Et oui, c'est moi, je suis de retour ! Enfin mon bac est presque finie, les vacances sont là, je peux écrire. Excusez-moi du temps encore une fois très long entre le chapitre 4 et le 5, mais le début de ce chapitre a été supprimé de mon ordinateur, puis j'ai eu des incertitudes sur cette fanfics quant à la tournure que prenne les choses, et à ce que j'en ai fait. J'ai même eu peur d'avoir donné naissance à une Mary Sue. Mais en relisant vos reviews, je me suis dit que je ne pouvais pas laisser cette histoire inachevée. Merci à tous ! Et c'est pourquoi pour une fois je réponds à vos reviews directement ici :

BlackHaruChan : Merci d'être là à me lire et à reviewé depuis le début ! ça me fait toujours plaisir de trouver un message de toi avec ton avis sur une de mes histoires Mais c'est méchant pour Boromir quand même lol

Lalolie :Merci d'être compréhensive J'essaie de faire évoluer Legolas et Sabé avec une certaine logique et fluidité, j'espère que j'y parviens

WaraiKareha, Klimero et Marigane : merci beaucoup voilà la suite !

Voilà un chapitre qui sert presque d'introduction à la deuxième partie, et qui contient enfin des révélations sur Sabé et son passé J'espère qu'il vous plaira !

Je tenais également à m'excuser pour autre chose : depuis le début de l'histoire je fais une fautes d'orthographes en écrivant orques, Orcs. J'ai corrigé dans ce chapitre

Les Deux Tours

Chapitre 6 :Démons intérieurs

Voila trois jours et trois nuits que Merry et Pippin étaient ballottés à travers les plaines et les montagnes, transportés sur le dos d'Orques putrides, mais courant toujours plus vite, se jetant les hobbits tour à tour lorsqu'ils fatiguaient de les porter. Trois jours et trois nuits que Sabé partageait le sort de ses infortunés compagnons, mais sans en avoir seulement conscience ; inconsciente, ses vêtements déchirés et des traces de sang et de boue sur son visage et son corps, reliquats du combat qu'elle avait perdu quelques jours auparavant.

Les hobbits avaient fini par comprendre ce qui rendaient les Orques à ce point infatigables : cette horrible mixture noire et malodorante, au goût infect qu'on les forçait à boire également à chacune de leur courtes poses. Le liquide leur brûlait alors la gorge, mais il se sentait plein d'une vigueur nouvelle, leurs plaies se guérissaient, et s'ils n'avaient pas été entravés par ces liens, ils étaient persuadés qu'ils auraient pu venir à bout de cette troupe. Saroumane devait absolument les vouloir dans un état correct pour avoir ordonné à ses sbires de leur faire boire ce breuvage. Mais ce qui inquiétait les hobbits, en plus de leur avenir incertain, c'était qu'ils avaient compté sur la présence de la Nephtisis et de ses capacités supérieures pour les tirer de ce mauvais pas. Mais même si la boisson semblait avoir cicatrisé toutes ses blessures, chaque fois qu'il forçait la jeune femme inconsciente à boire, elle était prise de violente convulsions, certes brèves mais impressionnantes, et des hurlements déchirants s'échappaient de son sommeil forcé.

Mais elle finissait toujours par retrouver le calme, la sérénité même, et elle semblait presque savourer avec son sourire énigmatique ces instants passés aux côtés des Orques.

OoOoO

Une vaste salle circulaire au plafond en coupole, soutenu par de larges piliers aux chapiteaux savamment ornementés. Des ouvertures en formes d'alcôves laissaient entrer la lumière orangée du couchant à flot, faisant briller l'étrange matière dans laquelle la pièce semblait être taillée d'un seul bloc : étrangement lisse et brillante, à la teinte rosée qui devenait rouge selon l'éclairage du soleil.

Sabé se tenait en son centre, agenouillée les yeux fermés et extrêmement concentrée, le dos droit. Mais elle était bien plus jeune : ses cheveux lisses atteignait ses épaules et quelque mèches étaient retenues en arrière par un ruban vert, dégageant ainsi son visage juvénile d'adolescente, comme son corps frêle, aux courbes féminines naissantes.

