Demandeur : Rien ne m'appartient (traductrice itou)

Note de la traductrice : Ce chapitre est d'une tristesse à pleurer. Accrochez-vous à vos mouchoirs ! Eric en bave vraiment.

Point de vue d'Eric

(50 ans après la mort de Sookie)

Alors que la nuit tombait complètement, je sortais de mon rêve. Bien que plus d'une fois, je me suis senti faible et pathétique, réveillé par mes larmes pour réaliser que ce n'était qu'un autre rêve maintenant, il n'y avait plus que de la colère.

Colère contre elle pour avoir été si égoïste, si infantile, pour avoir volontairement choisi de rester humaine, pour m'avoir conduit dans cet enfer après l'avoir perdue. Elle clamait qu'elle m'aimait mais comment peut-on vraiment aimer une personne si vous l'abandonnez aussi facilement à tous les tourments que j'ai vécus ces 50 dernières années.

Et l'intense presque insupportable colère contre moi-même pour lui avoir laissé le choix. Je suis un VAMPIRE ! Je n'ai jamais donné à quiconque le choix de vivre ou de mourir. Et pourtant, j'ai laissé cette imbécile et stupide gamine avoir cette emprise sur moi. Un tel contrôle que je l'ai laissé choisir de me quitter. J'aurais dû transformer Sookie pendant cette nuit à Jackson. Je l'aimais, c'était bien assez. Ses souhaits n'auraient jamais dû entrer en ligne de compte. Si je l'avais fait, elle serait avec moi maintenant, pas pourrie et en poussière dans le sol.

Mais je ne l'avais pas fait. Je m'étais convaincu que, pour l'aimer vraiment, il fallait la laisser libre de ses choix. J'étais un imbécile et maintenant, après 5 dizaines d'années de douleur, je la détestais tout autant que je l'avais aimée. Et je l'avais aimée. Je sais maintenant que je ne serais jamais libéré d'elle. Je ne serais jamais en paix avec cette blessure profonde qui me faisait languir de la voir encore, de l'embrasser encore, de lui faire l'amour encore, de lui parler, de rire avec elle. Non, au contraire, j'erre sans but et je marche chaque nuit sur un chemin sans fin, en regardant toujours derrière moi, souhaitant l'apercevoir un peu plus loin essayant de me rattraper.

Il y a des nuits où je ne sais même pas pourquoi je continue d'exister. Ça aurait été tellement plus facile de simplement rencontrer le soleil, c'est certainement ce qu'on s'attendait à me voir faire après que j'ai complètement perdu l'esprit la nuit de sa mort. Mais je ne pouvais pas m'ôter la vie pour une simple raison : Pam. Le fait est que j'aimais trop mon enfant pour jamais lui faire ce que Sookie m'avait fait. Je ne pouvais pas choisir de la laisser quand j'avais les moyens de rester. Je ne pouvais non plus récompenser sa loyauté et son amour en me suicidant suite à la mort de Sookie. Elle a travaillé si dure pour me garder en vie, quelquefois en prenant des risques pour elle-même, je ne pouvais pas lui tourner le dos. J'avais honte quand je me rappelais les dangers qu'elle avait traversés à cause de moi. Les pires venant de celui dont elle n'aurait jamais dû avoir peur.

Je n'allais pas aux funérailles de Sookie. Je ne pouvais pas regarder pendant qu'on la recouvrait de terre sachant qu'elle n'en ressortirait jamais. Au lieu de cela, je l'honorais de la meilleure façon que je connaisse : en affligeant une longue et agonisante mort à l'homme qui nous avait séparés.

Quand j'arrivais à l'entrepôt, Thalia m'attendait à l'entrée. « Maître », dit-elle en s'inclinant profondément.

"Depuis combien de temps, il est là ?" demandais-je, ne m'en souciant pas vraiment, espérant juste qu'elle ne l'avait pas trop endommagé. Dans le cas contraire, il me resterait moins de temps pour jouer avec lui.

