DISCLAIMER : La saga Harry Potter appartient à J. K. Rowling. Seule l'histoire m'appartient. Aucun bénéfice n'est fait dessus.


The show must go on

-Mademoiselle Weasley, pourquoi votre mari demande le divorce ?

-Mademoiselle Weasley, est-ce vrai que vous ne vivez plus au domicile conjugal ?

-Mademoiselle Weasley …

La rousse joua littéralement des coudes pour atteindre la salle d'audience. Elle ne savait pas comment mais ses collègues avaient appris la demande d'Harry et ils ne cessaient de la harceler pour en savoir plus. Si elle était réellement objective, elle aurait compris que sa manie de toujours étaler son bonheur avec le Héros du monde Sorcier avait fait en sorte que les paparazzis soient toujours à l'affût de tout ce qui la concernait. Pourtant, quand elle-même avait appris la nouvelle, elle avait tout fait pour tout cacher.

Flash-Back

Cela faisait une semaine que Ginny et Harry s'étaient disputés suite à la venue d'Hermione. La rousse n'avait pas jugé utile de prévenir qu'elle ne comptait pas rentrer et avait décidé de s'installer dans un palace de luxe. Et surtout, pour se détendre, avait immédiatement fait venir l'un de ses amants. Durant cette semaine, elle avait continué sa vie comme si elle n'avait pas quitté le domicile conjugal. Mais une semaine plus tard, la réception du palace envoya une chouette à Ginny pour lui dire qu'une personne l'attendait en bas. Curieuse, Ginny descendit.

-Ginny Prewett Weasley ? fit un Sorcier

-C'est moi, sourit Ginny, charmeuse.

-Je dois vous remettre cette lettre en main propre, annonça le Sorcier.

-Merci, fit Ginny. Si vous voulez, vous pouvez monter avec moi le temps que je la lise, surtout si vous attendez une réponse.

-C'est très aimable à vous mais non, refusa le Sorcier.

-Vous manquez quelque chose, assura Ginny en ouvrant la lettre.

Mais elle se figea.

-Mademoiselle ? s'inquiéta le réceptionniste. Est-ce que tout va bien ?

-Est-ce que c'est une blague ? demanda Ginny d'une voix blanche

-Non, mademoiselle Weasley, répondit le Sorcier qui lui avait remis la lettre. Ceci est tout à fait officiel. Le ministère est déjà avisé que vous avez pris connaissance de ce courrier. Dès à présent, vous êtes obligée de vous présenter à la convocation. Bonne journée, mademoiselle Weasley.

Et le Sorcier s'en alla, laissant la rousse prendre conscience que sa vie allait prendre un tournant radical.

Fin Flash-Back

Le réceptionniste avait sûrement vendu la mèche puisque dès le lendemain, tout le monde avait commencé à la harceler. Elle avait dû quitter le palace et avait voulu retourner chez Harry mais elle avait découvert que la maison était totalement vide. Les affaires de son mari et de ses trois enfants avaient totalement disparu, de même que tous les meubles dont Harry s'était porté acquéreur. En fait, il ne restait que ses vêtements, même les meubles de sa chambre avaient disparu. Ivre de rage, elle avait tout emballé et avait décidé de retourner dans son petit appartement qu'elle avait acheté pour vivre avant qu'elle ne se marie. Comme il ne faisait à peine une trentaine de mètre carrés, elle s'était rendue compte qu'elle allait très vite être à l'étroit. Mais elle n'avait pas le choix. Tout le monde savait où se trouvait le Burrow donc il était hors de question qu'elle retourne vivre chez ses parents. Quant aux différentes demeures des Potter, Ginny n'y avait jamais eu accès, même en étant la mère des enfants Potter, puisque l'héritier était Harry. Grâce à ses contacts en tant que journaliste, elle avait une liste impressionnante d'avocats qu'elle pouvait engager pour qu'ils défendent ses intérêts dans ce divorce qui se promettait houleux. Mais contre toute attente, personne n'accepta. Elle se savait célèbre donc elle ne pouvait pas croire que les avocats cracheraient sur l'affaire qui les propulserait sur le devant de la scène. Mais elle ne voulait pas comprendre qu'ils ne voulaient pas se trouver contre Harry Potter. Outre le fait qu'il soit le Sauveur du monde Sorcier, il était également l'un des plus puissants Sorciers du siècle, aux côtés d'Albus Dumbledore ou même le controversé Tom Riddle, mieux connu sous le nom de Voldemort. Ils sentaient que l'affaire serait très dure à défendre, rien qu'en se remémorant ce qui s'était passé lorsque son premier né avait été blessé par la foule. La rousse avait dû appeler tous les avocats du pays avant d'en trouver un qui accepte. Ce dernier avait dû être enthousiaste puisqu'elle avait appris que son père avait eu un différend avec la famille Potter. Le Sorcier avait tout perdu et son fils devait en avoir conçu une rancune tenace. Yann Leroy voudrait sûrement manger du Potter et il avait dû être content que Ginny le lui offre sur un plateau.

