Bonjour ! Et non nous ne sommes pas mortes, en état de décomposition dans un endroit sombre.
Mais bon entre les contrôles continus et les partiels le temps pour écrire s'est fait rare. Mais nous revoilà avec un nouveau chapitre, nous espérons qu'il vous plaira ;)
Merci comme toujours pour vos reviews !
Neko: Héhé fameux n'est ce pas, mais nous n'avons pas poussé le vice jusqu'au tout aussi célèbre crotte de nez XD
Anonyme : Rassures-toi nous sommes toujours là et la fiction continue ;) Merci de ton intérêt et ton enthousiasme !
caradya: Mais de rien bien sûr que nous répondons ! *part en croisade pour défendre les droits des revieweurs*
Oh non Momo ne va vraiment pas être content mouhahaha, et il faut bien que les choses s'améliorent un peu entre nos deux petits colocataires ...enfin attends de lire ce chapitre (et ne tue pas ) XD Pour le hibou, bonne question je ne sais absolument pas si on dit "oreilles" (ça m'étonnerait quand même xd) mais chuuuuut on va dire que oui, personne n'a rien vu ;) Nous te remercions pour ta review toute gentille ^.^
elrick363 : Le retour ! Ne t'inquiètes, nous aussi nous jouons aux ressuscitements XD (non non ça ne se dit pas du tout xd) Si on s'associe on jouera au come back des morts vivants xd Merci pour touuuus tes compliments *w* la bataille des dragées surprise entrera dans l'histoire ;) Nous nous sommes bien amusées à l'écrire ce bout là XD Et personnellement je dis : voilà un hibou intelligent, il a vite compris où était son intérêt mdr Merci pour ta review ! Et pour ton retour !
Chapitre VII
Visite et prise de bec
POV Sherlock
Un sourire vicieux sur le visage, j'ensorcelai un réveil à l'ancienne auquel il poussa de petites pattes. Je posais l'objet au bas des marches, le laissant se diriger vers la forme allongée sur le canapé.
J'allais tranquillement m'asseoir sur le fauteuil en face, faisant un petit signe au réveil qui se déclencha en grandes pompes.
Un drinnng drinng d'outre tombe retentit, vrillant toutes oreilles d'un carillon strident des plus désagréables comme un marteau piqueur ultrasonique. John bondit du canapé, enroulé comme un vers dans sa couette, il se tortilla en vain, complètement paniqué et pour finir s'écrasa sur le sol avec la grâce d'une vache affublée d'une seule aile déplumée.
Je ris légèrement on le voyant ainsi avachi.
« Cesse de faire le clown John. Tu as largement dormi, on doit se dépêcher. »
Un grognement à la fois douloureux et hargneux me répondit.
Une tête blonde ébouriffée émergea des plis de la couette, j'ignorais totalement le regard vengeur que John m'adressa. Il râla d'un ton pâteux :
« Qu'eche qu'il che pache ? »
« Rien. »
Il mit un peu de temps à réagir. Le démarrage était long au saut du lit apparemment. Au saut du lit dans tous les sens du terme d'ailleurs.
« Quuuuoi ? Comment ça rien ? Il est -il consulta la pendule- six heures ! »
« Et bien ? C'est une heure tout à fait convenable. Je me trouve très civilisé, j'aurais pu te lever à cinq heures par exemple, et je t'ai gentiment réveillé. De quoi te plains-tu ? »
Abasourdi, il me fixa la bouche un peu entre ouverte.
J'attendis patiemment -environ trente secondes- le temps que l'ex soldat retrouve toutes ses minables capacités de communication.
« Gentil ?! Tu appelles ça être gentil ?! »
« Bien sûr. » Je me levais souplement en ajoutant : «Prépare-toi en vitesse on est parti dans dix minutes. »
« Où ça ? »
« Chez toi. Tu as déjà oublié ? Tes fonctions cognitives sont réellement aussi performantes que celles d'un poisson lyophilisé. »
« Pourquoi si tôt ? » Il cacha sa tête sous la couverture.
Je donnai un léger coup de pied agacé dans le semblant de larve qui se traînait sur le plancher.
« Cette garce d'Adler peut débarquer d'un instant à l'autre. »
Après un harcèlement aussi intensif que fructueux, John et moi arrivions au coin de la rue exactement treize minutes plus tard.
« C'est ici. » Dit John.
