Chapitre 7
Comme ils ont été naïfs. Neville s'en voulait, était-ce par peur qu'il avait refusé de voir ce que tout le monde avait vu rapidement? Il avait beau se dire que ça avait été une décision conjointe avec Ginny et Luna, il regrettait amèrement de n'avoir rien fait avant. Maintenant, c'était déjà trop tard pour certains, et ils n'avaient strictement rien pu faire pour eux. Il le voyait maintenant.
Ça n'avait pas pris une semaine après que tous aient laissé tomber la coupe pour que tout dégénère. Bien que les plus jeunes étaient protégés et que la pression de la performance était retombée, rien n'était revenu comme avant. Les retenues se sont multipliées dès les premiers jours, au point que la moitié de l'école fut en retenue un mercredi soir. Ça en aurait été drôle si l'atmosphère n'était pas aussi tragique.
La tension avec les Serpentard atteint de nouveaux niveaux, des échanges de sorts furent de plus en plus fréquents, des escarmouches pour la plupart, mais certaines plus sérieuses envoyèrent des étudiants à l'infirmerie pendant plusieurs jours. La plupart des victimes étant des étudiants s'étant interposés pour protéger un élève de première ou deuxième année. La tension monta à un point tel que certains regrettaient presque d'avoir abandonné la coupe des maisons. Mais en général, on tenait bon.
Les Carrows, de leur côté, ne pouvant plus discriminer via les maisons et les notes, se mirent à être plus vicieux. Leur victime : les élèves non 100% purs et ceux à l'ascendance nébuleuse.
C'est dans ce contexte que le premier incident arriva.
Les cours d'études des moldus avaient été relativement doux jusqu'à maintenant. À l'exception de ces quelques piques visant à discréditer les moldus. L'ensemble du cours semblait s'en tenir à l'histoire et la relation entre moldus et sorciers. On y réapprenait l'histoire connue, sans aller beaucoup plus loin. C'est à croire qu'elle s'était abstenu d'en faire quelque chose de plus drastique avant d'en avoir une raison. L'abandon des maisons marqua un changement, les quelques piques se transformèrent en campagne de diffamation lorsqu'elle commença à parler de l'histoire moderne.
- On remarquera que les moldus sont grégaires et dépendants de leurs subterfuges. Sans magie ils sont dépourvus, la magie faisant toute la différence dans l'élévation d'une société, entre dépendance et émancipation. Les moldus sont dépendants.
Ce jour-là, les paroles de Carrow éveillèrent quelque chose chez un jeune poufsouffle de deuxième année.
- Que faites-vous des inventions moldus qui sont maintenant utilisées par les sorciers?
Loin de vouloir enclencher une confrontation, le jeune Andrew avait posé la question un peu innocemment. Il faut savoir que son père a été un rapporteur pour le ministère de la magie durant une quinzaine d'années. En tant que rapporteur il était chargé d'arpenter le monde moldu, d'évaluer et d'assurer le secret sorcier et parallèlement d'établir des rapports sur les inventions moldus pouvant servir dans le monde sorcier. Autant dire que peu d'invention avait le privilège d'être adoptée par les sorciers, le magicobus et le Poudlard express étant les derniers témoins d'une telle pratique.
Tout ça pour dire que le petit Andrew, bien qu'issu d'une famille de sorcières au sang pur des plus banale, avait amplement eu l'occasion de côtoyer le monde moldu. Absurde et fascinant à la fois, ces excursions avec son père avaient été très instructives. Aussi quand Carrow supposait que les moldus étaient dépendants, faibles et dépourvus, il n'arrivait tout simplement pas à comprendre, ayant trop souvent été témoin de l'ingéniosité de ceux-ci.
Aussi à sa question, Carrow se tourna vers lui, le plus sérieusement du monde lui répondit:
- Ces « inventions » comme vous dites sont une erreur et très justement une preuve du déclin de la société sorcière.
- Mais, le Poudlard Express a grandement facilité le déplacement des sorciers, tout comme le Magicobus il me semble.
- Seriez-vous en train de me contredire, monsieur Preston ? Sous le ton de la menace
- Non, je , c'est seulement que… balbutia Andrew qui réalisait maintenant dans quoi il s'était embarqué
- Suffit, je vois que vous avez besoin de leçons supplémentaires! Ce soir dans mon bureau!
