Disclamer : Harry Potter appartient à JKR, mais cette histoire est à moi.
Beta : AnitaBlake93100 et Gwenillo pour une deuxième correction.
Le coupable idéal
Chapitre 7
Harry lança un regard à la fois furieux, peureux et intrigué sur son agresseur. Agresseur, oui ! Car il fallait bien l'être pour s'approcher d'une personne endormie de cette façon. Et ce n'était pas son expérience pénitencier qui allait lui faire croire le contraire. Effectivement, la dernière fois qu'une personne s'était approchée de lui aussi silencieusement, cela avait été pour tenter de le vio… de le viol… non, il ne pouvait pas dire le mot, même dans son esprit, car cela le rendrait la chose réelle. Pas que l'auteur de la tentative – oui, tentative, car cela en était resté à cela, Merlin merci – ai réussi.
Donc, l'auteur de la tentative avait échoué et avait même été allégé de son âme par le Détraqueur qui était venu à son secours. Pourtant, même si l'acte n'avait pas été mené au bout, Harry en gardait un souvenir cuisant qui l'incitait à conserver une distance de sécurité avec les autres. Habituellement, en fait, depuis cet incident marquant et traumatisant, Harry était devenu si méfiant envers les autres, qu'il ne dormait plus que d'un seul œil. Depuis ce moment-là, le jeune sorcier n'avait pas eu une seule nuit complète, reposante. Il sursautait au moindre bruit, prêt à se protéger d'une quelconque agression. Sa devise était devenue : ''attaquer d'abord et poser les questions ensuite''. Pourtant, malgré sa méfiance et son traumatisme, l'adolescent n'avait eu aucun souci à s'endormir sur le canapé d'une maison inconnue. Une maison qui devait être remplie de vampires.
Donc, lorsqu'Harry ouvrit les yeux pour les poser sur le visage, extrêmement proche du sien, d'un jeune homme qui ne semblait pas être plus âgé que lui, penché au-dessus de lui, la première pensée qui lui vint à l'esprit à ce moment fut : « Merlin ! Ça allait recommencer ; et il n'y avait aucun Détraqueurs dans les parages pour lui venir en aide ! » Et lorsque son ''agresseur'', qui avait les yeux fermés à cet instant-là, les ouvrit, et que Harry y lut une sorte de fascination et même, de… de désir, la magie de l'adolescent réagit de son propre chef et envoya valser ce dernier contre un mur. La menace éloignée, Harry s'écria d'une voix coléreuse :
_ Qui es-tu putain ? Mais surtout, qu'est que tu foutais penché sur moi à me renifler comme une saleté de détraqué malade ?
Draco mit quelques secondes pour se remettre de sa rencontre avec le mur. Morgane ! Il ne savait pas de quoi était fait ce mur, mais, quel que soit la matière, cette dernière était très résistante pour être parvenu à lui faire ressentir de la douleur, lui un vampire de sang pur. Le mur ou bien la magie de l'ange qui dormait dans le canapé. Un ange bien belliqueux d'après sa réaction. Cette constatation, au lieu de lui faire peur ou bien l'inciter à garder ses distances avec ledit ange, lui donna plutôt l'irrépressible envie d'apprendre à le connaître, d'être proche de lui. La question qui suivit, ou plus précisément, les aboiements qui suivirent sa rencontre avec le mur - parce que cela en avait tout l'air au vu de la façon dont il avait de pousser des petits grognements presque inaudibles dans sa direction - firent grincer les dents de Draco.
Lui, un détraqué doublé d'un malade ?! C'était une plaisanterie, n'est-ce pas ?! s'indigna intérieurement Draco. Parce qu'un Malfoy ne pouvait, n'était et ne serait jamais un DÉTRAQUE ! Et encore moins un MALADE ! Un Malfoy est une personne sainte de corps et d'esprit. Ce qui n'était pas le cas de la famille de sa mère, se dit après coup et rapidement Draco sans s'attarder sur le sujet.
