Le trajet prend trois longues heures, peut-être même plus. Je passe tout ce temps à écouter la longue et trépidante vie de Hannah et tente de lui expliquer quelques bribes de la mienne, mais c'est dur. Et voilà qu'elle m'a surnommée Mysterious Girl.
La nuit est presque tombée et de gros nuages recouvrent le ciel lorsque le panneau « Welcome To Rocksdale » m'apparaît enfin. A l'arrêt du véhicule, Hannah et moi descendons sans encombre et je dois la quitter pour aller … je n'en sais rien, mais je dois la quitter.
- Je dois y aller, déclaré-je.
Hannah s'avance vers moi et m'enlace de façon bourrue en révélant ;
- C'était chouette de te rencontrer Mysterious Girl.
Surprise par ce geste, je ne lui tape dans le dos en signe de réciprocité que quelques secondes plus tard. Elle s'écarte de moi et dit, avant de s'éloigner :
- Embrasse Peter pour moi !
Si seulement … Bon, je suis seule dans une gare routière dans la nuit mais je suis à Rocksdale. Il y a du progrès. Alors, devant, derrière, gauche ou droite ? Droite, je le sens bien. Je me mets en route, parcourant les rues au pur hasard.
Plusieurs minutes s'écoulent et le tonnerre se mettant à gronder me force à poursuivre mon chemin en pressant le pas. Je traverse la route pour aller dans une autre rue où un bar fait le coin. Un groupe d'hommes braille fort devant et j'accélère encore plus le pas. Pas de chance, ils me repèrent. Et bien sûr :
- Minette, viens voir par là !
Je pensais qu'en m'éloignant, ils me foutraient la paix mais non. Ils commencent à me suivre et instinctivement, je me mets à courir. Les poivrots en font de même et je ne tarde pas à paniquer.
A une intersection, je m'engouffre dans une ruelle mais je me retrouve bloquée dans une impasse. Il n'y a rien à part des sorties de garages et des ordures. Un éclair zèbre le ciel et la pluie se met à tomber. Je cours vers une autre sortie mais ça m'oblige à me rapprocher de mes poursuivants. Malheureusement, je ne suis pas assez rapide et un des hommes saute sur moi et me maintient fermement en place.
- Qu'est-ce que t'es jolie …
A l'aide de mes mains, je tente de le repousser mais je suis loin d'avoir assez de force. Les autres ricanent tandis que mon agresseur descend une de ses mains sur mes fesses. Je crie tout ce que je peux :
- A L'AIDE ! AU SECOURS !
L'homme m'envoie une droite et je sens ma lèvre s'ouvrir tandis que ma tête part sur la droite sous la violence du choc. Je me redresse pour faire face et à l'homme et surtout pour qu'il voit ma lèvre se reconstituer :
- Qu'est-ce que …
Les quatre hommes plus en retrait n'ont rien vu et ordonnent :
- Bon, tu la prends ou quoi ?
L'homme oublie rapidement ce qui vient de se produire, à mon grand désespoir et allait reprendre ses attouchements lorsqu'un coup de poing atterrit dans sa mâchoire gauche. Mon agresseur me lâche et vacille sous la surprise puis je tourne la tête pour découvrir mon sauveur.
Les cheveux et les vêtements trempés, la mèche plaquée contre la joue, Peter expire un grand coup et croise mon regard. Mon héros. L'homme qu'il vient de frapper retrouve son équilibre et s'apprête à rendre la pareille à Peter.
C'est alors que celui-ci attrape ma main droite et me force à le suivre à toute allure dans la rue. La pluie martèle le sol dans un bruit assourdissant tandis que je regarde derrière pour voir si nous sommes suivit. Comme ce n'est pas le cas, je me tourne vers Peter. Normalement, tu n'es pas censé tous les tabasser afin de me prouver ta force virile ? Peter ? Peter ?
- PETER ! hurlé-je en tentant de ralentir.
Peter s'arrête et se tourne vers moi en avouant :
- Ne te fatigue pas Claire. Je ne peux plus lire dans tes pensées. J'ai perdu tous mes pouvoirs.