On ne sut pas exactement en quoi consista la punition d'Andrew, mais il n'adressa plus la parole à personne résolument refermé sur lui-même. Les plus tristes rumeurs supposaient que Carrow lui avait coupé la langue. Ce fut le premier des grands incidents qui amena le trio à se retrouver. Car comme l'avait probablement souhaité Carrow, l'histoire s'était rependue comme une trainé de poudre. On n'osa plus contredire Carrow dans ses cours et elle se permit d'enseigner de plus en plus de grossièretés, flagrantes pour n'importe qui connaissant un moindrement le monde moldu, mais insidieuse pour tous les autres :
Au début du VI siècle les sorciers dominaient dans les villes et dans les campagnes. Les deux communautés vivaient alors dans un équilibre précaire, les moldus étant rongés pendant des siècles par la jalousie. Tout commença à mal aller pour les sorciers le jour où on accepta les premiers « né-moldus » dans la société magique. La mixité eut un effet d'affaiblir les sorciers alors tout puissant, les héritiers étant de plus en plus cracmol, les familles se décimèrent. De plus, avides de pouvoir, les moldus qui se mariaient à des sorciers pour avoir des descendants magiques, accusèrent les sorciers à garder jalousement leurs pouvoirs pour eux lors d'un échec. Les tensions augmentèrent à un point où commença lla chasse aux sorcières au XIVe siècle. Après cela, la communauté sorcière, plus affaiblit que jamais, devint minoritaire et la loi sur le secret fut voté. Depuis notre société est en déclin et devient de plus en plus faible à chaque fois qu'on mélange les sangs. D'ailleurs les nouvelles lois sont là pour stopper ce déclin. Seuls les sorciers ayant eu des moldus dans leur famille il y a plusieurs générations et n'ayant pas vu leur pouvoir s'affaiblir seront considérés comme apte à contribuer à la société sorcière. Il va s'en dire que les moldus ayant volés la baguette d'un sorcier pour acquérir des pouvoirs seront exclus de notre société. L'avenir des sorciers en dépend.
Le second incident arriva une semaine plus tard. Les Carrows avaient commencé depuis quelques jours à énoncer « l'actualité » le matin. Suite à l'abandon des maisons, Rogue avait fadement annoncé que le contenu du courrier des étudiants allait être contrôlé. L'excuse avait été celle que certains étudiants devaient être mal informés de l'actualité par leur famille et les encourageaient dans leur lamentable petite rébellion stérile. Le contenu du courrier aurait soi-disant révélé une mésinformation flagrante.
Mais l'actualité des Carrows avait comme seul but de saper le moral des étudiants, ils y racontaient surtout les grandes réalisations du Lord de la dernière journée. Mais surtout, ils savouraient le moment où ils annonçaient le nom des rebelles connus et respectés tombés au combat, ou plutôt « les lâches pro-moldus morts en suppliant d'être épargnés ».
Ce matin-là, on redoutait le pire, c'était le jour de la première sortie à Pré-au-Lard. Pour plusieurs cette journée représentait un répit même si certains s'étaient portés volontaires pour rester près des plus jeunes interdits de sorties.
Mais les Carrows ne pouvaient décidément pas laisser de répit aux étudiants et Ginny anticipait ce qu'ils pourraient bien annoncer pour bousiller le moral de tous. Le plus logiquement ils annuleraient la sortie à la dernière minute. Plusieurs partageaient ses craintes et les étudiants firent silence, tendus. les quelques chuchotements encore audibles cessèrent lorsque Amycus Carrows prit la parole.
- Comme vous savez tous, il y a aujourd'hui une sortie pour Pré-au-Lard de prévue.
Il fit une pause et il sembla que toute la grande salle retenait son souffle.
- Sachez qu'elle se déroulera sous le contrôle vigilant de vos professeurs.
