le plus. Même si j'aurai préféré, que tu ne fréquentes plus jamais ces … Uchiwa, dit le cadet avec un timbre mesuré.

- Tobirama, on ne peut pas mener à bien notre projet de paix, si l'un des clans les plus puissants de la région est en guerre contre nous. Madara caresse ce même rêve. Je sais que tu ne le portes pas dans ton cœur, mais …

- On ne peut pas leur faire confiance. Pas après tout ça, Hashirama. Coupa net son conseiller.

- C'est pourtant toi qui a proposé initialement, il y'a des années, d'aller trouver l'ennemi pour faire cessez les hostilités, lui fit remarquer son vis-à-vis.

- Entre temps notre frère est mort, constata avec amertume le benjamin.

- Oui et s'il y'avait eu ce traité, il serait peut être encore en vie ! Riposta avec ferveur le brun

- C'est facile de refaire le monde avec des « si », en attendant ...

- En attendant, c'est moi le chef, Tobirama ! Trancha sèchement l'aîné des Senju

Tobirama le dévisagea un instant. Ce fut la première fois, que son frère utilisait sa place au sein du clan comme un argument contre lui. Bien que légitime, ce crève-cœur ancra un silence de plomb. Le second du clan s'apprêta à se lever, sans un mot, mais le décisionnaire le retint par l'avant-bras, ses yeux chocolats plongeant avec intensité dans les siens, carmin.

- Fais-moi confiance. Tu sais, ton approbation est essentiel pour moi. De tous les choix que j'ai pu faire, c'est le seul qui va contre ton avis. Malgré tout, si je devais opter, parmi toutes les décisions que je prends et que j'ai prises, celle, pour laquelle je m'en passerai à contre-cœur, je choisirai celle-ci. Tu ne comprends peut être pas mais … c'est la meilleure solution, je t'assure.

- Si tu le dis, ce n'est pas pour autant que tu me feras changer d'avis, protesta-t'-il.

Le plus vieux relâcha sa prise et regarda son jeune frère s'éloigner. Ce dernier s'arrêta à quelques mètres avant de faire volte-face :

- Donc, dès que je ne serai pas de ton avis tu m'écarteras des décisions, c'est ce que je dois comprendre ? Se rebiffa Tobirama

- Si tu veux mener à mal les négociations avec Madara, oui (Il fit une pause, comme pour assimiler lui même ce qu'il venait de dire). Mais ça ne veut pas dire que je veux t'écarter du reste des pourparler à tenir.

- Je vois … Donc, je dois m'estimer heureux de devoir aller parler de paix avec d'autres clans, tandis que Madara tentera encore magouiller pour ruiner notre clan, c'est ce que tu veux dire ? S'insurgea le locuteur aux cheveux blancs

- C'est justement pour cela que je ne veux pas te mêler à ces entrevues ! Tu ne lui feras jamais confiance sans preuves, ce que je m'efforce de t'apporter. Laisse moi juste le temps, petit frère, adjura Hashirama.

- Tout ce que je vois, c'est que tu préfères le croire, et lui remettre la survie de notre clan entre ses mains, plutôt qu'entre les miennes, constata tristement le plus jeune. Peut-être que tu m'en veux plus que ce que tu ne laisses paraître.

- Ce n'est pas ça … Tobirama. Attends.

- Non, je pense qu'on a assez débattu pour ce soir.

Il se détourna, le pas pressant. Si son frère restait insensible à ses avertissements, il se devait de lui montrer la réalité. Arrivant à la tour de commandement, il saisit de quoi écrire et rédigea une missive pour le chef des Aburame. S'ils étaient liés de près ou de loin aux Uchiwa, et aux vues de leur dernier message, en offrant la possibilité de s'expliquer sur l'attaque, le stratège leur éviterait de craindre à de possibles représailles. De ce fait, peut être qu'ils seraient plus à même de confesser un quelconque lien. « Ou ils m'attaqueraient simplement. » Dans un cas, comme dans l'autre, emmener Sakura avec lui pourrait s'avérer utile. Premièrement en tant que guérisseuse, et, conformément à une hypothèse de son plan initial, pour s'assurer de sa bonne foi par rapport à l'ignorance du plan des Aburame. De plus, connaissant Hashirama, ce dernier n'hésitera pas à disposer un de ses clones à proximité, en regard de leur dispute nocturne. Même s'ils étaient en conflit, le cadet savait son frère sincère, quant à sa sécurité et sa protection. A peine la note rédigée, afin de faire savoir le point de rencontre choisi au dirigeant du clan des insectes, Tobirama dépêcha un messager afin qu'il parte délivrer le document.