D'ailleurs, ce dernier l'attendait dans la salle d'audience.

-Madame Potter, sourit Yann.

-Maître Leroy, sourit Ginny.

-Vous avez eu du mal à arriver, je constate, fit Yann.

-Je me rends compte qu'être de l'autre côté de la barrière n'est pas vraiment fun, grommela Ginny en prenant place.

Yann se retint de commenter. En prenant cette affaire, il avait fait une enquête préalable sur sa cliente. Ses méthodes d'investigations étaient assez décriées par la plupart de ses collègues et il semblait bien que son mariage lui soit monté à la tête … à moins qu'elle ait toujours été aussi condescendante avec les gens qu'elle côtoyait. Plus d'une fois, il avait été sur le point de lui coller une gifle, chose qui avait dû lui manquer durant son enfance. Elle pensait qu'il voulait se venger des Potter ! Oui, son père avait été ruiné par les Potter mais de là à croire qu'il voulait se venger d'eux ! Non merci, s'il avait accepté cette affaire, c'était pour le challenge. Il allait quand même affronter Mickaël Lawrence, l'un des plus prestigieux avocats de Grande Bretagne.

-Où est Harry ? demanda Ginny

-Monsieur Potter n'est pas encore arrivé, répondit Yann.

-Qui est-ce ? demanda Ginny en désignant l'avocat de la partie adverse

-Maître Lawrence, l'un des plus grands avocats du pays, répondit distraitement Yann.

-Eh ben, il ne se refuse rien, siffla Ginny.

-En même temps, on parle de l'héritier Potter, fit remarquer Yann. Il n'allait pas prendre n'importe qui !

Ginny se renfrogna. Elle-même n'avait pas pu engager le meilleur mais Harry pouvait se le permettre.

Soudain, la foule à l'extérieur de la salle explosa en hurlements et la minute suivante, Harry Potter entra dans la pièce, une aura impressionnante autour de lui. Il ne jeta même pas un coup d'œil du côté de Ginny et prit place aux côtés de son avocat qui se pencha immédiatement vers lui.

-Alors ? demanda Harry après avoir lancé une bulle de Silence autour d'eux

-Yann Leroy, assez bon dans sa partie, révéla Mickaël. Ça sera stimulant.

-Est-ce qu'il réussira à obtenir plus pour elle ? demanda Harry

-Je ne crois pas, fit Mickaël. S'il peut avoir des résultats à l'amiable, ce serait un plus.

-Je vous laisse tenter d'obtenir un rendez-vous avec lui, sourit Harry.

-Si ce n'est pas indiscret, où sont vos enfants ? demanda Mickaël

-Avec Andromeda Tonks, répondit Harry. Je ne voulais pas embêter Hermione.

