Je tiens déjà à m'excuser pour mes quelques jours de retard. J'avais beaucoup de travail et donc un temps réduit pour écrire de plus j'ai eu un peu de mal à écrire ce chapitre. Je suis un peu déçu je n'ai eu qu'une seule review mais ça ne fait rien, je tiens à remercier St Elia pour sa review et pour tout se qu'elle fait à côté. Une dernière chose, finalement je vais plutôt poster tous les mercredi et non tous les dimanche se sera plus facile pour moi. Sur ce, bonne lecture !


Parole et Paroles

J'étais sur le chemin de l'école, j'avais presque une heure d'avance, on s'était donné rendez-vous avec Adam. J'étais très impatiente de le revoir, il fallait que je parle avec quelqu'un des Hunger Games. Je n'en revenais pas d'être impatiente de parler des jeux mais cette année était différente. Il y avait mon frère dans l'arène et pour l'instant il « jouait » plutôt bien. Je devais avouer que j'avais eu un peu peur quand la télé s'était allumée ce matin mais il n'y avait pas eu de mort. Enfin à part le garçon du Dix et la fille du Onze. Mais ils n'étaient pas importants et sans arme ni truc à manger, ils n'auraient pas tenus longtemps de toute façon.
J'avais bien rigolé quand j'avais vu les carrières courir et galérer pour trouver le moindre tribut dans cette arène. Ils ne voyaient presque rien et ce n'était que par hasard qu'ils avaient réussis à tuer deux tributs. Maniel avait marché sur le bras de la fille qui dormait et il ne l'avait même pas senti. Heureusement qu'Enobaria l'avait remarqué. Je m'étonnais moi-même à avoir retenu leur prénom, je m'efforçais de retrouver ceux des tributs morts mais ce fut peine perdue.

Je commençais à être en vue de l'école. École... c'était vite dit. Ce n'était qu'un ancien entrepôt reconvertit en école, ils n'avaient trouvé que ça pour nous caser dans un coin sans qu'on dérange les adultes qui travaillaient. Le bâtiment de l'école était assez grand mais il n'y avait presque aucun terrain extérieur, à peine une petit cour parsemée de graviers. Alors pour la récréation nous allions tous dans la pièce centrale de l'école qui était très grande et qui servait aussi de réfectoire.
Je me trouvais devant l'entrée de l'école mais Adam n'était pas encore là. J'allais m'asseoir mais des mains vinrent se poser sur mes yeux, je sentis un corps se coller au mien. Je n'eus pas de surprise sur son identité, c'était Adam. Mon cœur s'accéléra, je savais que j'étais amoureuse de lui mais pas à ce point là. Et pourquoi je ne m'en rendais compte qu'à ce moment là ? Surtout à ce moment là.
Je portais mes mains jusqu'à celles qui me rendaient aveugles puis je les écartai de mes yeux.

- Prête pour une journée de cours ma belle Nyala ? dit Adam.

Il m'appelait souvent « ma belle Nyala » mais cette fois-ci je me sentais troublée.

- ...

Je ne savais même pas quoi lui répondre. Je me retournai, il souriait. Il avait toujours ses fossettes autour ses joues, j'adorais ses fossettes.

- Tu as perdu ta langue ?

- Eh ben, avec Neïko et tout, je ne sais pas encore où j'en suis.

Pourquoi avais-je dis ça ? C'était totalement faux, je ne m'inquiétais pas pour Neïko je savais que pour le moment il ne pouvait pas lui arriver grand chose. Une bande de gamin qui faisait une alliance ce n'était pas courant, ils devaient les garder pour intéresser le public. En tout cas, cela avait calmé Adam.

- Désolé, dit-il. J'y suis un peu... euh, bon bah... je vais... Herm.

Je l'avais mis super mal à l'aise en plus.

- Oui, euh... ouais.

Je n'arrangeais pas les choses non plus, je ne savais vraiment pas quoi dire. Qu'est ce que j'avais envie de lui dire ce matin sur le chemin de l'école ? Je voulais lui parler de Neïko... c'était mal parti, j'étais vraiment trop stupide. J'arrivais néanmoins à articuler un petite phrase :

- Tu sais, il s'est tout de même bien débrouillé.