_ Eh oh ! Je te parle, le détraqué ! Et dans ce cas, la politesse voudrait que tu me répondes, le héla Harry, comme Draco, occupé à s'offusquer des accusations de l'adolescent, resta muet devant son indignation et ses questions.
En fin de compte, il n'était pas en présence d'un ange, mais d'un petit démon mal élevé, insolent et à la langue bien pendue, se dit Drac en reportant en regard sur Harry. Rectification, se reprit Draco en se donnant l'impression d'être une girouette. Il avait bien affaire à un ange, un ange démoniaque, car avec des yeux et un visage pareils, l'adolescent qui se tenait avec défi devant lui, ne pouvait être qu'un démon. Draco était complètement fasciné par les yeux, mais aussi, par le parfum de l'inconnu. Celui-ci, caché sous une légère odeur de sueur, embaumait toute la pièce. Et c'était entêtant. C'était un mélange de tant d'émotions fortes, que Draco était certain que si l'inconnu l'autorisait à se nourrir d'eux, il pourrait se passer de chasse durant deux semaines au moins.
_ En plus d'être un malade, vous êtes aussi idiot ou tout simplement sourd ? reprit Harry avec hargne, tout en se demandant s'il ne serait pas plus judicieux de fermer sa bouche, dans la mesure où il n'avait aucun moyen pour se défendre d'une attaque provenant du vampire qui se tendait devant lui.
Le jeune sorcier avait conscience que s'il avait pu envoyer valser son ''agresseur'', c'était uniquement dû à l'intervention de sa magie accidentelle. En effet, après l'attaque survenue le premier jour de son incarcération à Azkaban, la magie d'Harry, magie qu'il avait toujours pu utiliser à sa convenance, même avant son entrée à Poudlard et l'achat de sa baguette, était devenue quelque peu sauvage et capricieuse. En d'autres mots, Harry ne parvenait plus à la contrôler comme avant. Elle était devenue, petit à petit, sauvage. N'en faisant qu'à sa tête, si cela était possible pour une énergie non physique. De plus, les blocs de magie qui avaient été placés dans toutes les cellules d'Azkaban, n'avaient pas arrangé les choses. De ce fait, s'il parvenait suffisamment à énerver le vampire pour le pousser à l'agresser à force de provocations, Harry n'était pas certain de pouvoir se défendre.
Eh oui, sa magie pourrait aussi bien décider de lui venir en aide comme elle venait de le faire en éloignant son ''agresseur'' ; tout comme elle pourrait rester les ''bras'' croisés à regarder le spectacle. Pourtant, poussé par il ne savait quoi, Harry poursuivit inlassablement sur sa lancée suicidaire. Et peut-être, était-ce cela qu'il cherchait en s'en prenant ainsi à un vampire, se dit Harry sans émotion.
_ Oh, je vois ! Se moqua Harry, vous devez certainement être les deux à la fois au vu de la manière débile avec laquelle vous me regardez les yeux et la bouche grands ouverts. Si j'étais vous, je ferais attention à ne pas avaler une mouche malencontreusement, ajouta Harry.
Merlin fait que sa mère n'entende jamais parler de mon comportement actuel. Elle qui est si à cheval sur la courtoisie, elle serait morte de honte en le voyant à cet instant. Sans oublier que ce n'était pas dans ses habitudes de se comporter de la sorte devant un inconnu. Et cela, qu'il l'ait agressé ou pas. Pourtant, Harry n'arrivait pas s'inquiéter et encore moins à s'arrêter. Était-ce le fait d'avoir retrouvé un semblant de liberté qui le faisait agir ainsi, ou bien c'était seulement la tête du vampire qui lui hérissait le poil ? Harry ne saurait le dire. Ou peut-être, tout simplement un mélange des deux, finit-il par ce dire après réflexion.
