Interlude,
Flash Back sur une matinée en particulier.
Lorsqu'il se réveilla ce matin-là, ce fut plus tard que d'habitude. Encore bien trop tôt pour que tout Avalanche ne soit réveillé ou affairé autour d'une table, café et tartines en main, mais plus tard que les autres jours. Il s'était finalement endormi, trop tard, trop fatigué, trop déphasé pour remarquer qu'il ne lui restait que de courtes heures à dormir avant que le murmure de la troupe ne se fasse entendre à nouveau. Il se redressa sur son lit à peine défait, frissonnant. Revenant de cette énième nuit de chasse, il s'était directement effondré sur son lit, avec seulement son pantalon sur lui. Rien d'étonnant à ce que ses pieds et mains soient gelés à présent. Il se rassit en tailleur, étouffa un bâillement en tirant un pan de ses couvertures à lui, se passa la main sur le visage.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, une tasse de café fumante attendait sagement d'être prise, tenue à hauteur de son visage. Il releva des yeux étonnés sur un Cid visiblement amusé. Il se demanda un instant depuis combien de temps le pilote était éveillé. Un coup d'oeil général lui donna une idée de la réponse. Il portait juste un pantalon, et vu la serviette qui pendait sur son épaule, l'odeur de savon et la chaleur qui provenaient de la salle de bain, il pouvait penser que cela devait faire une bonne demie-heure, trois quarts d'heure tout au plus. Il saisit la tasse en murmurant un "merci" encore fatigué.
" De rien. J'sais pas s'ils sont tous habitués au grand froid dans le coin, mais le proprio a pas l'air de penser qu'une cheminée soit utile...Ca pèle en bas. "
Un coup d'oeil au capitaine plus tard, soufflant sur sa tasse, Vincent nota pour lui-même que Cid, à peine réveillé, ne jurait pas.
" Putain, j'ai froid. "
Presque pas. Il sourit intérieurement malgré lui, et trempa ses lèvres dans le liquide chaud, puis en but deux longues gorgées. Il sentit le liquide passer dans sa gorge, sa chaleur se diffuser lentement dans son corps, ses membres refroidis par une mauvaise nuit. Ses mains se réchauffaient au contact de la porcelaine chauffée par le liquide. Un des démons ronronna de plaisir, remuant dans son sommeil déjà précaire.
Lorsqu'il releva les yeux, ce fut pour rencontrer ceux d'un Cid quasiment hilare, assis sur une chaise qu'il avait retournée au préalable. Sa tasse retenue par l'anse, il se tenait droit, les bras croisés sur le dossier devant lui. Un échange de regards plus tard, Vincent haussait des sourcils surpris, demandant un "quoi ?" silencieux. En réponse, le pilote esquissa un sourire "mais j'ai rien dit", le laissant plus perplexe encore. Il haussa doucement les épaules, laissant le pilote à son amusement qu'il ne voulait visiblement pas partager. Néanmoins, tout en faisant mine de boire son café, il ne put s'empêcher de regarder discrètement autour de lui. Il n'aimait pas ne pas savoir. Ne trouvant rien de particulièrement hilarant, il laissa son regard tomber sur lui-même. L'espace d'un instant, il se figea, son sang se glaçant dans ses veines. Ca et là, des taches carmines s'étalaient sur son jean, notamment aux extrémités. Mais de là où le pilote était, il ne pouvait pas le voir, les couvertures recouvrant en partie ses jambes. Il soupira imperceptiblement, se dit qu'il devrait faire attention et filer à la salle de bain dès qu'il le pourrait. L'hilarité du pilote et sa raison qu'il ignorait toujours lui revinrent quand celui-ci étouffa un rire amusé. Il fronça les sourcils, vaguement irrité.
Lorsqu'il compris finalement, Chaos claqua sa langue pour exprimer son amusement.
De son côté, le pilote avait observé le petit manège de son coéquipier sans le quitter des yeux un instant. Ce faisant, il buvait tranquillement son café, étouffant un rire de temps à autres.
Si c'était pas mignon.