Avec souplesse et lenteur elle déplia ses genoux et se hissa sur la pointe des pieds, avant de reprendre des appuis plus stables. Concentrant son attention sur son centre de gravité, elle étira ses bras vers le haut, paumes faces à faces, avant d'arrondir les coudes alors qu'elle pliait ses jambes tout en écartant une. Elle fit ainsi toute une suite de mouvements qui ressemblait plus à une chorégraphie, lente et maîtrisée. Puis elle s'arrêta doucement, se tenant droite comme un i au centre de la pièce, les mains de nouveaux jointes, les yeux toujours clos. Des pas résonnèrent lors autour d'elle, elle devina au travers de ses sens aiguisés par un entraînement continuel son maître d'armes qui se détachait du coin où il l'observait depuis le début pour venir se placer derrière elle.

- Le combat n'est pas une discipline où il suffit de brandir une épée et de l'agiter autour de sa tête. Foncer sans réfléchir mène à la mort. Il est temps pour toi d'accéder à une autre sphère d'entraînement et de difficulté Sabé.

- C'est un honneur maître Anubis.

Elle sentit les mains passer un bandeau autour de ses yeux pour s'assurer qu'ils seraient masqués trembler légèrement. Ce genre de détails étaient les derniers signe d'une quelconque humanité chez Anubis, et Sabé les chérissait tous, car elle savait que pour la plupart ils lui étaient destinés, à elle et à son avenir. Le soldat était dur, sans concessions et elle avait énormément souffert durant leurs entraînements, mais il avait aussi su se montrer doux et compréhensif face à ses chagrins d'enfance, à ses blessures physiques et morales. C'était lui, alors qu'il était le deuxième personnage du royaume qui l'avait élevé. Et elle savait qu'il répugnait à l'idée de la mettre ainsi en danger pour une vie qu'elle n'avait pas choisie, qui lui avait été imposée par un conseil d'égoïste près à tout pour préserver l'équilibre de la nation.

Une fois le bandeau noué, il s'écarta d'elle. Vive comme l'éclair elle saisit au vol le bâton qu'il lui lança. Puis elle entendit le sifflement de ce qu'elle savait être une dizaine de gros shurikens qui mus par une vieille magie se mouvaient tous seuls, tournant dans les airs à une vitesse impressionnante et mortellement dangereuse pour qui entrait en contact avec eux. Et ils fonçaient sans attendre vers Sabé, certains l'attaquant en tournoyant autour d'elle, d'autres se contentant de voler au loin, avant qu'ils n'échangent les rôles. Sabé évita d'abord avec grâce, puis ses mouvements se firent plus saccadés, moins sûrs. Anubis lui, marchait en faisant le tour de la pièce, passant derrière les épaisses colonnes les mains dans le dos.

- La peur est un poison. Elle occulte tout ce que tu as appris pour ne te faire écouter que ton instinct. Agir sans réfléchir, c'est la mort.

Sabé sourit, moqueuse alors qu'elle retrouvait un eu d'assurance, avant de casser rapidement le bâton en deux sur son genoux et de repousser les assauts toujours plus vifs à l'aide des deux morceaux, un dans chaque main. Elle sautait, bondissait, se cambrait, tournoyait elle aussi dans les airs pour éviter les armes qu'elle stoppa une à une, avec précision, les frappant avec violence pour annuler leur magie et les envoyer se ficher dans les murs.

Accroupi sur le sol tel un félin, ses deux bouts de bois brandis, elle tendait l'oreille pour sentir arriver les deux derniers shurikens vers elles. Elle bondit alors avec souplesse dans les airs, et en deux coups lâchés avec savoir faire elle les envoya rejoindre leurs congénères avant de retomber sur le sol avec légèreté. Elle laissa tomber ses armes à terre et retira son bandeau, lançant un regard plein de défi à Anubis.

- Mais sans instinct nul ne survit. C'est lui nous permet d'avoir une longueur d'avance. Trop réfléchir, trop analyser, tout cela mène également à la mort.

Fière de pouvoir lui faire enfin partager sa propre vision du combat, elle se hasarda à lui adresser un immense sourire, mais son expression se figea un instant avant ne se plie en deux sous l'effet d'une douleur affreusement familière. Elle se plia en deux, les mains crispées sur le tissu de sa tunique verte au niveau de sa poitrine alors qu'Anubis accourait vers elle tandis qu'une giclée de sang anormalement abondante s'échappa de sa bouche pour aller s'étaler sur le sol. Elle n'entendait pas la voix d'Anubis inquiète, elle n'entendait que ce grondement dans tout son corps, cette impression de brûler de l'intérieur alors que des shurikens bien plus dangereux se plantaient dans son cœur.

