Plus tard, on est sorti manger tous les deux. Adam m'a vu regarder Thorin avant que celui-ci ne hoche la tête. Mais il a vu la perle dans une de mes tresses, il a regardé Fili assis à mes côtés et les regards que nous échangions. Kili et Adam avaient pris de l'eau pour la verser sur nos deux têtes. Sous le choc, je me suis retournée vers les deux coupables.

-On a rien fait Nana, dit Adam en éclatant de rire.
-C'est vrai frérot, affirma Kili.
-Vous avez trois minutes pour courir.
-T'es pas sérieuse, on va jouer.
-Tu prends Adam, je prends Kili ? me demanda Fili.
-Pas de problème. Tous les coups sont permis...

C'est donc là que je courus derrière Adam. Les nains avaient participé pour aller à l'extérieur. Sous les yeux de Gandalf et des elfes, ils étaient sortis pour regarder notre jeu. J'attrapai Adam pour le faire tourner autour de moi et le chatouiller. En voyant Thorin, on s'est arrêté pour prendre de l'eau et lui jeter dessus. Quand il nous a regardé, on a couru loin de lui. Mais il m'a prise par la taille ainsi qu'Adam. J'ai regardé la rivière avant de nous y pousser tous trois.

-Nana...gémit Adam.
-Ma vengeance, petit frère, rétorquai-je.
-Vous avez oser me mouiller, commença Thorin, fâché.
-Oh, allez, Altesse, riez avec nous, je vous en prie. La vie est meilleure quand on est heureux.

Adam a sauté dans les bras de Thorin qui, surpris, m'a vu faire la même chose. Quand les autres sont arrivés, ils nous ont regardé tous les trois. Thorin a caressé la tête d'Adam et m'a regardée. Avec calme, il m'a tirée contre lui et j'ai souri.

-Oncle Thorin...
-Allez vous changer, tous les deux, nous dit Thorin.
-Dis, oncle Thorin, tu pourras m'apprendre à me battre comme toi ?
-Oui. Allez, va...

J'ai aidé Adam a changé de vêtements et j'ai fait de même. Fili est entré dans ma chambre et a rougi en me voyant en pantalon et ma poitrine uniquement couverte d'un top. Dès que je l'ai vu, j'ai rougi aussi. Il a fermé la porte et s'est approché pour me regarder. J'ai posé ma main sur sa joue pour la caresser. Je suis descendue vers ses lèvres, son cou, pour m'arrêter sur sa chemise.

-Pardonne-moi, Fili, je...
-Non, c'est moi, Amelia.
-Je suis prête pour ma formation.
-Tu y vas habillée ainsi ? me demanda Fili, surpris.
-Bien sûr, je cours avec ça. C'est très confortable pour les femmes, dis-je en lui tirant la langue.
-C'est bien. Je te trouve belle et désirable.

À ces mots, il vira au rouge tomate. J'ai fait de même en mettant mes bras derrière ma nuque. Il m'a regardé, a mis ses bras de ma taille en les laissant tomber vers le bas. Je défit les lacets de sa chemise pour toucher sa poitrine. Il a frissonné à mon toucher avant de me voir caresser une de ses cicatrices. Je me suis alors appuyée contre lui, une larme coulant sur mes joues.

-Eh, Lia, pourquoi ces larmes ? me demanda Fili.
-J'ai peur qu'après notre quête, nous soyons obligés de partir...
-Tu resteras avec moi et les autres à Erebor, Lia. Je veillerai sur toi, je te le promets.
-Fili, j'ai peur de tous vous perdre. Tu m'as redonné le goût de rire. Je souhaite vivre avec toi mais que diront les autres, je suis...
-Lia, je serai toujours là pour toi, que tu sois naine, elfe ou même sorcière, je t'aime et tu es celle que je désire, me dit Fili en m'embrassant sur le front.
-Merci pour ces mots...

Comme nous nous tenions l'un l'autre pour aller nous entraîner, Fili se plaça derrière moi pour me mettre en position. Les autres nous regardait et j'ai vu par la suite Thorin entraîner Adam

avec sa lame. Balin et les autres les regardaient et j'affichai un sourire doux sur mon visage. Au même moment, je partis me promener. En entrant dans le jardin, j'ai admiré la vue autour de moi.

-Vous devez être leur pute pour rester avec eux ? me demanda Lindir.
-Je vous demande pardon ? répondis-je, surprise.
-Vous êtes leur pute de voyage, avec ce gamin.
-Je vous interdit de parler ainsi de mes amis et de mon frère, crétin d'elfe. Vous ne savez même pas qui je suis et de quoi je suis capable...
-Oui, je crois celà, sale garce.
-Retirez ces mots !

Je le poussai loin de moi en lui offrant un regard haineux. Là-dessus, il me frappa au visage sous les yeux d'Adam. À mon cri, j'a été jetée au sol, en larmes. Adam cria de rage pour le projeter au-delà du balcon devant tout le monde. Thorin m'a vu courir au loin dans la forêt, des larmes dans les yeux. Kili a retenu Adam avant qu'il n'aggrave son cas.