"Je l'ai trouvé un peu plus tôt dans la soirée. A son appartement. Il achetait quelque chose avec la carte de crédit de Sookie quand j'ai frappé à la porte. » Je sentis la rage monter en moi. J'essayais de la maîtriser pendant encore quelques minutes. Juste quelques minutes supplémentaires de cohérence et je pourrais ensuite y laisser libre cours.

"Tu devrais partir" lui dis-je. Thalia hocha la tête et disparut dans la nuit. Un lent et sombre sourire à donner la chair de poule apparut sur mes traits alors que je commencais à imaginer quelques unes des choses les plus créatives que j'allais lui faire. J'entrais dans l'entrepôt et vis que Thalia avait attaché les mains de l'homme au-dessus de sa tête accrochées à une poutre. Ses pieds ne touchaient pas le sol et il se balançait doucement dans le léger courant d'air qui soufflait à travers l'entrepôt. Autrement, il n'était pas blessé. Il était bâillonné mais ne faisait aucun geste pour s'échapper ou essayer de parler. Thalia avait clairement obtenu sa coopération en l'hypnotisant plutôt que par la force, et l'avait laissé tel quel. Excellent !

Je marchais vers lui en l'examinant et je sentis la rage m'envahir de nouveau. Cette fois, je la laissais sortir. Il n'est rien, personne. Cet homme, ce putride sac de sang qui m'a volé mon amour n'est rien d'autre qu'un banal criminel et plutôt stupide.

Cependant, c'était encore pire que ça. Si le meurtre de Sookie avait été organisé par un adversaire supernaturel, une faé rancunière, une meute de loups, un vampire comploteur, je pense que j'aurais pu mieux le gérer. Si ça avait été délibéré et intentionné, j'aurais pu l'accepter mais ça, c'était insupportable. La mort de mon amour n'était dû à rien d'autre qu'un mauvais timing et un manque de chance. Si la serveuse qu'elle avait attendue était arrivée à l'heure, si elle s'était garée devant le club, elle serait encore là avec moi.

Au lieu de cela, elle s'était garée au mauvais emplacement de l'autre côté de la rue derrière le bar et était devenu la victime aléatoire d'un agresseur avec un couteau. Elle n'avait pas vu la mort en face, ne l'avait pas senti venir. Comme je connaissais Sookie, elle avait ses barrières mentales en place et n'avait jamais entendu son esprit. Elle était simplement vivante un instant et morte le suivant, tout ça pour quelques dollars dans son porte-monnaie et sa carte de crédit. Ce qu'a volé cet homme n'a aucune valeur pour moi. Donc, maintenant, je vais lui prendre la seule chose de valeur qu'il a à m'offrir, sa vie. Mais il ne sera pas aussi chanceux que Sookie, vivant un instant et mort le suivant, non, il verra sa mort venir, la connaîtra intimement, il me suppliera avant la fin et nous n'aurons pas fini avant pas mal de temps.

Je me plante en face de lui afin que nous soyons face à face et je le regarde droit dans les yeux. J'accède à son esprit et enlève l'hypnose que Thalia avait mise en place. Quand il réalise ce qui lui arrive, je vois de la terreur dans ses yeux. Il commence à supplier et à implorer pour sa vie malgré le bâillon dans sa bouche.

"Sais-tu ce que je suis ?", je lui demande tranquillement. Il arrête de supplier et me regarde vraiment pour la première fois. Je lui souris avec toute la haine de mon cœur mort et je l'autorise à voir mes crocs. Sa seule réponse est un hochement de tête effrayé.

"La femme que tu as tué i nuits était ma femme."

Ce furent les derniers mots que je lui adressais. Il était plus fort qu'il n'en avait l'air. Il dura 4 nuits. Je n'en croyais pas ma chance à ce niveau. Après tout, une fois que j'eus commencé à jouer avec lui, je m'en souciais peu. Maîtriser l'art de la torture requiert du bourreau de rester au moins quelque peu objectif. Vous devez savoir quand vous retenir et quand vous arrêter. Vous avez besoin de comprendre et de vous rappeler la différence entre ce qui est pleinement douloureux et ce qui peut causer des dégâts vitaux. Ma rage et ma tristesse me submergeaient et sincèrement, je ne me rappelle pas de la moitié des choses que j'ai pu lui faire. Mais ses hurlements spontanés me disaient que je les faisais bien.