Son coéquipier releva lentement la tête, interdit, comme prit la main dans le sac. Si ce n'était le regard qu'il lui lança, il paraissait tout à fait neutre, impassible, habituel. Sur ses épaules, le blouson du pilote s'accordait plus ou moins au teint blême de son visage. Il resta sans rien dire ou faire un long moment, fixant le pilote. Finalement, Cid éclata d'un rire amusé, et les démons lui firent écho sans qu'il ne le sache. Il se prit le front dans la main, hilare, et vida sa tasse entre deux rires.
" Je pensais pas te voir un jour avec ce genre d'expression, Vinc'. Ca vaut le détour. "
Le concerné ouvrit la bouche pour protester, puis la referma aussitôt, ne sachant trop quoi répondre. Il détourna finalement le regard, posa sa tasse sur la table de nuit, et entreprit d'enlever le blouson, en silence. Cid, souriant toujours, soupira, se releva et le rejoignit en quelques pas. S'accroupissant pour pouvoir le regarder en face, il posa ses mains sur ses épaules, l'arrêtant dans son mouvement. Retenant un sursaut, son coéquipier releva un regard étonné vers lui, tressaillant au contact. Il resta accroché au regard azur, figé dans son élan par la proximité et le geste de son coéquipier. Le pilote lui rendit un regard amusé, complice.
" J'ai pas dit 'rend-moi mes affaires, sale gosse', panique pas. "
Il resta un instant interdit. Il était trop près. Beaucoup trop près pour son corps qui craignait le moindre contact depuis des décennies. Depuis la Shin-Ra. Depuis le manoir. Depuis Hojo. A travers le tissu, il sentait les mains du pilote sur ses épaules. Il retint sa respiration au contact plusieurs secondes, se faisant violence pour ne pas le repousser sèchement, avant de se décrisper sensiblement, se focalisant sur le regard bleu pour ne pas songer au reste.
" ...C'est ce que tu dis à Yuffie, ça. "
" C'est bien ce que je dis. "
Il sourit, puis retira ses mains de ses épaules. Vincent lui, soupira intérieurement de soulagement, l'espace d'une seconde. Jusqu'à ce que son regard accroche la vision de la main droite du pilote quittant son épaule. Les veines à son poignet. Il fronça les sourcils, s'ordonnant de détourner les yeux. Mais alors qu'il se disait ça, la main du pilote reposait déjà sur ses cuisses, l'autre appuyé sur le lit comme appui. Et il fixait encore son poignet.
" Vincent ? "
L'autre main du pilote passa lentement devant ses yeux. Il sursauta, les yeux légèrement écarquillés, surpris par la proximité qu'il venait de réinstaurer. Il regarda le visage de Cid à travers ses doigts, puis soupira et attrapa sa main, la baissant de quelques crans, les doigts sur son poignet. Histoire de pouvoir le voir. Ayant perdu son support, Cid posa un genou à terre, sans détourner son regard concerné de celui de son coéquipier.
" Ca va. "
Le pilote lui lança un regard peu convaincu, fronçant un sourcil incrédule.
" Vraiment, Cid. Je pensais, c'était tout. "
L'homme ne paraissait toujours pas convaincu, mais accepta de lâcher l'affaire. Il scruta encore un instant son coéquipier, visiblement méfiant, et tous deux échangèrent un regard qui, du point de vue de Cid, pouvait se traduire par "qui détournera le regard en premier, sachant que si c'est toi Vincent alors t'es rien qu'un putain de sale menteur".
Vincent ne détourna pas le regard. Le pilote admit sa défaite, qu'il accompagna d'un juron, et d'autres choses qu'il n'écoutait soudainement plus. C'est au moment où le pilote avait tourné la tête qu'il avait prit conscience du fait qu'il était aussi peu vêtu que lui-même ne l'était. Qu'il tienne compte de l'information le fit paniquer. En temps normal, que le pilote soit à moitié nu n'était déjà pas une information de grand intérêt dans ses matinées. En l'occurrence, c'était une information qui n'aurait pas du avoir d'intérêt du tout, compte tenu du fait qu'il s'était nourri la veille. Mais tous ses démons s'étaient réveillés d'un coup, et à présent complètement attentifs, étaient focalisés sur la tentation ambulante qu'était le pilote. Et lui n'arrivait pas à détacher son regard de la vue offerte.