Pendant que Harry s'interroger sur son étrange comportement, Draco lui, était si sidéré par l'impolitesse de l'inconnu, qu'il en restait sans voix. Il resta là, immobile, les yeux fixés sur Harry en ne sachant que dire, pendant que ce dernier l'injuriait gratuitement. Et malgré tout, il ne pouvait s'empêcher de le trouver beau, captivant, attractif. Il le lui fallait. Il devait le faire sien coute que coute avant qu'un autre ne le fasse à sa place, fut la dernière pensée cohérente de Draco, avant qu'il ne tourne les talons et qu'il ne quitte la pièce à toute vitesse. Il devait le faire pour deux raisons. La première pour éviter de sauter sur l'inconnu, et la seconde, parce qu'il se faisait peur. C'était la première de fois de sa vie, en cent ans de vie, qu'il ressentait une telle attraction envers quelqu'un. Et cela, homme ou femme. Et franchement, ça faisait peur. Vraiment peur.
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Harry regarda la porte laissée ouverte par le vampire durant sa brusque fuite, avec un air complètement halluciné sur le visage. Nan ! C'était quoi ça ? Depuis quand les vampires prenaient la fuite avoir été injurié par un petit con sans manière ? se demanda Harry en fixant la porte comme si elle pouvait lui fournir les réponses à ses questions. Au bout de quelques secondes passées à scruter la porte, Harry haussa les épaules, puis alla la fermer avant de se réinstaller sur le canapé. Mais cette fois, il resta éveillé. Allongé sur le dos, bras croisés sur sa poitrine et les yeux fermés, songeant à ce qu'il pourrait faire maintenant qu'il était finalement ''libre''.
Devait-il se rendre auprès de son frè… non, après ce qu'il lui avait fait, il ne pouvait plus l'appeler ainsi. Pour lui, Dranis était maintenant au même rang que James et Lily Potter : des inconnus. Harry n'avait plus qu'un frère. Et ce frère s'appelle Dudley. Un frère était censé aider, soutenir et protéger, ne pas trahir. Et Dranis l'avait trahi de la plus odieuse des manières. Durant ses quatre années d'enfermement, Harry avait tout fait pour éviter de penser à Dranis et aux Potter en général. D'abord, parce qu'il avait d'autres choses bien plus importantes à penser. Et ensuite, parce que cela était bien trop douloureux.
Maintenant qu'il n'était plus enfermé à Azkaban, Harry avait tout le loisir de songer à Dranis Potter. Il devait penser à lui pour ne pas penser à sa famille. Sa vraie famille, sa mère Pétunia, son père Vernon, et son petit frère qui devait avoir bien grandi en quatre ans. Il ne voulait pas songer à eux, car il redoutait leur réaction. Comment avaient-ils pris son enfermement ? Le croyaient-ils coupable ? Étaient-ils seulement au courant de sa captivité ou bien croyaient-ils qu'il les avait oubliés au profit des Potter ? Et plus important que tout, leur amour pour lui était-il toujours présent après tout ce temps ? Harry avait tellement peur des réponses à ces questions, qu'il n'avait pas osé demander quoi que ce soit à Sirius et Bellatrix au sujet de sa famille moldue.
Sentant le coup de cafard arriver, Harry préféra changer la direction de ses pensées et se reconcentra sur les Potter : les architectes de ses malheurs. Le jeune sorcier était persuadé que sans James Potter, les accusations de Dranis n'auraient pas fait long feu devant un vrai tribunal. Il aurait peut-être eu la chance d'avoir un véritable procès et n'aurait pas eu à passer 4 ans en prison pour un crime qu'il n'avait pas commis. Mais voilà, Potter avait mis son grain de sel dans ses affaires pour protéger son fils chéri, mais certain aussi, pour lui faire payer, lui Harry Potter d'exister. Et non seulement d'exister, mais d'être incapable de le renier, car la magie ou une force inconnue s'opposait à cela.