OoOoO

Elle avait du perdre connaissance. Elle était désormais alitée, Anubis et le médecin royal à ses côtés. Le soldat discutait avec le médecin, mais une de ses mains si froides s'était placée avec tendresse sur le front de Sabé, alors que l'autre serrait les mains si fines et pourtant abîmées par le maniement des armes de la jeune fille. Qui à part elle aurait jamais conscience de tout l'amour que cachait le froid et calculateur bras droit de la Reine ?

- Messire Anubis, je ne sais si celle-ci tiendra. Il va falloir que vous recommenciez le rituel.

- Non !

Sabé avait réussi à émettre une faible protestation. Elle se redressa avec difficulté, repoussant le soldat, avant d'agripper une de ses mains au tissu de son vêtement de combat. Sa respiration était sifflante, elle suait à grosses gouttes ses cheveux châtains se collant à son visage si pâle. Mais jamais elle n'avait semblé si déterminée, c'était la première fois d'une longue série où sa seule aura imposait le respect et l'obéissance.

- Je tiendrais. Je mettrais fin à cette malédiction, à ce cercle vicieux… Donnez-moi juste du temps. Si Anubis fait encore une seule fois le rituel, il y perdra définitivement toute son âme… Et je ne le veux pas.

La chambre resta silencieuse le temps que la jeune malade reprenne son souffle alors que le médecin la regardait comme si elle était aliénée et avait juré la perte du peuple de Corus, et qu'Anubis baissait les yeux visiblement touché par la volonté de Sabé de le préserver.

- La Pythie… Elle a prédit que bientôt l'anneau serait retrouvé, et que la quête pour sa destruction commencerait. Je jure sur ma vie qui s'échappe que j'y participerais. J'y participerais et je sauverais Anubis, la lignée de Nout, les Nephtisis, tous !

- Mais, êtes-vous…

- Il suffit.

La voix d'Anubis s'était enfin élevée, froide et cassante alors qu'il n'accordait pas un regard à ses deux interlocuteurs.

- Il est temps de rappeler Gandalf parmi nous.

- Mais, messire, il a été chassé, il n'a plus le droit de…

- Maintenant si. Il est le seul à pouvoir extraire de ces plantes un remède capable de ralentir et masquer la maladie. Qu'il revienne donc pour soigner Sabé, et qu'il furette dans nos bibliothèque tel un rat peu m'importe !

Le médecin allait de nouveau protester mais devant la puissance contenue de ses deux interlocuteurs, il renonça et s'inclina avant que Sabé, heureuse d'avoir enfin été écoutée, qu'on ait enfin tenue compte de l'avis de l'enfant qu'elle était alors pour ces deux hommes plus vieux que le monde, ne se laisse mollement tomber dans ses oreillers pour s'y assoupir instantanément. Peu lui importait la mort tant qu'elle préservait ceux qu'elle chérissait.

OoOoO

Mais tous ces souvenirs douloureux semblaient bien lointains comme un rêve. Sabé danser en riant avec les autres suivantes, jouant du tambourin, tapant dans ses mains alors que ses pieds nus foulaient l'herbe des jardins du palais de Corus, cet immense bâtiment en pierres blanches aux coupoles vert jade. Essoufflée elle s'assit au bord d'une des nombreuse fontaine jouant avec l'eau clair et fraîche qui s'échappait de la gueule d'un dragon de pierre.

Elle aperçut alors une silhouette familière sur le chemin de gravier et un sourire illumina le visage de la jeune femme alors qu'elle se levait et courait vers son ami, les voiles orangés de sa longue robe de suivante volant avec légèreté autour d'elle.

- Boromir !! Je suis si contente !

Elle se jeta dans ses bras et le chevalier la serra également contre lui.

- J'ai l'impression que cela fait une éternité que je ne vous ai pas vu ! Où étiez-vous grands dieux ?!

- Sabé, à quoi jouez-vous ?

Elle ignora totalement la remarque de l'humain qui ne collait pas à son monde idyllique, et se mit à marcher aux côtés de celui-ci, parlant avec enthousiasme.