Le taxi s'arrêta, je réglai la note et nous descendions devant un immeuble sans charme de style industriel. L'intérieur de l'immeuble était conforme à l'extérieur.
Certains bâtiments renferment quelques surprises insoupçonnées. Pas celui ci.
Je foulais le tapis râpé jusqu'à la trame, grimaçant en voyant une affreuse plante verte en plastique aux branches délavées. La poussière n'avait pas été faite depuis au moins quatre mois dans les communs. Le loyer ne devait vraiment pas être élevé, malgré la proximité du centre ville.
John fouilla dans sa poche et s'arrêta devant une porte.
Une porte quelconque, commune. Semblable à toutes les autres portes.
Mais chaque porte ouvrait sur un univers. J'allais découvrir l'univers de John Watson.
Nous débouchions à l'intérieur d'un petit appartement, le plafond bas me donna l'impression d'entrer dans un cercueil.
Et c'est un peu l'impression générale que me firent les lieux. Un cercueil.
La décoration quasiment inexistante était froidement impersonnelle.
Comment un agent immobilier pouvait habiter dans ce genre d'endroit ?
L'ennui et le dégoût du quotidien étaient gravés sur les murs nus, rampaient sous les meubles, rôdaient dans les angles des pièces.
Et la pauvre lampe accrochée au plafond qui jetait sa lumière clinique éclairait cruement le décor comme les néons éclairaient les morgues ne faisant que souligner l'atmosphère affreusement triste au rythme des discrètes vacillations de son câble d'alimentation.
Oscillations mélancoliques du temps qui passait sans retour. Oscillations de mort aussi.
La mort qui s'approchait un peu plus à chacun de ces balancements réglés, symptomatiques d'une vie morne, répétitive et sans saveur.
Balancements qui faisaient vivre les particules de poussière dans le halo blafard de lumière.
Une ampoule solitaire ne remplacera jamais une étoile.
Je me sentais oppressé sous l'assaut de la tristesse et de la banalité suintant de l'appartement.
Comme enfermé dans une cage trop petite pour moi
Et Dieu savait que à quel point j'exécrais me sentir en cage.
John m'adressa un regard hésitant, je lisais dans ses yeux qu'il voyait la même chose que moi.
Je ne fis aucun commentaire cependant et me contentai d'ouvrir une fenêtre pour faire entrer un peu de mouvement dans l'immobilité pesante de l'appartement.
John se racla la gorge, gêné, en disant :
« Je vais chercher mes affaires. »
Je hochai la tête, observant plus attentivement l'endroit, ne prêtant pas attention à John qui partit
vers sa chambre.
J'avais sous les yeux toute la morosité mortuaire de la vie de John Watson.
Cherchant quelque chose de bizarrement moldu à étudier, je me dirigeai vers la cuisine.
Il y avait toujours des instruments à l'utilisation obscure dans les cuisines moldues.
C'était une cuisine à l'américaine, donc ouverte sur le salon grâce à un plan de travail.
Je m'y rendis tripotant machinalement un minuteur en forme de champignon vert que j'avais trouvé sur le plan de travail. J'ouvris tous les placards, faisant tomber un gant de cuisine sur une étrange machine composée d'un socle avec un bouton à molette surmonté d'une sorte de cafetière coiffée d'un tube en plastique.
Quelle était cette chose ?
J'observai la volumineuse babiole avec intérêt.
Une quelconque machinerie de torture alimentaire sans doute. Le gant était tombé sur le tube, il glissa et tomba devant le socle de l'objet non identifié.
En voulant le retirer j'actionnais le bouton par inadvertance.
Un grondement sourd empli la pièce de vibrations basses. Un bruit monstrueux de fin du monde.
Je me jetai en arrière et parti me réfugier derrière le bar.
John arriva à cet instant précis, me voyant glisser sur le dessus du bar pour me cacher derrière, la baguette pointée sur la machine qui tressautait sur place comme si elle allait exploser d'un instant à l'autre. J'allais la faire exploser avant.
« Sherlock ? »
« Recule-toi, y a une bombe dans cette cuisine ! »
« De quoi parles-tu ? ….Tu ne parles quand même pas de mon blen -»
« Confrigo ! »
John se jeta sur moi et dévia la trajectoire de mon sortilège qui fit exploser un placard.
« John ! » m 'exclamai-je avec colère.
« Qu'est ce qu'il te prend ? Tu veux faire sauter mon appartement ou quoi ? » Il m'arracha ma baguette des mains.