En effet, depuis que les Potter avaient confié la garde d'Harry au Dursley, ils avaient tout fait pour renier Harry, magiquement et financièrement. Mais malheureusement pour eux, chaque tentative qu'ils avaient faite avait eu des répercussions étranges sur leur magie, mais aussi sur les coffres des Potter. Effectivement, chaque tentative avait eu pour conséquence de baisser la force magique de James et de Lily, rendant de ce fait, leurs sortilèges inopérants au moment où ils en avaient le plus besoin. En ce qui concernait les coffres des Potter, alors que James, en prenant la tête de la famille à la mort de son père et après avoir donné un nouvel héritier à cette dernière, s'était vu attribué l'accès aux cinq coffres appartenant aux Potter, dorénavant, suite à ses nombreuses tentatives pour déshérité Harry, il ne pouvait accéder qu'à deux des cinq coffres.
De plus, il lui était désormais impossible de retirer de l'argent pour autre chose que le strict nécessaire. C'est à dire, seulement pour nourrir et habiller sa famille et lui-même. S'il essaye d'en retirer pour un autre usage, l'argent revenait immédiatement dans les coffres. Il va sans dire que James et Lily ne furent pas très enchantés lorsqu'ils comprirent cela. Et leur haine pour Harry s'en trouva augmenté. Heureusement que James et Lily avaient des métiers qui payaient bien, sinon ils n'auraient pas pu sauvegarder les apparences. Mais cela, Harry ne le savait pas. Tout ce dont il était au courant, c'était que James avait essayé de le renier au profit de Vernon, mais que cela avait échoué.
Et comme James ne pouvait le faire lui-même, il avait ordonné à Pétunia et Vernon, d'obliger Harry à renoncer à ses droits concernant l'héritage des Potter à sa majorité. Et pour être certain de se faire obéir par les deux Moldus, James leur fit comprendre que s'ils ne le faisaient pas, il s'en prendrait physiquement à Harry, mais aussi à Dudley. Mais cela aussi, Harry ne le savait pas. Pourtant, le jeune homme, sans que Pétunia ou Vernon ne lui en touche mot, avait décidé de renoncer à ses droits lors de sa majorité, car il ne voulait rien avoir à faire, de près ou de loin avec les Potter. Son passage à Azkaban n'avait fait que renforcer sa détermination. Dès que l'occasion se présentera à lui, il allait abandonner le nom des Potter.
Mais en attendant, Harry se demandait pourquoi Dranis avait tué Fudge. Qu'avait bien pu lui passer par la tête pour en être arrivé à commettre un tel crime ? Et pourquoi l'avoir accusé lui ? Harry devait absolument le découvrir pour avoir une chance d'aller de l'avant après tout ça. Il devait aussi prouver son innocence et faire en sorte que les James, Lily et leur serpent vicieux de fils descendent de leur piédestal. Pas qu'il souhaitait leurs morts, car pour lui, la mort serait trop douce. Non, ce qu'il désirait, c'était que tous puissent voir leur vrai visage. Qu'ils comprennent que James et Lily n'étaient pas les bons et parfaits petits sorciers pétris de bontés et prêts à aider la veuve et l'orphelin, mais des pourritures sans cœur et emplis de haine. Et pour cela, il devait découvrir pourquoi Dranis avait assassiné l'ancien ministre de la magie, puis prouver au monde entier que c'était ce dernier le meurtrier de Fudge et non lui. Mais comment y parvenir ? Là était la question.
Harry ne savait pas depuis combien de temps il était allongé sur le canapé à ressasser tout cela, quand la porte s'ouvrit sur Snape accompagné de la copie conforme, mais adulte, du vampire qui s'était enfui quelques minutes ou heures plus tôt. Harry se redressa immédiatement à leur vue. Ne sachant quoi faire, quel comportement adopter, il resta debout, près du canapé, les mains ballantes le long de son corps et les yeux fixés sur Snape. Ce qu'Harry éprouva à la vue de son ancien professeur et directeur de maison, équivalait à ce qu'on pourrait ressentir en revoyant un oncle ou un grand frère aimait que l'on n'avait pas vu depuis un long moment.