Ses yeux décidèrent de suivre la logique du vampire plutôt que la sienne. Son regard glissa du poignet à son ventre, remonta sans s'arrêter jusqu'aux yeux azurs qui regardaient le mur par-dessus son épaule, dégringola jusqu'au torse, suivit la courbe que décrivait son pantalon sur ses hanches, et revint finalement se lover dans sa nuque. Les souvenirs remontèrent, précipités, aussi prévisible que ça l'était. A nouveau, il était si proche. A nouveau, il voyait si nettement la veine battante à son cou. A nouveau, il pouvait sentir le pouls régulier du pilote.
Il fronça les sourcils, oubliant un instant les souvenirs, l'idée de sentir ce qu'il ne touchait pas l'intriguant. Il se concentra pour reprendre pieds, craignant que son corps n'agisse sans sa tête. Effectivement, il ne touchait pas la nuque du pilote. Mais il tenait toujours sa main dans la sienne. Et il pouvait sentir, plus clairement que la dernière fois, les pulsations rythmées contre ses doigts. Il frissonna malgré lui, et resserra son étreinte sans s'en rendre compte, ses démons cherchant à sentir davantage le contact. Il restait immobile, sans sourciller, le regard ancré au pilote sans pouvoir revenir à lui. Sans même penser au fait que le pilote n'était, cette fois, pas endormi et le voyait faire.
" Tu dérapes, Valentine... " s'amusa Chaos.
Il n'entendait même pas. Il n'y avait plus que le rythme du pouls de Cid, et cette vision obsédante. Il était si proche. Il n'avait qu'à s'avancer un peu. Juste se pencher de quelques centimètres. Rien que ça. S'il avançait, ou l'attirait à lui, il pourrait l'atteindre...Nouveau coup d'oeil à son visage. Retour à son cou. Il le mordrait juste là, et... Il attira l'homme à lui, tout en se penchant légèrement. Ses démons étouffèrent un hoquet incrédule. L'odeur du savon, du café, et celle de Cid mêlées s'imposa à lui, et il entrouvrit légèrement la bouche, comme pour les respirer plus longtemps, comme pour les drainer, elles.
Cid n'avait quitté son coéquipier du regard que depuis quelques secondes. Le temps d'un regard, d'une réplique. Il sursauta, tant en se sentant basculer en avant que par la rencontre entre leur torse et leur main, que la proximité avait fait se rejoindre. Il releva précipitamment la main de sa cuisse, la posant à plat sur le lit pour se retenir. Une fois stabilisé, il se félicita mentalement d'avoir posé un genou à terre. Sous lui, Vincent avait déplié une jambe qu'il avait ensuite posé à terre comme appui, sans même le savoir. Cid ramena son regard à son coéquipier, tournant le visage vers lui. Et hoqueta de surprise, étouffant un juron réflexe. A quelques maigres centimètres de son visage, les yeux de Vincent soutenaient les siens, curieux, fascinés. Affamés. Il frissonna malgré lui, avant que son intention ne soit focalisée à nouveau sur son coéquipier. Le simple fait qu'il ne le repoussait pas lui suffisait à comprendre que non, tout ceci n'était pas un simple accident, oups, j'ai failli tomber, désolé Cid. Il était décidément trop proche et trop silencieux pour que cela soit normal ou accidentel.
" Eh, Vincent... "
Il baissa les yeux comme la pression sur sa main - sur son poignet - se faisait plus importante, et dut se retenir en se sentant basculer à nouveau. Vincent de son côté, avait détourné le regard pour en revenir à ce qui tourmentait ses démons. La tête légèrement inclinée, ses canines pointant à peine entre ses lèvres, il profita inconsciemment du fait que le pilote se concentrait à nouveau sur son équilibre pour les retenir tous les deux - lui se retenait presque uniquement à Cid - pour effacer la distance qui les séparaient encore. Mais lorsque ses lèvres allaient frôler la peau du pilote, celui-ci se recula sensiblement, se dégageant assez de son étreinte pour pouvoir poser sa main sur son épaule, et chercher son regard des yeux.