Son air accablé me va droit au cœur. Je passe ma main sur sa joue où la pluie ruisselle :
- Avec ou sans pouvoirs, tu es toujours mon héros.
Il me sourit et me prend contre lui. Je l'entoure de mes bras et malgré le froid qui irradie mon corps, je sens la chaleur de sa présence. C'est si bon de l'avoir retrouvé, d'être de nouveau avec lui.
Peter passe une main dans mes cheveux détrempés et ses lèvres s'approchent des miennes. Elles les effleurent et remontent le long de ma joue pour s'arrêter sur mon oreille :
- J'ai cru mourir.
Je souris en m'écartant un peu de lui pour voir son visage mouillé et avoue :
- Moi aussi.
Il me relâche, saisit ma main et m'apprend :
- J'ai pris une chambre dans un motel, pas loin. Dépêchons-nous d'y aller.
Au pas de course, nous nous rendons dans une rue parallèle à celle où nous nous trouvons et pénétrons dans le motel. Dans un des couloirs, Peter stoppe devant une porte, cherche la clé dans son manteau et nous ouvre.
L'intérieur n'est pas du grand luxe, lit double, armoire, bureau, salle de bains, une fenêtre, mais du moment que c'est chauffé, ça me convient. Je m'empresse d'ôter mon manteau que j'accroche au portemanteau et fonce dans la salle de bain tandis que Peter verrouille la porte d'entrée.
Au dessus du lavabo, je regroupe mes cheveux et les tords afin d'en retirer toute l'eau. Et y'en avait une sacré quantité. De quoi nourrir une plante verte pendant un mois. J'allais revenir dans la chambre lorsque je découvre Peter sur le seuil. Il s'approche de moi et me saisit le visage à deux mains :
- Ca va ?
- Très bien. Un peu froid. Mais bien.
Ses yeux marron sont plongés dans les miens et j'ai horriblement envie de m'y noyer.
- Prend une douche bien chaude. On discutera après, me conseille t-il.
Il allait quitter la salle de bain lorsque je rétorque :
- Et toi ?
- Je n'ai plus froid maintenant.
Sur un semi clin d'œil, il referme la porte, me laissant seule avec ma traînée de bave sur le côté de la bouche. Je l'essuie du revers de la main et fais ce que Peter m'a dit.
En sortant de la douche, je me rappelle que je n'ai aucun habit de rechange et hors de question de remettre mes vêtements trempés. Je fouille un peu la pièce et découvre des peignoirs sous l'évier. J'en enfile un et sors de la salle de bain.
Peter est assit sur la chaise du bureau et semble réfléchir. Lorsque je m'avance, je le sors de sa torpeur et il me regarde en souriant. Je lui renvoie son sourire, m'assois sur le bureau et demande :
- Alors ? Que s'est-il passé ?
Peter se passe une main sur le visage et avoue :
- Je suis désolé, Claire. Désolé de t'avoir lâché comme ça et …
- Peter, l'interrompé-je. Je vais bien. Je suis là. Et entière.
Il hoche la tête et explique :
- Je ne contrôlais plus rien. Ni le vol, ni la radioactivité. J'ai du te lâcher, je ne savais pas ce qui allait se passer. J'aurais pu explosé. Mais non. J'ai perdu de l'altitude et atterri sans trop de dégâts dans la ville voisine à celle-ci. Alors je m'y suis rendu, persuadé que si tu allais bien, tu chercherais à t'y rendre. Comment tu t'y es prise ?
- Je suis tombée dans une ville paumée mais il y avait un bus qui menait ici, seulement à 17 heures. J'ai attendu et pris le bus, résumé-je.
- Si simple ? s'étonne Peter en levant un sourcil.
- Oui.
- Comment as-tu payé le bus ?
Tellement perspicace Peter. Ah oui. C'est vrai qu'il n'entend rien.
- Perspicace. Disons que j'ai fait une rencontre qui m'a permis de prendre illégalement le bus.
- Une rencontre ? répète Peter m'incitant à développer.