C'est-à-dire, de la joie, mais aussi un peu de gêne, car on ne savait pas si on allait être bien reçu par ce dernier. On n'avait peur que la complicité d'alors ne soit plus la même. Que l'autre ne soit plus tout à fait celui qu'on avait connu des années plus tôt. Donc, ne sachant quoi faire, Harry resta là, immobile, les yeux ancrés dans ceux de Snape, à lutter contre une tempête d'émotions dont il ne saurait différencier.
_ Où sont donc passées tes bonnes manières, gamin ? Es-tu décidé à ne pas me saluer ? dit Snape en mettant fin au silence qui s'était installé dans la pièce.
Avant qu'Harry ne puisse comprendre ce qu'il faisait, il se trouvait enfermé dans les bras de Snape qui lui caressait maladroitement le dos afin de calmer les sanglots qu'Harry n'avait pas eu conscience de verser.
_ Je vous déteste, murmura Harry entre deux hoquets tout en donnant de faibles coups de poing sur le torse de Snape.
_ C'est ton droit, lui dit Snape en étirant ses lèvres.
_ Je vous ai attendu, reprit Harry.
_ Je sais, répondit Snape en perdant son esquisse de sourire.
_ J'ai attendu très longtemps, continua Harry.
_ Et j'en suis désolé, gamin.
_ Je pensais que vous ne viendrez jamais, que vous m'aviez oublié.
_ Eh bien, tu as eu tort, car je ne t'ai jamais oublié et encore moins abandonné, détrompa Snape. Il m'a juste fallu un peu plus de temps pour trouver un moyen de te sortir de là. Tu es bien trop enquiquinant pour me permettre de t'oublier, ajouta Snape.
_ J'ai eu très peur, souffla ensuite Harry après avoir souri à la dernière phrase de Snape.
_ N'importe qui se trouvant dans la situation où tu étais, l'aurait été. Donc, tu n'as pas à avoir honte de ça, le rassura Snape qui avait compris la réelle signification de sa déclaration.
_ J'ai… des… des sorciers ont… ont tentés de… ont…, Harry ne parvint pas terminer sa phrase. Mais ils ont échoué, parvint-il tout de même à dire.
_ C'est fini maintenant, gamin. Tu es en sécurité à présent, souffla Snape après être parvenu à calmer la rage froide qui l'avait pris lorsqu'il devina ce que le jeune sorcier ne parvint pas à dire.
Morgane, le gamin a failli se faire violer durant son enfermement. Merlin soit loué, la tentative n'avait pas abouti. Snape ne se saurait jamais pardonné si cela avait été le cas. Inconsciemment, il resserra son emprise autour des épaules d'Harry. Ce maudit gamin avait réussi à prendre une place si importante dans son cœur froid, que cela lui faisait peur, car il ne pensait pas pouvoir se relever de la perte dudit gamin. Le vampire trouvait son attachement envers Harry vraiment ironique, dans la mesure où il avait en horreur les gamins, quel que soit leur âge. Mais pour une raison inconnue, il en était venu à concéder ce dernier, le fils de James Potter, il ne fallait pas l'oublier, comme un neveu ou quelque chose s'y approchant fortement.
_ Je ne te savais pas aussi dégoulinant de niaiserie, s'éleva brusquement la voix de Lucius qui avait suivi la conversation en silence et après s'être assuré qu'Harry n'avait plus rien dire. Narcissa va être de très, très bonne humeur lorsque je lui offrirais le souvenir de cette scène, ajouta-t-il avec un sourire moqueur.
Même si cela ne se voyait pas, la remarque de Lucius avait été faite pour couper court à toutes gênes que Snape et Harry auraient pu éprouver à la fin de leur étreinte.
_ Il semblerait, mon cher ami, que tu oublies qui te fournit en produit capillaire et beauté, dit simplement Snape en se détachant d'Harry. Alors, si j'étais toi, j'y réfléchirais à deux fois avant de faire une telle idiotie, Lucius, ajouta-t-il en étirant mesquinement ses lèvres.