Pour la première fois en plusieurs semaines, on entendit de réelles expressions de joies, elle était palpable. Amycus laissa aller ces effusions de bonheur avec un sourire, pour qui le regardait, ne laissait rien présager de bon. Il savourait ce moment, oui, mais ce n'était pas la joie immédiate des étudiants qui le rendait heureux et ça Ginny le voyait, elle le voyait aussi par l'expression tendue du professeur MacGonagall assise un peu plus loin. Ginny lança un regard à Neville pour constater qu'il n'avait pas remarqué, il semblait simplement soulagé comme les autres étudiants.
- S'il vous plait, s'il vous plait, un peu de calme, je suis heureux de voir que la sortie vous enthousiasme autant. Afin de faciliter l'organisation de la journée, des groupes ont été formés et un horaire de sortie leurs a été attribué. Chaque groupe sera escorté par un professeur et aura droit à deux heures trente à Pré-au-Lard. Vos directeurs de maisons viendront vous remettre la liste des groupes directement dans vos salles communes après le déjeuner.
Quelques murmures de désapprobations se firent entendre, mais tous étaient si contents de pouvoir s'échapper ne serait-ce que deux heures trente de l'école que personne n'était prêt à contester le système imposé.
- Finalement, avant de vous laisser à votre sortie, nous avons une grande nouvelle à vous annoncer!
Le silence tomba comme une bombe, car Amycus avait articulé son annonce avec le ton le plus pervers qui soit et son sourire était maintenant carnassier. Ce qui allait suivre allait faire mal et maintenant tout le monde le voyait.
Le cœur de Ginny s'arrêta de battre, s'imaginant le pire, et si Harry… ou Ron?
- Stewart Ackerley, s'il vous plait vient à l'avant.
Un silence suivit, personne ne répondit à l'appel d'Amycus.
- Allez M. Ackerley, ça ne fera pas mal je te le promets.
Un serdaigle de 5e année finit par se lever. Le visage blâme s'avançant jusqu'à la table des professeurs, comme un commandé, ne sachant pas ce qui allait l'attendre. Toute la grande salle suivant cette progression douloureuse.
Stewart ralentit maintenant plus qu'à quelques mètres.
- Allez vient prêt de moi, incita toujours Amycus d'une voix doucereuse.
Le voyant hésiter, il aida même Ackerley à parcourir le dernier mètre en l'empoignant doucement, mais fermement par les épaules. Il le força finalement à faire face à la Grande Salle, lui-même posté derrière, les mains appuyées sur les épaules du pauvre serdaigle prêt à s'écrouler.
- Chers élèves, je suis chagriné de voir autant de tension dans cette école depuis quelques semaines. De toutes évidences, il est temps d'arrêter ces punitions. Voyez-vous, nous croyons plutôt en la collaboration. Tous ensemble nous pouvons faire de cette année scolaire, une année comme les autres. Aussi, nous avons décidé de récompenser les bons comportements.
Le serdaigle était plus blême que jamais, Ginny se demandait où tout cela allait. Le ton d'Alecto lui donnait des sueurs froides, tout ça, c'était une mise en scène. Mais au fond d'elle, elle était soulagée de savoir que la grande nouvelle ne concernait ni Ron, ni Harry.
- Comme vous le savez peut-être, hier soir un brave Serpentard a été froidement attaqué dans les couloirs après le souper. Je vous rassure, Madame Pomfresh m'a informé qu'il va bien et sera en mesure de sortir de l'infirmerie très bientôt. Tout le corps professoral se joint à moi pour dénoncer ce type de comportement abject et nous souhaitons, avec votre aide, mettre fin au règne de terreur qu'une poignée d'étudiant semble vouloir créer. Aussi nous allons récompenser tous les étudiants qui sauront faire le bon choix et de nous informer sur tout comportement répréhensible. Un témoin m'a indiqué que Monsieur Ackerley ici présent aurait vu l'agresseur de l'attaque perpétrée hier soir. En échange de son témoignage, nous permettrons à Monsieur Ackerley et à deux de ses amis une journée entière et non supervisée à Pré-au-Lard en signe de gratitude et de confiance.
Un frisson parcourut l'échine de Ginny, c'était donc ça leur plan. C'était soit se soumettre, trahir un ami en échange d'une récompense et être officiellement considéré comme un collaborateur et subir les conséquences, car Ginny n'en doutait pas, conséquences il y aurait pour ceux qui ne se soumettrait pas au régime des Carrows.