- Une fille qui avait l'habitude de ces choses. Prendre le bus illégalement je veux dire. D'ailleurs, je lui ai promis de faire quelque chose …
Je me penche vers Peter et lui embrasse le front. Il ferme les yeux, ce qui me laisse penser qu'il aime ça. Je décolle mes lèvres et il ouvre les yeux au niveau de mon peignoir qui s'est un peu ouvert en me penchant.
Je le referme vivement et me mords la lèvre inférieure. Vas-y Claire, aguiche le ! Peter inspire doucement, ses yeux remontent au niveau des miens et continue :
- Je suis arrivé ici en stop et j'ai pris cette chambre. J'ai passé le reste de la journée dehors à t'attendre. La ville n'est pas bien grande. Et par chance, j'ai entendu ton cri tout à l'heure.
- Et tu m'as sauvé, finis-je. C'est la combientième fois ?
Peter se lève, me domine de sa hauteur et pose ses mains de chaque côté de mes cuisses, sans les toucher.
- Je ne compte plus, déclare t-il.
Puis, il se penche en s'avançant vers moi et lorsque son visage n'est plus qu'à quelques centimètres du mien, il annonce :
- Je vais prendre une douche froide.
Je fronce les sourcils sans comprendre et Peter disparaît dans la salle de bain. Je quitte le bureau pour me mettre assisse sur le lit. L'eau de la douche commence à couler et j'allais m'allonger sur le lit lorsqu'un choc retentit contre la fenêtre.
- HAAAAA !
Oui, c'est moi, ça. Je hurle en me levant du lit et réalise qu'il s'agit seulement d'une branche qui a frappé la fenêtre. Du calme, Claire.
- Qu'est-ce qui se passe ?
Je me retourne vers Peter. Ok. Là, tu peux ne pas rester calme. Peter a du sortir en trombe de la douche car son corps est encore ruisselant et il a pour seul vêtement, une serviette autour des hanches. Parfaitement positionnée, elle tombe avec classe, s'arrêtant juste au bon endroit, rendant le tout incroyablement ...
Ne rien penser. Ne rien penser. Mais si ! Je peux penser ! Putain, il est foutu comme un dieu ! Vite, de l'air, de l'air ! Je détourne le regard et lâche en toute hâte, les joues en feu :
- Unebranchequiafrappélafenêtre.
Peter me fait un sourire en coin et conclut :
- Rien de grave alors ?
Je secoue la tête de gauche et à droite et découvre avec soulagement qu'il retourne dans la salle de bain. Je tourne rapidement la tête dans sa direction. De dos c'est pas mal non plus … Claire ! C'est ton oncle ! Mais la vache, qu'est-ce qu'il est sexy.
Je me laisse tomber de tout mon poids sur le lit alors que la porte de la salle de bains se referme. Mais une seconde après, elle se rouvre et la tête de Peter me dit :
- Si tu veux prendre une douche froide, la salle de bain est à toi dans une minute.
Et il repart. Gnnnn ? Il veut que je crève d'un arrêt cardiaque ? Je tente de reprendre mon souffle. Musclé juste comme il faut en plus … Raahhh ! Tuez moi ! Faites quelque chose ! Ok, c'est bon, c'est officiel, je fantasme sur mon oncle.
Je me mets à me tordre les mains et Peter me rejoint dans la chambre en peignoir. Il me lance un regard craquant et dit :
- Nous irons voir Jacob Foxworth demain matin. Il est trop tard maintenant.
Je hoche la tête et tente de ne pas rougir. Au prix d'immenses efforts, je tente de trouver un sujet de conversation et par chance, il me vient facilement :
- Tu sais pourquoi tu as perdu tes pouvoirs ?
- Je n'en sais rien. Peut-être que c'est lié à l'explosion, enfin mon explosion, il y a trois semaines. Ou peut-être que c'est lié à l'absorption du pouvoir de Bethany. J'y ai réfléchi mais je ne trouverai pas la solution. Seul Mohinder le pourrait mais pour l'instant, nous avons d'autres priorités.
- Mais nous sommes vulnérables, réalisé-je.
- Hé bien ! Je ne savais pas que je paraissais tout puissant à tes yeux, laisse t-il supposer en s'asseyant à mes côtés sur le lit.
