Merci pour vos commentaires et toutes l'attention que vous accordez à mon histoire. Cela me fait super plaisir. Voici un tout nouveau chapitre. Je sais que je vous avais habitué à un rythme plus rapide, mais cela va être un peu plus compliqué à présent, car je viens de signer pour un CDD à temps plein, ce qui veut dire moins de temps pour écrire. Mais je peux vous garantir que j'ai bien l'intention d'écrire l'histoire jusqu'au bout.

disclaimer: au cas où des gens en doutaient encore, l'univers d'Hetalia et ses personnages ne m'appartiennent pas.

pairings: Belgique est à l'honneur dans ce chapitre, puisqu'en plus du Spabel que vous connaissez déjà, vous aurez à présent du Engbel. Et le duo que vous attendiez tous(tes) fait aussi son entrée.


Chapitre sept : une longue nuit

Emma regarda son fils dormir à ses côté sur leur lit de fortune. Le petit garçon avait des rêves agités et se mettait parfois à pleurer. Qu'est-ce que ces monstres lui avaient fait ? Il avait l'air traumatisé et elle ne savait pas quoi faire pour soulager son fils. Tout ce qu'elle pouvait faire pour le moment était de le serrer dans ses bras et lui chanter des berceuses, mais elle n'était pas sûre que cela suffise. Après tout, ces pirates pouvaient tout aussi bien recommencer à le brimer dès le lendemain matin. Et elle n'était toujours pas sûre du sort qu'ils leur réservaient. Elle se rappela comment sa conversation avec le capitaine s'était terminée.

Arthur Kirkland avait terminé son quatrième verre et continuait son numéro de pirate gentleman. Il lui promettait d'être tout à fait correct avec elle du moment qu'elle accepte de le considérer comme un ami. Mais voilà, il avait bu, il se tenait un peu trop près d'elle et il n'avait plus du tout les même manières qu'au début du repas. Elle commençait lentement mais sûrement à avoir peur de la suite des évènements.

Et puis, la porte s'était ouverte avec fracas et les deux pirates roux firent irruption dans la pièce.

- « Comment osez-vous ? » s'énerva Arthur.

- « Je pense que vous avez suffisamment discuté pour ce soir,» annonça Alistair. « Vous allez la reprendre demain matin une fois que vous aurez tous les deux bien dormi, bien réfléchi et dans ton cas, Artie, cuvé ton rhum. »

- « Je ne permettrais à personne de me parler sur ce ton. Je vais te faire fouetter et mettre au fer pendant une semaine. »

- « Et je ne te permettrais pas d'entraîner tout l'équipage dans ta malédiction, » répondit son grand frère du tac au tac sans être impressionné le moins du monde.

- « Une malédiction ? » demanda Emma, perplexe. Francis ne lui avait jamais parlé d'une malédiction.

Le deuxième garçon roux s'approcha de la jeune femme et la saisit par un bras.

- « Si Milady veut bien se donner la peine de me suivre, la séance est levée et reportée à demain pour permettre au jury de délibérer. »

- « Qu'est-ce que vous faites ? » s'affola-t-elle. Elle avait eu sa dose d'agitation pour la journée et elle ne voulait pas, en plus, être la cause d'une confrontation entre le capitaine et son équipage.

- « Ca ne se voit pas ? Vous avez constaté par vous-même qu'il ne tient pas l'alcool. Un accident arrive vite avec lui. »

- « Je résiste parfaitement bien à l'alcool et tout est sous contrôle. Alors laissez mon invitée tranquille et dégagez ! »

- « Arthur, tu ne me laisses pas le choix,» soupira Alistair en faisant craquer ses doigts. « Patrick, ramène la veuve à sa chambre tout de suite. »

Son compagnon obéit et emporta Emma malgré ses protestations. Elle entendit le capitaine crier, puis la porte se ferma et ce fut le silence. Elle n'aurait jamais cru que le bois puisse être un matériau si propice à l'insonorisation. Elle regarda autour d'elle. Le pont était à présent rempli d'hommes ivres. L'équipage avait grassement fêté sa victoire du jour. Certains la regardaient avec insistance, mais elle parvint à se contrôler.