-D'ailleurs, en parlant d'elle, fit Mickaël, lady Longbottom m'a fait savoir qu'elle pouvait utiliser des raisons médicales pour quitter sa maison.

-Ça mérite qu'on s'arrête dessus, concéda Harry.

-Ça commence, prévint Mickaël.

Harry annula sa bulle et se leva en même temps que toute la salle.

§§§§§

-Bonsoir Potter, salua Draco.

-Malfoy, répondit Harry. Zabini. Est-ce que vous avez pu étudier cette idée ?

-Avoue-le, c'est de Granger, non ? demanda Draco

-Qu'est-ce qui te fait dire ça ? demanda Harry, sincèrement intrigué

-Tu es une personne assez directe, avoua Draco. Tu n'aimes pas les faux-semblants. Alors que Granger … Elle s'était enfermée dans ses lectures scolaires mais maintenant qu'elle est devenue adulte, je pense qu'elle doit voir le monde autrement et savoir l'utiliser à son avantage.

-Tu veux qu'elle pense comme une Slytherin ? devina Harry. Quelqu'un de très rusée ?

-Je n'irais pas jusque-là, corrigea Draco. Disons qu'elle sait utiliser la loi à son avantage sans même s'approcher des limites. Contrairement à moi qui flirte allègrement avec elles.

-Je vois, fit Harry. Alors ?

-C'est une bonne idée, concéda Draco. Mais ça sera un travail de longue haleine. Se faire passer pour un client régulier peut prendre des mois.

-Sauf si nous supprimons une bonne partie de ses autres clients, rappela Harry, qui avait eu le temps de se faire expliquer le plan par Hermione en attendant que Draco ne donne sa réponse. Et j'aurais besoin d'un collègue.

Blaise et Draco se tendirent.

-Pourquoi ? demanda Blaise

-Si je suis sous couverture, quelqu'un devra continuer à détruire les doses qu'il vend, répondit Harry. Je ne peux pas être à deux endroits à la fois.

-Et qui tu proposes ? demanda Draco

-Il y a un hic, soupira lourdement Harry. Tous les Aurors sont sur d'autres affaires. Sauf un. Ron.

-HORS DE QUESTION ! grondèrent les deux Sorciers

-Ne vous inquiétez pas, pour moi aussi il n'est pas une option, fit Harry. Mais si je ne veux pas de lui, il va falloir que j'attende. Je n'ai pas d'autres solutions.

Comprenant qu'il n'y avait rien d'autre à faire, ils se turent un moment.

-Je voudrais savoir … fit Draco. Ton divorce se trouve dans tous les journaux. Pourquoi tu n'as pas fait en sorte de rester plus discret ?

-Essentiellement à cause de Ginny, répondit Harry. Si j'avais demandé un divorce à l'amiable, le jour même où tout serait effectif, j'aurais trouvé dans ces feuilles de chou une histoire dont elle serait l'héroïne. Et elle est loin d'avoir le beau rôle.

-Il y a des rumeurs qui courent depuis longtemps sur elle, hésita Blaise.

-Comme quoi elle me tromperait depuis des années ? sourit douloureusement Harry. Contrairement à ce que tu penses, j'ai ouvert les yeux depuis un moment déjà. Mais je devais attendre avant de me débarrasser d'elle.

-Est-ce que le fait que tous les médias couvrent ton divorce va t'aider à garder les enfants ? nota Draco

-Oui, sourit Harry. Je refuse que Ginny en ait la garde, même partielle. Un procès discret lui permettrait de gagner la sympathie du Sorcier moyen alors que là, tout le monde saura qu'elle est une mère indigne.

-Tu lui en veux vraiment, constata Blaise.

-Tu ne peux pas savoir à quel point, sourit machiavéliquement Harry. Elle a voulu jouer avec moi, elle va perdre.