- Alors Monsieur Ackerley, avez-vous quelque chose à nous dire à propos de cette agression.
Stewart resta silencieux, pétrifié de peur. Amycus raffermit sa prise sur les épaules du pauvre serdaigle.
- Allez, n'ayez pas peur, tout se passera bien pour vous… si vous collaborez. Avez-vous un nom à nous donner?
Stewart, ne pouvant souffler un mot, hocha faiblement de la tête. Les doigts d'Amycus étaient enfoncés comme des serres dans ses épaules.
- Comment? Je n'ai pas entendu, plus fort Monsieur Ackerley.
Dans le silence régnant dans la Grande Salle tous purent entendre le « Non » dans le sanglot que lâcha finalement Stewart.
- Très bien, si c'est comme ça. Rusard!
À l'appel de son nom, le concierge s'avança jusqu'à Amycus, un regard satisfait sur le visage, un regard qu'on n'avait jamais vu chez Rusard. Le sourire d'Amycus avait complètement disparu. Fini l'hypocrisie, c'était l'heure de la menace.
- Voyez-vous, si vous collaborez, vous serez récompensé. Refusez et vous serez remis entre les mains de Rusard. J'ai autorisé Rusard à utiliser tous les moyens de détentions qui lui plairont et je crois qu'il a remis au goût du jour les cachots de Poudlard. Amenez Monsieur Ackerly, il n'y aura pas de Pré-au-Lard pour lui aujourd'hui.
Stewart Ackerley se laissa trainer hors de la salle par la poigne ferme de Rusard sans plus de résistance, il semblait dorénavant déconnecté de la réalité. Personne n'osait s'imaginer ce qui allait l'attendre.
Le déjeuner se termina dans un silence de mort. La joie d'une sortie à Pré-au-Lard avait complètement été assombrie par la nouvelle façon de faire des Carrows. Ginny et Neville s'échangèrent un regard horrifié, ils n'avaient pas pu prédire quelque chose comme cela. Que faire? Est-ce que c'était ça la meilleure solution? Se soumettre? Mais comment faire pour ne pas faire porter le prix d'une rébellion sur une personne innocente?
De retour dans la salle commune, Ginny alla directement à Neville.
- Il faut parler au professeur MacGonagall, ça ne peut pas être vrai. Ça ne peut pas se passer comme ça.
- Tu l'as entendu au début de l'année, elle a été claire, elle ne peut rien faire pour nous.
- Tout de même! On parle d'étudiants enfermés dans les cachots. On doit essayer, on doit faire quelque chose!
- Nous verrons quand elle sera là.
Le Professeur MacGonagall entra une demi-heure plus tard pour distribuer les horaires de sorties. Malheureusement pour eux, elle était accompagnée d'Amycus, décidément prévoyante. Cela ne gêna pas Ginny qui alla droit vers la professeure.
- Professeure! Vous ne pouvez pas laisser faire ça! C'est inadmissible!
- Miss Weasley, je vous prie de vous calmer.
- Non professeure! Je ne resterai pas silencieuse quand des étudiants sont enfermés dans les cachots!
- Est-ce que vous remettriez en question notre façon de faire? L'interrompit Amycus. Peut-être voulez-vous vous faire retirer votre permission de sortie? Peut-être voulez-vous aller rejoindre votre camarade.
Ginny alla lui répondre lorsque la professeure MacGonagall s'interposa.
- Ne soyez pas bête Amycus. Les élèves sont choqués, vous pouvez les comprendre. Voilà une pratique qu'on n'avait plus vue en cent ans. De plus, je crains qu'aucun étudiant ne souhaite plus aller à Pré-au-Lard aujourd'hui sachant qu'un de leur ami croupit dans un cachot.
Le professeur avait craché cette dernière phrase avec tout le mépris qu'elle avait en elle. Et elle avait raison. Plus personne n'avait envie d'aller à Pré-au-Lard maintenant. Qui aurait pu aller s'amuser dans un moment pareil? Tout le monde avait assez entendu les menaces de Rusard pour savoir que le sort de Stewart comprenait certainement des chaines. Non l'heure n'était pas à la fête. Voyant que tous les étudiants présents dans la salle commune approuvaient d'un même regard. Elle abdiqua.