- « J'ai le droit à des explications, non ? » demanda-t-elle. « Pourquoi êtes-vous intervenus ainsi ? N'allez pas me dire que c'est dans la tradition des pirates de contester ainsi le capitaine. »

- « Arthur est notre petit frère, à Alistair et à moi. Alors nous avons l'habitude de savoir quand il se prépare à faire une connerie. Et ce soir, il allait en faire une grosse. »

Emma trouva étrange que ce soit le plus jeune des trois qui soit le capitaine. Pourquoi n'était-ce pas ce terrible écossais si intimidant ou ce garçon-ci qui avait l'air assez intelligent ? Patrick devina ses pensées.

- « Il a des qualités indiscutables, il est meilleur au combat et il a le bateau », expliqua-t-il.

Le bateau ? Quelle étrange excuse. Un bateau, ça peut changer facilement de propriétaire. Mais elle se rappela une des histoires de Francis.

« Le petit lapin navigue avec ses deux frères sur un bateau enchanté. Le bateau est très rapide, solide et maniable, mais il a la particularité de n'obéir qu'à Arthur. S'il a ordonné à une porte de rester fermée, elle restera fermée. S'il lui a ordonné de s'arrêter et de ne plus bouger, on pourrait utiliser cinq bateaux pour le remorquer que le vaisseau resterait toujours sur place. Je peux te garantir que cela nous a posé un sérieux problème lorsque nous les avons capturés pour la première fois. »

A l'époque, Emma avait sourit car elle ne croyait pas à la magie. Elle n'y croyait toujours pas, mais elle devait admettre que c'était plutôt intriguant. Et les deux frères aînés avaient l'air d'avoir peur d'une malédiction. Etait-elle liée au navire ?

- « Et qu'est-ce que c'est que cette histoire de malédiction ? »

- « Ca ne vous regarde pas. »

- « Je crois que si ! Vous êtes intervenus parce que vous aviez peur que je puisse jouer un rôle dedans. »

- « Ca n'empêche pas que vous n'avez pas à en savoir plus. »

Ils arrivèrent devant la porte de la prison de la jeune femme.

- « Attendez, où est mon fils ? Votre frère l'avait emporté tout à l'heure en disant qu'il… »

L'homme sourit.

- « Comme le petit avait encore de l'énergie à revendre et qu'il se plaignait du repas, on l'a envoyé à la cuisine où il est de corvée vaisselle. On vous le renverra quand il aura fini. Et une dernière chose. Vous ne devriez pas vous faire trop d'illusion sur la suite des évènements. Nous sommes certains à cent pour cent que notre voleur de Trésor est bien votre mari. S'il ose essayer de venir vous délivrer, vous le verrez plus que certainement mourir devant vos yeux. Vous feriez mieux de vous préparer à cette idée. Je crois qu'il est inutile de vous souhaiter bonne nuit.»

Et il referma la porte, laissant la jeune femme seule à ses pensées. La situation n'avait certes pas l'air brillante, mais ce Patrick lui avait annoncé malgré-lui une nouvelle absolument merveilleuse qui venait de libérer la « veuve Carriedo » d'un terrible fardeau : Antonio était vivant, et Lars ne l'avait pas tué. Les pirates ne devaient certainement pas se rendre compte du bonheur qu'ils venaient de lui donner. Pourquoi n'avait-il pas essayé de revenir où simplement de la recontacter était certes étrange, mais cela son épouse ne s'en souciait pas pour le moment. Il était vivant, et il était quelque part sur cet océan.

Une bonne heure plus tard, d'autres pirates virent ramener un Lovino endormi. L'homme qui le portait dans ses bras avait une tête d'honnête homme, avec une tignasse qui le faisait ressembler à un mouton. Il était suivit par deux enfants d'une douzaine d'année qui se ressemblaient assez fort et apportaient quelques couvertures. Ils étaient blonds. L'un avait une petite mèche rebelle pointant vers le ciel. L'autre avait les cheveux plutôt bouclés, avec une fine mèche encore plus bouclée qui pendouillait devant son visage. Ils avaient tous les trois l'air gentil.

- « J'espère que vous ne vous êtes pas trop inquiétée. Nous avions beaucoup de travail à la cuisine et nous venons juste de terminer. »

Il confia l'enfant à sa mère.