« Rend- moi ma baguette ! »
« Hors de question ! Confisquée ! » Répliqua férocement le moldu.
« Tu entreposes des armes ici ! Ce machin va nous attaquer d'un instant à l'autre, bon sang ! »
Je désignais l'hybride de cafetière qui vrombissait comme une armée de frelons en colère.
Mon instinct était en alerte rouge et me disait que le dit machin allait causer de graves dégâts.
J'attrapai John pour détaller vers la sortie, mais il résistait. Je tirai d'un coup sec pour qu'il me suive, sans succès. Il voulait mourir ? Il était suicidaire ?
Son corps était bizarrement parcouru de tremblements. De plus en plus violents.
Perdant quelque peu mon sang froid, je le secouais. Mon cœur battant à tout rompre à cause de la machine de guerre qui imprimait l'urgence dans chaque fibre de mon corps en grondant comme les trompettes de l'Apocalypse.
« John ! »
« John ! »
« Qu'est ce qu'il t'arrive ? C'est la machine c'est ça ? Elle a des effets bizarres ? »
« Tu te sens bien ? »
« Parle ! »
Son visage se contorsionna jusqu'à devenir rouge pivoine. Inquiet je le secouai encore, l'exhortant à parler et brusquement il éclata de rire.
Éclata. De. Rire.
Je me figeai. Incompréhension.
John redoubla dans son fou rire, il en pleurait.
Je croisai les bras, le visage renfrogné. Toujours hérissé par le bruit qui résonnait dans mes os.
Le moldu réussit à hoqueter péniblement.
« Tu...Tu...Toi le graaand sorcier tu...ahaha non...tu as peur de...de...ahah non c'est trop... »
Il repartit pendant deux bonnes minutes.
Je roulais des yeux.
Finalement il essuya ses yeux larmoyants en se tenant le ventre. Il inspira un grand coup.
« Sherlock...Je t'assures que la machine n'est pas dangereuse. C'est un innocent ustensile de cuisine. »
« Rien n'est jamais innocent » Aboyai-je, pas le moins du monde convaincu.
Il se dirigea vers le soit disant ustensile.
« Allez viens. »
«Rêve ! »
Je me cachais prudemment derrière le bar. Je n'avais vraiment aucune confiance en les fabrications moldues. Tous les « made in » moldu partaient déjà avec un sacré handicap dans la vie. Typiquement le genre d'objets qui vous rendaient borgne à peine mis en route ou vous arrachaient une partie du visage tant qu'à faire.
Non que cela ne pouvait pas être profitable dans certains cas pour le dernier point.
John se dirigea bravement vers l'infernal vrombissement.
« Ne dis pas que je ne t'avais pas prévenu « Criai-je, seuls mes yeux dépassaient du bar.
Il tourna le bouton et la machine se tu.
Incrédule je me relevais d'un bond, John se tourna vers moi avec un grand sourire.
« Ceci est un blender, Sherlcok. C'est utile pour faire des jus et des purées. »
« ….. »
« Tu ne me crois pas ? »
« ….. »
« Ok. Dééémonstration. »
Il attrapa une orange, la prépara et la passa dans le blender.
Il se retourna en brandissant un jus d'orange après plusieurs secondes durant lesquelles la machine crachota et tremblota comme si sa dernière heure était venue.
« Et voilà. C'est magique non ? Viens essayer.» Rigola-t-il.
« Allez viens, il ne t'arrivera rien, promis. »
Je m'approchais timidement. John me tandis une autre orange.
Quelques minutes plus tard j'avais un résultat tout à fait convenable.
Les yeux brillants, je calculais tout ce que je pourrais faire avec cet objet. Très efficace pour les potions par exemple.
« Pratique hein ? Et encore tu n'as pas vu la fonction purée...- »
« Je le veux. »
Je fis mon meilleur regard de chien battu à John.
« Je le veux. »
C'est avec un sourire triomphant que fermais la porte de l'appartement.
John venait de sortir avec son sac et le blender sous le bras.
J'avais gagné.
Il suffirait que je bidouille l'appareil pour qu'il supporte la charge magique imprégnant mon propre appartement. Je mettrai Mycroft sur le coup. Ça lui changerait des affaires gouvernementales.
« Tu as pris des appareils technologiques ? »
« Oui. Mon portable. »
« Tu ferais bien de le garder éteint. Il ne va supporter l'environnement magique sinon. »
« Tu pensais vraiment que le blender allait nous faire exploser? » Pouffa John.