- Vous ne savez pas quel rêve surréaliste j'ai fait ? J'étais une femme gravement malade mais de haute lignée et je partais avec vous et une poignées d'autres hommes pour aller détruire un quelconque anneau pour sauver le monde !

- Sabé…

- Comme si un anneau pouvait détruire le monde !

- Sabé.

- Oh, et puis je n'avais pas le droit de me promener ainsi et de m'amuser à visage découvert et j'avais suivi un terrible entraînement au combat. Quelle bonne plaisanterie ! Qui se bat aujourd'hui à part les imbéciles ?

- Sabé !

Elle regarda son ami interloquée, les yeux écarquillés alors qu'il venait de la saisir par les épaules pour la secouer rudement.

- Ne me faites pas croire que vous vous êtes laissée prendre à son jeu ! Vous n'êtes pas assez sotte pour vous laisser mener ainsi par Saroumane. Réveillez-vous ! Réveillez-vous où vous mourrez !

Mi amusée, mi-terrifiée, elle tenta de se libérer de l'emprise du chevalier.

- Mais êtes-vous fou ?! Lâchez-moi je vous prie ! Immédiatement ! Boromir… Vous me faites mal…

- Comment nous sommes-nous rencontrés, hein ?! Comment pouvez-vous connaître un humain tel que moi si tout ceci n'est qu'un rêve ! Cessez de faire l'enfant et réveillez-vous !

Elle cessa alors de résister et des larmes roulèrent sur ses joues alors qu'elle baissait la tête et le ciel si clair s'assombrissait à vue d'œil. Elle posa ses mains sur le torse de Boromir mais sans pour autant le repousser. Elle ne pouvait plus mentir, croire en ce rêve si doux si Boromir la malmenait de la sorte. Qu'il la laisse en paix…

- Je ne peux pas Boromir… Ils sont tous si déterminés, si courageux… Je n'ai jamais vécu que dans un palais, malgré mon entraînement au combat, je suis continuellement morte de peur, je… Je me suis juré de toujours protéger les êtres chers à mon coeurs.

Elle releva son visage ruisselant de larmes vers Boromir qui lui souriait avec indulgence. Elle se sentait perdu, sa détermination était ébranlée. Effet de la drogue de Saroumane ou bien simplement de son immaturité ? Elle avait appris à ses dépends durant ce voyage que malgré les centaines d'années que comptait son existence elle n'était qu'une enfant en comparaison à ses compagnons.

- J'aurais tant voulu vous protéger mon ami.

- Ainsi c'est cela qui vous tourmente ? J'ai pêché Sabé, j'ai tenté de voler l'anneau à Frodon. La mort était le seul moyen de laver ce déshonneur.

Il prit le visage de Sabé au creux de ses mains et mais n'essuya pas les larmes qui commençaient à se tarir d'elle-même.

- Vous disposez de cette même détermination, cette même force qu'eux… Vous êtes notre compagnon d'armes. Alors battez-vous ! Réveillez-vous maintenant ou vous mourrez. Réveillez-vous !!

Il lui semble qu'elle tombe dans le vide, toujours plus profond, toujours plus vite. Mais la peur qu'elle ressent au creux de son être n'est pas due à cette chute interminable. Elle voit apparaître devant elle une immense tour, qui semble capable de toucher ce ciel de ténèbre, ses tourelles ressemblent à des griffes acérées et menaçantes.

Elle baisse les yeux et découvre avec effroi une nuée de créatures maléfiques, Orques ou Uruk-haî, armés jusqu'aux dents, le bruit rythmé et cadencé de leur pas résonnant comme un tambour de guerre, le glas de l'âge de la terre du milieu.

Brusquement des flashs, des images s'enchaînent avec rapidité devant ses yeux, ne lui laissant aucun répit. Des arbres arrachés, les cris de la nature qu'on spolie, qu'on détruit, qu'on met au feu… La chaleur de celui-ci, le métal en fusion, les armes que l'on forge… Et toujours cette même terre dans sa partie la plus souillée qui met au monde ces atroces créatures, ce placenta visqueux au travers duquel se détache un visage déformé par le mal. Et c'est comme si c'était elle qui plongeait ses ongles dans cette matière répugnante, elle qui faisait claquer la fibre élastique, elle qui libérait cet être sans autre but que celui de détruire.