-Qu'est-ce qu'on ne sait pas ? murmura Draco

-Beaucoup de choses, répondit malicieusement Harry. Beaucoup de choses.

-Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? demanda Draco. Je veux dire, à l'ouverture.

-Elle a appris les raisons pour lesquelles je demandais le divorce, répondit Harry.

-Incompatibilité de personnalités, se souvint Blaise. C'est un peu vague et je ne comprends pas pourquoi elle est en train d'hurler.

-Parce que je demande à lui rendre sa liberté, répondit Harry. En clair, elle ne soit plus une Potter.

-Plus d'accès à tes coffres, donc, sourit Draco. Vu son train de vie, elle va s'y accrocher.

-Et je veux voir jusqu'où elle veut aller pour ça, fit Harry.

-Tes enfants, comprit Draco. Tu veux savoir si elle tient ou pas à ses enfants.

-MES enfants, gronda Harry. Elle a uniquement servi à les mettre au monde.

Comprenant que le sujet devenait sensible, les anciens Slytherin décidèrent de laisser tomber. Il faut dire qu'ils voulaient avoir la surprise aussi.

§§§§§

Raisons médicales, songea Hermione.

Rani, l'Elfe de maison principal d'Harry, lui avait transmis la réponse possible pour qu'elle puisse quitter son domicile abusif. Mais elle se rendait compte qu'elle ne pouvait rien faire pour protéger ses enfants. Et c'était ça qui lui faisait le plus peur. Elle arrivait à les éduquer comme elle l'entendait mais si Rose et Hugo devaient vivre chez Molly … C'était tout simplement impossible. Jamais elle ne pourrait s'enfuir sans ses enfants.

La découverte d'Harry concernant sa vie réelle lui avait donné un nouveau coup de fouet. Oui, elle le faisait que survivre pour ses enfants mais le brun avait ravivé l'espoir en Hermione et surtout, son esprit de combativité. Même si elle ne pouvait pas se rebeller ouvertement contre Ron et sa famille, elle avait depuis longtemps appris à rendre la vie dure à son « cher » mari.

Hermione avait laissé éclater sa joie quand les journaux avaient annoncé le divorce en cours entre Ginny et Harry. Bien entendu, son meilleur ami l'avait déjà prévenu de sa démarche la veille et elle avait attendu que Ron soit parti travailler avant de se laisser aller. Mais elle était heureuse qu'Harry décide de reprendre le reste de sa vie en main. Et elle savait que dès qu'il aurait obtenu ce qu'il voulait – et elle savait qu'il réussirait haut la main – elle devrait se préparer pour son propre combat.

Les prochaines semaines allaient être très dures, elle en était consciente. Le soir de la publication, Ron n'avait pas attendu que les enfants soient couchés pour la battre comme plâtre. Rose et Hugo avaient bien vu que leur maman avait très mal et avaient été très sages. La brune savait que tout au long du procès, Ron allait se défouler sur elle. Depuis dix jours, il ne s'en passait pas un seul sans qu'elle ne soit le réceptacle de la colère de son mari. Malheureusement, elle en venait à craindre pour la sécurité de ses enfants. Avec l'autorisation d'Harry, elle avait pris contact par le biais de Rani avec Fleur et Bill et leur avait demandé s'il était possible de créer des Portkey internationaux pour que Rose et Hugo puissent trouver refuge chez eux si la situation dégénérait. Fleur avait été intriguée qu'elle le leur demande alors qu'Harry aurait pu s'en charger avec plaisir mais Hermione lui avait répondu que cela pourrait jouer en la défaveur du brun si Ron l'accusait d'avoir enlevé ses enfants, n'étant qu'un membre par alliance des Prewett Weasley. Chose qu'il se garderait de faire avec l'aîné des Weasley. Le couple installé en France avait accepté ainsi que de ne rien dire à qui que ce soit de cette procédure.