Quand Snape le libéra de ses bras, Harry s'empressa de s'essuyer les yeux afin d'effacer toutes traces de ses larmes qu'il venait de verser. Puis, il retourna sur le canapé et regarda les deux vampires se lancer des regards noirs. Au bout d'une longue minute de cette bataille de regards, Lucius poussa un soupir et hocha la tête en direction de Snape.
_ J'aurais pu obtenir beaucoup de Narcissa avec ce souvenir, j'espère que tu le sais, lança tout de même Lucius en allant s'asseoir sur un petit fauteuil faisant face au canapé où était installé Harry.
_ Je ne te retiens pas, dit Snape sur un ton vicieux.
_ Je tiens bien trop à mes cheveux pour risquer de les perde bêtement, répliqua Lucius en pinçant les lèvres.
_ Toi et tes cheveux, dit Snape en secouant la tête avec désespoir. Mais je ne vais pas m'en plaindre, ajouta-t-il plus doucement.
Après cela, Snape alla prendre place aux côtés d'Harry qui rougit un peu en se rappelant son comportement enfantin. Snape fit comme si de rien n'était avant de lui demander comment il allait. Harry lui dit qu'il était encore fatigué malgré le petit repos qu'il avait pris plus tôt. Snape le rassura en lui disant que c'était tout à fait normal et qu'il devait s'attendre à l'être encore quelques jours de plus. Ensuite, voyant qu'Harry faisait tout pour éviter le sujet, Snape décida de l'amener lui-même dans la discussion.
_ Je n'ai pas encore mis ta mère au courant de ton évasion, car j'ai peur que les Potter, qui ont tout fait pour empêcher ta libération de manière légale, se rendent chez elle pour lui arracher l'information de manière peu orthodoxe, expliqua Snape.
Harry ne dit rien, pourtant, son cœur battait à cent à l'heure.
_ Tu sais, gamin, tout comme moi, tes parents ne t'ont jamais abandonné. Ils ne croient pas coupable du meurtre. Et même si cela avait été le cas, je pense sincèrement qu'ils se seraient rangés de ton côté.
_ Donc, vous pensez que je ne l'ai pas fait ? releva Harry qui n'avait jamais eu l'occasion de donner sa version de l'histoire à quelqu'un qui voulait l'entendre.
_ Non gamin, je pense te connaître suffisamment pour dire que tu n'aies en rien responsable de l'assassinat de cet imbécile de Fudge. Et dans le cas où tu l'aurais été, je te féliciterais pour nous avoir débarrassés d'un incompétent pareil, répondit Snape.
Harry l'observa quelques secondes pour juger de la sincérité du vampire. Ayant obtenu la réponse à sa question muette, il baissa les yeux, prit une grande inspiration en se tordant les doigts.
_ Alors, ils ne m'ont pas oublié ? Ils ne me détestent pas ? Ils m'aiment toujours ? souffla-t-il si doucement, que si les deux hommes n'avaient pas été des vampires, ils n'auraient jamais pu entendre ces mots.
_ Pétunia n'a jamais perdu espoir de te sortir de prison. Elle s'est battue bec et ongles durant toutes ces années pour te sortir de prison. Et elle y serait parvenue sans l'intervention de James et Lily, lui apprit Severus. Alors, non gamin, ils ne t'ont jamais oublié, ne te détestent pas et t'aiment toujours autant. Je dirais même plus qu'avant. Je pense que quand Pétunia pourra venir te rendre visite, elle ne te laissera plus jamais t'éloigner d'elle à moins de deux mètres, ajouta Snape sur un ton moqueur.
Les paroles de Snape réchauffèrent le cœur d'Harry. Il n'allait pas perdre sa famille.
_ Quand pourrais-je les voir ? demanda-t-il au vampire.
_ Lorsque la surveillance que les Potter ne vont pas manquer de mettre en place dans le périmètre de ta maison se relâchera un peu. Ce qui risque de prendre quelques jours, voire semaine, annonça Snape avec tristesse. Tu vas devoir attendre encore un peu pour les voir.