- « Je m'appelle Peter et suis le cuisinier du navire, et les deux mousses s'appelle Alfred et Matthew. Je me suis occupé de votre fils après le repas. Il n'a pas eu l'occasion de beaucoup manger pendant le repas, alors je lui ai donné un petit morceau en plus. »

Emma le remercia pour cette attention.

- « Demain, il est possible que le capitaine me le re-confie. Vous devriez lui demander de pouvoir nous rejoindre. Personne ne viendra vous embêter en cuisine. »

- « J'y réfléchirai. Merci encore. »

- « Alors bonne nuit, Madame. »

- « Bonne nuit. »

Ces trois-là étaient certainement les seules personnes fréquentables du navire. Emma allait tout faire pour pouvoir travailler en cuisine avec eux. Elle se sentirait un peu plus rassurée, même si elle était convaincue que le capitaine reviendrait à la charge tôt ou tard.


- « Je peux savoir ce que c'est que ce cirque ? » cria un Arthur furieux et menotté à son lit.

- « Arrête de te plaindre, tu veux ? Si nous étions arrivés cinq minutes plus tard, c'était Madame Carriedo qui se serait retrouvée menottée à ta place, et c'est la dernière chose dont nous aurions eu besoin, » le gronda son frère aîné.

- « Ne me prête pas les habitudes de ce frog de malheur ! Je suis cent fois plus civilisé que lui, » vociféra le capitaine.

- « Ne nous fait pas rire. Tu t'es comporté avec elle exactement de la même façon que lui avec toi lors de nos première et deuxième captures… »

- « Il était bien plus vulgaire et déplacé. »

- « Oh, c'est vrai. J'oubliais qu'il t'avait surnommé petit lapin et t'avais mis une main aux fesses, » répondit Alistair avec un demi-sourire. « Mais tu ne me feras pas croire que tu n'avais pas l'intention de mettre Madame dans ton lit. »

- « Et quand bien même, qu'est-ce que ça change ? Cette fille est la femme d'Antonio et c'est ma prisonnière. »

Son grand frère soupira.

- « Tutur, tu ne sais plus ce que tu dis. Tu sais très bien que tu es certainement l'unique marin au monde qui n'a pas le droit de tomber amoureux. »

- « Je n'ai pas l'intention de tomber amoureux ! Tout ce que je veux, c'est voir la tête d'Antonio lorsqu'il verra sa femme dans mes bras et son propre fiston m'appeler papa. »

- « Alooors… laisse ton grand frère t'expliquer un ou deux trucs sur les grandes lois de l'amour… »

- « J'ai pas besoin de tes conseils. Détache-moi immédiatement ! »

- « Ta seule expérience amoureuse a consisté à te faire maudire par une sorte de nymphe de l'océan. Tu as besoin de conseils. Ton existence est en jeu. Comment fonctionne la malédiction déjà ? »

Alistair pris une voix de vieille grand-mère et déclama : « Si tu trouves ton âme sœur, que tu l'aimes et qu'elle t'aime en retour, le navire aura perdu son utilité et il redeviendra un vaisseau ce qu'il y a de plus normal, et vous vivrez ensemble jusqu'à la fin de votre modeste vie de mortels. Par contre, si la femme dont tu t'es épris te repousse, au coucher du soleil, le navire te ramènera ici et tu seras à moi pour l'éternité ! »

- « Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? » Arthur était définitivement trop ivre et furieux pour réfléchir convenablement.

- « Scénario numéro 1 : tu fais passer madame Carriedo à la casserole dès ce soir. Elle ne peut pas dire non vu que son fils est aussi ton prisonnier. Mais comme tu es un imbécile, avec le temps, tu vas t'imaginer qu'elle t'aime vraiment. Un jour, sans prévenir, tu vas lui déclarer ta flamme. Là, elle te colle une baffe et le soir même, le Migratory Bird engloutit tout le monde. C'est le scénario qui a le plus de chance de se produire. »

Arthur ne répondit pas, mais ses yeux étaient toujours étincelants de colère.