La porte claqua violemment et Hermione se tendit. Ron n'était pas censé rentrer avant trois bonnes heures mais il lui arrivait très souvent de partir du Bureau des Aurors sans prévenir qui que ce soit pour aller s'enivrer dans un bar quelconque … ou bien revenir à la maison pour la rouer de coups voire, si la journée avait été particulièrement mauvaise, la violer.

-Hermione, te voilà, fit une voix connue.

La brune se retourna en cachant soigneusement la crainte et la rage qui gonflaient en elle.

Qu'est-ce que Molly foutait chez elle ?

§§§§§

Rufus Scrigmeour soupira lourdement alors que la porte se refermait.

Harry Potter avait eu l'obligeance de le prévenir la veille de l'audience de ses projets et ils avaient pu discuter ensemble des conséquences que la procédure juridique aurait sur son travail. Heureusement que l'enquête dans les clubs de Zabini lui prenait tout son temps et qu'il ne revenait que très rarement au ministère, sinon, même le Bureau des Aurors aurait été pris d'assaut. D'ailleurs, dès que l'Auror avait quitté les lieux, il avait élevé de nombreuses barrières pour repousser les journalistes fouineurs, barrières qu'il avait dû baisser sur la « suggestion » de certains membres bien-pensants du ministère. Le lendemain matin, il avait convoqué tous les Aurors et leur avait rappelé qu'il leur était interdit de répondre aux journalistes. La plupart le savait, ayant appris à la dure que ces derniers ne faisaient que déformer leurs propos pour faire augmenter leur audience, mais certains, notamment les plus jeunes, se faisaient avoir une fois, sûrement pas deux et encore moins trois fois.

Certains jeunes … et certains irréductibles.

L'un de ses Aurors, Jonas, venait de l'avertir qu'il avait vu l'un de ses collègues avec l'une des journalistes les plus virulentes et ils ne cachaient pas le sujet de leur conversation. Cet Auror descendait en flamme le Bureau, se permettant de dévoiler des éléments d'enquêtes encore en cours. Jonas comme Rufus concédaient qu'on pouvait critiquer l'institution qui les employait, étant les plus à même de voir les dysfonctionnements, mais avec des personnes qui étaient dans la même situation et qui étaient plus à même de comprendre leur point de vue. Mais ce que cet Auror racontait n'était que malveillance et diffamation. Sans compter ce qu'il inventait pour se faire mousser.

Le directeur soupira. Depuis qu'il était entré dans le corps des Aurors, Ronald Weasley n'était qu'une déception, alors que ses autres frères étaient tous tellement brillants dans leurs domaines. Ses états de service n'étaient guère glorieux, sans compter son caractère épouvantable et ses manières déplorables. Il n'y avait bien que son meilleur ami Harry Potter pour le supporter mais depuis le jour où le brun l'avait envoyé bouler, ce dernier ne mettait plus les pieds au Bureau, et quand il y était, il ignorait purement et simplement le roux. Ledit roux était depuis invivable – enfin, plus que d'habitude – et il émanait de tous ses collègues de nombreuses plaintes. Rufus avait bien songé à le renvoyer mais les soutiens de lady Prewett, la mère de Ronald, étaient nombreux et il risquait de perdre sa place, sans compter qu'on tenterait de se venger sur ses hommes.

Mais Harry Potter lui avait apporté sans le vouloir la solution à ce problème. Le procès qu'il menait contre sa femme amenait sur le devant de la scène toute la famille, dont Ronald. Rufus était tenté de demander à Harry un petit coup de pouce pour prouver l'étendue de l'incompétence du roux. Car il ne se leurrait pas, s'il le gardait, tout le Bureau se retournerait contre lui, même s'il était un bon patron.