La soirée était avancée mais le stratège était tenu d'aller à la rencontre de Sakura. Il espéra de toute ses forces que l'alcool n'avait pas eu raison de la jeune fille, avant qu'il ne puisse s'assurer de sa collaboration à son dessein, et qu'elle ne se soit pas éloignée outre-mesure. A vrai dire, pour ne pas perdre de temps, le shinobi utilisa directement ses capacités sensorielles, afin de localiser la signature chakraïque de son binôme. Effectivement, la jeune fille aux cheveux roses s'était déplacée, mais ce fut davantage sa position, que ce simple fait, qui surprit le tacticien.

Se préparant mentalement à lui demander qui l'avait autorisée à se rendre dans ses « quartiers provisoires » durant le chemin, le jeune homme stoppa net tout mouvement à son arrivée. Sakura était assise à même le sol, adossée contre un mur, la respiration ample et les yeux clos. Elle semblait si paisible, si calme, totalement à l'opposé de l'image qu'elle affichait lorsqu'elle était éveillée. Le jeune homme s'accroupit à côté d'elle, et dégagea une mèche de son visage d'un geste lent. Son regard s'adoucit, au fur et à mesure qu'il observait ses traits totalement relâchés. A cet instant, l'assentissement de l'endormie quant à sa mission, bien qu'importante, lui parut moins pressante. Après tout, qu'il lui demande maintenant ou dans quelques heures, le résultat lui permettra de déceler autant d'indices, voire peut être plus, puisqu'elle sera davantage apte à réfléchir. C'est la meilleure chose à faire, n'est-ce pas ?

Le tacticien ne s'attarda pas sur sa logique présentement bancale et, d'un geste souple, il souleva la jeune fille dans ses bras, le doux parfum de cerisier imprégnant ses sens. Après quelques pas et tout aussi délicatement, Tobirama la déposa sur le lit, l'enveloppant de la couverture. La shinobi remua légèrement et émis un bruit _ qui ressemblait à un son de mécontentement_ quand Tobirama se recula. Pour preuve, inconsciemment, sa main avait agrippé le haut de sa tenue, lorsque le jeune homme s'apprêtait à se redresser. Un sourire fugace se dessina sur le visage du shinobi. Prudemment, il délia l'entrave de l'endormie, guettant tout signe d'un réveil précoce. Heureusement, il n'en fut rien, et le jeune homme reposa la main près du corps de sa propriétaire. Il se surprit à demeurer immobile quelques instants, regrettant la douce chaleur qui avait été remplacée par le froid mordant automnal de l'air ambiant. Le stratège se remémora les informations de la journée, et bien qu'il avait hâte qu'elle se termine enfin, il repensa à l'aide précieuse de Sakura. Soudain, le problème que le jeune homme tentait tant bien que mal de garder à distance, implosa intérieurement.

Le second des Senju s'éloigna alors, comme s'il pouvait éviter ce qu'il venait de réaliser : Sakura était devenue à ses yeux, comme sa coéquipière, alors qu'il y'avait des zones d'ombre évidentes. Était-ce la raison pour laquelle, il avait profité que la jeune femme soit endormie pour reporter sa demande, afin de ne pas risquer de briser la confiance qui s'était établie entre eux, s'il s'apercevait qu'elle était liée aux Aburame ? Et si, elle aussi, le trahissait ?

En réalité, craignait-t'-il plus que Sakura soit une ennemie ou soit devenue, malgré lui, son alliée ?


Merci d'avoir lu jusqu'au bout ! Bisous à tous et à bientôt :) !