Je suis tentée de m'écarter de lui mais ce geste pourrait être vexant. De quoi as-tu peur, Claire ? De ne plus être en mesure de te contrôler ? Une chose est certaine, ce n'est pas Peter qui me sauterait dessus. Je ne l'imagine pas faire une telle chose, il est bien trop raisonnable.
En toute sincérité, à cet instant, j'ai envie de me blottir dans ses bras. J'adore ses bras. Qu'est-ce que je raconte ? J'adore tout chez lui.
- Si tu savais à quel point je regrette de ne plus pouvoir lire dans pensées, confie Peter d'un ton malicieux.
Je tourne la tête vers lui et déclare :
- Peut-être que ce n'est pas plus mal. Je risquerais de te faire rougir.
Peter reste muet un moment, à me dévorer des yeux, et finit par lâcher :
- Fais moi rougir.
Ces paroles me choquent, malgré tout je glisse ma main gauche dans ses cheveux. Mon Dieu, je n'avais jamais osé faire un tel geste auparavant. Mais maintenant que je le fais, la foule de sentiments que j'éprouve pour Peter s'empare de moi et je tire son visage près du mien.
Avec lenteur, je l'embrasse dans le cou en descendant le long de sa pomme d'Adam. Je remonte avec la même langueur et caresse sa barbe de quelques jours de ma main droite. Je parcours son menton et sa joue de mes lèvres tandis que Peter semble complètement en transe.
Je passe mes doigts sur ses lèvres si attirantes qu'il entrouvre sous ce contact. Sans cesser d'embrasser sa joue, je glisse jusqu'au coin de ses lèvres alors que Peter entoure ma taille des ses mains et me rapproche de lui.
Ma poitrine se colle à son torse, à travers nos peignoirs mais ce contact suffit à nous électriser.
- Claire …, murmure t-il dans un souffle.
J'allais enfin poser mes lèvres sur les siennes lorsque, subitement, Peter me repousse doucement, mais fermement et se lève du lit, laissant mes mains et ma bouche dans le vide. Je suis prête à protester cependant Peter me devance :
- Pardonne-moi mais si on continue comme ça, je ne vais pas tarder à perdre le contrôle.
- Et ? l'obligé-je à poursuivre, quand même frustrée dans le fond.
- Et, et ça serait mal. En plus, il y a un énorme panneau lumineux qui s'affiche dans mon esprit et où il est inscrit : « Fille de Nathan et nièce ».
Peter passe une main sur sa joue et révèle :
- Il y a certaines responsabilités que je ne suis pas encore prêt à prendre.
- J'attendrai.
Pour qui je me prends moi ? Mais, je m'en fous, j'aime ça. Peter propose que nous allions nous coucher et j'accepte. Chacun à notre place, nous nous installons dans le lit et je dois avouer que c'est dur de résister à l'envie de m'approcher de lui, pour sentir son odeur, sa chaleur.
Alors je reste sagement de mon côté et lui du sien mais je suis quasi-certaine que Peter éprouve le même tourment que moi à cet instant.
- Oh Claire, m'interpelle t-il dans l'obscurité.
- Oui ?
- Tu m'as fait rougir.
Dans la matinée, je m'éveille contre lui. En ouvrant les yeux, je tombe sur les siens et je crois bien que c'est la meilleure façon de se réveiller que je connaisse.
Face à moi, il n'est qu'à quelques centimètres de mon corps et est couché sur son côté droit et moi sur le gauche. Son bras droit passe au dessus de ma tête et se perd dans mes cheveux blonds pour les couvrir de caresses, geste qui doit être à l'origine de mon réveil. Un sourire étire les lèvres de Peter et il me dit :
- Bonjour.
Toi, près de moi, dès le matin, c'est vraiment signe d'une bonne journée. Zut, c'est vrai qu'il n'entend pas.
- Tous les matins devraient ressembler à ça, dis-je.
- Tu as raison. Tu sais qu'à peine endormie, hier soir, tu t'es empressée de te coller à moi. ?
- Non ?! J'ai fait ça ? m'offusqué-je en me redressant sur mon coude.