Ce que Jonas venait de lui rapporter n'était qu'une autre preuve de l'incompétence de Ronald Weasley mais aussi et surtout de son mépris de l'autorité. Malgré son interdiction formelle, il ne s'était pas gêné pour parler de son travail à la vue et à l'ouïe de tous, surtout à sa sœur Ginny Weasley, au cœur de l'affaire de l'année l'opposant à son mari, Harry Potter. Une mise à pied ne lui servirait à rien et il l'avait retiré du terrain depuis un moment déjà. Par contre, il serait bien qu'il réapprenne les bases … En le présentant bien, il ne rechignerait même pas.

Avec un sourire machiavélique, il quitta son bureau et se rendit vers les cheminées publiques pour qu'on ne puisse pas savoir où il se rendait.

-Bonjour Rufus, sourit Quinn Collins. Il me semblait que tu avais terminé l'école depuis belle lurette, non ?

-Crois-moi, ça me manque, cette époque bénie où on apprenait notre métier d'Auror, soupira Rufus. J'aurais besoin de toi, Quinn.

-Je t'écoute, répondit le directeur de l'école des Aurors.

-J'aurais besoin que tu t'occupes de l'un de mes Aurors … annonça Rufus.

§§§§§

Muriel était impatiente.

Peu après avoir déposé la demande de divorce d'Harry, Mickaël Lawrence, qui avait préalablement demandé audience à lady Weasley, s'était rendu chez Muriel pour lui expliquer en personne ce qui allait se passer. La Sorcière n'avait pas attendu la fin de son discours bien préparé pour envoyer son Elfe de maison avec une lettre urgente à Arthur Weasley pour qu'il vienne immédiatement la rejoindre. Alors que le père de famille se préparait un petit sac pour obéir à son chef de famille, l'Elfe avait eu pour ordre de retirer toute présence d'Arthur du Burrow. En apprenant la nouvelle, Arthur avait cru à une mauvaise blague. Mais la Beuglante qu'Arthur reçut après l'audience les convainquit que le procès allait marquer un tournant pour la famille Weasley. Par le biais de Mickaël, Muriel avait demandé à rencontrer Harry et ce dernier avait accepté, sous condition que toutes les personnes concernées par l'impact que l'affaire aurait sur la famille seraient présentes. Muriel avait accepté, surtout qu'elle n'avait jamais envisagé de réunion sans le reste de la famille Weasley.

Tout autour d'elle, donc, se trouvaient Arthur, qui habitait chez Muriel depuis que l'affaire avait éclaté, sur ordre de cette dernière, ainsi que ses fils. Bill était là, Fleur Delacour Weasley à l'étage pour s'occuper de Victoire, tout comme Charlie, éternel célibataire, Percy, dont la femme, Penelope Clearwater Weasley, enceinte jusqu'aux yeux, tenait compagnie à Fleur à l'étage, et Georges, qui avait pu délaisser son commerce toujours plus prospère. Mais aucune trace de Ron et encore moins de Ginny et de Molly. Muriel n'avait pas estimé leur présence utile et surtout, nécessaire.

Soudain, Muriel se redressa.

-Le voilà, annonça la matriarche.

Tous se redressèrent et la minute suivante, Harry Potter entrait dans la pièce. Les salutations fusèrent, dans l'étiquette Sang Pur, jusqu'à ce qu'Harry craque.

-Je ne suis pas votre ennemi, soupira Harry. Et je ne tiens pas à l'être. Vous êtes ceux qui m'ont montré ce qu'était une famille et je veux que vous parliez en toute liberté. Si je voulais retrouver des Sang Pur, croyez-moi, j'en côtoie déjà assez ! Soyez naturels, c'est tout ce que je demande.

Georges sourit.

-Eh ben, mec, tu nous as déclenché une jolie petite guerre ! sourit le jumeau survivant

-C'était le but, sourit Harry.

-Mais pourquoi avoir tout rendu public ? demanda Percy. Tu ne sais pas à quel point cela nous met dans une position délicate !