-Je t'interdis de frapper ma soeur ! cria Adam avec colère.
-Tu vas le regretter, gamin, jura Lindir.
-Vous avez osé frapper ma fille ? renchérit Bofur, la haine transparaissant dans sa voix.
-Pour qui se prend-elle ? Ce n'est que votre pute...

Dès qu'il dit cela, Fili le frappa violemment au visage. Thorin et les autres étaient surpris de ce genre de comportement. Hélas, après ce coup, il courut droit dans ma direction. Je continuai de courrir sans ralentir avant de me prendre les pieds dans une racine. Je tombai au sol, roulant jusqu'à un champ de hautes herbes, où je restai à sanglotter.

-Amelia ! Amelia, où es-tu ? criait Fili.
Je ne répondis pas, reniflant en me tenant la joue.
-Grande soeur ! Nana, où es-tu ? cria à son tour Adam.
-Elle est là ! finit par crier Kili.

Aussitôt, Fili, Kili et Adam courrurent droit dans ma direction. Je pleurais à chaudes larmes quand je sentis Fili caresser doucement mon bras. Je redressai la tête, le laissant voir la blessure que j'avais au visage. Il la toucha avant de me prendre dans ses bras et de m'y serrer. Adam m'a également serré contre lui, tout comme Kili, soulagé. Nous somme ensuite revenus à Fondcombe et j'ai vu Thorin me regarder à travers mes cheveux.

-Laissez-moi voir, Amelia, dit calmement Thorin.
-Ca va...Je vais bien...
-Ne dis pas cela, intervint Bofur. Il n'avait pas le droit de te frapper.
-Le Seigneur Elrond lui a passé un savon dès qu'il l'a su.

Comme Thorin dégageait mes cheveux, je détournai le regard. Il vit ma joue meurtrie et mes lèvres fendues. Il les toucha et je tremblai de peur. Tristement, il caressa ma joue et me serra dans ses bras. Comme tous dormaient ensemble, Adam était près de Bofur, j'étais contre Fili, endormie dans ses bras, serrant avec force sa chemise.

-Comment va Amelia ? demanda Bilbo.
-Elle s'est endormie, dit Fili en me regardant.
-Pourquoi Lindil l'a-t-il frappée ? Je n'ai pas compris.
-Il croyait qu'Amelia était notre pute et elle n'a pas apprécié. C'est là qu'il l'a frappée.
-Elle va s'en sortir, dit Thorin. Reposez-vous.

Lorsque Fili m'a regardé dormir, il a vu ma joue meurtrie. Il la caressa, ce qui me fit ouvrir les yeux. Je le regardai s'approcher et m'embrasser sans que les autres ne le voit. Je lui répondis par un sourire.
Soudain, je vis la dame nous regarder. Surpris, on se releva tout deux pour la voir nous faire des signes. On la suivit dans une salle et elle regarda ma joue.

-Elle va guérir mon enfant, m'assura-t-elle avec un doux sourire.
-Merci, Dame Galadriel, répondis-je.
-J'ai à parler à votre compagnon en privé. J'ai demandé à ce que vous donne au chambre. Melwen vous y conduira, dit Galadriel en désignant une femme elfe.
-D'accord, merci.

Lors de mon départ avec Melwen, Fili et Galadriel parlèrent en privé. Elle lui avait montré son bol pour y verser de l'eau. Il y avait regardé, confus, y découvrant des images du passé et du futur. Surpris, il avait vu des corps partout, des flammes, et Adam pleurer sur mon corps et après Erebor.

-Qu'est-ce que cela veut dire ?
-Que le futur est incertain, jeune prince.
-Mais, Amelia, elle est...
-C'est une terrienne, tout comme son frère Adam. Aussi longtemps qu'elle sera
avec vous, elle ne craindra rien. Jurer de veiller sur elle en tout temps.

Plus tard, Fili revint dans ma chambre pour me voir. Il ferma la porte et je me jetai dans ses bras. Nous nous regardâmes et, l'embrassant tendrement, je retirai sa chemise. Fili dut sentir ce que je faisais car il dénoua le noeud de ma robe pour la laisser tomber au sol. Je rougis quand il regarda mes cicatrices et les caressa, me faisant trembler.

-Que t'est-il arrivé, Lia ?
-C'est mon père qui m'a fait cela, autrefois.
-Tant que je vivrai, je te protègerai, Lia, dit Fili.
-Merci, Fili, tu es si gentil.

Le lendemain, Fili se réveilla et me trouva endormie à ses côtés. Il sourit à la pensée de ce que nous avions fait la nuit dernière. Une fois habillé, il me vit me réveiller et le regarder. J'ai enfilé mes vêtements avant de laisser Fili caresser ma joue. Je sanglottai encore un peu avant de voir le Seigneur Elrond entrer et nous regarder. Il s'approcha pour examiner ma joue et mes lèvres.