- Très bien, si c'est comme ça, vous pouvez tous considérer votre permission de sortie suspendue.
Elle tourna les talons, prêts à quitter la salle, mais s'arrêta au niveau de couloir menant au portrait de la grosse dame.
- Professeure MacGonagall!
Elle empêcha ainsi toute chance de communication entre les lions et leur directrice. Celle-ci leur envoya un regard bienveillant qui se voulait encourageant. Ne désespérer pas semblait-elle leur dire. Puis elle s'en alla. Amycus fermant la marche.
La journée s'écoula, on ne parla presque pas, tous étaient enfermés dans leurs pensées, réfléchissant aux répercussions que ça allait engendrer. Quoi faire? On commençait à dire que ça ne changerait rien, qu'on devait avoir confiance les uns les autres, qu'on ne se balancerait pas, qu'on irait libérer nos amis dans les cachots. Puis le souper arriva.
Une étrange agitation régnait à la table des Serdaigle, Stewart Ackerley était de retour, plus blanc que blanc, un groupe avait un visage anxieux et discutait à voix basse, les autres étaient silencieux, fixant leur assiette, n'osant manger. Ginny chercha Luna du regard et lorsqu'elle la vit, il la trouva blême comme les autres, inquiète, terre à terre, son regard lunatique avait laissé place à un regard alerte. Elle mima le mot bibliothèque de ses lèvres et Ginny compris que c'était un rendez-vous que la serdaigle lui donnait le lendemain.
Personne ne sut ce qui avait agité la table des serdaigle avant le lendemain matin, ou le bruit de ce qui s'était passé suite au déjeuner commença à se répandre dans les couloirs du château. Ginny et Neville le su par Luna dès le matin lorsqu'ils arrivèrent à se cacher dans un coin de la bibliothèque loin des rondes de préfets et du regard de leur bibliothécaire. Mais Madame Pince était exceptionnellement conciliante ce matin-là, elle-même ébranlée par ce qui se passait dans l'école.
- Luna, qu'est-ce qui s'est passé?
- Alan Bakernutts, c'est lui qui a jeté le sort au Serpentard, il était tellement épouvanté à l'idée que Stewart était enfermé dans les cachots qu'il est sorti seul le libérer. Dès qu'il a mis le pied dans le cachot, Alecto lui est tombé dessus. Ils ont libéré Stewart juste après, mais Stewart n'a pas vu Alan. En fait, plus personne n'a revu Alan depuis. Quelques-uns ont tenté de fouiller les cachots sans succès, il y a toujours un Carrow ou Rusard qui guette les cachots. Il n'est pas à l'infirmerie non plus, personne ne l'a vu. Ils l'ont pris, ça ne fait aucun doute, c'était leur but depuis le tout début.
Luna s'arrêta, sembla hésiter, puis, certaine elle termina.
- On doit repartir l'AD.
Un peu plus tard dans la bibliothèque, Hannah, Susan et Ernie, s'étaient retrouvés à faire leur « devoir ». Le matin ils avaient eu vent, comme tous, de ce qui s'était passé chez les Serdaigle, sans plus de détail. Un élève était manquant. Ce n'est qu'en entendant un Serpentard à la sortie de la grande salle au dîner qu'ils avaient pu par accident avoir plus de détails sur l'incident. Ils avaient alors d'un accord silencieux suivi le serpendard et son ami jusqu'à la bibliothèque afin d'épier toute la conversation. Ce qu'ils avaient entendu les pétrifièrent, et lorsque le gallion chauffa, ils furent soulagés, car AD ou non, il fallait maintenant agir.
De l'autre côté du château, au moment où Hannah, Susan et Ernie se mettaient à épier les Serpentard, Terry épiait depuis 10 minutes l'un des couloirs sinueux des cachots de l'école. Quand il avait vu Rusard prendre la porte du Grand Hall menant à l'escalier descendant aux cachots, Terry y avait vu une opportunité.