-Tu ne crois pas que je le sais ? déclara calmement Harry. Je sais qu'entre vous tous, ceux qui ont le plus à perdre, ce sont ton père et toi, parce que vous travaillez au ministère avec des postes à responsabilités. Mais dans cette pièce, celui qui a le plus à perdre, c'est moi. Je suis le futur lord Potter et toute la société Sorcière sait que Ginny me traîne dans la boue sans que je ne lève le petit doigt. Et je devrais lui accorder la discrétion alors qu'elle ne se cache même pas quand elle me trompe ? Je n'aimais plus Ginny quand j'ai dû l'épouser mais je refuse que son comportement affecte ma vie une fois que je me serais séparé d'elle. Je dois envoyer un message fort, comme quoi ceux qui se jouent de moi paieront le prix fort. Je ne peux pas faire moins mais je ne tiens pas à ce que vous soyez affectés. C'est pourquoi vous êtes ici.

-Pourquoi Ron n'est pas là ? demanda Bill, intrigué

-Je n'ai pas estimé que sa présence soit nécessaire, déclara Muriel. Tous les Weasley sont présents, de toute façon.

-Mais il est un Weasley, comme Ginny, fronça des sourcils Charlie.

Arthur et Percy soupirèrent. Tous les deux étaient au courant, Percy l'ayant appris quand il était entré au ministère.

-Ron et Ginny portent le nom de Prewett Weasley, avoua Arthur. J'ai cédé devant Molly.

Tous les fils froncèrent des sourcils. Le nom des Prewett était assez controversé, notamment à cause des différentes actions du dernier patriarche qui, sans être un vrai sympathisant de Voldemort, approuvait ses actions et en menait des similaires. C'était pour cela que ses petits-fils, Fabian et Gideon, les frères cadets de Molly, avaient tenu à s'engager dans la guerre avec l'Ordre du Phénix, prônant des idéaux contraires à celui de leur chef de famille. Pour la société Sorcière, la famille Prewett n'était pas une famille fréquentable, même pour celles versées dans les magies occultes. Alors vouloir rétablir cette lignée ? Ça n'avait aucun sens !

-Le problème n'est pas là, recentra Muriel. La demande de divorce va mettre les Weasley sur le devant de la scène. Et les actes de Ginny ne jouent pas en notre faveur, très loin de là.

-Nous vivons à l'étranger, Charlie et moi, rappela Bill. Mais je peux vous dire qu'il y a des choses qui nous sont parvenues, n'est-ce pas ?

-Oui, confirma Charlie. En Roumanie, Ginny passe pour une garce, surtout dans ses articles. Nous avons régulièrement des photos d'elle dans les soirées auxquelles elle participe où elle apparaît comme la pire des traînées. Elle alimente la presse à scandales et pas de manière positive.

-Sans compter ses prises de positions, ajouta Bill. J'ai été choqué de voir qu'elle était prête à soutenir le fait que les Nés Moldus étaient un problème auquel remédier de manière radicale s'il le fallait dès qu'elle serait lady Potter. Vous vous rendez compte ?

-Malheureusement, je ne peux qu'appuyer ce qu'ils disent, soupira Percy. Les articles de Ginny ternissent la réputation du ministère qui n'en a pas besoin. Nous revenons de loin et Ginny n'aide pas avec ses insinuations douteuses. Et ne parlons pas quand elle s'immisce dans des affaires en cours. Combien d'affaires ont capoté parce qu'elle a révélé des informations qu'elle n'aurait jamais dû connaître ? Tout notre travail est réduit à néant par ses actes !

Arthur ne put qu'acquiescer. Bien des fois, il s'était demandé pourquoi Ginny faisait tout cela, surtout quand il fallait en réparer les conséquences.

-Je compte faire payer son comportement à Ginny, assura Harry. Mais si vous êtes ici, ce n'est pas que pour cela.

L'attention se recentra sur le brun.

