Snif, c'est la fin ... Mais pas pour longtemps ! :D
Je remercie mes revieweurs et revieweuses fidèles, même si je ne peux pas répondre personnellement aux lecteurs non inscrits (désolée). Ah, je voulais passer une annonce : je recherche le "Doctor Who Magasine" de Décembre (plus de stock dans les librairies anglaises samedi dernier ! :( ) Si quelqu'un habitant en Angleterre voulait bien me donner le prix que je pourrais lui payer pour qu'il me le fasse parvenir jusqu'en France, vous me feriez un merveilleux cadeau de Noël ! :)
Bonne lecture !
FireRox
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Épilogue : Fête Nationale.
Assis sur le même siège en bois depuis déjà six longues heures, les fesses meurtries par l'attente, la sueur ruisselant sur leurs visages cramoisis par le soleil brûlant, Laure et le Maître s'ennuyaient ferme. Ils avaient vu défiler la cavalerie nationale, des chars d'assaut par centaines, des fantassins par milliers, tous ressemblant plus ou moins à des playmobils® militaires.
Mais, franchement, au bout de tant d'heures passées entre le Président, sa femme et quelques chefs d'État, sans prononcer une seule parole, le temps semblait se distendre sans fin. La partie la plus ennuyeuse de leur récompense. Ah non. Garder les yeux ouverts pendant le discours du Président avait été une autre torture.
Laure s'autorisa à garder quelques secondes les yeux fermés. Quel week-end, se dit-elle en repensant aux circonstances de leur présence. Une fois le chef de la Sécurité de l'Élysée mis au courant de la situation, les évènements s'étaient enchaînés à une vitesse hallucinante. Incroyable de penser qu'une dizaine de coups de fil avaient réussi à entraîner la destruction de millions d'horloges et pendules à travers le monde.
« Sauver le monde et l'économie horlogère en même temps, ça va rester dans les annales des Services Secrets. » considéra Laure pensivement en ouvrant de nouveau les paupières.
Devant elle, le spectacle continuait, imperturbable. Pour une fois, elle aurait souhaité que son collègue se décide à pimenter un peu le tableau. Mais celui-ci semblait plongé dans une profonde réflexion, et, si ses yeux étaient toujours fixés sur le défilé, elle voyait bien que son esprit était ailleurs. Elle aurait donné cher pour le savoir.
« Pas la bonne solution », raisonnait le Maître. « A moins qu'un petit coup de tournevis laser sur le canon de ce char ne fasse une hécatombe parmi le public. Mais, même mortellement ennuyés, les humains n'ont aucun sens de l'humour. Quel dommage. »
Il jeta un rapide coup d'œil vers Laure. Elle avait l'air épuisée, et tout aussi rebutée que lui.
« Pourtant, assassiner un type aussi ennuyeux devrait me valoir une médaille. Humpf. »
Ah, il commence à s'agiter, remarqua Laure en voyant la chaise inconfortable du Maître remuer légèrement.
« Bon, et si je provoquais une émeute ? Je prends le pouvoir, je supprime les autres chefs d'État, et je recommence mon projet de conquérir l'Univers. Ou alors je me lève et je m'en vais. La première solution est tentante, mais la deuxième est plus réaliste. Vu le nombre de gardes du corps autour de nous, je n'ai pas trop intérêt à me faire remarquer. »
Il soupira, frustré. Si ça continuait ainsi, il allait véritablement laisser exploser ses pulsions meurtrières.
« Je vais compter les chapeaux rouges dans la foule. Un, deux, trois ... »
Au bout de soixante-huit, force lui fut d'admettre qu'à moins de partir très vite de cet endroit, son tournevis laser allait faire un malheur.
Il se tourna discrètement vers Laure.
- Et si on les laissait profiter du spectacle sans nous ? Chuchota-t-il en prenant garde que personne ne l'entende.
Laure lui rendit un petit sourire amusé.
- On s'ennuie ?
- Absolument pas. Je m'amuse comme un petit fou. Pas vous ?
- Oh si. J'adore passer des heures en plein soleil sans climatisation, sur une chaise plus dure que du béton, dans un silence total et filmée encore plus que dans une émission de télé-réalité, ironisa-t-elle sans oser bouger la tête vers son interlocuteur.
Celui-ci ne lui répondit pas, le regard attiré par un reflet métallique dans le public. Un immense sourire apparut sur son visage.
- Je crois que j'ai une idée.
- Du moment qu'elle ne cause pas la mort d'une centaine de passants. Oh et puis, ajouta-t-elle en haussant les épaules, pourquoi pas ? Si ça nous sort d'ici, soyons fous !
La mâchoire du Maître parut se décrocher à ces propos. Elle le fusilla du regard.
- Je plaisantais, imbécile !
- Dommage.