« ….Les objets moldus ont un taux de fiabilité proche de la nullité. Et je te ferais remarquer que tu as explosé. Pas à cause d'une machinerie infernale issue du cerveau d'un malade mental, je te l'accorde. Mais tu as explosé. »
Il m'adressa un regard interrogateur.
« De rire. »
POV John
De retour chez Sherlock, je me sentais plus vivant, comme si cet appartement avait pris une partie de mon âme.
Je m'installais donc confortablement près du canapé, rassemblant le peu de vêtements que j'avais.
Les piles d'habits installées en équilibre près du meuble, je me posai enfin dans le fauteuil, lâchant un soupir satisfait.
Sherlock qui revenait de la cuisine, ayant récupérai mon blender pour l'améliorer selon lui, observa les fringues d'un œil suspicieux.
Il se permit même de rire sous mon nez, ce qui me vexa aussitôt.
« Quoi ? Il y a un problème ? »
« Non aucun. » Répondit il en souriant.
« Arrête de te moquer, ce n'est vraiment pas drôle. »
« Moi ? Voyons John, jamais je n'oserais. » Dit il en s'installant élégamment en face de moi, il jeta encore un coup d'œil vers les piles.
Je croisais les bras, en rouspétant :
« Dis-le ce qui te fait tant rire...»
Il resta muet, me regardant avec un sourire taquin mi-jouer, mi-moqueur.
«Grotesques. »
« De ? »
« Immondes. »
« Enfin quoi ? »
« Hideux. »
« Sherlock ! »
« Hum oui ? »
Je m'agitais, levant les bras vers le ciel comme pour implorer une dignité quelconque de me sauver de cet homme trop imbu de lui-même.
« Pourquoi utilises-tu des adjectifs péjoratifs comme ça ? Dans le vent ? »
« Ce n'est pas dans le vent John. »
« Alors quoi ? J'ai une tache sur mon pantalon ? » m'agaçai-je en me levant près à quitter la pièce.
Sherlock pouffa en sortant sa baguette magique, il lança un sort sur la pile de pulls qui se soulevèrent et se suivirent à la chaîne.
Un peu comme dans les dessins animés.
Mes pulls, environ une vingtaine étaient alignés en rangs d'oignons entre nous.
Le sorcier s'amusait à les faire changer de couleur, de longueur.
« Sherlock ! » M'offusquai-je « Ce sont mes vêtements !»
« Vu leurs têtes, j'appellerais plus ça des chiffons. »
« Sherlock Holmes ! »
Il se retint d'éclater de rire, et envoya les vêtements partout dans le salon, créant une tornade d'habits autour de nous, j'essayais d'en rattraper quelques uns, faisant des petits bons ridicules, il fallait se l'avouer.
Il se moqua, riant sous mon nez, créant des formes d'animaux, des cercles.
Je soupirai agacé et reçu tout mes pulls sur la tête.
Je craquai les os de mes doigts en me retenant d'exploser.
Sherlock me regardait toujours avec son air innocent et lâcha :
« Je faisais du tri dans tes habits. »
« Tu parles ! Je vais devoir tout replier ! »
« Inutile, mets les au feu »
« Tu es vraiment égoïste ! » Crachais en ramassant les pulls mollement par terre, formant une boule contre ma poitrine.
J'allais maugréer Sherlock quand la cheminée se mit à faire des étincelles, effrayé par les bruits et la soudain lumière je laissai tomber mes habits par terre.
Ce qui me valut un sourire du brun qui se dirigea vers la cheminée.
Accroupit devant le feu, il remua les cendres lentement, marmonnant quelque chose sur mon look des années soixante.
« Mycroft quelles mauvaises nouvelles as-tu à m'annoncer ? »
Ah tiens il était là lui, dans les cendres.. Ils ne pouvaient pas faire comme la plupart des gens normaux et envoyer un message, ou même un hibou !
« Mademoiselle Adler n'est pas venue je présume ? »
« Oh tu es devin mon cher frère ? »
« Cesse donc... J'ai reçu un hibou m'informant de son absence de dernière minute »
« Que c'est bête » Ironisa Sherlock en se pinçant les lèvres « J'espère que tu ne l'invitera pas pour le thé. »
« Sherlock, amène John dans les labos, nous devons lui faire passer plusieurs tests »
« Et si je ne suis pas d'accord » Intervins-je en m'accroupissant à côté de Sherlock.