- Je te le jure ! m'assure Peter. Alors si tu commences à me draguer même la nuit, tu ne me laisses plus aucun répit.
- Je te drague ? répété-je en réalisant que mon comportement pourrait paraître comme vraiment osé.
- J'ai également des choses à me reprocher, confie Peter en se couchant sur le dos.
Je m'approche de lui et l'admire. Il est réellement sublime. Son peignoir entrouvert laisse apparaître son torse imberbe et mon regard remonte jusqu'à son menton puis sa bouche. Mon Dieu, cette bouche !
- Je te veux, Claire.
J'ai bien entendu là ? Peter se retourne vers moi et caresse mon nez de son index.
- Je ne supporterais d'être séparé de toi. Il me faut ta présence, à mes côtés. Je suis devenu accro à Mademoiselle Bennet, admet-il.
Je reste muette face à cet aveu qui me va droit au cœur. Là, tout de suite. J'ai envie de le lui dire. Je l'aime. Mais les mots ne peuvent sortir. Bordel Peter ! Pourquoi a-t-il fallu que ton pouvoir soit hors service à ce moment là ?
- Tu le penses vraiment ? questionné-je, émue.
- Je ne peux pas te mentir.
Peter passe son index sur mon sourcil droit, dépose un baiser sur mon front et quitte le lit pour aller s'habiller.
Une fois habillés, nous quittons la chambre, payons la note et nous rendons à pieds chez Jacob Foxworth, après avoir pris des croissants dans une boulangerie. Tandis que nous marchons dans la rue, Peter me prend naturellement la main et je me sens heureuse. Oui, heureuse.
Nous trouvons facilement la maison et passons le portail qui y mène. Je regarde autour de moi, trouvant l'endroit de mauvais augure. Peter exerce une pression sur ma main pour me rassurer et frappe à la porte.
Le coup déplace la porte, ce qui nous indique qu'elle n'est pas fermée. Peter m'observe puis la pousse en appelant :
- Monsieur Foxworth ?
Pas de réponse. Nous pénétrons dans le hall désert et Peter m'incite à le suivre jusqu'à la pièce suivante.
- Nous ne devrions pas …, commençé-je.
Je m'interromps immédiatement en apercevant les jambes d'un corps au pied d'une table de la salle à manger. Mon regard parcourt les jambes pour arriver à un buste, puis à une tête, à laquelle il manque le haut de crâne.
Avec effroi, je découvre que la deuxième partie du crâne repose quelques mètres plus loin. Instantanément, je pousse un gémissement en me détournant de cette vision d'horreur. Peter me blottit contre lui en lâchant :
- Nous sommes arrivés trop tard.
Un spasme d'écoeurement me soulève la poitrine et je porte ma main à la bouche. Soudain, des hommes armés, débarquant de nulle part nous encerclent et l'un d'entre eux hurle :
- Plus un geste ! Vous êtes cernés !
Il s'agit de policiers, ou peut-être d'agents du FBI, qui ne cessent de braquer leurs armes dans notre direction, l'air menaçant. Ca sent les ennuis à plein nez. En d'autres circonstances, autrement dit si Peter avait ses pouvoirs, nous n'aurions aucune difficulté à nous débarrasser d'eux et à nous enfuir mais là … Nous sommes piégés.
Les hommes armés nous attrapent avec force bien que nous n'opposons aucune résistance, nous menottent puis nous fourrent dans un voiture. Je lance un regard désespéré à Peter, qui même s'il n'en mène pas large, me réconforte :
- Tout va bien se passer.
Gyrophares et tout le tralala, les agents nous emmènent au commissariat pour nous enfermer en cellule de détention, après nous avoir ôté les menottes. Je me laisse tomber sur un banc en soufflant :
- On touche le fond.
- Ne dis pas ça Claire, on ne touchera le fond que lorsque Sylar viendra nous tuer ici même, emprisonnés et sans défense, me répond Peter en fixant l'extérieur de notre cellule.
- Et c'est censé me rassurer ça ? m'étonné-je.