_ J'ai déjà attendu 4 ans, quelques semaines de plus ou de moins ne vont pas me tuer, dit Harry en essayant de cacher sa déception.
Snape ébouriffa les cheveux d'Harry avant de lui dire :
_ En attendant gamin, tu vas me faire le plaisir d'aller prendre une douche parce que tu sens la sueur à un kilomètre.
Harry lui lança un regard indigné, puis, lui tira la langue. Snape le conduisit ensuite dans une des nombreuses chambres du manoir Malfoy. Il lui expliqua que c'était sa chambre jusqu'à ce qu'ils parviennent à prouver son innocence. Snape lui expliqua que comme la chambre lui appartenait, personne, même les propriétaires de la maison, ne pouvait pénétrer dans la pièce sans une invitation de sa part. Cette information rassura Harry. Snape laissa ensuite le jeune homme seul après lui avait dit qu'il était allé faire les magasins pour lui trouver quelques vêtements pratiques pour la durée de son séjour au manoir Malfoy.
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En quittant Harry, Snape se rendit dans la chambre qu'il occupait chaque fois qu'il séjournait au manoir Malfoy. En ouvrant la porte, il ne s'était pas…, enfin, il s'y était un peu attendu, mais préférait le cacher, à trouver Sirius, complètement nu, à moitié couché dans son lit. Snape se retint difficilement de lancer une pique bien sentie en direction de l'autre vampire. Au lieu de cela, il se dirigea vers le mini bar de la chambre et se servit un verre qu'il but d'un coup avant de s'en resservir un autre. Puis, le verre à la main, il s'adossa au mur faisant face au lit et dit d'une voix naturelle :
_ Pourrais-je savoir ce que tu fais dans cette tenue et allongé dans mon lit, Black ?
_ Je chauffais le lit en attendant ton arrivée, bien entendu, répliqua Sirius en prenant une pose languissante.
_ Je te remercie pour cette intention, commença patiemment Snape, avant d'ajouter, mais j'aime quand mon lit est froid lorsque je me glisse dedans. Froid et vide.
_ Un lit vide et froid n'est pas très accueillant, répliqua Sirius en se levant pour s'avancer vers Snape d'une marche prédatrice et tellement sexy, que Snape sentit une douce chaleur se répandre dans son cœur. Tu es certain que tu ne veux pas d'un peu de compagnie ? demanda-t-il en collant presque son corps nu et excité contre celui de Snape.
Le maître de potions prit une grande gorgée de son verre pour se ressaisir des émotions qui le prirent au contact du corps du Cabot contre le sien. Quand ce fut fait, il se pinça le nez, plongea son regard dans celui de Black, avant de se pencher brusquement en direction des lèvres de Sirius afin de lui donner un long, profond et baveux baiser qui dura de longues minutes. Comme quoi, être un vampire avait ses avantages, se dit Snape en se détachant de Sirius. Il se saisit ensuite de sa baguette, habilla Sirius d'un mouvement de cette dernière, et avant que Sirius ne puisse comprendre ce qui se passait, il fut mis à la porte qui se claqua violement devant son nez.
_ Mais, mais, je pensais que tu étais d'accord pour me donner une chance ! hurla Sirius au travers de la porte lorsque ses idées furent suffisamment claires pour lui permettre de réfléchir.
_ Exactement ! J'ai dit que j'étais prêt à te donner une chance de sortir avec moi, pas de coucher avec moi Black, fut la réponse de Snape.
_ Mais, mais…grrrrrrrr ! Pesta Sirius en retourna pour partir.
_ Je vois que la prison n'a pas aidé à arranger tes manières, cousin, ricana Bellatrix.
Et ce ne fut qu'à cet instant qu'il se rendit compte qu'il n'était pas seul dans le couloir. Sirius fusilla sa cousine du regard avant de s'en aller. Donc, il voulait qu'ils sortent ensemble comme des idiots d'adolescents avant de passer aux choses sérieuses ! Eh bien, il allait être servi ! pensa vicieusement Sirius en se rendant dans sa chambre.