« Oh bonjour John, vous allez bien ? »
« Réveil quelque peu secoué »
« Parfait, je vous revois aux labos »
Sherlock et moi atterrissions en catastrophe dans le hall des cheminettes.
C'est à dire en roulé boulé très élégant, servant pour ma part de cousin au sorcier.
Après avoir emprunté la cheminée, le voyage ne s'était pas passé sans bobos.
Et nous avons tourné en rond avant d'atterrir enfin au ministère.
Le système étant de plus en plus défectueux, quand nous avons transplanté, nous nous sommes retrouvé à tourner dans un sorte de cortex étrange, qui me donna vite le tournis.
Puis nous avons atterris dans plusieurs cheminées, sans jamais trouvé la bonne.
Entre celle de couple moldu, d'une vielle bâtisse, d'une boulangerie...
Je me demande combien de sortes d'amnésie Sherlock avait utilisé en moins d'une demi heure.
Aussitôt tombé aussitôt debout, Sherlock rajusta sa chemise alors que moi je me relevai seulement frottant mon postérieur endolori.
Il foudroya la foule de son regard revolver, maudissant le responsable le transformant en de la pâté pour chien.
S'élançant rapidement dans les couloirs, je dû presque courir, une de ses enjambées représentant deux des miennes.
Arrivé en face de l'ascenseur, il me poussa à l'intérieur, restant dehors.
Tout en appuyant sur un bouton il déclara :
« J'ai des choses à régler, la salle d'examens sera directement sur ta droite »
« Que…quoi tu me laisses seul ici ? »
« Tu as su te débrouiller la première fois » Se moqua t-il faisant demi-tour.
L'ascenseur se referma sur sa silhouette de dos déjà bien loin.
La cage métallique s'ouvrit sur un couloir nu de décoration et vide de personnalité.
La science est objective et sans sentiment.
La science est nue de jugement.
J'avançai me dirigeant directement sur ma droite, mais ne rencontrai aucune porte.
Sherlock avait dû confondre avec la porte de gauche, ce qui m'étonna, il avait dû s'amuser à me faire perdre mon temps.
Je me tournai donc vers la grosse porte de bois, toquant timidement contre.
S'il croyait que j'étais aussi bête que ça, il aurait des surprises en me revoyant.
La porte s'ouvrit sur une charmante demoiselle aux cheveux cuivrés.
Et à y faire plus attention, elle ressemblait fortement à la jeune femme que j'avais percuté avec son tas de feuilles.
Elle me sourit, surprise de me voir.
« Bonjour que puis-je faire pour vous ? »
« John Watson, enchanté ! » Avais-je déclaré sans réfléchir les joues en feu, le souffle court et ma main tendue vers elle.
Le jeune femme me regarda, se mordillant les lèvres, son sourire s'agrandit.
« Sarah Sawyer, enchantée. »
Je restai bégayant devant l'ange tombé en face de moi, me surprenant à détailler chaque courbe de son visage.
La demoiselle me coupa dans mes pensées.
« Que faites-vous donc ici ? »
« Je...je cherche la salle de laboratoire. »
Elle parut étonnée, faisant les yeux ronds.
« Monsieur Watson, les laboratoires sont à l'autre bout de bâtiment. »
Sherlock Holmes, salaud, tu m'as bien eu à me faire prendre la mauvaise direction.
Je me sentis idiot et honteux devant Sarah, et baissai la tête pour ne pas rencontrer son regard ahuri.
« Je crois que je me suis trompé, en fait…..une... connaissance m'a indiqué le mauvais chemin. »
J'hésitais sur le terme en employer pour qualifier Sherlock.
« Une connaissance ? »
« Sherlock Holmes. »
Elle ne fit aucun commentaire et roula des yeux.
Je compris aussitôt qu'elle ne devait pas l'apprécier. Et qui l'appréciait de toute façon.
« Je vais donc faire le chemin inverse. » Annonçai-je, déçu de ne pas passer mes examens avec la belle.
« Désirez-vous que je vous accompagne, Monsieur Watson ? »
« Appelez-moi John. » Dis-je en retrouvant le sourire.
Nous reprenions donc l'ascenseur ensemble, il me semblait bien à l'étroit cette fois ci.
Ma main effleura la sienne tenant la barre de fer.
Je la retirai aussitôt en rougissant.