- Oui, c'était extraordinaire. Il est bien partit, répondit Adam.

Je lui fis un sourire du coin de la bouche, il me le rendit. Je me sentis mieux mais il y avait toujours un malaise. Et ça n'allait pas s'arranger. En effet Alicia venait vers nous, c'était la meilleure amie de Bridjet, elle aussi était la fille d'un patron d'usine. Qu'est-ce qu'elle faisait là à une heure de l'ouverture de l'école ? Elle se plaça devant nous puis ne parla pas. Sa bouche s'ouvrait puis se refermait, elle bafouillait quelques sons inaudibles. Tout ce que je compris fut un « S'il vous plaît » entre deux sanglots. Parce qu'elle se mis à pleurer en plus ! On se regarda avec Adam, cette fille passait tout son temps à se moquer de nous et à nous humilier. J'avais envie de lui mettre une baffe, après tout ça pouvait la réveiller. Mais je n'en eu pas le temps, Adam l'avait... prise dans ses bras.
Mais quel con ! Je voulais bien croire qu'Alicia n'était pas au mieux de sa forme mais c'était pire pour moi. C'était mon frère qui était dans l'arène et pas ma meilleure amie. Et elle était là à pleurnicher dans ses bras, et lui il la consolait. Je me détestais de ne pas lui avoir mis une gifle lorsque j'en avais eu le temps.

- Elle était comme ma sœur, brailla Alicia.

Comme je le disais toujours les liens du sang sont plus forts que les liens du cœur. En fait c'était la première fois que je me disais ça.

- Elle était si gentille, pauvre Bridjet.

- Oui c'est pour ça qu'elle a prit une hache et tué un tribut. Parce qu'elle est trop gentille, ironisais-je.

Je n'avais tout simplement pas pu me retenir. Alicia se remit à pleurer de plus belle. En réalité j'étais assez fière de moi, Adam en revanche me foudroya du regard. Je haussai les épaules et articulai un « Quoi ? » muet. Cette fille nous détestait alors je la détestais aussi, un juste retour des choses. Mais apparemment Adam n'était pas de cet avis. Il passa l'heure à consoler Alicia, me laissant en plan. Je m'assis sur la marche de la porte de l'école tout en essayant de leur tourner le dos.

Je n'aurais jamais pensé que la cloche qui sonnait l'heure du début de cours me procurerait un si grand soulagement. Dès que j'entendis son son strident qui résonnait dans toute l'école je me précipitais dans le bâtiment qui venait d'ouvrir ses portes. Je filais tout droit dans ma salle de classe, j'avais un cours d'histoire toute la matinée. Dans notre district on avait une matière par matinée et une par après-midi. Je trouvais ce système assez stupide, les journées semblaient très longues. C'était pourquoi paradoxalement j'aimais bien la période des Hunger Games, on avait presque la moitié des cours en moins. Et souvent la moitié la moins intéressante comme l'histoire justement. Ce cours était tout simplement inutile, tout ce qu'on avait besoin de savoir se trouvait dans le discours que tenait le Maire chaque année lors de la Moisson. C'était triste mais c'était la réalité. A la place nous avions trois heures d'histoire dont une bonne partie était consacrée à la Rébellion des districts et aux agissements du Capitole pour éviter que de telles événements se reproduisent. Tout le monde savait que ce bourrage de crâne était du au fait que le district Huit était dans la tête de liste des districts qui se sont le plus rebellés. Et il ne faut pas croire que cet esprit de rébellion s'était atténué au fil des années. Je pouvais entrer dans un groupe de rebelles aussi facilement que rentrer chez moi. Je ne savais pas vraiment où trouver ces groupes mais j'étais sûre que je trouverais facilement.

J'étais donc la première arrivée dans la salle d'histoire. Les murs étaient recouverts de cartes usagées et les tables n'étaient que de vulgaires plan de travail dont les usines ne voulaient plus. Les autres élèves commençaient à arriver, nous étions répartis en fonction de nos âges et il n'y avait pas d'évaluation comme avant la Rébellion. En fait pour la plupart nous étions juste assis sur notre chaise et accoudés sur la table à attendre la fin du cours. Les autres élèves commençaient à arriver, en temps normal tout le monde se dirigeait vers sa place dans un relatif silence. Mais aujourd'hui tout le monde se dirigeait vers... moi.