- Juste te prouver qu'on peut encore s'en sortir, explique t-il en s'asseyant à ma droite. Nathan est un homme influent et puis, il ne faut pas oublier que nous sommes innocents.
- Oui mais comment expliquer notre présence là-bas et dans la maison du mort ? On ne peut pas tout leurs dire, personne ne nous croirait ! m'indigné-je.
Peter pose sa main sur la mienne et me dévisage. Ses yeux ont le pouvoir de m'apaiser. Je ne sais pas comment il s'y prend mais lorsqu'il est avec moi, j'ai toujours l'impression que nous triompherons de tout.
- C'est répugnant ! s'exclame une voix.
Peter s'empourpre et se lève sur le champ pour faire face à un homme, assez enveloppé, un badge accroché à sa veste noire.
-Matt Parkman, salue Peter.
Je me rappelle de cet homme, il a fréquenté mon père et Ted pendant un moment et il était présent lors de l'affrontement entre Sylar et Peter, juste avant l'explosion. Je me souviens aussi qu'il s'était prit quatre balles dans la poitrine, à cause de Sylar.
- Je vais mieux, me lance Matt. Quand à vous, en s'adressant à Peter, vous ne devriez pas … enfin, je me mêle de ce qui ne me regarde pas.
Peter n°2. Cet homme lit dans les pensées et c'est de lui que Peter tient ce pouvoir.
- Vous êtes dans de sales draps. Tout le monde ici vous juge coupables, nous informe Matt.
- Que faîtes-vous ici ? demande Peter.
- Je suis toujours chargé de l'affaire Sylar. Je suis sa trace avec l'agent Audrey Hanson. Vous aussi apparemment.
Je hoche la tête et lui apprends :
- Nous sommes à la recherche des personnes possédant les mêmes dons que nous et tentons de les retrouver avant Sylar. Mais cette fois-ci, nous n'avons pas été assez rapides.
- C'est le moins qu'on puisse dire, approuve Matt à travers le plexiglas.
Peter lance en remettant sa mèche derrière l'oreille :
- Vous pouvez nous sortir de là ?
- Je n'ai pas ce pouvoir, j'en suis désolé, avoue Matt.
- D'autres personnes vont mourir si nous ne l'arrêtons pas. Nous sommes les seuls à pouvoir le faire, intervené-je.
- Peut-être bien, mais je ne peux rien pour vous.
- Matt, l'interpelle Peter, aidez-nous. S'il vous plaît.
- Je … commence t-il.
- Matt, il va continuer à tuer. Si vous nous tirez de ce mauvais pas, nous le stopperons. Ayez confiance en nous, supplié-je.
Ce dernier semble hésiter mais finit par quitter notre champ de vision. Sa première phrase me revient alors en mémoire :
- Qu'a t-il trouvé répugnant ?
- Aucune idée, répond évasivement Peter.
Tu disais que tu ne pouvais pas me mentir. Je ne cherche pas insister, je sais ce qui le ronge. Ce malaise, cette boule qui se noue au plus profond de mon estomac lorsque je pense à notre lien de parenté. Je sais qu'il éprouve la même chose, en dix fois pire sûrement.
Peter se rassoit, mais sur le banc face à moi. Un pas en avant, dix pas en arrière. Quoique entre hier soir et ce matin, il a du progrès, il a fait au moins trois pas en avant.
Plusieurs minutes s'écoulent sans qu'aucun mot ne soit échangé entre nous deux. Peter a les yeux dans le vague tandis que je contemple les personnes défiler derrière la vitre en plexiglas de notre cellule.
D'un coup, une alarme se met à retentir. Peter se redresse et commente :
- Sûrement l'alarme incendie.
L'évacuation commence et deux policiers ne tardent pas à venir nous récupérer dans la cellule. Ils allaient nous mettre les menottes lorsque Peter murmure :
- Si c'était notre chance ?
Je vois de quoi il est en train de parler. Alors, je m'effondre sur le sol, surprenant de ce fait nos deux geôliers. Peter profite de leur seconde d'inattention pour frapper le plus proche au visage.