Elle me sourit timidement en replaçant une mèche de ses cheveux cuivrés derrière son oreille.
Je lui souris aussi, mes joues en feu.
J'étais vraiment très mal à l'aise avec la demoiselle.
L'ascenseur arriva à l'endroit désiré.
Elle sortit en première, me laissant le plaisir de contemple son dos nu dans son magnifique tailleur noir.
Je la suivis de près, nos mains se touchant de temps à autre.
Sarah ouvrit une porte en métal sur laquelle était écrite «Laboratoire»
Je déglutis et entrai dans la pièce stérilisée.
« Je vais vous laisser ici John. »
« Merci beaucoup...»
«Oh je pourrais...avoir votre numéro ?» Demandai-je parlant vite pour avaler mes mots.
«John. Je suis une sorcière. » Avoua-t-elle.
Je me tapai le front de ma main. Quel idiot je faisais.
«Oh oui c'est vrai. »
«Je vous enverrai un hibou. »
En espérant que Sherlock ne l'intercepte pas avant et qu'il n'en fasse du rôti de hibou.
«Vous n'avez pas d'animal de compagnie John ? »
«Euh, non on ne m'en a pas spécialement parlé. »
«Nous pourrions aller voir ensemble. Si vous le désirez bien sûr. »
«Oui. Euh il faut que j'en parle à Sherlock. »
«Sherlock Holmes ? je croyais que c'était une connaissance ? »
«Oui mais en réalité je suis son...colocataire !»
«Oh...» Fit elle, alors que je sentais le sous entendu sur une quelconque relation entre lui et moi naître dans son esprit.
«Nous ne sommes même pas amis ! » Essayai-je de la rassurer en levant les mains vers elle.
Délicatement, comme une plume qui tombe gracieusement au sol, elle posa sa main sur mon épaule.
«Je vous enverrez un hibou. » Répéta t-elle.
Je ne savais pas si elle croyait en moi, mais j'étais légèrement plus rassuré
Des hommes en tenues oranges criardes s'avancèrent vers moi. Ils ne me posèrent aucune question
Et alors que Sarah quittait la pièce en souriant je me couchai sur une table blanche, des dizaines de mains autour de moi.
Des baguettes qui lançaient de la fumée de toutes les couleurs.
Je fus d'abord ausculté normalement, des mains tâtant mes muscles.
Puis je passais aux radios, aux scanners etc…
Ils ne trouvèrent rien d'étrange.
Enfin ils passèrent aux sorts magiques, et des couleurs multiples sortaient de mes oreilles, mes narines, et même de mon nombril.
Je regardais, inquiet, un scientifique.
« Ne soyez pas inquiet, ce sont des sorts inoffensifs. »
J'acquiesçai en regardant ailleurs, quand tout à coup un des hommes se racla la gorge.
« Nous n'avons rien trouvé qui concerne la fleur, vous pouvez retourner dans le bureau de Monsieur Holmes »
J'obéis en silence, remettant le pull qui m'avait été retiré et repris le chemin inverse, espérant croiser Sarah, mais par mal chance je tombai directement sur le bureau de Mycroft.
Je longeai le couloir en silence, entendant les voix des deux frères s'élever.
POV Sherlock
J'ouvris la porte du bureau de mon frère sans m'embarrasser de m'annoncer en frappant à la porte.
Je ne m'embarrassai pas non plus des politesses.
« Qu'est ce que tu veux encore ? »
Mycroft ne répondit pas. Il continua de noircir un parchemin de son écriture fine et penchée.
Il traçait ses lettres avec application, replongeant de temps à autre sa plume noire aux reflets d'incendie dans l'encrier.
« Mycroft ! »
Il ne releva pas la tête. Image même de la calme concentration. Je tapotai mes doigts sur la table.
Pas le moindre regain d'intérêt.
J'arrêtais les frais.
« Très bien. Je m'en vais. »
De qui se moquait-il ? J'avais autre chose à faire que de jouer la potiche de décoration dans le salon ridiculement grand qu'il appelait son bureau. Mais personne n'était dupe. Il ne manquait que le divan et je ne doutais pas qu'il y avait quelques bouteilles de Whisky dans un tiroir.
Je tournais les talons en un mouvement ample de manteau.
« Sherlock. »
Je me stoppai, la main au dessus de la poignée.
Mycroft avait relevé la tête et me regardait cette fois droit dans les yeux.