Il sortit furtivement son tournevis laser. Tournant la manette jusqu'à la graduation désirée, il chercha la meilleure position pour viser discrètement sa cible. Doucement. Pas de précipitation.
« Reste calme. Notre survie mentale dépend de toi. Tout doit être parfait. Précision et réflexion. »
Sa main ne trembla pas lorsqu'il déclencha l'infime rayon qui traversa les airs, tel un filin d'Ariane vers la liberté. Comme prévu, il toucha son but avec précision.
« Je suis trop fort. Merci moi-même. Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre. »
Toujours comme prévu, il y eut un mouvement de foule autour du point touché. Laure lança à son collègue un regard interrogateur. Celui-ci haussa les épaules nonchalamment.
- Vous verrez bien.
- C'est bien ce qui me fait peur, ronchonna-t-elle.
Un garde du corps, puis deux, quittèrent la scène présidentielle. Deux personnages bien connus croisaient les doigts avec ferveur. Au bout d'une trentaine de secondes, le premier garde revint vers les deux experts en rencontres du troisième type.
Il murmura deux ou trois mots à l'oreille du Maître, celui-ci hocha la tête avec un semblant de gravité, puis fit signe à Laure de le suivre.
« Il aurait pu faire carrière dans le théâtre. » pensa avec amusement la jeune femme en se levant.
Ils sortirent de l'estrade en prenant soin de ne pas oublier de serrer la main du Président, un baise-main express à sa femme de la part du Maître, et de faire un sourire hypocrite aux personnalités qui les entouraient. Ils rejoignirent le service de sécurité sous la scène.
- Alors, un problème ? Lança - un peu trop - joyeusement le Maître.
Pottier lui décrocha un regard noir.
- M'étonnerait pas que ce soit de votre faute.
- Moi ? Que nenni ! S'offusqua-t-il avec des gestes grandiloquents. Comment pourrai-je oser ? Le jour du quatorze Juillet en plus ! Pour qui me prenez-vous, monsieur ? Je suis outré par votre méfiance !
- Épargnez nous cette comédie, et venons-en au but, le coupa Pottier exaspéré.
Le Maître prit un air angélique, tandis que Laure se retenait à grand peine d'exploser de rire.
- Voyez ce que nous venons de trouver au milieu du public, leur dit-il en leur tendant un panneau de signalisation.
Un panneau « Stop » pour être précis. Où se découpait en lettres gothiques - quel talent de gravure, se réjouit l'auteur de ce méfait - un message très explicite.
- 'Attack here'. Ah oui. Effectivement. Très … intéressant, réussit à prononcer Laure en se mordant les lèvres pour ne pas rire.
- Une idée de l'espèce bizarroïde incriminée ? Leur demanda un type au costume si étriqué qu'on pouvait se demander s'il parvenait à lever les bras sans craquer les manches.
- Hum. Au vu de l'écriture, je dirai des Hood, lui répondit le Maître, une main sur le menton façon policier américain, tout en retirant ses lunettes de soleil.
« Note à moi-même : l'empêcher de regarder 'Les Experts : Miami'. » se dit Laure en levant les yeux au ciel.
- Des Hood ? Y-a-t-il un risque quelconque ?
- Hum hum, toussota l'expert de l'espace intergalactique. Ils ne sont pas bien dangereux, mais pour plus de sureté, moi et ma collègue allons jeter un œil aux alentours. Je vous enverrai un message quand nous les aurons renvoyés d'où ils viennent.
- Bien. Une équipe de protection rapprochée va venir avec vous, et …
- NON ! Le coupa brutalement le Maître. Je veux dire, pas besoin. Nous sommes parfaitement capable de faire face à ces … heu … Gremlins ! Lança-t-il avec un regard amusé pour Laure.
- Les Gremlins sont des créatures dangereuses, vous savez ?
- Il voulait parler de Bisounours, tenta Laure pour sauver leur évasion.
- Je vois … dit Pottier avec un regard soupçonneux vers les deux complices. Je suppose donc que vous vous débrouillerez très bien tous seuls ?
- Exactement.
Le chef de la Sécurité soupira. Une minute de plus en compagnie de ce personnage exaspérant, et il allait commettre un meurtre. Autant les laisser partir.
- Bon, allez-y.
- Bien chef ! Répondit ironiquement le Maître.
- Et vite, avant que je ne change d'avis.
Les deux conspirateurs le prirent au mot, et sortirent sans attendre de leur prison dorée.
- Crétin prétentieux … souffla Pottier en les voyant disparaître dans la foule.
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Rendez-vous à Noël pour "Rêves de fin d'année" et pour les nouveaux épisodes de "Doctor Who" avec le Maître (Mouahahaha je savais qu'il reviendrait, je le savais !!).
Encore merci de m'avoir suivie jusqu'au bout
FireRox