Les cachots de Poudlard sont un vrai labyrinthe, les bureaux et les salles de classe sont généralement situés tout près de l'escalier du Grand Hall et sont numérotés pour mieux s'y retrouver. Mais passé quelques intersections, la numérotation cesse et commence un enchevêtrement de cul-de-sac et de couloirs sombres desservant des cachots désaffectés et quelque part la salle commune des Serpentard. Par le récit flou et traumatique de Stewart Ackerley, Terry savait que le cachot où il avait été enfermé était dans l'un de ces couloirs. Aussi Terry voulait savoir où était ce cachot, qu'est-ce qu'il pouvait potentiellement cacher et voulait en même temps repérer les lieux, trouver les cachettes possibles, identifier les passages secrets, les trappes et pièges que recèlent le château dans les cachots.
Rusard s'était aventuré dans l'un des nombreux culs-de-sac, et Terry attendait au tournant qu'il en ressorte pour aller explorer les lieux. Avec un peu de chance, il trouverait Alan Bakernutts. Alors que cinq nouvelles minutes s'étaient écoulées, Terry quitta le coin d'ombre où il s'était réfugié pour tenter une approche lorsqu'un sort lui frôla la joue. Par réflexe, il se jeta de nouveau dans le coin où il était un instant auparavant. Ainsi à l'ombre il put se retourner sans être reconnu par son assaillant. Avec horreur il reconnut Amycus et sut qu'il ne devait pas rester là un instant de plus. Ce dernier s'apprêtait à lancer un nouveau sort vers Terry, prêt à lui mettre la main dessus coute que coute. Lorsque le sort percuta le coin où s'était cachée Terry, ce dernier était déjà loin, courant à en perde haleine, sans se retourner. Il songea un instant à remonter par le Grand Hall, mais se ravisa, se disant qu'il serait trop exposé et qu'il pourrait être reconnu. Il bifurqua plutôt dans un des principaux couloirs des cachots, puis de nouveaux, et encore de nouveau à la recherche d'une cachette. Les pas de course d'Amycus commençaient à se faire plus distants.
Terry profita d'un ultime virage dans un énième croisement pour se précipiter dans ce qui ressemblait être un petit cachot au vu de la petite porte. Mais le cachot se révéla être un escalier étroit qui montait dans les ténèbres. N'hésitant pas une seconde il s'y précipita, de plus en plus essoufflé, dans le noir. La monté était ardu et semblait ne jamais finir, mais il n'osa pas utiliser sa baguette. Le bruit de la porte avait alerté Amycus et ce dernier s'y était déjà engagé. Après ce qui lui sembla une éternité, il s'effondra de tout son long lorsqu'il manqua une marche, qui n'existait pas. Il était arrivé au bout de la montée. Un couloir apparu, sa fin marquée par un halo de lumière s'infiltrant par le pourtour de la porte.
Terry déboucha sur un couloir bien connu du quatrième étage pour l'emprunter tous les jours pour se rendre à sa salle commune. Avec un nouvel élan d'espoir, il se précipita vers la gauche puis dans un couloir annexe à l'affut de la tapisserie de Barthelemon, cachette connue de tous bons Serdaigle. Il s'y glissa quelques secondes avant qu'Amycus tourne le coin du couloir.
Amycus le chercha en vain une bonne demi-heure avant d'abandonner sa proie. Terry y resta une autre demi-heure, épuisé et encore essoufflé par la course poursuite. Ça lui avait tout pris pour que le mangemort ne le repère pas par sa respiration. Terry était encore dans sa cachette lorsqu'une chaleur familière datant d'une autre époque lui réchauffa la cuisse à travers son pantalon.
- Lumos minima
Il sortit de sa poche le Gallion qu'il gardait précieusement avec lui tous les jours. Sur le côté une date et une heure venaient de s'y inscrire.
- Il était temps, murmura-t-il pour lui-même.
Après un siècle! Youppi! Un nouveau chapitre! Il était presque fini depuis au moins 6 mois, la honte, juste beaucoup beaucoup de chose dans ma vie, nouvelle job, un projet perso et bla bla bla. Le chapitre 8 est commencé aussi! En fait c'est la raison pourquoi ce chapitre est un peu court, il était prévu plus long, mais il me semblait plus logique de commencé un nouveau chapitre avec une partie du texte. Ça fait une drôle de structure où ce chapitre fini exactement au même endroit que le précédent. En attendant le chapitre 8, bonne lecture!