Et elle lève les yeux vers ce ciel noir, toujours plus noir. Mais une lumière incandescente brille au milieu de cette obscurité, mais c'est une lumière qui n'est que ténèbres… L'œil de Sauron veille sur son armée et ses sombres dessins.

Réveillez-vous !

Elle ouvrit brusquement les yeux, ses oreilles jusque là bourdonnant du bruit infernal de l'industrie des deux Tours, résonnant désormais des cris d'orques et d'humains, des fers que l'on croise, des lances que l'on jette et qui se plante dans la chair. Elle ne saisissait pas bien ce qui lui arrivait mais son instinct lui dit qu'elle allait devoir se battre pour rester en vie, alors que les souvenirs de sa défaite contre les orques et son enlèvement lui revenaient en mémoire.

Elle roula sur le côté alors qu'un cavalier blessé à mort allait échouer sur elle en tombant de son cheval. Fébrile et à genoux à côté du cadavre, elle utilisa l'épée du cavalier encore emprisonné dans sa paume pour couper ses liens. Les mains enfin libres, elle saisit l'épée juste à temps pour parer le coup d'un ennemi. Elle le repoussa avec force avant de se relever et de le décapiter d'un geste ample.

Sans comprendre pourquoi, elle était mue d'une colère au bord du désespoir, une haine sans nom et elle se battait avec une force à l'état brute, ses origines reprenant le dessus. En même temps qu'elle se battait elle cherchait à analyser la situation, elle ne comprenait pas où elle était, mais elle devina que ces cavaliers hors pair, au vu de leur équipement étaient des Rohirrims. Elle avait vu des dessins de ces blasons dans les livres que Gandalf avait amenés à Corus.

OoOoO

Elle était assise sur une pierre, l'épée qui ne lui appartenait pas plantée dans le sol de la plaine à côté d'elle, et ses yeux reflétaient toute sa concentration alors qu'elle fixait sans les voir les cavaliers amasser les corps des orques pour les brûler. Son dernier véritable souvenir était d'avoir été sur les épaules d'un orque alors qu'elle passait à côté de Boromir blessé à mort. A cette pensée son cœur se serra, et elle soupira en se prenant la tête dans les mains.

- Vous n'êtes pas humaine. Mais vous n'êtes pas une elfe non plus. Qui êtes vous ?

Un sourire las étira les lèvres de la jeune fille alors que le chef de la troupe de cavalier l'interrompait dans ses réflexions morbides. Ses capacités au combat n'avaient rien d'humain, tout comme son physique, mais elle ne pouvait prétendre faire partie des elfes, ces êtres d'où émanait continuellement pureté et sérénité, alors que ses vêtements étaient déchirés, qu'elle était recouverte de boue et de sang et que des boucles brunes tombaient sans retenue devant ses yeux et sur ses joues, s'échappant de sa tresse désormais informe. Les hommes de la cavalerie ne l'approchaient pas, l'aura de violence qui l'avait entouré alors qu'elle combattait ne s'étant pas encore estompée.

- Je vous l'ai dit, je me nomme Sabé et je voyageais avec quelques compagnons quand les orques nous ont attaqué. Et vous n'avez pas envie de savoir ce que je suis sire Eomer.

Avec un grognement irrité, Eomer renonça à l'interroger sur ses origines. Après tout l'ennemi de son ennemi était son ami.

- Il ne fait pas bon voyager par les temps qui courrent. Si vous le souhaitez, vous pouvez partir avec ma troupe et moi. Nous avons été banni d'Edoras, mais nous pourrions vous escorter quelque part…

- Pensez-vous vraiment que j'ai besoin d'être escorté ?

Elle avait dit cela avec une froideur qui surprit Eomer qui finit par rester silencieux alors que Sabé réfléchissait encore quelques minutes. Elle était seule apparemment, personne d'autre ne semblait avoir été enlevé par les orques. Mais alors où étaient ses compagnons ? Morts ? Selon sa vision en Lorien. Saroumane la voulait elle, mais également les hobbits. Où étaient-ils alors ? Elle ferma les yeux, essayant de réfréner son angoisse alors qu'elle s'imaginait la seule survivante de la communauté. Savoir Boromir mort était bien assez douloureux sans qu'en plus vienne s'ajouter à la liste des membres de la communauté de l'anneau d'autres cadavres. Elle se leva brusquement, surprenant Eomer qui se recula de quelque pas, la main sur le pommeau de son épée. Dos au cavalier, elle tourna la tête vers les plaines, son regard se perdant sur la landes jaunies, l'acuité de sa vision lui permettant de distinguer les tours d'Edoras au loin alors qu'Eomer ne voyait que la ligne d'horizon.