-Je suis désolé pour ce que Lindir vous a fait.
-Il se peut mais, la prochaine fois, je laisserai votre elfe aux mains de ma famille.
-Je suis venu pour relever votre identité.
-Je sais que je suis une terrienne, mais n'importe laquelle : je suis une princesse terrienne, dernière représentante de mon peuple avec mon petit frère.
-Mais !? Comment savez-vous...
-Quand j'ai sauvé ma famille des trolls, j'ai entendu les arbres murmurer.
-Mais, tu n'es pas elfe, Lia ? demanda Fili.
-Je sais. Mais, Seigneur Elrond, si je venais à mourir avec les autres, promettez-moi de former Adam afin qu'il puisse utiliser ses dons. Il aime bien Estel, un garçon de son âge.
-Je vous le promets, Dame Amelia. Mai restez à Fondcombe.
-Vous savez que je ne peux rester. J'ai passé un pacte avec Thorin, et je tiens toujours mes promesses. Je vaus conquérir Erebor et y détruire toute forme de mal.
-Vous voulez mourir pour eux alors que vous les connaissez à peine...
-Seigneur Elrond, avec tout le respect que je vous dois, j'ai remis ma vie et celle de mon frère entre les mains de Thorin et de sa compagnie. Si je devais mourir, j'amènerais des ombres avec moi.

À cette révélation, il soupira avant de me regarder. Une fois sorti, Fili retourna vers les autres. Je suivis le Seigneur Elrond vers la salle du Conseil des Gardiens. Gandalf était là, me souriant. Galadriel me regardait. Et je vis trois autres sorciers arriver. Ils se sont placés devant moi avec calme.

-Ma chère Amelia, voici les gardiens de la Terre du Milieu, me dit le Seigneur Elrond.
-Bienvenue, princesse Amelia, dit Galadriel.
-Vous êtes donc la terrienne dont tout le monde parle...
-Oui. Et vous, qui êtes-vous ? demandai-je au sorcier blanc.
-Ma chère Amelia, voici Gandalf le blanc. Tu connais déjà Radagast le brun et voici Lumina, la mage mauve gardienne de la protection de la Terre du Milieu.
-Pourquoi suis-je ici ? demandai-je à Gandalf.
-Nous sommes ici pour parler de vous et de votre frère.
-En quoi tout cela concerne-t-il mon frère ?

Comme Gandalf et les autres me parlaient avec calme, j'étais appuyée contre un pilier en les regardant discuter. Une fois, je me suis redressée, me suis avancée vers la table et y ai abbatu mon poing pour que tous me regardent. Lumina a vu de la peur dans mes yeux, mais aussi du courage. Gandalf m'a regardée, comme Saroumane, Radagast et Elrond.

-Je sais que votre rôle est de protéger les terriens, mais je ne suis pas seulement une princesse, je suis aussi une combattante. Ma famille et mes frères d'armes ont vu mes pouvoirs et ceux de mon frère. Je demande que vous acceptier que je quitte Fondcombe pour aller vivre à Erebor.

-Vous ne pouvez pas vivre avec ces nains ! objecta Saroumane.
-Je ne suis pas votre jouet ! J'ai fait une promesse à Thorin et je l'aiderai à récupérer Erebor. Adam me suivra pour y grandir comme il se doit.
-Mais, princesse, nous comprenons. Mais vous allez mourir à Erebor, dit Elrond, inquiet.
-Soit, alors je ne crains pas la mort une seconde fois. Et puis, qui d'entre vous est prêt à faire de même pour ramener la paix ? Je ne suis pas elfe, sorcière ou même hobbite, je suis moi, et fière d'être ce que je suis. Je n'ai aucune honte à être différente.
-Et c'est pour cette raison que vous ferez une bonne reine dans les temps à venir, dit Galadriel d'une voix douce. J'ai promis à votre compagnon d'être à vos côtés et je le ferai.
-Merci, Dame Galadriel.
-Je ferai de même, ma très chère enfant, dit Gandalf.
-Moi de même, ma petite, dirent en choeur Lumina et Radagast.
-Je persiste à croire qu'il n'est pas souhaitable de la laisser partir.
-Maître Saroumane, avec tout le respect que je vous dois, je ne vous appartiens pas, rétorquai-je. Je suis Amelia Savard, princesse terrienne et membre de la Compagnie de Thorin Oakenshield. Je dois ma vie à Thorin et à ma nouvelle famille.
-Que deviendrez-vous, à récupérer Erebor...
-Je ne suis pas seule et les Valars peuvent m'éclairer de leurs murmures.
-Alors je crois, Amelia, que tu mérites un cadeau.
Galadriel mit à mon cou un collier des Eldar de la Lorien. Radagast, Lumina et Gandalf me remirent un bracelet avec le dessin des terriens dessus.

À suivre...