Chapitre 7 - Tranquillité
.
Tony jette une nouvelle boule de papier. Elle atterrit comme ses sœurs dans la poubelle à côté de McGee.
- Panier !
L'informaticien lève les yeux au ciel, exaspéré.
- Tu n'as pas autre chose à faire Tony ?
- Non. Pourquoi ? Ça te gêne ?
- Moi oui, DiNozzo. Je te signale que j'attends toujours ton rapport.
- Gibbs ! Alors comment c'est passé cette journée de congé ?
- Ton rapport.
- Sur ton bureau. Non, mais vraiment, ça a été ?
- Très bien, vu qu'il n'a pas eu à te supporter ! répond Ziva.
- Ça, c'est mesquin.
- Non, c'est la vérité, nuance.
Gibbs s'installe et s'empare du fameux rapport.
Sa journée de congé s'est très bien passée. Évidemment les retrouvailles les ont tous secoués, mais ça a été. Le seul bémol dans l'histoire, c'est qu'il doit héberger tout ce petit monde. Hors, il aimerait bien retrouver sa tranquillité juste entouré de sa femme et de sa fille. Enfin, il ne peut pas jeter les autres dehors. Quoique... non, Shannon ne lui pardonnerait pas. Il doit ronger son frein et attendre qu'ils partent pour les retrouver et profiter d'elles.
Et dire qu'ensuite, ce sera la révélation au reste de l'équipe. Ça attendra. Il va jouer les égoïstes et les garder pour lui tout seul pendant un petit moment.
.
Shannon s'affale sur le canapé, faisant sursauter son mari.
- Enfin seuls ! déclare-t-elle.
Jethro lui jette un regard interrogateur.
- Je les adore, tu sais, ma mère, ton père, Maddie. Mais je suis soulagée qu'ils soient partis. Et je sais que toi aussi.
- J'avoue que j'ai cru qu'ils ne partiraient jamais.
- Et bien maintenant, on va pouvoir se retrouver tous les trois. Ça ne fait qu'une semaine qu'on est arrivé et j'ai l'impression de n'avoir jamais eu un instant tranquille.
- Parce que c'est le cas ! intervient Kelly.
Elle s'effondre à son tour près de son père.
- Et encore toi, tu as le boulot, ça t'a permis d'échapper à Mamie. De tous, c'est elle la pire, et pourtant je l'adore hein ! Mais là, overdose !
- Rien que ça ?
- Tu tiens vraiment à ce que je te rappelle comment tu étais cette semaine, Papa ?
- Elle marque un point Jethro.
- Dans ce cas, on fait quoi ?
- Rien, répond Kelly. On installe une routine, c'est ça dont je rêve. Maman va se trouver un boulot, moi aussi et on va reprendre un rythme de vie normal. Je vais aussi appeler Charlie pour avoir de ses nouvelles.
- Ça me convient, sourit Shannon.
- Tant que vous êtes là, assure Jethro, moi aussi.
- Génial ! Maintenant, réglons deux trois trucs pratiques. Papa, je veux que tu m'aides à refaire ma chambre. Je compte bien rester vivre avec vous deux encore un moment pour profiter de toi, mais, pour ça, j'ai besoin d'avoir un endroit plus en accord avec moi-même. Je n'ai plus dix ans, alors il faut remédier au problème. On fera les magasins pour trouver ce qui me convient. Et j'aurais besoin d'une voiture. Remarque, peut-être que l'Air Force m'en accordera une ? Ou alors une moto ? Ouais, une moto, ça c'est génial ! Charlie utilisait celle de sa mère, il me l'a passée plusieurs fois, et c'est vrai que c'est super pratique, surtout à DC avec la circulation. Je ne conduis pas comme toi Papa, moi ce n'est pas je roule vite et quand il y a un obstacle je tourne ! C'est aussi la méthode de Ziva, n'est-ce-pas ? D'ailleurs, je veux que tu nous parles encore de ton équipe. Bon, on va attendre pour les rencontrer, parce qu'après Mamie, je n'en supporterais pas plus, mais ça viendra. Oh, et le livre ? Tu en es où ? Je vois que tu l'as à la main. Papa ? Ça va ?
Jethro la regarde éberluée, elle est encore pire qu'Abby et il ne pensait pas cela possible.
- Papa ?
- Tu respires de temps en temps ?
- Hein ?
Shannon sourit.
- Quant ta fille commence à parler, on ne peut plus l'arrêter.
- Faut bien compenser vu comment vous êtes bavards ! Bon alors pour ma chambre, c'est bon ? Et pour le livre ? Parce que tu ne m'as toujours pas répondu !
Jethro a l'air désemparé.
- Tu t'y feras, assure Shannon, tu verras.
- Papa !
- Vraiment ? déclare Jethro perplexe.
- Tu vas me répondre à la fin ? s'énerve Kelly. Ce n'est pas Maman qui pourra le faire à ta place !
- Tu ne lâches jamais, hein ?
- L'obstination, c'est de famille.
- Je vous laisse. Je vais préparer à manger.
- Shannon !
- Bon courage !
Elle n'a pas fait deux pas que Kelly repart à l'attaque.
- PAPA ! Je veux des réponses !
.
Jethro se laisse tomber sur son lit avec soulagement. Il vient de passer la journée à chercher de quoi refaire la chambre de sa fille. Kelly ne l'a pas lâché jusqu'à ce qu'elle soit satisfaite. Bien qu'il ait passé un excellent moment, il n'en peut plus. Il rêve seulement d'une bonne nuit de sommeil. D'autant que demain il attaque la peinture. Kelly veut qu'il refasse sa chambre rapidement. Elle l'aidera évidemment, mais si elle a autant d'énergie qu'aujourd'hui, il lui faut absolument du repos.
Shannon prend place à côté de lui. Ils ont repris leur vie de couple sans problème. C'est différent d'avant, mais le passage du temps n'a pas émoussé l'amour qu'ils se portent. Au contraire, il l'a renforcé, ils s'aiment plus que jamais.
Sa femme a trouvé un travail dans une boutique de vêtement en centre ville. Elle y est vendeuse. Cela la ramène des années en arrière, avant qu'elle dirige son propre magasin. Ça ne la gêne pas plus que ça. Après tout, c'est ça un nouveau départ. Et puis, cela lui rappelle la première fois qu'elle a vu Jethro. Elle était en vitrine lorsqu'il était passé devant elle. C'est ce jour là qu'il est tombé amoureux d'elle et elle mentirait en disant que, pour elle, ce n'est pas le cas. Les premières amours ne durent pas forcément, mais pour eux ça marche, ça tient, et ça le sera toujours.
.
Les jours passent. Une routine s'installe comme le souhaitait Kelly. Sa chambre est terminée et elle travaille
pour l'instant comme secrétaire d'un grand cabinet d'avocat. Ce n'est pas un secteur où elle compte rester, elle ne l'envisage pas sur du long terme. Ce qu'elle souhaite, c'est travailler au sein du programme Stargate avec Charlie, faire partie d'une des équipes SG plus exactement. Jethro a accueilli la nouvelle avec inquiétude. Savoir sa fille à l'autre bout de la galaxie n'est pas des plus rassurant, mais il ne peut que s'incliner devant sa décision.