- Mais je vais avoir besoin de vous. J'aimerais vous emprunter un cheval.

- Vous voilà bien exigeante. Pourquoi désirez-vous une monture ?

- Je souhaite aller à Edoras, c'est là bas que je trouverais quoi faire, en m'entretenant avec le roi. Pas en chevauchant en nomade.

- Mais je vous l'ai dit, le roi est emprisonné dans les maléfices de Saroumane et de Grima langue de serpent. Vous ne trouverez là-bas que des gens hostiles.

- Je commence à être habitué à l'hostilité. Et Saroumane fait partie de mes ennemis, plus proche je serais de lui, plus j'aurais de chances de comprendre ce qu'il se passe. J'ai bien peur qu'il ne veuille mettre fin à la race des hommes.

Pour donner plus de poids à ses paroles, elle se tourna vers Eomer, plongeant ses yeux bleu-gris dans ceux du neveu du roi, qui resta sans bouger quelques instant, avant de porter ses doigts à ses lèvres avant de siffler bruyamment, tout en ne quittant pas des yeux la jeune femme. Un cheval à la robe marron trottina vers lui et s'arrêta à côté, et il saisit les rennes de la monture avant de les tendre à Sabé, impressionnée par les talents de dresseur de l'humain.

- Je n'ai pas besoin de chevaux sans cavalier. Et je préfère encore en faire cadeau à quelqu'un qui désire lutter contre le magicien blanc plutôt que de le laisser dans la nature. Ce que vous faites est folie, mais je prie tout de même pour votre réussite.

Sabé lui sourit alors qu'elle saisissait les rennes, reconnaissante mais lasse également.

- Encore faudrait-il que je sache moi-même ce que je désire faire.

Elle s'accrocha à l'encolure du cheval et mit un pied dans l'étrier avant de le monter avec agilité. Elle porta machinalement une main à son abdomen que le tissu déchiré de sa tunique révélait. Mais elle savait que le sang qui recouvrait cette partie de son corps était le sien, et elle se demandait encore comment ses blessures avaient pu disparaître aussi rapidement. Jamais elle ne s'était sentie aussi perdu, et les paroles de Boromir sur sa détermination lui semblaient vides de sens. Que devait-elle faire, seule, dans un pays inconnus, ne sachant où étaient ses compagnons et plus important encore, où étaient l'anneau et son porteur. La seule chose qu'elle savait, c'était que si jamais Frodon était mort et l'anneau en chemin vers Sauron, le combat était perdue d'avance, mais elle le mènerait tout de même, avec rage et fougue. Sans doute était-ce de cette détermination là dont parlait Boromir. La détermination de ce qui n'ont plus rien à perdre.

Elle tira sur les rennes de l'animal, et celui-ci se détourna d'Eomer pour se placer dans la direction d'Edoras, et elle retira l'épée du sol et la rangea dans le fourreau prévu à cet effet sur la selle.

- Prenez garde, Edoras n'est plus un endroit sûr pour les honnêtes gens.

- Toute la Terre du Milieu n'est plus un endroit sûr pour personne. Et j'ai bien peur de ne pas faire partie de ces gens honnêtes. Bonne chance, et merci.

Le cavalier lui répondit par un hochement de tête avant de se reculer pour laisser à Sabé la place de partir, tandis que ses hommes allumaient le bûcher pour brûler les corps de la troupe d'orques. La suivante jeta un dernier regard à cette crémation, avant d'éperonner son cheval qui parti immédiatement vers Edoras, l'aube pointant à l'horizon.

- Cela commencera au Rohan.

à suivre...

shurikens : arme ninja en forme d'étoile.

La Pythie : dans la Grèce antique c'était une femme prêtresse d'Apollon au temple de Delphes et qui faisait des prédictions sur l'avenir.