Quand ce fut finalement terminé et qu'il fut aussi mort que l'était mon aimée, je regardais autour de moi et me demandais ce que j'allais faire après. J'avais eu ma vengeance mais maintenant, il n'y avait plus rien. Rien sauf le temps, l'éternité sans elle à mes côtés. La colère et la douleur se mixèrent encore en moi mais cette fois, il n'y avait pas d'échappatoire.

Mon dernier acte fut de mettre le feu au cadavre et à l'entrepôt avec. J'utilisais cet endroit pour mes interrogatoires depuis que j'étais devenu sheriff 70 ans plus tôt, mais je savais que je ne pourrais jamais revenir ici. Je ne pourrais jamais regarder ces murs encore.

Après m'être assuré que l'endroit brûlait jusqu'au sol sans intervention des autorités locales humaines, je me rendis au seul endroit où je voudrais jamais être encore. Le cimetière de Bon Temps où mon amour reposait en paix, du moins je l'espérais.

La soirée était belle et j'arrivais seulement 20 minutes plus tard au cimetière. Ramassant une pelle posée contre un des arbres du cimetière par un des employés, je me dirigeais entre les pierres tombales sachant exactement où j'allais. L'année que Sookie et moi avions passé ensemble en paix et amoureux, nous avait permis de partager une grande partie de notre passé, nos peines, nos joies. Et nous avions commencé à inclure l'autre dans notre routine quotidienne. Quand nous restions ici à Bon Temps, nous allions souvent couper des roses dans le jardin de sa grand-mère puis nous allions vers le cimetière pour les déposer sur la tombe de sa grand-mère et celle de ses parents. Elle disait qu'elle aurait voulu que je les connaisse. A l'époque, cela m'avait fait chaud au cœur qu'elle m'inclut dans chaque partie de sa vie.

J'arrivais sur place et regardais la terre fraîchement retournée entre les pierres tombales de sa grand-mère et de son père, sachant sans avoir besoin qu'on me le dise que c'était là qu'elle reposait. Je suppose qu'une personne saine d'esprit et voulant être proche d'elle, aurait traversée le cimetière en direction de la maison et serait restée au milieu de ses affaires personnelles et de son doux parfum. La veilleuse de la chambre que nous avions partagé tant de fois était visible et son odeur serait plus forte au milieu des draps et des oreillers que n'importe où ailleurs. Je n'étais pas venu depuis une semaine mais avec mon odorat de vampire, je n'aurais eu aucun problème à sentir son parfum dans le lit. Si j'avais été sain d'esprit, je serais allé là-bas, je me serais allongé dans le lit et baigné dans la combinaison de nos deux odeurs jusqu'à ce que la mienne prenne le pas sur la sienne. Mais je n'étais pas sain d'esprit actuellement, j'en étais même loin. Pourquoi est-ce que je serais allé dans une maison vide pour m'allonger dans un lit vide quand, en faisant quelques pas de plus, je pouvais m'allonger avec elle ?

Je plongeais la pelle dans la terre et commençais à creuser. A une vitesse élevée, cela ne me prit pas plus de 4 ou 5 minutes pour déterrer le cercueil. Je voulais être avec elle mais je ne voulais pas qu'elle soit salie alors je choisis de m'allonger sur le cercueil au lieu de l'ouvrir. Il restait encore deux heures avant l'aube mais c'était le seul endroit où je voulais être alors je nous recouvrais de terre rapidement et restais allongé au-dessus d'elle. Ce que je ressentais n'était pas de la joie, je savais que je ne ressentirais plus jamais ce sentiment. Mais je trouvais une sorte de paix à être là dans le sol allongé avec la femme qui m'avait fait l'aimer de par sa beauté, sa gentillesse, sa fierté, son esprit fascinant et son âme magnifique. Alors que j'attendais que l'aube me plonge dans mon sommeil, je sentais le bois de son cercueil et je lui murmurais encore et encore que j'étais là, que je lui avais promis que je ne la quitterais jamais et que je l'aimerais même maintenant. Je l'aimerais toujours quoi qu'il arrive.