-Quoi, tu as pire que le fait que tu vas déclencher l'apocalypse en divorçant de Ginny ? ricana Georges. Honnêtement, je ne vois pas quoi.

-J'ai appris toutes les coutumes Sang Pur avec Neville, avoua Harry.

L'information mit quelques minutes à être traiter.

-Tu veux dire que maman ne t'a même pas enseigné ? fronça des sourcils Percy

-Non, fit Harry. Si vous voulez, je peux faire un serment sur la magie …

-Pas la peine, siffla Bill. On ne doute pas de toi mais on aurait cru que notre … mère aurait fait en sorte que le futur lord Potter ne soit pas démuni dans ce nouveau monde.

Harry comprit que quelque chose lui avait échappé.

-Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? fit Harry

-Maman nous a interdit de parler des coutumes Sang Pur à Ron et Ginny, répondit Charlie.

-Et quand tu es arrivé, poursuivit Percy, elle nous a dit qu'elle se chargeait de tout t'enseigner.

-Mais avec Fred, on a tout de suite remarqué qu'elle n'en faisait rien, souffla Georges. On a essayé de te parler seul à seuls mais Ron et ou Ginny étaient toujours dans tes pattes, que ce soit à l'école ou au Burrow …

Muriel fulminait.

-Elle manque à tous ses devoirs ! rugit Muriel

-Ça ne nous choque pas, soupira Bill. Elle n'a pas rien enseigné à Ron et Ginny non plus.

Muriel se figea.

-Elle a fait quoi ? gronda sourdement Muriel

-Ils ne savent rien des coutumes Sang Pur, répéta Bill. Tu ne t'es jamais demandé pourquoi Ron avait des manières déplorables à table ? Ça vient de là.

-Il va falloir que nous examinions toute la situation, comprit Muriel.

-Harry, fit Arthur. Qu'attends-tu de nous exactement ?

Tous les roux se tournèrent vers le brun.

-Honnêtement, rien, avoua Harry. Je voulais juste vous prévenir de mes intentions. Malgré ce que Molly, Ginny et Ron m'ont fait, je ne voulais pas que vous soyez pris au dépourvu.

-Ron ? nota Bill. Qu'a fait ce petit crétin ?

-Là-dessus, je vous demanderai un serment de ne rien révéler jusqu'à ce que tout soit dévoilé, pria Harry.

Toute la famille se concerta rapidement avant de s'exécuter. Sur l'invitation d'Harry, Mickaël tendit le contrat de mariage d'Hermione à Muriel qui en prit connaissance. Sa magie s'enflamma.

-Un contrat de mariage Prewett ! cracha Muriel alors que sa magie s'extériorisait. Cette garce de Molly va devoir en répondre devant la famille !

-Muriel ? demanda Arthur

-Il se trouve que la garce qui te sert de femme a rédigé un contrat de mariage pour Ron et sa femme ! siffla Muriel. Cette pauvre Hermione est devenue ni plus ni moins l'esclave de ce porc ! Et il lui a interdit de quitter la maison pour travailler, entre autres !

Le contrat passa dans les mains de chaque membre de la famille et tous arborèrent très vite un air sombre.

-Je ne suis pas assez stupide pour imaginer que si Molly a créé ce contrat pour son fils, elle en fait de même pour sa salope de fille ! gronda Muriel

Mickaël attendit l'accord d'Harry ainsi que leur serment avant de tendre le propre contrat de mariage d'Harry. Tous les Weasley en furent indignés.

-Il est temps de s'occuper d'eux, gronda Muriel. Merci de nous avoir prévenus, Héritier Potter. Maintenant, nous allons devoir nous organiser en conséquence.

-Sachez que vous serez toujours la famille de mes enfants et, si je peux me le permettre, de la mienne, sourit Harry.

-Et tu seras toujours le bienvenu dans la nôtre et l'un de nos membres, sourit Arthur.

Harry et Mickaël les saluèrent avant de quitter les lieux.