Quant à moi, je tire le mollet de celui qui voulait me menotter afin de lui faire perdre l'équilibre. Succès total, le policier perd de précieuses secondes à se rétablir et Peter, me relevant d'une main, en profite et m'entraîne loin de cette cellule.
Nous courrons dans les couloirs jusqu'à ce qu'un homme nous rattrape et nous menace :
- Arrêtez-vous ou je tire !
Sentant que l'homme est parfaitement capable de mettre sa menace à exécution et qu'il ne peut pas nous louper vu le peu de distance qu'il y a entre nous, je lâche la main de Peter et m'avance vers celui qui nous tient en joue.
- N'approchez pas ! me somme t-il. Je vais tirer.
- Et bien tire, lâché-je en continuant de m'approche de lui.
L'homme s'exécute sans aucun scrupule et trois balles viennent se loger dans mon corps. La rage qui m'anime à ce moment là me donne la force de ne pas m'écrouler et j'arrache le pistolet du policier, trop étonné pour opposer une quelconque résistance.
Avec toute la force dont je dispose, j'abats l'arme sur le crâne de l'homme qui s'écroule à terre. Après avoir jeté le pistolet à terre, je fais demi-tour pour rejoindre Peter tandis que les balles ressortent de moi. Son air interloqué me surprend et je lui lance :
- Je ne suis pas toujours sans défense.
Peter me sourit, m'attrape la main et nous reprenons notre course dans les couloirs. De la fumée nous parvient et c'est alors que je réalise qu'il s'agit d'un véritable incendie. Nous nous engageons dans un couloir mais il est bloqué par les flammes. Je m'apprête à faire demi-tour lorsque Peter m'apprend en me retenant :
- C'est par là que nous sommes venus.
- T'es sûr ? insisté-je.
Peter approuve d'un signe de tête. Je distingue un extincteur de l'autre côté des flammes, près de la porte. Une fois de plus, je lâche la main de Peter et m'élance à travers le feu.
- Claire ! s'exclame-t-il.
Je sais ce que je fais et je ne crains rien. Soudain, le plafond se fissure au dessus de moi et un morceau me tombe sur la nuque, malgré mes efforts pour l'éviter. Je pose les mains dans les flammes en grimaçant pour me relever et entreprends de finir ma traversée.
Dès que je parviens de l'autre côté, je m'empare de l'extincteur mais j'ai un mal fou à l'utiliser. Y'a pas de mode d'emploi ? Ah si ! Je tente de le décrypter même si le temps presse.
Finalement, je retire la goupille de sécurité et j'appuie pour asperger les flammes. Après plusieurs salves, un passage sûr se crée pour Peter et il me rejoint sans tarder. Je laisse tomber l'extincteur et poursuit notre retour vers la sortie.
Cette dernière est en vue alors que, venant d'un couloir à notre droite, plusieurs policiers courent dans notre direction mais s'arrêtent instantanément en nous apercevant et crient :
- STOP !
Je me décide à pousser Peter vers la sortie, le mettant hors de portée des armes des policiers grâce au coin du couloir. Mais mon geste incite les hommes à tirer. Je ne sais pas combien de balles se plantent dans mon corps mais quoiqu'il en soit, il y en a bien trop pour que je reste debout, ni même consciente.
Je m'écroule à terre au moment où deux bras me tirent puis me soulèvent. Peter vient de me prendre dans ses bras et s'élance vers la sortie. Il sort du bâtiment et tente de se mettre à couvert.
- Peter !
Matt s'approche de nous dans une voiture, la vitre ouverte, sort du véhicule avec sa coéquipière Audrey Hanson et nous explique :
- J'ai fait ce que j'ai pu.
J'ai du mal à garder les yeux ouverts et un brouillard recouvre la scène.
- Est-ce qu'elle est … ? demande Audrey, paniquée.
- Elle va bien, elle est déjà en train de se régénérer, précise Peter.
- Prenez notre voiture, nous nous chargeons des explications, nous incite Matt.
Peter m'installe à la place du passager et dit :
- Merci beaucoup. A tous les deux. Nous l'arrêterons.
Peter prend place derrière le volant et démarre au quart de tour. A cet instant, je sais que je peux perdre connaissance et je me laisse aller.