Il reposa sa plume lentement, veillant à ne pas faire de taches.
« Sherlock, viens t'asseoir. »
« Ah. Tu daignes enfin me parler après m'avoir convoqué arbitrairement ? Merci pour cette attention imméritée votre sainteté...»
Il ne se démonta pas, mais je perçu avec satisfaction un léger éclat dans ses yeux sombres.
Un petit frémissement sur le marbre de son visage.
Énerver Mycroft était définitivement une activité que j'adorais pratiquer.
« Viens t'asseoir. » Répéta-t-il.
Je m'exécutais de mauvaise grâce.
« Qu'est ce que je fais ici ? »
« Cher frère...connaîtrais-tu, à tout hasard, le minimum de courtoisie requis quand une personne entre dans une pièce ? »
«Je te laisse les mondanités, moi je m'occupe de la réalité. Pas de la ...politesse. »
« Hum. »
Il joignit ses mains, son regard se fit scrutateur et sa voix lente.
« Tu ne sais vraiment pas pourquoi j'ai mandé ta présence? »
« Je le devine sans peine. Mais était-ce absolument nécessaire que tu me convoques pour si peu ? »
« Si peu ? Tu n'as pas honoré ton rendez-vous avec Mademoiselle Adler. »
Je haussais les épaules.
« Elle n'était pas là de toute façon. Quelle importance? »
« Qu'elle se soit décommandée ne change rien. Un second rendez-vous serait appréciable.»
« Appréciable ? Si c'est tellement appréciable, tu me remplaceras. »
« Trêve de sottises. J'ai reçu une note de service. »
Je haussais un sourcil.
« Hé bien je suis ravi de constater qu'à défaut d'avoir une sécurité efficace, le système de transmission des données fonctionne à merveille. Tu m'en vois ravi. Vraiment. La sortie est dans quelle direction ? »
Mon frère roula des yeux.
« Une note de service concernant les examens de John Watson. »
« Oh. Alors, verdict ? » Fis-je, subitement plus intéressé en me rasseyant.
Un fin sourire joua sur ses lèvres minces.
Un sourire de renard. Des pointes d'amusement poinçonnaient son regard sérieux.
Quand Mycroft souriait avec cet air là, je savais que la suite n'allait certainement pas me plaire.
« Tu t'es tellement plains d'avoir un moldu assigné à résidence... mais force est de constater que tu l'aimes bien finalement. »
Abasourdi et scandalisé, je me relevai sur mes coudes.
« Pardon ! »
Mycroft partit d'un petit rire qui eu le don de m'énerver.
« Je ne comprends pas comment tu as bien pu arriver à cette conclusion ? L'information s'est perdue dans la graisse qui sature ton cerveau ? »
« Tu sais bien que tous les cerveaux sont constitués de matière adipeuse. »
« Le tien en particulier...tu as fait un test pour ton taux de cholestérol récemment ? »
A mon grand désarroi, il se remit à glousser. Toujours discrètement bien sûr, jamais il le rirait franchement. Ce n'était pas assez distingué pour monsieur.
« Tu essayes de détourner la conversation. »
Exactement.
Je répondis en grognant :
« Pas du tout. »
« Hum. »
Je pliss ais les yeux. Je n'aimais pas du tout ce « hum ».
« Arrêtes de tourner autour du pot, Mycroft. Quels sont les résultats ? »
« Pas de traces de la Fleur de Feu -il leva son index- mais j'ai donc découvert à ma grande surprise que tu l'aimais bien donc, ce moldu. »
« Myyyyycroooft. »
« Sherlock. » Sourit-il.
Mes mains se crispèrent sur les accoudoirs.
« Je n'aime pas les moldus. »
« Mais lui tu l'apprécies. »
« Non ! Cesse de dire n'importe quoi ! »
« Vraiment ? »
« OUI ! »
Oh bon sang, il me tapait sur le nerfs avec ses insinuations sans fondements.
Il me tapait sur les nerfs à rester calme comme un Bouddha. Dont il avait presque la corpulence au passage.
« ...Dans ce cas, explique-moi pourquoi John est recouvert de sorts défensifs ? »
« Quelle question ? Pour qu'il ne se fasse pas tuer par n'importe quel sortilège. Sortes défensifs, My. Défensifs.»
« Ah oui ? »
« veux le moldu en vie non ? Pour ta stupide plante en pot. »
« C'est exact. »
Il fit une légère pause durant laquelle ses iris se mirent à pétiller.