" Putain Vinc', tu joues à quoi ?! "
Le concerné le regardait à présent, immobile, la bouche encore entrouverte. Le pilote l'ignorait, mais il ne revenait que lentement à lui, le vampire qui l'habitait se retirant avec mauvaise foi. Cid sentit un frisson lui remonter le long du dos, comme son regard s'attarda sur les lèvres pâles de son coéquipier. Il fronça les sourcils, s'avança presque malgré lui. Il vit sans les voir l'extrémité des canines se retirer, comme Vincent refermait finalement la bouche, revenant à lui, un sentiment de panique s'imposant brutalement à lui. Il le regardait finalement. L'échange ne dura que le temps d'un coup d'oeil, le temps de le laisser voir le mélange confus d'émotions qui y dansait, et il baissa le regard sur ses mains à présent laissées à l'abandon sur ses genoux.
" Vincent. Tu peux m'expliquer ? "
Un long silence lui répondit, avant que son coéquipier ne lève finalement sa main, effleurant à peine son épaule pour s'écarter de lui. Il lui avait fallu plusieurs instants pour se reprendre, pour réaliser ce qu'il s'était passé. Il avait dérapé. Il devait se relever. Il devait lui échapper, prétendre que rien n'était arrivé, rejoindre les autres, inventer une excuse, n'importe quoi. Ou il était foutu. Il se redressa simplement dans sa position assise, l'air aussi impassible que de normal.
" Je suis désolé. Je... "
" ...Pensais ? Putain, Vinc', tu pourrais être honnête pour une fois ?! Qu'est-ce qui t'as pris ? "
" Je ne sais pas. Rien. "
" Menteur~ " siffla Chaos.
" Bon sang, la ferme ! "
Le pilote haussa un sourcil surpris, se reculant sensiblement, retirant ses mains des épaules de son coéquipier. Il le regarda sans comprendre, avant qu'il ne lui donne la réponse qu'il attendait.
" Pas toi, Cid. C'était... "
Vincent s'interrompit, soupira doucement, se prenant le visage dans la main. Il déraillait complètement. Il s'était nourri il y avait peine une poignée d'heures de cela, mais ce démon était déjà aux aguets, prêt à mordre la moindre veine à vue. Il devait faire plus attention. Le contenir mieux que cela. Soupir. Il aurait du se passer de se réveiller, ce matin.
" Chaos. "
Il releva la tête, étonné, à la voix qui s'était élevée sur sa droite – et non en face de lui. Il s'attarda un instant sur le vide devant lui, avant de tourner son regard vers le centre de la pièce, où le pilote était retourné. Main droite dans la poche de son jeans, l'autre récupérant la cafetière sur la table et remplissant sa tasse laissée à l'abandon.
" C'est ce con de Chaos qui t'emmerde, c'est ça ? "
Vincent esquissa un sourire mental comme le concerné débitait insultes et autres menaces à l'intention du pilote - menaces qu'il n'entendrait bien sur jamais. Cid n'était pas loin de la réalité. Chaos l'ennuyait effectivement. Il approuva silencieusement d'un hochement de tête, puis se détendit légèrement, dépliant son pied droit pour l'envoyer rejoindre l'autre, entraînant les couvertures dans son mouvement. Enroulées autour de sa jambe, celles-ci s'écrasèrent lourdement au sol, recouvrant ses pieds, difficilement retenues au matelas fatigué. Le pilote sembla rassuré.
" Bordel, tu m'as fais peur. J'ai cru que tu perdais le contrôle sur ces chieurs. "
A nouveau, il approuva silencieusement, sur un "désolé" muet. Il se laissa retomber doucement en arrière sur le matelas, sa main valide en travers de son ventre, la tête dépassant à moitié du lit. Il regarda un long moment l'étagère derrière lui. Il devait être beaucoup plus prudent, s'il ne voulait pas se retrouver un jour à tout expliquer au pilote. La vision de Cid le regardant un long moment, l'air incrédule, avant de laisser tomber sa tasse au sol et se barrer en courant, ne lui faisait pas particulièrement envie. Même s'il doutait franchement que le pilote réagisse de la sorte s'il apprenait la vérité un jour. Il avait plus tendance à approuver l'avis de ses démons, à ce niveau-là. Cid lui flanquerait son poignet sous le nez, l'air déterminé et prêt à l'engueuler s'il hésitait à se servir. Et il s'en foutait de savoir qu'il s'était nourri la veille. Bordel de merde.