- Nyala, c'est horrible pour ton frère mais il s'en sort bien ! cria une fille que je ne connaissais pas vraiment.

- Ma chérie tu dois être si dévastée, dit une autre fille que je ne me souvenais jamais avoir vu.

Et il y eut plein d'autres petites phrases comme celles-ci, je ne savais pas quoi répondre. Je vis Adam rentrer dans la salle, il était toujours avec Alicia. Je su parfaitement ce qu'il fallait que je fasse.

- Merci à tous, dis-je d'une vois faussement brisée par l'émotion. C'est vrai que c'est dur mais j'essaie de rester forte même si je ne suis pas très soutenue par les gens que j'aime.

J'avais accentué la fin de la phrase, un peu trop d'ailleurs car machinalement tous les élèves qui étaient près de moi avaient tourné la tête vers Adam qui s'était assis à côté d'Alicia.

- J'espère que Neïko va mettre une bonne raclée à Bridjet, là elle aura une vraie raison de pleurer, me chuchota un garçon dans mon oreille.

Il était vrai qu'à part Alicia Bridjet n'avait aucun ami, c'était également vrai pour Alicia. Et comme j'étais de très mauvaise humeur j'avais décidé d'en rajouter encore un peu plus. Je parlais de mon désespoir de voir mon frère dans l'arène et de la hache ensanglantée de Bridjet. Tout le monde fut d'accord pour dire que notre tribut fille était un monstre et mon frère un ange. Nos discussions furent interrompus par la prof qui venait de rentrer dans la salle, les élèves rejoignirent alors leurs places. Le cours fût long et ennuyeux. Pendant les trois heures, je me disais que j'étais horrible d'utiliser le sort de Neïko pour attirer l'attention sur moi, surtout que jamais de ma vie je n'avais cherché l'attention des autres. En réalité je cherchais seulement l'attention d'Adam, la seule que je n'avais pas mais aussi la seule que j'avais toujours eu. Mais d'un autre coté mon frère était dans l'arène alors je pouvais bien m'en servir en contre-coup de l'horreur que cela m'infligeait.
Malheureusement ce stratagème ne fonctionnait absolument pas. Je connaissais bien Adam, la seule chose qu'il voulait c'était que je m'excuse. Il disait toujours que j'étais d'une mauvaise fois inimaginable. Alors j'allais pour une fois lui montrer que je pouvais ravaler ma fierté, bien sûr je ne pensais aucun mot de ce que j'allais lui dire.
Enfin le cours d'histoire fut fini, comme d'habitude en sortant du cours je fus incapable de dire le nom du chapitre étudié. Mais peu m'importait, je fonçais vers la grande salle pour parler avec Adam qui était vite parti de la pièce. La grande salle n'avait rien d'extraordinaire, c'était juste une immense pièce parsemée de tables longues et rectilignes toutes cabossées. Adam et moi allions toujours dans le coin gauche de la salle, là-bas on était tranquille. Il était bien là avec Alicia qui avait eu le temps d'essuyer toutes ses larmes pendant le cours. Je m'étais placée devant et sans leur laisser le temps de parler je dis :

- Je suis désolée, je n'aurais pas te descendre encore plus, j'espère qu'on pourra se parler plus tard, salut !

Les excuses n'étaient vraiment pas mon truc, même les fausses. J'allai repartir quand Adam s'est jeté dans mes bras. Il me chuchota :

- C'est bien que tu te sois excusée même si ça sonnait complètement faux. Tu n'es pas douée ma pauvre.

J'eus un petit rire, qui se propagea vers Adam et même vers Alicia. La seule réponse que j'avais à donner fut pour Adam :

- Je t'aime.

Il y eut tout d'un coup un gros silence. Mais pourquoi j'avais dis ça ? Puis une voix sortie des haut parleurs :

- En raison de combats imminents, vous êtes prié de vous rendre en salle audio-visuel pour suivre la soixante-deuxième édition des Hunger Games.