« Mais le sortilège de l'Attrappe-Rêves ne semble pas entrer dans la catégorie. En quoi faire de mauvais rêves influe sur son intégrité physique ? »
Je répondis du tac au tac.
« Mauvais sommeil, mauvaise santé à terme. Et puis il m'empêchait de me concentrer à hurler. »
« C'est vrai et de la part de quelqu'un d'autre, ces éléments auraient suffi. Mais,Sherlock, à qui veux-tu faire croire que c'est suffisant pour toi ? Avoue que tu l'apprécie. »
Je serrais les dents. Me braquant.
« Non. »
« Je me suis matérialisé dans la cheminée tout à l'heure une première fois. Vous ne m'avez pas vu, vous étiez en train de...jouer dans l'escalier. »
Je me renfrognai, le petit cachottier.
« Après ce que j'ai vu tu ne peux pas le nier. Tu l'aimes bien. »
« Non. »
« Vous vous battiez pour un paquet de bonbons. A moins que j'ai mal interprété la chose ? »
Je fis mine de ne pas saisir le sous entendu on ne peut plus explicite. Deux hommes qui se plaquaient dans un escalier... Je tranchais froidement la question.
« Paquet de bonbons. C'est toujours non. »
« Tu mens, Sherlock. Je ne t'ai jamais vu avoir ce comportement avec qui que ce soit. John est en train de se faire une place, n'est ce pas ? Sois réaliste. »
Commençant réellement à m'échauffer, je me levais d'un bond, ma voix grimpant d'un ton.
« Non ! C'est un moldu ! »
« Et alors ? » Demanda-t-il posément.
Ma vois s'éleva encore.
« Je déteste les gens, c'est clair ? Ils sont tous stupides et les moldus sont encore pire que les autres ! Ils présentent encore moins d'intérêt, ils sont incapables de faire quoi que ce soit de constructif. Et, pitié, surtout rien d'intelligent ! »
« Mais John - » Je tapais mon poing sur la table, faisant rouler ma voix basse dans ma gorge. Comme un murmure guttural.
« Mais je me fiche de lui. Exactement comme tous les autres. C'est toi qui me l'a imposé. Je n'ai rien demandé ! Et s'il n'en tentait qu'à moi à l'heure qu'il est la bouille infâme qui lui sert de cerveau serait lobotomisée et aussi vide qu'un trou noir depuis longtemps. »
« Tu te voiles la face. »
Je fulminais, sous la colère un afflux de sang monta à mes joues.
Déchiquetant mon frère mentalement, mon ton qui était descendu remonta en flèche.
« Il faut que je te le répète en quelle langue Mycroft ? Je n'en ai strictement rien à foutre de lui. Il pourrait crever dans une minute, je te garantie que je serais bien mieux portant. Il n'est là que parce que tu ne m'as pas laissé le choix ! Je n'ai rien voulu, rien demandé ! Ce n'est rien d'autre qu'un vulgaire parasite ! Un symbiote ! Une sangsue qui me pourrit la vie ! Il me pourrit la vie, Mycroft ! Et c'est ta faute ! Tu m'as enchaîné avec un boulet, un poids mort aussi inutile qu'encombrant !»
Je foudroyai mon frère après cette diatribe véhémente et me dirigeai vers la porte.
Le monde était voilé de rouge sous la rage et l'indignation qui calcinaient mes entrailles.
Mon cœur battait vite envoyant des tempêtes de sang brûlant dans mes veines.
Comment pouvait-il penser que j'appréciais qui que ce soit...et pire ! Un moldu ! Ce moldu !
C'était n'importe quoi.
J'entendis Mycroft marmonner pour lui même :
« Je n'aurais jamais du lui dire si vite...trop tôt...trop tôt. »
Je posais la main sur la poignée de la porte.
« Va te faire voir Mycroft ! Je me fiche de John comme de mon premier sort, ce n'est ni plus ni moins qu'un cafard ! Un pur fardeau et ça ne changera jamais ! »
J'ouvris le battant d'un geste assassin.
Mes yeux furibonds tombèrent sur John.
Il était derrière la porte et à son expression il avait tout entendu.
…...
Qu'en pensez-vous ? Nous attendons vos reviews comme la tartine sa confiture
comme la migraine son doliprane
comme la tête son oreiller
comme le moustique sa bougie
Bref, comme le messie XD