" En attendant... "
Coup d'oeil au concerné, qui, café en main, s'appuyait sur la table, à présent tourné vers lui.
Il soutint son regard pour l'inciter à continuer, lui montrant qu'il avait son attention.
" J'attends toujours ta réponse. "
" Désolé, Cid. Qu'est-ce que tu disais ? "
" Je disais... "
Le pilote esquissa un sourire amusé. Vu la petite scène qu'il venait de lui faire, il se doutait qu'il n'avait pas entendu un traître mot de ceux qu'il avait prononcé avant qu'il ne le renverse à moitié sur lui. Il fit mine de boire comme si de rien n'était, avant de continuer.
" ...Tu l'aimes tant que ça, mon blouson ? "
Vincent le regarda un instant, interdit. Remarqua à nouveau la présence du blouson qui n'avait pas quitté son poste entre-temps, et retourna son regard vers l'étagère derrière lui. Après tout, Cid l'avait vu, mal était fait. Pas la peine de faire comme si de rien n'était. Il n'avait pas envie de chercher des excuses à deux Gils.
Il réfléchit donc à la question. Enfin, plus ou moins. Il savait bien pourquoi il s'était endormi en le portant. Mais ça, il ne pouvait pas l'expliquer au pilote. Il n'était pas sur d'avoir les mots pour lui répondre, et surtout, il savait que chaque réponse amènerait une autre question. Et il ne voulait répondre à aucune d'elles.
Il aurait pu lui dire. Expliquer que le vêtement avait cette odeur, ce mélange d'habitudes qui le rassurait. Il aurait pu lui raconter à quel point il se sentait perdu quand il revenait de chasse. L'impression de ne plus rien contrôler. La crainte que d'autres, qu'il ignorait encore, se réveilleraient eux aussi en lui, jusqu'au jour où il disparaîtrait complètement sous leur murmures et leur éclats. Il aurait pu lui dire comment, arrivé à ce moment-là, suffoquant dans ses propres pensées, en s'appropriant cette veste et chaque parfum un à un, il arrivait à se convaincre que le lendemain serait comme le précédent, et comme le suivant, et comme celui d'après. Que chacun d'eux serait encore là. Il aurait pu lui raconter à quel point chaque élément qui marquait le tissu lui était devenu normal, presque nécessaire. Qu'à force d'habitude, il se surprenait à fermer les yeux, en pleine journée, à bord de l'Highwind, pour pouvoir reconnaître certains des parfums. Et qu'il se sentait plus tranquille durant de longues minutes, après ça.
Son regard baissa de quelques crans, il soupira doucement. Remarqua un éclat dans le bois verni. Au final, il n'aurait pas pu lui dire. Et mentir, même étant une chose qu'il n'aimait pas, s'était avéré allant de paire avec l'arrivée du vampire. Alors au point où il en était, un mensonge de plus ou de moins, qui plus est par omission, ne changerait rien. Autant donner la version courte de l'explication demandée. Il revint donc à lui, sans quitter le meuble du regard. Sans se défaire de son calme.
" Je crois, oui. "
L'homme sourit simplement, même s'il ne le voyait pas. Il prit une gorgée de liquide qui, par il ne savait quel miracle, était encore chaud. Puis se redressa, grilla une cigarette. Vincent attendit un instant, balaya encore le meuble du regard, s'attardant sur la poignée que les années avaient assez attaqué pour que l'acier en soit terne, avant de reprendre :
" Je n'ai pas l'intention de te le prendre. J'ai juste... "
" C'est bon. "
Il sentit Cid se déplacer, et déjà, il se tenait debout à côté de son lit. Les couvertures feulèrent doucement quand il les frôla de sa jambe. Et lorsqu'il se redressa pour revenir à lui, sa tasse lui souriait à nouveau, à peine fumante, à plusieurs centimètres de lui. Il leva la main pour la récupérer, son regard interrogateur répondant au sourire du pilote.
" Prends-le quand tu veux. "