- « … Scénario numéro 2 : tu te la joues gentleman et sexy et prends ton temps pour la draguer. Ton objectif final est toujours d'emmerder Tonio le dément en lui piquant sa femme. Mais comme le veut la grande loi n°1 de l'amour, celui qui pense qu'il ne tombera pas amoureux est toujours le premier à tomber amoureux. Vient le moment de l'échange ou du combat, et là, tu ne veux pas rendre ta conquête à Tonio. A cet instant, je te parie tout ce que tu veux qu'elle choisira son légitime époux, qu'il y aura un gros bain de sang et qu'à la nuit tombée, le Migratory Bird emportera les survivants dans l'étrange royaume de ta chère nymphe… »

Et Alistair continua d'énumérer des scénarios où, quelle que soit la façon dont Arthur tente de séduire Emma, cette dernière finit par le repousser et la malédiction par s'accomplir.

- « Scénario numéro 12 : Il existe une infime possibilité de l'ordre de 0,01% qu'elle tombe réellement amoureuse de toi et qu'elle accepte de rester. A ce moment, le Migratory Bird perd tous ses pouvoirs et cette fois-ci, nous ne pourrons plus échapper à l'amiral Bonnefoy. Il te fera alors passer un sale quart d'heure, ramènera sa famille en Europe et tu ne reverras plus jamais ta dulcinée. »

- « Tu as de l'imagination quand il s'agit d'inventer des tragédies, » maugréa Arthur.

- « Je suis sérieux, Arthur. Nous ne voulons pas te perdre une seconde fois. La possibilité que la malédiction s'active est énorme si tu te mets à jouer avec cette femme. »

- « Et puis quoi encore ? Je devrais les laisser partir à Tranquebar come si rien ne s'était passé ? Nous avons une occasion en or de nous venger de l'amiral Bonnefoy, Lars Van Dijk et Tonio et tu me dis de ne rien faire ? »

- « Hé, je n'ai pas dit ça. Je déteste Lars et Tonio autant que toi… »

Il n'avait pas mentionné Francis car il trouvait ce dernier plutôt drôle. Le fait de devoir trouver un moyen de lui échapper presque chaque année commençait à devenir lassant, mais Alistair devait reconnaître que le français le faisait rire à chacune de leur rencontre, que ce soit par son style extravagant ou la façon dont il taquinait Arthur. Car oui, l'amiral n'était pas méchant. Il s'amusait juste à faire enrager le capitaine du Migratory Bird et y arrivait drôlement bien.

- « … Je veux juste que tu comprennes que ce n'est pas un jeu pour nous. »

Arthur resta silencieux et fit mine de bouder.

- « J'espère que je n'ai pas tord en supposant que tu as compris que tu n'as pas le droit à l'erreur. »

Son petit frère ne réagit pas.

- « Bien, maintenant, si tu me promets que tu laisseras les Carriedo tranquilles ce soir, je pourrais éventuellement te libérer. »

Arthur bredouilla un « d'accord, je te le promets. »

- « J'aime mieux ça, » fit l'Ecossais en poussant un soupir de soulagement. Il délivra son capitaine.

- « Maintenant, dors bien et dégrise bien, » ajouta-t-il en recouvrant son frère de couvertures.

- « Just go to hell! » vociféra le malheureux ivrogne.

Alistair quitta la cabine. Quelques minutes plus tard, Peter et les mousses passèrent chercher les restes du repas et déposer une tasse de thé à la camomille. Arthur ne réagit pas. Il commençait à avoir sérieusement mal à la tête. Il n'avait certes plus envie de voir Mme Carriedo pour ce soir, mais était toujours furieux contre l'intervention de ses frères. Il devait les punir. Il finit par se lever, boire sa tasse de thé et sortir sur le pont pour prendre l'air. Lorsqu'il fut assuré que ses deux frères s'étaient retiré dans la cabine de Patrick, il s'approcha de leur porte et susurra une formule magique : « Precious friend, jusqu'à nouvel ordre de ma part, tu resteras fermée. » Une brève lueur apparut dans la serrure. Arthur ricana. « Bien fait pour vous, ça vous apprendra !


Sinon, comme des gens semblent encore en douter, dans le rôle du deuxième mousse Matthew; mon meugnon petit Canada.

Et je rappelle que le chef cuisinier Peter est interprété par Nouvelle Zélande.